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 [Addis Abeba, Ethiopie, 20 février 1937] La bella rivincita [PV Yemguzanech]

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Feliciano Vargas/Italie N

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MessageSujet: [Addis Abeba, Ethiopie, 20 février 1937] La bella rivincita [PV Yemguzanech]   Sam 24 Sep - 23:03

Une chaleur bien plus insupportable que celle de son pays enveloppait l’air même en pleine nuit. Feliciano bien que méditerranéen avait bien du mal à la supporter, tant qu’il n’était pas en vadrouille dans une jeep à rouler à toute allure dans les rues d’Addis Abeba, les cheveux et le visage au vent. Cela ne faisait même pas un an que Feliciano avait conquit ces lieux et les rues se tintaient déjà du rouge du sang de ses habitants depuis hier. Pourquoi ? Parce que des éthiopiens avaient provoqué un attentat contre le leader de l’occupation italienne, le maréchal Rodolfo Graziani. Grave erreur que la population entière allait payer très cher.


"Duce ! Duce ! Duce !"


Les soldats criaient en cœur et défonçaient les portes de chaque hutte qui se trouvaient sur leur chemin. Les hommes, les femmes et les enfants hurlaient de terreur ; réveillés en sursaut pour beaucoup d’entre eux. Les Italiens les plus fortunés présents sur les lieux se tenaient sur les hauteurs avec leur femme pour avoir la meilleure vue sur le massacre, un spectacle malsain qui les délectait. Feliciano, lui, traçait sans y faire davantage attention, ses pneus couverts du sang des cadavres qu’il avait écrasé sur son passage.

Le jeune Vargas n’était plus le même sur ces terres, le jeune homme au sourire innocent en présence de ses amis et aux larmes de crocodile n’était plus présent ici, car aucune autre nation ne pouvait le voir que celle qui les représentait en ces lieux. Et cette femme, il savait où la trouver. Arrêtant sa jeep devant une petite maison aussi commune que les autres, le vénitien posa le pied à terre et alla tourner la poignée de la porte d’entrée. Sans succès.


"Helahela…"


Ni une ni deux, il défonça la porte d’un coup de pied bien placé. Ce n’était pas très solide, mais le pays était bien trop pauvre pour se payer la sécurité de leurs habitations. Les talons de ses bottes résonnèrent alors sur le vieux planché en bois grinçant. Aucun autre bruit, cette maison était déserte. Du moins elle en avait l’air, car Feliciano savait qu’elle était encore là, elle, la femme qu’il recherchait, l’Ethiopie même.


"Yemguzanech… Montre-toi."


Toujours rien, elle insistait. Pourtant cette belle nation n’avait rien d’une lâche ou d’une peureuse. Peut-être cachait-elle les victimes les plus innocentes, des femmes et des enfants ? Quoiqu’il en soit, Feliciano sortit une petite boite en carton et craqua une allumette. Le bois du plancher était sec et tout le reste de la petite maison était tout aussi inflammable. Avec seulement deux doigts tenant cette source de chaleur, l’italien avait le pouvoir de tout détruire.


"Mia Bella… Sors de ta cachette ou je brule ta maison, ve."


Un ancien conte vénitien parlait autrefois de trois petites oies s’étant chacune construite une maison de paille, de bois et de fer. Et ce fut sans surprise que le grand méchant loup put se débarrasser en t’autre de celle en bois pour dévorer l’une des petites oies. Allait-il donc dévorer Yemguzanech? Feliciano fit apparaître un léger sourire, oui, cela pouvait être une perspective intéressante.

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MessageSujet: Re: [Addis Abeba, Ethiopie, 20 février 1937] La bella rivincita [PV Yemguzanech]   Mer 28 Sep - 15:37

Tuer. Blesser. Massacrer. Annihiler. Déchiqueter. Saigner. Briser. Ecarteler. Etrangler. Brûler. Noyer. Electrocuter. Exécuter. Décapiter. Eventrer. Mordre. Griffer. Enucléer. Aveugler. Empoisonner. Castrer. Egorger. Poignarder. Démembrer. Décerveler. Hacher. Transpercer. Asphyxier. Pendre. Guillotiner. Faire exploser. Torturer. Enterrer...

