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 [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |

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Gilbert / Prusse

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MessageSujet: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Lun 6 Juin - 12:33

.

~ Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Élysées ~

- 6 juillet 1864 -


C'est victorieux que Gilbert marchait dans Paris. Plus fier que le symbolique coq français, il jetait un oeil avide sur la ville qui s'étendait tout autours de lui. Enfin la victoire contre ce crétin de Francis ! Ce fou qui avait cru l'avoir vaincu à Ligny, comme il l'avait vaincu les autres fois... Comme si on pouvait mettre à bas l'armée prussienne si facilement ! Enfin, la dernière bataille fut une réussite. Il avait pu accomplir sa revanche, en la mémoire des milliers de morts prussiens. C'était sa victoire !

Il grogna.

Bon d'accord, pas seulement la sienne. La victoire de l'Alliance. Bien que les actions menées par son armée avaient été décisives, il lui fallait partager les lauriers avec, notamment, l'Autriche... L'aristo, le "gentillhomme" qui préférait le piano au noble art de la guerre...

Cela lui paraissait contre nature, un accord avec un type pareil, tellement différent de lui. Enfin, il fera ce qu'il avait à faire. Il sera aimable. Ou du moins aussi correcte que possible : autrement dit, il assurera le minimum. Mais décidément, Prussien et Autrichien n'étaient pas deux espèces de nature à s'échanger des civilités. Cela se sentait dans leurs attitudes respectives. Gilbert ne pouvait se résoudre à lui accorder une totale confiance, et réciproquement. D'ailleurs, il se demandait où Roderich pouvait bien se trouver... Bha, il devait sûrement être assis quelque part, sur un p'tit coussin de velour à siroter son thé et à s'auto congratuler d'avoir survécu à une bataille supplémentaire. En effet, quel exploit ! Il lui donnerait un gâteau en récompense.

Chassant les idées noires qui surgissaient dans son esprit à chaque fois qu'il pensait à Roderich, il se concentra de nouveau sur ce qu'il voyait : La si grande ville française, désormais à sa merci – leur merci. La puissante capitale culturelle, ou encore Paris la romantique... Et puis quoi encore ! Plutôt le beau symbole d'un sinistre imbécile, d'une nation suffisamment démente pour espérer anéantir les troupes du Prussien ! Il n'avait jamais avalé les défaites qu'il avait essuyé face à l'armée napoléonienne, et c'est en jubilant qu'il avait vaincu, sauvage, une bonne fois pour toutes à Waterloo. Non, plus de pitié pour Francis !

Il se reposa un instant. Bien qu'une bière allemande manquait cruellement, et mettant de côté la présence de l'autrichien à proximité, il savourait plus que jamais les visions enchanteresses du traditionnel tableau de la victoire qui se dessinait devant lui. La ville avait beau être magnifique - cela, il consentait à l'avouer -, c'est avec satisfaction qu'il regardait les groupes de soldats prussiens se derverser dans les rues parisiennes.

Il y avait un côté incongru à les voir sur les si beaux Champs- Élysées, après la désolation qu'ils avaient semé sur la route vers la Capitale. Mais de cela, Gilbert s'en fichait. Seule la victoire comptait dorénavant, la victoire et sa revanche ! Sincérement, il ne pouvait pas imaginer de châtiment plus parfait ! Napoléon écarté, des villes françaises devastées... Vraiment, la tête de Francis devait être belle à voir ! Il devait être en train de se lamenter sur sa pauvre, et désormais impuissante, patrie ! Bien ! Qu'il se morde les doigts pour avoir donné à son peuple un nain incompétent - et corse en plus - pour Empereur.

Cependant, il n'y avait pas à cracher sur les joyaux que cette magnifique culture française renfermait. Et à défaut de bière, les bouteilles d'excellent vin récupérées dans les caves françaises feront amplement l'affaire.

Il fit sauter le bouchon d'une des bouteilles dans un POP sonore et bu directement au goulot, se souciant peu de l'insulte qu'il adressait ainsi au bon goût français et à l'art si particulier de déguster le bon vin. C'est sans vraiment de surprise qu'il entendit les pas d'un homme s'approchant par derrière. Il y avait beaucoup de germanique à Paris de sortie aujourd'hui, et tous rêvait probablement de fêter la victoire ainsi que Gilbert le faisait : un bon alcool entre les mains. Enfin, ce soir il se sentait bon prince, prêt à célébrer la victoire - et partager son butin - avec n'importe qui... Ou presque...

