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 Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]

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Gilbert / Prusse

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- [~Xème siècle] Leçon de vie au temps jadis - Germania

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MessageSujet: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Ven 10 Juin - 7:18

&

- Xème siècle environ -

Dis Vati ! Comment fait-on ?

Un grand soleil éclairait la plaine recouverte par endroit de forêts, disparates. Pas de goudron, d'usines ou de grandes villes : cette terre était encore jeune. Les oiseaux chantaient, une rivière glougloutait au loin tandis que le vent produisait un doux son dans le feuillage des hauts pins. Et tout le reste n'était que silence, calme et sérénité...

Ou presque.

Jusqu'au *BOUM* sonore qui fit fuir les charmants volatiles aux doux chants, les transformant en volées paniquées de piafs criards. Et au pied d'un arbre, une petite tâche blanche gigotait sur le tapis de feuilles sombre. L'enfant albinos, pas plus haut que trois pommes, se relevait douloureusement dans un concert de "Aïe aïe aïe". La buse du haut de son nid, cause de la chute du gamin, le regardait d'un air presque dubitatif.

Ce nid, cela faisait des jours que Gilbert le surveillait. Il était intrigué par les deux oeufs qu'il contenait et que sa mère avait un jour pointé du doigt en disant qu'ils étaient de l'espèce de ceux qu'on ne mangeait pas. Ces oiseaux avaient pour vocation à conquérir le ciel, pas finir dans une assiette. Depuis, chaque jour il revenait, afin de voir à quoi ressemblait la naissance d'un de ces seigneurs des cieux. Jusqu'à ce qu'enfin, un des deux oeufs avait éclo.

Il avait profité de l'absence des parents pour se hisser à hauteur du nid, sur la même branche, pour mieux les observer. Ainsi, il avait assisté ce matin là à la fracture de la coquille d'oeuf par un minuscule bec gris d'oisillon, puis au soulèvement de la partie supérieure, jusqu'à la sortie complète du petit animal.

Il avait trouvé ça décevant. Il avait esperé une apparence un peu plus digne de ce nom pour un oiseau ayant une telle réputation. Le petit être était déplumé, recouvert d'un duvet clair, translucide par endroit – qui laissait apercevoir une peau frippée et pâlotte – incapable d'ouvrir complètement ses yeux noirs. La pauvre chose piaillait misérablement, dans l'attente de nourriture, sans doute.

L'enfant la fixait de ses grands yeux pourpres, ignorant ses cris. Par quel miracle une telle créature pouvait se transformer en magnifiques oiseaux de proies, ceux qu'il aimait bien ? Peut-être l'oisillon était-il anormal ? Un peu comme lui, né blanc et avec un regard qui faisait parfois peur aux autres bambins.

Suivant sa logique d'enfant, il en vint à se poser d'autres questions, plus importantes : Et lui un jour, grandira-t-il ? Deviendra-t-il un guerrier lui aussi ? Aussi grand et puissant que ce père qu'il ne voyait quasiment jamais, mais dont tout le monde parlait avec tant d'admiration. Germania le guerrier, le conquérant, le père de tant d'enfants...

Tout à ses questions de plus en plus existentielles pour l'esprit d'un si jeune garçon, il ne vit pas fondre sur lui l'un des parents de la nichée, mécontent de trouver un intru si près de ses précieux petits. Gilbert entendit le cri de l'oiseau de proie, pas vraiment avenant pour tout dire, alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres et, dans un sursaut, il tomba de sa branche.

Nous en revenons donc au *BOUM* initial.

Gilbert se relevait donc doucement, pestant et se frottant le dos. Heureusement pour lui, le sol était mou sous l'arbre, avec l'accumulation des feuilles mortes. Un peu sonné, sa première pensée fut une prière pour qu'il n'y ai pas de témoins de cette chute maladroite : et oui, la fierté chez lui avait depuis toujours eu une place prépondérante.

Jugeant (un peu trop) rapidement qu'il était seul, l'albinos décida de laisser libre court à sa mauvaise humeur. Ramassant une petite pierre, il entreprit de viser la branche ou se trouvait le grand oiseau pour le faire fuir – Ha, le monde de l'enfance et sa cruauté naïve.

D'abord un premier jet. Il manqua complétement sa cible, qui le regardait maintenant avec une sorte d'avertissement dans le regard qui semblait dire "Tu me touches, je te bouffe". Puis la buse piaula, perché sur le bord du nid et entreprit de se lisser une aile.

Bien sûr, Gilbert prit ça pour une provocation.

De hargne, il ramassa une poignée de gravillons qu'il balança sur le pauvre animal. Pas un seul ne le frôla seulement. La pluie de cailloux s'écrasa un peu plus loin dans un bruit de feuilles, de branches brisés et de grognements. L'enfant, qui avait rassemblé d'autres munitions, se figea...

... Des grognements ?
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Hermann/Germania

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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Ven 24 Juin - 19:09

La forêt après la pluie. Cette puissante odeur d'humus qui étourdit vos narines, les mille feux des gouttes d'eau éclairées par les timides rayons du soleil qui perçait les nuages, les bruits des animaux qui sortent de leurs abris, et celle terre qui collait à vos pieds comme si elle voulait rester à jamais avec vous. Il aimait la forêt. Il s'y sentait chez lui, à son aise, libre. Il avait fui quelque heures le tumulte de la vie familiale pour se retrouver seul avec Mère Nature. Tout ce bruit, toute cette agitation produite par la horde de ses rejetons le vidait totalement de ses forces, plus qu'une journée à pourfendre du Romain, plus qu'une nuit passée dans les bras d'une de ses aimées. Alors il partait chasser. Se fondre dans la nature, être le prédateur, traquer, pister... Comme un concours avec l'animal, une lutte d'agilité, de réflexes, d'instincts, de vitesse. Parfois il gagnait. Parfois c'était l'animal. Mais toujours, il revenait revigoré par ce contact approfondi avec Mère Nature.


Alors il était là, contre un arbre, dissimulé par un buisson épais, guettant que le cerf dont il avait pisté les empreintes sur le sol humide se montre. Son arc était bandé, il n'attendait plus que le personnage principal de cette fresque, sa majesté le roi de la forêt, le cerf. Il avait entendu du bruit pendant quelques instants, un craquement sourd de branches. Peut-être était-ce lui ? Peut-être était-ce un autre gibier ? Un autre chasseur ? Un ennemi ? Dans tous les cas, son arme était prête au besoin. Ses muscles des bras étaient tirés de gardé l'arc bandé mais il avait l'habitude, ces petites douleurs, il les accueillait avec plaisir, presque, signe évident que son corps était plein de vie.


Les minutes s'égrenaient. Il vit un rapace s'envoler à travers les branchages puis revenir d'où il provenait en piaillant. Une buse ? Peut-être. Un instant passa, seulement interrompu par des bruissements de feuilles. Puis une pluie de petits cailloux s'abattit furieusement sur sa tête, ses bras, ses jambes. D'instinct, la flèche partit, se plantant dans le sol, peu devant ses pieds, tendit qu'il jetait son arc, se protégeant de la grêle de gravier d'une main en grognant de douleur, dégainant une dague de l'autre main, prêt à se jeter sur cet ennemi employant des techniques de fourbe pour tenter de le vaincre.


D'un bond, il franchit les mètres qui le séparait de son agresseur, lui tomba dessus, le bloquant d'un de ses avants-bras pour l'empêcher de se débattre, la dague dans l'autre main prêt à tuer. Mais il reconnut tout de suite la personne à qui il avait affaire.


- Toi...?!


Non, le ton n'avait rien à voir avec « ooooh mon cher enfant, que je suis ravi de te voir ici », je rassure tout de suite le lecteur. Non, si les prunelles du paternel avaient été des armes, le petit Gilbert serait décédé sur le champ. S'il ne décédait pas de frousse avant. Le grand blond se releva. Il avait définitivement perdu son cerf, tant pis. Cela faisait aussi parti du « jeu ».


- Allez. Debout.


