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 [1812] Cohabitation féminine

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MessageSujet: [1812] Cohabitation féminine   Sam 29 Jan - 14:29

Le soleil était déjà haut dans le ciel et la chaleur battait son plein lorsque Carolina se leva de son lit. Même un jour comme celui ci, elle restait insouciante et ne se préoccupait pas de tout bien préparer, y comprit elle même, pour l'accueil de sa nouvelle protégée. Elle se toiletta rapidement et enfila une robe blanche et marron très longue mais aussi très légère. Elle peigna rapidement ses cheveux fins puis décida enfin de se mettre à la tâche, sans prendre de petit déjeuner. De toute façon, elle allait certainement devoir nourrir l'arrivant lorsqu'elle arrivera, donc aucun besoin d'attendre le déjeuner (tant mieux, elle n'aurait pas tenue jusqu'à deux heure de l'après midi).

La personne qu'attendait Catalogne était la jeune et mystérieuse Andorre dont France lui avait confiée la tutelle. La région nordique d'Espagne était désormais divisée en plusieurs régions françaises, dont l'une d'elle incluait Andorre dont elle ne savait absolument rien. Cependant, Carolina appréciait Francis, et en Espagne (bien qu'elle soit désormais annexée à l'Empire Français), l'accueil était une valeur fondamentale ! De toute façon, elle le devait à France: c'est grâce à lui si elle commençait à devenir de plus en plus prospère, elle pouvait au moins lui rendre ce service. Et puis qui sait, elle s'entendrait peut être très bien avec Andorre.

Elle prépara assez à manger pour une famille de cinq personnes, le repas composé principalement de plats Espagnole bien qu'elle ajouta quelques petites spécialités Française. Ceci fait, elle passa rapidement un coup de plumeaux dans les pièces les plus importantes de la grande maison que France lui avait légué comme logement. Habiter ici avec Andorre était une des conditions qu'elle avait du accepter lorsque Francis l'a prise sous son aile. Personnellement, la maison lui avait bien plus car elle était perdu quelque part dans la campagne, entourée de plants d'oranges et de citron avec une jolie vu sur le paysage, et comme elle était dans le sud, il faisait toujours chaud et beau.

A peine s'eut-elle essuyée les mains et enlevé son tablier que la sonnette retentit. Un dernier passage devant le miroir et elle partie ouvrir la porte de ce petit coin de paradis à sa nouvelle colocataire.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Dim 30 Jan - 19:26

Il s'était posé devant elle, se penchant sur un genou au sol, tandis qu'elle passait le peigne dans ses cheveux. Sans un mot, il la fixait, et sans un mot, elle lui renvoyait son regard, posant délicatement l'objet près d'elle. Flor ne dit rien, attendant patiemment qu'il pose son verdict. Il ouvrit lentement la bouche pour prononcer les mots qu'elle redoutait.
Voilà, il l'avait dit. Il lui en murmura d'autres, mais elle ne les entendit pas. Elle avait fermé les yeux, se refusant d'y croire. Dans son monde noir, elle ne percevait que quelques échos, bien trop faibles pour qu'ils puissent être des mots. Des syllabes distantes dénuées de tout sens. Elle refusait de croire qu'il en avait décidé ainsi.
Elle resta sans bouger tandis qu'il se redressait – crut-elle comprendre des bruits que sa tenue émettait à chaque frottement du tissu -. Ses souliers claquaient sur le sol pavé de la pièce. Un pas, deux pas, trois pas... La porte s'ouvrit et se referma. Sans bouger, elle rouvrit les yeux, ses doigts se refermant sur son peigne près d'elle.
Elle refusait de le croire mais elle n'avait pas le choix. Tous les traités et les accords du monde ne pouvaient changer cela. La Catalogne était entre les mains de cet homme, et par conséquence, elle l'était également, toute entière. Elle reprit la coiffure de ses cheveux bouclés pour s'empêcher de pleurer.

•••

Quelques jour plus tard, quand elle eut terminée ses bagages, elle hésitait. L'envie lui prenait de rester dans sa maison, là, dans les montagnes. Mais elle devait redescendre. Là où tout était plat et où la vue était plus dégagée. Là où pourrait voir la mer, elle qui n'a jamais eu le loisir d'y tremper les pieds. Une nouveauté. Elle oscillait entre ses deux chemins de vie. Le premier était celui de la révolte, et il demandait à ce qu'elle se dresse contre Françis. Et pour sûr, c'était une chose que jamais elle ne pourrait faire. La seconde était de l'écouter. D'une certaine manière, elle était plus sage, ainsi tira-t-elle la porte de la maisonnée en se promettant de ne pas y remettre les pieds avant qu'il ne lui autorise de nouveau.
On lui fournit un moyen de transport et on emporta ses bagages. Elle leurs fit un dernier au revoir avant de monter à la selle de la bête. Elle devait se hâter, l'heure n'était pas à la rêverie, on l'attendait quelque part...
Et elle ferma les yeux un instant. Le vent soulevait ses cheveux bruns à rythme irrégulier. On entendait son souffle lorsqu'il filait entre les mèches bouclés qui se détachait de sa coiffure. Sifflant, mais doux … Elle appréciait cela. L'hiver, l'air était glacial, l'été, plus humide. Mais elle appréciait, quelque soit le temps.
Elle rouvrit les yeux, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Elle devait vivre chez quelqu'un d'autre, perdant son statut de « pays ». Tant pis. De toute façon, dans deux ans, elle s'en irait à la française !

•••

La porte était impressionnante. Simple, mais impressionnante.
Hésitante, elle l'était, la petite andorrane. Sa main s'approchait de la porte, avant qu'elle ne la ramène contre elle. Finalement, ce fut un de ses accompagnateurs, ces hommes de lois qui avaient décidés de couper la Catalogne en quatre parties, qui vinrent frapper. Elle attendit patiemment, une jambe tremblante, une autre immobile.
Elle voulait encore partie et elle voulait rester.
Le respect et la curiosité contre son désir de liberté. Au final, elle resta sur le palier. Elle ne courut pas dans les champs, comme la petite voix dans sa tête le suggérait. Elle ne sautillait pas en criant la gloire de son peuple. Il n'y avait rien à crier, rien à chanter, juste à désespérer. Et quoiqu'elle aimerait faire, quoique la voix lui murmurait, elle n'avait au final pas la force de le faire.
Elle était faible. Très faible.

La porte s'ouvrit. Les hommes étaient partis. Ils avaient confiance. De toute manière, ils l'auraient vite rattrapés, elle qui était incapable de courir.
C'était une jolie fille qui ouvrit. Grande. Plus qu'elle. Plus âgée peut-être. Flor semblait ne pas dépasser les 14 ans, d'âge humain bien entendu. Jeune. Frêle. Petite. Faible.
Et celle-là, plus âgée, formée, grande, forte.
Flor ne dit rien. Elle attendit un peu avant d'esquisser un sourire. Il lui fallait être poli.
Elle était plantée sur le palier, dans sa robe miteuse et sa coiffure négligée, ses bagages abandonnées à côté d'elle. Il lui fallait dire bonjour … Bien. Disons bonjour.


« Bon dia …. Catalunya. Sóc Andorra. »


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Lun 31 Jan - 12:34

Andorre était exactement l'idée dont Catalogne s'était faite d'elle. A l'image de son pays, elle était petite et menue, encore dans la fraicheur de la jeunesse, n'attendant que d'être forgée et s'affirmer. Carolina sentit que cette petite, bien qu'elle semblait renfermée et peu confiante, avait de l'ambition en elle. Francis l'avait prévenu que contrairement à elle, Andorre n'avait pas vraiment été contente à l'idée d'être rattachée à une région et perdre son identité nationale. Pour être honnête, Carolina aussi n'avait pas vraiment appréciée d'être divisée comme cela en simples régions. Cependant, vu comment les choses étaient bancales en ce moment en France, elle savait que cela n'allait être que temporaire.

En attendant, il fallait qu'elle aide la jeune fille à faire passer la pilule et la rassurer quand à leur situation. Elle lui répondit par son plus beau sourire chaleureux et lui ouvrit la porte pour l'inviter à rentrer. Elle était agréablement surprise qu'Andorre sache parler Catalan avec autant d'aisance. Même dans un moment pareil, elle restait quand même aimable.


-"Bonjour jeune Andorre et bienvenue. Je t'en pris, rentre. Je me charge de tes bagages."

Sans laisser le temps à la demoiselle de répondre, elle agrippa les valises qui reposaient sur le paillasson pour les rentrer dans leur demeure. Elle laissa à Andorre le soin de refermer la porte et de visiter un peu le réez de chaussée pendant qu'elle monterait tout dans la chambre d'ami qu'elle avait préparée la veille, celle qui était juste à côté de la sienne. Elle redescendit rapidement après avoir vérifié qu'elle n'avait rien oublié, consciente que la jeune fille devait se sentir un peu perdue dans cette grande maison.

Elle avait entendu dire que l'Andorre était surtout une région montagneuse, alors atterrir dans un coin sans relief devait sûrement la dépayser un peu. Elle expliqua à Andorre que étant en France, il valait mieux parler français si on ne voulait pas avoir de représailles de Francis, bien qu'elle souligna la joie qu'elle avait eut en l'entendant parler Catalan. Elle la conduit au salon ou attendait déjà une salade typique méditerranéenne sur la table avec deux couverts mis l'un face à face.


-"Je me disais que tu devais avoir faim après un si long voyage. Et puis, je pense qu'il n'y a rien de mieux que de discuter autour d'un bon repas, c'est plus conviviale."

