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 [1870 - 1890] Faire revivre les mythes

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Ludwig / Allemagne

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MessageSujet: [1870 - 1890] Faire revivre les mythes    Lun 12 Sep - 20:50

Spoiler:
 

    « Ne m’irrite pas, misérable, lui répond Aphrodite, enflammée de colère, de peur que, dans ma fureur, je ne t’abandonne, et ne te haïsse avec autant de violence que je t’ai chérie jusqu’à ce jour : oui, je susciterai de tristes discordes parmi les Grecs et les Troyens, et tu périras victime d’une affreuse destinée. »
    [Iliade – Chant 3]


    Il referma le livre et essuya du revers de la main la sueur qui lui collait au front. L'Allemand n'avait jamais réussi à supporter les climats autres que ceux de son propre pays et de l'Europe occidental. Dès que le climat se faisait humide et/ou chaud, il fondait mieux qu'une glace. Une glace salée par la sueur.

    Soupirant de lassitude, Ludwig se leva, fit craquer ses membres qui s'étaient endormis durant sa lecture. Il essayait de comprendre l'engouement qu'éprouvait les humains, et ce Schliemann devant les récits d'Homère. Des héros, des dieux, du sang, de la trahison, de l'amour et autres nombreux thèmes qui avaient de quoi attirer tout lecteur potentiel. Excellents acteurs, décors exotiques. Sans contexte, l'auteur avait mené là un travail de maître. Mais tout cela n'était qu'une histoire. Pâris, Hélène, Achille, Ulysse : aucun de ces personnages n'avait réellement existé.

    Ce que démentait Schliemann. Il affirmait même pouvoir trouver la légendaire cité de Troie grâce aux indications laissées par Homère dans son œuvre. Certes les livres étaient emplis de vérité – aux yeux de Ludwig du moins – mais était-ce le cas de celui-ci ? Il commençait tout doucement à y croire. Schliemann avait découvert des ruines et certifiait qu'elles correspondaient aux descriptions laissées par Homère. Balançant entre le scepticisme et la croyance pure et dure, Ludwig ne savait pas encore quel crédit donner aux découvertes de cet homme. Mais ce dernier nageait dans un tel bonheur qu'il aurait été cruel de vouloir briser ses espoirs.

    Le livre toujours en main, l'Allemand déambulait parmi les bâtisses mises à jour par les fouilles. Avec des gestes délicats, l'équipe exhume les objets comme autant de trésors. Les vases s'alignent sur le bord des chemins, tout juste sortis de leur prison de terre et de sable. Un membre de l'équipe le hèle avec tant de vivacité que Ludwig en sursaute sur le coup. Ce n'est qu'après quelques secondes qu'il arriva jusqu'à la petite troupe.

    Dans les mains de Schliemann les bijoux étaient ternes, encore couverts de terre. Mais ils avaient gardé toute leur beauté d'antan.

    - Voyez messieurs, les bijoux d'Hélène de Troie !

    Voilà que maintenant cet homme croyait en l'existence même des personnages du mythe. Ludwig n'en laissa filtrer aucun mot, mais il devait avouer une chose. De tels bijoux n'auraient pas dépareillé sur une femme tel qu'Hélène. Une femme si belle qu'elle fut coupable d'avoir provoqué une guerre.

    - Je dois envoyer immédiatement un télégraphe. Je vous laisse les examiner de plus près Herr Deutschland.

    Le soleil fit briller une des gemmes innombrables que comportaient les bijoux. Colliers, boucles d'oreilles... Une parure de princesse. Ludwig tenta d'imaginer la femme qui avait porté tel parure. Qu'elle soit Hélène, ou Sophia, ou portant un tout autre nom, peu importait. C'était là les dernières traces de son existence. Comment était-elle ? Fine ou ronde, brune ou blonde, jeune femme à marier ou mère portant déjà un enfant ?

    Il crut que son imagination lui jouait des tours quand il discerna la silhouette de femme se dessiner sur les parois de pierre. Il cligna des yeux pensant chasser l'illusion. Aucune femme n'était présente sur les chantiers des fouilles, pas même la femme de Schliemann. Alors quoi ? La chaleur le faisait-il divaguer ? Mais cette main qui se tendait vers les bijoux, il ne la rêvait pas. N'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: [1870 - 1890] Faire revivre les mythes    Mer 5 Oct - 17:34

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Elle dormait.