Non. Il n'allait pas lui mettre de fessée pour lui avoir fait louper le repas du lendemain. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait mais... Si, en fait. Il alla ramasser son arc et ses flèches de l'autre côté du fourré, incitant son gamin à lui emboîter le pas. Peut-être pouvait-il profiter de ce moment pour enseigner des choses à son trublion de fils ?
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Ven 1 Juil - 15:27

Le colosse blond s'était jeté sur Gilbert, sans même lui laisser le temps d'appeler à l'aide. Muet de terreur, ce dernier en avait même eu peur d'ouvrir les yeux l'espace d'un instant, ne serait-ce que pour comprendre qui – ou quoi – l'avait attaqué. Comment avait-il pu être suffisamment aveugle pour ignorer la présence d'un ennemi si puissant dans les environs ? Ou plutôt, quel ennemi avait été suffisamment doué pour parvenir à tromper sa vigilance, alors qu'il connaissait si bien ces bois ? Lentement, il entrouvrit un oeil, puis le second, pour découvrir un visage familier à l'air au moins aussi étonné que le sien.

" Toi...? "

... LUI ? Horrifié, il dévisageait son assaillant. De tous les êtres vivants présent dans les environs, il avait fallu qu'il jette des cailloux sur son propre père. Ravalant sa salive, il s'attendait à recevoir la plus belle correction de sa vie, au vu du regard meurtrier de son paternel qui se relevait désormais.

Et bien non. Ou en tout cas, pas dans l'immédiat.

Visiblement dépité, il lui ordonna de se lever lui aussi. Il ramassa un arc et des flèches derrière le buisson d'où il avait surgit et lui fit signe de le suivre. Un arc.. Il devait l'avoir dérangé pendant sa partie de chasse... Ô malheur. Un moment immobile, le jeune albinos finit par se lever précipitamment – et maladroitement.

Il n'était jamais bon de faire attendre le guerrier germanique, spécialement quand on venait d'anéantir ses chances d'avoir un bon repas.

Ignorant les piaillements définitivement moqueurs de la buse et de sa niché, Gilbert suivi Hermann en pressant le pas. Il n'était pas encore vraiment rassuré et n'osa pas prendre la parole avant de l'avoir rejoint. Peut-être qu'il n'allait pas être puni s'il le suivait calmement et qu'il restait poli. Mais bon, comment savoir ce qu'il se passait dans la tête du colosse ? Ce père qui ne parlait presque jamais et qui disparaissait parfois, souvent pendant longtemps.

Mais quand même, même pas une réprimande... ça, ça l'intriguait.

" ... Vati ? T'es pas fâché ? "

Il avait une voix hésitante, naïve tandis qu'il braquait son regard enfantin droit sur le visage de son père, qu'il jugea finalement trop effrayant pour le fixer de la sorte. Détournant ses yeux pourpres, il préféra regarder les rangées d'arbres autour d'eux. C'était tout de même une vision plus rassurante. Mais l'ambiance elle-même était oppressante.

" Tu sais, pour les pierres, c'était pas toi que je visais. Alors faut pas m'en vouloir. "

Gilbert était encore trop apeuré pour seulement penser à formuler des excuses correctes. Pour l'instant, il souhaitait simplement que son père lui réponde, que ce soit pour le houspiller ou lui faire la morale, peu lui en importait. Face à cette austérité, il avait l'impression que tout, même lui – surtout lui – était trop bruyant pour Germania.

Ou alors, peut-être qu'il ne voulait tout bonnement plus lui parler ? Peut-être l'amenait-il dans un lieu plus propice pour une punition exemplaire ? Il passa rapidement en revue toutes les histoires qu'on lui avait racontées sur son père, le guerrier sans pitié...

Oui, Gilbert se faisait peur tout seul. Et pourtant, il ne rebroussait pas chemin. Il ravala sa salive. Quel que soit son sort, il assumerait ! Comme un homme!

Et de toutes façons, il n'avait pas vraiment le choix. Quelles chances avait-il de réussir à s'enfuir face à un adversaire pareil ?
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Dim 3 Juil - 11:15

Le gosse lui avait emboîté le pas, tremblant pire qu'une feuille en automne battue par le vent. Autant que cette frousse qui semblait lui ronger le ventre et le coeur lui serve de leçon. On n'est jamais mieux puni que par soi-même.

- ... Vati ? T'es pas fâché ?


Bien sûr que oui, il était fâché. Qui ne serait pas fâché d'avoir perdu bêtement et par la faute d'un sale morveux un magnifique cerf qu'il pistait depuis un temps, déjà ? Qui ne serait pas énervé de recevoir des volées de cailloux ? Mais ce n'est pas pour ça qu'il lui répondrait. Son gamin devait déjà se rendre compte que sa question était déjà une des plus stupides qu'il devait avoir posé dans sa vie.


Le grand germain continua son avancée dans les bois, écartant les ronces du passage de son fils, toujours dans le silence, silence qu'il faisait durer pour que son fils, par sa terreur et son imagination débordante, se punisse tout seul en se faisant peur. Faire peser une épée de Damoclès invisible sur la tête de son rejeton lui avait semblé la meilleure punition possible. Et une leçon qu'il pouvait lui enseigner : ne pas écouter la peur qui nous enserre les entrailles, même quand le danger nous semble trop grand pour notre bravoure. Rien ne doit être plus grand que la bravoure d'un Germain.


- Tu sais, pour les pierres, c'était pas toi que je visais. Alors faut pas m'en vouloir.


A nouveau le silence pour seule réponse, alors qu'ils s'enfonçaient plus profondément dans la forêt. Certes, ils s'approchaient des marais où les hommes sacrifiaient lors de certaines cérémonies des humains en les noyant dedans. Mais ce n'était pas l'objet de la visite. En fait, il se baladait, sans aucune idée d'où aller, laissant les Dieux et le hasard guider ses pas. Au bout d'un certain temps, le père se décida de répondre à son fils.


- La seule chose que je blâme, Fils, ait que tu aies manqué ta cible. En combat tu n'auras pas le droit à l'erreur.


Leurs pas les menèrent à un petit ruisseau qui coulait au milieu de la forêt. Exactement ce qu'il fallait pour étancher sa soif. Le Germain s'accroupit, pris un peu d'eau claire entre ses mains et la but. Avant de scruter dans la terre humide du bord s'il n'y avait pas quelques empreintes. Vieux réflexe de chasseur. Mais non. A cet endroit, aucun animal était venu s'abreuver récemment. Tant pis. Il se retourna vers le garçonnet qui le regardait toujours avec une crainte non dissimulée.

- Tu dois devenir une grande nation. Puissante. Ne me déçois pas... Fils.


Ce n'était pas avec une attitude désinvolte, en étant impulsif et indiscipliné qu'on arrivait à quelque chose. Lui même l'avait appris à ses dépends, quand il eut à affronter des adversaires de valeur, comme Rome... Même si ça lui faisait toujours mal au coeur de se l'avouer, Rome valait la peine d'être combattu, et même s'il avait des moeurs totalement dépravées, au combat, c'était une vraie machine de guerre. Et il aimait ce genre d'adversaire face auquel il risquait autant de perdre que de gagner.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Mar 5 Juil - 7:25

Machinalement, il avait commencé à envisager diverses cachettes où il aurait pu fuir et se cacher, le temps que la colère paternelle tombe, quand – Miracle ! – Germania ouvrit la bouche. Enfin !

" La seule chose que je blâme, Fils, ait que tu aies manqué ta cible. En combat tu n'auras pas le droit à l'erreur. "

C'est comme si on avait enlevé un poids de plusieurs kilos des épaules du gamin. Certes... C'était très clairement une critique, mais sans aucune punition en perspective !

Un petit sourire soulagé s'épanouissait sur les lèvres de l'enfant. Même si bon, il avait toujours un peu peur... un peu trop même pour parler normalement.

Ils étaient arrivés à un ruisseau et le germain s'était arrêté. L'enfant en profita pour reprendre son souffle – Germania marchait vite et avait de grandes jambes. Du coin de l'oeil, il observait son père. Il était toujours aux aguets, il buvait en regardant autour de lui. Espérait-il encore attraper son gibier ? Gilbert trépignait intérieurement, il aurait peut-être la chance d'assister à une chasse, une vraie. Imitant le guerrier, il s'accroupit et prit un peu d'eau entre ses mains, qu'il absorba en tâchant de ne pas en renverser sur lui.

Puis il attendit que son père ait terminé. Il détailla Germania du regard. Il était le guerrier par excellence. Tout son être respirait la puissance et la concentration. Pas étonnant qu'il soit si intimidant.