Elles s'installèrent autour de la table et pendant que la dégustation commençait, Carolina vérifia qu'elle n'avait rien oublié pour agrémenter la salade... Huiles en tout genres, aromates, sel... tout semblait là, il n'y avait plus qu'à se servir. Alors qu'elle se servait un verre d'eau, Catalogne décida d'engager la conversation dans le vif du sujet.

-"Alors, ça va? Je veux dire, tu tiens le coup avec ces mesures territoriales. Je sais que ce n'est pas facile donc tu peux tout me dire."
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Ven 4 Fév - 15:56

Et c'était en français que la belle catalane lui répondit. Flor ne se vexa pas, comment pouvait-elle ? Mais elle aurait tant aimer parler catalan, pour une fois qu'elle en avait l'occasion ! Aucune autre nation ne parlait cette langue. Pas comme elle le parlait, couramment.
Parfaitement.
Mais tant pis. On ne force pas une personne sur une voie. Et comme on dit, à Rome, comme les romains … Flor devait s'adapter, au moins le temps de son séjour. Elle aurait tout le loisir de reprendre une fois de retour dans ses montagnes.

Elle était toujours silencieuse et ne dit pas un mot quand la catalane attrapa ses bagages et disparut dans la maison. Flor resta sur le palier un moment. Elle n'aimait pas entré sans qu'on lui tienne la porte, cela sonnait comme une impolitesse de sa part. Visiblement, elle était en droit … Oui, cette maison était la sienne aussi, désormais.
De pays à département.
Elle grinça des dents et entra. Lentement, elle referma la porte et laissa son regard voyageait dans le hall. Elle percevait quelques changements, mais mineurs. Elle ne semblait pas avoir les même gouts que sa camarade, quoiqu'encore, elles n'étaient pas opposées.
Elle se sentait à l'étroit dans sa robe, à l'étroit dans ce hall, à l'étroit dans cette maison. Elle se fit petite, entrant sa tête entre ses épaules. Attendant que la catalane ne revienne pour lui parler ou lui faire visiter. Seule, elle n'osait pas. Et puis... Ce serait d'une impolitesse …

Elle redressa la tête en entendant les pas dans les escaliers. Toujours sans prononcer un son, elle s'avança timidement de la maitresse des lieux – rien n'y faisait, ce n'était pas assez chez elle pour qu'elle accepte de considérer les lieux comme son nouveau chez elle -.
On lui expliqua qu'il valait mieux parler français, pour ne point se mettre à dos Françis. Flor fit la moue. Elle n'avait que faire de l'avis de Fran, elle savait ce sentiment réciproque. Elle savait également qu'elle pouvait tout aussi bien lui causer en anglais, en portugais, en russe même, pas sûr qu'il bronche. Elle était une ombre qui n'avait pas assez de prestige pour servir de médaille, ainsi n'était-elle qu'un chiffre sur une feuille oubliée. Et elle s'acquittait très bien de son rang. Il lui conférait une liberté unique à laquelle aucune autre personne ne pouvait aspirer.
Mais elle ne dit rien. Ne changeons pas les vieilles habitudes !

Flor suivit la catalane dans le salon, où la table était visiblement déjà dressée.

« Je crois que je vais refu– »

À peine eut-elle ouvert la bouche pour refuser ce charmant repas que son ventre se mit à grogner. Elle baissa la tête en rougissant. Comme quoi, la faim ne se cache pas. L'estomac vide fait bien plus de bruit qu'on ose le croire.

« V-veuillez m'excuser... »

Elle se posa directement devant une assiette, marquant son envie de manger rapidement. Si les codes n'existaient pas, certainement aurait-elle arraché le plat de la table, le remplissant de tout ce qu'il lui passait par la main pour aller manger tout cela, loin, après avoir pris la fuite. Comme un voleur. Mais Flor, jeune ou pauvre, connaissait que trop bien les règles. Elle se tint droite, les mains posées sagement sur le bord de la table, le regard brillant en fixant la table et ses mets.
Une salade.
Mais une salade qui était verte ! Pas une pourrie, fade et molle. Non, celle-ci était bel et bien verte, et lui semblait tout aussi croquante que délicieuse. Une salade … Une salade qui se mange, pas une salade pour protéger sa tête.

Elle se servit en hésitant. Après tout, on ne lui en voudrait pas ? C'est qu'elle n'avait pas l'habitude d'avoir devant elle une telle denrée. Elle voyait plus souvent... Des patates ? Des choux ? Dans le genre.
Elle n'y ajouta rien. Au naturel, le tout, et hop ! Elle tenta d'avaler une feuille entière, la moitié en bouche, le reste qui pendait stupidement devant elle. Elle mâcha lentement en fixant la catalane.

Si elle s'en sortait ? Si elle tenait le coup ? Elle pensait. Elle n'appréciait pas, mais … Elle supportait. Elle s'était fait une raison.
Là, sur sa chaise, elle n'avait plus envie de partir. Elle mangeait et elle avait chaud... C'est un peu comme ça qu'elle imaginait le paradis …
Elle avala difficilement sa feuille pour tâcher de répondre quelque chose de correct.

« Oh, je pense que ça va … Ne vous en faites pas, ce n'est qu'un changement de plus. Autrefois, il suffisait d'un mariage, un seul, pour qu'ils me changent de maison. Un coup chez l'Espagnol, un coup chez le Français... »

Elle se remit à grignoter sa feuille de salade, avec un petit sourire qui se dessinait. Elle pouvait bien raconter sa vie à la catalane. Cela lui plaisait. Bien qu'elle avait bien moins à dire que son interlocutrice, elle était persuadée qu'elle pouvait en faire un long roman...
Tiens. C'est pas une mauvaise idée, ça …
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Sam 5 Fév - 21:01

La catalane savait qu'elle avait eut raison de miser sur l'appétit d'Andorre en la voyant dévorer ainsi son assiette. Elle semblait plus particulièrement apprécier la salade, à tel point qu'elle n'avait même pas prit le temps de la couper ou de l'assaisonner avant de la manger. La bouche pleine et les joues rouges, Carolina ne pouvait s'empêcher de penser que la jeune fille était très mignonne comme ça. Certaines personnes rigides sur les codes de conduites s'en seraient offusquées, mais c'était dans sa mentalité de passer outre et de préférer largement le naturel des personnes. C'était beaucoup plus intéressant que de se cacher derrière un masque irréprochable de savoir vivre.

Au moins, si elle mangeait, c'est qu'elle allait un peu mieux qu'avant. Catalogne servi elle même dans sa salade mise à disposition; elle découpa des petits carrés de fromage de chèvre, agrémenta le tout d'huile d'olive et de fine herbe avant de piquer quelques feuilles. Tout en les portant à sa bouche, elle écouta Flor lui expliquer sa situation et comme elle la prenait. Apparemment, la jeune fille semblait habituée à être trimbalée de contrée en contrée sans qu'on lui demande son avis au nom d'un simple pacte ou alliance. Catalogne eut un rictus ironique: c'était bien la façon de faire caractéristiques de pays se croyant conquérants, et donc au dessus des autres, tels que France et Espagne!


-"Ca ne m'étonne pas d'eux, ils passent leur temps à conquérir des pays ou des régions voisines juste pour agrandir leur territoire et frimer auprès des autres sans se soucier de ce que l'on peut ressentir. Mais bon, ne t'inquiète pas, ils font tellement de guerres, de traités et d'alliances que ça finit par devenir bancale. Au bout de quelques années, il y a toujours un rival qui vient leur botter les fesses pour les obliger à restreindre leur frontière et nous redonner notre indépendance. Jusque là, on serre les dents et on essaie de se préserver au maximum."

C'était là son conseil personnel, mais Catalogne était consciente que tout le monde ne pouvait pas aussi bien relativiser les choses qu'elle. Etant une simple région, elle était de toute façon sous la tutelle d'un pays (du moins jusqu'à son indépendance) donc elle avait un peu l'habitude. Mais elle imaginait bien que ce n'était pas facile pour Andorre, étant quand même un pays entier, bien que paradoxalement, elle fût plus petite qu'elle. C'était peut être à cause de ça que Francis ne prenait pas en compte son avis comme il ne prenait pas en compte le sien. Carolina soupira. Tous ces pays comme la France, l'Espagne ou l'Angleterre étaient peut être grands niveau territoire et ressources mais au prix de lourdes pertes.

C'était comme ça, certains préféraient la grandeur des armes au repos de la paix. Et le plus souvent, c'étaient les plus arrogants.

Elle sourit néanmoins à Andorre pour éviter de trop refroidir l'ambiance en ce midi méditerranéen. Après tout, elles étaient toute les deux assez loin de tout ça, de simple spectatrices, témoins au grand maximum des natures et causes de la richesse des nations. Elles se contentaient d'obéir parce qu'elles n'avaient pas le choix, et parce qu'elles n'avaient de toute façon pas les moyens de se révolter. Mais Carolina était sûr qu'un jour, elle saurait prendre sa revanche et elle espérait qu'Andorre fasse de même. Pour prouver que même en temps que régions et petit pays insignifiants, elles avaient quand même leur mot à dire.


-"Au fait, tu peux me tutoyer. Je préfère qu'il n'y ait pas de formalité entre nous: Viens comme tu es. D'ailleurs, j'ai préparé une truita avec quelques pebrots, tu m'en diras des nouvelles."

