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 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]

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MessageSujet: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Mar 19 Avr - 20:43

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Как узор на окне
Снова прошлое рядом,
Кто-то пел песню мне
В зимний вечер когда-то.

Des souvenirs par milliers, mais de ce lieu calme et serein, aucun. Pour la première fois depuis longtemps, il était loin du froid de décembre, loin de cette neige hivernale, loin de cette froideur, loin d’Ivan et de ses caprices. Pour la première fois depuis qu’on avait décidé de bannir ses idées, ses religions et autres choses ne plaisant pas à un pape, pour la première fois depuis plus de neuf siècles, il retrouvait sa liberté, ses habitudes, ses mémoires. Qui pouvait comprendre ce qu’on pouvait ressentir, quand on se relevait contre ses anciens envahisseurs, quand on s’était tu depuis longtemps, et qu’après des siècles de silence, on refusait de retomber sous un joug ? Mais si peu semblait comprendre combien vivre pour soi, pas pour un autre pouvait être une chose importante. Trop peu semblait comprendre l'importance qu'il avait ressenti à garder sa liberté, sa vie. Ne pas relier son destin à Ivan, pas encore une fois.

Словно в прошлом ожило
Чьих-то бережных рук тепло,
Вальс изысканных гостей
И бег лихих коней.

Un sourire ? Avec Ivan qui l’ennuyait, les autres qui le traitaient comme un enfant pleurnichard ? Non, il savait parfaitement que ses souvenirs n’avaient pas toujours été souriants, encore moins les deux dernières années qu’il venait de vivre. Il savait que s’il était libre du joug russe, ce n’était pas que grâce à lui. Beaucoup d’autres avaient donné un petit coup de pouce, l’aidant à repousser définitivement Ivan de chez lui, récupérant ainsi son pays, sa nation, son chez lui. Comme ses frères baltes. S’ils n’avaient pas pris leur liberté, aucun doute que Raivis n’aurait pas osé le faire, s’éloigner ainsi du froid hivernal. Cela aurait été si dangereux, si risqué. S’il n’y avait pas eu la présence de Ludwig à ce moment, peut-être n’aurait-il jamais osé se tourner vers d’autres pour acquérir sa liberté. Mais l'Allemand avait été tout aussi affamé que le Russe, à croire que la guerre qui venait de s’achever n’avait pas d’importance en ce territoire. Il s’était alors tourné vers Pologne, France et Angleterre qui l’avait aidé à faire le ménage contre les deux autres. C'était l'une des rares fois où il avait vu France et Angleterre et surtout où il leur avait parlé. D'ordinaire, il restait derrière Ivan, à peine visible, mais là, il n'avait pas pu se cacher derrière lui.

Вальс кружил и нёс меня,
Словно в сказку свою маня,
Первый бал и первый вальс
Звучат во мне сейчас.

Une inquiétude sur l’avenir. Il y a longtemps qu’il n’avait pas gouté à cette liberté, à ce sentiment de plénitude, de bien-être. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, cela l’effrayait. Parce que malgré tout, il savait que la Russie avait peut-être reculée l’an passé, mais tôt ou tard son estomac vorace repasserait à l’attaque. Et si ce jour devait arriver, il en souffrirait. Il souffrirait d’avoir osé refuser de lui obéir, d’avoir osé le mettre au défi de le faire ployer sous la menace, sous les coups. Et cela lui paraissait parfois tellement étrange, d’avoir trouvé le courage pour dire cela au Russe. Il ne savait pas exactement d’où venait son courage, mais une chose était sûre, il devait rester prudent… Russie ou un autre trouverait rapidement son intérêt à le remettre sous son contrôle. Et tout cela l'effrayait. Il n'aimait pas les conflits, il préférait largement éviter de les subir encore une fois, il était déjà si amoché par cette guerre qui venait de s'achever. Tant d'âmes avaient été détruites pour leur idées, leur volonté, pour s'être trouvé du mauvais côté, au mauvais moment... Il ne comprendrait jamais ces destins sanglants qui venaient par moment. Pourquoi tant de cruauté ? Maintenant, il fallait qu'il se reconstruise, qu'il avance dans ce monde effrayant.

Зеркала в янтаре
Мой восторг отражают,
Кто-то пел на заре
Дом родной покидая.

Ivan n’était plus maitre de son destin, mais il avait encore un rôle important dans la vie du Letton. Il restait un de ses proches voisins et un de ceux qu’il devait surveiller de près, pour éviter les problèmes. Mais aussi parce qu’il était un peu curieux sur les dernières années de Russie. Il y avait eu un grand changement, si avant il était agaçant, il avait été effrayant quand son régime avait changé, quand tout s’était écroulé en 1917. Il avait peur d’Ivan, et tant que cela durerait, il n’arriverait pas à passer outre et à avancer complètement. Le passé, le présent et le futur était des choses effrayantes. Comme tant de choses... Pourquoi fallait-il qu'il ne soit qu'un enfant effrayé par tout ce qui l'entourait ? Pourquoi devait-il se retrouvé si facilement angoissé quand il songeait à son futur, mais aussi à son passé ? Comme il aurait souhaité connaitre cette insouciance qu'ont certains. Mais il ne l'était pas, il réfléchissait trop, beaucoup trop pour des choses infimes. Et tout cela n'arrangeait en rien ses inquiétudes. A croire qu'il était né pour être un angoissé.

Будешь ты в декабре
Вновь со мной дорогая.

Face à la mer turquoise qui s’étendait devant lui, face à ce soleil qui chassait les pires angoisses, face à tous cela, il se sentait loin du froid hivernal. Mais cela ne vidait pas pour autant sa tête d’inquiétude et d’interrogation. Il aurait aimé pouvoir se tourner vers quelqu’un, mais hormis ses frères baltiques, il n’avait guère de confidents… Et ces derniers le considéraient comme un pleurnicheur, alors il n’irait pas les voir. Ca les embêterait encore. Il n’avait aucune envie de les embêter. Alors il était parti loin de tout ça, il avait opté pour des vacances où il pourrait se reposer, tranquillement. Et surement arriverait-il à mettre ses pensées au clair pour mieux savoir vers quel avenir il voulait s’orienter. Mais voilà, même les belles plages des Seychelles ne l’aidaient pas. Pourtant il était bien, il n’y avait pas un raffut assourdissant, il pouvait s’éclipser dans des endroits pour chantonner tranquillement, mais cela ne l’aidait pas avec ses problèmes… Que faire ? Telle était la question…

Avec un soupir, le jeune homme à la chevelure blonde se tourna vers le barman et osa, pour la première fois depuis son arrivée, à savoir deux jours avant, commander une bière au miel… En regardant la tête du dit barman, il retient un soupir de lassitude. Comment avait-il pu omettre ce détail insignifiant, celui que la bière au miel, hormis chez lui, il n’avait jamais réussi à en trouver ailleurs… Se résignant vers un choix plus simple, il commanda un jus de fruits d’ici, n’osant pas rajouté qu’il ignorait s’il aimerait ça pour autant. Tout était différent ici, ce qui rendait l'île mystérieuse et étrange aux yeux de l'Européen qu'il était. Il découvrait ce pays, avec les yeux d'un enfant, n'ayant pas vu grand chose en dehors de son Europe. Et ce pays était beau... Même s'il avait un peu trop chaud... Surement à cause du changement radical de température entre la Lettonie et les Seychelles... Il avait troqué ses chemises à manches longues par une chemisette tout aussi rigide, et avait conservé un pantalon. Il faisait un peu tache parmi ces couleurs bariolées, ces couleurs vives et attirantes, quand lui avait une apparence tellement européenne, tellement lointaine de cette ile. Seychelles devait avoir une apparence comme celle de ses habitants.

