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 Le loup mange celui qui se fait brebis. [267 ; Hellas]

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Hermann/Germania

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MessageSujet: Le loup mange celui qui se fait brebis. [267 ; Hellas]   Jeu 17 Nov - 19:55

Bon sang mais que lui avait-il pris pour suivre les Hérules ? Etait-il éméché quand il émit son avis ? Il se le demandait encore alors que la nausée l'assaillait et que même l'air frais du large ne lui faisait plus aucun effet. Cramponné au bois de la coque du navire, tête passé pitoyablement par dessus le rebord, il soupçonnait ses chefs de l'avoir drogué ou saoulé pour le forcer à accepter une telle expédition. Il n'était pas un peuple marin, par tous les Dieux ! Et cela se voyait alors que le blond virait du blanchâtre au verdâtre en tentant de retenir un misérable repas de maquereaux et de ne pas alimenter de ce fait les poiscailles qui nageaient quelque part sous cette eau.


On avait beau lui faire miroiter les richesses de la Grèce, la Germanie n'en démordait pas : c'était une très mauvaise idée d'avoir traversé tout le continent du Nord vers le Sud,d'avoir pris la mer et de se prendre pour des pirates. S'il pouvait, il renierait les Hérules, mais cela lui reviendrait à s'amputer lui-même d'un doigt ou d'une partie de son corps. Quoique dans le malaise qui était le sien à l'heure actuelle, le Germain préférait une douleur bien vive au soulèvement perpétuel de son estomac, peu lui importait l'or et les marbres !


Alors pour ce venger de cet endroit maudit des Dieux où tout n'est que mer, îles, iode, poisson et autres abominations, dès qu'il posait pied sur la terre ferme et qu'il avait repris un peu de couleur, il pillait, brûlait et détruisait, comme si toute la frustration des longues journées de bateau accumulée rejaillissait soudainement en une sorte de colère ardente qui le rendait particulièrement dangereux et barbare. D'ailleurs, n'était-ce pas cette contrée-ci, maintenant administrée par ce crétin de Rome, où avait été crée ce mot de « barbare » pour ceux qui parlaient à l'origine une rude langue aux oreilles grecques et puis finalement s'était appliquée plus récemment à sa description et à ses mœurs rustres comparées aux peuplades soi-disant civilisées de la Méditerranée. Tant de raisons soudainement abondaient à son esprit pour haïr cette contrée et avoir envie de la détruire, de la raser...


Rome allait-il venir à sa rencontre vu qu'il ravageait des terres qu'il gouvernait à présent ? Ou bien était-il encore trop occupé à des orgies ou autres beuveries ? De ce côté-ci, le Germain ne pouvait que l'envier, cloîtré sur le pont d'un étroit et léger navire ballotté par les vents méditerranéens, rêvant de jolies femmes et d'un bon repas arrosé... Le blond poursuivait sa route de cité grecque en cité grecque, détroussant Corinthe, rapinant tout l'or d'Argos, ravageant Sparte et faisant voile sur Athènes.


Les pirates hérules touchant terre, le grand germain fut le premier à descendre sur le continent, ventre vide d'avoir dû rendre tout son repas, ayant faim soudainement de carnage, d'or, d'inspirer la peur et la terreur. Il n'était plus un chien de Rome, il était libre et il avait envie de faire payer ces années de servage en menant des razzia sur les terres de son ex-tortionnaire et maître. Devant lui se dressait Athènes, toute de marbre vêtue, somptueuse et majestueuse. Et une voix résonnait dans sa tête, lui racontant que le marbre taché de sang est tellement plus beau éclairé à la lumière des flammes... Et son être ivre de sa propre puissance, ivre de l'avidité de son peuple devenu pirate, son être qui était comme celui d'un vieux loup affamé ordonna l'assaut.