Cela faisait des siècles qu'elle était endormie, telle une Belle au bois dormant de l'Antiquité – à la différence que celle-ci n'avait patienté que pendant cent ans. En ce qui la concernait elle, il fallait plutôt compter en termes de millénaires. Sa civilisation s'était éteinte ; et un soir, elle s'était endormie, pour ne plus se réveiller. Etait-ce parce que son peuple avait changé au fil du temps, ou au contraire, était-ce parce qu'elle avait été sur sa fin que son peuple avait changé? Même après tout ce temps, elle n'avait pas la réponse. Ce n'était pas faute d'y avoir réfléchi, pourtant. Cela resterait une énigme de l'Histoire. Tant pis. Le fait était qu'elle avait disparu, tout simplement, pour s'enfoncer dans le plus long des sommeils, paisible et pesant comme une chape de plomb. Sur cette terre du moins.

Le premier coup de pioche, du paradis des nations disparues, avait été comme une piqûre d'abeille, aussi soudain et douloureux. Il n'avait pas été isolé. Au contraire, d'autres avaient suivi, si nombreux qu'elle n'avait pu les compter, venant de tant d'endroits différents, à toute heure de la journée. Au départ, elle avait tenté d'ignorer ce phénomène, supportant la douleur comme elle l'avait toujours fait. Mais elle n'avait pas pu. Elle avait été en proie à une immense agitation, comme une immense démangeaison sur ce qui, en d'autres temps et d'autres lieux, avait été son corps , au point qu'elle n'avait plus réussi à se reposer ou à concentrer son attention sur autre chose.

Elle avait entendu la plainte de Schliemann, comme un appel.

Réveille-toi, Hellas.

De nouveau, cette sourde douleur alors que les équipes du germanique faisaient leur office, remuant des tonnes de terre.

Réveille-toi !

Elle avait senti sa douleur et sa peine devant ses recherches qui demeuraient infructueuses. Et plus ces recherches demeuraient vaines, plus l'agitation de Schliemann croissait, fidèle miroir de la sienne. Elle aurait voulu communiquer avec l'allemand qui ne jurait que par Homère. Elle voulait le voir, lui révéler les secrets de Troie. Mais il était encore trop tôt. Hellas ne se laissait pas apprivoiser comme cela.

« Chante, ô Muse,la colère d’Achille, fils de Pélée, colère funeste, qui causa tant de malheurs aux Grecs, qui précipita dans les enfers les âmes courageuses de tant de héros, et rendit leurs corps la proie des chiens et des vautours.. »

Un soir, elle l'avait vu rêver de ces mots, comme une litanie obsédante. La langue n'était pas la même, mais le sens demeurait. Il l'appelait. Le moment était donc venu.

Elle lui avait alors répondu dans ses songes :

Διὸς δ᾿ ἐτελείετο βουλή, ἐξ οὗ δὴ τὰ πρῶτα διαστήτην ἐρίσαντε
Ἀτρεΐδης τε ἄναξ ἀνδρῶν καὶ δῖος Ἀχιλλεύς. *


Avant de lui sourire. Comme un pacte, ces mots les avaient liés à jamais. Elle l'avait enjoint de ne pas renoncer à ses recherches, même si pour le moment, elles demeuraient infructueuses. Il avait un rêve, un but, et devait tout faire pour l 'accomplir.
Et le lendemain, comme un signe, l'équipe de Schliemann avait commencé à trouver les trésors enfouis dans la terre du littoral d'Asie Mineure. Hellas avait souri, à nouveau, en voyant toutes ces merveilles, cachée dans les ruines, mais bien présente. Elle avait suivi d'un oeil attentif l'évolution du chantier, grimaçant lorsque le germanique donnait l'ordre de détruire tout ce qui n'était pas contemporain de la guerre d'Ilios.

Jusqu'à ce jour, où des anciens bijoux avaient été découverts. Là, Hellas sentit qu'elle ne pouvait plus rester passive.

