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 14 Janvier 1814 - Rupture fraternelle. | Noregur |

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Emil Steilsson / Islande

Glaçon scandinavo-celtique


Cancer
Messages : 260
Age : 23
Localisation : Dans un patelin.

Citation : Tempérament de glace et de feu.
Double Comptes : La maman scandinave.

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    [2011, aux alentours du mois de mars.] On est tous frères, c'est entendu. Mais on n'est pas jumeaux. | Jodis / Féroé.


Of blood and tears
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MessageSujet: 14 Janvier 1814 - Rupture fraternelle. | Noregur |   Ven 11 Mar - 11:48

14 Janvier 1814 - Rupture fraternelle. | Noregur |
    Il y a des moments dans sa vie que l’on aimerait oublier. On souhaiterait ne plus se rappeler à quel point on a été faible, inutile.
    Malheureusement, ce genre de souvenirs insignifiants, mais tellement douloureux, ont du mal à sortir de notre mémoire. Ils ont tendance à ne pas en partir et à y rester pour l’éternité.

    La demeure danoise était bien silencieuse. Dehors, les rues de « Kaupmannahöfn » étaient vides. Pas un chat. Peu de danois y erraient, la transformant presque en ville fantôme. Dommage qu’ aucune déesse nordique ne leur ait envoyé un manteau blanc. Ou même quelques flocons, qu’importe. Quelque chose qui aurait permis à son frère et lui de se changer les idées. Mais le temps n’était pas selon ses désirs on dirait.

    La chaleur de la cheminée régnait dans toute la maison. Le nordique s’était quand même couvert, pull et pantalon noir épais. Il était assis sur un fauteuil, regardant silencieusement la fenêtre de sa chambre. Il eut un gros soupir. Non, définitivement, Emil se sentait mal. Quelque chose n’allait pas et il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Pourquoi ? Ça ne pouvait pas être parce qu’il était sous le joug danois, de toute façon, cela faisait des années qu’il supportait son statut.
    Il déposa un regard sur son macareux, plutôt préoccupé par ses sardines que par l’état de son maître. L’oiseau battit des ailes, laissant échapper quelques plumes, avant de fusiller du regard l’islandais en lui demandant d’un air dédaigneux: « Qu’est-ce qu’il y a ? ».

    Le nordique ne répondit pas, se contenta de se recroqueviller. Il se trouvait vraiment tourmenté, mais ne savait toujours pas pourquoi. Ça l’agaçait définitivement. Même avant, lorsqu’il se sentait dans cet état là, au moins il savait à quoi c’était dû. Mais là, rien. Strictement Rien.

    Il entendit son ventre crier famine. Se doutant que l’heure du repas approchait, l’islandais ne céda pas. Il serait rassasié après, et ne pourrait rien avaler. Re-grouuuuuuuik. Bon. Manger quelque chose n’allait pas lui faire de mal. De toute façon, monsieur n’allait pas se gaver. Et sortir de son antre lui permettrait peut-être d’apercevoir Noregur, qu’il n’avait pas vu de toute la matinée.

    Emil descendit d’un pas lent les escaliers, ne se sentant pas réellement fatigué, mais sur le point de s’effondrer. Il fronça les sourcils. La façon dont son corps se comportait l’énervait.
    Entrant dans la cuisine, il vit que le pain était sorti. Ainsi que quelques autres aliments, étalés sur la table. Pourtant, l’heure du déjeuner est loin d’être à l’honneur. Il n’est que 10h. Et si c’était Dan’ qui avait mis la nourriture... très bien alignée?
    Ah, non, ça ne pouvait pas être le danois. Sinon ça serait le foutoir. Et Eivind aurait râlé, lui lançant des remarques méprisantes sur son manque de savoir-vivre, et que le norvégien n’était pas sa bonne de ménage.
    L’islandais pris une tranche de pain. C’est drôle, on dirait que quelqu’un prépare de petites provisions.
    ...
    Il entendit du bruit venant de la pièce d’à côté. Il sortit et se dirigea, d’un pas pressé, vers le petit salon. Emil prit la peine de toquer, même si la porte était largement ouverte. Sur le point de demander de qui il s’agissait, aucun son ne sortit quand il vit son frère, accroupi, fermant une valise.

    « Que... »

    L’île de glace resta immobile.

