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 [époque actuelle] Réminiscences || Mongolie

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Kim Yong Sun / N.Korea

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MessageSujet: [époque actuelle] Réminiscences || Mongolie   Ven 22 Juil - 16:15

La faim.

Celle qui broie l'estomac du malheureux qui ne la comble pas. Celle qui donne envie de recracher ses tripes tant elle enlace fort. Celle qui siffle des propositions démentes aux fous qui osent l'écouter. Celle qui fait perdre la raison aux plus sages.
Cette faim-là, Corée du Nord ne la connait que trop bien.







Accroupi, sur le trottoir d'une ruelle, Yong Sun attend.
Une légère odeur de brioche flotte dans l'air. Elle vient du marché, plus bas dans la rue. Il serre son ventre. Baisse la tête pour respirer la poussière. Garde les yeux ouverts pour ne pas imaginer.
Sa douce compagne, la faim, attend à ses côtés.


Tôt ce matin, il était allé voir son Chef. D'habitude, il ne le fait pas. Jamais. Alors son Chef avait comprit que c'était grave.
Ils s'étaient mis face à face. Et ils avaient parlé.
     "Je vais mal."
A aucun moment leurs regards ne s'étaient croisés. Chacun d'entre eux avait soigneusement évité l'autre. Car chacun d'entre eux souhaitait que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve.
     "Votre seul soutient n'est plus suffisant."
Les minutes s'était écoulées aussi lentement que des heures. Cet entretient avait, pour les deux hommes, semblé interminable.
     "J'ai conscience des risques que je prends. Mais je dois absolument agir. Personnellement."
Et lorsque Corée avait eu fini de parler, son Chef s'était levé. Il avait fait quelques pas en direction de la fenêtre, regardé le ciel un bref instant, puis déclaré :
"Très bien. Faites ce qui vous semble adéquat. Mais faites-le ailleurs."
Alors Yong Sun avait acquiescé. Il avait salué, et il était parti.


Accroupi, sur le trottoir d'une ruelle de Chine, de l'autre côté de la frontière de Corée, Yong Sun attend que passe quelqu'un qui puisse le débarrasser de sa faim.
A côté de lui, il y a un petit panier de fleurs roses. Sans doute la seule touche de couleur de toute cette vieille rue grisonnante et poussiéreuse. Mais loin de servir à égayer le paysage chinois, ces fleurs sont en réalité son arme.
Une arme dont les cibles s'approchent sans hésiter...

Le dernier à avoir essayé de butiner était un homme d'une quarantaine d'années, chinois, qui suait sa graisse par tous les pores de sa peau boursouflée.
Quand il l'avait vu, Yong Sun s'était d'abord figé d'étonnement face à un tel concentré de prestance et de force. Et lorsque son regard avait croisé le sien, quelque peu noyé entre la masse de son front et de ses joues écarlates, l'émotion lui avait donné des vertiges...
Il avait donc attrapé son petit panier, et était directement allé lui proposer "ses fleurs" -juste après une légère motivation mentale de 15 minutes..."c'estpourmanger,c'estpourmanger,c'estlafauteàAmérique,c'estpourmanger". Proposition que l'homme s'était empressé d'accepter.
Il l'avait donc emmené à l'hôtel le plus proche.
Jusqu'à présent, tout s'était plutôt bien passé. Mais alors que Yong Sun s'attelait à préparer son client (et à vérifier par palpation combien de litres de kimchi pouvait contenir cet énorme ventre), celui-ci, trop pressé pour sa propre sécurité, avait eu la mauvaise idée de passer un peu trop brusquement la main sur l'entrejambe coréenne. A cela, la réponse avait été immédiate et violente. Et un Ap tchagui* plus tard, on pouvait observer le corps flasque et inanimé rouler par terre... une assez bonne reconstitution des horloges molles de Dali, à vrai dire.
...
Malgré que le client se soit endormi sans payer, Corée du Nord, en brave garçon qu'il était, eut la politesse de récupérer lui-même son salaire et de quoi payer la chambre dans son porte-monnaie, afin que tout soit bien en règle.
Puis il était retourné attendre. Avec ses fleurs et sa faim.

Encore deux ou trois comme celui-là, et il pourrait rentrer chez lui. Encore deux ou trois, et il pourrait enfin manger...

