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 Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]

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Vash Zwingli / Suisse

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MessageSujet: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   Mer 6 Juil - 14:20

Les enfants Réfugiés d'Autriche

Participants : Suisse, Autriche

Lors d'une soirée d'hiver, un groupe de plusieurs personnes marchait difficilement dans la neige de l'alpage afin de chercher refuge. Cette nuit-là était particulièrement glaciale, le temps idéal pour se mettre devant une cheminée, enveloppé dans une couverture de laine. Ce groupe de personnes avançait de plus en plus lentement, ils ne sentaient plus leurs jambes à présent enfouis dans la neige. La plupart de ces personnes étaient des enfants, ils étaient frigorifiés et affamés. Leurs vêtements ne suffisaient pas pour lutter contre le froid. Les Alpes, à cette époque de l'année, sont impitoyables.

Au loin, ils finirent par apercevoir de la fumée sortant d'une cheminée. Il s'agissait d'une grande maison qui pourrait être prête à accueillir le groupe entier… Malheureusement, ils n'avaient pas la certitude que le propriétaire de cette demeure les accueillerait à bras ouverts. Mais ils n'avaient pas d'autres choix. Ils reprirent la route jusqu'à cette maison. L'une de ces personnes semblait la reconnaitre, il s'arrêta pour la contempler avant de reprendre le chemin. Le groupe sentait peu à peu l'espoir d'être enfin au chaud et en sécurité.

Pendant ce temps, dans la fameuse demeure, un jeune homme blond au regard sévère était assit devant sa cheminée avec un chocolat chaud dans une main et un livre dans une autre. Il observait par la fenêtre cette tempête de neige qui faisait rage. L'hiver est rude cette année… Comme toutes les années. Il s'approcha de la fenêtre pour mieux voir et aperçu au loin, un groupe de personnes avancer dans la nuit noire et gelée.

" - Que font ces gens dehors par un temps pareil? "

Dit-il, fronçant les sourcils. Il retourna s'asseoir sur le fauteuil placé devant la cheminée. Il contempla les flammes qui jaillissaient et ne pensait à rien d'autre. Quelques minutes passèrent, il s'était assoupit le livre posé sur lui, quand quelqu'un frappa à la porte. Le jeune homme sursauta, le livre tombant par terre. Il se lève pour aller voir qui venait le déranger.

Le blond ouvrit légèrement la porte afin de laisser un champ de vision correct à son oeil pour voir de qui il s'agissait. Le groupe de toute à l'heure se tenait derrière la porte ne prononçant pas un mot.

" - Que voulez-vous? "

S'écria le jeune homme d'un ton aussi glacial que la température extérieure. Une jeune fille s'approcha de la porte avec un message un peu froissé. Le suisse prit la feuille de papier frôlant la main de la fillette encore gelée et l'ouvrit. Un texte en allemand était écrit. Il mentionne que La Croix-Rouge offre son aide à la population des pays touchés par la Guerre.

Après avoir terminé de lire le message, le jeune homme fit un geste peu habituel, montrant au groupe qu'ils pouvaient passez la nuit chez lui. La dernière personne du groupe à entrer dans la demeure était un peu plus grande que les autres, il portait une cape qui couvrait son visage. Il s'arrêta devant le suisse pour sans doute le remercier. Le blond le regarda à son tour et ajouta d'un ton sévère :


" - Si vous avez faim, n'hésitez pas à me demander, je vais préparer un dîner pour tout le monde. En haut des escaliers, il y a plusieurs chambres, vous pourrez bien dormir. "



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MessageSujet: Re: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   Jeu 7 Juil - 11:26

Le vent de l’hiver les avait poussé jusqu’ici avec le souvenir d’une énième croisade d’enfants sans noms. Ici aussi, on venait pour le Salut, pas celui de Dieu mais bien celui des Hommes. Etait-il là, le temps de la Rédemption ? Non loin, trop loin, tellement loin… Comme un berger comptant son troupeau d’agneau, Roderich vérifia que tous les enfants étaient rentrés. Ceux-ci, transis de froid et loin de leurs familles n’osaient parler, se contentant de regarder les lieux avec un seul et unique regard vide : celui où se cachent les rêves les plus sombres avec les monstres sous le lit et les ogres dans le placard.
Vash s’avança vers lui, il ne l’avait pas reconnu évidemment. Pourquoi diable Roderich serait-il venu jusqu’ici, hein ?
Dieu, ai donc pitié des Hommes…

