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 [9 Mars 1957 || America ] Qui a dit que les Alliances n'étaient plus à la mode?

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MessageSujet: [9 Mars 1957 || America ] Qui a dit que les Alliances n'étaient plus à la mode?    Lun 10 Oct - 18:07

9 mars 1957. Pour certain, cette année et plus précisément cette date ne signifie rien. Ce n'est pas le cas d'une jeune demoiselle, habillée de façon la plus distinguée qui soit, en cette fin de saison. C'est la première fois qu'on lui fait porter ce genre de choses et cela ne lui plaît absolument pas. Son corps est gêné dans le moindre de ses mouvements, le tissu démange l'épiderme, lui donnant constamment envie de se gratter. Décidément, son Yukata lui manque atrocement, elle y est bien plus à l'aise et au moins dans son vêtement traditionnel japonais, elle n'a pas l'impression de jouer un rôle, ce qui n'est pas le cas ici. Pourtant, elle ne se plaint pas et ne dira rien qui pourrait laisser entrevoir son indisposition du moment.

Elle a été diligemment choisie par son grand-frère, le Japon, pour partir vers l'Amérique. L'honneur qu'elle avait ressentit, jamais elle n'aurait su l'exprimer avec de simples mots dans les premiers instants. Le revers de la médaille vint par la suite seulement. Les Nations Unies. C'était par leurs mains que douze ans auparavant, deux bombes atomiques avaient été larguées sur le Japon, le forçant ainsi à se rendre sans perdre la face. De ces armes naquit la fin de la guerre et une défaite des plus sonnantes.

Même si elle n'avait pas été « directement » touchée par ces obus d'un genre entièrement nouveau, Sendai Higana, la représentante japonaise de la région portant le même nom qu'elle avait ressentie la douleur et la peine de son ainé, du pays tout entier. Avec les autres fiefs, ils avaient eu un peu de mal à remettre le plus âgé sur pied. Néanmoins, tous furent ravis de le voir bien vite se remettre, ou du moins, faire comme si de rien n'était.

Car oui, son pays avait été américanisé par la suite pendant une longue période. Il fut plus ou moins difficile de s'y adapter selon les tempéraments de chacun. Concernant la demoiselle du Nord du Japon, on ne peut pas dire qu'elle avait vu d'un très bon œil l'installation de tous ces étrangers chez elle. Pourtant, son naturel joyeux est vite revenu et petit à petit, elle s'était même mise à les voir comme ses propres citoyens. Oui, c'est vrai que certains étaient drôles et méritaient que l'on s'arrête pour parler un peu avec eux. Mais elle a aussi beaucoup pleuré, en silence, toute seule, pour ne pas embêter encore les autres régions, dont elle sait dépendre bien trop.

Pourtant, aussi gamine puisse-t-elle paraitre, c'est bien elle qui se retrouve être maintenant engoncée dans un inconfortable uniforme type « affaire » aux couleurs noires et blanches qui lui agressaient les yeux. Ou étaient passées les belles teintes qu'elle portait d'ordinaire ? C'était vraiment injuste de ne pas pouvoir se vêtir de la façon dont on le souhaitait pour partir en voyage. Un soupir passe la fine barrière de ses lèvres, il semblerait qu'elle soit obligée patienter jusqu'à son retour chez elle, dans sa patrie, aux côtés de ses frères et sœurs pour pouvoir penser une seconde à ôter ces choses disgracieuses qui la serrent plus que la raison ne devrait le leur permettre.

Et puis elle avait chaud avec ça ! Non pas que le Japon soit un endroit des plus froids, mais présentement, Sendai se retrouvait à tirer toutes les deux minutes sur le col de sa chemise -qu'on l'avait forcé à fermer jusqu'au dernier bouton - afin d'espérer réussir le desserrer un petit peu et gagner un petit degré Celsius en moins. Rien n'y fit, aussi nombreuses furent ses vaines tentatives, cela ne donna rien, jamais.