Il réalisa soudain que son père s'était tourné vers lui et l'observait à son tour. Que voyait-il en lui ? Le pauvre gamin chétif, même pas fichu d'assommer une buse immobile sur sa branche.

" Tu dois devenir une grande nation. Puissante. Ne me déçois pas... Fils. "

Les yeux du garçonnet s'agrandirent de surprise, puis un énorme sourire apparu sur son visage blanc. Son père croyait donc en lui ! Il ramassa une branche morte et se releva. Il battait maintenant l'air, bravant quelque ennemi invisible – et pourtant monstrueusement féroce !

" Oui ! Une grande puissance, comme toi, Vati ! "

Il esquiva un coup invisible.

" Moi aussi je serais un conquérant ! Le plus grand ! "

Ha ! Feinte !

" Et mes ennemis trembleront quand ils entendront mon nom ! "

Il rigola, des étoiles dans les yeux. Continuant de frapper dans le vide, il poursuivit.

" Puis tu sais, d'habitude, les oiseaux, je ne les manque jamais ! C'est juste que là, la buse elle était vraiment perchée haut ! Et pourtant, je suis sûr de l'avoir effleuré, une ou deux fois ! Même que Muti, elle me demande parfois de ramener quelques oiseaux pour le déjeuner ! Et j'ai même commencé à apprendre à Hlodwig à viser ! Bon, il est encore tout petit alors il ne lance pas loin... "

Et il gesticulait toujours. Et ce qui devait arriver arriva : il glissa sur la terre humide et se retrouva par terre, pour la seconde fois de la journée. Rouge comme une pivoine, il se releva rapidement, abandonna son "arme" tout en évitant de croiser le regard de son père. Puis, l'air de rien, comme s'il ne s'était rien passé – comme seuls les enfants savent le faire – il s'adressa une fois de plus à Germania.

" Hlodwig... C'est un bon petit frère, mais dis, comment t'as fait pour l'offrir à Muti ? Tu l'as trouvé où ? Tu l'as gagné après une guerre ? " Demanda-t-il, d'une jolie petite voix naïve. " Je lui ai demandé, comment elle l'avait eu... Elle m'a dit que c'était toi qui le lui avait donné, et que tu saurais mieux m'expliquer qu'elle. "

Les grands yeux innocents, la tête penchée sur le côté, Gilbert regardait maintenant la figure paternelle qui était, en cet instant, franchement très drôle à voir.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Lun 1 Aoû - 8:35

Ce qu'il était bavard ce morveux. Pour sûr, ça, il le tenait de sa mère. Et comme cette façon de gesticuler partout. Est-ce qu'enfant il s'agitait comme ça en tous sens ? Est-ce que ses autres fils étaient aussi turbulents que celui-ci...? Non. Enfin, pas tous. Pas spécialement autant. Et ce qui devait arriver arriva : le mioche sa vautra lamentablement dans la boue.
Et qui se ferait sermonner pour avoir emmené le gosse dans des endroits salissants, hein ? J'vous le donne en mille... C'est bibiiii.


...



Jusqu'à ce que le petit Geilbert prononce la question-que-l'on-ne-doit-pas-poser. Puissant Wodan, qu'avait-il fait pour que cette question lui soit posée ? Certes d'habitude, il renvoyait les gosses quérir une explication auprès de leur mère mais là, sa chère moitié avait renvoyé la balle dans son camp.

Il en discuterait avec elle ce soir.


Non mais comment expliquer une chose si... si... telle que le miracle de la vie à un gamin haut comme trois pommes !? Les corps à corps entre hommes et femmes et les dons de Frigg sont des choses qu'un gosse de son âge ne peut pas encore comprendre... Qu'il revienne lui poser la question dans l'équivalent de quinze années humaines de croissance pour lui ! Là, il pourrait brièvement expliquer plus concrètement le fonctionnement des choses et lui montrer des potentielles futures épouses à qui donner descendance !



Non mais pourquoi, pourquoi cette question ? A cet âge, son fils savait très bien que les fleurs et les choux, les abeilles et les cigognes, c'est du flan. Et il n'allait pas non plus lui sortir qu'il avait culbuté sa mère dans les buissons, un coup qu'ils gardaient leur troupeau. Mais comment trouver le juste milieu, sans verser dans la mièvrerie stupide des bonnes-femmes ?


- C'est pas le moment de parler de ça. Tu redemanderas à ta mère. On va aller chasser.


Le grand blond tourna vite le dos à sa progéniture et avança à grands pas dans les bois.

Comment ça, le grand guerrier Germania fuyait le problème ? Mais non, pas du tout, qu'allez-vous croire, encore !?


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Mer 10 Aoû - 21:09

Gilbert avait été un peu déçu par l'esquive évidente de son père sur la question... Était-ce un si grand secret que ça, la venue de Hlodwig ? Ou alors il pensait que c'était trop compliqué pour le petit albinos ! Il le prenait pour un simplet ou quoi ? Ha ! Il lui montrerait de quoi il était capable, puis il lui redemanderait ! Il saurait se montrer digne de son père !

Motivé par ce petit discours mental, il suivit avec entrain Hermann qui lui offrait maintenant la possibilité de le suivre pour une chasse !

Le rêve ! Enfin une occasion de recevoir des leçons d'un des plus grands guerriers – et chasseur – qui soit !

Et aussi l'unique occasion de lui prouver sa valeur, de lui montrer qu'il n'était pas qu'un petit garçon turbulent, inutile, mais qu'il était un – presque – jeune homme ! Un futur guerrier, un conquérant en puissance en qui Germania pouvait d'ores et déjà placer toute sa confiance !

Pour commencer, il se mit à devancer son père. Il voulait être le guide du grand blond, pour aujourd'hui au moins, sur ces sentiers qu'il connaissait si bien.

" C'est bon Vati, suis-moi ! Je sais où il faut aller, je connais l'endroit comme personne ! " dit-il, empli d'orgueil, avant de s'élancer sur un petit sentier forestier dissimulé dans les brousses.

Il observait du coin de l’œil son père à l’œuvre et imitait chacun de ses faits et gestes, puis il finit par se prendre au jeu. Il agissait comme un chasseur, tendant l'oreille au moindre bruit, se déplaçant le plus silencieusement possible – sans compter bien sûr cette fichue branche qui cassa sous son pied, ou encore cette pierre qui avait faillit le refaire tomber...

A chaque faute, il rougissait en sentant le regard sévère de Germania dans son dos. Se mordant l'intérieur de la joue, il se maudissait intérieurement pour ces maladresses. Mais pas question de retourner derrière son père, comme un gosse ! Il savait dans quelles zones de la forêts les cerfs et sangliers aimaient venir se reposer, s'abreuver ou manger. Il allait en pister un ! Bien sûr, il savait mieux s'y prendre avec les oiseaux... Mais pas question de s'en contenter, cela n'allait pas être suffisant pour impressionner le grand Germain.

Alors qu'il marchait, tâchant de se faire le plus petit possible – ou en tout cas le moins gênant – il fut intrigué par un son provenant d'un fossé sur le côté du chemin. Son que, bien sûr, le germanique avait entendu avant lui. Préférant rester derrière son père – pas par peur voyons ! Qu'allez-vous imaginer là ? – il s'approcha de la source du bruit... Une sorte de râle étrange.

Au fond du trou gisait un cerf de bonne taille, agonisant, une plaie béante sur son côté. Sans doute l’œuvre d'un chasseur amateur qui n'a pas su achever sa proie d'un seul coup... Le cerf avait dû courir longtemps avant de tomber ici, sur la route d'un chasseur plus chevronné et de son fils.

Gilbert écarquilla les yeux. Il avait déjà vu des grosses bestioles mortes, mais agonisantes, comme ça, baignant dans tout ce sang, jamais ! La mort, il ne l'avait expérimenté que sur des oiseaux, et encore ! Quand il réussissait à les assommer, la plupart du temps, c'était sa mère, ou un autre adulte, qui les achevait ! Mais là encore, les oiseaux ne bougeaient plus.

Là, il pouvait lire dans le regard du cerf la douleur, la fatigue, la détresse... Il se doutait bien qu'il allait être de leur devoir de l'achever, et pourtant, il y répugnait... Il leva les yeux et interrogea son père du regard.