L’Autrichien enleva alors la capuche qui lui recouvrait le visage, offrant à Vash la vue d’une homme qui, même s’il restait le même, n’avait que trop changé. Sur le corps marqué subsistait des traces de l’Anschluss mais surtout, des traces de la guerre. Oh il n’était pas la plus blessée des nations, mais chaque douleur porte en elle le poids de la solitude, c’est cela qui rend les choses si terribles. Oui, c’est cela…

Ils ont faim mais ne demanderont pas, ils sont terrorisés mais ils dormiront quand même. Les plus jeunes pleureront lorsque ceux essayant d’être adultes n’auront que des cauchemars, mais ce sont de bons enfants, tu sais ? De bons enfants…

Un silence… Roderich regardait Vash comme si cela était la première fois qu’il le voyait, comme s’il redécouvrait l’autre homme. C’est vrai, lui il avait surtout connu l’enfant Suisse, l’adulte qu’il était devenu le faisant ensuite à chaque fois se heurter à un mur de colère et de ressentiment. Cela était mérité…

Je te remercie de ton aide, elle est précieuse et sans égale. Je sais que tu t’occuperas bien d’eux, je suis sans doute l’une des personnes les plus à même de le comprendre…

L’homme resta silencieux encore un moment, puis remit le capuchon sur sa tête, se préparant au froid à venir. Il était fatigué, épuisé et la route était fort longue jusque chez lui, mais il devait en être ainsi.

Amen…

Ne t’inquiète pas, comme tu peux le voir je ne reste pas… Prends bien soin d’eux, tu sais où me trouver si tu as besoin de quelque chose. Malheureusement, en ce moment je n’ai que peu à t’offrir. Pitoyable, je sais…

Un enfant s’avança alors vers Roderich, comme terrorisé et tendit les bras vers lui pour une supplique silencieuse. Ramène-moi à la maison ? Non mon enfant, non il ne vaut mieux pas… L’Autrichien passa une main affectueuse dans les cheveux humides de la traversée sous la neige, il donna à Vash un regard d’excuse :

Son grand frère est à la maison, il avait atteint l’âge limite, il ne pouvait pas venir… Lui il est tout seul maintenant et il a peur, c’est un de ceux qui parle le moins.

D’une poussée affectueuse, il renvoya le garçonnet parmi les autres et se redressa encore une fois, la main sur la poignée de la porte. On y était à présent, la croisée des chemins comme peuvent le dire les plus grands écrivains. Qu’avait-il fait, oh qu’avait-il fait à sa jeunesse ? Son sourire devint grimace, tout autour de lui le monde s’écroulait.

Et cela était bien, et cela était bien…

Servus, Bruder …
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Vash Zwingli / Suisse

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MessageSujet: Re: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   Jeu 7 Juil - 14:05

La présence mystérieuse avait enfin montré son visage. C'était lui, l'homme que le blond s'attendait le moins à revoir. Celui qu'il a connu comme un enfant faible subissant défaites sur défaites, celui qu'il portait sur son dos et dont il soignait les blessures. Roderich, son ancien ami d'enfance, celui qui a perdu sa place dans son coeur de pierre. Mais le coeur de pierre du suisse s'est ramolli à la vu de ces pauvres enfants loin de leur famille. Sa nation a décidé de leur venir en aide, pourquoi refuserait-il de les aider? Il n'est pas un si mauvais bougre. Il se nourrit lui-même de rations, il n'a même pas assez pour vivre lui-même. Est-ce que le moment d'être généreux? Il l'a bien fait pour Liechtenstein alors qu'il n'avait rien à se mettre sous la dent.