    « Stóri bróðir... Qu’est-ce que tu es en train de faire ? »

    Il ne comprenait pas. Son frère avait l’intention de ...quitter la demeure ? Le jeune homme n’est pas sot. Cette valise n’était pas présente pour rien.
    ... Quel jour sommes-nous déjà ? Le 14 Janvier. Et alors ? Ce jour n’a rien de spécial. Rien. C’était juste un jour de grand froid. Sans réelle importance.

    Mais là...

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MessageSujet: Re: 14 Janvier 1814 - Rupture fraternelle. | Noregur |   Mar 31 Mai - 22:22

Eivind n'aimait pas voyager. Quel que soit le moyen d'ailleurs et pour une raison assez incertaine. Il avait aimé un jour, il avait adoré même, prendre la mer, partir en conquête de nouvelles contrées, de nouveaux horizons. Et puis un jour, le déclic. Non, en fait, les voyages, ce n'était pas pour lui. Il s'était posé, avait renforcé les liens avec ses frères, et il avait vécu prospère. Plus ou moins. Moins que plus. Peu importe.

Et là, préparant ses affaires pour partir de la demeure danoise, il n'aurait sû dire quel sentiment dominait à présent ce qui lui servait de cœur. La rage, la mélancolie, l'exaspération, la compassion, et bien d'autres... La colère en premier lieu, qui se disputait la place de choix avec cette impression tragique d'inutilité face à la fatalité qui vous tombe dessus.

N'importe qui l'observant ne lui aurait rien trouvé d'anormal, ceci dit. La capacité norvégienne à retranscrire physiquement ses émotions était réputée pour son inexistence. Mais il était agacé, fortement même. Et ses quelques soupirs exaspérés suffisaient sans doute à faire comprendre qu'il n'était pas d'humeur à croiser quelconque danois.

Alors ce fut avec rage intérieure qu'il prépara tranquillement ses provisions, les installant les unes à côté des autres, bien alignés comme son côté maniaque le lui ordonnait. Il allait partir, pour de bon. Et Johan ne le rattraperait pas, n'oserait pas mettre un pied dehors pour venir le rechercher. Il le savait. Il n'avait pas à se faire d'illusion. Il allait partir de cette demeure, côte à côte avec la Suède, et aucun bras danois n'allait attraper le sien alors qu'il s'éloignerait dans les plaines enneigées. L'espérait-il vraiment, en fin de compte ?

Dire qu'il partait entièrement à contre cœur aurait été une erreur. Il en avait assez, du danois, depuis quelques temps. Il avait, il y a peu, songé à refaire le même schéma que la Suède : prendre une colonie à bout de bras et s'en aller, faire la tête au Danemark et lui montrer clairement que s'il n'était pas capable de partager, autant qu'il fasse tout tout seul.

Oh, ce n'était en aucun cas parce qu'il détestait le danois, certainement pas. On lui aurait demandé, il aurait été catégorique : non, je ne le déteste pas, non je n'ai aucune rancœur contre lui. Par contre, lui faire admettre ouvertement qu'il refusait un instant de plus d'être dans l'ombre de son frère, de n'être qu'une "demi-nation" face à l'imposante nation danoise... c'était autre chose.

Alors il serait parti. Il aurait emmené Ice, bien sûr. Son petit frère, son... bébé, en quelque sorte. Hors de question qu'il le laisse, qu'il soit avec le danois ou seul. Ice avait encore besoin de lui. Il n'était qu'un enfant, qui avait besoin de son grand frère.

Tout comme il n'était lui-même qu'un enfant qui avait besoin de son petit frère.

- Stóri bróðir... Qu’est-ce que tu es en train de faire ?

S'il n'avait pas eu la longue expérience de blasé derrière lui, Eivind aurait sursauté à la voix pourtant douce d'Emil. Mais l'expression si neutre que son visage arborait ne prouvait que l'indifférence totale que toute situation lui inspirait, aussi, il se contenta de tourner calmement la tête vers l'islandais.

- ... je fais mes valises.

Réponse concise, concrète. Il attendit un instant, fixant son petit frère comme il fixait toujours tout le monde - d'une manière assez désagréable en fin de compte. Il reprit :

- Mais j'imagine que tu t'en serais douté. Plus précisément, je m'en vais avec Sve.

Ton neutre, phrase déclarée avec autant d'émotion que s'il avait parlé de la météo. Il se baissa pour terminer de fermer sa valise, tournant de nouveau le dos à son petit frère.