" Qu'est-ce qu'on en fait...? "

Une question muette à laquelle il connaissait pourtant bien la réponse.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Jeu 11 Aoû - 9:00

Bon, le gosse n'avait pas eu l'air de lui tenir rigueur d'avoir éludé la question. Tant mieux. Et depuis qu'il avait prononcé le mot magique « chasse », le petit n'y pensait déjà même plus. Brillante idée dont il se félicitait. Même si avec un trublion pareil, impossible de se faire discret. Son fils pourrait même se faire remarquer par tout le monde dans un amphithéâtre de Rome bondé, pour dire... Enfin. Tant qu'il ne reposait plus ce genre de questions...


Le grand blond s'amusait à suivre le gamin dans son simulacre de traque. Il faudrait d'ailleurs sérieusement qu'il lui apprenne à chasser. Toute une vie passée à chasser prépare fort bien à la guerre. La pratique de la chasse enseigne le courage, le camouflage et l'absence de pitié au moment de tuer. Les talents d'un chasseur lui sont aussi utiles face à des ennemis qu’à du gibier. La chasse est un exercice sain pour l'homme lorsqu'il n'est pas à la guerre. Son fils devrait s'y mettre ! Cela lui enseignerait les fondements de la guerre : être discret et patient -choses qu'il faut qu'il apprenne au plus vite, selon le grand blond-, savoir manier correctement une arme, et être capable de tuer sans arrière-pensée.


Ses pensées sur les bienfaits de la chasse sur l'éducation des jeunes garçons furent interrompus par un cri rauque. Le cri d'une bête blessée. Le blond se figea, aux aguets, cherchant des oreilles l'origine exact du son. Avec son fils, ils de dirigèrent précautionneusement vers l'origine des râles de douleur. Légèrement en contrebas, gisait un cerf blessé. Il avait laissé du sang ça et là dans sa course. Il avait une vilaine plaie à l'abdomen, sans doute causée par une meute de chien ou de loups auquel il avait réchappé. Si c'était le cas, ils ne tarderaient pas, ces bêtes là savent pister le sang. Un détail attira l'attention du grand Germain. N'était-ce pas la pointe d'une flèche cassée dans son épaule ? Ce spectacle serait-il l'oeuvre d'un chasseur s'étant fait avoir par le seigneur de la forêt ?
Car c'était un beau mâle adulte qui gisait là, aux bois imposants. Il devait bien peser 150 kg.


Une petite main agrippa la tunique paternelle. Des grands yeux carmins se mirent à le fixer avec crainte. Son fils avait-il peur du spectacle, du sang ? La taille du cerf et ses râles impressionnaient-ils le garçonnet ? Une grosse main s'abattit doucement sur le petit crâne, rassurante.


- Il ne faut pas le laisser souffrir. C'est indigne. Regarde fils. Je vais te montrer.


Le blond sortit la dague qu'il portait à la ceinture, s'approcha de la bête qui, morte de peur, tentait en vain de se lever pour fuir. Le Germain enjamba la bête afin de lui maintenir la ramure vers le bas et lui planta d'un coup vif la dague dans le creux à l'arrière du crâne. D'un mouvement de poignet, il fit faire trois quarts de tour à la lame. Deux secondes après à peine, le cerf était mort. Mais c'était bien beau d'achever un cerf, il fallait maintenant honorer sa dépouille, comme l'on honore celles des fiers guerriers tombés au combat.


- Fils. Va me chercher deux petites branches d'arbre, bien feuillues. Les plus belles que tu trouves.


Une fois que le gamin eut ramené ce qu'il avait demandé, son père les prit et en trempa la base d'une dans le sang de l'animal avant de la glisser derrière l'oreille de son fils. La seconde, il la mit dans la bouche du cerf, avant de s'incliner longuement devant la dépouille de l'animal, rendant ainsi hommage au seigneur de la forêt et le remerciant de s'être faite nourriture pour lui et sa famille.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Lun 5 Sep - 18:57

Gilbert avait assisté, stoïque, à la mise à mort de la grande créature. L'envie de fuir ne manquait pas, mais cela, jamais – Ô grand jamais – le grand germanique ne l'aurait accepté. Comme il se voulait le digne fils de son père, il regardait de tout son être les derniers instants du cerf, sa vie adroitement enlevée de la main de Germania. La mort d'un être de cette envergure avait quelque chose de vraiment impressionnant, et sitôt fini, c'est comme s'il n'avait jamais existé. Alors qu'il fixait la masse de chair morte étendue plus loin aux pieds de son père, il mit un certain temps à réaliser que celui-ci lui avait demandé de chercher quelque chose.

Ah oui, du bois.

Comme s'il venait de se réveiller en sursaut, il se précipita sur un arbuste, le plus proche, et pesa de tout son poids sur deux branches touffues, tel que le lui avait demandé Germania. Une fois arrachées, sans un mot, il les tendit à son père. Les questions attendront, à voir l'air solennel du blond, il n'osait pas souffler le moindre mot.

Néanmoins, il ouvrit de grands yeux étonnés lorsqu'il le vit tremper l'une des branches dans le sang de l'animal et un frisson parcouru son dos lorsqu'il l'appliqua derrière l'oreille de Gilbert. La seconde, après avoir subi le même traitement, fut posée à même le sol, dans la bouche de l'animal.

Brusquement, Germania s'agenouilla devant la dépouille. Comprenant qu'il s'agissait là d'un rite important, la toute jeune nation fit de même. Les genoux à terre, il baissait également la tête tout en surveillant son père d'un œil. Il ne se releva – lentement – qu'après son père. Le sang commençait à sécher derrière son oreille, ça le gênait mais il n'osait pas l'enlever, de peur de contrarier le Germain.

Arrivé à sa hauteur, le petit homme braqua son regard sur le visage paternel qui fixait toujours le cerf.

" Qu'est ce qu'on fait maintenant ? "

Un frisson parcouru toute sa colonne vertébrale tandis qu'Hermann ressortait son couteau, s'accroupissant à hauteur du ventre du seigneur déchu. Gilbert s'approcha, bien décidé à apporter son aide, si petite fut-elle. Il obéissait à ses ordres, tout en combattant les haut-le-cœur qui le prenait à la vue – et à l'odeur ! – de la tripaille animale. Il aurait pu aller à l'écart, laissant le Germain accomplir son œuvre, mais n'était-ce pas là une partie de son apprentissage qu'il faisait ? D’ailleurs, plus le temps passait, moins cela le dégoûtait. Et puis, les leçons données par son père en personne étaient si rare... pas question d'en manquer une, même si celle-ci s'avère être vraiment salissante, songeait-il, en regardant ses pieds tâchés de sang.

" … Mutti va vraiment – Vraiment ! – être verte de rage quand elle va voir dans quel état je me suis mis... " Murmura-t-il, piteux.

Il se ressaisi tandis qu'il sentait le regard de son père sur lui. Un guerrier n'a pas peur de ce que peut bien penser sa mère sur son état vestimentaire !

Même si elle risquait de le gronder vraiment très très fort... La voie du guerrier avait un prix.

Bha, qu'à cela ne tienne. Ce ne serait pas la première – et sûrement pas la dernière – chauffe qu'il se prendrait de la part de sa mère, et c'est donc avec plus d’intérêt que jamais qu'il suivit son paternel.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Dim 25 Sep - 8:56

Le grand Germain avait commencé à éviscérer le défunt roi de la forêt. Habituellement, il pendait à un arbre ses prises de chasses mais là, il ne s'agissait pas d'un chevreuil, d'un lièvre ou d'un jeune sanglier mais d'un cerf adulte qui pesait plus que lui et le gamins réunis. Alors autant faire ça sur le sol même si ce n'était pas le plus aisé. L'odeur du sang chaud et de la tripaille semblait incommoder le gamin mais autant qu'il s'habitue à l'odeur : elle lui sera familière quand il chassera pour sa famille plus tard, ou quand il sera sur un champ de bataille.


- Apporte moi la gibecière et ouvre la grand.


Il venait de couper les abats pour les ramener à la maison. Ces parties étaient très nobles, il était important de ne pas les abîmer et de les ramener intactes. Quand le petit bonhomme arriva avec la besace, il y déposa le coeur, les poumons, le foie et les reins de l'animal maculés de sang, au point que le sang suintait de l'osier dont la gibecière était faite. Il acheva d'éviscérer l'animal, laissant toute la tripailles aux animaux de la forêt et le sang abreuver la terre.