Vash lança un regard noir à l'autrichien et ne s'empêcha pas de remarquer les blessures de guerre. L'Anschluss… pourquoi a-t-il rejoint l'Anschluss ? Pourquoi a-t-il tant changé? Cet être si paisible qu'il était une fois plongé dans sa musique. Mais il ne faut pas oublier qui a crée le parti Nazi, c'était un autrichien… Bien sur, le suisse a une part de culpabilité dans cette histoire. S'il accepte de nourrir ces jeunes créatures sans défense, il s'agit peut-être d'un moyen de se rendre utile. Un moyen de montrer qu'il a du coeur, finalement.

“ - Je vais préparer le dîner dans ce cas… même s'il s'agit du stricte minimum. Je ne les laisserai pas mourir de faim, tu peux me croire... “

Dit le suisse d'un ton relevé. Il n'a pas l'intention de les maltraiter, il est bien difficile de se retrouver subitement dans un pays étranger, loin de leur famille, sachant qu'ils auraient peut-être perdu quelques proches. Ils ont besoin de soutien moral. Vash le sait très bien.

Il fronça les sourcils à la vue de Roderich qui s'apprêtait à repartir pour affronter le chemin du retour dans ce froid épouvantable. Que faire ? Il le déteste peut-être mais ne souhaite pas le laisser mourir dehors. Un des enfants est apparu afin de l'empêcher de partir. Vash, au fond de lui-même, ne voulait pas le laisser partir non plus. Mais il se tut et observa la réaction de l'autrichien qui peu après lui expliqua la situation de cet enfant qui semble être le moins bavard du groupe.

Peu après, Roderich posa sa main sur la poignée de la porte mais une autre main adulte l'empêcha de faire un geste supplémentaire. Cette main, c'était celle de Vash.

“ - Reste, idiot… "

Le suisse ne le regarda pas dans les yeux, il fixait le sol tout en le retenant. Il a rassemblé tout son courage et ravalé son orgueil pour tenter de le dissuader de repartir. Il fait beaucoup trop froid dehors pour le laisser ainsi, sans rien à manger et déjà suffisamment épuisé par la route.

“ - Reste au moins pour la nuit. Tu as déjà assez souffert comme ça… Tu es fatigué. C'est inhumain de retourner dehors. “

Vash pris la main gelée de l'autrichien qui était posée sur la poignée de la porte, il attrapa également l'autre main et l'entraina vers la cheminée. Peu à peu, son regard croisa celui de Roderich, il était meurtri et compatissant.

“ - S'il faut que je dorme par terre, qu'il en soit ainsi, mais je refuse de te laisser mourir de froid, idiot! “

Le suisse prit la couverture de laine qui était posée à côté du fauteuil et se mit à envelopper le corps de son invité surprise avec celle-ci en frottant son dos pour le réchauffer.

“ - Ne t'en fais pas pour moi ni pour les enfants… tu peux compter sur moi. “

Le blond fit s'asseoir l'autrichien sur le fauteuil et alla à la cuisine pour préparer une bonne marmite de soupe chaude pour tout le monde.


Dernière édition par Vash Zwingli/Suisse le Jeu 7 Juil - 23:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   Jeu 7 Juil - 16:16

Inhumain de laisser quelqu’un repartir dehors ? Roderich étouffa un rictus : Ni Vash, ni lui n’étaient humains, alors… Et des mains se saisirent alors des siennes, on peut expliquer beaucoup de choses mais pas la triste morsure des souvenirs d’enfance qui renaissent alors. L’Autrichien se laissa guider près du feu sous le silence des enfants et les mots de Vash. Oui il était épuisé, mais depuis quelques siècles cette maison n’était plus la sienne alors pourquoi rester ?

Une couverture sur ses épaules, une présence amicale et c’est ainsi que le monde est monde. Le petit garçon muet alla sur les genoux de Roderich tandis que leur hôte se dirigeait vers la cisine. D’un mouvement souple du bras, comme un illusionniste, l’Autrichien recouvrit également la silhouette du garçonnet par la couverture.
Tous les enfants restaient muets, certains se dandinaient sur place, mal à l’aise, et une fillette un peu plus hardie que les autres osa s’avancer vers la cuisine pour voir si le Suisse n’avait pas besoin d’aide.
Peu à peu, Roderich sentait la somnolence le gagner, Vash n’avait pas à abandonner son lit, il pouvait très bien dormir dans le fauteuil après tout….

