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 [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya

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Vlad' Ionescu / Roumanie

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MessageSujet: [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya   Lun 13 Juin - 14:20

Spoiler:
 

/!\ R-16. Sujet difficile, violence possible. Le rating concerne tout le RP.

    Comme tout le monde elle avait fini par « oublier », elle l'avait relégué le mauvais souvenir loin, très loin dans son esprit. Il fallait bien continuer à vivre malgré ce qui s'était passé, tâcher de trouver un moyen d'aller de l'avant alors que tout brûlait. Mais voilà que le monde entier se mettait à parler du nucléaire, que son gouvernement menait une journée en mémoire de la catastrophe. Katioucha avait tout fait pour ne pas y assister, pour ne pas retourner sur les lieux. Elle en tremblait encore, pleurant tout en se berçant dans ses propres bras.

    Tchernobyl. Des créateurs de tout bord voulaient des idées pour créer un monde après l'apocalypse, une ville fantôme où les rares hommes ne sont que des ombres ? Ils n'avaient qu'à venir dans cette ville, là où le réel avait dépassé la fiction. Katioucha eut un rire nerveux. C'est ce qui allait véritablement finir par se passer. Son gouvernement avait décidé d'ouvrir la zone autour de la centrale au public. Afin de répondre aux attentes des touristes qui viendraient durant l'Euro 2012. Oh il y avait déjà eu des personnes se baladant dans ce cercle maudit, mais c'était là le fruit de compagnies privées, pas d'un gouvernement.

    C'était un projet fou. Katioucha elle-même s'était emportée quand on lui avait annoncé cela. Elle-même s'était surprise d'avoir eu un tel comportement. D'avoir osé hurler des insultes aux membres de son gouvernement, et de s'être échappée pour courir jusqu'à chez elle. Depuis elle restait prostrée dans un coin, tâchant d'oublier. D'effacer les images qui lui étaient venus à l'esprit quand ils avaient mentionné Tchernobyl.

    Katioucha perçut le bruit d'une porte qui s'ouvre. C'est vrai qu'elle avait oublié de fermer à clé. Oh non personne ne la forcerait à retourner là-bas, personne. Doucement la jeune femme se releva et remonta le couloir jusqu'à la porte d'entrée. Ce n'était pas un de ces hommes en costume qui l'attendaient, mais une jeune fille dont la robe ne lui était pas inconnue. Trop rassurée de se retrouver devant un membre de sa famille, Katioucha se jeta au cou de sa soeur sans même se poser la question de savoir pourquoi elle était ici.

    - Natalia, ma douce, ça fait plaisir de te voir ! Tu... Enfin... Ivan n'est pas là ?

    Là ça commençait à doucement l'intriguer cette visite surprise. Natalia sans Ivan c'était comme un cassoulet sans haricots, la Pologne sans son poney. C'était anormal, illogique, étrange. Katioucha retira ses bras du cou de la Biélorussie. Un mauvais pressentiment la frappait.

    - Il lui est arrivé quelque chose ?

    A ses yeux Natalia ne pouvait venir seule que pour cette raison : parler d'Ivan, demander de l'aide à son attention. Katioucha étant certaine d'avoir payé le gaz qu'elle devait à son frère elle ne voyait vraiment pas ce que lui voulait sa soeur. Elle s'effaça pour la laisser entrer, craignant aussi un quelconque coup de couteau. Quand il s'agissait de frapper Natalia n'avait aucun sentiment d'amour filial.


Dernière édition par Katioucha B. / Ukraine le Ven 23 Sep - 19:57, édité 2 fois
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Natalya A. / Biélorussie

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MessageSujet: Re: [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya   Jeu 16 Juin - 15:10

Marchant d’un pas qu’accompagnaient les sempiternels frisolis de sa robe, Biélorussie se dirigeait vers la demeure de sa sœur.
Elle ne s’y rendait nullement pour l’une de ces triviales visites qui n’avaient pour seul but que de voir une personne aimée, discuter et rire avec elle ; Natalya n’appréciait pas particulièrement son aînée et elle n’aimait ni discuter, ni rire. Il s’agissait là de facultés qu’elle ne pouvait guère se targuer de posséder. Elle n’y allait pas non plus, comme cela lui arrivait parfois, pour demander quelque conseil dans le but d’enfin obtenir de son frère ce mariage qu’elle le suppliait dangereusement de lui accorder depuis bien longtemps.
Cependant, Russie se trouvait bel et bien être l’instigateur de cette rencontre, bien qu’il ne s’agît pas des payements de gaz ou d’une quelconque raison politique ou économique.