- C'est une histoire compliquée... qui implique un idiot de danois, un idiot de suédois et un - un peu moins - idiot de norvégien. Tu es trop jeune pour comprendre...

Non, vraiment, il ne se rendait pas compte qu'au même âge qu'Ice, il était en train de conquérir, voler, piller, tuer, et se rendait parfaitement compte qu'il était un être barbare et sans cœur ; et que de ce fait, Ice devait être parfaitement capable de comprendre les causes et conséquences d'un traité.

Ou alors il voulait juste retarder le moment fatidique où il devrait lui dire adieu.
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Emil Steilsson / Islande

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MessageSujet: Re: 14 Janvier 1814 - Rupture fraternelle. | Noregur |   Ven 5 Aoû - 15:33


Pardon ? Faire ses valises ? C’est une... non, ça ne peut pas être une plaisanterie. Norge le taquinait parfois, mais là, il ne semblait pas être de cette humeur là. Mais alors... pourquoi ? Pourquoi partir d’ici ? Ça n’avait aucun sens... Emil baignait dans un flot d’incompréhension, cherchant désespérément une bouée de sauvetage. Dans tout les cas, ça ne pouvait pas venir de lui. Et partir à cause d’un conflit entre le danois et lui, c’était impensable ! Primo, Eivind faisait preuve de patience envers le danois. Deuxio, il y avait lui, l’Islande. Il le savait, l’état insulaire, que son grand-frère tenait beaucoup à lui.
...Alors il n’y avait aucune raison de faire ses valises.

- Mais j’imagine que tu t’en serais douté. Plus précisément, je m’en vais avec Sve.

...Pardon ? Qu’est-ce que cette baraque à glace de Suède venait faire dans cette histoire ?
Il vit le regard sévère d’Eivind, il baissa légèrement le sien, confus.
Qu’est-ce qui se passe ? Stóri bróðir va partir, c’est ça ?
Mais pourquoi... POURQUOI ?! Ce... Ce n’est pas juste ! Donne moi au moins une explication...
- C’est une histoire compliquée... qui implique un idiot de danois, un idiot de suédois et un -un peu moins- idiot de norvégien. Tu es trop jeune pour comprendre.

Emil aimait beaucoup Norge, c’est indéniable. Mais là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Certes, il voyait bien que son frère n’avait aucune envie de lui dire quoi que ce soit, ou qu’il n’avait pas envie de le blesser. C’est son « adorable petit frère », après tout.
Mais là... Il le prenait pour une jeune nation ignorante, qui est incapable de comprendre quelque chose du monde des grandes nations... Ça ne lui plaisait pas.
...Et s’il ne faisait rien, il allait encore se retrouver seul. Et ça, c’était hors de question. Si la longue nuit, période qu’il lui avait fait subir beaucoup de souffrance, se reproduisait ? Qui allait pouvoir le soutenir ? Oh oui, le Danemark. Mais l’aîné autoproclamé allait surtout faire pression sur l’île lorsque le norvégien aura le dos tourné, non ? Genre, interdire encore une fois les autres nations de commercer avec l’Islande, par exemple...
Enfin... Il faut penser qu’il y aura au moins Féroé avec lui...

Mais sans le grand-frère...

Il avait envie d’éclater en sanglot, mais il voulait lui montrer qu’il était fort. Ne pas sombrer dans le pathétique non plus...
Il serra les poings.

- J-Je... Je peux très bien comprendre pourquoi tu dois partir! Je suis peut-être jeune, mais... Je peux comprendre!... Je refuse que tu ne me dises rien parce que je suis un enfant. Je ne veux pas rester en dehors de tout ça.

Tu as peur de la solitude, hein Emil ? Pourtant, tu étais une île perdue au milieu de l’Atlantique, non ? C’est parce que tu as trouvé une attache que tu réagis de cette manière ?
Cela se comprend, dans un sens. Eivind est la première personne que tu as aimé sur Terre.
Il ne sentit pas la larme couler sur sa joue et renifla bruyamment. Il avait honte. Tellement honte de pleurer devant son frère. Il voulait être fort ? Il n’y arrivait pas. Ça le rendait malade...

- Je veux... venir avec toi... Je sais qu’il y a plein d’autres personnes à la maison... mais je ne veux pas me retrouver tout seul... s’il-te-plait... J’ai... je suis tétanisé...

Et il éclata en sanglots, seul moyen véritable pour montrer sa frustration.
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