Je sais que je peux compter sur toi, évidemment. C’est toi qui ne peux pas compter sur moi…

Les enfants le regardaient, ils comprenaient sans comprendre, si jeunes mais si vieux, si loins mais pourtant si proches. Roderich était le spectre de leur nation : le pays ravagé, le père absent parti au front, celui qui reviendra, celui perdu dans un camps de prisonnier, celui qui ne reviendra plus aussi, plus jamais. Que voyaient-ils, ces yeux innocents, lorsqu’ils le regardaient ?

L’homme secoua la tête et abandonna le fauteuil au petit garçon. Il alla rapidement rejoindre Vash en cuisine, ouvrant la porte avec mille précautions. Aussitôt, comme en simple réponse à sa présence, une étagère tomba à terre avec grand fracas.

Les enfants éclatèrent alors tous de rire avec une seule et même voix. Comme un rayon de soleil dans la pièce… Confus, Roderich ramassa tout ce qui était tombé, il n’y avait pas de casse, tout allait bien mais sa seule présence dans une cuisine était synonyme de catastrophe…

Sombre alors que les enfants souriaient et se détendaient un peu, l’Autrichien alla finalement s’adosser contre un mur, prêt à ne pas écouter les cris de Vash. Il regarda la nuit et la neige par la fenêtre : dehors, il aurait du être dehors… La forte envie de rentrer chez lui, de rentrer en Autriche, plus dans le Reich mais bien en Autriche. Enfin un nom retrouvé…

Malade de son pays, malade de lui-même, Roderich choisit le silence et la mélancolie pour drapeaux. Demain, oui demain il ne serait plus qu’un mauvais souvenir dans cette maison. Les enfants seront bien ici : à manger, un terrain pour jouer dans la neige et un adulte responsable pour les rassurer.

Roderich, lui, n’était plus un adulte responsable mais bien le monstre du placard. Oh pas autant que Ludwig, pas autant que d’autres, mais en quelques années, comme un ange qui choisi de chuter, il avait perdu parmi ses dernières plumes d’humanité.

Certains enfants s’étaient assis au coin du feu et s’amusaient au jeu des ombres chinoises. Leurs voix, comme des chants d’oiseaux, l’apostrophaient avec enthousiasme : Herr Roderich, Herr Roderich !

Un gamin fit un lapin, une petite fille s’amusa alors à former un loup pour le poursuivre. Il y eu des cris, les plus jeunes se demandèrent à quelle sauce allait être mangé ce pauvre lapin et Roderich intervint. Avec maladresse, il essaya de donner forme humaine à son propre enchevêtrement de doigts, pour sauver le petit lapin d’ombre. On lui demanda quelle était cette créature alors qu’il faisait : était-ce un ange venu sauver le lapin et punir le loup ?

Non mes enfants, c’est un Suisse…
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Vash Zwingli / Suisse

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MessageSujet: Re: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   Sam 9 Juil - 18:29

Certes, la question d'être humain ou pas ne se pose pas, mais reste-il que l'Autrichien était épuisé, et même une nation a le droit de se reposer. Vash décida d'oublier un instant cette haine qu'il a envers cet homme, qui, il faut l'admettre, reste un ami malgré le passé, et lui offrir l'hospitalité qu'il mérite après avoir traversé tout ce chemin jusqu'ici. Lui offrir un bol de soupe chaude ne ferait pas le mal, pour une fois que le Suisse est généreux.

Il se précipita à la cuisine et sortit de quoi préparer la soupe. Ce n'était pas grand chose, et par un temps pareil, il valait mieux se nourrir de quelque chose de chaud. Pendant qu'il préparait les légumes, une fillette entra dans la cuisine pour demander de l'aide. Vash se retourna et la contempla, elle avait les cheveux longs et le sourire aux lèvres. Et de sa douce petite voix d'ange, lui demanda si elle pouvait lui donner un coup de main. Le Suisse se mit à sa hauteur.