Après, il fallait prendre en compte le stress, l'adrénaline qui parcourait son petit corps frêle et dont elle se serait volontiers passer. A savoir donc si la hausse de sa température corporelle était dû au Soleil de la saison américaine où à l'angoisse qu'elle n'arrivait pas à faire taire, cela relevait du mystère le plus totale.

Évidemment, ce n'était pas tous les jours qu'elle s'apprêtait à rencontrer une grande puissance, surtout de l'ordre de l'Amérique. Elle ne l'avait encore jamais vu de ses propres yeux et seuls les vagues témoignages que lui en avait donné ses ainés lui permettaient de se faire une image floue de l'individu en question. Et si... il était méchant ? Après tout pour avoir fait autant souffrir son pays il ne devait pas être si pacifiste que ça... si ? Les idées farfelues se mélangeaient dans le crâne de l'asiatique qui se mordit alors la lèvre inférieure.

Derrière le masque du visage détendu qu'elle laissait voir à tous, il y avait celui de la petite fille peureuse qui se serait bien mise à verser toutes les larmes de son corps dans la seconde pour essayer de décompresser. Mais non, il ne fallait pas qu'elle cède à la panique, de un parce qu'elle ne le faisait que trop souvent chez elle - ce qui finissait par agacé fortement ses voisins - et deuxièmement, parce qu'elle était la voix du Japon pour cette proposition de jumelage avec une ville américaine.

Calme, surtout rester calme, c'était le plus important. Ce n'est pas comme si cette nation qu'elle n'avait encore jamais vu pouvait lui faire grand-chose et la dévorer toute crue si l'envie l'en prenait ! Quoi que... mieux allait rester méfiante un minimum. Oh certes, elle n'aurait jamais été en mesure de se défendre convenablement, mais au moins espérait-elle que ses sourires parviendraient à apaiser le « Grand Homme » en cas de besoin. Peu probable mais bon, elle faisait avec ce qu'elle avait sous la main, soit pas grand-chose.

D'un autre côté, cela lui faisait également bizarre de savoir qu'elle allait avoir une « sœur » par alliance sur ce nouveau continent qu'elle découvrait au fur et à mesure que le bateau se rapprochait de ces côtes. Plus la ligne d'horizon se déformait, laissant apparaitre l'émergence d'une terre nouvelle et plus la peur prenait Sendai au ventre. Plus que quelques instants et elle y serait.

L'hypothèse de pouvoir faire demi-tour n'était plus permise maintenant. Même si cette idée ne lui avait même pas effleuré l'esprit, sans doute l'aurait-elle trouvé alléchante si on le lui avait suggéré.

S'asseyant dans l'un des fauteuils de cuir brun qui se trouvait à sa disposition à l'intérieur de l'embarcation, la jeune fille s'y enfonça le plus possible, comme si cela pouvait l'aider à trouver une solution pour lutter contre sa pseudo-terreur interne. Une seconde passa, puis une minute, puis dix, vingt, trente, sans que rien ne vienne à sa cervelle, bien trop obnubilée par cette hypothétique recherche de chimère pour remarquer le rapide défilé du temps. Ce fut la voix de l'un de ses accompagnateurs qui la tira un peu brusquement de ses songes puisqu'elle sursauta.
    « Mademoiselle Higana ? Nous sommes arrivés. »
Tournant son regard vers la personne qui l'avait interpellé, elle répondit le plus naturellement possible :
    « Ha...Haï ! »
Puis, réalisant ce qu'elle venait de dire, ses mains se joignirent un instant, tremblantes, devant sa bouche. Non, il fallait qu'elle bannisse un peu son langage natal. Ici, il était nécessaire qu'elle parle anglais, comme le lui avait appris les autres fiefs, son grand-frère, mais aussi certains américains cités plus haut, ceux-là même qui avait débarqués il y a quelques années maintenant.