Le gouvernement de leur aînée, après que cette dernière eût détalée des bâtiments jusqu’à chez-elle, avait fait appel à Ivan et avait sollicité de lui qu’il convainquît sa sœur de retourner sur les lieux de l’effroyable catastrophe de Tchernobyl.
Fort peu habile lorsque ses relations familiales étaient en question, le jeune homme avait préféré remettre cette tâche à sa cadette – qui, bien sûr, s’était empressée d’accepter – omettant plus ou moins délibérément le fait qu’elle fût encore plus maladroite dans l’art du relationnel que lui.
Après tout, avait-il ajouté après sa demande afin de la convaincre définitivement, cela pourrait lui apporter quelque chose, à elle aussi, qui avait souffert d’une grande partie des retombées radioactives.

En vérité, elle-même craignait le spectacle qui l’attendait en ce lieu aux relents de morts qu’elle soupçonnait encore omniprésents malgré les années.
Elle n’avait certes pas été aussi touchée que Katioucha mais les retombées radioactives l’avaient tout de même rendue malade pendant près d’une semaine et demie. Elle se souvenait avec une perfection écœurante de ces journées passées à tousser et à vomir jusqu’à en avoir la gorge presque brûlée par l’acide, puisqu’au bout d’un moment, elle n’avait plus rien d’autre à rendre.
Plus que tout, elle se rappelait de l’état dans lequel s’était trouvée Ukraine, sa grande sœur qu’elle avait toujours considéré comme le pilier d’une famille au mental aliéné par les souffrances, les guerres, la solitude…

Elle avait toujours été le rayon de soleil qui gratifiait leurs peaux malmenées par le froid d’une caresse à la tiédeur réconfortante, l’unique fleur qui perçait à travers l’épais manteau immaculé d’incommensurables étendues enneigées. Or, avec Tchernobyl, elle avait vu ce rayon de soleil mourir sur leurs épidermes pour laisser place aux vents cinglants, cette fleur s’étioler avec une soudaineté terrifiante pour choir, agonisante, sur cette couverture albe interminable.
Cette sœur qu’il ne lui semblait aimer que de manière fort relative, elle s’était alors horriblement inquiétée pour elle ; elle avait cauchemardé à l’idée qu’elle pût disparaître ; elle s’était même surprise à prier une quelconque déité de la sauver.
Tout cela, elle ne l’avait, bien évidemment, fait que dissimulée derrière son masque glaciale inexpressivité craquelé par ce qu’elle endurait, elle-même ; toujours plus abasourdie de découvrir ainsi l’affection qu’elle portait véritablement à Ukraine, une affection qui paraissait s’éveiller de façon latente en même temps que les souffrances de la susnommée s’accroissaient.

Arrivée devant la bâtisse dans laquelle vivait son aînée, Natalya eut à peine le temps d’ouvrir la porte que l’intéressée se jeta sur elle. Elle se raidit en sentant son opulente poitrine se presser contre la sienne, plus modeste, et ses bras encercler son cou.
Sans surprise, elle ne répondit aucunement à cette étreinte – elle ne tenta pas non plus de s’en dégager, néanmoins – mais prit la peine de répondre à la question qui lui était posée.

« Non, je suis venue seule. »

Et, tandis que l’autre la relâchait finalement en lui posant une seconde question, elle reprit :

« Non, il ne lui est rien arrivé du tout. Je serais à ses côtés si c’était le cas. C’est lui qui m’a demandé de venir, en fait. »

Sur ces mots, elle rentra puis plongea son regard à l’améthyste obscur dans celui, azuréen, de Katioucha avant d’expliquer la raison de sa venue. Etonnamment, elle tergiversa quelques instants avant de le faire, inconsciemment peu désireuse d’infliger cela à cette aînée qu’elle aimait malgré ce qu’elle pouvait croire.