* Je me demande à quoi elle ressemble * pensa-t-il, en regardant le verre de jus de litchis posé devant lui. A l'odeur étrange, le jeune homme n'osa pas gouter, par crainte que cette boisson soit juste immonde... Son odeur était déjà si... particulière. Comment les gens d'ici faisaient pour boire ça ? Question vitale...
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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Mer 20 Avr - 0:09

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La douleur. Seychelles avait mal. Mal pour sa nation, mal pour toutes ses âmes qui ont perdu la vie lors de cette maudite guerre. Pour la millième fois de la journée, elle se demandait pourquoi elle avait envoyé ses habitants, ses hommes à Angleterre. Il lui avait pris des êtres chers. Elle y était et elle avait tout fait pour ne pas avoir de pertes, mais la colonisation avait pesé lourd dans la balance. Elle avait été obligée par Arthur. Après tout, c'était lui le maître dans cette histoire. Elle se devait d'obéir. Elle inspira difficilement et serra ses poings, faisant blanchir ses phalanges. Toutes personnes la connaissant savaient qu'elle n'était pas violente et qu'elle appréciait tout le monde, mais là, le sentiment de contentement qu'elle éprouvait face à cette dépendance s'était changé en un sentiment semblable à la haine envers Angleterre. Elle le haïssait. Oh oui, vraiment, c'était génial d'avoir gagné cette guerre, cela prouve une fois de plus que c'est un des Grands. Et elle dans tout ça ? Elle s'était pliée à sa volonté, avait accepté sa colonisation ne supportant plus la douleur du peuple seychellois et maintenant il lui enlevait une part de ses habitants.

Pourquoi était-elle partie là-bas ? Et surtout, pourquoi, mais pourquoi avait-elle accepté ?

Elle tenta de soigner sa douleur, ses larmes et sa peine grâce à sa fidèle amie : la mer. Elle avait déambulé dans les rues parsemées de sable qui volait à son aise et était arrivée à une crique que très peu de personnes connaissait. Aucun touriste n'était présent. Elle savait que le tourisme était l'une des seules activités qui pourrait la faire devenir indépendante économiquement, mais elle appréciait aussi de voir son île vide. Le silence trônait sur les Seychelles. Il n'y avait que le bruit de la mer, des vagues s'écrasant sur les rochers et les chants des oiseaux. Portant continuellement un deux-pièces aux couleurs chaudes, elle enleva tout autres vêtements superflus et plongea dans le liquide bleu lagon qui entourait l'île. Un sentiment d'apaisement surgit en elle et elle ferma les yeux. Elle se sentait bien. Le contact de l'eau, le silence apaisant de la mer, cela la berçait. Malgré la douceur de son amie, elle avait toujours mal.

On peut sécher ses larmes, mais jamais son cœur.*

Elle sortit lentement de l'eau et laissa le sable réchauffer ses pieds. Elle s'allongea et ferma les yeux. Les grains de sable provoquaient une sorte de fourmillement contre sa peau. Cela ne la dérangeait pas, elle était habituée. Cela lui avait manqué en Europe, non pas qu'il n'y ait pas de sable, mais ce n'était pas le même, il n'était pas aussi fin, ni aussi doux. Et puis avouons le, il fait plus chaud dans le Sud. Elle ne savait pas combien de temps, elle était restée là. Sortant de sa douce torpeur, elle se releva et se dirigea vers les plages les plus peuplées. Elle traîna un peu les pieds, croisant de temps en temps des familles en deuil. Elle s'arrêta très souvent pour réconforter les familles qui avaient perdu le plus de membres, puis elle repartait. Elle arriva à un bar d'une des nombreuses plages qui entouraient l'île. Son regard alla de droite à gauche avant de s'arrêter sur une silhouette un peu pâlotte comparée aux autres touristes qui brûlaient au soleil.

Elle avait l'impression de l'avoir déjà vu, puis cela lui revient soudainement. Lettonie, anciennement colonie de Russie ! Elle se souvenait de l'avoir croisé quand il était encore dépendant d'Ivan. Elle ne lui avait jamais parlé, soit elle était cachée derrière Arthur, soit elle observait de loin. Ses cheveux blonds et ses chemises à manches longues. Enfin, là, soleil et température obliges, il portait une chemisette que portait la plupart des touristes. Seychelles songea à l'indépendance récente de Lettonie. Il devait en profiter pour fuir sa proximité territoriale avec Russie. Elle l'enviait. Enfin, elle au moins, elle était loin d'Angleterre, mais ses visites l'agaçaient. Elle l'observa et en conclut vite qu'il n'était surement jamais sortis de chez lui. Il avait l'air très peu sur de lui et une expression de tristesse prônait sur son visage et surtout il devait avoir un peu chaud avec son pantalon. Elle jeta un coup d’œil à sa propre tenue : un paréo aux mêmes couleurs que son maillot et le haut de celui-ci. Ses cheveux trempés avait été ramené en deux couettes basses et sa peau commençait à reprendre des couleurs, qu'elle avait perdu en allant en Europe.

Elle s'avança lentement, évitant tables et les quelques touristes et s'assit un peu plus loin au bar. Il avait commandé un jus de litchis. Elle sourit. Beaucoup de touristes, et surtout les Européens, goûtait le jus de litchis quand ils venaient aux Seychelles pensant que c'en est le fruit principal. Eh non, les litchis viennent de Chine. Ici, la papaye, la banane et la mangue sont reines. Leur mélange devient un délicieux cocktail. Elle commanda rapidement un cocktail de fruits jaunes et put observer la jeune nation de plus près. On voyait vraiment qu'il était européen. Comparé à elle, on aurait dit qu'il n'avait jamais vu le soleil de sa vie. Elle sirota son cocktail quelques minutes tournant la paille orange dans le verre faisant sonner les glaçons contre le verre avant de se décider d'aller le voir. Elle s'assit à côté de lui, faisant grincer légèrement le tabouret haut qui était à ses côtés.

« Bonjour ! Tu es bien Lettonie, n'est-ce pas ? Je suis Seychelles. Je suis ravie de te rencontrer. »

Elle lui souriait gentiment. Si elle ne se retenait pas de peur de le faire fuir, elle lui aurait fait un gros câlin pour qu'il enlève cette expression de lassitude sur son visage. Après tout il devrait se réjouir d'être indépendant. Si cela avait été elle, elle l'aura fêté pendant des semaines et des semaines. Mais elle se doutait bien que quelque chose clochait. Après tout lui aussi avait souffert pendant la guerre, se retrouvant entre les Grands.

« Que fais-tu là ? Tu viens profiter de ta liberté nouvelle ? »

Elle s'était elle-même rendu compte que sa dernière phrase était emplie d'envie. Elle aurait voulu être sa place. Elle aurait tellement voulu aller se placer face à Arthur et lui dire qu'elle ne voulait plus être une colonie. Mais elle savait aussi que sans son aide et celle de France, elle ne survivrait jamais. Alors, elle se taisait laissant sa joie se diffuser autour d'elle lui permettant de se créer une bulle protectrice.

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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Mer 20 Avr - 18:16

Un chaud soleil printanier faisait acte de présence, et ce depuis le début de la matinée. Aucun doute que la journée serait belle et plaisante à vivre. Si ce n'était que la température était élevée pour le balte. Il avait pensé tomber sur un printemps comme chez lui, froid et rigoureux, mais ce n'était pas le cas... Drôle d'hiver ici. Enfin, il n'allait pas se plaindre, l'été devait donc être tout simplement affreusement chaud... Surement pire que chez lui. Après tout, ce n’était pas possible un pays où le printemps était aussi doux et un été supportable ? Mais il devait bien admettre que rien que pour savoir, il se serait bien éterniser ici, s’il n’avait pas à se poser tant de questions sur son peuple. Si Ivan connaissait ses pensées, il serait déçu devant le manque de confiance du Letton et surtout le manque de valeur qu’il apportait à l’armistice entre leurs deux pays. Russie avait accepté l’impossibilité de reprendre la Lettonie, mais cela n’enlevait aucune crainte à cette jeune nation.

Le regard bleuté posé sur le verre au liquide à moitié transparent et munie d'une couleur blanchâtre, Lettonie observait le jus de fruits avec doute. Etait-ce buvable, cette chose ? Il doutait d'avoir eu une bonne idée en commandant cette boisson. Il aurait peut-être mieux fait de prendre une boisson plus usuelle, plus sûre. Genre... Genre... En fait, il n'y avait pas grand-chose d'usuel dans la carte. Mangue, papaye, banane... Ah si... De l'orange, ca lui disait quelque chose, mais ce n'était clairement pas une boisson de chez lui... C'était définitivement un pays bien étrange que les Seychelles. Un grincement de tabouret à ses côtés ne suffit pas à attirer l’attention de l’Européen vers cette demoiselle.