… Mutti va vraiment – Vraiment ! – être verte de rage quand elle va voir dans quel état je me suis mis... 


Déliant un des nombreux morceaux de corde qu'il gardait autour de sa taille -toujours avoir de la corde avec soi, Fils, on en a toujours besoin-, il regarda le petit bonhomme donc la tunique était presque qu'aussi rouge que ses yeux avec un air qui pouvait sembler vide et blasé au premier abord, mais qui était profondément navré de la part de l'adulte. Navré de voir que son fils, qui était admis dans le cercle des hommes pour son éducation, pense encore à ce que sa mère pouvait dire sur son état vestimentaire. Quel piètre soldat ferait-il s'il avait peur du sang et des salissures !
Pour avoir osé proféré cette réflexion bien peu virile, le Germain administra une petite taloche à l'arrière du crâne de son rejeton.


- Fils, tu es un homme ou quoi ? Ne te comporte pas comme ces débauchés de Romains et de Celtes ! Ne me fais pas honte ! Compris ?


Reprenant ce qu'il était en train de faire, le blond fit un trou dans chaque patte de l'animal, derrière le tendon, et y passa sa corde, réunissant les quatre membres du cerf afin de le rendre plus aisé à transporter. Certes, vidé, il était beaucoup moins lourd mais pesait encore le poids d'un homme adulte. Mais cela restait portable sur ses épaules si le poids était bien réparti. Au pire, si le cerf s'avérait bien plus lourd que prévu, le blond pourrait le trainer dans un grossier brancard faits de branchages mais on en était pas encore là. Il confia la lourde gibecière sanguinolente, remplie des abats, à Gilbert. Cela serait sa mission de rapporter saines et suaves ces pièces nobles à la maison. Même si c'était lourd, poisseux, odorant. Cela fait aussi partie de l'apprentissage des arts virils.


- Retournons à la rivière.


Emmenant son rejeton, ils revinrent tous deux à la petite rivière qu'ils avaient quitté quelques heures à peine. Ce n'était qu'un petit torrent large de deux mètres, profond jusqu'au genoux du blond, sans véritable courant, qui traversait la forêt avec quelques gués de pierre afin de le traverser et où des poissons nageaient dans l'eau claire. Le jour déclinait déjà et ils ne seraient pas rentrés avant la nuit. Autant se purifier alors à ce ruisseau, sacrifier à Nerthus la nourricière, attraper du poisson, faire un feu, manger ensemble les provisions de route que le blond emportait toujours avec lui et dormir en attendant le lendemain pour rentrer. Une vie saine de chasse, de vie au grand air et en compagnie de la chair de sa chair.


Mais tout d'abord, se purifier du sang de l'animal versé. Autant la chasse était une activité noble, saine, valorisante et naturelle, autant rester couvert de sang était une souillure. Il fallait se laver. Certes, s'ils ne rentraient pas, les vêtements resteraient tâchés et sécheraient pendus à un buisson le temps que les deux garçons se lavent dans la rivière, remercient la déesse de l'abondance et de la nature, et attrapent un peu de poisson pour le repas.
Et puis l'air sec et l'eau froide sur la peau nue, c'était excellent pour la circulation et la fortification du corps. Encore une chose bonne pour que son fils devienne un homme.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Sam 8 Oct - 20:00

La taloche que Gilbert reçu derrière la tête l'humilia profondément. Il ne s'était pas attendu à ce que son père entende cette remarque si infantile qui lui avait échappé. Carrant les épaules, il ne répondit rien et continua d'observer. Comment diable allait-il prouver sa valeur s'il n'arrêtait pas de gaffer de la sorte ?! Aussi, quand le grand Germain lui confia la gibecière, il la traita avec autant de déférence que s'il lui avait demandé de garder son plus cher trésor.

Alors qu'ils marchaient en direction de la rivière, il sentait le sang s'écouler de son lourd fardeau pour mieux s'étaler sur sa tunique. Et c'est donc le dos et les épaules aussi rouges que ses pupilles qu'il parvint enfin aux abords du cours d'eau. Essoufflé, il posa précautionneusement la sacoche à terre, étira ses bras au-dessus de la tête - vaine tentative de chasser la douleur qui irradiait le long de sa colonne vertébrale. Toutefois, il se garda bien de se plaindre : le cerf que Germania déposait à son tour sur le sol devait peser bien plus lourd. Et cela ne semblait pas déranger pour autant le grand blond.

La journée était déjà bien avancée, et Gilbert savait pertinemment qu'ils ne rentreraient pas avant le lendemain. Aussi il était clair qu'il valait mieux pour eux-deux de rester sur place pour la nuit. La proximité de la rivière leur fournirait de quoi boire, manger et dormir dans un semblant de propreté.

Il se dévêtit en même temps qu'Hermann, étendit rapidement sa tunique à la branche d'un buisson et courut jusqu'à la rivière. Dans un magnifique cris de guerre, il plongea tête la première dans l'eau fraîche, et la ressortit à temps pour voir son paternel arriver, plus calmement.

Là où Gilbert avait de l'eau jusqu'au ventre, Germania n'en était qu'aux genoux. Simple constatation, mais cela lui semblait quand même sacrément injuste ! Fort heureusement, le géant s'abaissait maintenant, presque à hauteur du gamin – le décomplexant sans le savoir.

Tandis que le jeune albinos se frottait les cheveux, les débarrassant ainsi du sang et de la poussière, il détaillait du regard le blond qui, tout à ses ablution, ne semblait pas le remarquer.

Certes, il avait déjà eu l'occasion de se baigner avec d'autres hommes, mais son père... C'était différent, comme un aperçu de ce qu'il pouvait devenir un jour. Puis, à la différence des autres adultes qu'il avait pu côtoyer, Germania portait sur lui les stigmates de nombreuses batailles - la mémoire de ses triomphes passés, gravées dans sa chair. Les cheveux rejeté sur son épaule, le dos de Germania était totalement exposé. A la lumière déclinante du jour, Gilbert pouvait apercevoir les traces de multiples blessures anciennes, ainsi que d'autres plus récentes, voir tout juste cicatrisées.

Se rapprochant de son paternel, Gilbert toisait son dos ainsi marqué, suivant du regard une longue estafilade qui courait le long de son omoplate.

" Les cicatrices.... Tu les as eu en combattant Rome ? "

Question, encore, mais il aimait bien entendre les histoires guerrières.... En entendre de la bouche même de Germania, c'était rare, et rendait tout cela beaucoup plus réaliste. Maintenant que l'occasion se présentait, il comptait bien en profiter !

Il écoutait attentivement, et tandis que son père parlait, il nota la présence de beaucoup d'autres cicatrices sur son torse et ses bras. Elles étaient d'autant plus visibles qu'Hermann n'était pas du tout velu, et ça, c'était intriguant. Gilbert connaissait des hommes beaucoup plus jeunes qui avaient déjà une barbe et étaient aussi velus que des ours !

Alors, il décida que la question méritait d'être posée.

" Et.... Vati, je pensais à une chose.... Comment ça se fait que tu ne portes pas de barbe ? Comme les autres hommes, je veux dire. Puis ceux que je connais ils ont toujours des vilains poils frisés sur les bras et le torse, mais pas toi. "

Il marqua une pause.

" Même Mutti, elle a du poil aux jambes ! Si t'en a pas, c'est parce que t'as trouvé comment les enlever ? "

L'innocence même, de la curiosité plein les yeux, l'enfant ne se rendit même pas compte de l'embarras qu'il causait - à nouveau - à un Germania qui méritait de plus en plus la palme du père le plus patient de l'année.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Sam 22 Oct - 16:43

Il avait offert à Nerthus, terre mère nourricière, un petit sacrifice fait de sang de cerf et de quelques baies séchées mises sur un petit autel de pierres moussues improvisé au pied de leur campement. Avant de se dévêtir aussi, de laver sommairement ses vêtements dans l'eau et de rejoindre son fils qui s'ébrouait dans la rivière aussi gaiment qu'un chien. C'était attendrissant de voir son gamin plein de vie et d'entrain, même si la plupart de temps, cela se révèlait TRES fatiguant. Il s'accroupit auprès de lui, frictionnant son grand corps d'eau glacé, y enlevant méticuleusement chaque trace de crasse et de sang -y a que les Celtes de toute façon qui aimaient les « masques de beauté » à base de sang, ces sauvages !-, s'arrosant ses long cheveux pour les laver et y enlever les brindilles qui auraient pu s'y accrocher, démêlant patiemment les noeuds, défaisant sa natte pour la refaire d'un geste rapide et expert. Après, on dira qu'il est coquet, il vous répondra par un regard de tueur que lui au moins ne s'épile pas et ne s'enduit pas de parfum comme les Romains ou qu'il ne se couvre pas le corps de belles étoffes chatoyantes et de babioles de verre coloré et de métal brillant comme les Celtes. Il aimait juste être propre. Comment voulez-vous vous attirer les faveurs de madame si vous sentez le bouquetin et que votre peau crasseuse colle comme de la mélasse ? J'vous le demande !