Et, alors qu'il détruisait l'autel de marbre d'un de leurs faux dieux, une femme se dressa sur les marches le surplombant. Il devait faire face au soleil pour la regarder, le forçant à baisser à demi le regard face à elle. Mais il n'avait point besoin de la voir pour savoir quelle était cette créature qui confiait à une femme un tout jeune garçon. Son aura était bien suffisante pour qu'il la reconnaisse. Comment avait-il pu oublier qu'une femme incarnait cette nation, une femme qui fut l'un des plus brillants empires de son temps et qui maintenant, était comme une foutue servante aux pieds de Rome -comme il l'avait été un temps-, comment ? Peut-être la haine de Rome qui le gangrenait petit à petit lui avait fait commettre cette négligence. Oublier une belle femme, décidément cela ne lui ressemblait pas, la mer devait le rendre fou.


- Hellas.


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MessageSujet: Re: Le loup mange celui qui se fait brebis. [267 ; Hellas]   Ven 23 Déc - 14:04

D'autant qu'elle se souvenait, Hellas avait toujours été fascinée par la mer,ces larges immensités pleines de mystère, s'étendant à perte de vue. Déjà enfant, il n'était pas rare qu'on la surprenne assise à contempler la mer, attendant... Attendant quoi, au juste? Les bateaux rentrant au port ? Un héros rentrant de guerre, qui aurait des histoires fascinantes à raconter? Un aède venant déclamer ses chansons? Elle ne savait pas...ne savait plus. Trop de temps s'était écoulé depuis. Mais cette fascination pour la mer avait toujours été là. Elle avait, de ce fait, toujours aimé utiliser le bateau comme moyen de transport.

Même lorsqu'elle était allée à Troie en compagnie des autres Cités-Etats et de leurs soldats.

Même lorsqu'elle avait été obligée de suivre Aelius à Rome après la destruction de Corinthe en compagnie des corinthiens survivants, devenus esclaves de Rome.


Elle s'était demandé plusieurs fois, étant enfant, si elle n'était pas née de l'océan. Comment expliquer cette attirance pour les étendues maritimes, autrement? D'autant qu'un de ses premiers souvenirs était une vision d'elle sur un rivage. Qui sait. C'était peut-être là qu'elle était née... Elle ne savait pas, elle ne savait plus, mais au fond, peu importait. On ne changeait pas le passé, encore plus aussi longtemps après. Et qu'est-ce que cela changeait, au fond? C'avait bien été des considérations d'enfant. N'empêche qu'elle aurait bien aimé retourner à cette époque insouciante, où la Grèce n'était pas encore vraiment menacée par des puissances extérieures. Certes, par la suite, il y avait eu Crête et ses minoens, mais cela n'avait pas duré longtemps...enfin, moins qu'elle ne l'avait craint. C'était surtout qu'à l'époque, encore jeune, elle s'était sentie en quelque sorte en sécurité auprès d'une nation plus vieille. Le parfait opposé de sa situation actuelle, en gros, où elle était sous la domination d'une nation plus jeune, Rome...même si parfois, elle avait du mal à se rendre compte qu'il était né bien après elle, tant sa croissance avait été rapide. Triste ironie du sort, sans doute.

Elle se sentait vieille, vieille et fatiguée.