Sophia ouvrit les yeux, sous un soleil éclatant. Au moins une chose qui n'avait pas changé : il faisait toujours aussi chaud sur le littoral, depuis sa dernière visite,il y avait...très longtemps.

Elle se rappelait Ilios la grande. Elle se rappelait Priam, Hector, Andromaque.Elle se rappelait Pâris et Cassandre. Elle se rappelait Ulysse, Agamemnon, Achille, Ménélas, Ajax, Patrocle. Elle était si jeune à l'époque. Une enfant perdue dans ce monde d'adultes trop violent pour elle. Et pourtant, elle avait dû s'y faire. Se faire au rôle de Nation qui était le sien, avec tout ce que cela impliquait.Ce qui ne l'avait pas empêchée de ne pas prendre part au conflit. On l'avait éloignée d'autorité, prétextant son trop jeune âge physique. Au fond, l'arrangeait. L'idée de voir des Grecs s'affronter entre eux, déjà à l'époque, lui retournait l'estomac.

Mais ces bijoux qu'elle voyait, ce n'était pas ..?

Il semblait bien que oui...mais rien ne valait une constatation de visu, n'est-ce pas?
Sophia se dégagea complètement des ruines, prenant peu à peu une apparence plus solide alors qu'elle avançait la main vers le collier,s'en saisissait. Non, sa mémoire ne l'avait pas trahie. C'était bien la parure d'Hélène. Hélène...Comme elle s'en rappelait. La blonde Hélène, célèbre pour sa beauté, dont Pâris était tombé amoureux.

Elle tourna ensuite son regard vers le jeune homme blond aux yeux bleus, le détaillant des pieds à la tête. Une nation comme elle, elle pouvait le voir à son aura particulière. Mais il semblait mourir de chaud. Cela n'était pas étonnant, si son hypothèse sur son identité – basée sur une ressemblance qui sautait aux yeux, pour quiconque ayant connu Germania - s'avérait exacte.

Pendant un instant, le temps sembla s'arrêter, alors que les deux nations se faisaient face.

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MessageSujet: Re: [1870 - 1890] Faire revivre les mythes    Sam 8 Oct - 16:44

    Au moins une chose de sûre : cette femme n'était pas une illusion. Mais cela ne répondait pas à la question : qui était-elle ? Sûrement pas une simple humaine. Même si sa tenue et son air égaré pouvaient faire croire le contraire – il y a des illuminés partout. Sans cette aura il l'aurait pris pour une pauvre folle qui vagabondait dans les ruines.

    L'Allemand observa avec un peu plus d'attention la Nation qui lui faisait face. Il savait à quoi ressemblait Rome (son père avait su lui en dessiner un portrait très particulier) et Kemet (une « tata » de son genre, ça ne s'oublie pas). Cette femme ne pouvait être que Grèce antique, réveillée, voire intriguée, par les récentes fouilles menées ici. Même s'ils se situaient loin de son pays, l'ancienne nation avait dû sentir que cela la concernait. De toute façon elle avait le teint bien trop pâle pour être l'ancêtre de Turquie (et trop imberbe aussi).

    Ce mystère élucidé, les choses n'avançaient pas. Tous deux se regardaient, attendant que l'autre prenne la parole ou fasse un geste. Et Ludwig ne savait pas encore que tout ceci n'était que le début de multiples rencontres avec les anciennes nations – à croire qu'il les attirait.

    - Hem, excusez-moi... Vous pouvez me rendre ce collier ?

    Aucune réaction. Mince, si ça se trouve elle ne comprenait que le grec. Et son dictionnaire allemand / grec était resté dans sa tente. Et il n'avait pas les coordonnées personnelles d'Héraclès pour pouvoir le contacter. Fail. De toute façon il se serait mal vu dire au Grec que sa maman venait de revenir à la vie – chez Turquie. L'Allemand ne voulait pas se retrouver impliqué dans un énième conflit entre les deux nations. Qu'ils règlent leurs soucis psychologiques entre eux.

    - Collier. Rendre moi. Hem... please ?