« Bonjour ! Tu es bien Lettonie, n'est-ce pas ? Je suis Seychelles. Je suis ravie de te rencontrer. »

Ce ne fut que quand sa voix bien jeune s'éleva à sa proximité, le forçant à se tourner vers l'origine, qu’il la perçu. Délaissant sa méditation très philosophique sur le verre de jus de litchi et sa toxicité, Lettonie regarda la jeune demoiselle qui lui faisait face. Tout son contraire, comme les habitants de cet archipel. Une peau légèrement halée, bien moins que celles des autres, mais qui la ferait paraitre totalement bronzée par rapport au Balte. Une chevelure brune, trempée, montrant qu’elle venait soir de sortir de la mer, soit de prendre un bain ou une douche. Des yeux verts, un visage pour le moins expressif. Oui, cette demoiselle était tout son contraire.

Il l’avait croisé en de rare occasion, n’échangeant jamais de paroles avec elle. Elle était sous le joug d’Arthur, lui sous celui d’Ivan. Et ils s’étaient rarement associés, sauf pour le fiasco de la dernière guerre. Et avec son propre pays qui se faisait encore envahir, il ne s’était jamais réellement focalisé sur les conversations entre les deux Grands. Oh, il les écoutait, pour ne pas se faire houspiller après de n’avoir rien écouté, mais il n’y accordait aucune importance. Pour Arthur, il n’existait pas jusqu’aux années passées et à sa déclaration d’indépendance. Quant à Ivan… Il n’était qu’un de ceux qui étaient sous son joug et qu’il devait aimer terroriser.

« Bonjour Seychelles. Ravi de faire votre connaissance. »

Une voix douce, calme, posée, mais si vierge de sentiments, de pensées. On pouvait penser que les paroles étaient vrais ou fausses, on n’arrivait pas à savoir l’exactitude de ce qu’il pensait ou ressentait. Quand on ne le connaissait pas, ce comportement était dérangeant. Mais pour ceux qui l’avaient trop fréquenté, ils savaient parfaitement que derrière ce froid masque, il y avait un enfant terrorisé pour un rien, pleurnicheur devant les fureurs des Grands. Mais cela, Seychelles ne pouvait pas encore le savoir, n’est-ce pas ?
Il n’était pas mécontent de la voir et de la rencontrer, mais il devait admettre que ses inquiétudes pour la vie et le futur l’empêchaient de voir le monde avec son sourire et sa joie de vivre. Devant sa gentillesse, il ne pouvait qu’éprouver de la méfiance. Après avoir fréquenté trop souvent Ivan, il savait que le sourire qu’on pouvait adresser aux autres ne voulait rien dire. Ivan était un bon comédien, et bon nombre de ceux qui le fréquentait peu ne s’en rendaient pas compte. Alors même si c’était dans la nature de Seychelles de sourire et d’être heureuse, il n’arrivait pas à ne pas chercher la petite bête, la chose qui n’irait pas.

« Que fais-tu là ? Tu viens profiter de ta liberté nouvelle ? »

Envieuse, la jeune fille était envieuse. Et il l’avait compris si facilement, si simplement. Retenant son envie de repartir chez lui, pour ne pas déranger davantage Seychelles qui n’avait pas acquis cette liberté, le jeune homme reporta son regard sur le verre de litchis qui trônait sur le bar. Il n’aurait pas dû venir, ou plutôt, il aurait dû aller ailleurs, dans un pays où sa présence n’aurait pas créé cette envie. Un pays où il aurait été comme un autre, aussi inaperçu, aussi pâle. Rien ne sortant de l’ordinaire.

Il savait qu’il devait répondre à la jeune demoiselle, mais il ignorait quoi dire. Il était parti pour s’éloigner de ce monde qui l’avait détruit ces dernières années, il avait eu envie de mettre de la distance entre lui, Ivan, Toris, Eduard et tous les autres. Il avait agi avec égoïsme, il avait pensé à lui, sans penser une seconde que sa présence blesserait Seychelles, qu’il la dérangerait, avec cette indépendance si durement acquise. Ce n’était peut-être pas ainsi qu’il aurait dû prendre sa remarque, mais Raivis ne pouvait s’empêcher de se sentir fautif à cause d’une remarque somme toute légitime.

« Pardon, je ne voulais pas t’importuner. Je… j’avais juste voulu partir loin, mais je n’ai pas pensé que cela te dérangerait. »

Il n’avait pas retourné son regard bleuté sur la jeune Seychelles, mais il ne fallait pas être devin pour savoir qu’il se sentait gêné et qu’un rien lui fournirait un prétexte pour retourner se cacher chez lui… peut-être qu’ils avaient raison de le considérer comme un pleurnicheur… Peut-être n’était-il que ça, un pleurnicheur… Un gamin qui voulait retourner se cacher, pour ne pas faire de gaffe, de bêtises, d’erreurs… Il venait déjà d’embêter Seychelles, il ne devait pas en rajouter.

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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Mer 20 Avr - 22:58

Avant même qu'il ne lui ait répondu, Seychelles regrettait déjà ses paroles bien trop envieuses. Il n'avait pas l'air très sur de lui, elle allait le rebuter. Elle retient un soupire de mécontentement contre elle-même et attendit qu'il réponde, espérant qu'elle ne l'ait pas rendu muet. Elle n'avait jamais été comme cela avant. Arthur et ses foutues délires de conquêtes !

« Bonjour Seychelles. Ravi de faire votre connaissance. »

Une voix douce et sans sentiments. Cela aurait pu en surprendre plus d'un, mais elle avait tellement l'habitude avec Arthur. Lui qui voulait, ou plutôt pensait, se montrer tendre, il se trahissait par ses paroles qui n'étaient pas du tout sincères. Elle avait l'impression de le voir dans Lettonie. Pourtant, elle ressentait qu'il avait l'air différent d'Angleterre. Mais oui, c'était même évident ! Il ne pouvait pas être comme ce prétentieux d'Arthur. Lui, elle le haïssait et Lettonie...elle ne savait pas. Il n'avait pas l'air sincère avec elle, mais un garçon aussi jeune et qui semblait si adorable ne pouvait pas être un menteur, non ? Elle le sentait méfiant. Peut-être qu'il n'avait jamais rencontré de personne comme elle. Elle songea aux fréquentations possibles du balte, il y avait bien sûr Russie et ses deux frères : Estonie et Lituanie. Des personnes froides sans aucun doute et de ce qu'elle souvenait vaguement lors de réunions où elle avait suivi Arthur, ils l'étaient dans leurs paroles et leurs actes. Elle l'observa longuement, il ne devait pas avoir eu beaucoup de personnes qui prenaient soin de lui ou tout simplement qui l'écoutait. Russie pouvait peut-être prétendre à ce rôle, mais Seychelles, étant elle aussi une colonie, elle savait que les Grands ne pensaient qu'à eux d'abord et après à leurs colonies.

« Pardon, je ne voulais pas t’importuner. Je… j’avais juste voulu partir loin, mais je n’ai pas pensé que cela te dérangerait. »

Il ne l'avait pas regardé quand il lui avait répondu. Sa voix exprimait de l’inquiétude, de la gêne et de ...la peur ? Seychelles fut surprise. Elle lui avait donc fait mauvaise impression avec sa foutue envie de liberté. Elle ne se reconnaissait pas dans ses paroles. Cette guerre l'avait donc autant changé ? Elle se reprit à maudire une fois de plus Angleterre. C'était bien la première fois que quelqu'un était pris de ses sentiments avec elle. D'habitude c'était de la joie ou de l'amusement qu'elle voyait dans les prunelles de ses interlocuteurs. Mais jamais de la peur...Peur de déranger Seychelles ? Quelle idée. Elle appréciait beaucoup une compagnie, cela la changeait de celle de l'anglais. Elle se tourna vers son verre, le fixant. Elle devait rattraper son erreur. Elle fit un geste qui pourrait en surprendre plus d'un, mais elle l'avait fait naturellement, comme quand elle était avec France. Elle le serra fort dans ses bras. Une étreinte pour réconforter, pour lui montrer qu'il ne fallait pas avoir peur d'elle. Une étreinte pour s'excuser, excuser son comportement.

