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 G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]

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MessageSujet: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Mar 6 Déc - 13:50



De tous les rêves de gamin, il y en avait plus qu’un seul qui occupait encore toutes ses pensées et en lequel il plaçait toutes ses espérances : devenir le maître du monde. Un rêve qui, après réflexion, n’était pas le fruit de son caractère ou de son tempérament passionné, mais d’une tendance commune à toutes les nations de ce monde : le désir d’expansion. Toutes les sociétés de l’histoire, qu’elles eussent été barbares ou politiquement stables, devaient leurs évolution et leur existence en ce monde à une constate extension territoriale. Ainsi, depuis l’an 1500 –date tout à fait aléatoire-, la Russie s’agrandissait d’une région de la taille de la Hollande tous les ans. Certes, la Hollande est un petit pays, mais tous les ans. Finalement, au milieu du dix-septième siècle nos ancêtres slaves avaient atteins l’océan Pacifique ce qui, en à peine 250 ans, représentait un élargissement considérable et respectable. Ses rêves de grandeur n’étaient donc absolument pas anodins et faisaient même intégralement parti de sa condition de nation. Mais voilà, le principe « Aujourd’hui, je suis maître de mon pays, demain, du monde, et non, il n’y pas d’étape intermédiaire » ne marchait plus vraiment depuis un certain temps. A part quelques exceptions blâmés par tous, l’univers, dominé par le milliard doré, à vu son idéal de grandeur muer en pacifisme.

Et tu crois être tranquille, maintenant que le monde est géographiquement stable et que les guerres en tant que tel n’existent théoriquement plus, mais en réalité ça continue à être la méga daube. Parce que, comment c’était avant ? T’avais un truc en tête, t’écrivais un ordre que tu voyais réalisé dans les dix minutes. Genre, t’as besoin de thunes, t’écris simplement : «tout le monde me donne la moitié de son revenu sinon je jure que ça va barder pour vous ». Pareil pour les conflits : un pays voisin te fait chier ? T’embarques un mec de chaque famille, constitues une armée et pète la gueule à celui qui t’as cherché. Bref, avant, t’étais maître de toi-même et tu t’asseyais sur ce que les autres pensaient de toi parce que ‘manière, ton territoire il fait trois fois le leur et que s’il fallait, tu pouvais te renfermer sur tes ennemis comme un piège à rat. T’avais un über-pouvoir illimité.

A la fin du vingtième siècle, la mode est à la paix universelle. Ce qui limite les rêves de gloire des nations aux frontières de leurs pays respectifs. L’ennui, donc. En revanche, si tu as le courage d’être un peu plus subtil, tu peux pénétrer dans le monde merveilleux des organisations. Car oui, un espoir continue à irradier les visages blafards des nations en manque de pouvoir : dominer le monde abstraitement. Je sens que le terme « abstrait » pose problème. ONU, OTAN, OCS, IESD, OMS, FMI, BM, OTSC, ESA, UE, Conseil de l’Europe, UNESCO et cetera ad vitam aeternam. Pourtant, toutes ces lettres en majuscules, ces agglutinations de voyelles et consonnes dans un ordre pouvant sembler plus ou moins hasardeux, alors qu'elles constituent un imbroglio incompréhensible et inintéressant pour les uns, pour d'autres, elles représentent une véritablement boîte de Pandore. Car grâce à ces moult organisation mondiales, la voie vers le contrôle de l’univers c'est passablement raccourcie même si paradoxalement, les obstacles se font plus nombreux. Quoi qu’il en soit, c’est grâce à ce genre de coalitions que le monde a vu naître l’expression concrète de « maîtres du monde », soutenant la théorie populaire selon laquelle une poignée de gueux en cravates contrôlent les différentes fluctuations qui traversent notre société actuelle. Eh bien, les masses ont raison. A force de déléguer leur pouvoir à des organisations comme l’Union Européenne ou le Fonds Monétaire International, les pays perdent peu à peu de leur autorité et de leur efficacité individuelle. En effet, plus aucun dirigeant ne peut plus prendre de décisions capitales seul et les présidents finissent par ressembler à des marionnettes. Aujourd’hui, ce sont non les nations elles-mêmes qui choisissent les voies qu’elles veulent prendre, mais les coalitions.

