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 [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli

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Sadık Adnan / Turquie

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MessageSujet: [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli   Lun 7 Nov - 17:28



Mohács, Août 1526

Soliman avait décidément bien choisit son moment.

Oh, rien de stratégique dans cette pensée. Enfin si, stratégiquement, c'était intéressant aussi, cette grande marche victorieuse depuis Constantinople jusqu'en Hongrie, à la porte de l'Empire. Bon, ça use les babouches mais au moins ça fortifie le corps et l'esprit. Selon certains. Pourtant la soif de conquête intarissable de Sadik surplombait tout autre sentiments et toute fatigue physique et morale, à tel point qu'il aurait pu être parti pour la Scandinavie avec le même enthousiasme.

Non, là où Soliman avait bien choisit son moment, c'était quelque chose en rapport direct avec le climat et la nature frileuse de l'Empire Ottoman. La dernière fois qu'il était monté aussi haut, il s'était recouvert d'une couverture en mohair de la tête aux pieds, et avait marmonné un "kessessé kce pays ? Fait au moins moins huit mille".

Son cheval buta contre une motte terre humide, qui vint éclabousser le bas de la tunique ottomane. Sadik poussa un énorme soupir, soulevant le tissus déjà bien attaqué par les intempéries et cette pluie qui n'en cessait pas depuis qu'ils avaient passé la Bulgarie. Au moins, là, la température était honorable. Encore que. Il avait pris soin de se couvrir un peu en prévision, avec une magnifique tenue, toujours chatoyante, clinquante, typique de son rang quoi. Typique lui-même, en fait. Autant se mettre en grandes pompes pour aller chercher un nouvel élément de l'Empire. Autant impressionner. Même si là, trempé, le bas de la tunique recouverte de boue, la première impression n'allait pas être la meilleure.

Il ne s'illusionnait pas sur la réponse hongroise. Il savait bien qu'aucun pays ne voulait être sous domination, même sous l'hyper puissant joug ottoman. Il se demandait bien pourquoi d'ailleurs. Ce n'était pas comme s'il leur imposait une culture et une façon de vivre, non. Ils avaient juste à être sous sa domination, ce qu'il jugeait être, à l'époque, pas si terrible que ça.

Soudain, il plaça sa main en visière pour protéger ses yeux de la pluie, observant Mohács qui se dessinait sous l'averse. Il lança un regard derrière lui, demandant les ordres à Soliman ; qui alors lui fit signe de se mettre en position. L’Empire acquiesça, ordonnant aux artilleurs et archers de prendre place, observant toujours la ville face à lui, et l'armée hongroise qui semblait prendre place.

Et d'un geste ample, il saisit son arc et une flèche, en véritable janissaire, se préparant à la bataille. La météo n'était pas avec lui, mais un sourire confiant s'installa sur son visage. Il avait des hommes. Il était puissant. Il le savait.

Et ce soir, la Hongrie serait sienne.
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Elizaveta / Hongrie

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MessageSujet: Re: [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli   Lun 7 Nov - 18:15

Temps de merde. Chefs de merde. Siècle de merde. Voilà le résumé de la pensée de la nation Hongroise à cet instant précis. Aujourd'hui, c'était le jour de la bataille contre ce bâtard d'Ottoman. Cela ne faisait même pas une semaine que son roi était prêt, tellement pris dans des querelles internes, pantin entre les doigts des évêques, un roi-enfant qui était maintenant à peine adulte. Mais bon, la Hongrie allait bien gérer ça, elle avait déjà géré pas mal de crises ces derniers temps.


Déjà, Lájos avait choisi un endroit pas trop mal pour se battre : la plaine de Mohács. On y voyait à perte de vue, pas un arbre, rien pour permettre à ces connards d'infidèles et à ce gros tas qui se nommait lui-même Empire Ottoman de piéger ses valeureux soldats dans des embuscades. Il y avait le Danube pas loin, à la limite ça pouvait servir à apporter du ravitaillement. Mais c'était juste le temps qui était tout bonnement épouvantable. Non mais sans déconner, même toutes les processions pour honorer le bon Dieu n'avait servi à rien pour arrêter cette flotte qui tombait limite sans discontinuer depuis juin. Et en plus, aujourd'hui, 29 août, il faisait orage. Le Danube était en crue, la plaine où le roi avait décidé de se battre était inondée, bref, journée de merde qui commençait mal. Le petit Saint-Empire et ses sous-fifres avaient promis des renforts, Vatican aussi, lui disant que ce qu'il faisait là était une vraie croisade contre les incroyants et qu'il serait récompensé pour cela. Fallait juste retenir le barbichu le temps que les autres arrivent et ils ne devraient pas arriver dans très longtemps, leurs messagers avaient dit.