Hellas sentait qu'elle allait sur sa fin. De multiples douleurs l'assaillaient de façon diffuse.Elle commençait à sentir des raideurs dans ses bras et ses jambes, si forts auparavant. Ses traits, creusés, étaient plus marqués qu'à l'ordinaire. Mais la pensée de sa mort prochaine ne lui faisait pas peur. Ne lui avait jamais fait peur, en réalité.Pourquoi craindre la mort? C'était en ce point qu'elle parvenait à joindre les stoïciens et les épicuriens. Premièrement, il fallait accepter la mort. C'était le destin de tout homme, a fortiori de chaque nation – enfin, seulement les antiques comme elle. Et pourquoi la craindre, donc? Lorsqu'on vivait, la mort n'était pas là, et lorsqu'on était mort..ce stade était déjà passé. Oh, pour sûr que cette idée de mourir prochainement l'aurait révoltée quand elle était plus jeune, mais maintenant, elle l'acceptait avec une vraie sérénité d'esprit. Elle avait fait son temps, elle le ressentait dans chaque fibre de son être. Son peuple changeait, il fallait donc savoir se retirer avec dignité. Sa consolation? Elle laissait quelque chose derrière elle, de plus important qu'elle. Ses enfants. Héraclès, bien sûr, qui reprendrait son flambeau et représenterait la Grèce après elle. Et Lovino, enfant qu'elle avait au final (trop?) peu connu, mélange détonnant entre la Grèce et Rome, mais qu'elle aimait tout autant que son aîné. Tant que ces deux-là survivraient, ils seraient une preuve de son passage sur cette terre. Et ainsi, espérait-elle, sa civilisation ne serait pas oubliée.

Mais elle n'avait pas encore disparu, et il lui restait encore à faire. S'occuper de ses enfants et en profiter tant qu'elle le pouvait encore. C'était précisément ce qu' elle faisait à cet instant précis, occupée à raconter à son aîné une des nombreuses légendes de la mythologie grecque. L'histoire de Perséphone, enlevée par Hadès et forcée de devenir sa femme. Horrible début, mais fin plus satisfaisante. Elle n'aimait pas vraiment raconter des histoires qui finissaient mal. Héraclès était tout ouïe. Émerveillé, il l'écoutait avec la plus grande attention. Et cela lui faisait plaisir de voir que quelqu'un, au moins, prêtait encore attention à ces vieilles légendes.

Mais ce moment de pure complicité mère-fils fut interrompu par l'une de ses domestiques, Hermia, qui accourut, complètement affolée, hurlant que les Barbares étaient arrivés. Interrogeant sa domestique tout en courant vers la ville, elle apprit qu'il s'agissait de grands guerriers venus du nord, à la chevelure claire. Le parallèle ne fut pas dur à établir pour elle. Surtout lorsqu'elle vit le grand blond à leur tête.

Germania.

Que lui prenait-il donc, d'attaquer la Grèce ? Voulait-il piller ses richesses? Atteindre Rome à travers elle? Sa haine envers Rome prenait donc tant d'ampleur?

Deux minutes. Que faisait-il, là? Il...il...détruisait un de ses autels ! Déposant un dernier baiser sur le front d'Héraclès, elle le confia à sa domestique, puis lui ordonna de fuir le plus loin possible. Ordre auquel Hermia s'empressa d'obéir. Parfait. Au moins, s'il lui arrivait quelque chose, Héraclès serait à l'abri. Et inconsciemment, Sophia fut ravie que Lovino soit resté en Italie. Il était en sécurité avec Aelius et ses demi-frères et sœurs.

Avec une pointe de jubilation malsaine, elle constata que Germania, ébloui par le soleil, ne pouvait la regarder en face ; il était obligé de baisser le regard. C'était dans l'ordre des choses, les barbares devaient s'incliner devant la civilisation. Ainsi en avaient décidé les dieux. Mais pourquoi l'Empire romain ne lui avait-il pas réglé son compte ? Ces peuples de barbares étaient-ils si puissants ? Eh bien, elle allait donc devoir régler ce problème elle-même. Elle était Hellas, l'une des plus grandes civilisations de leur époque, et ne pouvait tolérer l'outrage qui venait d'être commis. On ne s'attaquait pas à quelque chose d'aussi sacré que l'était ses croyances !

Sophia descendit rapidement les marches qui la séparait de l'envahisseur. Furieuse, elle ne se rendait même pas compte de la différence de carrure qu'il y avait entre eux.Elle répondit un sec « Germania » au salut -si l'on pouvait appeler ça comme ça- du germain. Il ne manquait pas de culot, celui-là. La saluer comme s'ils étaient tranquillement à une réunion entre nations. Enfin, elle préféra ne pas relever.