Bien sûr, pour rentrer dans ce cercle privé des maîtres du monde, il fallait remplir quelques conditions. Mais les faits étaient là : en cette mémorable année de 1998, le G7 devint G8. Cette organisation économique était particulièrement prisée et Ivan dut faire quelques sacrifices pour en devenir le huitième membre. L’expansion territoriale n’avait plus aucun intérêt en ce monde, seule la puissance économique comptait. Et en vertu de ce principe là, faire parti du groupe du G8 rimait à merveille avec « les privilèges des plus forts ». Arthur, Kiku, Ludwig, Francis, Alfred, Matthew, Feliciano… ils devaient tous faire des claquettes avec leurs dents à l’heure qu’il était.

Car il était treize heures, nous étions le quinze mai 1998 et le premier sommet officiel du G8 n’allait pas tarder à commencer. Réajustant sa cravate en soie, Ivan ouvrit la portière de sa Bugatti Veyron et en sortit sous le crépitement incessant des flash d’appareils photos. Bonjours, bonjour, quelques signes de mains, quelques sourire, hop on fait un petit tour sur soi-même, on avance à petit pas, l’air de rien, on répond à quelques questions et ouf, enfin à l’intérieur du bâtiment. Là aussi, on serre quelques poignées, on dit bonjour, on sourit et on blablate avec des gens quelconques jusqu’à ce qu’on vienne annoncer que le premier sommet du G8 pouvait débuter. Son nom, gravé dans une plaque métallique en de lettres régulières, reposait sur un large bureau rond en bois sombre. Les présidents de la Commission et du Conseil européen étaient déjà présents et assis en face de lui. Des documents, des verres, des bouteilles, de la nourriture, des microphones et des stylos jonchaient la table, semblant être répartis de manière équitable entre chaque membre présent. La moitié des nations manquaient encore, mais, quelqu’un qu’il ne pouvait voir en raison du haut dossier du fauteuil, était déjà assis à sa droite. Haussant les épaules d’un air nonchalant, Ivan avança vers la place qui lui était désignée et, reculant la chaise, s’assit dessus. Enfin, il tourna la tête pour découvrir son voisin.

OH MON GODE.

C’était l’un des deux Vargas ! Et pas n’importe lequel, s’il-vous-plait ! Feliciano ! Ivan sentit ses yeux s’arrondir alors que son visage s’allongeait immanquablement. Cela n’avait rien avoir avec de la timidité ou de la honte, que nenni ! Il était juste tellement surpris de le voir ici, à cette place là ! Pourtant, en y réfléchissant de plus près, il n’y avait rien d'intriguant à cette situation. Après tout, Feliciano était là où il devait être et leur proximité n’était qu’un fâcheux hasard. A mesure qu’il saisissait la trivialité de la situation, Ivan laissa un sourire vicieux tordre ses lèvres. Combien de temps cela faisait-il ? Cinq mois à peu près. Cinq mois qu’il portait le doux souvenir de leur union amoureuse en son coeur. Après cette histoire, en rentrant au pays, il avait été très étonné de constater que Feliciano avait finalement payé sa dette. Lui qui gémissait de n’avoir point d’argent ! La cuisante humiliation que lui avait infligé le Russe y était-elle pour quelque chose ? Assurément, assurément...

- Content de te revoir, mon amour.

Et ZBLARF, je t’achève.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Sam 10 Déc - 18:15

Métro, boulot, dodo, Feliciano n’avait plus le temps à rien. Pour cause, le G7 qui approchait à grands pas et tous ces débats devaient être préparés à l’avance et avec soin. Ah non, pardon, G8, car l’assemblé avait voté pour faire officiellement entrer la Russie dans leur cercle. Pour lui-même, ce fut la France qui grâce à leur amitié poussa à intégrer l’Italie en 1975 sans quoi il n’aurait peut-être jamais eu sa place dans cette réunion. Mais la Russie… Seule sa croissance économique expliquait sa présence presque forcée, car il n’avait pas entendu d’un pays qui avait particulièrement soutenu sa candidature. Cela faisait déjà quatre ans qu’il traînait dans la salle sans y avoir sa place, d’ailleurs ça ne l’avait pas franchement dérangé jusqu’à il y a cinq mois…

Car depuis leur petite aventure sur un sujet qui ne devait pas être rendu public, il avait passé sous silence que sa petite personne avait été humiliée et dépouillée de trois millions de dollars pour s’assurer de son silence. D’accord un pays se mesurait sur plusieurs milliards, mais tout de même, ça lui avait fait bien mal au cul de verser cette somme… Au sens propre comme au figuré d’ailleurs. Et si son économie lui semblait plonger, c’était surtout en la comparant à celle du Russe qui ne faisait qu’augmenter avec ses milliardaires qui mangeaient du caviar à la louche.