« Je suis désolée si j'ai pu paraître désagréable, je m'en excuse, tu ne me déranges pas du tout. Je suis contente que tu sois là. Profite bien de tes vacances, ici surtout. Je comprends tout à fait que tu es voulu t'éloigner. Tu peux rester ici autant que tu veux. »

Elle se redressa et lui sourit, un de ses sourires qu'elle adressait habituellement à Francis. Un de ses sourires francs. C'était rare. Avant, elle souriait tout le temps comme ça et à n'importe qui, cela lui arrivait même de sauter sur le dos des autres nations lors de réunions importantes, mais la colonisation d'Arthur l'avait changé. Elle était devenue quelqu'un de moins sincère, cachant sa tristesse à tout le monde. Elle attrapa son verre et mélangea son cocktail avec la paille tout en souriant joyeusement. Lettonie ne devait pas payer pour sa colère envers Angleterre. C'était ce dernier qui devait payer. Un jour, elle se le promit mentalement, elle allait être libre, libre de ses actes, de ses paroles. La liberté, ce n'était pas seulement une notion, c'est surtout une façon de penser et de vivre avant tout.

« Je sais que je t'ai déstabilisé avec mes paroles de toutes à l'heure qui n'exprimaient que de la jalousie, de l'envie. Je m'en excuse. C'est juste que...enfin tu dois me comprendre...tu es même surement le seul à comprendre ce que je ressens... tu as été une colonie toi aussi. Tu sais ce que c'est d'obéir à quelqu'un par obligation, de devoir lui accorder tout ce qu'il veut. C'est vrai que je t'envie, tu as ce que je désire, mais je suis très contente pour toi. Tu le mérites. »

Quelques instants après l'avoir rassuré, elle plongea dans ses pensées. Oui, il le méritait. En fait, toutes les colonies méritaient d'être libres. Ils avaient des droits après tout, non ? Ils n'étaient pas rien, ils étaient des êtres humains, des nations. On n'avait pas le droit de les traiter comme ça. Enfin, après, elle ne savait pas comment réagissaient les Grands avec leurs colonies. Ils n'étaient peut-être pas tous comme Arthur. Elle jeta un coup d’œil inquiet à Lettonie, connaissant Ivan de réputation, elle se demandait bien ce qu'il avait pu faire à la nation balte si mignonne, si innocente. Il est vrai que le caractère d'Angleterre ne faisait pas parti des mieux, mais ils n'étaient surement pas le pire. Enfin, elle aurait peut-être préféré être une colonie de France... Mais qu'est-ce qu'elle racontait ? Elle se mit une baffe mentalement, elle ne voulait être la colonie de personne. Bon, il était clair que sans aide financière, pour le moment, elle ne pouvait pas survivre seule. Mais il y avait surement un autre moyen que la colonisation, non ? Elle reporta son attention sur Lettonie. En fait, non. C'était sur son verre de jus de litchis auquel il n'avait pas touché qui obnubila son esprit. Elle héla le barman et commanda un cocktail à base de mangue, de papaye et d'orange. Elle lui tendit en souriant gentiment.

« Tiens, tu ne peux pas commencer ton séjour aux Seychelles sans boire ce cocktail à base de fruits d'ici. Je pense que tu l'apprécieras mieux que le jus de litchis. Je te l'offre. »

Elle repoussa le verre de jus de litchis vers elle et retourna à son propre cocktail. Elle était contente qu'il soit là. Il pouvait la comprendre. Lui, les autres colonies, toutes se comprenaient. Elles subissent ou on subit la même chose. Seychelles avait l'impression que la colonisation n'aidaient pas les nations colonisées, mais qu'elle les détruisait petit à petit, qu'elle leur fait perdre la dernière notion de dignité qui séjourne en eux. Enfin, peut-être que les autres ne ressentaient pas ça, mais elle, c'était ce qu'elle ressentait continuellement.

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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Jeu 21 Avr - 20:14

Il savait parfaitement qu'il n'aurait pas dû réagir ainsi. En aucun cas. Il allait surement ne faire qu'énerver un peu plus Seychelles. Il avait été idiot d'agir ainsi. Mais il doutait que partir sans un mot soit correct, quant à ne rien dire, il n'envisageait pas cette possibilité. Généralement, ça n'apportait que des ennuis de ne rien dire face aux critiques. Il était rare que la source admette un silence comme réponse, à moins que ce ne soit le silence d'un fautif repentant. Il aurait dû se taire.

Se mordillant l'intérieur de sa lèvre inférieure, le jeune vacancier ne savait pas quoi faire. Une part de lui voulait se détourner de Seychelles et de cette île pourtant plaisante. Ses paysages étaient paradisiaques et calmes par endroit, remplis de bruits, d'odeurs et de couleurs à d'autres. Elle avait un côté chantante, un côté si paisible et si lointaine de tout ce qui le hantait. C'était dommage de se dire qu'il lui faudrait partir aussi rapidement. La prochaine fois, il serait plus prudent... En même temps, si jamais Lettonie regardait une carte du monde, il trouverait peu de nations libres de tout joug. Et une grande partie était en Europe ou en Amérique voire quelques rares pays asiatiques. Aucune destination aussi intéressante que ce lieu. Ici, il était bien, malgré cette chaleur dérangeante.

Sans un regard pour la colonie à ses côtés, Raivis continuait à observer sans réellement y faire attention le jus de fruits. C’était tellement simple de regarder quelque chose et de s’en servir comme d’un exutoire. Non pas un défouloir physique, mais juste mental. Un endroit où personne ne pouvait le trouver, où personne ne le dérangeait… Bon, certes, ce capharnaüm constant de pensées ne restait jamais loin, et même en observant la boisson, il savait qu’elles restaient à proximité, le narguant doucement. Mais il s’en servait surtout pour ne pas déranger encore plus la petite île. Petite ile qui sans un bruit, sans qu’il ne le prévoit, il sentit deux bras qui l’enlaçait, avec force, une étreinte étouffante qu’il n’aurait pas pu quitter.

Il n’aurait rien fait, par crainte de déplaire à Seychelles. Oh bien sûr, elle était en train de lui tenir un discours qui n’avait rien de très étonnant aux vues de ses gestes. Aucun doute que le contenu serait des excuses, des belles paroles. Mais il savait aussi que sa propre méfiance ne partirait pas. Il était de ceux qui restaient méfiant face aux autres. Il était de ceux qu’on trouvait triste, parce qu’il ne parlait pas souvent et étaient toujours du même avis que la majorité ou le plus fort… Non, vraiment, il savait qu’il devait rester méfiant, tout en disant oui à toutes ses remarques. Elle s’excusait, il devait accepter les excuses, même si cela l’avait blessé, comme si ce n’était rien, comme s’il n’avait rien senti. Parce qu’il avait l’habitude de se taire, même quand il avait peur, même quand il avait envie de se cacher derrière un de ses frères. Mais non, il avait appris à se taire. A encaisser en silence tout ce qu’on pouvait dire. A étouffer ses sentiments devant les autres…

« Ne vous excusez pas, ce n’est pas grave. »

Mensonge, ce n’était qu’un mensonge. Mais comment ce visage aux traits adolescents qui la regardait avec une douceur pouvait mentir ? Non, il paraissait tellement sincère en ce moment, qu’il n’y avait aucune raison de mettre en doute ses propos. Sauf si on savait qu’il ne disait pas ce qu’il pensait, qu’il se calait sur les autres. Et l’idée que Seychelles se sente fautive suffisait à le pousser à agir ainsi. Il ne valait pas la peine qu’elle s’excuse, non ? Puis s’ils s’éternisaient trop longtemps sur cet incident, cela deviendrait un grand drame, alors qu’il n’en avait aucune envie. Il préférait que cela s’oublie, de crainte qu’on lui reproche son comportement.

A son sourire, il répondit par un faible sourire. Calme, tranquille. Il s’adaptait juste à la situation qui se passait sous son nez. Et il ne pouvait pas rester aussi froid que la neige en constatant qu’elle esquissait un sourire radieux. Non, il fallait juste lui donner l’impression que tout allait pour le mieux, qu’il ne s’était rien passé. Pourtant, ce n’était qu’un mensonge. Un pur mensonge, mais le masque tenait la place, laissant ses sentiments masqués, pour ne pas déranger plus Seychelles. Il n’avait aucune envie de la déranger, et encore moins qu’elle se rende compte qu’il n’était pas franc avec ses sentiments. Après tout, comprendrait-elle qu’il conserve ce masque si utile dans le passé ?