C'est au moment où il pensait cela qu'une nouvelle silhouette se profila dans la ruelle grise. Une silhouette qui semblait déjà plus digne de Yong Sun que la précédente.
Sa vision se troublait lentement, mais il pouvait encore distinguer qu'il s'agissait d'un homme, qu'il avait une taille convenable, et qu'il n'était pas chinois.
Le garçon se redressa, en s'efforçant de ne pas tituber, ramassa ses fleurs, dégaina son sourire N°58, et alla à sa rencontre, tête baissée.


"Excusez-moi, monsieur, voulez-vous m'acheter mes fleurs ?"

"Excusez-moi, pauvre étranger naïf et dégoutant, êtes-vous capable de me faire oublier ma faim plus de cinq minutes ?"

Spoiler:
 
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Azer Urul Khan / Mongolie

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MessageSujet: Re: [époque actuelle] Réminiscences || Mongolie   Mar 25 Oct - 22:31

Azer était sortit de chez lui. Enfin. C’était un bien grand mot. Il n’avait fait que traverser la frontière chinoise. Histoire de passer ses... amitiés à Yao et, accessoirement, lancer une énième dispute de vieux couple entre les deux nations. Ces disputes où chacun titille les petits points faibles de l’autre dans le seul but mesquin de le voir s’emporter – ce qui, avec Azer, n’était pas un spectacle bien difficile à obtenir – et où les sourires torves et les mâchoires serrées sont de mise. Et pourtant, malgré les engueulades et les centaines de sets de thés explosés sur le sol, ils y revenaient toujours. Ils se voyaient, passaient un bon moment ensemble, commençaient à hausser la voix, à oublier la raison triviale de leur dispute, à bouder chacun dans leur coin, et à tout recommencer. C’était ainsi depuis des années, et ça n’était pas prés de changer.

Bref.

Tout ça pour dire que même si le Mongol était désormais un casanier qui quittait rarement ses frontières, il lui arrivait fréquemment de bouger sans crainte sur le territoire chinois. Ces visites n’étaient pas rares, quoique de plus en plus espacées, mais son entourage se pâmait d’étonnement à chaque fois qu’il annonçait son départ.
A tel point qu’à force, il avait finit par ne plus rien dire à personne, fatigué de toujours fulminer contre ceux qui voyait un petit miracle dans le simple fait que leur représentant pense à se sociabiliser un chouïa. Bande de yacks attardés va.

Bref. Bis.

Il se trouvait donc en ville. Loin de s’émerveiller sur la beauté majestueuse de l’asphalte gris et sale, comme les trois quarts des gens – des touristes, pour la plupart – il marchait d’un pas résolu, le dos droit, sachant exactement où il allait. Il n’était pas du genre à flâner ou à regarder tout autour de lui comme un gosse émerveillé ou, à défaut, comme un de ces pigeons d’occidentaux. Du reste, il avait particulièrement du mal avec la vie citadine. Chez lui, les villes, quoique grandes, étaient rares. Les agglomérations n’existaient quasiment pas. Malgré l’apport technologique somme toute honorable qui régnait dans sa capitale, il préférait toujours le calme et l’immensité des steppes. L’amour de la vie à la dure, de la sensation de liberté des plaines, ne l’avait toujours pas quittés après tant de siècles.

Peut-être était-ce pour ça qu’il était resté aussi abrupt et direct. Dommage, Dame Diplomatie n’apprécie pas. On comprend à présent pourquoi la Mongolie n’est pas des plus présentes aux meeting mondiaux.

Lui, il avait sa vie, son pays, et il se foutait bien de ce qu’il se passait ailleurs dans le monde, tant qu’il avait droit à ses petites defoulades avec le chinois de temps à autre.

Ses pieds le portait machinalement, passant des grandes avenues surpeuplées – comment diable Yao faisait-il pour vivre avec cette foule oppressante dans ses rues ? – aux ruelles désertes. Il savait où il allait, il n’avait pas besoin de réfléchir sur sa destination. Ce qui lui donnait tout le loisir de réfléchir et de laisser vagabonder son esprit.
Si seulement on lui en donnait l’occasion.
Alors qu’il traversait un de ces passages sombres et crades – l’envers du décors des lumières éblouissantes des mégalopoles chinoises – une ombre s’interposa, lui bloquant le passage. Et deux cas de figure s’imposa à son esprit.