Enfin, il pourrait surement l’éviter durant cette réunion et tout se passera bien tant qu’ils seront à au moins deux mètres de distance. Il lira son propre discours et testera la patience de l’allemand en lui réclamant de bâcler au plus vite la réunion pour un bon restaurant de pastas ; comme d’habitude.
Sortant de sa Maserati 3200 GT noire flambant neuve suivi de près par Lovino et sa magnifique Ferrari F355 rouge (car oui en tant que bon italien qui se la pète, chacun devait venir avec sa voiture) ; Feliciano resserra la cravate de son costume entièrement noir pour se diriger vers l’entrée du bâtiment entouré de journalistes à la manière d’une star sur le tapis rouge de Cannes. Enfin non, il ne prit pas la pose et ne chercha même pas à draguer les quelques jolies journalistes à son gout et se dépêcha d’atteindre la salle de réunion avant que Ludwig ne fasse sa crise. Bien conscient de cette situation d’ailleurs, l’ainé des Vargas, lui, fit exprès de trainer les pieds et de bavarder avec tout le monde.

Enfin parvenu dans la pièce où tout le monde s’était réuni, il salua toutes les nations présentes d’une petite tape sur le dos et s’installa à son bureau habituel pour pouvoir ranger les documents qu’il avait enfilés dans sa mallette à la va-vite. Certaines feuilles étaient même complètement en boule, l’obligeant à jouer le fer à repasser avec son avant-bras. Le vénitien enfila une paire de lunette à montures rectangulaires, épaisses et noires pour ne pas s’abîmer les yeux sur ces documents. Quels étaient donc les sujets aujourd’hui ? La politique étrangère, pays concernés : Irlande du Nord, Indonésie, Irak, Iran, Yougoslavie et Bosnie… La situation des états membres… Les drogues et la criminalité… et le renforcement du système financier mondial.

Alors que l’italien commençait déjà à avoir la migraine, les deux sièges à ses côtés trouvèrent leur propriétaire. A sa droite se trouvait son frère qui lui tournait déjà le dos et qui discutait avec le japonais devenu son voisin de droite. Le plus jeune des Vargas tourna alors la tête vers son voisin de gauche.

Ses lunettes glissèrent doucement sur son nez alors que son visage montrait clairement sa stupeur. C’était une blague c’est ça ? Qui avait eu l’idée de mettre le russe à côté de lui ?! Et en plus la situation semblait l’amuser ! Arborant un sourire qui ne disait rien qui vaille, il lui rappela dès sa première phrase ce qu’il s’était passé il y a cinq mois.

SKRACH !

Feliciano, d’un sourire brillant et chaleureux, venait hm… malencontreusement d’écraser son pied sur celui du moscovite. Prenant bien soin d’appuyer au plus fort en le tournant de droite à gauche, le méditerranéen se décida enfin à répondre.


"De même, ve. Ça fait un petit moment qu’on ne s’était pas vu. J’espère que cette réunion ne t’ennuiera pas trop, en tant que petit nouveau, tu n’auras pas grand-chose à dire, ve."


Reposant son pied au sol, l’italien prit soin de reprendre son attention sur le président du conseil de cette année représenté par Arthur. L’ignorant donc soigneusement, il attendit donc son tour pour prendre la parole au moment venu.

"Nous, les huit grandes démocraties industrialisées, nous sommes réunis à Birmingham pour discuter des enjeux touchant les populations de nos pays et d'ailleurs. La mondialisation croissante nous rend sans cesse plus interdépendants. Le défi qui se pose à nous consiste à entretenir et amplifier ce phénomène de la mondialisation et à en distribuer plus largement les avantages au profit de la qualité de vie de tous les habitants de la terre. Nous devons aussi veiller à ce que nos institutions et nos structures s'adaptent à l'évolution rapide de la technologie et de l'économie qui caractérise le monde d'aujourd'hui…"

Feliciano commençait déjà à bailler, la journée risquait d’être longue.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Ven 16 Déc - 20:09