Malgré sa volonté de parler français, il y avait quelques mots qu'elle ne pouvait s'empêcher de sortir en catalans, comme la tortilla ou les poivrons. Elle se servit de la carafe d'eau fraîche pour remplir les deux verres posés sur la table. Il fallait quand même avouer qu'elles avaient de la chance de ne manquer de rien ici car il y avait certainement d'autres pays qui ne vivaient pas aussi bien en étant fédérés. Au moins, de ce côté, Francis ne s'était pas fichu d'elles même si elle savait qu'il y trouvait aussi largement son compte.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Sam 19 Fév - 9:09

Elle s'arrêta un instant de dévorer sa salade, pour fixer l'assiette de son interlocutrice. Pour sûr, la salade assaisonnée donnait bien plus envie que son morceau de laitue pendant mollement au bout de sa fourchette. Mais elle ne savait comment s'y prendre, et la faim vorace lui tordait encore les entrailles. Ah, mais, petite feuille, sais-tu, personne n'a rien demandé, il n'y a que les Grands qui demande, quand on est petit... On se tait et fait. Le seul pouvoir dont jouissait l'enfant, celle de dévorer une pauvre salade.
Puis elle écouta. Elle n'était pas certaine de bien comprendre. Conquérir pour frimer ? Ils sont Grands, eux. La petite trouvait qu'ils en avaient le droit, au fond, car certainement, si elle avait été Grande, elle aurait agi de même. Juste pour ressentir le pouvoir lorsqu'on annonce la potence, juste pour ce sentiment de supériorité qui prend lorsqu'on soumet l'autre à ses ordres … Un quelque chose qu'on ne connait pas, quand sa nation n'excède les quelques centaines de kilomètres, restant rien d'autre qu'un fragment d'un pays incomplet. Il manque quelque chose...
La suite, elle comprenait déjà mieux. Oui, elle savait. C'était temporaire. Elle connaissait que trop la manière dont les choses changeaient, et si ce n'était pas l'empire de Fran qui flancherait, alors, un mariage l'arrachera à lui. Comme toujours, comme toujours... Tout ce qu'il y avait à faire était attendre. Patiemment sans bouger, là dans son coin, et à prier que la pauvreté ne touche pas plus ses habitants...

« C'est le cours des choses, hum … »

Elle avait une voix de gamine. Cela la rajeunissait davantage. Elle ne suivait pas le train des techniques, restait dans ses montagnes, à l'écart de tout et tous. Sa voix avait quelque chose comme ça. Naturelle, enfantine, peut-être inconsciente, mais surtout … Fatiguée, éteinte... Préservée. Oui, c'est cela, elle avait une voix préservée.

« Un jour, Tonio reviendra, et si ce n'est pas Tonio, ça changera un peu... »

Elle aimait beaucoup Tonio, bien que celui-ci ne semblait pas lui rendre la pareille. De ces deux 'frères', il était certainement le plus cruel. Enfin. Tout dépend de ce que l'on entend par « cruel ». Ces frères, ils n'étaient pas souvent là. Voir, jamais là. Dans un sens, ce n'était pas si important, il n'arrivait rien qui puisse lui causer des soucis. Personne ne venait jusqu'à chez elle, les montagnes ne s'écroulaient pas et le ciel était toujours à la place du ciel.
La pauvreté était son seul fléau. Elle n'avait rien en poche, à un tel point que ses impôts se résumaient à du pain. C'est cela. Elle donnait du pain à ces frères pour qu'ils acceptent sa condition. Qu'ils la protègent. Crut-elle.
Mais qu'est-ce que cela prouvait ? On ne l'attaquait pas. Comment pouvait-elle dire qu'on la protégeait ? C'était de la famine qu'elle aimerait être protégée, mais visiblement, elle était bien seule à penser ainsi. Tant pis. Elle donnait son pain.
Fran, c'est le plus étrange. C'est celui qui la repoussait une fois sa révolution arrivé, celui qui lui a dit que selon les nouveaux codes, ce n'était pas possible : 'c'est quoi cette histoire de pain, ça fait trop féodal !' Et trente petites années plus tard, il accepte enfin de revenir sur sa décision, bien que Flor sut que tout était dû au Monsieur le Petit Caporal. Six ans après, le voilà qui lui retire son rang de pays pour l'inclure entièrement dans ses terres !

… Mais Tonio reste le plus cruel, pense la gamine. Car il était celui qui lui apportait le moins d'importance. Oh, elle s'estimait chanceuse... Il la laissait au moins vivre …

Elle sourit.

« Je ne me fais pas de soucis … Je ne vois pas pourquoi, aujourd'hui, on s'intéresserait à moi. Je suis bien trop pauvre et puis … Il n'y a rien d'exploitable chez moi. »

Et elle piqua de nouveau dans sa salade, bien décidée à la finir. Elle s'inquiétait pas. Non. Elle expliquait cela avec naturel, comme une fatalité à laquelle elle se serait faite. Il est vrai, avec le temps, Flor avait fini par accepter et se dire que sa place était celle-ci. Dans le silence, reculé … On tentait de lui apprendre des nouveautés, mais cela la perturbait, elle les rejetait, elle n'en voulait plus davantage.
Cela avait toujours été comme ça … Depuis le commencement. Pourquoi changer ?
Pourquoi serait-elle ailleurs puisqu'elle est ici, et qu'ici, elle se sentait chez elle ?

Elle ne s'inquiétait pas de son sort. Elle l'acceptait comme il venait.

[Hrp : J'espère que cela te va ~ ]
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Mer 23 Fév - 14:19

[C'est bon ^^]

Carolina haussa un peu les sourcils lorsqu'Andorre évoqua Antonio, leur cher frère. Elle avait envie de rassurer la jeune Flor et de lui dire que si cet espagnol revenait, elle lui botterait les fesses et lui ferait face comme il le faut. Mais la vérité, c'est que vivant aux crochets de France et étant au début de son développement, elle ne pousserait pas le suicide jusque là. Contrairement à sa jeune protégée, plus ça allait et plus Espagne l'insupportait. Si Flor était résignée à ce qu'ils fassent ce qu'ils veulent juste parce qu'ils étaient de grands "conquistadores", Carolina n'arrivait pas à comprendre pourquoi ils s'engageaient dans une voie qui les menait à se détruire les uns les autres, allant jusqu'à sacrifier leurs propres frères et sœurs.

-"Tu sais, en ce moment, il est dans une mauvaise phase... même moi, je n'irais pas me frotter à lui en ce moment."

C'était une des raisons pour laquelle elle avait envie de vite se développer et de devenir indépendante : Pouvoir avoir son mot à dire dans ces histoires. Pour le moment, seuls France et Espagne avaient connaissance de son existence, mais un jour viendra, elle le sait, ou elle se fera connaître du monde entier. Bon, en attendant, elle était réduite en quatre parties de régions françaises et partager son territoire avec une nation encore plus petite qu'elle et dans une situation peu enviable...

Les paroles d'Andorre lui firent comprendre que tous le monde n'avait pas la chance d'avoir des ressources sur lesquelles ont pouvait se reposer. Après tout, Flor était un pays à la base, par conséquent, elle avait tous les inconvénients d'être sous la tutelle d'un pays sans les avantages. Carolina, elle, pouvait toujours se reposer sur Espagne en cas de problème puisqu'il était le premier concerné par ses régions (même si ça ferait vraiment mal à l'orgueil de Catalogne de demander de l'aide à son grand frère). C'est vrai qu'Andorre était dans une région montagneuse, sans accès à la mer. Il n'y avait pas grand chose à exploiter et c'est sans doute la raison de sa neutralité et de sa situation précaire.

Cependant, Carolina était sûre qu’Andorre pouvait quand même avoir des atouts que d'autres nations ne pouvaient se permettre d'utiliser. Elle se souvenait d'un autre pays dont Espagne lui avait parlé, un pays qui était dans la même situation qu'Andorre mais qui s'en sortait très bien... elle n'arrivait pas à se souvenir de son nom.


-"C'est dommage que tu dises ça, je suis sûr qu'il y a des choses sur lesquelles tu pourrais te développer. Ce n'est pas partout qu'on peut trouver des montagnes, tu sais."

Elle décida de servir le reste du repas dans un beau plat en porcelaine, son "omelette aux pommes de terre" comme ils disent vulgairement en France (elle préférait encore le dire en Espagnol, c’est pour dire) avait été fait sous forme de gâteau avec des petits morceaux de poivrons dessus. Elle laissa Andorre se servir, elle même n'ayant pas encore finit sa salade. Quelque part, elle avait envie que leur réunion, à elle et Flor, leur serve malgré tout. Elles semblaient parties pour bien s'entendre, ce qui était une chance car d'autres pays ne pouvaient se supporter et étaient obligés de rester ensembles. Alors autant utiliser cette aubaine pour tirer des choses l'une de l’autre.

-"Ne t'inquiète pas, Andorre. Si tu fais des efforts, ça finira toujours par payer. Même petit, on peut soulever des montagnes. Et puis; "Rome ne s'est pas construite en un jour". "

Et dieu sait pourtant qu'Empire Romain devînt le plus grand et le plus puissant.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Dim 13 Mar - 17:02

    Il était certain que les deux demoiselles (jeune fille pour l'une, jeune femme pour l'autre) n'avaient pas le même point de vue concernant les grands conquérants. Le caractère de la Catalane, bien plus trempé que celui de sa camarade, semblait être manifestement à l'origine de tout ça. La petite Flor ne disait rien, acceptait son sort et se taisait. Tout l'inverse, visiblement, de la jeune femme en face d'elle. Celle-ci … Semblait plus bagarreuse. Son histoire l'indiquait en tout cas. Oh, Flor ne connaissait pas toute l'Histoire, mais elle avait pris la peine, au fil des années, de rassembler des fragments de récits, pour comprendre ce qui arrive autour d'elle. C'est la moindre des choses, sans son cas. Histoire de connaître les potentiels futurs 'boss', ceux qui réclameront de ses terres tout ce qu'elle pouvait en tirer. Elle... De ses montagnes.