Soudain il n'entendit plus rien, plus de rires joyeux d'un gamin qui jouait dans l'eau. Il se retourna et vit le petit garçon fixer son dos, ses cicatrices, nombreuses et profondes que les ans, les guerres et tout ce que l'Histoire avait bien pu écrire en lettres de sang sur son corps. Il fixait des yeux et de son doigt tendu l'une longue cicatrice qui sinuait du côté droit de son dos, commençant à la base de son épaule, traversant son omoplate et ne s'estompait que bien plus bas, au niveau du creux de ses reins.


- Les cicatrices.... Tu les as eu en combattant Rome ? 


Le grand blond hocha lentement la tête pour confirmer.


- Rome et puis tant d'autres... Jeune encore, je me battais contre ce roux de Celte, pour pouvoir avoir un territoire à moi... Je venais des terres du grand Nord... Je vivais alors avec une jolie femme qui avait les cheveux presque aussi blancs que toi.


Son regard se fit légèrement rêveur à l'évocation de Sunhilde, farouche guerrière, sale caractère mais d'une tendresse infinie tapie au fond d'elle. Devant l'air dubitatif de son gamin, il décida de reprendre sur la lancée des épopées guerrières, avec tout le vocabulaire qu'il pouvait tenter d'essayer éventuellement de déployer pour satisfaire la curiosité du petit albinos prêt à boire ses paroles comme du lait chaud au miel. Tâtant du bout de ses doigts la naissance de la profonde rainure dans son épaule, le grand germain reprit son récit, tâchant de développer autant qu'il lui était physiquement possible.


- Celle-là, c'est de la part de Rome. Quand il s'est vengé du massacre de Teutobourg.


Machinalement, à l'idée d'avoir pensé et prononcé le mot de Teutobourg, les zygomatiques de la nation germanique se mirent à fonctionner seuls en une sorte de rictus assez machiavélique. Ah Teutobourg, son meilleur souvenir de bataille, cette fois où il a montré à Rome qu'il n'était pas qu'une nation d'esclaves dociles, de mercenaires réputés, de gardes du corps hors du commun, mais aussi de guerriers libres sachant eux-aussi faire preuve d'intelligence et de discipline. Trois légions entières massacrées par ses hommes pourtant inférieurs en nombre mais maîtrisant à merveille les techniques d'embuscade et de camouflage dans les forêt humides de son territoire. Il avait fallu vingt-huit ans à Rome pour arriver à se venger quelque peu, et entrois fois, à défier Arminius, le premier roi des Germains unis trahis par son beau père qui aurait voulu marier sa fille à un autre. Mais Arminus a toujours vaincu les Romains, seulement vaincu par son propre peuple qui craignait son ambition...


Depuis Teutobourg, Rome a appris à me craindre. Ses gosses doivent faire dans leurs toges quand il doit leur parler de ça. De moi.


L'adulte hocha une fois de plus là tête, incitant son fils à être aussi fier que lui de sa culture, de son peuple, d'être un Germain, un vrai. Captant le regard de son fils qui le scrutait de haut en bas, ses yeux traçant les muscles et les nombreuses cicatrices, il ne vit pas venir la question qui suivit.


- Et.... Vati, je pensais à une chose.... Comment ça se fait que tu ne portes pas de barbe ? Comme les autres hommes, je veux dire. Puis ceux que je connais ils ont toujours des vilains poils frisés sur les bras et le torse, mais pas toi.   Même Mutti, elle a du poil aux jambes ! Si t'en a pas, c'est parce que t'as trouvé comment les enlever ?


Ah. La cruelle innocence des questions enfantines qui font toujours mouche là où ça fait mal à l'orgueil. Germania ferma les yeux et soupira très pronfondément. Il n'allait pas révéler son complexe de pilosité à un gamin, à son fils, quand même. Surtout à celui là, plus commère qu'une pie !


- Seuls les pauvres et classes inférieures ne se rasent pas.


Et de un. Et qui était vrai et lui fournissait par là même une excellente excuse. Il ne pouvait pas être une nation, le représentant des tribus germaniques et être hirsute comme une espèce d'ours ! Non, les classes nobles doivent avoir le visage glabre. Parfois une moustache pour la coquetterie mais ça lui faisait trop penser aux Celtes, la moustache. Donc il aimait pas.


- Et mes cheveux sont clairs, donc on voit peu. Et puis certaines personnes ont... Moins de poils que d'autres, c'est ainsi. Crois-tu que toi, avec tes cheveux blancs, on verra tes poils blancs sur ta peau blanche quand tu seras un homme ?


Et de deux. La défense de son amour propre l'avait inspiré, apparement. Il se leva et sortit de l'eau, signifiant à son rejeton que la conversation était finie. Sa tunique n'était évidemment pas sèche mais il sortit de sa besace de voyage un morceau de tissu grossier qui servira à son fils à ne pas crever de froid le temps que ses habits sèchent et qu'il aille chercher du bois mort pour faire un feu. Lui ? Se vêtir pour aller chercher du bois ? C'était un homme au cuir dur et tanné par les ans et les batailles, l'air frais du soir ne lui faisait rien d'autre que l'effet d'une agréable caresse sur son corps, presque comme si les mains fraîches d'une nymphe venait l'enlacer.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Lun 26 Déc - 22:09

L'enfant était resté bouche bée, captivé par le récit de son père. Bien qu'il ne comprit pas tout à fait le pourquoi de cette agressivité soudaine quant à sa dernière question – bizarrement, le fait qu'il soit lui aussi voué à être peu velu sonnait comme une insulte, venant d'Hermann... allez comprendre... - Le récit de Germania avait enflammé l'imagination du jeune garçon.

Toujours dans l'eau tandis que le Germain partait en direction de la forêt, Gilbert décida de rester encore un petit moment, debout dans le courant de la rivière. Il imaginait son avenir glorieux, jalonné d'aventures diverses et de victoires écrasantes, s'enchaînant à un rythme infernal. Finalement chassé par la fraicheur crépusculaire, l'albinos sorti de l'eau et enfila la tunique qu'Hermann avait préparé. Frissonnant, il s'imaginait comme l'immense guerrier avec devant lui une armée d'ennemis vaincus, agenouillés et tremblants devant sa toute puissance. C'était de toutes façons l'avenir tout tracé pour un descendant d'un être d'une telle force, cela ne faisait aucun doute !

Sa curiosité sur l'histoire familiale, loin d'être satisfaite, le poussait à chercher à savoir plus, encore plus sur son aïeul.

Aussi, pendant que le père était à la recherche de bois, le fils lui ne résistait pas à la tentation de fouiner, tâtonnant dans le camp improvisé à la recherche de quelques informations supplémentaires. Non pas qu'il pense que Germania aie de quelconque secrets expliquant sa puissance et son expansion si grande et si rapide sur le continent, hein, qu'allez vous penser là. Ou si, en fait. Puis il n'avait qu'à pas le laisser tout seul. C'est donc tout naturellement que son oeil rouge fut attiré par le grand arc de chasse paternel, et du carquois rempli de flèches encore intactes pour la plupart.

Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche... Pas de masse chevelue blonde en vue. Il empoigna l'arme et sorti une flèche, précautionneusement. Il avait déjà tiré à l'arc, mais avec des aussi grands, jamais ! Visant un arbre quelconque, il entreprit de tendre la corde, et de placer convenablement son projectile.