Le jeune brun passa vite fait en revue les troupes rangées et patientant sous la pluie battante. Le roi n'avait pu lever qu'une armée de 40 000 hommes. Il l'avait fait disposer sur deux lignes, dont la première très longue, pouvait impressionner l'ennemi. Au centre, sa cavalerie lourde. Ah, la cavalerie lourde hongroise, la fine fleur de la cavalerie européenne ! Ces chevaux rutilants sous leur blindage, les chevaliers masqués d'acier les montant, leurs armes prêtes à empaler de l'hérétique, ah ça, mes amis, c'était un spectacle à voir ! Et de part et d'autre de ce noyau de métal, piaffaient deux ailes de cavalerie légère. La cavalerie légère, rapide, avec leurs lances et longues épées, capable de disperser les fantassins, de foncer sur l'ennemi pour désorganiser leur formation puis se replier en vitesse, harcelant et épuisant l'adversaire pour mieux le cueillir... C'était vraiment le type de stratégie qu'il préférait. D'ailleurs, il prendrait part au combat dans ce corps, le jeune souverain mènerait la cavalerie lourde et un autre péquenot les quelques milliers de fantassins qui les suivraient. Elle savait que les ottomans étaient nombreux et puissants. Mais ils avaient chialé leur mère quand Roumanie leur avait piqué le cul avec des pieux et si ce morveux qui courait après les chauves-souris (non mais, des chauves-souris, il est vraiment frappé ce gosse) avait fait un peu peur à cet impie d'Adnan, il pouvait arriver à lui botter l'arrière train. Non mais.


Le brouillard se leva, la terre chaude ayant été considérablement refroidie par les pluies s'étant abattue sur le futur champ de bataille, il pu admirer sur les flancs des collines en face d'eux l'armée ottomane qui se présentait. Et putain, ouais, ils étaient nombreux.


- Majesté, vos ordres?

- Úr Héderváry, votre avis sur la situation?

- L'attaque est la meilleure des défense. Notre cavalerie est supérieure en qualité à la leur. On fonce, on perce et on les prend à revers.



Le jeune roi fit un signe, les cors sonnèrent, les bannières s'abaissèrent et toute la cavalerie s'engagea au petit trot dans la plaine inondée. Le bruit des milliers d'éclaboussures était assourdissant. Cheveux attachés en catogan, tunique blanche protégée par un épais manteau de cuir à col de fourrure, épée en main, la Hongrie était prête à se battre, cherchant du regard son vis à vis pour lui faire boire la tasse dans le Danube. D'ailleurs, elle ne voyait que lui, même sous la pluie battante, il était aussi repérable qu'une torche dans la nuit noire. A croire qu'il voulait servir de cible à ses archers et mourir en martyr... Talonnant sa monture, la Hongrie ordonna la charge. Rien ne résiste à une charge de cavalerie, surtout quand elle est menée avec un corps compact de cavalerie lourde en son centre.


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Sadık Adnan / Turquie

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MessageSujet: Re: [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli   Dim 8 Jan - 1:40

Comme à son habitude, il avait prit grand soin de motiver les troupes avant la bataille. Enfin, avant de partir même. Quelle personne saine d'esprit quitterait le doux climat méditerranéen pour aller s'enfoncer en Europe profonde sous le vent et la pluie, si ce n'est un soldat apâté par la conquête et les richesses - ou bien envoyé de force à coups de babouches au cul, certes.

Mais là, ses soldats étaient fiers, même sous la pluie battante, alors même que l'ennemi fonçait vers eux sans crainte aucune. Ils se savaient plus puissants. Ils se savaient plus nombreux. Ils se savaient voués au Paradis en cas de mort, eux, chers fidèles aveuglés par la foi. Bref, quand on est l'une des armée les plus puissante, moderne, et disciplinée du coin, on a de quoi avoir la foi - et une tête enflée, certes.

Et de ne pas avoir la moindre crainte lorsque la grosse masse de hongrois fonce vers nous. Ils avaient vu pire, hein, du moins Sadik avait vu pire. Et sa confiance en lui devait se propager, on ne sait comment, au milieu des soldats. Ou n'était-ce pas l'inverse ?

- Askerler hazır olun !
(Soyez prêts, soldats !)

Il visa directement l'individu qu'il savait d'instinct être la nation. Un petit brun aux traits androgyne, qu'il devina être un homme - enfin, un homme en devenir - par sa simple présence sur le champ de bataille. Oh bien sûr, il en avait vu des nations femelles qui venaient croiser le fer et faire la guéguerre, mais soyons sérieux, ce p'tit bout d'homme ne pouvait juste pas en être une. Une femme, c'est un minimum délicat et distingué, pour un ottoman. Et ce bourrin à la chevelure voletante n'avait rien de délicat et distingué.

- Şarj !

Cela venait de Soliman. Grand, fier, il se dressa parmi ses hommes et sonna la charge, le bras armé indiquant l'ennemi. Un rictus narquois se dessina sur le visage de la nation ottomane alors que l'infanterie avançait vers la charge ennemie, et il décocha sa flèche en direction du petit brun qui fonçait vaillament sur son destrier.

Il n'eut cependant pas le loisir de remarquer si elle fit mouche, car le choc des deux armées fut plus qu'impressionnant, et surtout, un fouilli monstre. Le choc des lames résonnait sous la pluie battante, et il vit les siens s'effrondrer, par centaine. L'armée ennemie était bien protégée. Et si les ottomans étaient rapides et plus perfectionnés, les coups massifs et perforants n'étaient pas leur fort.