« Grand-frère voudrait que nous nous rendions toutes sur les lieux de… »

Elle ne termina pas cette phrase, préférant laisser deviner à son interlocutrice de quels lieux elle parlait.
S’il ne s’agissait que d’elle, elle ne l’astreindrait assurément pas à la participation de cet événement qui ne ferait que rendre la mémoire de la catastrophe plus douloureuse. Mais son frère avait exigé d’elle qu’elle fît, alors elle le ferait.
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Vlad' Ionescu / Roumanie

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MessageSujet: Re: [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya   Lun 20 Juin - 18:28

    Si Natalya n'avait pas laissé la phrase en suspens, étouffé elle-même le nom maudit, Katioucha l'aurait sûrement fait taire. Elle qui se réjouissait de trouver quelqu'un avec qui partager sa peine voilà qu'on lui sommait de retourner à ses obligations. S'il n'avait pas été question de Tchernobyl Katioucha se serait contentée d'acquiescer et d'obéir. Toutefois on touchait là à un sujet qui demeurait sensible pour elle.

    La jeune femme se laissa tomber dans un fauteuil, le teint blanc et les mains tremblantes. Lentement elle ramena ses genoux et les enserra dans ses bras. Comme si son corps pouvait former une barrière entre elle et le monde extérieur.

    - Je ne veux pas.

    Malgré sa voix tremblante le ton demeurait catégorique. Ce n'était pas celui d'une petite fille piquant une crise de colère mais celle d'une victime qui avait déjà bien trop donné. Qui implorait son bourreau de la laisser dans sa geôle.

    - Et comment peux-tu me demander ça alors que toi aussi tu as souffert ? Tu n'as donc pas peur d'y retourner ?

    Jamais Katioucha n'avait crié sur qui que ce soit. Même quand elle était dans la Maison Russe, que son frère saignait son peuple elle ne lui avait jamais tenu le moindre propos mal placé. Elle n'était que douceur l'Ukraine, douceur et silence. Mais là le ton était monté sans même qu'elle s'en rende compte. Elle tournait toute sa peur contre Natalya ne comprenant pas pourquoi elle s'acharnait tant sur elle. N'y avait-il donc aucun coeur sous cette peau de neige ?

    Katioucha leva la tête vers sa soeur toujours debout qui la dominait maintenant. Il n'y avait plus aucun amour dans les grands yeux bleus de l'Ukraine. Seulement la peur farouche d'une bête qu'on a déjà bien trop malmenée.

    - Es-tu tellement aveuglée par l'amour ou... me hais-tu ?

    Les larmes lui vinrent en énonçant cette ultime hypothèse. Sa propre soeur, la haïr... C'était complètement fou. Katioucha était certaine que Natalya l'aimait tout autant qu'elle mais était bien moins expressive, juste coincée, ne sachant pas s'exprimer. Jamais il ne lui était venu à l'idée que la Biélorussie lui voudrait du mal. Mais à cet instant le doute la rongeait.
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Natalya A. / Biélorussie

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MessageSujet: Re: [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya   Sam 2 Juil - 1:00

Juste après avoir prononcé d’un ton morne ces quelques mots, Biélorussie scruta de ses orbes violacés son aînée tandis que cette dernière se recroquevillait dans un fauteuil, livide et trémmulante d’une peur qui n’avait été profondément enfouie que pour mieux ressurgir, lui offrant ainsi un spectacle pour le moins lamentable.
Cependant, malgré le majoritaire mépris, qui donnait à son regard quelque chose d’encore plus froid qu’à l’accoutumée, ressenti devant cette pitoyable démonstration de faiblesse ; un petit quelque chose qu’elle ne saurait précisément définir lui nouait presqu’imperceptiblement l’estomac et lui pinçait de façon tout aussi discrète le cœur. Il lui insufflait l’envie de serrer sa sœur dans ses bras comme elle le faisait, par le passé, aussi bien pour les protéger du froid que des cruels jeux de leur vie immuable de nation, une envie étouffée par celle qui s’imposait perpétuellement vis-à-vis de tous ceux qui représentaient un obstacle potentiel entre elle et son frère, celle de mettre fin à ses jours d’un habile coup de poignard.

Fort heureusement pour elle que ces humeurs contradictoires commençaient à troubler, le ‘‘Je ne veux pas’’ étonnamment ferme de celle qui ne s’opposait jamais aux désirs de sa fratrie vint briser ce cours de pensées qui se faisait, de manière latente, anarchique et incontrôlable.
Si le tremblement de sa voix en frelatait quelque peu la détermination, Natalya constatait tout de même avec une surprise qui, comme n’importe quelle autre émotion qu’un bestial désir de destruction ou une comminatoire passion, ne se lisait aucunement sur son visage de poupée sans âme l’opiniâtreté inhabituellement avec laquelle Ukraine refusait de se rendre en ces lieux qu’elle semblait craindre plus que toute autre chose en ce monde. Peut-être était-ce d’ailleurs le cas.