L'instinct de survie se réduit à deux choses. Fuir, ou attaquer. Les herbivores, les bêtes passives comme les lapins, les pigeons, les buffles, les gazelles, fuyaient. Les carnivores, les chasseurs comme les lions, les serpents, les scorpions, attaquaient. Dans les deux cas, il ne s'agissait pas de protéger son honneur, de sauver sa réputation ou de protéger ses biens et sa famille. Il ne s'agissait que de vivre et de préserver ce que la part la plus primitive de notre être considérait comme essentiel.

Le massacre avait commencé la veille, et Yemguzanech, aveuglée par la douleur et la haine, se soumettait enfin à la part reptilienne de son esprit. Lorsque la tuerie avait commencé dans sa capitale, elle avait refusé d'y croire. Erythrée avait tenté un attentat, Veneziano avait répliqué, et Ethiopie devait souffrir ? Alors même qu'elle était pour une fois complètement innocente ? L'italien pensait-il vraiment que la frapper en plein coeur lui ferait courber l'échine et accepter le joug ? La prenait-il pour une bufflonne ?

Elle avait fulminé en silence alors même qu'elle évoluait dans ses rues comme une ombre, se rendant dans les quartiers que l'armée tortionnaire n'avait pas encore atteints et laissant un papier indiquant un passage hors de la ville. Elle avait su qu'elle ne les sauverait pas tous - la plaie devenait plus profonde et douloureuse d'heure en heure - mais elle pouvait se regarder en face et se dire qu'elle avait fait ce qu'elle pouvait pour la journée. Elle avait cru que la nuit lui apporterait un répit, quand elle n'avait trouvé que l'agonie entre les doux bras de Morphée.

Elle avait dû fermer les yeux pendant deux heures, et pouvait apercevoir ses entrailles à son réveil. La nausée avait été difficile à réprimer. Bander la plaie qui s'étalait de son sternum à son pelvis avait été pire encore. Connaître la couleur de ses intestins n'avait jamais été un de ses souhaits. Sentir leur texture sous ses doigts, encore moins.

Mais ça avait été le déclencheur. La Nation avait perdu la tête. Toute notion de politesse, de gentillesse, de calcul, d'hypocrisie, de patience... toutes ces qualités propres à la civilisation avait été remplacée par la sauvagerie d'un animal blessé qui peut sentir l'odeur de la mort. Et Yemguzanech n'était pas de ces bêtes qui se cachent pour mieux mourir, se vautrant dans une fausse sensation de sécurité. Elle était de ceux qui se débattent et tentent d'emporter leur bourreau dans la mort, quitte à la faire venir plus tôt. Pour l'instant, son peuple était terrifié, incapable de comprendre ce qui lui arrivait, mais lorsque la panique serait retombée, il retrousserait les lèvres et découvrirait des crocs acérés comme la jeune femme en cet instant. Dans leurs poings seraient serrés couteaux, machettes, scies, haches, ciseaux, comme sa main fine serrait une dague. Ils se tapiraient dans l'ombre, écoutant leur tortionnaire pénétrer en vainqueur dans leur maison, les bottes cirées ternies par la poussière brillant malgré tout, luisantes de sang injustement versé. Ils tendraient l'oreille, ne prêtant qu'une vague attention aux mots prononcés d'une voix moqueuse. Attendant l'occasion, le moment où leur proie se convaincrait d'être en face d'un chien inoffensif qui s'aplatirait à leurs pieds. Et enfin, ils frapperaient, dents découvertes, yeux luisants de haine et de folie, corps rendu plus rapide et plus fort par l'adrénaline et l'instinct du tueur.