La grande nation Ottomane fut décontenancée. Oh que non. Ce n'était pas prévu, cette attaque de barbare, qui était en train d'éventrer son armée. Plusieurs soldats abandonnèrent leur croyance en un paradis somptueux après la mort et la formation fut rompue, le chaos s'installa parmis l'infanterie qui ne savait plus où donner de la tête. Le turc beugla des insultes camouflées par le brouhaha de la bataille et talonna sa monture vers Soliman.

- Majesteleri, işler karışmaya. Bu avantajı kaybetmeden önce topçu kullanmanız gerekir !
(Votre Altesse, les choses se compliquent. On doit utiliser l'artillerie avant de perdre l'avantage !)

Le Sultan acquiesca sans plus attendre. Car pour ceux qui n'ont pas la force brute, il leur reste la tête. Tête ottomane qui s'était concentrée sur l'artillerie. Et qui n'avait jamais fait défaut à Sadik jusqu'ici. Il brandit alors sa cimeterre en direction des canonniers, les interpellant, puis l'abaissa dans un mouvement très explicite.

- Ateş etmek !
(Feu !)

Le feu fut mis aux poudres, les détonations retentirent sur le champ de bataille. Des membres de l'armée hongroise furent projetés, des bouts d'armures, de corps, de chair se retrouvèrent à planer dans les airs.

Mais s'il n'y avait que cela. Car les janissaires n'étaient pas connus uniquement pour leur habileté à l'arc. Au signal lancé aux canonniers, ils s'emparèrent chacun de leurs arquebuses, certains mettant un pied à terre, et firent feu face à l'ennemi. C'était là le point fort ottoman, sans nul doute. L'artillerie, ça le connaissait mieux que quiconque.

Même s'il n'attendait que de se jeter à la mêlée. Le besoin de frapper fort, de près, de ressentir cette fureur qui prend aux tripes, c'était vital pour son coeur de nation en pleine conquête sanglante. Mais ce n'était pas encore l'heure. Les hongrois n'étaient pas encore assez proches, pas assez essoufflée. On gardait les meilleurs pour la fin.

Il sortit alors une autre flèche qu'il pointa en direction de l'autre nation, toujours trop loin de lui - et s'il s'était écouté, il se serait élancé au galop vers lui pour pimenter un peu le combat, mais il lui fallait attendre. Il était sur le point de décocher lorsqu'une flèche ennemie passa à quelques centimètres de son visage. Sourire goguenard, dans le style "vous m'avez loupé bande de nazes", qui fut vite réprimé lorsqu'un gémissement de douleur sultanesque retentit derrière lui.

Sans attendre, il se retourna, posa le pied à terre et se précipita vers Soliman, que la flèche avait atteint à l'épaule. Il se pencha pour l'aider à se relever, mais le sultan dédaigna sa main généreuse, et dans son fort caractère, se releva en insultant la nation pour avoir quitté le combat des yeux. Si la nation et le dirigeant se mettaient à abandonner les troupes, qui allait combattre, hm ?

Bombant le torse, Sadik remonta en selle. Il était temps. Peu importe que la charge soit sonnée. Il se savait vainqueur de cette entrevue. Et il ne se fit pas prier pour talonner son cheval qui se précipita sur l'ennemi dans un henissement strident. La cible de l'Empire était de plus en plus proche, et ils finirent par se rencontrer lorsque Sadik, dégainant le sabre, la tunique virevoltant au vent, assena un coup fourbe à la monture de son ennemi.

Abattez le cheval, le cavalier tombe. Un cavalier à terre perd le tier de sa force.

Ah, mais Sadik se sentait d'humeur fair play. Et surtout à faire couler le sang, tandis que son sabre tranchait quelques autres soldats sur son chemin. Aussi, il abandonna sa monture à son tour, qu'il envoya rejoindre les rangs ottomans. Surplombant l'autre de toute sa hauteur, le turc avança énergiquement vers le jeune hongrois, cimeterre souillée et prête à trancher, assenant un premier coup sans aucune retenue.

Il était fort. Il était sûr de lui. Et ce sourire narquois qui se lisait sur son visage tandis qu'il ramenait sa lame vers lui en disait long sur ses instincs profondément cruels.

- Alors petit père, tu te rends, ou tu préfères que je continue à faire des trous dans ta peau de bambin ? L'un ou l'autre, ça me convient parfaitement si tu veux savoir.

Autour d'eux c'était la cohue, mais le véritable combat se déroulait ici, entre eux deux. Les légères égratignures qu'il avait récoltées n'étaient rien, et il savait que seul le môme face à lui pouvait réellement le blesser. Et inversement.

