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 Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]

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Mieg Schmitt / Elsass



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MessageSujet: Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]   Sam 21 Aoû - 21:47


Il faisait nuit, il faisait sombre et la douce respiration des autres enfants auraient dû le bercer et l'aider à s'endormir, glisser doucement dans le royaume des songes pour faire ce que tous les enfants de son âge devaient faire à une heure aussi avancée de la nuit. Mais le petit blond n'arrivait même pas à fermer les yeux, trop occupé à écouter les bruits venant de l'extérieur. On lui avait raconté des histoires durant la journée et avant de se coucher et maintenant qu'il connaissait leur existence, le petit garçon savait que ces bêtes en avaient après lui et n'avaient pour but que de le tuer. Il entendait le vent dehors parler dans son langage de meurtres, de sang et de kidnapper le petit enfant. 'Viens, viens, viens' soufflait-il, non, il ne viendrait pas, il n'écouterait pas le traitre vent et ceux qui parlaient à travers lui. Ne me parlez pas, pitié. Et puis les grattements devant la porte, n'était-ce pas Grendel qui venait réclamer son dû ? Son mort de cette journée ? Il était le prochain, il le savait, ce serait lui, ce serait lui et il ne pourrait jamais se défendre tout seul. Même s'il n'était pas le plus proche de l'entrée, il savait que Grendel viendrait le chercher lui. Les autres dormaient aussi bien parce qu'ils savaient que ce n'était pas leur tour, c'était aussi simple que cela, oui, aussi simple.

Mieg se retourna sur le côté pour fixer son voisin, il dormait si paisiblement, il n'avait pas peur. Réagis ! Ne vois-tu pas qu'ils sont tout prêt ? Peut-être qu'ils se cachent parmi les animaux ou derrière la table ? Devant la porte, bouge, toi aussi. Ce souffle et ces grognements, ce ne sont pas des chiens ou des loups, c'est Fenrir en personne, prêt à tout pour se venger. Il ne fera qu'une bouchée d'un petit homme, d'un garçonnet comme moi, réveillez vous, vous autres, vous n'entendez donc pas ? Les larmes commencèrent à monter dans ses yeux, il aurait tellement voulu secouer quelqu'un, lui demander de le protéger, mais il n'était même pas leur frère, même pas vraiment de la famille. Ils se moqueraient de lui et quand ils auraient bien ris, ils iraient se rendormir, le laissant seul avec ses peurs et les monstres. Il se mit à serrer de toutes ses petites forces la peau qui leur servait de couverture. Il ne fallait pas qu'il craque, s'il faisait semblant de dormir, ils ne le remarqueraient pas et peut-être qu'ils prendraient un autre de ses congénères ?

Le petit commença doucement à sangloter, d'abord en silence puis de plus en plus bruyamment, ses petits poings devant ses yeux pour empêcher les larmes de sortir, il n'avait pas le droit de pleurer, ça ne se faisait pas, on ne pleurait pas quand on était un homme. Seuls les bébés avaient le droit de se manifester d'une telle façon, pas les hommes, les vrais. Il allait réveiller les autres, mais eux n'entendaient pas les grattements, les cris au dehors, ils ne s'en effrayaient même pas. Ils n'avaient pas peur de la mort, eux. Et pourtant, les cris du vent ne continuaient de s'amplifier, rien ne semblait vouloir l'arrêter. Entre deux sanglots, le petit se mit à marmonner des petites plaintes qui, peut-être, réussiraient à faire fuir Grendel et les autres monstres qui ne semblaient attendre que le moment propice pour franchir le pas de l'entrée et faire leur besogne. Là ! N'était-ce pas une patte, une main qui se dessinait sur le sol ? Ce n'était pas qu'une ombre, c'était plus que cela, les doigts griffus n'attendaient qu'un seul petit mouvement de sa part pour passer dans la maisonnée et le prendre avec lui.