    Ses montagnes... Pas partout ? Elle le savait bien. Mais qu'est-ce que cela changeait ? Elle ne comprenait rien de ce que la Catalane lui disait. Oui, oui, bien, il n'y avait pas de montagnes partout, bien, oui … Et ? Qu'est-ce qu'elle pouvait y faire ? Elle prit un air perplexe, terminant sa salade comme un vieux mammifère, bouche s'ouvrant et se refermant, les lèvres suivant le mouvement. Aah ! Si les vieux de son village la voyait ! Si les focs étaient devant elle ! Certainement auraient-ils pris un air choqué, de voir tant d'impolitesse de la part de la petite Andorre, leur nation, leur pays … ! Oups, que dis-je... Leur région ! Puisque aujourd'hui, elle n'était plus que ça.
    Et elle continuait à parler de montagnes. Flor était perdue, face à son omelette aux patates – en se disant que ça manquait de champignons, tout ça -. Des montagnes. Oui, voilà, des montagnes, montagnes, montagnes, montagnes, montagnes … Et ?
    Elle s'étouffa. Voilà, un morceau de patate – non, mais, pomme de terre, c'est trop long … - qui lui reste en travers de la gorge. La phrase de la Catalane n'y était pas pour rien, elle avait un rôle. Petit et … Soulever des montagnes ? La gamine toussa en se frappant la poitrine, essayant de décoincer la pauvre patate.

    Il fallut un moment, avant qu'elle ne prenne son souffle et tousse d'un coup. Patate ne put gagner. Patate est morte. Et Flor gagna la bataille. Et la guerre, se dit-elle pour elle-même en écrasant le morceau. Puis, elle ouvrit grand les yeux et planta son regard surpris sur Catalogne. On aurait dit que ses yeux essayaient de sortir de ses orbites. Globuleux. Si écarquillés que le bleu ciel de ses pupilles disparaissent, noyé dans des taches blanches aux veines ressortant. Maudite fatigue.


    « Ah ! Mais c'est possible de bouger les montagnes quand on est humain, ça existe pas ! Je sais pas tout tout, mais ça, je le sais ! J'ai déjà essayé, mais c'est pas possible de bouger les montagnes ! C'est trop grand, et puis, c'est géant ! C'est super lourd et c'est accroché au sol ! On peut pas les pousser, et puis, en plus, je veux pas les pousser ! Elles sont très bien où elle sont, mes montagnes ! Je veux juste de la bonne terre et deux ou trois plateaux, c'est tout ! »

    Elle se redressa de sa chaise, manquant de la faire tomber en arrière. Ses petites mains s'appuyèrent sur la table, elle gonflait la poitrine pour essayer d'accentuer ses mots. Voyez comme elle essaie de prendre de la taille, comme elle tente vainement de sembler plus importante ! Et ces airs qu'elle souhaite avoir la rendent plus ridicule encore. Elle fait plus petite sur la pointe des pieds, elle fait plus gamine le visage sérieux, elle fait plus faible avec cet air outré. Elle le remarque bien. À peine eut-elle le temps de dire ouf qu'elle se mit à rougir violemment, comprenant le pathétisme de son action. Elle aurait dû se taire. Ce qu'elle dit est idiot.
    Elle comprend combien elle est naïve.
    Posant la main devant sa bouche, elle lâcha un petit « Oh! » avant de se rasseoir, son autre main scotchée au bord de la table. Et For baissa la tête pour se cacher derrière sa frange, priant pour se faire oublier. Un homme viendrait ! Ou une femme, qu'importe ! Tout ce qu'il lui fallait, c'est de se retrouver seule. Maintenant. Tout de suite.
    Elle en revint à son omelette, tenant maladroitement son couvert du bout des doigts, maltraitant de nouveau la nourriture pour oublier sa petite faiblesse.

    « P-pardon, c'est idiot … »

    Et elle se tut, jugeant qu'il valait mieux se taire et écouter ce que la catalane avait à dire. Flor était une jeune fille, qui n'avait, en tant que nation, que peu d'expérience. Que savait-elle ? Elle n'avait jamais eu à se battre ! On parle de la Marche d'Espagne, mais bon Dieu, cela remonte à si loin ! Et il lui arrive de se demander si sa victoire n'était pas uniquement dû aux autres. Le reste de la « portée » dont elle seule encore à être sur pied. Ca aurait dû être les autres … Va !
    Chut, ne pense plus. Tu es une femme, tu peux te permettre de te plier à cette réflexion. Tais tes pensées, tais-toi …


    « … Les gens aimeraient aller en montagne … ? »

    Petite voix d'enfant. Finalement, sa curiosité prend le dessus. Elle leva les yeux et fixa la catalane à travers son épaisse frange. Elle était en attente de réponse, puant l'espoir comme personne. C'est cela. Cela se sentait. L'espoir. Cela empestait autour d'elle. Tout ça pour des montagnes.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Mer 16 Mar - 17:34

Il y avait quelque chose que Catalogne, comme toutes les régions d'Espagne, avait hérité de son grand frère. Quelque chose qui ne lui était pas vraiment utile dans sa vie de région, encore moins pour ses combats mais qui l'aidait à tenir le coup lorsque les temps, comme celui ci, étaient durs. Ce n'était pas vraiment ce qu'on pourrait appeler une qualité, certain la qualifiait de naïveté enfantine, d'autre disaient carrément que c'était se voiler la face. Toujours est-il que malgré ces remarques plus ou moins acides, c'était ce trait de caractère qui avait poussé Espagne et tous ses "enfants" à espérer un avenir meilleur, en témoigne l'Âge d'Or qu'ils ont traversé. Bref, pour Carolina, cela lui semblait naturel.

L'Optimisme.

Et c'était là une vertu qu'elle avait bien envie de partager avec Andorre qui semblait en manquer cruellement. Elle était sûre que si la petite nation (région maintenant) y croyait un peu plus, elle aurait plus confiance en elle pour trouver idées afin de mieux se développer. Pour la jeune Catalane, la force d'une nation ne se mesure pas à sa taille ou la puissance de son armée mais à son état d'esprit. Comment expliquer alors l'incroyable montée en puissance de Prusse ou au contraire, la soumission totale de Canada. Pour elle, c'était évident : la volonté de dominer, la volonté de s'affirmer face aux autres.

Enfin, ce n'était pas vraiment le moment de parler de ça lorsqu'elle vit le visage hébétée de la jeune Flor comme si elle venait de parler de conquérir à elles seule la France entière. Cependant, elle se demanda si elle l'avait choqué au point qu'elle puisse s'étouffer avec sa délicieuse tortilla qu'elle avait faite avec tout son amour (comme le reste du repas). Elle laissa la jeune nation se débattre avec sa pomme de terre, espérant qu'elle n'aurait pas à jouer les secouristes sa première journée (il n'y avait guère que le massage cardiaque et la respiration artificielle qu'elle connaissait). La victoire sur la pomme de terre à peine savourée (et ce, dans les deux sens du terme), Andorre fixa de nouveau Catalogne pour reprendre ce qu'elle venait de dire.

Et en l'entendant prendre au pied de la lettre son expression, Carolina sentit un gros fou rire lui remonter. Elle tenta tant bien que mal de se retenir de rigoler en mettant sa main devant sa bouche mais ses yeux brillants et ses joues rouges et gonflées devaient sûrement trahir son hilarité. Elle gloussa deux ou trois fois sur le côté puis se redressa en essayant de retenir son souffle et regarder son invitée. Mais le visage et la carrure que lui offrit Andorre l'achevèrent complètement. Elle était simplement irrésistible, le visage rond avec des pommettes qu'on ne voulait que pincer, une petite taille qu'elle grandit comme un enfant en colère...C'était impossible de ne pas craquer!

Comme à chaque fois qu'elle riait, elle posa sa main sur ses yeux et baissa la tête tout en tapant du poing sur la table de l'autre main. Non, vraiment, cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas autant amusée qu'elle laissa toute sa joie sortir. La dernière fois qu'elle avait autant rigolé, c'était avec Andalousie qui lui avait sortie une blague salace sur les guerres Franco-anglaises. Elle se calma cependant rapidement, s'imaginant qu'elle doit, soit passé pour une folle auprès de son hôte, soit que celle ci pensait qu'elle se payait sa tête, ce qui n'était absolument pas le cas, bien au contraire. Carolina se redressa pour mieux écouter Andorre.

Comme elle le pensait, celle ci l'interrogea sur ses montagnes et l‘avenir de celle ci. Catalogne prit une petite expiration et tenta d’expliquer ce qu’elle savait.


-"En fait, un jour, Francis m'a parlé d'un autre pays. Comme toi, il possède d'énormes montagnes qui le renferment un peu aux autres pays. Cependant, pour le peu qu'il m'en a dit, France estime qu'il a de l'avenir justement grâce à son relief qui constitue à la fois une protection mais aussi un lieu spécial. Il n'y a qu'en montagne qu'on trouve un certain type de climat et de nature... En tout cas, je peux te dire qu'en Espagne, on ne rêve que de ça. Il fait tellement une chaleur à crever qu'on ne pense qu'à la neige. "

Elle tenta de se remémorer du peu de ce que ses frères lui avaient dit entre deux conversations. Elle n'était pas trop informée sur le reste des nations et ne devait sa culture générale qu'à sa curiosité avide et son ouïe fine... malheureusement, elle avait une très mauvaise mémoire.

-"Enfin, voila, tous cela pour dire que tu n'es pas la seule dans ton cas et que tu peux t'en sortir."

La catalane posa son visage sur ses mains, les coudes sur la table et regarda Andorre finir son omelette avec un sourire attendrit et bienveillant. Elle hésitait entre la resservir ou la laisser choisir elle même. Il restait d'autres choses au menue. Carolina nota d'ailleurs pour elle même de demander à la jeune nation ses plats préférés afin qu'elle s'adapte un peu.