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MessageSujet: Re: [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli   Dim 8 Jan - 15:18

L'armée Hongroise était étalée sur une ligne de quatre kilomètres. Et il n'y avait que la moitié de ses forces, Szapolyai devait arriver bientôt, normalement. Certes, il n'était pas arrivé à temps pour bloquer ce sale païen au niveau des affluents du Danube comme cela était initialement prévu mais il était là, bloqué dans les marécages de la plaine de Mohàcs inondée par un Danube exceptionnellement en crue à une telle période de l'année. Les villages aux alentours empêchaient les Ottomans de se déployer comme ils le souhaitaient. C'était un signe de Dieu lui-même, sans doute, qui bénissait cette croisade contre des païens qui souillaient et saccageaient des terres chrétiennes, de bonnes terres. Et c'était sous ce signe qu'il avait chargé, galopant sur son hongre dans la boue, nue-tête, prêt à trancher les têtes païennes d'un coup d'épée.


Ses six milles cavaliers qui s'élançaient avec lui faisaient trembler la terre, gicler eau, herbe et boue, fonçant sur les Ottomans en une nuée brune et écumante. Déjà, sa cavalerie légère adoptait la formation du cercle cantabrique pour harceler l'ennemi de flèches : les chevaux adverses faisaient une magnifique cible non-couverte et tandis qu'ils tentaient de se protéger, une puissante charge de cavalerie lourde éventrait le corps de la formation adverse, piétinant et tailladant tout sur son passage. C'était David contre Goliath et David, béni de Dieu, était en train d'abattre le géant.


Et tandis que son épée faisait tomber les têtes orientales, il le vit foncer sur elle. Son habit flamboyant était aussi rouge que le sang et sa stature était imposante, signe qu'il était une nation à son apogée, ne craignait ni rien, ni personne. Mais le Royaume de Hongrie allait changer cela, il en était persuadé. Ce n'était pas un misérable païen velu qui allait le faire tomber, même s'il était commandé par un roi-enfant, même s'il était inférieur en nombre. Voyez comme la cavalerie ottomane part en déroute, comme les braves cavaliers hongrois font tomber les tête et que son infanterie avance inexorablement vers celle de l'ennemi !


Rejetant sa longue chevelure trempée en arrière, il avisa le cavalier qui fonçait droit sur lui, suivant des yeux le moindre mouvement de ses bras, prêt à parer à toute éventualité. Il évita le premier coup habilement mais cela eut comme conséquence un revers de sabre qui vint trancher net la jugulaire de son bien-aimé cheval, le faisant s'écrouler net et l'emportant dans sa chute. Manquant de boire la tasse en jurant dans l'eau qui recouvrait la plaine comme un lac, empêtré sous son cheval, légèrement blessé par la chute et pataugeant dans la boue, le jeune Hongrois mis du temps à se relever : l'autre mécréant aurait pu le tuer net mais il ne le fit pas et injure suprême, il descendit de son cheval pour se mettre « à sa hauteur ». Ils avaient de l'eau presqu'au genoux et s'enfonçaient légèrement dans la boue. A peine le plus jeune eut le temps de reprendre son épée qu'un coup de sabre manqua de lui trancher le bras droit qui ne dut son salut qu'un à bon réflexe d'esquive. Certes, son bras était méchamment entaillé, ruisselant de sang et extrêmement douloureux, l'obligeant à se servir de ses deux mains pour manier son épée mais c'était mieux qu'un bras en moins.


- Alors petit père, tu te rends, ou tu préfères que je continue à faire des trous dans ta peau de bambin ? L'un ou l'autre, ça me convient parfaitement si tu veux savoir.


Autour d'eux, c'était la cohue. L'air était rempli du vacarme assourdissant des chevaux, des hommes, des corps qui chutaient dans l'eau boueuse et aussi, le bruit des canons. Certes, sa cavalerie et son infanterie avaient percé les lignes ottomanes mais sa réserve était constituée d'arquebusiers et de canons, déchirant les corps hongrois de balles et de boulets, faisant tomber une pluie de chair et de sang sur la plaine. Toute son avancée était en train de se faire tailler en pièces par l'artillerie païenne, par des inventions du diable, ces poudrières démoniaques qui ressemblaient à des milliers de coups de tonnerre.
Mais c'était pas pour ça qu'il se rendrait. S'il arrivait à prendre l'avantage sur ce chien, ils gagneraient.


En guise de réponse, il lui cracha dessus. Même si le vent tournait, il n'abandonnerait pas et ne baiserait jamais les pieds à un impie pareil. Il essaya de l'attaquer mais ses forces le trahirent, la douleur vive de son bras droit l'empêcha de porter un coup à pleine puissance et ne parvint qu'à égratigner le visage de son ennemi à peine, faisant juste tomber son masque. La réplique ne se fit pas attendre et une violente douleur le prit au torse alors qu'il se sentait choir en arrière dans l'eau boueuse. Roulant dans la vase par réflexe pour mettre de la distance entre son adversaire et lui, désormais désarmé et pas mal blessé, sa longue chevelure éparse, trempée et boueuse lui collant au visage, sa chemise ensanglantée ouverte de part en part, il se releva avec difficulté, fusillant du regard ce chien de païen.