« Et comment peux-tu me demander ça alors que toi aussi tu as souffert ? Tu n'as donc pas peur d'y retourner ? »

Peur d’y retourner ? La Slave ne prit même pas la peine retenir le ricanement qui lui était naturellement venu à ces paroles.
Pourquoi aurait-elle peur des souvenirs qu’un retour sur les lieux de Tchernobyl pourraient raviver alors qu’elle n’avait peur de rien ? Elle qui inspirait la peur aux autres bien qu’elle ne la ressentait ? Risible.
De toute manière, quand bien même il s’avèrerait que les réminiscences de cet évènement douloureux arrivaient à l’effrayer, cela ne pouvait que se démontrer être un effroi bénéfique puisque son cher frère lui-même demandait d’elle et de son aînée qu’elles y allassent.

« Je n’ai peur de rien, grande sœur, tu devrais le savoir, trancha t-elle d’un ton dont la froideur rappelait les vents cinglants qui traversaient les vastes étendues enneigées de la Sibérie. »

Sur ces mots, elle plongea ses prunelles, tergiversant entre cérulé obscur d’un firmament de nuit sans étoile et violet teinté de ses ténébreuses amours, dans celles de son interlocutrice. Elle ne lisait dans ces yeux qu’elle connaissait depuis toujours que panique silencieuse, au point que cette dernière en annihilât toute l’affection qui illuminait coutumièrement ces iris au cérulé tendre.
Sa sœur craignait-elle donc tant de sommaires souvenirs ? Ridicule.

« Es-tu tellement aveuglée par l'amour ou... me hais-tu ? »

Aveuglée par l’amour ? Certainement. Toutefois, selon la principale concernée, son amour ne l’aveuglait pas mais l’endurcissait, la rendait plus forte face aux affres de son existence ; tout ce qui concernait Russie ne pouvait que lui apporter bonnes choses.
Haïssait-elle son aînée ? Elle-même ne saurait le dire, trop partagée entre cet amour fraternel qui se terrait au plus profond de son âme avalée par celui qu’elle portait à son frère et la jalousie presque maladive qui lui donnait parfois jusqu’à l’envie de mutiler celle qu’il lui arrivait devoir comme une femme trop parfaite.
Ce fut pourtant son attachement de sœur cadette souvent câlinée par celle qui avait été alors davantage été une mère pour elle qui se manifesta brusquement lorsqu’elle vit les larmes envahir ses yeux.
Elle savait pertinemment qu’il ne s’agissait pas là des pleurs futiles auxquels Ukraine se laissait aller face à ses soucis mais des perles d’un chagrin véritable dont elle ne comprenait néanmoins pas l’origine.

En un doux chuintement de sa robe indigo, Biélorussie s’approcha de Katioucha et posa sa main à l’épiderme glacial sur la sienne, après quoi elle murmura d’une voix un peu moins sèche que de coutume, le regard fixé sur les fanfreluches de son habit :

« Je ne te hais pas, grande sœur – Serrant ensuite de ses doigts effilés son poignet et tirant légèrement dessus – On doit y aller, grand frère le demande de nous. »
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Vlad' Ionescu / Roumanie

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MessageSujet: Re: [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya   Lun 11 Juil - 21:04

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    Elle devait s'y rendre. Qu'elle le veuille ou non. Cette constatation lui arracha de nouvelles larmes qu'elle tâcha de refluer. Elle devait s'armer de courage. Katioucha se laissa entrainer par la force vive de sa cadette, se laissa trainer jusqu'à dehors. Inutile de fuir désormais, inutile de retourner en arrière. Si elle devait y aller autant que cela soit fait le plus rapidement possible. Retarder l'échéance ne ferait que rendre les choses plus difficile.

    - Très bien Natalya. Je resterais une heure. Pas une de plus. Quoi qu'en dise Ivan.

    Katioucha ne posa aucun regard sur sa soeur, ne voulant pas lire sa réponse sur ses traits. Sûrement de la dénégation, de la colère de voir son ainée ne pas obéir docilement à leur frère. Elle accélera son pas, préférant s'éloigner avant que sa cadette n'ait un quelconque geste avant elle. Et au moins elle ne se plaindrait pas que son pas les ralentisse toutes deux.