Redressant un peu ses cheveux, elle poussa la corbeille de pain en sa direction.


-"Tu sais, maintenant que nous sommes plus ou moins une seule région, n'hésite pas à me demander de l'aide. Même après, quand on se sépara, je pourrais te donner un coup de main."

Voir loin et large, telle était la philosophie de Carolina. Elle ne savait pas comment Andorre le prendrait, mais elle espérait que la bonne entente continuerait même après que Francis les ait libérées. Il faudra juste qu'elle fasse attention à ne pas retomber en plein développement car nul doute qu'Espagne sautera sur cette occasion pour la soumettre à nouveau. Et ça, il n'en était pas question.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Dim 20 Mar - 9:41

    Il y avait quelque chose d'anormal. C'est cela, anormal.
    Elle avait le chaud dans le coeur et sur les joues, illuminant ses yeux qui brillaient de mille feux … Mille feux … Admettons. Mais ce quelque chose d'anormal lui attrapait les tripes. Il y avait un noeud qui hurlait, hurlait, hurlait, sans qu'elle ne puisse comprendre ce qu'il hurlait tant. Et elle avait la fièvre de ce quelque chose. Mais ce quelque chose, bon sang, qu'est-ce donc ? Elle n'arrivait pas à y mettre un nom. Peut-être étais-ce trop étranger … Trop nouveau ?! Ah, voilà pourquoi elle détestait autant la nouveauté ! On ne s'est comment le prendre, on ne s'est qu'en dire, et pire, on n'en sait rien ! Ca vient, ça gène, ça reste et ça repart, sans explication, et la voilà sans un mot, les tripes agrippés et la chaleur montant à la tête, pour ce quelque chose d'anormal, ce quelque chose dont elle ne connaissait pas le nom. Ce quelque chose qu'elle se mit à maudire.
    Rapidement, elle fit le lien avec la catalane. Flor n'avait jamais ressenti ce quelque chose d'anormal, jamais. Uniquement depuis quelques minutes. Après avoir discuté avec cette femme aux boucles sombres. De sa faute ? Non, pas vraiment. Mais elle en reste la cause. Flor n'avait rien de rancunier. Flor avait peur d'accuser à tord. Flor avait appris à prendre son temps avant de juger. L'homme qui dit « aimer » peut tromper demain et l'homme qui critique peut être bon amant. Des exemples dans l'air. Mais l'idée est là.

    Mais ce quelque chose d'anormal... Ce quelque chose qui l'amenait à penser à Tonio.
    Ah ! Quel ennui ! Flor laissa de côté ses pensées qui n'amenaient à rien pour écouter celles de sa camarade, bien plus sensées.
    'En fait, un jour, Françis...' Ah, Fran. Oui, oui, Fran, l'homme à la rose qui se pare de lys. Fran, le blond issu de la Gaule, pour une nouvelle doulce France et … Oui, Fran, on parle bien du même, le seul et unique Fran. Flor sourit.
    Il ne lui semblait pas connaître cette personne que Catalogne lui indiquait, discours du français, rapportées par les soins de la belle, téléphone arabe, le début et la fin n'ont parfois aucun lien. Bien que certes, elle doutait que le français n'ai pas parlé de l'avis des espagnols – naïveté, quand tu nous tiens... ! - elle s'accordait à penser qu'il y avait quelques parts de vérité dans ce qu'il disait à travers elle, ou qu'elle ajoutait elle-même, enfin, qu'importe ! Ce qu'elle lui assurait face à face.

    Savoir qu'elle n'était pas la seule ? Hallelua ! Sa vie prend un tout autre sens ! … Non. Mais cela l'étonnait tout de même et lui allait à ravir. Si elle n'était pas la seule ainsi … Alors, ce qu'elle faisait était commun. Et donc, banal. Et donc, normal. Terriblement normal. Son cas était normal. La seule anormalité était ce quelque chose. Rassurée. Souriante. Et calée au fond de sa chaise.
    Elle terminait son omelette, assassinant froidement les patates fuyardes et savourant sa petite victoire par une compression en règle entre ses quenottes. Et quand le panier à pain rampa jusqu'à elle – sans se douter que la Catalane avait pu le pousser – elle tendit la main pour se servir un morceau et se mit à mâchouiller la mie, ramenant ses jambes contre elle pour se poser en tailleur, en équilibre, appuyée sur la table. Permettons-nous des familiarités ! Après tout, la catalane ne pouvait rien dire, elle était la cause du quelque chose anormal, elle se devait de supporter les aisances de la gamine !

    Petit blanc.
    De l'aide.
    Jamais.

    Elle secoua vivement la tête, avalant avec hâte sa bouchée de mie, s'agitant pour accélérer le processus, crut-elle, mais tout de même, avala, se redressa et secoua de nouveau la tête.

    « No ! És bo, però ... ! »

    Elle secoua une troisième fois la tête. Pour sûr, les neurones morts ne s'y trouvent plus.

    « Enfin... C'est gentil... Vraiment... Enfin ... »

    Se sachant rougir, elle baissa le tête. Ce qu'elle avait à dire la gênait, pour sûr ! Elle hésitait. Elle n'avait pas besoin « d'aide ». Elle avait besoin « d'une promesse ». Le genre de promesse que l'on tient, pour de vrai. Le genre de promesse qui dure à travers les siècles. Pas le genre de promesse qui forme les empires et les grandes nations, pas ce genre de promesse que l'on nomme alliance. Mais plutôt ce genre de promesse que l'on avouera jamais même sous torture, ce genre de promesse qui n'a rien d'officiel, qui n'a pas de réel statut, et qui n'est reconnu par personne. Elle aime bien ce genre de promesse. L'officiel change. La clandestinité non. Quel avantage...
    Elle lui devait ça … Elle lui devait bien ça … Elle qui avait amené l'état anormal, ce quelque chose sans nom qui … Oh! bon Dieu. Espoir !

    « Dis, si on revient à comme avant … Tu viendras me voir ?! »

    Quoiqu'on y fasse... Elle reste une gamine. Terriblement gamine. Terriblement humaine.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Dim 27 Mar - 12:21

Spoiler:
 


Une tomate. Une jolie petite tomate bien mûre et bien rouge, à peine cueillit sous la braise du soleil estivale d'Espagne (bien que, techniquement, on se trouvait encore en France vu les frontières actuelles). C'était ce à quoi la petite nation Andorre faisait penser à Catalogne, et plus particulièrement, son visage. Ses joues, déjà bien rondes, s'empourpraient légèrement par la chaleur et autre chose qui restait un mystère pour elle. En tous cas, il était claire pour la catalane qu'Andorre avait réellement l'air d'une petite tomate. Bien sûr, certains pourraient mal prendre la remarque, ne sachant pas que pour Espagne et ses "enfants", il n'y avait pas de meilleure chose que la tomate et que c'était sans doute le meilleur compliment qu'ils pouvaient faire.

Cependant, elle se tue sur la remarque et laissa plutôt tranquillement Flor finir son plat qui n'attendait que d'être achevé. Elle nota d'ailleurs pour elle même d'éviter les pommes de terre lorsqu'elle faisait des propositions à Andorre, sauf si elle voulait déclencher une nouvelle guerre entre les deux. Ce dont elle ne tenait pas vraiment : c'était nourrissant, les patates, et puis, ça pouvait se cuisiner de beaucoup de façon et elle avait tellement de recettes à essayer. Enfin, entre Andorre et ses pommes de terre, elle fera vite son choix...

Elle fut prise au dépourvu en entendant encore des mots prononcés dans sa propre langue et releva la tête, assez surprise. A part les habitants de sa région (et encore), elle n'entendait guère de monde parler dans sa langue, en particulier les étrangers qui ne juraient que par l'espagnol. C'est pourquoi ces simples petits mots, même s'ils étaient maladroits et peu clairs sonnaient comme une douce mélodie à ses oreilles car pour une fois, ils ne sortaient pas de sa bouche mais de celle d'une autre nation, qui plus est, spontanément. Aussi, elle était tellement contente qu'elle manque de passer à côté du sens même de ce qu’Andorre voulait lui dire. Et apparemment, bien qu'elle semble apprécier le geste, elle ne semblait pas le désirer.

Et si Catalogne l'avait trouvée "mignonne" après avoir passé un peu de temps avec elle et constater son caractère doux mais affirmé, elle était absolument charmée par sa naïveté et sa fraîcheur quand Andorre lui demanda s'il elle reviendrait la voir. Evidement, elle n'en n'aurait pas été surprise si elle avait côtoyé des "petites nations" auparavant, mais comme elle prenait de la distance par rapport au colonialisme de son frère, elle n'avait rencontré aucun nouveau territoire. Elle avait donc oublié ce que c'était que la "fougue de la jeunesse" et l'innocence qui y était liée. Elle retint une petite grimace en se rendant compte qu'elle pensait comme une mémé qui regrette ses années passées! Il faut dire que comparée à Andorre, elle se faisait l'effet d'avoir plus d'ancienneté alors que niveau sagesse, c'était bien elle la pire...

Non, non! Hors de question qu'elle devienne gâteuse avant son grand frère!


-"És clar! Tu as goûtée à ma cuisine, je suis sûre que tu as toi aussi des choses à me faire découvrir." Elle ponctua sa phrase d'un petit clin d'œil accompagné d'un sourire attendrit. "Ce serait bête de ne pas profiter de notre proximité, n'est-ce pas. Et puis, j'ai vraiment envie de voir ton environnement. Ca me changera un peu de la campagne espagnole."