- Kurva anyját a pogány kutyát, akkor fizet nekem !
(*Fils de putain de chien de païen, tu vas me le payer)


Quelques rares cavaliers qui n'avaient été ni tués, ni faits prisonniers passèrent entre eux-deux, en pleine débandade. La jeune nation Hongroise ne put qu'entendre que le roi était mort. Làjos mort, ses hommes sauvaient leur peau, abandonnant presque leur patrie au profit de leur misérable brève existence. La petite troupe passée, se dressa devant lui l'ombre de l'imposant conquérant, alors que se couchait le soleil dans la plaine inondée. Désarmé, blessé, le Hongrois ne recula pas et se contenta juste de protéger sa poitrine ensanglantée de son bras encore un tant soit peu valide. Que ce chien approche ! S'il n'avait plus ses bras pour se battre, il le boufferait !
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Sadık Adnan / Turquie

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MessageSujet: Re: [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli   Mer 8 Fév - 22:56

Il avait le regard enflammé ce petit gars, et la hargne que le grand Empire lisait dans ces prunelles vertes ne faisait qu'attiser sa soif de sang. Il aimait ce regard. Il aimait lorsque l'ennemi était à terre et le dévisageait avec une haine bombée de frustration. Il se sentait puissant, il se sentait au dessus. Et il se sentait surtout propice à montrer le jeune garçon du doigt en se moquant de lui.

Mais l'envie de voir à quel point ce regard pouvait être impuissamment haineux le submergea, et il en trancha alors un soldat qui passait près de lui, d'un coup de cimeterre habile.

Il était bien inutile de préciser que la cruauté du turc croissait alors qu'il savait l'ennemi au plus bas. Comme pour montrer à celui-ci qui commande, comme pour affirmer sa toute puissance à coups de talons destructeurs.

A vrai dire, Sadik n'était pas quelqu'un de profondément cruel. Bien sûr qu'il ne fallait pas dépasser la limite, mais quand on coopérait sagement et qu'on ne montrait aucun signe de rébellion, on pouvait très bien s'entendre à merveilles avec lui et vivre très bien sous son joug.

Mais avant toute chose, il fallait les poser, les limites. Et la première impression était toujours la plus forte. Autant avoir l'air d'un affreux sarrasin qu'il ne vaut mieux pas mettre en colère plutôt que d'un doux tuteur auquel on peut faire des coups bas sans jamais craindre son courroux.

Et pour cela, rien de plus simple : il n'avait qu'à suivre l'exemple de ces barbares d'européens. Et entre Vlad Tepes et autres bourreaux antipathiques, il avait eut de bons exemples - même si dire que seuls les européens étaient responsables de ses pulsions sanglantes avait sans doute un grand côté xénophobe, bien que le mot ne soit pas encore d'actualité.

Toujours était-il que sa seule envie en l'instant, c'était d'observer le misérable hongrois se plier face à sa puissance, et plus il le traînerait dans la boue, plus le plaisir qui en résulterait serait intense.

Mais le crachat atterissant sur le coin de sa pommette et le coup qui suivit lui indiquèrent que le petit hongrois n'était pas encore à bout de forces. Son esquive fut retardée par la surprise, mais le faible bras ennemi l'empêcha d'y perdre la tête. Une entaille vint se creuser dans la joue turque, faisant tomber le masque dans une épaisse couche de boue.

Ce qui ne plut pas du tout à l'Empire. Un bon coup de cimeterre à travers le torse entailla la peau hongroise, déchirant sa tunique. Le gamin tomba à terre, sur la défensive, avant de se relever. De longs pans filandreux de la tunique hongroise, jadis blanche et maintenant macculée de boue, se virent également tâchés de sagn frais. L'ottoman n'y pris pas garde, abbatit un autre soldat qui lui passait devant en s'enfuyant à toutes jambes, et profita de ce chapelet d'insultes lancées par le hongrois pour lui attraper le haut de sa tunique en lambeaux. Il hissa le visage du gamin jusqu'au sien, où ses deux prunelles d'un vert bien plus sombre luisaient presque de hargne, et sa voix, forte, fut gonflée par l'orgueil lorsqu'il déclara :

- Je ne sais pas ce que tu baragouines mais je te ferais remarquer que ton armée se carapate sans demander ses restes - qui doivent être éparpillés un peu partout dans la boue. Tu as perdu la bataille. Ton roi est mort. Je suis en train de t'envahir et tu vas me faire le plaisir de ployer devant moi si tu ne veux pas que j'abîme un peu plus ton minois. C'est ça que tu veux ? C'est ça que...

Boing boing.

Son regard se décrispa. Abasourdi, il descendit le regard, pour être certain que cette sensation était bien ce à quoi il pensait. Deux protubérances charnelles venaient de se dévoiler, plutôt imposantes, et dont les rondeurs immaculées étaient venues envelopper le puissant bras de l'Empire. Cette douceur blanche contre sa peau hâlée, cette chaleur apaisante, protectrice, face au froid pluvieux dont il était imprégné. Et il était là, le muscle contracté contre cette délicate cavité, imaginant déjà - de son expérience masculine - la chair frissonner et se dresser sous ses caresses.

Car oui, ce qui venait d'attirer son attention n'était ni plus ni moins qu'une voluptueuse paire de seins.