Ses sanglots se transformèrent en plaintes déchirantes, ils savaient, ils savaient, ils allaient venir ! Ils allaient venir et lui, pauvre gamin impuissant ne pourrait se défendre que par quelques cris et pleurnichements. Il n'était rien, il ne savait ni utiliser l'épée, n'était pas assez intelligent pour trouver un moyen de les empêcher de le prendre. Il n'avait rien d'un héros de légende, sa seule arme était les gens autour de lui et ses pleurs, ce sont les armes d'un enfant. Les seules armes. Il ne pourrait rien faire d'autre, comme face à un autre peuple, il ne pourrait jamais se défendre, il se contenterait de se rendre, de céder son territoire, ne comptant que sur sa mère, son oncle ou quelqu'un d'autre pour le défendre.

Mieg se retourna à nouveau, dos à la porte, fixant le dos de celui qui était couché à côté de lui, regardant la poitrine se soulever doucement. Le souffle lent, les yeux fermés, l'air si paisible. Lui, il continuait de pleurer, tentant de le faire le plus silencieusement possible pour ne pas réveiller les autres, la morve dégoulinant le long de ses lèvres. Il ne fallait surtout pas réveiller les autres, ni Germania, il ne voulait pas voir son regard sur lui, voir sa réprobation, le voir lui tourner le dos et ainsi voir tous les autres l'imiter. Il ne voulait pas être traité de pleutre, de trouillard, de pleurnichard et être encore plus éloigné de la famille, ne pas pouvoir participer avec les autres. Il ne voulait pas, oh non ! Mais malgré tous ses efforts pour ravaler la boule dans sa gorge et ne pas écouter le vent, celui-ci ne semblait pas vouloir s'arrêter. Un grincement, un bruit, qui semblait venir des animaux et il eu un haut le cœur. Ça y est pendant qu'il avait le dos tourné, ils étaient rentrés, ils en avaient profité. Ils allaient venir, ils allaient le prendre, le tuer, l'égorger, le manger. Ils allaient....

Le petit garçon qu'il était se mit debout et tout en tremblant tout ce qu'il pouvait, restant le plus près possible des autres, il se mit à enjamber les corps des autres, ses pleurs devenant de plus en plus bruyants, il trébucha sur un petit brun, et fit les derniers mètres à quatre pattes sans écouter le grognement de protestation de celui sur lequel il venait de marcher et s'accrocha au grand blond, à l'adulte, au puissant guerrier, les larmes dégoulinant de ses joues. Peut importe les autres, il ne voulait pas mourir, Grendel ne l'aurait pas si Germania le protégeait, non, il le protégerait, il l'avait juré, hein. Il se mit à lui secouer l'épaule en continuant de jeter de fréquents coups d'œil derrière lui.

Tonton, tonton ! Y... y... y'a Grendel... qui... qui..

Il ne continua pas plus, s'étouffant dans ses larmes, il escalada la poitrine du grand blond et se réfugia de l'autre côté, toujours accroché à lui. Des ombres semblaient bouger le long du mur. Ils étaient fourbes, ils bougeaient en fonction des animaux, c'était cela. Ils étaient tapis dans l'ombre et s'apprêtaient à sauter.

Tonton, réveille toi..

Un grincement.

S'il te plait !

Voix geignarde, voix suppliante. Larmes qui continuaient de tomber.

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Hermann/Germania

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MessageSujet: Re: Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]   Mar 31 Aoû - 19:32

La nuit. Le silence. Non.
Qui a dit que la nuit était silencieuse ? La nuit, les bruits sont amplifiés. Le faible crépitement des flammes dans l’âtre semblait les yeux fermés au grondement d’un brasier. Les respirations des bêtes de somme endormies semblaient être des souffles démoniaques, la pluie au dehors semblait être une tempête et le vent dans les arbres un chant funèbre.
Mais il n’avait pas peur. Bien sûr que non. Il était adulte. Il était fort. Il était une nation.

Et il avait l’habitude du mauvais temps, au bout de quelques siècles. On s’y faisait.