Cas de figure 1 : Pousser sans ménagement la soudaine apparition sans lui accorder autre chose qu’un regard à faire fuir Gengis-Khan lui-même et poursuivre sa route.
Cas de figure 2 : S’arrêter. Écouter. …Improviser.

La première solution s’imposa évidemment immédiatement. Et se morcela lentement, petit bout par petit bout, pour laisser la place à la solution numéro deux. Alors qu’il levait le bras pour repousser l’inconnu, les méninges du cerveau d’Azer – *minute science* la zone de l’hippocampe, si vous voulez tout savoir */minute science* – se mirent en branle-bas de combat. Sa mémoire à long terme s’activa, triant les données, assemblant, associant, jusqu’à ce qu’un visage, un nom, et une identité propre se fasse un chemin. Et sans écouter la question de l’inconnu qui n’en était plus un, le coupant même, sa voix aussi froide que les eaux de ses rivières traversa la barrière de ses lèvres.

- Qu’est-ce que tu fiche ici toi ?

Son regard dur avisa le pitoyable petit panier, et il ne lui fallu pas plus pour comprendre la situation.

- Tu t’es trompé de pays. Va-t’en.

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Kim Yong Sun / N.Korea

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MessageSujet: Re: [époque actuelle] Réminiscences || Mongolie   Lun 26 Mar - 18:00

"Qu’est-ce que tu fiche ici toi ?"


Qu'est-ce que. Je fiche. Ici. Moi ? Mais sur quel oiseau était-on encore tombé ? Touillez donc vos petites méninges, mon bon monsieur, et faites s'envoler votre imagination. Vous allez deviner ce que je "fiche" en un rien de temps. Un indice : nous sommes dans une petite ruelle isolée. Un autre ? il y a foule de petits hôtels dans les environs. Encore un dernier parce que vous êtes charmant : je vous propose mes fleurs...
Et je vous en prie, continuez de me parler de façon si familière, ça me rend tout chose.


"Tu t’es trompé de pays. Va-t’en."


Vraiment ? Vous m'en voyez conf-...

...Une petite minute.
...Cette voix.
Cette voix imposante qui ricochait contre les pavés. Cette voix qui le percutait jusque dans ses entrailles. Cette voix qui faisait tressauter sa mémoire... Yong Sun releva légèrement la tête, et entama une longue et pénible ascension oculaire sur la montagne qu'était son interlocuteur par rapport à lui bien sûr, nda. Son regard se coinça dans les environs du cou.
Safe mode ON.

Non.
Non non non non non.
Ça ne pouvait pas être lui. Il n'y avait pas moyen que ce soit lui. Qu'est-ce qu'il serait venu faire ici de toute manière ? Ça faisait des siècles qu'il s'était enterré dans les tréfonds de ses steppes, si bien que la moitié de la planète avait dû oublier son existence. D'ailleurs il y avait de quoi se demander s'il n'était pas décédé d'une indigestion de lait de yack périmé depuis le temps. Il était absolument improbable que cet ours agoraphobe se soit aventuré au delà du monticule givré qui lui sert de territoire, et même si c'était le cas il n'avait absolument aucune raison de se rendre chez Chine, et encore moins de passer par cette ruelle puante et dégoutante en chemin, et puis sérieusement même si quelques obscurs évènements exceptionnellement exceptionnels avaient effectivement rendu les précédentes spéculations possibles, quel était le pourcentage de chances pour qu'il- et merde c'était lui.

Il s'écoula quelques minutes avant que Yong Sun ne réalise que son visage s'était tordu en une grimace absolument ridicule au fur et à mesure qu'il avait dû affronter la réalité de la présence d'Azer. Le temps que son cerveau réémerge et il se redressa, referma sa mâchoire, balança sa main à panier dans son dos, et raccrocha son expression narquoise habituelle à ses lèvres.


"...Bonjour. Si je m'attendais à vous rencontrer ici, et dans de telles circonstances...eh bien je me serais laissé mourir chez moi. Cette situation est quelque peu embarrassante, je dois dire. Alors si vous pouviez me faire l'honneur de passer votre chemin, de mon côté je pourrais terminer ce travail passablement ingrat au plus vite, et ainsi tout irait pour le mieux."


Il étira ses lèvres pour découvrir un sourire plein de dents.
Mongolie, si par le plus grand des hasards tu as dans le fond de ta botte gauche un fusil à me coller sur les gencives, je t'en prie, laisse-toi aller à tes désirs. Tu auras ma reconnaissance éternelle.
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