- Mais... tu es une femme !

Accablant constat tandis qu'il la lâchait de surprise et qu'elle atterissait dans la boue. Cela changeait la donne du tout au tout. Parce que s'il était réputé - et à juste titre - pour avoir un grand respect envers les femmes à conditions qu'elles fassent preuvent de la soumission la plus totale et parfois dégradante - ou qu'elles soient sa mère, à la rigueur - il était encore plus connu pour ses châtiments cruels et encore plus dégradants envers celles-ci. Une femme n'était pas l'égale d'un homme. Une femme demeurait emmurée par le silence, dans l'ombre de l'histoire, son statut et son rôle déterminés par le discours patriarcal dominant.

Et c'était bien la première fois qu'il s'était autant mépris sur l'une d'entre elles et avait osé la considérer comme son semblable en tant que nation.

Ce qui ne manqua pas de l'agacer.

- Décidément les femmes sont aussi utiles au combat qu'une vieille jument aux pattes brisées.

Et il la saisit de nouveau par le bras, assez violemment, la menaçant presque de l'autre main, toujours aggripée sur sa cimeterre.

- Ta place n'est pas sur le champ de bataille, et je vais m'assurer que tu n'y retournes pas de si tôt. On va pouvoir s'arranger avec les filles pour te faire une place au harem, à mon avis.

S'il pouvait en profiter jusqu'au bout, de sa chère et tendre - ou presque - nouvelle possession, il ne se gênerait nullement. Et sa démarche se fit vive et décidée, tandis qu'il l'embarquait vers le gros de la troupe, fermement décidé à la garder avec lui.
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MessageSujet: Re: [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli   Lun 13 Fév - 15:23

Il se sentit soulevé. Il avait beau agripper de toute la force de son bras encore valide celui de l'Ottoman, tentant désespérément de creuser la chair tannée de son ennemi de ses ongles, en vain. Il le soulevait aussi aisément qu'on soulevait un lièvre qu'on avait abattu d'une flèche lors d'une partie de chasse. Il avait beau se débattre, gigoter, fusiller du regard l'impie démasqué, cela ne changeait rien. Rien ?


- Mais... tu es une femme !


Soudainement, brutalement, il se fit lâcher et chuta lourdement au sol. Il ? Elle plutôt. L'Ottoman avait été démasqué, mais c'était finalement sa véritable identité qui s'était révélée sur le champ de bataille. Sa tunique largement ouverte, sa poitrine maculée de sang l'avaient trahie. Et c'était de loin le coup qui lui avait fait le plus mal : la bataille perdue, le roi mort, elle avait encore sa fierté de mâle. Mais là, elle était instantanément reléguée chez les femmes, les pisseuses, le sexe faible, elle, à genoux dans la boue, torse dénudé comme une courtisane qu'on aurait commencé à déshabiller.


Elle aurait dû profiter de la surprise de son adversaire pour contre-attaquer ou même fuir ! Mais elle n'en avait pas la force, le moral anéanti par la douloureuse découverte. Voilà déjà qu'il l’attrapait par le poignet et qu'il la traînait pour l'emmener avec lui. Bien sûr qu'elle avait entendu ses propos, et en voyant toute son énergie partir avec la révélation de son sexe, elle n'avait plus de doute qu'être femme était être faible. Ah, elle avait belle figure la descendante des Magyars et des Huns ! Une jeune fille traînée dans la boue, impuissante, misérable, seins à l'air... Qu'est-ce que ses ancêtres auraient honte, eux qu'ils l'ont élevée dans la peau d'un garçon pour qu'elle devienne une nation forte et puissante ! Et qu'était-elle devenue, à l'instant même ? Une putain ottomane en devenir !


Elle serrait les dents pour ne pas pleurer. Manquait plus que ça, qu'elle devienne totalement une de ses nanas qui pleurent et geignent toute la journée, incapable d'autonomie ou de courage. Cachée derrière les longues mèches brunes et boueuses, elle cherchait un moyen de fuir. L'Ottoman la surveillait personnellement alors qu'un de ses sous fifres attachait ses poignets dans son dos avant de la faire grimper sous bonne escorte sur un cheval, mise au dessus des autres pour que tous voient sa déchéance, qu'elle soit le trophée qu'on rapportera au pays.


* * *


Elle avait pu s'échapper. Prétextant un besoin pressant, aidé d'un moment d'inattention, une soumission feinte et de discrétion -sans compter la bêtise de son garde qui devait avoir payé de sa vie son erreur à cette heure ci-, elle s'était carapatée à travers les bois, aussi vite qu'elle put, négligeant douleur, faim, soif et sommeil pour fuir le plus loin possible de ses geôliers, mettre le plus de distance possible entre elle et eux, reprendre forme « masculine » avant de lever une autre armée, et de leur botter proprement le cul une bonne fois pour toute !