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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Jeu 9 Juin - 11:32

Paris était à eux et l’aigle était fichu, voilà. Oui voilà…. Adieu le grand monstre de l’Europe, adieu le boucher, bientôt on allait démystifier le petit homme, on allait lui enlever son ombre et il ne resterait plus que lui, minuscule tyran, minuscule despote, perdu dans toute sa veule humanité.
Dommage pour toi Napoléon, n’est-ce pas ? On ne gagne pas toujours, s’élever c’est aussi tomber.

Roderich considérait les rues de Paris d’un œil morne. Taciturne, cela faisait même plusieurs heures que l’homme n’avait dit mot. La raison en était simple, tous la connaissaient : il haïssait la France.
Le souvenir d’Austerlitz, le souvenir du brouillard, celui du soleil, le souvenir d’un enfant aussi.
Et qui pleure désormais l’enfant mort ? Pour qui les cris des oiseaux, pour qui les larmes des veuves et l’éclat des fusils ? Pour personne. Au dessus de lui il y a le ciel, à ses pieds il y la terre, ce sont des choses qui ne changent jamais. Lorsque Roderich marche, c’est pour écraser les ombres des autres, lorsqu’il coure c’est pour fuir sa propre peur, lorsqu’il vole…non, il ne vole jamais. Mais si un jour il avait à le faire, ce serait pour tomber comme Icare, à trop s’être approché du soleil…

Quelque part dans Paris, un homme ne connaissant rien à la politique mais tout aux pleurnicheries désignera comme « le vice appuyé sur le bras du crime », l’entrée de Talleyrand le boiteux soutenu par Fouché. Qu’on laisse donc ces pauvres diables, la politique n’était pas affaire de nations.
Un groupe de soldat le dépassa, Roderich se déporta sur le côté, longeant un mur comme d’autres longent leur peine. Où aller ? L’homme ne le savait pas, tout était désormais anesthésie, pas de joie, pas de tristesse, juste un silence dur et profond.

Il y avait le rire des hommes et le bruit de la vie. Et il y avait lui, lui qui ne pouvait s’y mêler pour des raisons que même son esprit fatigué ne pouvait comprendre. Que dire face à tout ça, que dire face à Marie-Louise et à son enfant, à cette femme qui pleure son mari sans le haïr ? A cette Autrichienne qui pleure ce Français…
Bah, foutaises, foutaises et foutaises encore… Tout cela va, tout cela vient, ainsi sont les humains ? Qu’importe l’amour lorsqu’il y a la guerre, qu’importe la souffrance pour la victoire mais surtout qu’importe la haine lorsqu’il s’agit de puissance ?

Quoi que l’on pense, quoi que l’on fasse, quoi que l’on ressente de peine, de joie ou de douleur, il s’agit toujours de marcher pour avancer.
Et voilà où ses pas le menaient : devant Gilbert. L’autre homme avait trouvé une bouteille de vin, cela semblait suffire pour illuminer sa journée. En plus de la victoire, bien entendue…
Sans un mot, Roderich se plaça à côté de lui. Avec flegme il se prépara également à entendre un torrent d’insultes et autres insanités de la part de son frère, force de l’habitude. Et puis…

Les hommes ont installé des tables quelques rues plus loin si vous voulez, avec de quoi manger.

Lui, il n’avait pas faim. Ni faim, ni soif, les yeux ouverts et le cœur fermé. L’Autrichien se releva, soudain vieux de plusieurs siècles –n’était-ce pas le cas ?- et salua Gilbert d’un léger mouvement de tête.
Il avait bien trop d’images derrière les paupières pour faire une compagnie agréable, d’ailleurs depuis quand l’était-il, agréable ?

Charles-Louis, son glorieux général d’Essling, Marie-Louise archiduchesse d’Autriche, impératrice de France… Pourquoi penser à eux ? Pour ne pas penser à Ludwig peut-être, pour renier une victoire qui aurait du être sienne dès Austerlitz. Oui, dès Austerlitz…

Profitez de vos lauriers, vous les méritez…

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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Mer 15 Juin - 6:50

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Gilbert étouffa un juron. De tous les hommes alliés présents à Paris, il fallait que ce soit Roderich qui vienne le rejoindre ! Non, il n'allait définitivement pas fêter quoi que ce soit avec ce type. Ramenant prestement sa bouteille vers lui, il regardait du coin de l'oeil son meilleur ennemi s'installer à ses côtés. Pas par peur qu'il lui vole son bien, non, plus par envie de ne surtout pas se montrer avenant. Puis, après réflexion, il se demanda si Roderich avait seulement remarqué ce geste de recul.

Il tirait franchement une tête d'enterrement.

Il mentionna la possibilité d'un festin avec les soldats. Oui, ça donnait envie... Mais beaucoup moins que de rester avec l'Autrichien à lui chercher des crosses. La bonne camaraderie attendra.