Les alignements de palmiers, ça allait bien quelques temps, ainsi que les plages et le soleil. Des français, des anglais, des allemands et tous ceux venant du nord et de l'est seraient enchantés de vivre dans un endroit pareil, mais pour Carolina, c'était du vu et déjà vu. En revanche, la montagne, elle ne connaissait que très peu, bien qu'elle en avait juste à côté d'elle. La raison était qu'elle préférait la mer, et aussi qu'étant situées sur la frontière avec France, Antonio verrait d'un sale œil qu'elle se balade par là bas, pensant qu'elle prépare un sale coup (ce qui pourrait très bien être le cas). Et elle n'avait pas envie d'avoir l'Espagnol à dos. Du moins, pas maintenant.
Elle revint à son invitée avant de divaguer un petit peu trop sur sa topographie.


-"Pour tout t'avouer, je nous sens toutes les deux un peu seules entre France et Espagne, surtout vu ta situation compliquée. Peut être que je me trompe... mais j'ai envie que ça continue, même après. Je suis sûre qu'on peut très bien s'entendre, toute les deux."

Elle continua de sourire pour conclure son discours puis décida de débarrasser la table des assiettes vides, constatant avec joie qu'Andorre avait quand même tout finit. Rien ne pouvait lui faire autant plaisir. Maintenant, il ne manquait plus que le dessert qui se résumait à une corbeille de différents fruits directement cueillis depuis ses jardins. Elle la posa au centre de la table et se servit une orange, laissant la jeune Flor choisir selon ses préférences. Personnellement, plus que le goût, c'était l'odeur des fruits qu'elle préférait car en plus d'avoir une bonne senteur et de tenir, ils étaient naturels. Elle n'hésitait d'ailleurs pas à parfumer sa maison avec des épluchures de mandarines.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Jeu 5 Mai - 15:37

    Catalogne, elle est gentille. C'est assez troublant, pour Flor. Elle n'avait jamais connu ça.
    Tout d'abord, une femme. La présence féminine. Quelque chose de nouveau, quelque chose qui n'était pas habituelle. C'est cela, une question d'habitude. Quand elle était enfant … Non, disons, quand elle était plus enfant encore qu'aujourd'hui, elle restait à l'écart, derrière ses frères, à tenir leurs manches souples entre ses doigts de gosse. Elle était de nature discrète, ne disait rien sans autorisation. Et elle observait. Elle avait l'habitude de leurs odeurs d'hommes, caractéristiques, la sueur qui collait aux tissus, les parfums de roses ajoutés par-dessus pour se donner un genre … Oui. Ce genre d'odeur qui obstruent vos parois nasales pour les hanter. Mais Flor avait appris à les apprécier. Et puis. Il y avait leurs voix. Elle fermait très souvent les yeux pour n'entendre plus que leurs voix graves. Flor les reconnaissait, rien qu'à leurs voix. Ah, quelle angoisse lorsqu'elles s'étaient mises à muer ! Elle avait paniqué, incapable de supporter l'horreur de cette mutation, incapable de savoir qui était qui, incapable de comprendre l'origine du phénomène. Et tous ces détails... La pression de leurs mains sur son épaule, les moqueries qu'ils se disaient, le vin, les rires, les batailles... Un quotidien qu'elle avait appris à connaître, à apprécier.
    Devant cette femme, elle était déstabilisée. L'odeur était plus sucrée, moins agressive. Et sa voix, plus douce, plus fluette. Et tous ces détails... Son humour, sa cuisine, ses mots, ses attentions... Autant de choses que Flor ne connaissait pas. N'avait jamais connu. Troublant. Déstabilisant. Trop étranger pour être reçu avec plaisir. Peu à peu, Flor calmait cette peur de l'inconnu. Peu à peu, elle y prenait goût. Alors, elle se permettait enfin … Quand on goûte à ce sentiment, ce confort, on ne le lâche pas … On ne veut plus le rendre.

    Qu'aurait-elle dit si la catalane avait refusé ? Flor se serait tu dans sa honte. Mais non. Mais non... Catalogne avait accepté. 'És clar' qu'elle avait dit. En catalan. La gamine souriait, heureuse, et elle se mit à l'écouter.
    Gastronomie et paysage. Avec plaisir, brillaient les yeux azur de la gosse. Si Catalogne désirait visiter ses montagnes, ce serait avec plaisir. Flor connaissait chacune de ses vallées par coeur. Elle pourrait bien traverser ses terres les yeux fermés, en évitant chaque caillou, chaque fossé, chaque piège de Dame Nature. Des années à tourner en rond, comme quoi, cela finit par servir.
    Elle s'y voyait déjà. A remonter les manches de sa robe large pour abandonner ses avant-bras aux branches assassines, à relever les pans de sa robe pour ne salir plus que ses chaussures dans les terres boueuses, à resserrer son bandeau autour de sa chevelure pour la garder à l'abri des dangers. Elle s'y voyait déjà, à conseiller son amie sur sa tenue, sur ses bagages, sur tout. Enfin mettre à profil ses quelques maigres connaissances.

    « Pour tout t'avouer …

    Flor sursauta légèrement et se força à sortir de sa rêverie. Puis, après un petit temps d'hésitation, osa murmurer :

    « C'est … En effet, bien trop compliqué pour être ainsi résumé …

    Elle laissa Catalogne s'occupait des assiettes, contemplant les mains de son ainée saisir les porcelaines. Balançant les jambes, grattant le bord de la table, elle se faisait son silence. Ses yeux ne sachant que fixer, elle laissa son regard se perdre. C'est dans ce genre d'instant, qu'elle se met à s'oublier elle-même, que le rêve entre dans sa tête et que ses lèvres s'entrouvrent pour que les cauchemars puissent s'enfuir. Elle passa la main, pensivement, dans ses cheveux, ramenant devant son épaule une mèche rebelle qui s'était décroché de sa coiffure. Une mèche bouclé, châtaine. Une teinte à mi-chemin entre ses deux frères. Mais bien plus vers l'Espagnol. De Fran, elle avait eu les yeux. Bleus.
    Des yeux qu'elle posa sur Catalogne. Elle était revenue. Elle avait posé des fruits sur la table et pris une orange. Flor hésitait. Des fruits. C'est cher. Elle ne savait pas si elle pouvait se le permettre. Tout de même. Un fruit …
    Puis, elle tilta. Après coup, forcément. Après avoir secouer poliment sa tête avec une tête boudeuse pour refuser le présent. Après avoir fait une croix sur ses fruits … Elle ne devait rien. Les fruits étaient là, gratuitement, et ne pas les consommer serait les gaspiller. Elle releva des yeux étonnés par cette pensée vers son amie.
    Avant de tendre le bras et attraper un fruit similaire à ce que la catalane avait choisi. Flor le fit tourner dans sa main, palpant la peau. Puis, imitant Catalogne, se mit à bafouiller quelques mots.

    « Bien sûr, que je veux que... On s'entende bien et …

    Non, ça n'allait pas. Flor soupira et reposa sur la table, le fruit, avant qu'elle ne le massacre. Sa langue fourchait et elle parlait mal. 'On', qui est 'on' ? Elle avait encore les voix grinçantes des vieilles du village en tête. 'On', ce n'est personne !


    « J'aimerai que nous nous entendions bien … Après tout, cela ne peut que nous être bénéfique, n'est-ce pas ? Fran et Tonio … Sont toujours loin, à faire la guerre, à parlementer pour des broutilles … Ils ne sont jamais à la maison, ou très peu, c'est assez … J'aimerai bien qu'ils soient plus souvent là. Des fois, je me dis que, peut-être, je dis bien, peut-être … Ca serait bien mieux s'ils n'étaient pas toujours ailleurs.
    Ils font toujours la guerre, toujours. À croire qu'ils ne fatiguent pas. Mais plus ils sont ailleurs, plus ils ne voient pas les problèmes avec eux-même. Il suffit de voir pour Fran ! Son peuple qui se fait la guerre contre lui-même !

    Elle gonfla une joue. Elle l'avait assez mal pris, cette rébellion interne. Rébellion. Véritable révolution, qu'ils hurlaient ! Mais taisez-vous, taisez-vous, vous faîtes trop de bruit, vous allez donner des idées à nos peuples ! répondaient les voisins. Joyeux tintamarre.
    Mais Flor, elle l'avait mal pris. Parce que le peuple 'juste', il l'avait renié après ça. Et se faire balancer dans un coin par Fran, elle n'avait pas apprécié. Très mal pris pour être honnête. Et lui, il avait rien fait pour aller contre ça. Non, bien sûr que non, que Flor revienne d'elle-même, c'était comme un DÛ.
    Très mal pris, très, mais elle s'était tu. On ne se met pas en colère contre son idole. Ou il ne voudra plus l'être et se montrera encore plus méchant. Elle avait tenté de recoller les morceaux de ses mains tremblantes, il avait pris le lien reconstruit et hop ! Tout redevenait comme avant, ni vu, ni connu.

    « … Enfin … Ils finiront par vraiment se mettre dans la mouise...

    Et elle poussa le fruit vers Catalogne avec des yeux implorants.



[ HRP : Finay ~ En espérant que ça te plaise ~ !
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Lun 16 Mai - 16:43

Spoiler:
 

Il y avait une chose que Carolina se promettait de faire avant la prochaine rencontre: étudier l'histoire d'Andorre. Elle était sûre qu'il y avait beaucoup d'élément qu'elle retrouverait sans surprise similaire à son cas, rien que par rapport aux guerres entre Espagne et France. Cependant, elle se doutait que vu le caractère un peu réservé de Flor, elle n'eut sûrement pas opposé autant de résistance qu'elle, ce qui était compréhensible : elle avait un territoire beaucoup plus petit et Catalogne n'était pas sûre si elle avait même une armée. Comme lorsqu'elle eut apprit pour la conquête du Nouveau Monde qui cachait des centaines de milliers de massacre, elle se demanda si France et Espagne avaient parfois un cœur pour s'en prendre à des pays qui, visiblement, ne demandaient rien d'autre sinon la paix.