Le stress reprend une bouffée de courage et la cout presque dans le fameux fauteuil ou elle s'était installée à la base pour essayer de se détendre. Non non non, elle doit résister à sa panique, tout va bien se passer. Aller, inspiration, expiration, inspiration, expiration. Fermeture des yeux, ré-ouverture... Non ce n'est pas un rêve, il va donc falloir qu'elle y aille maintenant.

Les chaussures à talons, allant avec l'ensemble qu'elle portait -mais qui n'étaient pas plus appréciées pour autant - manquèrent de la faire tomber à plusieurs reprises, heureusement que les murs intérieurs du navire étaient là, sinon bonjour la catastrophe. Le soleil perce dans le vasistas et Sendai dut se protéger les yeux avec sa main alors qu'elle s'avançait vers l'extérieur, les jambes tremblantes, même si cela ne se voyait pas forcément au premier regard.

C'était parti pour une aventure hors de commun, entre un géant et une petite pousse fragile.
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Alfred F. Jones / USA

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MessageSujet: Re: [9 Mars 1957 || America ] Qui a dit que les Alliances n'étaient plus à la mode?    Mer 25 Jan - 17:49

Alfred était à l’origine d’un mal profond chez les Japonais. Et il le savait.

Il n’appréhendait pas vraiment la venue de la jeune Sendai sur son sol, mais on peut dire qu’il avait un peu la pression. Ca avait beau s’être passé 13 ans avant, et la jeune fille n’avait pas été directement touchée, cela restait une blessure profonde qui devait persister chez Kiku et tous ses frères et sœurs. Dont la petite qui venait lui rendre visite.
Certes, dans les faits, ils ne se bagarraient pas et s’entendaient même plutôt bien. Mais.
Parce qu’il y a toujours un mais.

Alfred le savait ; dans l’ombre, on n’aimait pas vraiment sa présence. Le mal qu’il avait causé resterait à jamais encré dans la chair et dans l’esprit des japonais. C’était ainsi, jamais ils n’oublieraient la date du largage des bombes nucléaires sur leurs pays.
Autant la petite Sendai avait plutôt bien accueilli les siens chez elle, avec joie et bonne humeur qu’ils disaient en revenant, autant elle devait elle aussi entretenir une certaine rancune contre lui et ses actes.

Mais il restait qu’elle allait arriver d’une minute à l’autre, et qu’il devrait l’accueillir avec toute la chaleur humaine dont il était capable. Alfred aimait bien les nouvelles personnes. Il aimait bien les voir arriver, toutes perdues, pour finir par les voir s’habituer gentiment à la terre américaine ; bien que dans ce cas-là, elle ne sera ici que brièvement.
Enfin bref, il n’était pas vraiment stressé mais pas très calme non plus. Triturant ses doigts et faisant les cent pas, il attendait que le chiffre cinq s’affiche sur son réveil pour partir vers le port.

Quand enfin, le temps eût décidé de passer un peu plus vite, il sortit en vitesse de sa chambre d’hôtel puis du bâtiment.

- Taxi !, héla-t-il.

Une voiture s’arrêta, il grimpa et dit (ou cria ?) clairement sa destination au chauffeur.
Durant le trajet, Alfred répéta les bases de japonais qu’il se traînait depuis qu’il avait rencontré Kiku. Juste des bases, de quoi comprendre les phrases les plus simples, simplement parce que ce n’est pas facile d’arriver sur un autre continent qui ne parle la même langue que vous. De ce fait, si il lui arrivait de parler japonais par erreur, il pourrait peut-être la comprendre et l’aider à se sentir plus à l’aise !

Enfin, le véhicule s’arrêta et Alfred descendit. Face à l’eau, il sourit, l’air un peu idiot, attendant patiemment de voir un bateau briser les vagues.

Bateau transportant une petite fleur qu’il comptait bien aider à grandir.

Spoiler:
 
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