Enquiquineur le Prussien ? Ha, si peu. Mais quitte à supporter la présence de l'aristo, autant le faire en rigolant. Et puis ça l'intriguait, cet air morne. Ça lui donnait envie de le secouer par les épaules et de lui hurler dessus. Ou de lui rire au nez et de le rabaisser encore plus.

Tentant.

L'homme se releva et lui adressa un signe de tête. Espérait-il vraiment que le prussien parte célébrer la victoire avec les autres ? Alors, il allait être déçu.

Ainsi, en guise de réponse, il s'installa un peu plus confortablement à même le sol, toujours aux côtés de Roderich. Il ingurgita une grande gorgée de vin supplémentaire, dévorant du regard la ville devant lui.

" Les festivités attendront... En ce qui me concerne, je vais profiter encore un peu du spectacle. "

- Et j'vais rester là à te regarder te noyer dans ta peine et éventuellement t'appuyer sur la tête quand tu seras prêt à atteindre le fond – aurait-il pu ajouter, un gros sourire aux lèvres.

" Profitez de vos lauriers, vous les méritez... "


Il laissa échapper un ricanement. Les lauriers ? Ho, ça oui il s'en délectait même. Mais Roderich s'adressait-il à lui seulement ? Gilbert n'en était même pas totalement sûr, vu le regard lointain qu'il arborait. Et curieusement, cela l'irritait. Bien sûr, il connaissait la haine de l'Autriche envers la France, ainsi que ses raisons. Il portait une haine semblable en lui. Napoléon avait signé la mise à mort du Saint-Empire Romain après tout, détruisant par là même les ambitions d'une unité germanique. Il avait anéanti corps et âme ce frère qu'il chérissait, et ses rêves avec. Mais ni la Prusse, ni l'Autriche n'avaient plié. Et ils l'avaient vaincu. Ils avaient fait choir le tyran, se vengeant de Francis et de son petit chef !

Aucun défunt ressuscité, malheureusement, ni aucun chagrin disparu. La guerre et la revanche n'apportaient rien de tout cela, il le savait. Mais quelque part, un sentiment d'espoir grandissait en Gilbert. L'ivresse de la victoire peut-être ! Il voulait croire que tous les projets construis autour de Ludwig n'étaient pas complètement brisés. Et il avait prit le parti de se réjouir de cela, plutôt que de remuer les fantômes d'un passé révolu et d'un futur piétiné.

Et voyons, à quoi bon ennuyer un zombie ? Non, il se devait de secouer un minimum sa victime préférée.

Il lui tendit finalement le précieux alcool.

" Bois. Ça te bougera peut être, tu vas finir par déprimer tout le monde avec ta face de mort-vivant. Ça ne sert à rien de se vautrer dans le malheur quand on a vaincu. "

Pas de manières, ni de sympathie. Gilbert ne voulait plus se rappeler de cette période de deuil et de chagrin. Ils avaient triomphé. Il se concentrait sur cela, pour oublier le reste, peut-être. Désormais, Napoléon appartenait à l'Histoire. Et il voulait se convaincre qu'il avait le pouvoir de le réduire à une simple virgule dans le grand récit de sa vie. Il avancerai.

Et puis, ça allait changer Roderich du thé aussi !
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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Mar 21 Juin - 14:42

Il ne répondit rien à Gilbert, l’autre ne pouvant complètement comprendre son état d’esprit. Roderich refusa la bouteille encore une fois, se contentant de regarder droit devant lui pour attendre il ne savait quoi. Il ne prêtait pas plus d’attentions que cela à la Prusse à côté de lui, elle était tellement prévisible à vouloir l’embêter encore et toujours sans comprendre que certaines situations ne s’y prêtaient pas. Bah, il n’y avait pas grand-chose à attendre de cet homme, Roderich avait longtemps voulu garder espoir, non pas de s’en faire un ami –car l’on a toujours besoin d’ennemis-, mais de trouver en lui une personne de qualité. Aujourd’hui, cela ne semblait plus être le cas, la solitude était une de ces choses qui caractérisait depuis longtemps l’ancien maître de l’Europe caché derrière ses gloires et ses colères. Jamais d’amis ou de confidents, une croix différente de la Prusse même si le châtiment restait le même…

Oh et puis finalement pourquoi pas ? L’homme se ravisa et saisit la bouteille pour boire au goulot. La poussière accumule dans sa gorge disparut au contact du vin, ne restait désormais plus qu’un arrière goût amer et triste. Il rendit la bouteille à son frère, songeur devant cette étrange eucharistie partagée à deux alors qu’un empire tombait.