Il dormait paisiblement dans la masure qui abritait tout ce petit monde : deux vaches, un cheval, cinq moutons, un homme et ses gosses. Tous proches les uns des autres, afin de se tenir chaud, malgré le foyer rougeoyant. Avant que le sommeil ne l’emporte, il avait vu Arzh serrant son jeune agneau contre lui pour dormir, Geilbert étreindre son cadet d’une façon protectrice, Hrodrik se rouler en boule pour venir se caler près de lui, et tous les autres, serrés ensemble, dans les épaisseurs de laine et de fourrure. La dure journée de baby-sitting labeur l’avait épuisé au point qu’il n’avait pas tardé à s’endormir, malgré l’orage. D’autant plus qu’il n’y avait pas de femme pour le tenir éveillé pour des activités autant utiles que stimulantes.

Il avait plongé dans un sommeil profond et réparateur, peuplé de rêves plaisants lorsque des sanglots se firent entendre. Il n’ouvrit pas les yeux pour autant. Il scruta juste la pièce avec ses oreilles, essayant de deviner lequel des petits auprès de lui n’étais plus endormi. Difficile jeu que celui là, d’autant plus quand le sommeil vous embue les sens.

Depuis quand l’écoutait-il sangloter doucement ?

Depuis quand ce petit sanglotait-il ?

Il ouvrit les yeux. Il faisait si sombre à l’intérieur mais les éclairs de l’orage éclairaient la masure par intermittence.

Un gamin était debout. Même la vision rendue floue par le sommeil qui l’attirait dans ses longs bras éthérés, dans cette chasse après les cerfs mythiques Duneyr, Durathor, Dain et Dvalin où les quatre cerfs du sommeil broutaient l’arbre Yggdrasil, il pouvait voir que le petiot tremblait comme une feuille. Il referma machinalement les yeux, de fatigue, de sommeil, envoloppé dans la douce chaleur des fourrures. Il rouvrit très brièvement les yeux et vit le gamin hésiter, puis crapahuter par-dessus le corps de ses frères afin de le rejoindre. Et de le secouer de ses toutes petites mains d’enfants, froides comme la glace, s’accrochant à la peau nue de son épaule de toute la force de sa peur. Ses yeux se refermèrent quelques secondes.

- Tonton, tonton ! Y... y... y'a Grendel... qui... qui…

Ses yeux restèrent fermés le temps de reconnecter les quelques neurones qui voulaient bien fonctionner à cette heure-là. Grendel, mais qu’est-ce que Grendel avait à faire là-dedans ? Il n’eut pas le temps de penser plus qu’il sentit son torse escaladé par le petit homme qui partit se cacher de l’autre côté de son corps, sans doute pensant que le grand blond pourrait très bien servir de bouclier humain contre l’orage, les monstres des marécages et les cauchemars enfantins.

- Tonton, réveille-toi… S’il te plait.

L’épaule détrempée de larmes et de morve, Germania se décida par répondre avec un grognement, signifiant que oui, il était réveillé. Il soupira fortement, déçu de devoir définitivement quitter l’agréable rêve qu’il faisait et se leva à demi pour regarder le garçonnet qui était venu trouver refuge contre lui.

Mieg.

D’ailleurs le « Tonton » aurait dû lui faire comprendre quelques secondes plus tôt. Il scruta attentivement la pièce unique de la maison afin de déceler un éventuel intrus à la lumière des éclairs. Non. Tout était calme. Les moutons et les vaches ruminaient paisiblement. Le cheval semblait endormi, tout comme le reste des bambins a moitié ensevelis au chaud dans les fourrures et la laine.
Après sa brève inspection visuelle, il tapota doucement la tête blonde de l’enfant. Tout allait bien, il n’y avait aucun danger, aucun intrus, juste le grand vent dans les arbres, juste la forte pluie sur le toit, juste les grondements sourds du tonnerre et la lumière crue des éclairs.

- Grendel ne mange pas les enfants, juste les guerriers.