Jugeant qu'il y avait pour l'instant assez de distance entre le connard masqué et elle, Elizaveta s'accorda une pose et s'adossa à un arbre. Il faisait déjà jour, tout le monde devait être au courant de sa disparition et elle n'entendait rien. Bon signe, c'est qu'elle avait sans doute réussi son évasion, même si elle savait l'Ottoman rusé et capable de la rattraper. D'ailleurs, elle entendait des bruits, là-bas, dans les fourrés... Etait-ce déjà lui ?

* * *


Gilbert. Ce n'était que lui. Il avait grandi lui aussi, il n'avait pas changé, toujours aussi borné et stupide mais sa présence avait quelque chose de rassurant. Peut-être parce qu'ils étaient deux ardents défenseurs de la chrétienté face à l'envahisseur ottoman ? Peut-être parce que sa bure de jeune homme consacré à la religion en faisait quelqu'un de confiance, au point même que quand il découvrit son secret, par pudeur, il la recouvrit de son manteau au lieu de l'exhiber comme l'avait fait ce salaud d'infidèle ?


Ses plaies avaient refroidi et étaient devenues encore plus douloureuses. Il faisait nuit à nouveau et il lui était impossible de se relever. Emmitouflée dans le manteau marine du Prussien, Elizaveta priait tout ce qu'elle pouvait le Bon Dieu et la Sainte Vierge de la protéger, en tant que Nation et en tant qu'être de la colère de cet hérétique qui ne reconnaissait pas la juste et vraie foi et qui voulait que le Royaume de Hongrie soit son esclave, alors qu'elle entendait qu'une battue avait commencé dans ses bois.
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Sadık Adnan / Turquie

Qui garde sa langue, garde sa tête.



MessageSujet: Re: [1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli   Lun 13 Fév - 21:07

Un juron s'échappa de la bouche ottomane alors qu'il venait de nouveau de s'enfoncer dans la bouillasse jusqu'à mi-tibia. Parfait. C'était sa paire de babouche préférée. Et il savait qu'après cette bataille et la nuit qu'il allait passer sur le campement - que Soliman avait décidé de placer sur le champs de bataille entre les cadavres, c'est plus convivial - il n'aurait qu'à refaire un tour au souk pour se retrouver une paire d'une telle beauté.

Et en plus il avait perdu son masque dans la boue. Sa marque de fabrique, ce qui lui conférait cette aura mystérieuse et terrifiante auprès des mômes européens. A quoi il ressemblait maintenant ? A un pauvre gars couvert de boue, dont la resplendissante tunique était bonne à mettre au feu.

Mais bon, il avait autre chose en tête pour l'instant. Et c'était aller festoyer la victoire auprès du feu, en compagnie de quelques janissaires ivres qui avaient sorti le kanun et mimaient un tanbur sur le dos d'un plat concave, chantant, faux pour la plupart, mais avec beaucoup d'entrain. Sadik ne pouvait jamais refuser de se joindre à la fête, aussi c'est ce qu'il fit après avoir pansé ses blessures.

Même si la perspective de danser et chanter au milieu de la boue et des cadavres, bien qu'elle ne l'atteigne pas, pouvaient paraître particulièrement malsaine pour autrui. C'était peut-être pour ça que Soliman, outre le fait de récupérer de sa blessure, restait dans sa tente et loin de tout. Il n'avait peut-être pas la tête à fêter ça, allongé sur sa couche, le bras immobilisé et le médecin qui lui avait ordonné de se fumer une shisha remplie à rabord de haschich pour atténuer la douleur - car bien sûr, il ne valait mieux jamais partir sans médecin. Ni shisha. Et prier pour qu'aucun des deux ne soit abîmé pendant la bataille.

Mais Soliman n'était sans doute pas voué au repos, car un jeune janissaire entra dans sa tente pour lui délivrer le message suivant : "Pardon majesté, la Hongrie s'est échappée, vous m'en voyez navré" et autres du même genre. Le sultan fronça les sourcils avant de se lever, chancelant, faisant un signe de la main pour dire au jeune impudent de quitter sa tente. Et lorsque la toile s'ouvrit de nouveau, libérant un amas de fumée considérable, ce fut sur un sultan un peu remonté.

- Sadik !

Vous savez cette impression quand le parent vous appelle en prononçant votre nom en entier. Vous savez à ce moment là que ça va chier, et vous vous repassez tout ce que vous avez pu faire de mal dans votre tête, du plus vieux au plus récent, en priant pour que ça ne soit pas le plus grave.

C'était l'impression qu'avait l'Empire Ottoman alors que Soliman l'appelait par son prénom, exactement comme le faisait son père avant lui. Mais Sadik, un peut trop enivré par la fête mouvementée des janissaires, ne s'en était rendu compte qu'en croisant le regard du sultan, qui fit un mouvement de tête pour lui intimer de le rejoindre.

Baissant les épaules, un peu intrigué mais surtout complètement soumis à son sultan - qu'il savait déjà très prometteur malgré son début de carrière - Sadik se dirigea donc vers la tente de celui ci, qui l'attendait.

Et les deux hommes étaient ridiculement chancelants.

- Je ne vais pas passer par quatre chemins, la Hongrie s'est échappée.

La surprise passée, Sadik baissa les yeux.