" - Jeune fille, tu es bien aimable mais je n'ai besoin de rien. Tu as fais une longue route jusqu'ici et j'aimerais que tu te détendes à présent."

Il posa sa main sur ses cheveux et lui souria faiblement, mais la petite fille resta pour le regarder travailler.

" - Aimes-tu faire la cuisine, jeune fille? "

Demanda-t-il. La fillette acquiesça, elle expliqua qu'elle aimait bien regarder sa mère préparer le dîner. C'était un moyen d'apprendre à devenir une fée du logis sans doute. Le Suisse prit un morceau de gruyère et donna une petite lamelle à l'enfant, puis, se mit à râper le reste car il aime saupoudrer sa soupe avec du fromage. Il posa le bol de fromage râpé de côté afin que tout le monde puisse se servir et continua de remuer la soupe.

La porte de la cuisine s'ouvrit et une étagère tomba, produisant un immense bruit suivit de rires d'enfants. Vash se retourna avec sursaut et vit Roderich déjà agenouillé au sol en train de ranger et de s'excuser sans cesse. Le Suisse, d'un ton légèrement sarcastique lui dit:

“ - Toujours aussi maladroit… Tu n'as pas changé."

Il n'était pas d'humeur à s'énerver, la jeune fille l'avait apaisé de par sa présence dans la pièce. Vash l'aida à ramasser et à replacer l'étagère pour enfin reprendre la préparation du dîner. L'Autrichien n'osait bouger d'avantage et resta en leur compagnie. La fillette alla vers lui pour répéter en riant ce que le Suisse avait dit. Tu es maladroit, tu es maladroit. Vash se retourna faiblement pour les regarder et vit l'Autrichien sourire. Cela lui avait rappelé son enfance quand il riait alors qu'il avait une flèche planté dans les fesses. Il ne cessait de rire, et Vash aussi, il riait. Cela faisait trop longtemps qu'il n'a pas rit comme cela.

Une heure plus tard, le dîner était presque prêt. Le Suisse, n'ayant jamais eu autant d'invités à sa table, dût sortir beaucoup plus de vaisselles que d'habitude. Étrange sensation… Et cette ambiance silencieuse qui régnait dans cette maison se changea en brouhaha mélangeant rires et pleurs. Quelques enfants étaient encore sous le choc. Le choc de ne pas être chez soi. Le choc d'avoir perdu des membres de sa famille. Le choc de ne pas pouvoir faire quelque chose pour aller mieux.

Un des enfants était beaucoup trop près du feu, Vash se précipita vers lui pour prendre sa main avant qu'elle ne touche la flamme. Il haussa légèrement la voix:

“ - Non! Tu vas te brûler la main! Il ne faut pas toucher au feu. “

L'enfant se mit à pleurer, Roderich était là, il a tout vu. Le Suisse vint lui prouver qu'il était responsable et que les enfants étaient en sécurité avec lui. Malgré les pleurs du gamin, le Suisse resta ferme mais finit par le prendre dans ses bras pour le calmer.

“ - Ne pleure pas, petit. Je ne voulais pas te gronder. Je voulais te protéger, rien d'autre. “

Il le souleva et le posa vers un groupe d'enfants qui jouaient. Il retourna dans la cuisine pour servir la soupe.

“ - A table tout le monde! “

Le repas était servit, les enfants avaient tous trouvé un endroit pour s'asseoir. Vash servit plusieurs bols de soupe qui passaient d'une main à une autre jusqu'à ce que tout le monde soit servit. Roderich se tenait derrière, silencieux. Le Suisse remplit un dernier bol et le tendit à son ancien ami.