Bien que cela ne soit pas ses oignons, elle ne put s'empêcher de s'en sentir irritée.

Elle préféra cependant garder sa colère pour la fois ou elle discutera de cela avec Antonio, l'ambiance ne se prêtant absolument pas à s'enrager contre les deux grands qui les entouraient. Au lieu de cela, elle éplucha son orange grâce à ses longs ongles, remarquant que la récolte de cette année avait la peau assez dure. Peut être était-ce un signe... qui sait. Tout en décortiquant le fruit, la catalane remarqua que sa voisine d'en face semblait être en proie à un dilemme avec le sien. Elle en ignorait cependant tout des raisons, c'est pourquoi elle ne fit aucun commentaire. Pour elle, c'était normal d'avoir des fruits: elle avait une terre fertile, juste assez de soleil pour ne pas souffrir de la sécheresse et une eau pure qui ne subissait pas la pollution engendrée par la Révolution Industrielle étant donné que l'Espagne en resta relativement à l'écart.

Elle écouta avec attention la jeune nation raconter maladroitement son vécu entre les deux grands frères, hésitant parfois sur un ou deux mots. La région hispanique ne voyait pas pourquoi elle était aussi tendue sur sa prononciation: personne n'était là pour la juger, et honnêtement, il n'y avait pas de bonne ou mauvaise façon de s'exprimer. En tous cas, elle comprit très bien ce qu'Andorre voulait lui dire, s'y retrouvant sur certains points mais désapprouvant d'autres. En particulier sur le fait qu'ils devraient être plus présents. Pour être franche, Espagne ne lui manquait pas du tout quand il partait conquérir ce qu'on appelle l'Amérique du Sud. C'était la même chose pour France. Ils avaient tellement été sur son dos par le passé qu'elle aspirait maintenant à ce qu'ils lui fichent la paix une bonne fois pour toute (vœux non exaucé vu l'état actuel des choses)


-"Je vois ce que tu veux dire. Tu sais, ce n'est pas un hasard si les Nations les plus grandes et les plus puissantes sont sans cesse en guerre. Mais je partage ton point de vue: ils ne devraient pas se faire se battre, surtout qu'ils sont frères. Malheureusement, j'ai peur de t'avouer qu'ils n'ont pas finit de se taper dessus, car tant qu'ils auront la puissance, les armes et surtout, une soif de domination toujours croissante, le cercle vicieux continuera de s'autoalimenter et les conflits persisteront. Seuls leur ampleur sur le continent et le nombre de Nation qu'ils impliquent différencieront la chose."

Elle se redressa un peu lorsque Andorre mentionna le peuple de Francis qui s'entretuait (il n'y avait pas d'autre mot) et ne put se retenir de faire la grimace. Elle avait entendu parler de cette sordide histoire, mais là encore, elle était dans l'incapacité de blâmer le Français. Pour la simple et bonne raison qu'elle avait faite pareil avant lui. Les circonstances furent différentes, ce n'était pas contre un Roi mais seulement une oligarchie régionale, et ils avaient préféré la faux à la guillotine, le tout se passant dans un contexte de révolte régionale contre Espagne lui même... Mais la fin restait la même: des membres d'une même nation qui se divisaient et se faisaient mutuellement du mal.

Et France, justement, n'avait fait qu'enfoncer le clou durant cette période au lieu de l'aider comme elle l'espérait.

Catalogne regarda le fruit qu'Andorre lui tendit après avoir conclu et comprit bien le sous-entendu dans son regard qui ferait craquer n'importe qui. Avec un sourire, elle éplucha le fruit délicatement, contente d'avoir des ongles assez longs pour se travail, puis elle sépara les quartiers et les posa devant sa voisine d'en face, prêts à être dégustés, dégoulinant de jus. Son orange à elle était déjà terminée et elle songeait à reprendre un autre fruit avant de se raviser: elle avait assez mangé comme ça.


-"Je pense que tu es dans le vrai, mais espérons qu'un jour, ils souffrent assez pour se rendre compte que leurs actes ne les mènent nul part sinon la désolation. Jusque là, essayons de rester discrète et de ne pas prendre partie. Mais je dois t'avouer une chose, Andorre: moi même, il m'a fallut prendre part à certaines guerres qui impliquaient mon frère et souffrir d'elles pour me rendre compte que ça ne valait pas le coup."

Elle prit une gorgée d'eau puis reposa le verre doucement avant de sourire à son hôte.

-"Mais bon, je ne pense pas que nous avons à nous inquiéter: ils ont beau se montrer idiots parfois, ils restent quand même nos grands frères. Restons naturelles et serrons nous les coudes: ça se tassera bien un jour ou l'autre. Et n'oublies pas qu'on est là nous aussi pour montrer l'exemple: on va leur montrer qu'une entente est possible entre deux voisins, ok?"

Elle regarda par la fenêtre avec des yeux un peu mélancoliques; l'espoir faisait vivre, et c'est de cela qu'elle vivait depuis longtemps. L'espoir qu'Espagne arrête de se quereller avec France, que les autres nations elles même cessent avec ces conquêtes qui ne faisaient qu'appauvrir leur pays. Malheureusement, ce ne seront certainement pas ces petits territoires dépendants d'eux qui allaient leur faire ouvrir les yeux. Et pourtant, ils auraient tant à apprendre de leur cadet...

Allons bon, arrêtons un peu avec ces pensées moroses!

Elle n'avait pas été en une si charmante compagnie depuis... elle ne s'en rappelait même plus. Et c'est justement pour cette raison qu'elle devait en profiter un maximum: Andorre semblait avoir besoin d'une présence féminine et Catalogne ne comptait pas faillir à ce devoir. Avec un tendre sourire, elle se leva une fois que sa compagne ait finit son fruit.


-"Aller, on ne va pas se gâcher la journée à cause d'eux! Dis-moi un peu ce qui te ferait plaisir après un tel repas? On pourrait aller au marché du village pas loin d'ici... ou bien aller faire quelques récoltes potagers dans les jardins. Ha, par contre, je te préviens qu'à 15 heures, ce sera l'heure de la siesta pour moi."

On ne change pas les habitudes, mais il fallait aussi qu'elle pense à celles d'Andorre. Elle a subit l'influence de Antonio chez qui la sieste est pratiquement un rituel... mais en même temps, ce n'était pas le cas chez Francis. C'est maintenant qu'elle se rendait compte qu'elle ne savait pas grand chose sur elle, et bien que cela soit normal pour une première rencontre, elle s'en sentait vraiment frustrée.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Lun 1 Aoû - 6:27

Spoiler:
 

    Fascinée. Elle fixait l'assassinat en quartier de l'orange avec une grande attention. C'était une souffrance à son échelle. Pendant que Catalogne lui coupait le fruit, elle posa son menton sur la table, ses menottes au loin devant elle. Elle envahie la table, en plus d'assister à ce massacre d'orange, et décida que la place qu'elle occupait, serait la sienne. Et qu'elle formerait la République libre de la Table en Bois, elle et la table en question. Puis, finalement, en remarquant une écorchure à sa droite, elle laissa tomber, c'était une terre abimée, elle n'en voulait pas.
    Finalement, elle en revint à ce que sa camarade lui disait. Des conflits, des conflits, et encore des conflits.... Depuis la nuit des temps, les peuples se disputent pour affirmer sa suprématie, par-dessus toutes les autres. Et aussi loin que sa mémoire de petit pays haut perché remontait, il n'y avait jamais eu de vrai paix, un an sans bataille, un jour sans idée pseudo-révolutionnaire pour agrandir son empire. Oh, ça ne lève pas toujours le glaive, mais quand on ne le fait pas, ça ne change guère. Quand ça parlemente, ça parlement bien. Toujours dans le but de s'étendre. Toujours plus … Elle était lasse. Et elle rêvait d'un monde dans lequel elle pourrait éclore.

    « Hm … »

    Pour montrer qu'elle était encore là, qu'elle écoutait. Elle attrapa un morceau d'orange, et se mit à manger. Ca faisait un temps qu'elle n'en avait pas mangé. Comme à ses souvenirs, cela avait le même goût. Bon. Elle fit un petit sourire et continua la dégustation.

    Puis, se tenant la joue, le coup appuyé sur la table, elle fixait la catalane, les yeux grands ouverts. Prendre part à une guerre. C'était impensable pour la petite. Chez elle, rien que de trouver un fusil relevait d'une bataille. Pour ce qui est de trouver le soldat qui va avec... Et c'était étrange. Elle avait l'air toute gentille, sa camarade, non, elle l'était. L'imaginer en tenue, prête à foncer sur l'ennemi pour … Perplexe. Non, ce n'était pas une bonne chose …
    Qu'ils souffrent pour se rendre compte ? Pour cela, il allait falloir plus qu'une guerre d'aujourd'hui. Mais plutôt une guerre qui dévaste. Qui rase. Personne n'était assez puissant pour ça. Les guerres continueront. Toujours, toujours...

    « … Il va falloir taper fort alors, la fierté, elle est bien encrée... »

    Elle continua à manger tranquillement, essuyant maladroitement ses mains dans les pans de sa robe. Après tout, qu'est-ce qu'elle en avait à faire ? Elle allait être laver, cette robe. Autant qu'elle soit sale pour de vrai, plutôt que rincer sans raison. Et puis, mince, tous les enfants font ça …
    La Catalane se redressa. Flor leva les yeux vers elle.