Danke

Et de nouveau les nuages noirs sur son front. Même Gilbert ne parvenait à le distraire de cela, ce siècle était-il donc si terrible ? L’homme parvint à sourire, même si cette mimique n’était pour personne en particulier. Leur rêve commun d’Etat Allemand, ils le reconstruiraient. Roderich n’en doutait pas, et bientôt de nouvelles batailles l’opposeront à la Prusse, mais tout ceci n’était-il pas en vain ?
Lorsqu’une nation se prend d’envie de réfléchir par elle-même c’est que oui, elle a besoin de boire pour oublier.

C’est étrange n’est-ce pas ? L’Histoire retiendra avec bien plus de bienveillance le nom de Napoléon, que celui d’illustres rois comme votre Fritz ou bien même mon impératrice, ma Marie Thérèse… En réalité, ceci est bien déprimant !

Il regarda son frère, songeur. Quel poids portait donc Gilbert face à la bataille d’Austerlitz, avait-il donc déjà oublié les suppliques de Roderich pour une aide militaire même infimes et ses propres refus ? Avait-il oublié que ses envies de neutralité avaient été l’une des nombreuses choses signant la mort du Saint Empire Germanique par un jour de décembre où jamais le soleil n’aurait eu à se lever ?
On disait l’Autrichien vil et sournois, hypocrite aussi beaucoup. La Prusse avait également beaucoup à se reprocher, mais elle personne ne l’accusait. Ainsi est le monde, les défauts des uns sont parfois bien plus visibles que ceux des autres alors que tous sont condamnables. Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens…

Finalement, l’Autrichien étira ses jambes, sentant la fatigue et les courbatures d’une trop grande nervosité, enfin commencer à le quitter. Au fond, il s’en fichait bien de ce qu’on pensait de Gilbert ou bien de lui-même. Peu importe que l’un ai le rôle du grand frère exemplaire blessé vengeant son cadet et que l’autre ne soit que le… rat, n’ayant même pas été capable de défendre un petit garçon sur le champ de bataille. Rat, bizarrement Roderich commençait aussi à se faire à ce surnom également. Il avait beau avoir la même taille que Gilbert, la même carrure même si le maintien différait là où l’un était strictement militaire lorsque l’autre possédait une noblesse calculée, on le voyait encore et toujours comme un maigrichon maladif.
L’Autrichien devait parfois se faire violence pour ne pas croire à cette définition de lui-même, au final il en résultait une passivité presque effrayante, le rendant extérieur à presque tout. Presque, car même un pays ne peut se montrer totalement inhumain. Il ne manquerait plus que cela…

Le ciel au dessus d’eux, la terre à leur pieds…

C’est idiot hein? Pour ce jour précis nous sommes les maîtres du monde…

Un sourire triste et amer….

Un regard pour un frère même s’il n’y a rien en retour….

Les maîtres…

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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Mar 5 Juil - 6:47

Gilbert observait l'Autrichien tandis que celui-ci vidait une bonne partie de la bouteille. Il se demandait encore par quel miracle ils avaient pu naître frères. Tout les opposaient, et pourtant, ils étaient là, tous les deux côte à côte, témoins – et acteurs – de la chute d'un tyran et de son Empire. Cette situation le sidérait.

Roderich, c'était un peu la personnification de cette petite voix mauvaise – et pourtant réaliste – qui lui rappelait ses erreurs, qu'il n'avait pas participé à la bataille d'Austerlitz, qu'il était en partie la cause de la chute de Ludwig... qu'il était toujours en deuil aussi. La voix de sa conscience en fait, ou ce qu'il en restait. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il ne pouvait pas s'empêcher de l'asticoter. Parce que l'Autrichien énervé, il valait mieux que l'Autrichien fermé et songeur, qui parfois avait l'air de l'accuser silencieusement. Dans ces moments là, lorsque Gilbert cherchait à fuir le passé, Roderich semblait le retenir par le bras et le forcer à examiner de plus près ses bêtises... Comme l'aurait fait un tuteur, ou un parent.

Il lui rendit le vin dans un "Danke" qui sonnait creux.

" C’est étrange n’est-ce pas ? L’Histoire retiendra avec bien plus de bienveillance le nom de Napoléon, que celui d’illustres rois comme votre Fritz ou bien même mon impératrice, ma Marie Thérèse… En réalité, ceci est bien déprimant ! "

Gilbert ne répondit pas. Oui, c'était une perspective déprimante, mais pas forcément une fatalité. La mémoire de Fritz, son roi, elle vivra éternellement, se disait-il. Pourvu que la Prusse perdure elle aussi. Tandis qu'il adressait cette prière silencieuse au ciel, il surprit le regard de Roderich sur lui. Qu'y lisait-il ? Un peu de rancoeur peut-être. Pour Austerlitz ? Sûrement. Pour tout le reste aussi. Gilbert se renfrogna un peu. C'est plutôt lui qui me déprime ! Songeait-il.