Non, Grendel ne viendrait pas le chercher. L’horrible monstre des marécages et sa mère n’avaient que faire d’un petit garçon. Ils n’aspiraient à dévorer les guerriers, les soldats royaux, les hommes forts. Grendel ne ferait pas de mal au petit garçon, ni à quelconque petit garçon, si ça pouvait le rassurer.

- Maintenant, dors.

L’adulte se rallongea, passant son bras par-dessus le petit corps blotti contre lui, comme pour former autour de lui un abri protecteur. Il était l’heure de dormir, Nott était encore là.
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MessageSujet: Re: Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]   Dim 17 Oct - 16:22


Mieg se mit à trembler, trembler encore plus de tout ses petits membres frigorifiés. Après avoir quitté la chaleur protectrice de la couverture, son corps accueillit avec difficulté la température extrêmement basse de la pièce. Ils avaient beau se retrouver à plusieurs, être proche des animaux, la chaleur ne semblait pas vouloir le laisser blottir dans ses doux bras. Le sommeil lui échappait, le fuyait serait le mot le plus juste. Même le bras protecteur de son oncle ne le rassurait pas et les sanglots le secouaient encore de temps en temps qu'il tentait tant bien que mal de cacher pour ne pas réveiller celui qui le protégeait.

Dans un autre éclat de sanglots, Mieg se mordit le pouce pour ne plus faire bruit, s'il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur, il pouvait peut-être faire en sorte qu'il y ait une raison ou que les autres ne le sachent pas. Il s'était déjà suffisamment ridiculisé devant ses cousins et ses frères. Il était ridiculement trop faible, inapte à se servir des armes, incapables de porter des charges trop lourde, inutile dans tout ce qui était artisanat, il parvenait lamentablement à gratter quelques arpents de terre pour subvenir aux besoins de son peuple, mais il n'était ni puissant, ni grand, ni fort, ni bon commerçant, ni rien de tout cela, il vivait sous la coupe des autres, depuis toujours appartenant à qui de droit.

Tout tremblant sous le bras de Germania, il se pelotonna encore plus contre lui, comme un gosse, un vrai. Assumer ses actes jusqu'au bout, c'est ce qu'il devait faire et c'était dans sa nature d'avoir peur, autant vivre avec. Il n'y a aucun déshonneur à avouer avoir peur, mais il y en a un dans la fuite dans ce dont on a peur. Mieg, petit Mieg, la fuite était son seul atout, se voiler la face, tourner le dos, suivre le plus fort et lui demander de le protéger jusqu'à que celui-ci devienne à son tour le plus faible et qu'il aille rejoindre encore quelqu'un d'autre. Il était le roseau dans une forêt de chênes.

Quelques minutes passèrent où il resta figé dans les bras de son oncle, les yeux grands ouverts, n'osant à peine respirer, écoutant les bruits alentours, les poings devant la bouche pour ne laisser passer absolument aucun gémissement, aucun soupir teinté de larmes. S'il n'avait pas eu aussi peur, il se serait félicité de ne pas avoir continué à pleurer, mais à un tel stade, il était bien trop terrifié pour avoir même ne serait-ce qu'une pensée rationnelle sur lui même et sur autre chose que la peur que lui inspirait les nouveaux bruits.

N'entendait-il pas ces rires, lui ? Ces rires mauvais, teintés de coups contre la baraque, ces rires que personne ne semblait entendre, ces rires qui l'accompagnaient dans les endroits sombres et terrifiants. Étaient-ce des rires oubliés d'enfants qui jouent sur les cadavres d'un champ de bataille ? Ces rires que l'on entend sans réellement les entendre. Ces éclats d'enfance que tuent le temps et la mort. Il plaça ses mains sur ses oreilles, espérant ainsi atténuer leur appel, ne plus les entendre, eux et les coups contre les murs. Et puis ces sanglots qu'il entendait, étaient-ce les siens ou ceux d'un autre enfant ? Il aurait tellement voulu leur demander de se taire, d'arrêter de parler, de rire, de pleurer de crier, il aurait voulu hurler à son tour pour calmer ses élancements dans sa tête, mais cela n'arrangerait rien, absolument rien du tout. Il voulait juste dormir, juste plonger dans le noir rassurant de ses rêves et se réveiller au milieu des bras de son oncle, au chaud et protégé. Il voulait juste...... mais pas tant qu'il entendrait ces bruits.