    « La … Siesta ? Ah ! Comme Tonio y fait ! Moi aussi, je sais faire, je sais faire ! »

    Et elle se mit à sourire, fière d'elle. La sieste vingt minutes, à force de s'endormir un temps défini, on finit par toujours se réveiller une fois ce temps passé. C'est pratique, ça permet de dormir juste les dix minutes qui nous séparent de l'arrivée d'une personne, d'un entretien, de tout autre chose. Et vingt minutes, c'est pile le temps qu'il faut pour pouvoir se remettre à sautiller dans tous les sens. Enfin. La gamine sautillait guère dans tous les sens, mais pour la forme, en général, elle s'y oblige. Après tout... Tous les gamins font ça.

    « … Tu m'emmènes dans le jardin ? 'Te plaiiiit ! »

    La nouveauté attire et en l'occurrence, lui fait perdre les mots. Ca parle comme un rien, et ça en est fier. Les jardins, elle n'avait pas l'habitude. Faut dire, c'est pas comme si on pouvait vraiment là-haut. Elle tentait bien, mais généralement, ça marchait pas des masses. C'est comme les … Les … Les mines ! Voilà, elle avait retrouvé le mot. Les mines. Ca aussi, elle voulait visiter un jour. Elle a pas, elle a pas, alors, elle demande à voir.

    Mais pour le moment, le jardin, juste ça, ce serait quand même vachement cool.

    Elle sauta de sa chaise, toute prête à partir. C'était la grande aventure. Comment dire... Non, elle n'en venait pas à apprécier le séjour. Elle le détestait toujours autant, ce séjour. Tant qu'elle ne sera pas ce qu'elle était avant, un pays indépendant, elle avait décidé qu'elle ne serait jamais contente. C'étaient les pouvoirs d'un gosse. Mais elle était curieuse.

    « Dis, dis, il y a quoi dans ton potager ? Il y a des patates ? Dis, dis, il y a des patates ? »

    Encore une fois, les voix grinçantes des vieilles résonnèrent en choeur dans sa tête. On dit pommes de terre, pauvre idiot, pas patate. Po-mme-de-te-rre. La gamine fit la moue. Elle inventerait un pays où on dit patate et pas pomme de terre. Les autres, ils se cassent pas la tête, ils ont le même mot. Greuh.

    « Et dis, dis... Il y a des tomates ? »

    Ca, elle s'en fichait un peu plus. C'était juste pour savoir. À force de voir Tonio en parlait avec merveille, elle était intriguée, la gamine. Et elle donnait à voir.
    Puis. Elle fit un grand sourire.
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MessageSujet: Re: [1812] Cohabitation féminine   Dim 14 Aoû - 15:51

Le repas fut plaisant avec des plats appréciables, riche en partage entre les deux femmes et très convivial pour un premier repas passé ensemble. Cependant, il y avait toujours une ombre, même sur le plus blanc des tableaux, et celui de la catalane fut la vaisselle et le ménage à faire après leur passage. Elle ne se donnait jamais de mal pour faire à manger, fonctionnant surtout par collation, mais pour une fois, elle avait sortie sa vaisselle et avait mis la main à la patte en se rappelant des conseils culinaires d'Antonio et Francis. Et maintenant que c'était finit... et bien, au diable le ménage, elle fera tout cela après s'être bien occupée d'Andorre.

Ses priorités bien fixées, elle prit les morceaux de ce qui restait du fruit et les étala un peu partout sur la table pour la parfumer.

Elle écouta les petites remarques de Flor à son discours. Pour sa part, elle n'aurait pas vraiment de mal à taper dans la fierté d'Espagne, ou même de France, vu les petits secrets, certains pas très jolis jolis qu'elle connaissait sur eux et elle était sûre que sa voisine en avait aussi de belle à lui raconter sur eux (il faudra d'ailleurs qu'elle s'informe plus tard). Cependant, la catalane était bien consciente qu'il y avait fierté et fierté. Dévoiler au reste du monde (ou au moins de l'Europe) que votre frère peut avoir un orgasme juste en tenant une épée, c'est autre chose que de finir à l'agonie au pied d'un ennemi après avoir tout perdu dans une guerre lente et interminable en tant que coupable en plus. Ce n'était pas la même chose.

Il tritura l'une des écorces, aimant bien sentir l'aspect cuir du fruit sur sa peau, pensive. Antonio subit des humiliations plus d'une fois, que ce soit d'Angleterre, de France, de Portugal, de Prusse ou d'elle même. Et pourtant, il se relevait toujours dans sa superbe tenue flamboyante de conquistador faisant comme si de rien n'était, prêt à braver les autres pays en compagnie de sa tribu de pirate, cet immonde sourire d'idiot heureux sur le visage. Alors qu'il n'était, au fond, ni l'un, ni l'autre. Et c'est aussi en cela qu'elle plaignait le petit Romano quelque part car ce gosse ne savait finalement rien de son boss.

La voix de l'andorrane le ramena de ses songes, et elle crut un instant que la jeune fille en face d'elle venait de rajeunir d'un coup vu son comportement enfantin. Passer d'une discussion sérieuse à un sujet léger lui faisait toujours cet effet déstabilisant car elle n'avait pas l'habitude. Elle eut pourtant un franc sourire devant tant d'honnêteté chez quelqu'un, préférant cela à ce qu'on lui cache tout pour ne pas se faire honte.


-"Tant mieux si tu sais y faire, comme ça, on pourra veiller tard la nuit."

Elle aurait peut être dû préciser que minuit était pour elle une heure tôt pour se coucher. Non pas qu'elle traînait tard le soir dehors (pour faire quoi? Elle était en pleine campagne, et le fermier le plus proche habitait à 5 kilomètre d'ici. Et organiser une rave-partie en compagnie des vaches n'était pas son truc (même si ça n'existait pas encore en ce temps là...), mais elle avait des horaires décalés : chez elle, on se lève tard et on se couche tard. Elle espérait juste qu'Andorre ne soit pas trop chamboulé par ce mode de vie, enfin, vu leur situation actuelle, elle ne voyait pas comment on pouvait l'être plus.

En tout cas, la visite du potager semblait l'exciter autant qu'un voyage vers le Nouveau Monde. Sans doute parce que c'était le même principe pour elle. Carolina avait l'impression qu'un esprit vif s'était emparé de la jeune Andorre car elle semblait prise de vie d'un seul coup. Il imaginait mal qu'on puisse être à ce point excité par le simple fait d'aller voir des concombres et des poireaux, mais apparemment, c'était le cas. Alors elle a dû s'ennuyer, la petite, derrière ses montagnes.

Carolina la laissa poser toutes ces questions car elle prévoyait que dans son excitation, à peine elle aurait répondu à une seule qu'un autre viendra après: autant économiser sa salive. Décidément, sa tête de petite fille curieuse, comme au premier jour de sa sortie en ville, la fit craquer et elle ne put que mimer le grand sourire que Flor lui adressa en guise de réponse. Cette fois, elle se le promettait: elle ferait tout pour que la jeune fille apprécie son séjour.


-"Bien sûr que nous avons des patatas, ainsi que des tomatos. Mais ce ne sont pas ces deux aliments que nous privilégions le plus, enfin... presque."

Ce n'était même pas écrit dans les textes de lois, mais elle était obligée d'avoir un nombre de plants minimums de tomates dans ses jardins au risque de se prendre une grosse amende (qu'elle ne paierait pas, cela va de soit) par son frère. C'était hallucinant de voir comment cet idiot pouvait être intoxiqué par ce fruit ou légume venu d'Amérique en en faisant pratiquement un aspect culturel presque aussi important que la religion. Le premier qui osait lui parler de notion de biodiversité se frottait à sa colère (il n'y avait qu’Andalousie qui continuait à privilégier les agrumes, la pauvre...). Alors du coup, cela faisait moins de place pour d'autres légumes plus savoureux et moins difficiles à cultiver.

-"Voyons voir, j'ai pas mal de légume comme des carottes, des choux de plusieurs sortes, des courgettes; enfin, tu vois, ce qu'il faut pour faire une bonne ratatouille. Et puis en fruit, des agrumes comme tu l'a vue, du raisin, pour le vin, des pêches, des abricots... Mais, tu sais quoi, le mieux ce que tu vois par toi même."

Sur ce, elle se leva de table en laissant tout en plan pour se diriger vers le fond de la cuisine qui donnait directement sur sa terrasse. D'ailleurs, en y repensant, elles auraient put manger dehors, mais la chaleur était insupportable à cette heure de la journée. Elle s'arrêta un moment pour vérifier qu'elle la suivait puis ouvrit la porte, dévoilant des plants à perte de vue. Catalogne laissa le temps à Andorre d'admirer le paysage pour s'assurer que les paysans qui s'occupaient de son jardin n'étaient pas trop proches d'elle.

Traversant la terrasse plutôt spacieuse, avec des tables, des chaises et des lampes pour le soir, elle stoppa Andorre juste devant avant qu'elle ne fasse une bêtise. Elle même s'y était fait mal plus d'une fois parce qu'elle fût trop pressée donc autant prévenir que guérir.


-"Le seul inconvénient, c'est que le jardin est en bas de cette petite pente, alors fais attention en descendant."

Elle lui montra l'endroit ou elle avait le moins de chance de tomber puis la laissa faire le tour du propriétaire. Pendant ce temps, elle partit chercher une grosse bouteille remplis d'eau qu’elle posa à l’ombre sur la table et deux chapeaux, pour elle et la jeune, sachant qu'elle allait vite succomber à la chaleur. L'après midi s'annonçait plutôt bien, il n'y avait plus qu'à espérer que ça dure. Elle aurait peut être dû donner des vêtements un peu plus appropriés à la jeune fille pour aller dans le jardin, mais elle avait l'air tellement impatiente et excitée qu'elle n'eut pas envie de la faire attendre plus longtemps.
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[1812] Cohabitation féminine

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