« Je vous comprends. »

Il comprenait parfaitement cette envie de liberté, ces espoirs qu’un jour, personne ne décide pour eux, de ne plus être captif des Grands, d’être eux, simplement eux. Pas une région annexée, pas un pays qui n’a pas le droit de se nommer, même dans une simple chanson. Ironie du sort, cette chanson était devenue celle qui avait été chanté ce jour où il avait acquis sa liberté(*). Il aimait bien cette chanson, elle était si loin des chansons sanglantes des autres pays. Il était une nation chantante. Ca avait été sa façon de lever les armes contre les choix d’Ivan. Il limitait l’idée de patriotisme, ils chantaient une chanson calme et tranquille, ne laissant qu’un doux paysage se dresser sur les yeux de l’auditoire.

« Je comprends ce que c’est, d’avoir envie de vivre pour nous et non pas un autre. J’espère qu’un jour, vous pourrez le faire aussi. Je vous remercie. »

Il avait été prudent sur la formulation, même si cela ne se percevait pas réellement. Mais il ne voulait pas lui faire de faux espoirs. Même si elle réussissait à acquérir son indépendance, ce serait surement au prix de d’autres vies, d’enfants de son pays qui seraient détruits. Ce serait pour garder des influences sur sa vie, même s’il pensait avoir coupé les ponts avec Ivan, il savait qu’il restait encore très attiré par lui. Oh, il aimait son indépendance, il aimait cette nouvelle liberté. Mais il restait tant de doute, tant de choses qu’il devait reconstruire. Une population que la grande guerre et la guerre contre l’Armée Rouge avait décimée… Des constructions à refaire… Il y avait tant de choses à faire encore… Son indépendance avait-elle valu ce prix ? Non, il savait que même si Seychelles acquérissait ce statut qu’elle espérait, elle n’en sortirait pas aussi joyeuse que là.

La voix de Seychelles rompit le silence, écoutant ce que racontait la demoiselle, il ne put rien dire et encore moins faire quoi que ce soit avant de voir un autre jus de fruits arrivé sur le bar. Sa couleur était moins étrange que celle du jus de litchis, et pour rien au monde il aurait osé poser les questions qui lui trottaient dans sa tête concernant cette boisson. Et surtout son degré de toxicité et de dangerosité. Bon, s’il avait été un brin logique, il se serait douté que le but premier du barman n’était pas d’empoisonner ses clients, mais de leur donner des boissons buvables. Mais il y a certains cas où la logique n’était plus là. Et ici, c’était clairement le cas.

« Merci. » répondit le jeune adolescent, tout en posant son regard sur l’autre jus de fruits. Il ne pouvait pas s’empêcher de comparer ça à son propre pays. En fait, il comparait beaucoup de choses à chez lui, ou tout au moins à quelque chose qu’il connaissait. Mais hormis la légère teinte orangée issu du fruit du même nom, il n’avait pas réellement de comparaison… Et si le jus de litchis avait pu rester au stade de l’observation, cette boisson-là ne pourrait pas. Seychelles n’apprécierait surement pas. Et puis ce n’était pas réputé comme un comportement civilement correct.

Prenant le verre en main, Raivis mit de côté ses interrogations sur le contenu et le gout. Il se contenta de le gouter, en espérant juste qu’il n’allait pas mourir dans d’atroces souffrances. Quoi ? Il dramatisait ? Oui, il s’en rendit compte assez rapidement. C’était étrange, comme boisson. Les gouts étaient tellement différents. C’était bon, bizarre en texture et en gout, mais ce n’était pas mauvais. Peut-être que cela le suffirait à gouter le verre de litchis. Mais il verrait ça plus tard.

« C’est… étrange… C’est bon, mais c’est surprenant. »

Il ne savait pas comment expliquer ce qu’il pouvait ressentir en goutant cette boisson inconnue. Si ce n’est qu’il l’aimait bien… Il faudrait qu’il en achète avant de rentrer chez lui… Gourmand ? Non, c’était une histoire de nature et de fruits… Il aimait trop ces deux éléments. C’est tout.

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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Sam 23 Avr - 21:21

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Au fur et à mesure que Lettonie lui répondait, elle avait une drôle d'impression. Elle le sentait distant et lointain dans ses paroles, comme s'il lui répondait avec pour consigne de ne pas contrarier son interlocuteur. Oh, c'est sûr, il jouait bien, mais la nation avait l'habitude de reconnaître les paroles faussées. La nation balte avait du vraiment souffrir pour ne pas faire confiance aux autres même si ceux-ci se montraient gentils avec lui. Seychelles n'était pas encore dans cette vision-là, bien heureusement. Elle savait qu'elle pouvait faire confiance aux autres nations, celles qui étaient sincères et elle savait qu'elle devait en éviter certaines, celles qui étaient avides de pouvoir et qui faussaient leurs paroles, afin d'endormir les méfiants. Elle avait appris à les distinguer des autres, mais elle savait que Lettonie n'était pas comme elles. Il se protégeait comme il pouvait.

Elle le regarda attraper le verre du jus de fruit avant de le goûter prudemment du bout des lèvres. Finalement, il avait l'air de trouver ça bon, qu'il but un quart de la boisson d'un seul coup. Elle se demandait ce qu'il pouvait bien boire chez lui pour trouver cette boisson surprenante. Il faisait parti des pays d'Europe de l'Est, la boisson première était surement la bière. Elle n'y avait jamais goûté, préférant le goût des fruits exotiques, d'ailleurs cela avait causé pas mal de cheveux blancs à Arthur qui avait toujours un mal à fou à lui fournir les fruits qu'elle voulait lorsqu'elle était en visite en Europe. Elle se tourna vers son propre cocktail et fixa le mélange aux tons orangés. Elle tourna encore et encore la paille, écoutant attentivement ses réponses.

Sa réponse sur le monologue qu'elle lui avait fournit sur sa future indépendance, enfin elle l'espérait, était empreinte d'une illusion. Elle savait qu'il lui donnait une réponse qu'elle désirait tant, mais ce désir n'allait surement pas être comblé de si tôt. Peut-être qu'après tout, elle vivait dans une illusion permanente. Elle n'aurait sans doute jamais son indépendance. Et voilà, elle recommençait avec ses idées noires. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle tourna la tête vers Lettonie. Il était différent des autres nations qu'elle avait rencontré. Il avait l'air de se cacher derrière une bulle protectrice et de ne répondre qu'en s'adaptant aux personnes qu'il avait en face de lui. Il ne pensait plus Lettonie, mais pensait « survie ». C'était triste pour lui, il s'était oublié, s'effaçant petit à petit. Elle réfléchit à une réponse posée.

« Ce jour, je l'attends depuis la fin de cette guerre. Mais je ne me fais pas trop d'illusion pour le moment. Je doute qu'Angleterre me laisse partir et puis si je me révolte, il étouffera l'affaire et je sais que la population en souffrira et ça je ne veux pas. »

Lui avait souffert, obligatoirement. Non pas que à cause de cette foutue guerre où il était en plein milieu, mais aussi pour obtenir son indépendance. Elle était triste pour lui. Elle se tourna vers lui, faisant grincer son siège et attrapa les mains de Lettonie dans les siennes, les serrant fort. Par cette étreinte, elle voulait essayer de lui faire comprendre qu'il ne doit pas se méfier, qu'ici, il pouvait être lui et pas une ancienne colonie de Russie. Qu'il pouvait penser comme bon lui semblait.

« Lettonie, tu as du obtenir ton indépendance d'une façon assez violente, non ? Ta population a souffert et toi aussi, mais maintenant c'est fini. Tu peux être enfin toi-même, tu n'es plus une annexe d'Ivan. Tu es toi et plus personne ne peut te dire ce que tu dois faire ou dire. Je ne sais pas comment sont très frères avec toi, s'ils t'ont aidés, mais ce dont tu as le plus besoin en ce moment c'est de l'écoute, non ? »

Elle le regardait dans les yeux, essayant de le comprendre un peu mieux. S'il y a bien une chose que la jeune nation détestait par dessus tout, à part Arthur, c'était bien de voir quelqu'un triste. Toute personne devrait pouvoir sourire à la vie, la tristesse, la mélancolie, tous ça devrait être rangé au fond d'un tiroir pour ne plus jamais en sortir. Mais malheureusement, ce tiroir peut des fois être bourré à craquer et exploser, déversant tout son contenu sur la personne qui jusque là faisait abstraction de ses sentiments négatifs. Elle n'aimait pas voir les autres, même ceux qu'elle ne connaissait pas ou qu'elle connaissait depuis peu, tristes. Elle voulait à tout prix, faire quelque chose pour eux.