'Tonton... fais les taire, dis leur d'arrêter. Hein, tu les entends ?'

Voix pâteuse, encore pleine des larmes qu'il avait fait couler, il se colla tout contre le torse musclé de celui qui était son tuteur, cachant son nez et sa tête dans cette preuve de puissance et de force. Il était terriblement fatigué, les bruits se faisaient lointain, mais un martèlement entre ses deux oreilles, un martèlement continu l'empêchait de dormir, son ventre gronda, petit système en mouvement qu'était le Mieg. Il n'avait pas mangé le soir même, ou si peu, de peur de se faire bousculer par ses cousins, de manger quelque chose qu'il ne méritait pas après le peu de travail accompli. Assis à quelques mètres des autres, le visage baissé, les bras le long de son corps.

Il avait faim, il en aurait pleuré, comme un bébé, manifester sa présence, la petite douleur qui tiraillait son ventre, il se sentait misérable, tellement pathétique, tellement... inutile. Il aurait voulu hurler pour tout cela, pour être de nouveau la cible de tous les regards, que les uns s'éloignent de lui en ricanant et les autres s'approchent pour le réconforter, l'embrasser, lui dire que tout va bien, qu'il trouvera son but, qu'il forgera lui même son destin. Mais tout cela le fatiguait tellement, il ne voulait qu'être bercé tout contre le corps de sa mère, qu'elle lui chante une berceuse et lui embrasse le petit bobo qu'il s'était fait en trébuchant. Mais il était grand maintenant, il devait marcher avec les autres, suivre le pas imposé par la famille chez qui il était et il se retrouvait seul au milieu de la route, n'ayant pas pu suivre les autres, ayant batifolé trop longuement alors qu'il était petit.

'Je veux... retourner chez maman.'

Nouvelle crise de larmes, sanglots lourd. Je ne suis qu'un petit garçon perdu, quelles larmes amères. Il se redressa, prêt à partir le soir même, il voulait juste les bras de sa mère, qu'elle le réconforte. Il était ingrat, oui, il pourrait se l'avouer plus tard, et peut-être une once de remords, il serait parti, si les bras de Germania n'étaient toujours pas contre lui.

'Maintenant !'
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Hermann/Germania

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MessageSujet: Re: Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]   Lun 15 Nov - 16:16

C'était l'automne : le mauvais temps, le grand vent et les torrents de larmes du ciel. Comme si les éléments s'étaient réveillés pour jouer lorsque les hommes dormaient. Le vent courait dans les arbres, le ciel pleurait et riait, alternant pluie et éclairs. Il criait, grondait aussi, accompagnant le vent dans ses rires entre les branches déjà dénudées des arbres de la forêt près de laquelle la masure germanique était implantée.

La nuit, lorsque les hommes dorment, les éléments et les Dieux sont les rois. Ne dit-on pas que quand le chat n'est pas là, les souris dansent ?

Il avait serré le garçonnet contre sa poitrine, sentant sa tête contre son cœur. Il avait déjà refermé les yeux, éreinté d'une journée rythmée par les armes et la chasse, par les pleurs et les rires des nombreux enfants à sa charge. Qu'il aurait aimé ce soir plonger son nez dans la chevelure parfumée d'une femme, presser son corps fatigué contre ses douces formes et s'endormir dans les bras de la plus belles des créatures que les Dieux ait pu mettre sur Terre...

- Tonton... fais les taire, dis leur d'arrêter. Hein, tu les entends ?

Il ne répondit pas, il laissa le petit enfant et ses menottes se serrer contre lui, se blottir encore plus contre lui, les joues mouillées des larmes qu'il avait versé. Le petit avait faim, il pouvait entendre les cris de son estomac. Parce qu'il avait faim, sans doute ne trouvait-il pas le sommeil. Ne mangeant tous qu'un unique repas par jour, le jeûne devait paraître long pour ce petit être, si jeune encore. Tous ses frères, ses cousins, avaient connu la même chose. Lui aussi sans doute mais cela remontait à une époque si lointaine qu'il ne savait plus si cela relavait du souvenir ou du rêve.