La dague s'enfonça sous l'omoplate de Feliciano, Yemguzanech la retirant aussitôt de la plaie et frappant à nouveau, à l'aveugle. La lame glissa sur les côtes de son bourreau, manquant de peu s'enfoncer entre deux d'entre elles. Un poing s'abattant sur la plaie bandée la fit grogner de douleur, augmentant sa rage.

Mal. Mal. Mal. Mal. Mal. Mal. Mal. Elle avait mal. Il lui avait fait mal. Il devait mourir. Une fois mort, elle n'aurait plus mal.

La lame jaillit une troisième fois.
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MessageSujet: Re: [Addis Abeba, Ethiopie, 20 février 1937] La bella rivincita [PV Yemguzanech]   Jeu 6 Oct - 18:07

Erythrée, Ethiopie, Erythrée, Ethiopie… Il les confondait un peu toutes les deux, mais il se le pardonnait facilement. Elles étaient de la même espèce après tout, une espèce inférieure à la sienne. Son pays n’était-il pas celui qui avait inspiré le IIIe Reich dans sa politique de la race parfaite ? Si l’une faisait une erreur, l’autre en était tout aussi responsable. Et si l’une d’entre elles trouvait cela injuste, elle n’avait qu’à se battre avec sa voisine ; il se fichait bien du reste. Mais ce qui lui importait à présent était qu’elles se devaient de reconnaître son pouvoir, et peut-être plus que pour cet attentat sur son maréchal, il avait attaqué pour les faire courber devant lui.

Il n’avait rien vu, rien senti. Tel un fauve, la femme qu’il cherchait s’était déplacée sans un bruit, coupant peut-être sa respiration et son poids léger ne parvenant pas à faire craquer le parquet. Oh Yemguzanech, le prédateur ici, ce n’était pas pourtant toi…
Elle avait mal, sûrement. Les coups et les morts que ses soldats laissaient derrière eux avaient sûrement eu un effet sur le corps de cette jeune femme. Ainsi était la malédiction des nations, ils ne faisaient qu’un avec la souffrance de leur pays.


"Ve ?!! "


Une vive douleur et un flot de liquide chaud lui coula sur le dos. Fourbe ! Elle l’avait attaqué par derrière ! Dans un instinct de survie pur, il se retourna pour lui faire face, et manqua de se faire planter une nouvelle fois son arme dans les côtes. C’est à ce moment, qu’il entendit ses compatriotes italiens crier autre chose que le nom du Duce. Des hurlements de colère et de douleur s’étaient mis à résonner. Ce fut certainement au moment où Feliciano reçu cette dague sous l’omoplate que la situation s’était envenimée. Un éthiopien s’était sûrement rebellé pour protéger sa famille, et vu la douleur que lui portait la blessure que lui avait faite Yemguzanech, des italiens avaient certainement été tués.
Ne supportant pas la moindre souffrance, le vénitien ne put empêcher les larmes couler sur ses joues. Mais ce n’était pas les larmes de crocodile qu’il avait pu offrir pour qu’un ennemi ne l’attaque pas ou pour lui donner un temps soit peu de pitié, non ! A ce moment, c’était la rage qui brillait dans ses yeux ambrés, un moment de colère intense jamais connu par ses proches.

Voyant l’arme arrivée à nouveau vers lui, il attrapa le poignet de la jeune femme pour l’empêcher de frapper une nouvelle fois. Même s’il ne pouvait pas se vanter d’être une nation tout en muscles, il était un homme. Il possédait donc une force naturellement plus développée que la sienne et n’eut aucun mal à l’arrêter.