Elle tenait toujours les mains du jeune balte en le regardant dans les yeux. Elle avait envie de le serrer de nouveau dans ses bras. Seychelles est très emphatique. Cela pouvait l'aider à mieux comprendre de nouvelles personnes, mais elle ressentait aussi le même malaise psychologique que son interlocuteur. Elle comprenait les réactions de protection de Lettonie. Après tout, elle aussi, elle se protégeait des coups durs derrière une bulle protectrice de joie et de bonne humeur permanente. Elle fixa un instant le verre de jus de litchis, songeant à son goût onctueux et sucré. Beaucoup de personne se méfiait de ce jus, mais il était délicieux. Elle soupira intérieurement. Comment pouvait-elle penser à un jus de fruit ? Enfin, au moins, ses idées noires étaient parties. Elle voulait à tout prix aider Lettonie. S'il repartait dans l'état où il était là maintenant, il serait vite de nouveau écrasé par Russie. Et ça, Seychelles ne pouvait pas l'accepter.
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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Mer 27 Avr - 20:30

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Il ignorait s’il réussirait à convaincre Seychelles avec ses réponses préfabriquées, vides de sentiments. Mais il n’y pouvait rien, il s'était si souvent tu, qu'il lui semblait tellement plus naturel de ne rien dire, de ne pas chercher à vexer les autres. C’était devenu sa nature, sa façon d’être. Ne pas se plaindre, même s’il pleurnichait comme un enfant devant les éclats de colère des autres. Surtout ceux d’Ivan… Il pouvait être totalement effrayant dans ces cas-là. Et même si les autres n’étaient pas Ivan, Raivis craignait de subir de telle colère. C’était juste… effrayant. Pour lui, c’était un cas où il pleurnichait sans cesse. Parce qu’il avait une peur bleue de la Russie, surtout dans ces moments-là.

En fait, contrairement aux idées préconçues de Seychelles, Raivis ne buvait que rarement de la bière, et toujours de la bière au miel. Il n’aimait pas les autres bières. Mais il pouvait également boire une grande quantité de jus de fruits, du lait ou du café avec un peu d’alcool letton. Non, il ne buvait pas souvent de la bière et il devait admettre que même s’il aimait ça, ce n’était pas sa boisson favorite. Cependant le mélange mangue ananas banane, il n’avait pas eu le loisir d’y gouter avant ce jour, et même si pour son palais il était étrange, il devait admettre qu’il aimait bien cela. Ca avait un goût si différents de ces boissons, si changeant, comme le paysage de cette ile.

Ecoutant en silence la réponse posée et murement réfléchie de Seychelles, le jeune Letton ne put que repenser à sa propre indépendance. Sanglante, cruelle… Comme celle de ces pays qui avaient acquis ce privilège. Pourtant, la liberté d’un pays, ça ne devrait pas être un privilège, mais un droit. Quelle ironie, quand on y réfléchissait. Se battre pour envahir, pour résister, pour être libre… Pourquoi devait-il y avoir sans cesse des occasions pour se battre, pour tuer et laisser des familles en deuil où qu’on passe ? Pourquoi fallait-il constamment que les plus grands soient affamés de territoires et de peuples à brimer et soumettre ? Ils étaient stupides… Stupides de se croire si forts, si supérieur…

« Rare sont les révoltes sans combat et sans sang. »

Que ce soit la France, les Etats-Unis, les pays baltes… Non, aucune révolte n’était sans sang et sans peine. Même s’ils se tournaient vers un avenir meilleur, cela n’empêchaient pas les bains de sang inutiles, mais pourtant si simple à faire… Si radical pour enflammer l’esprit du peuple, pour le pousser à changer. C’était si compliqué et si simple en même temps. Compliqué de songer à une révolte pacifique, sans heurt, sans mort et blessé. Mais si simple de faire une révolte sanglante, cruelle et sans distinction envers les autres.

En sentant les mains de Seychelles prendre les siennes, le jeune Balte retint un léger sourire. C’était une nation qui aimait les contacts, les autres. Elle ressemblait un peu à Katioucha. Mais cette dernière était tellement accro à Ivan qu’il n’avait pas su l’apprécier réellement. Il conservait cette prudence typique quand il parlait à l’un de ces trois pays. Que ce soit Ivan, Natalia ou Katioucha, il n’était que prudence avec eux. Par crainte que tout retombe dans les oreilles d’Ivan et qu’il s’énerve. Oui, les colères d’Ivan avant le don de le tétaniser.

Ecoutant les remarques pleines de bon sens, il savait qu’elle avait raison, mais cela revenait à prendre des décisions et des avis, ce qu’il n’était pas encore apte à faire maintenant. Il avait encore déjà tant de travail pour remettre son pays en état, la guerre avait détruit tant de choses et les vies sacrifiées sur l’autel des idées n’arrangeaient rien. Il savait que pour eux, il n’avait pas le droit de baisser les bras, malgré ses craintes et ces angoisses. Pour ces âmes qui avaient combattu les Allemands et les Russes, il n’avait pas le droit de trahir leur confiance… Même s’ils étaient morts… Surtout s’ils l’étaient.

Se tourner vers ses frères ? Oh, Eduard et Toris n'étaient pas méchants, mais ils vivaient chacun à leur façon. Il n'avait jamais été très à l'aise avec Estonie. Peut-être était-ce lui qui mettait tant de distance avec lui. A moins que ce ne soit simplement qu'ils avaient tous les trois appris à se taire et à encaisser chacun à sa manière. Toris était devenu le Grand parmi les trois. Lui était le benjamin, celui qui chouinait devant les problèmes. Et même si aucun ne le lui reprochait à vive voix, il savait qu'il avait cette réputation d'enfant pleurnicheur. Ils n'étaient pas méchants ou cruels, mais... Mais il n'arrivait pas à se tourner vers eux. Puisque même s'ils pouvaient comprendre ses craintes, ils ne pourraient rien faire si Ivan rompait sa promesse. En fait, si c'était le cas, ils seraient à nouveau tous dans le même panier, dans la même galère.

Etre lui ? Comment pouvait-il ne serait-ce savoir ce qu’il était. Car malgré les paroles de Seychelles, pour lui, il était lui depuis longtemps. Trop longtemps pour songer qu’il pouvait ne pas se taire constamment, que s’il voulait médire sur le dos d’un autre, il pouvait, sans remord, regrets et crainte. Mais lui ne voyait que les interrogations sur sa situation précaire. Car il s’avait que si Ivan se redressait dans peu de temps, mieux armé, mieux équipé, il se ferait manger sans difficulté. Il comprenait ces paroles, mais ses peurs étaient trop tenaces pour qu’il puisse réellement se libérer avec tant de facilité.

« On ne peut pas oublier plus de sept siècles d’annexion en quelques mois. »

Et à peine un quart qu’il avait passé sous le joug du Russe, le reste, c’était principalement Prusse, et un peu Suède et Pologne, mais tellement peu… Mais si le premier lui avait donné des sueurs froides, le second lui avait apporté des habitudes alimentaires typiquement germaniques, mais les deux derniers, cela avait eu un impact bien moindre sur lui. Peut-être que, s’ils n’avaient pas céder avec le traité de Nystad, il n’aurait pas eu ce caractère effacé et introverti. Mais cela, personne ne le saurait.

Sans un autre mot, le jeune homme regarda à nouveau son verre de jus de fruits et en but une gorgée. Il se doutait que Seychelles ne laisserait pas tomber le sujet aussi facilement, mais il aurait bien voulu. Parce qu’il n’était pas à l’aise, parce qu’il craignait toujours que ses paroles reviennent à Ivan ou à d’autres grands, d’ailleurs.
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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Jeu 5 Mai - 19:38

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Seychelles attendait patiemment que Lettonie prononce un mot, deux, peut-être même une phrase. La jeune Seychelloise était très active, ne supportant pas l'inactivité et la passivité, mais la présence du jeune letton avait le don pour la calmer dans son hyperactivité. Elle espérait juste qu'il lui parlerait. Les silences la mettaient mal à l'aise, cela lui rappelait la solitude et elle n'aimait pas ça. Elle en avait peur. Elle gigota sur son siège, ses jambes voulaient qu'elle saute, qu'elle danse, qu'elle marche, qu'elle sautille, qu'elle courre. Bref tout ce que peuvent faire des jambes, sauf rester assises. Mais elle ne voulait pas parler à tord et à travers de peur de bloquer Raivis, alors elle patientait bien gentiment, ses mains tenant toujours les siennes.