- Je veux... retourner chez maman.

Il ne pourrait pas. Et selon comment agissaient les Hommes, sans doute l'enfant ne reverrait jamais sa mère. Le destin tragique des nations est ainsi : donner la vie est égal souvent à donner sa vie. Lui-même savait qu'en ayant tant d'enfants, il était condamné à plus ou moins long terme. Ses enfants lui prendront toute son énergie et il cessera d'exister en tant que « Germania Major » comme l'appelle Rome.

Mais comment expliquer ça à un enfant ?

- Maintenant !

Le garçon était à nouveau secoué de gros sanglots. Et le grand blond ne parvenait pas dans sa tête à trouver comment expliquer au gamin que sa mère était partie, que lui-même ne savait pas quand elle allait revenir. Et que, peut-être, ne reviendrait-elle jamais. Parce que les Hommes et les Dieux, qui ont toute puissance sur des êtres quasi-immortels que sont les Nations, en auront décidé ainsi.
Il serra le garçonnet plus fort contre lui en guise de réponse, le berçant doucement, faisant attention à ne pas réveiller les autres petits corps endormis autour d'eux.

Il espérait que ses enfants seront grands et indépendants quand il serait amené à disparaître. Qu'ils ne le regrettent pas trop. Qu'ils soient capable de survivre seuls, sans dépendre d'une autre nation plus mûre. Pour cela, il devait encore se battre pour vivre. Il devait aussi montrer aux Hommes qu'il était là, avec eux, pour eux. Il devait prier les Dieux de retarder l'échéance. Il devait vivre encore un peu. Pour ne pas que les larmes de petites nations perdues et apeurées ne remplissent pas les océans mais qu'au contraire, que de grandes nations souveraines se lèvent et marchent sur le Monde.

Son gros doigt passa sur les joues du petit garçon blond pour éponger ses larmes. Il ne devait pas pleurer, il veillerait autant qu'il lui était possible sur lui. Les Germaniques étaient une grande famille, avec des conflits et des rivalités internes certes, mais ils restaient une famille, sous son toit, capable d'être soudée contre les menaces extérieurs s'il le faut. Que la menace soit un monstre, un humain ou une autre nation.

Mais... Comment expliquer ça à un tout petit enfant dont le seul désir était de retrouver les bras de sa mère ?

- Dors. Demain tu vas être fatigué.


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MessageSujet: Re: Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]   Jeu 30 Déc - 16:23


Ses larmes ne semblaient rien changer a la position de son oncle vis à vis de lui, il ne ferait rien d'autre que de le serrer tout contre lui pour le calmer et l'inciter à dormir pour oublier ses peurs et ses craintes. Il ne devait pas pleurer, il ne devait pas chouiner, ne pas réveiller les autres, ne pas les embêter, ne pas faire-ci, ne pas faire cela. Toujours à devoir se faire tout petit et à laisser les gens lui dicter sa conduite. La même chose, encore et toujours.

Laisse moi tranquille, morveux, dégage de mes jambes, bouge de là, tu déranges, tu vois pas que je suis occupé ? Pas maintenant ! Excusez moi, oui, s'il vous plait, je vais me faire tout petit mais laissez moi restez à vos côtés, laissez moi croire que je suis quelqu'un d'important à vos yeux, que je ne suis pas juste un enfant abandonné, loin de tout et inutile.. Prouvez le moi. Prouve le moi.