Et cela s'avéra extrêmement difficile. Le garçonnet ne dépassant lui même pas beaucoup du sol, la base de l'arc frottait contre la terre et celui-ci, au lieu d'être vertical, était oblique. Les bras tendus de Gilbert ne l'étaient pas suffisamment pour exercer une tension suffisante sur la corde, et la flèche, plutôt que de pointer fièrement dans la direction désirée, étaient elle aussi de travers et pointait en direction du sol. Rien d'étonnant donc à ce qu'elle ne bondisse que très faiblement avant de se planter à 20 centimètres de la position du tireur amateur. C'est frustré à l'extrême qu'il échoua une seconde fois. Et une troisième également.

Il balança un regard courroucé à l'arme – Ô objet inanimé, avez-vous donc une âme ? - Résistant à la tentation de balancer arc et flèches par terre, estimant surtout que son père n'apprécierait pas vraiment ce geste, il les reposa le plus calmement possible à ce qui lui semblait leur exacte position avant qu'il n'y touche. Innocemment, il reprit son petit tour du campement.

Il ne trouva plus rien de bien exaltant : des habits mouillés, quelques petites provisions,.... Et soudain, ses doigts rencontrèrent un objet inconnu, qui s'avéra être une gourde en peau, visiblement remplie de liquide inconnu également, habilement cachée sous un pan de la tunique paternelle. Sans plus de cérémonie, il déboucha le récipient et renifla le curieux breuvage – sa mère l'ayant toujours enseigné à ne pas goûter ce que l'on ne connait pas : prudence, donc. Et cela restait tout de même une très mauvaise idée. La vapeur d'alcool, libérée d'un coup, remonta puissamment du goulot jusque dans ses sinus. Sous l'effet de surprise, il en renversa qu'une petite quantité sur le sol devant lui. Sourcils froncés, il réprima un éternuement et reboucha le flacon, en prenant garde de ne pas en renverser plus. Il craignait – sans doute à juste titre – le châtiment paternel si celui-ci l'avait vu gaspiller de sa réserve d'alcool.

Il reposa la gourde et se passa une main sur les yeux. Curieusement, la tête lui tournait. Quelle était cette sorcellerie ? Son père abusait-il de tels poisons pour vaincre ses ennemis ? Non. Ce serait vil. Germania gagnait à la loyale, il n'avait nul besoin de tels artifices. Pas vrai ?

Brusquement, il entendit des branches craquer à seulement quelques mètres du campement, au milieu des arbres. Son père était-il de retour ? Déjà ? D'un bond, il s'éloigna du breuvage maudit et, les mains dans le dos, clamait, d'avance, son innocence.

" J'ai rien fait ! "
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Lun 9 Jan - 17:04

Le petit vent du soir était bien frais et même sa peau habituée aux intempéries ne fut s'empêcher de frissonner. Tout en ramassant bois mort et baies, le grand blond se demandait s'il avait eu raison de laisser le galopin qui lui servait de descendance seul au camp. Il connaissait le garçon, il le savait turbulent et prompt à faire des bêtises. Mais il savait aussi qu'il craignait la colère paternelle et la nation espéra de tout cœur que la simple pensée qu'il lui mette une bonne fessée le découragerait de mettre son nez où il ne fallait pas. Il valait mieux ne pas s'attarder à ces menues tâches domestiques et rentrer vite à leur pseudo-campement vérifier que tout se passait pour le mieux. Se hâtant, les bras chargés de branches mortes, s'écorchant les jambes et les pieds dans les ronces, il retourna près de la rivière.


Le soleil se couchait vite à cette période de l'année et déjà, la lumière disparaissait dans le bois de minute en minute. Il était presque arrivé que déjà, il entendait le gamin tenter de plaider dans le vide une innocence factice pour une bêtise qu'il avait évidemment faite le temps qu'il s'était éloigné. C'était couru d'avance et le père espérait juste que la bêtise de son fils n'était pas trop grosse. Mais il entendait aussi les branches craquer et les buissons de ronces bouger venant de l'autre côté. C'était l'heure de la sortie des animaux de la forêt, à la tombée de la nuit et sans doute une bête appâtée par l'odeur du sang du cerf fraîchement équarri s'approchait de leur campement.


Le grand blond hâta le pas. Il savait que le gamin pouvait courir un sérieux danger s'il avait l'inconscience de tenter de jouer les braves avec ses petites mains et une brindille. Et comme le gosse était du genre téméraire -en même temps, qui ne l'était pas, dans cette famille ?-, le père avait du soucis à ce faire. Arrivant derrière son gamin dont les cheveux clairs se distinguaient facilement dans la pénombre, il laissa tomber son chargement et l'attrapa fortement par le bras et le plaça entre l'arbre derrière eux et lui même, formant un mur de son corps. Le chasseur expérimenté reconnut bien vite ce qui s'approchait : ce n'était non pas une bête mais une demi-douzaine. Des loups.


- Grimpe dans l'arbre. Maintenant.


Non, il n'avait pas peur. Un guerrier Germain ne connaît pas la peur. Mais il devait protéger sa descendance, point. Les loups devaient être affamés pour ne pas fuir devant un humain adulte. Et qui dit bestiole affamée dit danger. Une créature qui se bat pour sa peau est beaucoup plus hargneuse qu'une autre. Ramassant vite-fait son arc et son carquois, il entreprit de viser les ombres mouvantes. Il n'avait pas de feu pour l'éclairer, ni pour effrayer les bêtes. A l'instinct presque, il visait les créatures de la nuit. Hors de question qu'il y laisse son gibier, son fils ou sa propre peau. Le premier trait manqua sa cible. Pas le second. La bête s'écroula dans un cri plaintif, avant de rouler dans l'humus et de s'enfuir péniblement. Cela eut un effet sur les autres membres de la meute qui stoppèrent leur avancée. Le blond tira une troisième flèche qui vint se ficher dans le crâne d'une seconde bête qui tomba raide au bord de la rivière. Les autres loups commencèrent à reculer mais ne semblaient pas prêts encore à abandonner. Pour achever de les intimider et les faire fuir, le grand blond poussa un hurlement rauque en agitant son arc.


Une fois les loups hors de son champ de vision, il fit descendre de l'arbre son gamin encore tout tremblant, sans oublier de lui mettre une bonne calotte pour la bêtise qu'il n'avait pas encore vu lui-même mais dont il avait entendu plaider une fausse innocence.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Ven 20 Jan - 22:59

Germania était bel et bien revenu, les bras chargés de branches qu'il laissa tomber derrière Gilbert. Derrière ? Alors, qu'était-ce que ce bruissement qu'il avait perçu devant ? Sans avoir eu le temps d'étudier plus longtemps la question, son père le prit par le bras et l'expédia en arrière. Faisant face à l'ennemi, il ordonna à l'enfant de grimper dans un arbre. Tremblant, l'avorton se hissa comme il put aux branches les plus basses, continua son ascension, et prit place là où il pouvait voir sans craindre d'être avalé par une gueule de loup béante.

Car oui, c'était une meute de loups qui approchait. Et face à eux, son père, nu, avec pour seule défense un arc et une piètre vision nocturne – Gilbert lui-même ne distinguait que des ombres de sa position élevée, des ombres mouvantes, plus denses que l'obscurité environnante.

Il retint son souffle lorsqu'Hermann tira la première flèche, qu'une des bêtes évita d'un mouvement souple. Pas la seconde. L'enfant avait envie d'applaudir, d'encourager son père, mais il savait pertinemment que c'était la dernière des choses à faire. Mais, après avoir abattu le deuxième loup, lorsqu'il hurla, se grandissant et agitant son arc, Gilbert hurla avec lui, tel un chat à côté d'un lion.

Il ne descendit que lorsque son père le lui demanda, prêt à le réceptionner à la sortie. Les yeux remplis de gratitude et d'admiration, il ne vit pas venir la taloche qui le percuta. Se frottant le crâne, il n'osa pas prendre la parole pour demander pourquoi ? Pour la gourde ? Pour les arcs ? Ou tout simplement pour avoir mit son nez là où il ne devait pas ?

Toujours silencieux, il aida son père à rassembler les morceaux de bois, pour le feu de camp qu'il le laissa allumer. Quand les flammes furent hautes, il se rapprocha encore et se laissa réchauffer. Son ventre grognait et réclamait un repas bien chaud, mais sa tête elle était concentrée sur tout autre chose. Il se tourna vers son père, occupé dans la préparation du repas du soir.