Dilemme : rester calme ou se jeter sur lui pour lui arracher son arme ?

L' instinct de la Grèce antique répondit à sa place.

La claque partit.

«Que fais-tu ici ? »

La respiration d'Hellas se fit plus rapide sur le coup de la colère, en même temps qu'elle foudroyait Germania du regard, n'accordant aucune importance à la douleur qui commençait à irradier dans sa main.

« Va-t-en. Tu n'as rien à faire chez moi. »

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MessageSujet: Re: Le loup mange celui qui se fait brebis. [267 ; Hellas]   Ven 23 Déc - 17:39

Ils se toisèrent un instant, restant quelques secondes l'un éloignés de l'autre, séparés par quelques marches de marbre, dans un silence seulement interrompu par le crépitement des flammes d'un brasero renversé quelques temps plus tôt. Le soleil lui obscurcissait la vue et seul le vêtement blanc de la dame face à lui servait de rempart face aux dards lumineux de la divine Sól dont les chevaux Árvak et Alsvid courent autour de notre Terre pour échapper à un loup démoniaque. Rien à voir avec ce culte impur qu'elle pouvait avoir.


Mais rapidement, elle dévala les quelques marches qui leur faisaient barrière. Elle n'était pas comme l'épouse dans l'attente quand son époux revenait après une longue campagne guerrière, bien au contraire ! Elle était la louve, l'ourse qui défend farouchement ses petits et son territoire. Son ton était cassant et sec, le grand blond la sentait capable de lui bondir dessus pour l'écharper de ses ongles et dents s'il le fallait. Il ne broncha pas quand il se prit une forte gifle, sa tête partant machinalement sur le côté puis revenant en place, plus colorée de rouge et avec une sensation de brûlure sur sa joue.


- Que fais-tu ici ? Va-t-en. Tu n'as rien à faire chez moi. 


Il ne lui répondit pas, trop occupé à contempler cette femme aux yeux rendus fiévreux par la colère, à la longue chevelure brune remontée et tenue par des peignes d'or où des longues boucles s'en échappaient pour retomber en cascade autour de son visage aux traits dorés par le soleil. Et avec de grands yeux olive bordés par de longs cils très noirs, qu'elle était belle. Le Germain savait apprécier la beauté d'une femme : cette superbe créature du Sud n'était plus au rang de la fleur fraîche qu'elle fût naguère, au summum de sa puissance, vierge guerrière et insoumise, pionnière... Non, elle n'était plus ça. Elle était devenue plus que ça, la beauté d'une femme mûre était pour lui aussi délicieuse qu'un fruit qui a pris son temps pour se gorger de soleil et de sucre, un fruit aux formes pleines et accueillantes, rassurantes. Et Hellas, même avec le poids des ans, même amaigrie, même devenue servante de Rome, demeurait une femme superbe et sûre d'elle, une maîtresse femme et accessoirement un fruit qu'il aimerait goûter.


Puis il repensa à ses paroles : qu'est-ce qu'il venait faire là ? C'était logique, non ? Pirate, il venait piller. Mais si la question était en fait « comment ça se fait qu'un barbare du Nord en soit venu à faire de la piraterie en mer Noire ou en mer Méditerranée ? », la question était plus délicate. C'est vrai, il aurait très bien pu rester avec ses autres tribus qui le composaient, se battre contre les Huns, Magyars et Slaves qui déferlaient de l'Est lointain, ou encore, se disputer la Gaule avec Rome encore... Mais non, il s'était fait convaincre, il ne se rappelait plus trop comment, d'embarquer dans des coquilles de noix pour voguer vers le sol et piller les îles grecques. Regrettait-il ? Un peu à cause du mal de mer, pas trop parce qu'il pouvait déchaîner ses bas-instincts et sa violence. Et puis il avait revu Sophia, peut-être rien que pour ça, cela avait valu le coup de faire tout ça, non ? Ou était-ce encore Freyja qui embrouillait à nouveau ses sens et son jugement juste parce que son interlocuteur était une femme, une dame même ?