"Tu te prends pour un animal sauvage mia Bella ? Tu veux jouer avec moi, c’est ça ? Ve ? "


Feliciano la poussa violemment au sol sans prévenir d’aucune manière. Vu le poids plume de l’éthiopienne en plus de la surprise du moment, ce fut sans aucun problème qu’il parvint à la faire tomber couchée sur le sol. Ne lui laissant pas le temps de réagir, il s’installa à califourchon sur l’africaine et lui attrapa le cou sans aucune délicatesse ; la menaçant de l’étrangler bien plus fort qu’il ne le faisait à ce moment au moindre geste de violence de sa part. Il en profita pour arracher sa dague des mains de sa main libre et retira son autre main auparavant sur son cou pour poser la lame encore recouverte du sang de l’italien sur sa carotide cachée par sa belle peau mate.


"Hela… Je n’aime vraiment pas la rébellion. Toi et ta voisine êtes bien trop faibles pour vous mesurer à moi, tu dois le comprendre à présent. Ce qu’il se passe dans cette ville, ce sont les gestes de violence que vous avez eu contre Signor Graziani qui les apporter. C’est de ta faute si nous en sommes là, tu en as conscience ? "

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MessageSujet: Re: [Addis Abeba, Ethiopie, 20 février 1937] La bella rivincita [PV Yemguzanech]   Mar 11 Oct - 10:25

Vaguement, elle était consciente d'être au sol, son ennemi installé sur elle la menaçant de sa dague. Mais l'Ethiopie n'entendait que deux mots, se répétant encore et encore dans son esprit embrumé par la rage et la douleur. Ta faute. Il osait... il osait dire qu'elle était coupable, lui le bourreau, le tortionnaire, le monstre qui saignait son pays à blanc et massacrait son peuple !
Le sang battait les oreilles de la Nation africaine alors que sa rage perdait de sa chaleur dévorante et recédait dans son esprit, la laissant calme et détachée. Dans d'autres circonstances, elle aurait admiré la manière dont deux mots lui avaient éclaircie l'esprit, laissant place à une colère glaciale qui anesthésiait ses émotions et aiguisait ses sens et son intelligence. Ta faute... Comment osait-il ?!

_ Ma faute... Tu me sembles bien sûr de toi, gamin.

Elle descendait du légendaire Pays de Pount par les Dieux ! Elle se souvenait des premiers hommes, de leur allure simiesque, de leur langage guttural. Elle n'avait pas complètement existé lorsque les Australopithèques avaient parcouru ses savanes, mais ils faisaient partie de sa mémoire. Ils étaient ses enfants, même si elle n'avait été qu'une vague conscience morcelée, une idée qui échappait aux premiers hommes les rares fois où ils semblaient sur le point de saisir sa nature.
Et ce gamin assis sur elle, la menaçant d'une arme dont il avait sans doute oublié comment la manier, l'appelait Mia Bella et disait que c'était sa faute, et agissait comme si elle n'était qu'une inférieure, tout juste bonne à se faire trousser et à servir le café matinal ?!

Elle ne pouvait s'en empêcher. Ethiopie éclata d'un rire silencieux, des larmes pleines d'un mépris hilare glissant du coin de ses yeux. Ce gamin... Ce gamin jouait à Rome ! Dieux, c'était trop hilarant ! Il pensait pouvoir la conquérir en la menaçant, en tuant ses gens et en appuyant une dague contre sa carotide ! Seigneur, quelle blague ! Un gosse en couches qui se prenait pour Rome ! C'était la chose la plus ridicule au monde !

Et Ethiopie riait et riait, une main appuyant sur sa bouche dans l'espoir d'étouffer son rire hoquetant, les larmes brûlantes piquant ses yeux et laissant un sillage poisseux le long de ses tempes, se moquant de la dague contre sa gorge. Elle en avait vu d'autres, des invasions, des nations désireuses de voir l'arrogante nation africaine plier l'échine et ouvrir son ventre fertile à leur convoitise. Une seule avait réussi, et elle était morte depuis longtemps déjà. Et ce n'était pas Rome. Rome avait été un partenaire commercial et un égal. Aksoum avait été l'égale de la Perse, la Chine et Rome. Et ce gamin pensait que, parce qu'il était blanc et le descendant de Rome, il avait tous les droits ? Quelle blague.