“ - Tiens, ça va te réchauffer… “

La marmite de soupe était encore pleine, les enfants en redemandaient. C'était si délicieux. Ils étaient enfin heureux. Vash aussi, était heureux. Il joua encore une fois le rôle du sauveur. La nation altruiste qui protège et sauve de nombreuses vies.
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MessageSujet: Re: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   Ven 5 Aoû - 15:21

Un bol de soupe à la main, Roderich restait cependant debout tel le spectre des Noëls passés, ses yeux posés sur les enfants. Beaucoup restaient tristes, et leur mélancolie faisait partie intégrante de son âme à lui. Il ne pouvait les consoler, il ne pouvait se consoler… En cela l’aide de la Suisse était la bienvenue, il fallait reconstruire ces enfants, que les générations futures ne soient pas fantômes mais bien être humains. Un léger sourire aux lèvres, le sourire des morts pour les vivants, il n’écoutait pas ce que disait Vash. De toute manière l’autre n’avait rien à lui prouver, l’Autrichien sachant fort bien de quoi il était capable.

En silence, l’homme but son bol. Il n’en reprit pas, car même si la marmite était pleine, les enfants restaient beaucoup. Qu’ils mangent donc, un estomac bien rempli aide à s’endormir sans de mauvais cauchemars. A la fenêtre, le vent hurlait comme le loup solitaire. Roderich aurait du être dehors à cette heure, essayant de rentrer chez lui. Il était fatigué, certes, et reconnaissant à Vash de l’accueillir juste pour cette nuit, mais une partie de lui regrettait la longue marche, celle qui parait sans fin mais permet à l’esprit fatigué de réfléchir

Certains enfants le regardaient silencieusement, personne ne fit cependant de commentaires : leurs yeux innocents ne le jugeaient pas. Finalement il sourit, d’un sourire tel qu’on l’aurait dit taillé dans la tristesse même, et parla.

Je vais prendre l’air, je reviens…

Etait-ce vrai ? Il ne savait pas… Roderich franchit la porte, prenant bien garde à la refermer derrière lui et soupira. Le serpent de la solitude vint aussitôt l’emprisonner de ses anneaux, dieu qu’il aimait ça… Il y avait eu trop de bruit finalement à l’intérieur, il était homme de musique, il était homme de silence.

Et puis, il n’avait rien à dire à Vash…

Au dessus de lui, il n’y avait rien d’autre que les étoiles. L’espace d’un instant, l’homme ferma les yeux, respirant l’air de la nuit et s’imaginant en arrière, tellement en arrière…. Il repensa au Moyen Âge alors que son cœur meurtri pleurait cette époque, Dieu qu’il était vieux maintenant : la modernité l’avait aval sans qu’il ne puisse se débattre avec toutes les folies du XXe siècle. Il n’avait pas su comment résister, il n’avait pas su comment faire, aider, combattre, s’élever. Oui il n’avait rien su et tout lui paraissait tellement obscur à présent….

Bah, il fallait passer outre non ?

Petit à petit, l’Autrichien s’ouvrit au monde à nouveau. Il regarda les lumières de la maison, là où il faisait chaud et bon vivre pour des enfants, et su qu’il n’avait désormais plus rien à faire ici.
Les temps qui s’annonçaient seraient durs, il allait devoir apprendre à nouveau la solitude et désormais ne posséderai même plus le sourire des enfants pour tenter de s’élever à nouveau. A présent allait venir le Temps des Chasseurs,c eux des mauvais souvenirs, ceux des mauvaises époques, ceux des nazis, ceux de la honte… Lui, il devrait apprendre à se chasser lui-même, à évoluer, à changer tout en restant le même pourtant. Une chose impossible lui semblait-il, ce serait comme se trahir non ?
Abandonner nos chagrins et nos rêves pour en cueillir d’autre, porter la lumière, porter les ténèbres… est-ce que l’on pouvait rester le même pourtant ?

Les gens courent, les gens marchent, les gens tombent… C’est le monde, un monde fou, malade, triste et en même temps un peu joyeux quand même.
Et pourtant…

Il avait dit à Vash qu’il revenait… Et s’il ne revenait pas ? La neige, le vent… de la compagnie acceptable. Et puis le silence, tout ce silence. Vous savez quoi ? Aujourd’hui c’était la fin du monde….