Il remarqua les longs doigts fins de son homologue qui se refermaient douloureusement : apparemment, la gifle avait presque été plus douloureuse pour elle que pour lui. D'un mouvement vif, il lui attrapa le poignet, la maintenant assez fermement pour qu'elle ne le fuie pas, mais avec assez de douceur pour ne pas la blesser. Qu'elle avait de fins poignets par rapport à ses larges paumes !

- J'ai à faire chez toi. Mon peuple a besoin de tes richesses.


Et comme une nation ne pouvait désobéir à la volonté de ses chefs, il pillait comme eux, animé de la flamme de la violence et de la destruction en lui, laissant surgir le barbare animal qu'il était, par soif d'or et de femmes. Et, derrière eux, on entendait les pleurs et les cris des Athéniens qui désertaient leur chère ville, abandonnant leurs foyers aux haches germaniques pour se réfugier dans les hauteurs. Bientôt, toutes les nations qui se disaient civilisées allaient apprendre à le craindre.
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MessageSujet: Re: Le loup mange celui qui se fait brebis. [267 ; Hellas]   Ven 24 Fév - 21:52

Etait-il fait de pierre, ce géant en armes qui lui faisait face ? Sophia aurait pu le parier. Certes, sa tête était partie sur le côté à cause du choc, mais il ne semblait pas souffrir – pas comme Rome. De deux choses l'une : ou bien Germania était effectivement insensible, ou bien il était passé maître dans l'art de dissimuler sa douleur. Dans tous les cas, sa main lui faisait un mal de chien, comme si elle avait frappé un rocher à mains nues. En pire. Le rocher, au moins, n'était pas vivant : il n'y avait donc rien de frustrant à ne pas le voir réagir, c'était logique. Ce qui n'était pas du tout le cas ici : il y avait quelque chose de frustrant à voir le germain rester de marbre. Bien sûr, elle n'avait pas espéré qu'il fonde en larmes – quoique -, mais elle pensait qu'il aurait réagi..un peu du moins. Comme reculer d'un pas sous le choc, quelque chose comme ça. Face à lui, elle se sentait avoir la force d'un enfant. Même si elle n'avait pas été sur le déclin, elle aurait été faible : les hommes, bien sûr, avaient généralement plus de force physique que les femmes. Comme il le lui prouva une fois de plus, en attrapant son poignet douloureux. Comme s'il affirmait sa supériorité masculine. Comme s'il voulait lui rappeler, à ce moment, qui était le plus fort des deux.

Elle tenta de se dégager violemment, plusieurs fois. Sans succès, Hermann avait une poigne de fer. Maintenant qu'il avait capturé sa proie -elle!-, il ne la lâcherait pas avant d'avoir obtenu ce qu'il voulait. Elle refusait de s'abaisser à lui demander de la libérer. C' aurait été un aveu implicite de sa faiblesse, et elle se refusait à cela. Toujours paraître une nation puissante, sans tâche ni talon d'Achille, tel était devenu son credo. Et puis, lui demander de la lâcher aurait eu un côté franchement stupide, car il n'était absolument pas sûr qu'il l'aurait fait. Au contraire. Il était très rare qu'une personne dans sa position accède à ce genre de demandes, c'était presque une loi universelle. Il allait falloir qu'elle se libère par elle-même. Sans utiliser la force, puisqu'elle en manquait drastiquement, mais il allait falloir être la plus rusée des deux. Et en matière de ruse, Hellas pensait s'y entendre un minimum. La nation qui avait vu naître Ulysse aux mille tours ne pouvait pas ne pas être un minimum rusée et débrouillarde.