" Dis Vati... Les loups, ils vont revenir ? "

Une question à laquelle il connaissait déjà la réponse. Lui même arrivait à sentir la puanteur du cerf, alors des loups.... Le regard fixé sur l'un des cadavres de loup, il cru bon de rajouter :

" J'demande pas ça parce que j'ai peur hein ! Je veux juste savoir, c'est tout. "

Non il n'avait pas peur. Bien sûr que non. Le grand, le puissant Gilbert effrayé par une vulgaire meute de chiens ? JAMAIS.... Ou si en fait. Il savait juste contrôler ses tremblements. Il n'avait jamais eu affaire aux loups avant, jusqu'à présent ils n'étaient qu'hurlements lointains dans la forêt, et histoires, souvent effrayantes, qu'on leur racontait avant de dormir. La réalité, elle, était toute autre.

Il n'osait pas imaginer ce qui aurait pu se passer si le Germain n'était pas revenu à temps. Puis, le voir combattre seul ces bêtes enragées l'avait profondément impressionné. Autant dire que tous ses "doutes" quant à la force paternelle venaient d'être effacés. D'accord, lui-même allait devenir un guerrier sans peur et sans faiblesses, plus fort que son propre père – ainsi l'avait-il décidé – mais plus tard. Ce soir-là au moins, de se savoir avec Germania, ça le rassurait vraiment.

Un petit sourire se nicha sur son visage, tandis qu'il dévorait du regard la dépouille du loup le plus proche. Il n'empêche que ses frères allaient être jaloux de le voir revenir avec des fourrures.
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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Dim 17 Juin - 8:44

La peur semblait avoir calmé son trublion de gamin qui ne protesta pas pour la calotte et qui docilement se mit à ramasser du bois pour le feu. Ce petit inconscient arriverait-il un jour à prendre conscience des dangers de la forêt et des puissances qui y habitent ? Au vu de la trouille qu'il avait dû éprouver, il y avait peut-être un peu d'espoir... Quoique. Son fils présent avait toujours été le plus coriace à éduquer de tous.


Le grand blond jeta un vêtement à peu près sec sur le dos de son rejeton, le temps d'allumer le feu. Par chance, même dans ces forêts profondes et sombre, on trouvait du bois sec car Donar n'avait pas fait tomber la pluie depuis longtemps. Rapidement, les lueurs rouges du feu et le crépitement rassurant des branches firent leur apparition. L'adulte jeta un rapide coup d’œil pour voir sa progéniture allongée sur de la mousse entre deux grosses racines d'un arbres, enveloppé de son vêtement encore légèrement humide dont le ventre réclamait bruyamment quelque pitance. Cela arracha un léger sourire au Germain, sourire dissimulé par la pénombre. A tâtons, il retrouva les baies qu'il avait précipitamment lâché au sol entre deux autres racines pour voler au secours de son fils et les jeta dans une sorte de récipient en terre cuite qu'il apportait toujours avec des provisions quand il était amené à s'aventurer à une journée de marche de la maison. Cela lui servait à la fois de marmite et de gamelle. Et le repas de ce soir était une espèce de soupe constituée de seigle et d'épeautre bouillis dans de l'eau agrémentées de quelques baies de sureau. Soupe au grand air, chauffée sur la braise avec une petite branche en guise de cuillère. C'était pas grand chose, ni extrêmement goûteux mais ça avait l'avantage d'être chaud et de tenir au ventre.


- Dis Vati... Les loups, ils vont revenir ? J'demande pas ça parce que j'ai peur hein ! Je veux juste savoir, c'est tout.


Le grand blond ne lui répondit pas de suite, lui refourguant le bol en terre cuite dans le mains en lui précisant vaguement que c'était chaud et qu'il devait tout manger. En attendant de récupérer le bol pour se faire lui aussi une soupe, le père se contenta de quelques gorgées de cervoise. Les bois étaient étrangement silencieux, comme si tout animal, tout esprit avait quitté les lieux depuis qu'il avait vaincu la horde de loups.


Avec des branches, l'adulte monta un très sommaire séchoir à linge qu'il approcha du feu afin d'avoir à dormir dans des vêtements secs et chauds. Surprenant le regard insistant de son fils sur le cadavre du fauve qui gisait tout près d'eux, il lui ébouriffa les cheveux avant d'enfin daigner lui répondre.


- L'odeur de leurs morts va les tenir éloignés cette nuit. Finit ton bol et va dormir. Je veille.


Récupérant le bol vide et laissant son fils faire sa couchette bien à l'abri entre deux grosses racines, le blond put enfin se faire à manger et mettre quelque chose de sec sur son dos car la nuit commençait vraiment à être fraîche, même pour quelqu'un comme lui. C'est pas comme s'il avait de la fourrure sur le dos !


Adossé au tronc du gros chêne, à côté de l'âtre, face à la barrière naturelle que faisait le ruisseau et arc prêt à l'emploi, il était prêt à repousser tout intrusion. Voire même à enflammer quelques flèches en cas de besoin.


Demain, sa femme serait ravie : il ramènerait un beau cerf et quelques fourrures de loup. Ainsi qu'un fils un peu plus aguerri aux rudesses de la nature.
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Gilbert / Prusse

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MessageSujet: Re: Une leçon de vie au temps jadis | Europe Centrale, au sud de la mer barbare [Germania]   Lun 3 Sep - 20:32

Ce n'est qu'une fois le bol sous les yeux que Gilbert se souvint à quel point il avait faim. Il absorba sans se faire prier la soupe insipide et chaude : pas de quoi faire un festin, mais ainsi son estomac allait le laisser tranquille le temps de dormir. Il tendit son bol vide à son père et se dirigea vers l'arbre, le même qui l'avait abrité lors de l'attaque de loups. À genoux, il tassa la mousse entre deux racines, il s'enroula dans le vêtement germain, tout prêt à se laisser emporter par le sommeil.

... Sommeil qui ne vint jamais.

Gilbert se tourna et se retourna, se releva, tassa un peu plus la mousse, se recoucha, jeta un oeil aux cadavres de loups, puis à son père, puis au feu... À force de se tortiller comme un ver, il était certain qu'Hermann l'avait entendu. L'albinos le contempla un instant : il était à l'affût, arc en main. Résolu, toujours pleinement éveillé, l'enfant se redressa sur son séant et vint s'asseoir près du Germain, tout en conservant une petite distance. Il savait son père tout à fait capable de l'assommer d'une gifle pour le faire dormir, il ne tenait pas à tenter le diable.

" Et du coup, demain, on rentre ? Et après, tu vas encore repartir ? "

Ses deux prunelles rouges regardaient avec insistance le grand blond. D'un regard qui disait " Non, je n'ai pas sommeil. Et si on parlait plutôt ? "

Ne lui déplaise !

Mais surtout, l'enfant s'inquiétait. Il savait que Germania ne resterait plus très longtemps parmi eux, qu'il repartirait vers d'autres contrées. Et s'il ne revenait plus ? Si sévère que soit le Germanique, c'était encore avec lui que Gilbert s'entendait le mieux !

" Tu iras où ? Moi aussi, j'aimerais bien partir. "

Il avait beau être jeune, Gilbert n'en pouvait déjà plus d'être enfermé. Si par hasard il était puni et se devait de rester chez lui, il fuguait. Il avait appris à connaître la forêt et les plaines alentours bien plus tôt que la plupart de ses frères et c'est sans hésitation qu'il partait, très souvent pour la journée, le plus loin possible de son village.

Et à son retours, souvent, sa mère hurlait. Et souvent, il recommençait !

Toujours seul, il ne se sentait pas vraiment lié au reste de sa famille. Sauf peut-être Ludwig... Mais qui était encore bien trop jeune pour représenter un quelconque intérêt à l'enfant albinos qui se lassait vite de ses jeux. Et de toutes façons, tous se passaient bien du petit bagarreur, du petit démon blanc.

La somnolence commençait à le gagner lorsque soudain, son regard se fit plus clair : l'enfant avait eu une idée.

" Et si tu m'emmenais ? Si tu repars... Je suis sûr que Mutti serait d'accord ! Elle arrête pas de me dire qu'elle va me laisser aux esprits de la forêt si je continue mes bêtises... "

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