" C’est idiot hein ? Pour ce jour précis nous sommes les maîtres du monde… Les maîtres... "

Il ria, nerveusement. Il planta son regard dans celui de Roderich, un joli rictus aux lèvres.

" Et cette pensée te démoralise ? Vraiment ? " Il éclata de rire. Fort. Très fort. Non vraiment, il n'arrivait pas à comprendre Roderich.

" Tu t'enfermes dans des souvenirs déprimants... Tu es tellement mortifié d'avoir été vaincu auparavant que tu ne te rends même pas compte que maintenant, la France est à genoux, prête à embrasser tes orteils ! " Il se releva et, la tête haute, embrassa du regard la ville devant lui.

Oui, il le voyait, il le voyait très bien même : le voilà le premier pas vers la renaissance de Ludwig. Grisé par cette perspective, et peut-être encore un peu fébrile après le combat, il regardait de haut Roderich.

" Alors, tu te décides à te secouer, ou bien est-ce que je dois, avec tout mon respect, botter l'arrière train de monseigneur moi-même ? "

Ho oui, provoquer l'Autrichien lui manquait trop pour se retenir plus longtemps. Puis l'alcool lui montant doucement à la tête, sa nature narquoise n'en ressortait que plus. Et tant pis pour les bonnes manières !

" Quoique, j'oubliais que quand Elizaveta n'était pas là, tu n'étais plus que l'ombre d'un homme... " Il poussa un soupir qui sonnait terriblement faux. " Je conçois que ça ne doit pas toujours être facile de vivre avec une femme plus virile que soi... "

Et puis il souriait toujours, de toutes ses dents. Attaquer sur la Hongrie, ce n'était sûrement pas la façon la plus appropriée de dialoguer avec Roderich, mais cela distrayait beaucoup Gilbert. C'était facile, la plupart du temps efficace... Il fallait juste déplorer l'absence de la demoiselle. Sans elle c'était tout de même nettement moins drôle.
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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Jeu 28 Juil - 15:51

Depuis toujours, Roderich se demandait si Gilbert était né sans cerveau. Aujourd’hui encore, la réponse lui apparaissait comme positive…. L’homme se passa une main dans la nuque et fit craquer les os de son cou, histoire de s’étirer un peu. Avec les longues heures de marches jusque Paris, il en avait presque oublié la manière dont on devait se tenir une fois au repos pour que le corps ne souffre pas.
A son tour, l’Autrichien se releva, les muscles raides. Il regarda les rues de la ville, les fenêtres aux volets clos et les quelques arbres qui de temps en temps offraient leur ombre. C’était cela, la capitale de la France…

Il secoua la tête, un léger sourire aux lèvres. Inutile de dire à Gilbert que la défaite se cachait derrière chaque victoire, l’homme ne comprendrait pas un traître mot à cela. Roderich aurait bien aimé ne pas être son frère, ne pas sentir son ombre sur lui comme pour toujours l’accuser d’un trop plein de faiblesse ou autre, cela était trop invivable, trop…
Quel dommage, ici il n’y avait personne sur qui il pouvait poser sa main sur l’épaule et dire simplement : je suis fatigué, je ne suis pas bien, même si j’ai gagné… s’il te plait aide-moi ? Merci…

Non il ne pouvait pas, le gros défaut d’être sans-ami comme on dit. Cependant, cela ne l’obligeait pas à rendre la pareil aux autres, dans les points positifs. Le Prussien l’attaqua alors à propos d’Elizaveta, une manière comme une autre de noyer sa jalousie… Il haussa les épaules, indifférent aux piques et attaques. Qu’est-ce qu’il en avait à faire, hein ? Absolument rien…

Il l’avait toujours haï, il l’avait toujours jalousé mais jamais Roderich n’en avait été effrayé. On a pas peur d’un frère, vous savez ? Ou alors ce n’est plus un frère mais un traître et traître, Gilbert ne l’était pas. Du moins pas encore…

L’homme fit quelques pas, s’écartant de l’ennuyant prétentieux, et posa sa main contre la façade d’un mur. La pierre froide et rugueuse sembla comme s’hérisser sous sa peau : la peau d’un envahisseur. Evidemment… Paris n’était pas Vienne, la ville le repoussait. Il sourit encore plus, amusé, peut-être bien fou, et tellement triste à la fois. Oui Paris, supporte donc ma présence et ne te gêne pas pour haïr cela, c’est ce qui fait ma joie…