Mais voilà que le grand blond prenait la parole. Et prononçait non seulement deux phrases à la suite – ce qui constituait déjà un petit miracle -, mais deux phrases complètes et correctes, et pas de phrases nominales marmonnées. L'air de la Grèce rendait le germain bavard, ou du moins, c'était ce qu'il fallait croire, mais Sophia n'avait pas le temps de s'en étonner ; c'était tout sauf le moment. La vie de son peuple était en danger, par les dieux ! Et elle sentait ses Athéniens se faire blesser pour certains, tuer pour d'autres. Et chacune de ces blessures ou morts la faisait souffrir autant que si elle l'avait subie elle-même, même si elle le cachait au germain. Elle se tenait toujours très droite, foudroyant l'envahisseur de ses yeux verts. Elle brûlait de colère, de la même colère que ressentait le fauve lorsqu'on tentait de l'enfermer. Si elle l'avait pu, elle aurait réduit en charpie celui qui osait s'en prendre à son pays.

La réponse du germain manqua de la faire rire, d'un rire sec. Nerveux.

« Mes richesses ? Les mines d'or et d'argent ne sont pas ici. »

Même si cela faisait longtemps qu'elles n'étaient plus exploitées, restaient toujours les mines du Laurion en Attique. A moins que le germain ne veuille aussi piller et ravager les champs des grands domaines fonciers. Ou alors les commerçants. Ou alors les objets précieux qu'aimaient collecter les aristocrates. Ou alors, si les germains commençaient à détrousser les vivants et les morts ? Une suite d'images apocalyptiques lui passa soudain en tête. Les Athéniens réduits en esclavage, comme les Romains l'avaient fait après la destruction de Corinthe. Ou alors tués. Les hommes condamnés à être les domestiques des barbares. Les femmes, suppliciées, déshonorées. Les enfants égorgés, peut-être même sacrifiés à une de leurs coutumes barbares. Qui savait de quoi ces démons venus du Nord étaient capables ? Plus elle y pensait, plus sa fureur augmentait.

Non, elle ne laisserait pas faire ça, pas tant qu'elle avait un minimum d'amour-propre! Et la première étape était de parvenir à libérer son poignet... Un plan commençait à germer dans son esprit. C'était assez audacieux, pour ne pas dire suicidaire, mais on n'avait rien sans rien. Et puis, elle n'avait pas vraiment le temps d'échafauder un plan dans ses moindres détails. L'heure était à la pure improvisation. Il fallait agir !

Avec la rage du désespoir, Hellas planta ses dents dans le bras du germain, pour lui faire le plus mal possible. Si la gifle qu'elle avait donnée ne lui avait pas fait de mal, alors peut-être que cette morsure, si. Elle tentait d'imprimer profondément la trace de ses dents dans le bras ennemi, aussi fort qu'elle le pouvait. Qu'il regrette de s'en être pris à elle, à son pays, à la sécurité de son peuple, à la sécurité de son fils. Pour tout cela. La grecque avait laissé tomber raison, bon sens et maîtrise de soi. Elle n'avait qu'une envie. Détruire la nation en face d'elle. Comme un animal sauvage n'obéissant qu' à ses seules pulsions. Comme un loup, elle maintenait sa cible entre ses crocs. Elle se moquait bien qu'il puisse la frapper. Cela n'aurait fait que l'inciter davantage à vouloir le détruire. Qu'il essaye seulement de la toucher, il allait voir la surprise qu'elle lui réservait.

Au bout de ce qu'il lui sembla une éternité, elle finit par se relever, essuya sa bouche du dos de la main, le regard fier. Elle n'était pas une femme docile, non. Si le germain s'était mis cette idée en tête parce qu'il l'avait toujours vue d'humeur relativement paisible, il se fourvoyait complètement. La Grèce antique n'était pas une servante inoffensive aux pieds de Rome. Elle pouvait se réveiller et prendre les armes, et cela, Germania allait en faire la douloureuse expérience.

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Le loup mange celui qui se fait brebis. [267 ; Hellas]

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