_ Tu fais honte à ton nom, gamin. C'est à se demander ce que les Nazis peuvent bien te trouver. Tu n'es même pas digne d'être appelé une pale copie de Rome. Lui, savait se battre. Mais il est vrai que contrairement à toi il savait juger de la valeur de ses adversaires. Pourquoi ne retournes-tu pas à tes soldats de plomb, gamin ?

Yemguzanech haïssait ces européens qui se croyaient ses supérieurs sous prétexte d'être pâles et civilisés. Alors comme ça, juste parce que sa peau était sombre, elle n'était plus une des plus vieilles nations au monde, elle n'avait plus une histoire riche en conquêtes, elle n'était plus la deuxième nation chrétienne ? Juste parce que ce gosse était blanc, elle n'était qu'une sauvage qu'il fallait soumettre et éduquer ?

_ Roji. Zeana. Sheytaan. Kalb.

Voleur. Bâtard. Démon. Chien. Les injures coulaient de ses lèvres, l'harari roulant sur sa langue et entre ses dents en un flot continu. Les yeux brillants, un sourire hautain aux lèvres, la nation éthiopienne avait atteint ce point où la terreur est telle que sa victime ne semble plus en avoir conscience. Dans son esprit, ses gens se faisaient toujours tuer, leurs cadavres chargés à l'arrière des camions, les rues couleur de sang désertes de vie, les démons italiens les seuls à oser s'y aventurer. Les éthiopiens avaient saisi qu'il n'y aurait pas de pitié, et attendaient calmement le moment où leur exécuteur enfoncerait la porte de leur maison et les criblerait de balles. Certains, ceux qui étaient traînés dans les rues, se débattaient, mais leurs yeux reflétaient leur confiance en Dieu. Ils savaient qu'ils iraient au Paradis quelques soient les péchés qu'ils avaient commis au cours de leur vie.

_ Sais-tu, gamin, que mon peuple ne craint plus la mort que tu distribues si aimablement ? Tu fais d'eux des martyrs. Je suppose que je devrais te remercier pour cela. Peu de choses créent un tel sentiment d'appartenance à une nation, à un peuple, qu'un massacre injuste. Mais je doute que ce soit volontaire de ta part. Ce n'est sans doute qu'une preuve supplémentaire de ta stupidité. Grâce à toi, mon peuple a trouvé son ennemi, son diable. Je ne doute pas que les prochains mois soient généreux en migraines.

S'il y avait un classement des pires erreurs de stratégie, le massacre de Féliciano dominerait aisément. Quoique la manière dont Yemguzanech s'acharnait à provoquer la nation italienne ne serait probablement pas loin derrière.
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MessageSujet: Re: [Addis Abeba, Ethiopie, 20 février 1937] La bella rivincita [PV Yemguzanech]   Dim 16 Oct - 15:11

La voyant enfin reprendre la parole avec une apparence plus calme, le jeune Vargas était parti pour sourire de toutes ses dents. Seulement, la blessure qu’elle lui avait affligée peu de temps auparavant dans le dos le lança, l’obligeant à porter sa main libre près de sa blessure en passant par-dessus son épaule tout en grinçant des dents. Il sentait le tissu teinté de rouge se coller à sa peau, quelle excuse trouverait-il à dire à Ludwig lorsqu’il reviendrait chez lui ? « J’ai joué à tester mes armes et ça a mal tourné, veveve. » ? Pourquoi pas après tout, il était sûr que l’allemand pouvait croire toutes les idioties qui pouvaient sortir de sa bouche et ne s’étonnerait pas de tant de maladresse de sa part.


"Hela… Gamin ? Je suis un gosse pour toi ? Dans ce cas, tu ne devrais pas user de tant de violence avec moi. Un enfant est une petite créature innocente non ?"