Germania passa son doigt le long de ses joues pour effacer ses larmes, comme si ce simple geste pouvait empêcher une nouvelle crise, tout effacer de sa mémoire et lui permettre ainsi de mieux s'endormir. Il aurait bien éclaté de rire, mais il n'avait aucune envie que son oncle lui fasse les gros yeux parce qu'il avait réveillé l'un de ses cousins. Tout tremblant, encore, les yeux secs et avec un mal de tête qui suivait inévitablement les larmes, comme si pleurer était quelque chose de mal et qu'on punissait quelqu'un pour l'avoir fait, il fixa le grand homme, toujours imperturbable, ouvrir une nouvelle fois la bouche, lui conseillant à nouveau de s'endormir pour ne pas être fatigué le lendemain..

Être fatigué pour quoi ..? Il n'allait rien faire de plus que d'habitude, il n'allait pas jouer avec les autres, juste leur parler de temps en temps, ceux qui acceptaient d'avoir à faire avec lui et il allait regarder d'un œil envieux ce qu'ils faisaient pour pouvoir un jour les copier et faire comme eux. Ses modèles... Il n'avait de cesse de vouloir les imiter, faire comme ils le faisaient, sourire quand ils souriaient, rire quand ils riaient, manger comme eux, courir comme eux, jouer aux mêmes jeux et construire les mêmes cabanes en bois. Mais il n'était pas comme eux, n'est-ce pas ? Il n'était pas puissant et n'avait qu'à vrai dire, que peu de ressources autres que les mots et ses pensées pour pouvoir se mesurer à eux.
S
Il avait été balloté d'un peuple à l'autre, depuis toujours, peut-être que demain il irait chez quelqu'un d'autre, vivre comme on lui dirait de le faire, changeant à nouveau de modèle, de façon de s'habiller et de manger, accueillant chez lui un homme grand et fort à qui il devrait respect et soumission et qui ferait de lui ce que bon lui semblerait, il pourrait même le tuer. Mieg n'était qu'un petit garçon et n'avait aucun moyen de lui faire mal, il n'était pas puissant aux armes, il n'était pas capable de rallier à sa cause grand monde sans l'aide de quelques larmes et pleurnicheries et n'était pas le meilleur pour se faire des amis..

''.... Tonton... tu me protégeras toujours, hein ? Tu m'abandonneras pas à quelqu'un d'autre, tu jures ?''

Rien n'était moins sûr que Germania disparaitrait un jour aussi, après avoir autant d'enfants, il ne pouvait pas vivre éternellement, c'était impossible, on le lui avait déjà suffisamment seriné, mais il fallait bien que quelqu'un fasse l'illusion, quelqu'un lui explique que ce soir il était en sécurité, le rassure.. Ses cousins, ses frères, ses sœurs, ses voisins et ses camarades de jeux disparaitront probablement eux aussi, décimés par une douleur que l'on nomme la guerre, l'ambition et le pouvoir. C'était ainsi qu'étaient fauchés avant de voir le premier signe de vieillesse, la mort d'une nation était toujours violente et bien avant qu'elle n'ai eu le temps de vieillir. Mais ils avaient le temps d'en voir mourir d'autres des gens, des peuples et des frères, des rois et des sœurs... peut-être même sous sa propre main, sans que l'on ne le veuille vraiment.

"Tu me protégeras toujours des autres, de toi et des monstres ? Hein ? De moi aussi ?

Il ne voulait pas mourir, disparaitre et ne plus pouvoir voir ses collines, ses forêts, ses champs et ses maisons. Il voulait encore voir des cérémonies, des enfants qui ne seraient plus et des enfants qui ont étés. Il voulait encore voir des tumulus et des bijoux en bronze, il voulait.. Oui. Il voulait. C'était ainsi. Alors il devait faire comme on lui disait, faire profil bas et obéir, et peut-être qu'un jour, il aurait le droit lui aussi de marcher le dos droit, fier et puissant, capable de résister à tout les préjudices, sur son piédestal, à son apogée... avant de se faire faucher à son tour, avec violence mais victorieux. Victorieux de lui même et face aux autres. Puissant d'avoir élevé des hommes plus haut qu'il ne l'est, fier et fort, mort et heureux.