Il se retourna finalement vers Gilbert, le regard un peu plus las, se demandant quels mots employer pour que ce lourdaud le comprenne. Mais d’abord, qu’avait-il à lui dire ? Pleins de choses dans le fond, oui pleins de choses…

C’est bon, tu as fini tes gamineries ? Allez, va rejoindre tes soldats maintenant… Ce serait presque dommage qu’ils détruisent la ville parce qu’ils ont trop bu. Presque…

Tutoiement. Ils étaient frères, pas de ceux qui s’aiment et ceux connaissent, mais bien ceux qui s’aveuglent et se haïssent. Cela n’empêchait pas la promiscuité. A nouveau l’Autriche se tourna vers le mur, songeur. Les épaules un peu plus droite, la tête haute, pour un instant il ressembla presque à son père, lui qui en était tellement différent.

Voudras tu dîner avec moi, ce soir ? Dans un de ces luxueux salons parisiens… Peut-être pourras-tu également nous jouer un air de flûte après le repas ? Je sais que Fritz t’as appris… Et même Elizaveta s’accorde à dire que tu es un bon musicien.

Frère, on enterre la hache de guerre ? Rendons cette ville, ce pays tel un champ de ruine. Ludwig n’en sera que plus beau, plus grand et plus fort, tu le sais…
N’est-ce pas ?

Et puis, pour soigner encore un peu son cœur, l’Autrichien se rapprocha du Prussien. Il reprit la bouteille et but à nouveau quelques gorgées. L’alcool ne lui brûla pas la gorge, le vin étant trop délicat pour ça, mais une once de chaleur sembla s’installer en lui. C’était tout ce qu’il voulait : de la chaleur factice pour un cœur inhumain, incapable de battre et gelé, tellement gelé en ces jours sombres de victoires éclatantes.
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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Lun 5 Sep - 18:48

Spoiler:
 

Roderich s'était finalement relevé tout seul, l'air las. Il ne surenchérissait pas aux pics de l'albinos, comme d'habitude, mais il avait l'air agacé, et c'était suffisant pour contenter le Prussien.

Brusquement, l'Autrichien s'était rapproché de lui et l'avait invité à se joindre à lui pour un dîner. La proposition ne manqua pas de le surprendre, mais après tout, pourquoi pas. Gilbert n'avait pas encore eu vraiment l'occasion de déguster un bon repas dans un palace Parisien, se contentant de petits bistrots et des caves à vin visitées sur leur passage. Il fut en revanche franchement étonné de la seconde proposition de Roderich. Il voulait l'écouter jouer de la flûte, lui ? Voilà bien la première fois que son frère semblait porter un quelconque intérêt aux passes temps de Gilbert. Une tentative pour se rapprocher de lui, peut-être ?

Qu'importe, ça ne le dérangeait pas vraiment, et cela faisait un bon moment qu'il n'avait pas eu l'occasion de pratiquer le bel art de la flûte qu'il avait appris sous la tutelle de ce cher Fritz.

Il acquiesça tandis que Roderich buvait à nouveau – c'est qu'il allait finir par se siffler la bouteille à lui tout seul, le fourbe ! Préférant lui laisser le reste de vin – il lui fallait au moins ça pour le détendre un petit peu – il s'éloigna un peu de son compagnon. Oui, rejoindre les soldats n'était pas une si mauvaise idée, songeait-il en entendant des éclats de voix dans les rues à proximité.

" Je vais les rejoindre, oui. Toi aussi, tu ferais mieux de retrouver les tiens. Les Prussiens ne sont pas les seuls à risquer de faire flamber la ville ! " Lança-t-il dans un ultime sourire goguenard avant de poursuivre sa route en sifflotant.

- - - - - - - - -

Le soldat Autrichien s'était présenté à lui plus tôt dans la soirée alors qu'il était attablé au milieu de Prussiens, écoutant d'une oreille distraite leurs discussions, une choppe à la main. Il l'avait conduit devant une imposante enseigne Parisienne, en plein dans les Champs-Elysées. La soirée était déjà entamée et entre chien et loup, il discernait mal les motifs qui décoraient la devanture, mais il sentait encore l'influence Napoléonienne qui régnait tout le long de l'avenue... Mais soit, il ferait abstraction. Et il devait reconnaître que l'endroit était beau.

Sans plus de cérémonie, il entra dans l'édifice, claquant des talons sur le carrelage de l'entrée. Des serveurs Parisiens, impeccablement habillé le conduisirent jusqu'à la salle réservée par l'Autrichien, au centre de laquelle trônait une simple table ronde, recouverte d'une nappe blanche à laquelle Roderich l'attendait.