    Non il ne la prenait pas pour une demeurée, il essayait juste d'instituer un dialogue entre eux. Ludwig ahanait le grec comme un prussien susurrant des mots doux en espagnol. Cela avait le don de vous faire saigner des oreilles tellement vos tympans étaient broyés.

    - Objet important. Fouilles. Doit être mené dans musée. (Un soupir) Si vous parliez anglais, ou allemand, ce serait plus simple.

    En tout cas la femme ne faisait aucun signe montrant qu'elle comprenait ce qu'il disait. Ou au moins qu'elle l'écoutait. Ludwig n'osait même pas la brusquer du fait qu'elle était une femme ET une ancienne, par dessus le marché.


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MessageSujet: Re: [1870 - 1890] Faire revivre les mythes    Mer 26 Oct - 19:49

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Et le temps passa, les minutes s'ajoutant aux minutes. Elle ne sut pas combien, et d'ailleurs, cela avait-il vraiment de l'importance? Pas pour elle du moins, puisqu'elle n'arpentait plus ce monde depuis bien longtemps. Bien sûr, Sophia savait que son retour ne serait que temporaire, mais étant donné qu'elle ne savait pas quand elle devrait repartir, elle préférait ne pas trop s'attarder sur cette question. Mais pour la jeune nation en face d'elle, le temps devait être précieux. Il devait vivre, grandir, devenir puissant. En espérant qu'il ne connaisse pas la même trajectoire que Rome, la montée en puissance, l'apogée, puis la chute brutale. (Et pourtant, la suite des événements lui démontrerait le contraire.) Ou que la sienne, c'est-à-dire un affaiblissement progressif jusqu'à ce qu'elle disparaisse pour de bon, remplacée par Byzance. Mais ceci était une autre histoire. Son temps était passé, et le présent appartenait à ces jeunes ( ou moins jeunes ) nations qu'étaient leurs descendants, à eux, les «anciens». Rome, Germania, Kemet, elle-même, et tant d'autres..

Héraclès, Lovino...Ses fils.

Elle les avait abandonnés trop vite. Au final, elle n'avait pu les côtoyer « que » trois siècles- et encore, moins pour Lovino, puisqu'il était son fils cadet. Elle enviait les autres nations qui avaient pu profiter plus longtemps de leur descendance. Enfin, cela ne l'avait pas empêchée de garder un œil sur ses fils. Même si ce qu'elle avait vu, parfois, n'avait rien de très réjouissant. La chute d'Empire Romain d'Orient, par exemple, et ses conséquences directes , à savoir l'occupation de la Grèce – sa Grèce- par les Ottomans. Et les longues années que Héraclès avait passé chez le représentant de ce peuple – qu'elle était contente de voir qu'il avait fini par se libérer du joug ottoman! Ou alors, pour Lovino, les années qu'il avait passée chez le fils d'Iberia – qui, non content de le faire travailler comme homme de ménage, avait été prêt à l'échanger, comme un vulgaire esclave. Inutile de dire que Hellas avait été furieuse, mais presque en vain, puisqu'elle ne pouvait agir. Les vieilles nations n'avaient pas droit d'intervenir dans les affaires d'une époque n'étant pas la leur, c'était logique. Même si ce n'était pas l'envie qui lui avait manqué, il avait fallu céder aux instances supérieures.

Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas la première question que l'Allemagne lui posa. En revanche, la seconde, elle ne put pas ne pas l'entendre..Et se retint de grimacer-ou hurler de désespoir- lorsqu'elle entendit le jeune homme parler grec. Ces accents rudes, si prononcés, dénaturaient complétement sa langue. Oui, bon, le grec avait connu quelques modifications, elle l'avait vu, mais c'était tout à fait normal qu'une langue évolue. N'empêche. Elle dut vraiment faire un effort pour s'empêcher de corriger le jeune germanique, de lui faire entendre la mélodie de sa langue, avec ses esprits et ses accents, qui lui donnaient un côté un peu musical – rien à voir avec son accent, donc. Et elle se prit à espérer que plus tard – si sa culture n'avait pas été oubliée, bien sûr-, on enseignerait sa langue - ainsi que la bonne manière de la prononcer-, dans les écoles.