- Je passerai bien un moment à te sermonner, mais il vaut mieux s'attarder à la retrouver qu'à discuter. Emmène trois hommes, fouillez la zone. Elle n'a pas dû aller très loin.

Autant Soliman avait un charisme fou et une sagesse digne des plus grands hommes, autant le voir, la vision troublée tout en sortant des propos aussi gorgés de sens, faisait naître un sourire malhabilement dissimulé sur les lèvres de l'Empire. Mais lui-même n'était pas tellement sain, en l'instant même.

- Il sera fait selon votre bon vouloir, Majesteleri, déclara-t-il en inclinant respectueusement la tête.
- Fort bien. Oh. Et la bataille était admirable, répondit le sultan en lui tapotant l'épaule fièrement.
- Grâce à vous, votre altesse, grâce à vous.

Suivi d'un sourire sur le visage des deux hommes, avant que Sadik ne sorte de la tente et fasse signe à trois janissaires de le suivre.

Oh ce flattement mutuel d'égo en aurait fait rougir plus d'un de jalousie. Peu de nation pouvaient se targuer de s'entendre aussi bien avec leur dirigeant. Et Sadik, qui avait vu Soliman grandir, savait bien qu'il n'aurait sans doute pas d'autre sultan de son envergure.

Il fallait donc bien en profiter un peu.

***

Son pied clapota encore contre la surface boueuse du sol, mais avec un peu plus de hargne. Les premières lueurs de l'aube lui permettaient de voir un peu mieux que pendant toute la longue et éreintante nuit qu'il avait passé à fouiller les environs. Une gueuse à moitié nue ne devait pas être si difficile à trouver pourtant. Et pourtant, cela faisait une bonne journée qu'il lui courrait après, et deux nuits qu'il passait ses heures de sommeil à écarter les feuillages à la recherche d'une hongroise ensanglantée. Soliman devait déjà s'en mordre les sangs.

Un gros soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'il s'accordait quelques douceurs sucrées tout en marchant. Il avait pensé à amené quelques loukoums et baklava, c'est toujours sympa après s'être tapé la route de la vie sauvage alors que le Danube est en pleine crue.

Mais lorsqu'il croqua dans la pâte sucrée du loukoum, son attention fut attirée par du mouvement derrière les buissons. Sans escorte aucune - les autres étaient de toute façon à l'autre bout du bois - il écarta les feuillages avec la grâce et la discrétion d'un crieur ottoman dans le souk.

- Ah, 'e 'oilà.

Oops. On reprend. Il avala sa bouchée.

- Te voilà donc.

Elle était assise là, contre le tronc d'un vieile arbre, apparemment plus calme qu'il y a deux jours. Peut-être qu'elle ne le serait plus en le voyant, mais Sadik n'en avait pas grand chose à faire.

Et ce même s'il ne devait plus ressembler à grand chose, la tunique à moitié ouverte, le maquillage qui s'était estompé et lui donnait un air de panda, plus de couvre chef, rien qui ne lui conférait un rang supérieur à simple paysan ottoman.

Et pourtant, il se disait qu'il devait quand même être impressionnant. Question d'expérience, hmmm ?

- Allez, fais pas de chichis et ramène ton derrière. J'ai pas envie d'être violent.

La fureur de la bataille s'était évaporée, et il était de nouveau dans son état naturellement zen mais vigoureux, et ce même s'il n'avait pas dormi - il aurait même dit que le manque de sommeil lui donnait un peu plus de punch. Et puis au fond, il n'était pas quelqu'un de cruel, et ce fut sous son meilleur jour - avec un beau sourire en prime - qu'il apparut à la damoiselle en s'accroupissant à son niveau.

- Tiens, tu veux un loukoum ? demanda-t-il en lui tendant un cube de sucre concentré. Ecoute, ça sert à rien d'aller faire du boudin dans ton coin, de toute façon je t'ai envahie alors tu es à moi, point final. Et puis on vit pas si mal chez moi. Mieux qu'ici, j'en suis sûr.

Il s'étira un instant, les muscles endoloris. Et il remarqua la soutane qu'elle portait sur les épaules. Tiens donc. Il ne l'avait pas vue avec auparavant. Typiquement chrétien, en plus. Il se décida à ne pas baisser sa garde, tout en reprenant, l'air le plus naturel possible :

- Et tu pourras revenir ici de temps en temps, je force personne à rester au palais - à part les tout petits, ils survivraient pas sans moi hein - ni à se convertir à ma religion. Même si bon, il y a des avantages non négligeable, m'enfin peu importe.

Et bien sûr, en tant que nation femelle, il aurait bien évidemment un droit de cuissage sur elle. Mais c'était tellement naturel et évident dans son esprit qu'il oublia complètement de le mentionner.

Enfin, il lui tendit une main qui se voulait non agressive et peut-être même amicale.

- Alors, tu viens de ton plein gré ou je dois te forcer ?

Et il attendit, un sourire sur les lèvres, mais toujours sur ses gardes au cas où.
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[1526] A la conquête de l'Europe, chapitre Hongrie | pv Eli

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