Oh bien sûr que ce n’était pas de sa faute. Le cruel petit enfant qui se trouvait au-dessus d’elle s’amusait juste avec elle comme s’il s’agissait d’une poupée. Une poupée peut-être autant aimée, choyée, soignée comme elle pouvait être maltraitée et oubliée sur le haut d’une étagère à prendre la poussière. Dans les deux cas, elle ne devait ni remercier ni se rebeller contre son maître. Et surtout, un jouet ne riait pas. Lorsque Feliciano entendit ce rire venu d’un esprit en pleine folie, son visage devint aussi sérieux qu’un allemand en plein travail. Il n’aimait pas ça et avait bien l’intention de lui faire remarquer. Il appuya la dague contre sa gorge, assez pour que des perles de sang glisse le long de la lame jusqu’à ses doigts qui tenaient fermement l’arme.


"Tiens ? Ton sang est rouge ? Mélangé à la boue, je pensais qu’il était bien plus foncé, ve."


Inutile de préciser qu’il ne l’écoutait pas. A quoi pouvait donc servir les paroles d’un animal inférieur après tout ? Il n’entendait que des aboiements rageurs pour le moment, mais il voulait bientôt entendre des couinements plaintifs. Sa gracieuse personne se décida finalement à lui faire une offre qu’il serait bien stupide de sa part de refuser. Doucement, il descendit son visage, frôlant sa joue contre la sienne en prenant soin de tourner son arme pour que n’importe quel mouvement brusque lui tranche la carotide. Il lui souffla alors doucement à l’oreille.


"Mia Bella… Plutôt que d’aboyer contre moi, je te propose quelque chose. J’arrête le massacre si tu te soumets totalement au Duce. Le contrat est sans surprise, mais il mérite réflexion non ?"


Yemguzanech avait plutôt intérêt à bien réfléchir à la question avec son petit cerveau. Car bien à elle si sa petite personne l’amuse, l’avenir lui apprendra que dans le bilan de cette seconde guerre italo-éthiopienne, 275 000 morts éthiopiennes seront annoncés pour moins de 1000 morts italiennes. Pas mal pour un gamin qui voulait jouer à Rome non ?
En attendant sa réponse, Feliciano releva son visage pour se remettre en face d’elle et se plia à entendre ses paroles comme un langage qui n’était pas celui d’une sauvage.


"Sais-tu, mia Bella, d’où vient la religion qui fait soit disant de ton peuple des martyrs? Ve? Je suis le pays qui a soumis le Vatican, je ne lui ai accordé son indépendance il y a moins d’une décennie par simple respect. Mais d’un claquement de doigts, je peux le reprendre. Quant à toi qui me prend pour un enfant de Lucifer, je te laisse réfléchir quelques minutes à ma proposition. Si la réponse que tu m’offriras ne me plait pas, alors je déploierai mes ailes noires de la damnation, ve."


Certes, le Vatican n’était pas clairement contre les Éthiopiens, mais sous l’influence italienne, la religion catholique fermait les yeux sur le massacre de ses disciples. Quant à l’image des ailes qu’il s’amusait à citer d’une façon si poétique, elle représentait sa supériorité aérienne et ses armes bactériologiques et autre gaz moutarde mit en place. Etait-elle d’ailleurs au courant de ses avions qui n’attendaient que les ordres de leurs supérieurs pour décoller? Le vénitien la fixa de ses yeux ambres avec un certain amusement, il était bien curieux de le savoir.


Seraient-ils venus par Adoua, par Gonder,
Ils n'eussent jamais mis les pieds chez nous.
Mais ils ont emprunté le chemin du ciel,
Une contrée qui nous est inconnue.
La prière des Italiens vaut mieux que celle des Abyssins.
Au bout de quarante ans* ils s'en reviennent avec des ailes.


(Distiques éthiopiennes)

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[Addis Abeba, Ethiopie, 20 février 1937] La bella rivincita [PV Yemguzanech]

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