Gilbert s'installa – plutôt bruyamment – à l'opposé de Roderich, posant précautionneusement à terre le mince bagage dans lequel il transportait sa flûte. Il observa la salle joliment décorée tout autour de lui et brusquement, il éclata de rire.

" Si Francis nous voyait, là, assis dans un de ses grands restaurants... "

Sans se soucier des convenances, il attrapa une tranche de pain dans laquelle il mordit à pleine dents. Pas de menu à table, le restaurant gastronomique ne devait proposer qu'une seule formule que les serveurs viendraient leur apporter en temps voulu.

Il se recula dans son siège et soupira, jouant avec l'argenterie du bout des doigts. Au fond, il pouvait se raconter ce qu'il voulait, rire de ce qu'il voulait, Ludwig lui manquait. C'est beau, la vengeance, et jamais il ne regretterait d'avoir ainsi maltraité Francis, mais ce n'est pas pour autant que le blondinet allait réapparaître d'un claquement de doigts. Le travail qui restait à accomplir était encore grand.

Obéissant à quelques besoins impérieux, il ouvrit son bagage, duquel il sortit la mince flûte traversière. Il était prévu qu'il attende la fin du repas, mais il était d'humeur. Il porta l'instrument noir à ses lèvres et entama un air laconique.

Celle-ci est pour toi mon frère- songeait-il, adressant une prière silencieuse pour Ludwig.

Puis cela semblait correspondre à l'humeur de Roderich, ainsi qu'à la sienne, en cette heure tardive.
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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Mer 12 Oct - 13:00

Le repas fut un délice, surtout après les rations de soldats qu’ils avaient tous du supporter pendant leur longue marche jusqu’à la France. La soirée semblait s’annoncer aussi belle que triste et bizarrement, Roderich n’en ressentit aucune gêne. Il croisa les mains alors que son frère commençait un air de flûte et regarda sans le voir, le décor du restaurant.
S’il laissait dériver son esprit assez longtemps, il pourrait presque imaginer Ludwig en leur compagnie. Arès tout la chaise un peu plus loin était à demie tournée vers eux et il serait aisé de se figurer un enfant assis dessus.
Un enfant remuant en ayant marre de toutes ces cérémonies et ne désirant qu’une chose : retourner jouer dehors. Mais dehors, c’était la nuit et l’Autrichien ne voulait lus jamais le laisser à l’obscurité.
Il soupira, simagrées et rêveries. Le voilà pire qu’une vieille femme….

Gilbert était bon musicien, peut-être devraient-ils essayer de jouer à deux, une fois ? Après tout ils avaient encore des siècles et des siècles pour s’étriper, cela pouvait parfois mériter quelques nuits de fraternité ?
Au dehors, un petit régiment de soldats passa, ils chantaient une chanson d’amour se finissant mal : une belle attendant son fiancée qui jamais ne reviendra de la guerre. A leur accent, Roderich les reconnu comme Autrichiens. Ainsi même ses hommes se montraient mélancoliques ? Ciel, voilà qui brisait encore plus le cœur…

Il est plaisant d’humilier Francis par notre simple présence, en votre compagnie. Ainsi contre toute attente nous pouvons parfois agir en frères ?

Eux, les conquérants, les soldats et les guerriers, eux les fils du fer et du sang, eux qui ne connaissaient que la violence et le silence.
Il ferma les yeux, laissant les notes de l’instrument le porter un peu plus loin encore dans quelques fantaisies amères. Il avait perdu l’habitude d’écouter, sacrifiant à l’action de jouer. Cela lui faisait du bien de, pour un temps, redevenir simple spectateur.
Un serveur apporta une bouteille de champagne, Roderich servit la coupe de son frère, puis la sienne. Gilbert serait certainement assoiffé après sa prestation ?
Il s’imagina boire le sang de Francis, non l’alcool. Et le champagne n’en fut qu’encore plus délicieux…
Une haine sourde bruissait en ses veines, l’Autrichien ne voulait pas l’éteindre. Il voulait garder en lui ce feu brpulant dans la pierre jusqu’à ce que toutes choses s’éteignent sous ses pas.
Il rêvait d’avenir, d’empire millénaire et d’enfant de nouveau capable de se relever. Brusquement, il éclata d’un rire froid, pareil à la lame d’une épée. Il vit un des serveurs reculer comme pour disparaître dans le mur et se réjouit de cela. Qu’ils les craignent donc, ils avaient bien raisons car eux, n’étaient désormais plus que des chiens sans colliers.