« Rare sont les révoltes sans combat et sans sang. »

Elle le regarda dans les yeux. Il avait raison et ça lui faisait peur. Elle voulait à tout prix être libre, mais savoir que le peuple seychellois souffrira de 'l'avant-indépendance' ; certains même ne reverront jamais le lever ou le coucher de soleil. Savoir ça, c'était horrible. Elle ne voulait pas qu'ils subissent ça. Elle ne le supporterai pas. Et elle ne voulait pas que le jeune homme qui était en face d'elle le soit. Il était aux Seychelles. Quand il rentrera, tous ses soucis reviendront, mais ici, il devait oublier. Enfin, il devait essayer, car l'oublie est très dur à atteindre, surtout pour une ancienne colonie comme lui, annexé à un des Grands, retrouvant à peine une nouvelle identité.

« On ne peut pas oublier plus de sept siècles d’annexion en quelques mois. »

Il avait bien raison. Enfin, elle ne pouvait que le croire, ne sachant pas ce que cela fait d'être libéré des chaînes de la colonisation. Elle se souvient d'avoir été libre avant. Quand il y avait France, puis les liens se sont posés sur ses poignets et l'ont attachés à Angleterre. C'est vrai qu'elle ne savait pas comment elle allait réagir quand elle serait libre. C'est sur, ça sera beau, magique, mais après ? Elle sera libre et meurtrie. Arthur ne la laissera pas partir comme ça, même, il ne la laissera pas partir du tout. Il était bien trop fière, surtout qu'il avait déjà vu partir Alfred. La jeune femme plaignait un peu l'anglais, c'est vrai qu'elle n'aimerait pas être à sa place. Enfin, cela dépend dans quelles circonstances, par exemple, elle n'aurait jamais forcé d'autres nations à se coloniser. La liberté est un devoir et non un droit.

Elle observa Lettonie prendre son verre pour boire quelques gorgées et soudainement, elle eut une idée. Une folle idée. Une folle envie. Il avait eu envie de partir loin, de s'éloigner de ses problèmes pour vouloir venir ici. Elle allait l'emmener voir les merveilles de cette île. Qu'il puisse profiter à fond de son voyage. Elle l'attrapa par la main, paya vite fait leurs commandes et l'emmena, passant entre touristes et habitants. Elle courrait comme à son habitude. L'hyperactivité a du bon quelques fois. Elle voulait qu'il oublie. Qu'il se repose. Il avait surement tant de travail à accomplir pour se remettre, lui et sa nation, des ravages de la guerre et des révoltes menant à l'indépendance, mais ici, il était là pour lui seul et il devait en profiter et arrêter de se morfondre. Elle voulait qu'un sourire apparaissent sur son visage, le voir s'éclairer.

Elle le tenait toujours par la main quand elle arrivait à l'endroit où elle était au début. Toujours aussi désert, cette plage respirait le calme absolu. On ne pouvait qu'entendre le bruit des vagues heurtant les rochers et s'écrasant contre le sable fin. C'était l'un des seuls endroits au monde où elle arrivait à rester seule sans trop avoir peur. Partager cela avec le jeune homme montrait qu'elle lui faisait confiance et surtout qu'elle l'appréciait énormément. Seychelles avait le don d'apprécier très vite une personne. La méfiance arrivait plus tard pour certaines d'entre elles. Elle observa Lettonie. Personnellement, elle venait ici pour se ressourcer, pour faire le point. La mer, l'une de ses plus vieilles amies était d'une très bonne écoute. Depuis toute petite, elle y allait. Elle se souvenait d'avoir trouvé cet endroit par hasard. Ses yeux grands yeux s'était écarquillés de surprise et d'émerveillement. Il était devenu son lieu de tranquillité, l'un des seuls endroits où elle ne courrait pas partout.

« Ici, c'est mon jardin secret. Quand j'y viens, j'ai juste à fermer les yeux, écouter le bruit de la mer et je me sens mieux. »

Elle ferma les yeux et prit un grande inspiration. Elle restait là, oubliant presque le jeune letton à ses côtés. Elle espérait que cet endroit le repose, l'apaise et lui change les idées. Elle voulait qu'il reparte de ses vacances reposé et en plein forme pour affronter le dure réalité qui l'attendrait chez lui. Mais il fallait faire la part des choses, il fallait de temps en temps penser à soi, cela n'était pas criminel, c'était juste humain. Elle ouvrit les yeux et observa la mer. D'un magnifique bleu lagon, quelques récifs de corail se voyaient tellement l'eau était claire et pure, les vagues devenaient une sorte de mousse au contact du sable. Le paysage était vraiment magnifique. Voilà pourquoi Seychelles aimait cet endroit. Elle espérait bien qu'elle n'était pas égoïste, que les touristes ne découvriraient pas cet endroit, ils avaient la sale habitude de salir les plages avec leur déchets. Elle le voyait chez les autres Nations très prisée comme destination touristique. Ici, la chance était encore là, peu de plage ont été malmené. Les Seychellois prennent soin de ce que leur a offert la Nature, la protégeant continuellement.

« Tu es le deuxième à qui je montre cet endroit. Le premier c'était France, quand il s'occupait encore de moi. Quand tu n'iras pas bien et que tu voudras un endroit pour te reposer et pour oublier, tu peux venir ici. Tu seras toujours le bienvenue. »

Elle se tourna vers lui après avoir prononcé ces quelques mots. Ses cheveux blonds s'illuminaient sous la lumière du soleil et ses mèches bougeaient au grès du vent. La lumière du soleil se reflétait sur sa peau d'albâtre. C'est vrai qu'en plein soleil on se rend bien compte que le jeune homme est européen. Son regard se porta de nouveau sur la mer et elle avança vivement vers elle. Elle frissonna légèrement quand ses pieds glissèrent dans le liquide bleu et elle reprit bien vite son habitude de se balancer légèrement de droite à gauche, appréciant le soleil dorer sa peau et éclaircir ses cheveux. Elle espérait fort que le jeune letton se sentait aussi bien qu'elle en ce moment.
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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Lun 23 Mai - 18:03

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En rien, on aurait pu comparer les deux jeunes nations. Que ce soit physiquement ou mentalement, ils interagissaient de façon tellement différente, qu’il fallait se demander s’ils pouvaient réellement comprendre la façon de penser de l’autre. Pour Raivis, il devait avouer qu’il avait du mal à comprendre totalement le fonctionnement de Liliha. Elle avait une quantité d’espoir, de rêves et de joies, choses qu’elle laissait visibles à tous, prenant le risque de se faire détruire par une nation qui n’aurait aucun remord. Non, il ne comprenait pas son inconscience et son comportement. Peut-être avait-il trop vu la manipulation pour vouloir la voir partout.

Ses paroles étaient froides, voire monstrueuses. Indéniable, nul ne pourrait le contredire. Les révoltes paraissaient belles sur le papier, mais la réalité était toute autre. Pour lui qui en avait vu deux, elles étaient horribles. Il n’y avait pas que des morts à déplorer, mais des blessés, des exilés, des disparus. Il ne doutait pas une seconde que jamais, ils ne reviendraient dans leur pays. Que même si le joug russe n’existait plus, ils ne reviendraient pas vers ce pays qui ne les avait pas soutenus. Il s’en voulait, jamais il ne l’aurait avoué. Il s’en voulait pour ces âmes qui avaient disparus depuis près de quinze ans. Ces âmes qui avaient juste voulu pouvoir vivre sans la servitude de la baronnerie germanique.

Sans qu’il n’eut le temps de protester, chose qu’il n’aurait pas faite, il se retrouva emmener par la jeune demoiselle. Il la vit payer les boissons, il sentit sa main qui l’emmenait, sans lui demander son avis. Et lui… Jamais il n’aurait osé la contredire. Il avait que trop l’habitude de ne pas dire le fond de sa pensée, qu’il ne songea pas une fois à protester ou même à demander où il allait. Non, sans la moindre protestation, là où d’autre aurait crié haut et fort leur désaccord, Lettonie se taisait, attendant d’être mis devant le fait accompli. Il regardait sans rien dire les gens qu’ils croisaient. Quelques rares touristes et de nombreux habitants. Ces derniers avaient ces tenues si typiques aux Seychelles. Des tenues bariolées, voyantes, aux couleurs si criantes. Si loin de son apparence un peu stricte.