On ne nait pas nation sans savoir que la fin est au bout du chemin, chemin, route, sentier, peu importe, tant que celui-ci est emprunté tel qu'il le devrait, longé par celui de ses frères, croisé par celui de ses adversaires et finit au bout d'un carrefour. On fait, on suit et on crève. Parallèle des nations et des hommes, tu marches tant qu'ils marchent, petit homme, tu crèves quand ils abandonnent. C'est tout, c'est comme ça. Alors on devient mélodramatique avant l'âge, on devient vieux avant de l'être physiquement et on carre les épaules pour sourire à ceux qui croient en nous.

Son ventre se remit à gronder, il avait faim, le petit, il avait faim de la vie et de pain, il avait faim de tout et ne voulait pas dormir. Quitte à être fatigué et de mauvaise humeur, il voulait ses réponses. Mais il n'aurait que des regards qui en disent plus long que des phrases, car tel était Germania, car tel était son peuple.
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Hermann/Germania

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MessageSujet: Re: Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]   Sam 7 Mai - 11:17

Ces échos qui se répondent
et qui ébranlent ton lit,
c’ n’est que l’orage qui gronde
pas un démon qui rugit.
C’est vrai souvent qu’il arrache
plus de toits que de soucis,
mais mêm’ parfois s’il se fâche
l’orage reste un ami.
Crains plutôt le canon qui tonne
ou comme l’oiseau le fusil :
ce sont inventions de l’homme
et ses seuls vrais ennemis .




A la lueur des éclairs, l'adulte pouvait voir les grands yeux bleus du garçonnet le scruter. Des questions plein la bouche mais encore plus plein les yeux. Il savait, il voyait que le petit garçon avait besoin d'être rassuré mais lui, il n'était pas pourvu du don que les femmes ont pour manier les mots et les gestes qui calment les petits enfants. Non, lui n'avait que les muscles que pour terrasser bêtes, monstres et hommes.

Le Germain se redressa lentement, évitant de réveiller les autres enfants qui dormaient à poings fermés en pêle-mêle à côté d'eux. Il prit le bambin et l'installa sur ses genoux. Au bout d'un long silence ayant pour but de réfléchir à ce qu'il allait dire, pour que l'enfant comprenne et synthétiser cela en le moins de mots possible, il chuchota :


- Je ne peux pas te dire « toujours ». Parce qu'on ne sait jamais ce qu'il va arriver. Mais autant que je le pourrai, sache le, garçon.


L'adulte passa ses grosses mains dans les fines mèches blondes du petit garçon. Il était l'un des siens, il lui donnerait sa culture, son savoir faire, sa langue. Il lui donnerait un esprit de guerrier et le respect de mère Nature. Il aimerait lui faire comprendre que les nations ne sont pas maîtresses de leur destin, qu'il sont en réalité telles des poupées maniées par des poignées d'humains. Que chaque nation, jeune ou anciennes, peuvent mourir du jour au lendemain par la faute des humains.


- Tu es une nation, garçon. Tu dois la vie aux humains qui croient en toi, qui se sont unis en ton nom. Tu dois aussi te méfier des humains. Parce qu'ils sont les chefs des nations, comme toi et moi, tu comprends, garçon ?


Il ne préférait pas encore lui dire que peut-être, un jour, il devra se dresser et piétiner ses frères. Ou l'inverse, se faire meurtrir par ceux qu'il avait aimé auparavant. Ainsi est la vie des nations : face à la soif de pouvoir des hommes, elles peuvent être amenées à déchirer dans le sang les liens qui les unissaient auparavant. Sans avoir leur mot à dire.

Combien de ses fils se disputaient déjà violemment à cause de leurs peuples ? Comme si les humains étaient amenés à oublier la mémoire de leurs anciens, à fermer les yeux, pour mieux piétiner leur voisin ?


Il le savait, il l'avait fait. Les peuples mêmes qui le composaient étaient en guerre l'un contre l'autre, rendant tout son corps douloureux et parfois son esprit confus.


- Garçon... Crains moins les monstres que les hommes.



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Dans un passé lointain} Les monstres tapis dans l'ombre. [Germania]

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