Mais quelle langue allaient-ils pouvoir utiliser pour communiquer? Sophia parlait le grec -mais n'avait pas envie que ses oreilles souffrent à nouveau-, le latin - forcément -, un peu d'égyptien antique – mais il valait mieux ne pas y penser-, et..Oh. Un peu de germain, tel que Germania le pratiquait, mais ça devrait être suffisant pour pouvoir se comprendre – à peu près. Comme quoi, s'ennuyer au point de se mettre à apprendre d'autres langues ne s'avérait pas si négatif que cela.

Sophia tendit donc le collier au jeune homme, le regardant une dernière fois avec émotion, puis prit enfin la parole:

« Naturellement. Mais prends-en bien soin. »(Oui, elle le tutoyait. Considérant qu'elle avait un certain nombre d'années de plus que lui, elle pouvait bien se le permettre. Oh, et après tout, elle était morte. Règle numéro un : on ne contrarie pas les dernières volontés d'un ou d'une défunt (e).) « Ce collier me rappelle..beaucoup de souvenirs. J'ai vu Hélène le porter, il y a plus de deux mille ans. »

Le tout dit d'un air calme, posé, comme inconsciente de la bombe qu'elle venait de lâcher.

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MessageSujet: Re: [1870 - 1890] Faire revivre les mythes    Ven 28 Oct - 20:02

    Miracle elle parle ! Et non pas dans un grec ancien fleurant bon l'antique mais dont une langue aux sonorités proches de l'allemand basique – un peu rustre et basique mais qui avait le mérité d'être compréhensible. Non parce que Ludwig était aussi doué en langage de signe qu'en grec moderne, alors ça aurait sûrement créé d'autres problèmes de compréhension s'il avait du s'y mettre.

    Ludwig reprit le collier des mains de la femme, délicatement, de peur de le briser. Il n'avait pas envie d'avoir Schliemann sur le dos si jamais il détruisait le bijou. Tout le monde connaît les promptes colères allemandes et leur incroyable violence.

    « Ce collier me rappelle..beaucoup de souvenirs. J'ai vu Hélène le porter, il y a plus de deux mille ans. »

    Je vous demande pardon ?

    Ludwig cligna des yeux, essuya d'un revers de main la sueur qui lui coulait sur le front – il ne s'habituerait jamais à la chaleur. Puis il eut un rire – nerveux, pas un de ces ries où on s'esclaffe en se frappant les cuisses mais de ceux qu'on laisse échapper devant une incongruité.

    - Mais voyons Hélène n'a jamais existé, ce n'est qu'une légende.

    Il lui disait ça avec le ton que prend un adulte pour briser – sans trop de douleur – le mur d'illusions d'un enfant. Non le Père Noël n'a jamais existé, ce sont tes parents qui achetaient tes cadeaux. De même que la petite souris.

    Hélène de Troie était un mythe, un personnage construit pour faire rêver les hommes. Qu'une femme se soit nommée comme elle soit. Mais qu'une guerre ait eu lieu juste pour ravir une femme, c'était impossible. Les guerres se menaient pour des objectifs bien plus sérieux et nobles que l'amour d'une femme – et aucune bataille de ce genre n'impliquait des pays entiers.

    - Vous n'allez pas me faire croire qu'elle est sortie d'un œuf quand même ? Enfin les mythes ne sont que des histoires – que vous deviez raconter à Héraclès pour l'endormir, rien de plus.

    Craignant de perdre le collier, l'Allemand le glissa dans une de ses poches. Il irait le rendre à Schliemann dès qu'il en aurait l'occasion. Mais là se présentait un problème plus important : cacher la présence de la Grèce antique aux humains. Aucun d'eux ne croirait sûrement au retour de cette nation dont il ne substituait que des ruines. Et dans ce cas la femme serait sûrement prise pour une pauvre folle et envoyée dieu sait où. Sûrement pas dans un lieu empli de personnes saines d'esprit.

    - Mais veuillez m'excuser je manque à toutes les politesses. Si nous continuons notre conversation ailleurs ?

    Dans un endroit plus retiré et surtout plus frais. A ce rythme il allait se liquéfier sur place et se transformer en gelée anglaise.

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[1870 - 1890] Faire revivre les mythes

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