La jeune fille finit par s’arrêter, dans un terrain désertique. Aucun autre être humain ne se trouvait là. Juste eux deux. Et la mer. Belle, calme et aux couleurs si tropicales qu’elle ressemblait à une carte postale. Elle ne ressemblait pas à celle qui se trouvait à côté de chez lui. Celle où tout avait commencé, celles par où était arrivé les chevaliers de l’Ordre. Mais il n’en tenait pas rigueur à la mer. Elle avait aussi amené des marchands et des gens bien moins ambitieux que ces germaniques. Il aimait bien, se promener sur les plages, surtout sous le soleil printanier. Mais il avait toujours aimé se balader, que ce soit sur les plages, dans les campagnes, dans les villes… Il aimait bien se promener, il aimait surtout quand c’était loin des villes. Ils les trouvaient souvent étouffantes, avec ces gens qui couraient partout. Rien ne valait une promenade dans la campagne.

« C’est un beau jardin secret. Préservez-le avec attention. »

Pourquoi elle l’avait fait connaitre ce lieu, il n’en avait pas la moindre idée, mais il savait qu’il n’abuserait que rarement de ce privilège, que ce soit cette fois-ci ou une autre fois. Il n’aurait pas voulu qu’on empiète toujours sur son refuge, alors il ne lui ferait pas cela. Même si c’était un lieu calme et tranquille. Surtout si c’en était un. Un refuge devait être qu’un refuge, un lieu où on est bien, quelque temps, pas un lieu où on passe tout son temps libre. Et puis ce n’était pas le sien, c’était celui de Seychelles, et il devait rester à elle et non devenir le sien. Peut-être qu’il trouverait le sien aussi. Même si pour l’instant il avait rarement quitté l’hôtel ou le bar. Il y avait trop de monde dehors pour qu’il affectionne cela.

« Je te remercie de cet honneur. Je n’abuserais pas de ce privilège. C’est avant tout ton jardin secret. »

Il ne comptait pas empiéter, de cela, elle pouvait en être sur. Il avait beau apprécié le lieu si paradisiaque, si différent de ces terres, jamais il n’en abuserait. Comme il l’avait dit, c’était avant tout le sien. Si la jeune fille se jeta presque sur la mer, lui restait en arrière, la regardant faire. Elle était tout en gaité, en vivacité et cela fait un tableau bien plaisant à observer. Même s’il en avait eu envie, il ne l’aurait pas rejoint. Ses bottes aux pieds et son pantalon n’auraient pas apprécié le contact avec l’eau. Mais elle devait être agréable au contact. S’approchant lentement, le jeune homme resta hors de l’eau et se baissa, pour toucher l’eau de sa main gauche. Elle était chaude et plaisante au contact.

Pour la première fois depuis son arrivée, il avait mis de côté tous ses problèmes, profitant de la vue, du soleil et de la mer. Des vacances, des vraies…

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MessageSujet: Re: 1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]   Lun 13 Juin - 21:04

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    Elle ne savait pas depuis combien de temps, ils étaient là, silencieux, appréciant la beauté et la tranquillité du paysage. Elle avait fermé les yeux depuis un bon moment déjà et quand elle les ouvrit, la lumière était si forte qu'elle les referma de suite. Elle baissa la tête et ouvrit de nouveau les yeux, observant la clarté de l'eau de la mer. Légèrement nostalgique, elle continua son éternel balancement de droite à gauche. Finalement, elle tourna la tête vers Lettonie. Il avait l'air bien plus paisible que lorsqu'elle lui avait parlé tout à l'heure. Le jeune européen, qui n'est pas du tout habillé pour la saison, avait glissé sa main dans l'eau, comme s'il s'aventurait vers de nouvelles expériences. Elle détourna la tête en souriant. Elle n'arriverait sans doute jamais à le changer complètement, pour qu'il arrête de prendre peur à chaque fois qu'il prend la parole ou pour qu'il vainc sa timidité presque maladive, mais elle était contente d'avoir réussis à lui enlever ses problèmes de la tête pendant quelques minutes.

    Elle laissa les vagues heurter doucement ses jambes, avant de remonter vers le sable chauffé par le soleil. Elle s'assit, remontant ses jambes contre sa poitrine, les entourant de ses bras avant de poser son menton sur ses genoux, regardant Lettonie toujours près de l'eau. Elle se remémora les paroles qu'il avait prononcé quelques minutes plus tôt et y réfléchit en silence. Dans ses paroles, dans ses gestes, tout signifiait prudence et réserve. D'aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir, lors des réunions internationales, il avait toujours été comme ça. Il ne parlait que très peu, pour ne pas dire jamais. La plupart du temps, soit c'était ses frères, Estonie et Lituanie qui parlaient pour lui, ou soit c'était Russie qui intervenait. Jamais il n'avait exprimé la moindre opinion, quelqu'un d'autre la presque toujours fait à sa place. Elle trouvait cela un peu triste. Contrairement à lui, elle intervenait quand bon lui semblait. Bon on ne tenait pratiquement jamais compte de ce qu'elle disait, surtout depuis la colonisation britannique, mais elle avait pu au moins s'exprimer.

    Son regard dériva sur l'horizon et elle repensa à comment cela se passait « avant ». Quand, elle était encore seule ou bien quand France s'occupait d'elle, pour elle cela n'avait presque rien changé, il y avait juste eu une nouvelle personne qui s'était forgée une place dans sa vie, sans pour autant la comprimer dans des règles et des obligations. D'accord, elle a pratiquement été, toujours dépendante, mais avant, elle se débrouillait toute seule. Pourquoi ne pas lui donner une deuxième chance. Cela été bien une chose qu'elle voulait exprimer à Angleterre, mais dès qu'elle pensait le faire, il y avait toujours quelque chose qui la retenait. La dernière en date fut l'indépendance d'Amérique. Elle savait à quel point la séparation entre Alfred et Arthur avait été douloureuse pour ce dernier, très douloureuse. Quand elle n'était pas en face de lui, elle voulait lui dire qu'elle s'en fichait éperdument et elle réclamerait son dû, mais face à face, cela lui était impossible pour le moment.

    Elle porta de nouveau son attention sur le jeune homme. En fait, elle l'admirait un peu. Elle avait eu vent des actions et de la guerre qu'il avait du entreprendre lui et ses frères pour obtenir leur indépendance. Mais des trois anciennes colonies de Russie, elle respectait beaucoup Lettonie. Cela avait du être dur pour lui, avant, pendant mais, selon elle, le pire reste à venir. Il fallait qu'il la garde cette indépendance, il ne fallait surtout pas qu'il retombe entre les griffes du russe. Elle soupira en s'allongeant dans le sable. Elle fixait le ciel et écarta bras et jambes pour pouvoir faire un ange, comme ceux qu'on fait dans la neige, sauf qu'ici c'était dans le sable. Elle se promit qu'un jour, elle en ferait dans la neige. Elle se releva brusquement, sans aucune raison apparente et s'étira en baillant. Elle retourna près de Lettonie et se baissa, jouant elle aussi avec l'eau.

    « Dis, il y a de la neige chez toi ? Il y a des flocons et on peut faire des batailles de boules de neige ? »

    Elle avait toujours rêvé d'en faire, mais n'en avait jamais eu l'occasion. Pendant quelques instant, elle se demanda comment elle en était venue à parler de neige alors qu'il y a quelques minutes, il parlait de guerre d'indépendance et de colonisation. Elle avait le don de parler sans transition. Elle tendit la main, comme si elle voulait toucher la mer au plus loin, à l'horizon et sourit.

    « Ça doit être beau quand il neige, non ? J'aimerais beaucoup en voir. »

    Elle ferma les yeux et s'imagina tendre la main pour toucher les flocons. Froid, cela l'était surement. Elle avait toujours raté les hivers de l'Europe et chez elle, enfin depuis le jour de sa naissance, elle ne se souvenait pas d'un jour de neige. Et puis, même s'il neigeait cela ne restait surement pas longtemps. La température minimale chez elle, c'était 24 degrés. Jamais de grand froid. Oui, cela lui plairait surement. Elle rouvrit les yeux et se tourna vers le jeune européen en souriant. Elle aimait bien sa présence, il ne parlait pas trop comme France et il n'était pas froid comme Arthur. Il était distant, mais elle avait très bien compris qu'il était comme ça seulement pour se protéger, pour qu'on ne le blesse pas encore plus qu'il ne l'est déjà.
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1921 – Loin du froid de décembre [PV Seychelles]

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