La fin…

Et puis dans le fond, tout était tellement beau. L’homme choisit de sourire à la nuit, il se sentait triste, il se sentait mieux.
Il repensa à l’enfant qu’il avait été, l’enfant perdu avec des mots trop grands pour lui… Dommage qu’il ne pouvait plus l’être à présent, non ?

Allez, la vie est belle, il faut en profiter…
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Vash Zwingli / Suisse

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MessageSujet: Re: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   Lun 7 Nov - 11:55

Spoiler:
 

Vash se retrouva occupé par la surveillance des enfants, certains mangeaient, d'autres avaient retrouvé le sourire l'espace d'un instant, le coeur probablement réchauffé par la nourriture et le fait d'avoir un toit sur la tête. Mais ces enfants allaient passer un bon bout de temps chez lui. Il fallait donc réfléchir à leur éducation, car certains étaient en bas âge et d'autres assez grands pour aller à l'école. Il leur fallait donc les inscrire afin qu'ils apprennent comme il se doit, les valeurs de la culture et l'apprentissage de la langue. Car contrairement à Autriche qui parle allemand, en Suisse on parle plusieurs langues, et ce n'est pas forcément le même dialecte. Les pauvres… ils seront perdus au milieu de ces gens qui ne communiquent pas de la même manière. Il leur faut des livres, des images, de la poésie… Il leur faut découvrir ce nouvel horizon qui s'offre à eux. Ils le méritent tous.

Je vais prendre l'air, je reviens...

Après ces mûres réflexions qui traversèrent l'esprit du Suisse, cette voix d'adulte ressortait parmi ce brouhaha d'enfants et qui ne manquait pas d'interpeler l'autre adulte de la pièce. Il regarda en direction de la porte d'entrée et vit l'Autrichien sortir par ce blizzard. Quelle idée alors qu'il est bien au chaud à l'intérieur ? A-t-il besoin d'un moment de solitude ? Vash jeta un dernier regard sur les enfants afin de s'assurer que personne ne fait de bêtises. Ils étaient tellement préoccupés par leur bol de soupe. Et les plus avertis d'entre eux savaient que si aucun adulte ne se trouve dans les parages, c'était à eux de prendre la main et de veiller sur les plus jeunes. Le Suisse haussa la voix dans toute l'assemblée.

" - SILENCE! J'ai à vous parler… "

Et le silence se fit. Tous les regards se tournèrent vers le blond. Il avait un léger sourire en voyant les enfants heureux d'être nourris, bien au chaud et entre de bonnes mains, mais à cet instant, il avait retrouvé ce regard austère.

" - Ne faites pas de bêtises pendant ma légère absence, mangez tranquillement, il y a assez de soupe pour tout le monde. Quant aux plus âgés d'entre vous, veillez à ce que les plus jeunes ne touchent à rien. Je ne veux pas d'accident pendant que j'ai le dos tourné, est-ce que je me suis bien fais comprendre? "

Sur ces mots, le Suisse enfila une veste et imita son invité Autrichien en prenant la porte afin de voir ce qu'il est allé faire. Inquiet, il ne voulait pas qu'il s'en aille sans explications. Il était déjà surpris que Vash lui propose de passer la nuit, il aurait été capable de filer en douce, trop gêné pour occuper une chambre sans doute. Mais non, il était bel et bien là, devant la maison, tout seul à cogiter. Il avait besoin de silence, et Vash le connait bien, il déteste le bruit c'est un musicien. Jeune déjà, il avait apprit au Suisse à jouer au piano. Il se souvient qu'il avait beaucoup de mal mais qu'il se débrouillait pour trouver les notes. Il se souvient des touches noires et des touches blanches, mais jamais il ne saurait jouer une musique ou même composer une mélodie. Il est bien meilleur avec une arme. Lui aussi, a apprit des choses à Roderich, il lui a apprit à se tenir à table et à se battre, bien que ce dernier n'aimait pas trop cela. Il a toujours été faible, car il n'aime pas la violence. Vash l'avait compris.

Il s'approcha de son vieil ami meurtri, posa sa main sur son épaule et attendit une réaction.
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MessageSujet: Re: Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]   

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Les enfants réfugiés d'Autriche [Après la Seconde Guerre Mondiale]

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