    ***

    Ils n'étaient pas encore entré dans la zone que déjà la peur la reprenait. Rien que voir la silhouette de la centrale se dessiner au loin lui donnait la nausée. Katioucha inspira longuement, se répéta pour qui elle faisait ça. Son frère, sa soeur, son peuple même. Elle devait regarder le passé en face sans ciller.

    Katioucha avisa la large et haute silhouette du Russe. Impossible de ne pas le voir malgré la foule empressée là. Il dominait tout le monde, semblant lointain avec son regard perdu au loin. Est-ce que lui aussi songeait à ce jour où tout avait bousculé, où le mal avait été fait alors que le peuple entier l'ignorait encore ? Katioucha voyait encore les habitants monter en haut des immeubles et regardant la centrale sans trop y croire.

    A quelques kilomètres de là où elle se trouvait, Pripiat la ville fantôme. Nombre d'étrangers avaient foulé la terre de cette ville, marcher aux côtés de vestiges d'une catastrophe. Et maintenant ils allaient être des milliers à y entrer, à remonter dans le passé. Katioucha préféra baisser la tête que d'avoir la ville imprimée dans ses yeux.

    - Natalya est-ce que... est-ce qu'on va devoir descendre là-bas ?

    Elle ne voulait pas prononcer le nom de la ville à voix haute comme si cela allait invoquer un cataclysme. Puis aller là-bas serait malsain. Comme regarder avec délectation les conséquences d'une blessure.

    - Il y a tellement de belles choses, pourquoi se complaire dans l'horreur ?

    Elle regarda la soeur avec toute la peur contenue en elle, tout l'espoir d'être entendue. Oh non elle ne descendrait pas. C'était de la folie.
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Natalya A. / Biélorussie

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MessageSujet: Re: [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya   Dim 18 Sep - 19:01

Les voilà donc devant les lieux de la macabrement fameuse catastrophe.
Maintenant qu’elle s’en trouvait si proche, Biélorussie, malgré la résolution de la froide implacabilité qu’elle s’était faite au projet de venir, ne pouvait s’empêcher de trembler imperceptiblement.
Elle qui prétendait un peu avant n’avoir peur de rien, elle se surprenait à frissonner aux souvenirs que cette vue réveillait.

Ressentant le besoin de raviver en son esprit la raison pour laquelle elle infligeait cela à sa sœur ainsi qu’à elle-même, elle chercha des yeux son frère bien-aimé qu’elle débusqua aisément.
Sa seule stature lui suffisait à se reprendre et, bien qu’elle en avait l’envie, elle parvint à se retenir de le rejoindre comme il avait demandé d’elle qu’elle restât exclusivement avec Ukraine. Ukraine à laquelle elle commençait quelque peu à en vouloir de la tenir éloignée de lui en ces instants.

S’astreignant à détacher son regard à l’améthyste nébuleux, elle s’intéressa plutôt à ce que Katioucha observait avec un mutisme craintif, Pripiat.
Le ciel, d’un bleu qui s’apparentait plus à un gris métallique, conférait aux bâtiments abandonnés des reflets sombres, comme des ombres qui avaient profité de leur inutilité pour s’y glisser, ténébreuses gardiennes de ce vide patibulaire.
Dans ces rues dépeuplées, qu’elle distinguait de sa position, le vent seul courait en un gémissement que l’on pourrait croire originaire des fantômes qui occupaient peut-être cet endroit. Des fantômes... Des réminiscences... Quelle était la différence ?

« Natalya est-ce que... est-ce qu'on va devoir descendre là-bas ? »

La susnommé délaissa de ses orbes violine cette ville inquiétante pour les poser sur sa sœur qui venait de prendre la parole.
Elle voyait sur son visage blême, sur ses traits crispés par la peur des souvenirs qui l’assaillaient le reflet de ce qu’afficherait sa propre figure si elle se le permettait.
Elle-même sentait une indicible angoisse qu’elle ne s’expliquait pas lui nouer la gorge et l’estomac, agiter son être d’une trémulation discrète.

Devaient-elles parcourir les sinuosités de cette ville aux côtés de spectres qu’elles ne verraient pas mais dont elles sentiraient la caresse glaciale sur leur épiderme, regarder chaque immeuble, chaque maison se décomposer de façon latente comme un membre gangréné ?
Devaient-elles subir les caprices d’une mémoire qui raviverait les moments les plus durs de cette époque, devaient-elles souffrir comme si elles se retrouvaient au moment-même de cet horrible évènement ?