Regardez-nous, nous montrons à ces hyènes ce qu’est l’honneur…

Il y avait de la haine dans sa voix, celle d’un père endeuillé et d’un frère perdu.
Sa voix n’était pas justice, remords ou regrets. Sa voix était celle qui fut et qui sera, un fer brûlant n’attendant que de trouver des cœurs à transpercer et des vies à enlever. Voilà, la mélancolie s’effaçait enfin, accompagnée par la mélodie de Gilbert. Désormais ne restait que la colère et la violence. Et cela était bien assez…

Il souriait, rien ne pourrait lui enlever ce sourire car tel était son masque. L’homme commença à boire, Gilbert le rattraperait bien assez tôt sur ce terrain là.
Ils étaient les fils des batailles, la nuit et le monde leur appartenait.

Pour toujours…
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MessageSujet: Re: [6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |   Lun 16 Jan - 19:08

Les yeux mi-clos, l'Autrichien semblait apprécier la prestation de l'albinos. Rien d'étonnant à cela, même le pire des profanes en musique se devait de reconnaître que Gilbert jouait comme un Dieu.

Et ceci en toute modestie. Bien sûr.

" Il est plaisant d’humilier Francis par notre simple présence, en votre compagnie. Ainsi contre toute attente nous pouvons parfois agir en frères ? "

L'instrument aux lèvres toujours, le Prussien étouffa un rire, dissimulé par une fausse note. Dis-tu, en me vouvoyant et me parlant avec toute la prudence dont on peut faire preuve lors d'une discussion avec un fourbe. Soit. C'était légitime en fait. Mais il fallait admettre que, pour cette guerre au moins, il préférait savoir Roderich de son côté. Mais de là à le dire à voix haute, comme ça... Il y avait une limite !

L'air de rien, il observa l'Autrichien descendre une coupe de champagne. Leur sang Germanique leur accordait une bonne résistance à l'alcool, d'accord... Mais il y avait une limite ! Il eut la quasi certitude que la limite était atteinte lorsque Roderich éclata d'un rire dément. À moins qu'il ne soit devenu fou ? La deuxième option plaisait bien à Gilbert qui, imperturbable, continuait sa mélodie. Plus entrainante, cette fois. Il voulait finir son morceau.

Il s'arrêta enfin le temps de voir les serveurs intimidés par l'air fou de l'Autrichien. Il ne put s'empêcher de se demander si, lui aussi, dégageait une aura si sombre autour de lui.

" Regardez-nous, nous montrons à ces hyènes ce qu’est l’honneur…

... Avant d'entamer son énième verre de la journée. D'une part frustré de se laisser devancer en la matière, et ne sachant que répondre à ces paroles qu'il approuvait silencieusement, il savoura à son tour le champagne français. Pensif, il observa le fond pétillant de son verre.

" Voilà bien une des seules choses de bien qu'aura fait Francis. "

A peine l'eut-il fini qu'il hêla le serveur. Une seule bouteille n'allait pas être suffisante, et c'est avec circonspection que le pauvre homme vint lui apporter une seconde bouteille qu'il posa sur la table, avant de disparaître à nouveau. Il suivit du regard le français à l'allure plus si distinguée que ça, tremblant, qui fuyait presque en courant l'atmosphère lourde qui s'était installée autour de la table des Germaniques.

N'ayez pas peur, les agneaux. Les loups se sont déjà repus de la chair de Français. Si vous êtes sages, ils pourraient ne pas avoir envie d'un dessert. Il jeta un coup d'oeil à Roderich.... Quoique.

Alors il sourit. Il avait ce talent particulier de penser à des choses capables de le faire sourire, voir rire tout seul. Il regarda franchement son demi-frère.

" Décontracte-toi. Finis le champagne si ça te chante, mais tu effraies nos serveurs. " En effet. Il parvenait presque à les entendre trembler, dans leur hâte de les voir vider les lieux. Puis, il avait parlé en français, appuyant bien sur son accent allemand. Quoi de mieux après un bon repas que de traumatiser la pietaille Française ? Il sentit également Roderich se crisper. Parviendrait-il à le faire exploser ?

" Je sais qu'on est ici chez nous, mais ça ne serait pas commode de devoir se lever nous même pour aller en cuisine. "

Et ce fut son tour de rire. Un rire froid, sans joie. La guerre, les combats avaient été épuisants. L'alcool et le repas en telle compagnie achevait de le rendre hilare. Il n'était pas vraiment heureux, en plus. Juste épuisé.

C'était bien la première fois qu'il le sentait, le poids des siècles sur ses épaules.

Spoiler:
 
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[6 juillet 1815] Une alliance discordante | Autriche | Prusse |

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