« Il y a tellement de belles choses, pourquoi se complaire dans l'horreur ? »

Se complaire dans l’horreur ? Natalya faisait cela en permanence.
Si elle ne comprenait pas la beauté d’une œuvre d’art, de la nature que nul homme n’aurait osé marquer de l’évolution, elle voyait toutefois la magnificence dans le sang s’écoulant silencieusement d’une plaie béante, dans la souffrance déchirant les lignes d’un visage exsangue, dans la chair que marquaient des ecchymoses jaunâtres ou violacées...
Oui, aux yeux de la Biélorusse, la beauté était dans l’horreur.

Et pourtant, elle aussi supportait ardûment la vue de ce simulacre de ville auquel on avait implacablement arraché l’âme.
Elle aussi n’entendait pas l’intérêt que de stupides touristes pouvaient trouver à se balader dans ces lieux comme à Rome ou Paris, à admirer les ruines d’une vie délaissée par une famille en fuyant les conséquences de la fusion du cœur de cet infortuné réacteur. Maudit soit-il.

« Oui, grande sœur. Il faut faire les choses jusqu’au bout. »
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MessageSujet: Re: [Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya   Ven 23 Sep - 19:58



    Faire les choses jusqu'au bout...

    La fin de la phrase résonna dans l'esprit de l'Ukrainienne, s'amplifia au point de l'assourdir. Une heure. Il lui suffisait de descendre, fouler de ses pieds la ville-fantôme, puis elle pourrait partir. Cela semblait si simple, mais ce qu'on lui demandait était inhumain. Atroce. Seul quelqu'un de pleinement inconscient n'y aurait vu aucune objection. Ou quelqu'un de complètement stupide.

    Katioucha ferma les yeux, inspira cet air que son peuple avait fui en toute hâte. Un air sûrement encore vicié par les émanations radioactives, et portant à jamais l'odeur de la peur. Elle rouvrit les yeux. Rien n'avait changé et elle sentait plus que jamais tout ce que cette ville représentait pour elle.

    - Natalya, tu viens avec moi ? Toute seule, je crois que je n'y arriverais pas...

    Demander à son frère, elle n'osait pas. Ivan pouvait avoir des réactions incontrôlables et elle ne voulait pas lui rendre cette journée plus difficile qu'elle n'était déjà. Certaine que sa cadette la suivait, Ukraine amorça son avancée.

    La ville n'était qu'un tombeau immense dont on avait oublié de rabattre le couvercle. Point de cadavres humains figés dans leurs actions quotidiennes mais des bâtiments estropiés, brisés. Comme autant de carcasses de monstres qu'on aurait mutilés et laissés pourrir. Pas un bruit, pas un son hormis le vent ne venait troubler le silence pesant. La ville était abandonnée, même parmi les animaux. A moins qu'ils se soient cachés et que les oiseaux aient oublié ici comment chanter.

    Sans qu'elle le veuille, ses pas la portèrent jusqu'à l'école. Le toit était crevé, tel un abcès débarrassé de ses miasmes, une blessure fraîche. Les livres jalonnaient le sol, ouvert sur des pages que plus personne ne tournerait. Des taches d'encre maculaient encore les pupitres, le début d'une leçon demeurait sur le tableau, à moitié effacé. Le temps s'était arrêté, figé.

    Il n'y aurait plus jamais de rires dans cette salle de cours. Plus de leçons, plus d'élèves aux doigts tâchés d'encre. Katioucha avança parmi les pupitres jusqu'à la fenêtre. Dehors des arbres avaient poussé, formant un rideau opaque. Il y en avait même un, rachitique mais suffisamment puissant pour avoir poussé à travers le plancher. Ses branches avaient gagné les étages supérieurs.

    La nausée lui vint sans prévenir. Elle crut que son cœur allait sortir de sa gorge tandis qu'elle se pliait en deux. Sa main se porta à sa gorge. Les spasmes la secouaient, et la bile lui arracha un cri de dégoût. On lui aurait mis de l'acide dans l'estomac que l'impression aurait été la même. Katioucha sentait son corps trembler, entendit ses genoux heurter le sol tandis qu'elle déversait tout ce qu'elle pouvait. Tout en espérant qu'elle ne rejetait pas seulement des sucs gastriques mais aussi tout ce poison qui souillait toujours ses veines.
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[Contemporain - Ukraine] Feux éternels { Natalya

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