Alors que le pied de Feliciano était probablement –selon les sensations qui en découlaient et les discrets bruits de craquement- en train de lui péter tous les Métatarsiens et une bonne moitié des phalanges, pas un muscle du visage slave ne broncha, comme s’il eut été fait de marbre, et pour cause, une sombre histoire d’orgueil mal refoulé. Non, décidément, montrer sa douleur à l’Italien n’était pas l’un des plaisirs qu’Ivan était prêt à lui accorder de bonne grâce. Il n’était pas généreux à ce point. Au contraire, Ivan tâcha de fixer son voisin du regard et faillit éclater d’un faux rire courtois pour manifester au plus efficacement le genre de sentiments que lui aspirait cette pitoyable tentative, mais se ravisa, jugeant cela trop grossier pour sa noble personne et se contenta d’un sourire mesquin en coin comme il savait si bien en faire. Le genre, mon Dieu, tu me fais pitié mon pauvre, mais je ne dépenserai pas ma salive pour te le faire savoir. Et après que Feliciano en eut fini avec ses enfantillages, le Russe crût bon de commenter, l’air de rien :

- Tu te fatigues pour rien, Felichounet. Nous savons tous les deux que la partie la plus musclée de ton corps est indubitablement ton sphincter anal.

Ceci souligné par des sourcils légèrement relevés dans une polie interrogation, l’air de dire « n’est-ce pas ? ». Une fois la chose accomplie et le calembours ayant assez duré, le blond se retourna, pleinement satisfait, pour constater qu’un discours avait déjà été amorcé. Et quel discours ! Ca, c’était bien une caractéristique propre aux grandes coalitions : tenir des propos bourrés de lapalissades, et basés sur... –suspens- du rien ! Seulement attention, hein, on n’est pas sot : on disserte sur du rien, certes, mais on s’arrange pour faire passer ce vide intellectuel pour une révolution. Une tendance que l’on peut observer encore aujourd’hui avec un peu d’attention. Alors, n’est-il pas merveilleux, le monde des riches ? Si, si.

Sérieusement, c’était quoi, ce discours mi-royaliste, mi-philanthrope ? Marty ! Nous sommes de retour en 1789, c’est incroyable ! Une si prodigieuse mauvaise foi camouflée derrière tant d’altruisme était capable de faire rougir le plus odieux des filou. D’ailleurs, Ivan ne tarda pas à sentir les traits de son visage se plier en une moue des plus sceptiques. Le défi qui se pose à nous consiste à entretenir et amplifier ce phénomène de la mondialisation et à en distribuer plus largement les avantages au profit de la qualité de vie de tous les habitants de la terre. Ils s’écoutaient parler, au moins, parfois ? Comment tant d’hypocrisie ne les avait pas encore tous fait imploser, se désintégrer ou simplement sombrer dans le néant ? On se le demande. L’un des plus grand mystère de l’humanité, sans doute.

Bref, une parole si indigeste obligea Ivan à détourner les yeux de l’auteur de ce discours pour ce concentrer sur autre chose. Ces réunions, c’était l’un des plus lourds sacrifices auquel il dut consentir pour se voir le privilège d’entrer dans le G8. Deux jours du summum de l’ennui par an pour un pouvoir quasi illimité. Une résignation qui lui sembla raisonnable à l’époque où il signa les documents, mais qui se révélait être, si ce n’est une torture, un bon coup de pied dans les burnes.

Dans un soupir dissimulant si mal son désagrément proche de la mort, Ivan se laissa aller contre le dossier de sa chaise et, les coudes posées sur les accoudoirs prévus à cet effet, il laissa ses doigts s’entrelacer en une solide étreinte. Puisque ça lui donnait l’air réfléchi et concentré, il se permit même de clore à moitié ses paupières, histoire d’imiter une profonde méditation qui n’était en vérité qu’un début de micro-sieste. Puis, Feliciano bailla pour la quatrième fois et le Russe se sentit concrètement plonger dans un sommeil aussi profond que lourd. Non, faire semblant de réfléchir n’était pas la meilleure idée alors que tout se prêtait si bien à la rêverie : un fond bourdonnant de quelques discussions, des bruits de bâillement aussi contagieux que la peste, une lumière agréablement tamisée... bref, c’était le moment où il fallait caler deux allumettes entre les paupières. Vite, vite, trouvons une distraction ! Malheureusement, après mille ans de réunions les unes plus ennuyeuses que les autres, l’imagination finissait par épuiser toutes les combinaisons possibles pour ne pas se faire prodigieusement chier ou pire, s’endormir.

Lentement, un sourire carnassier étira les lèvres du slave. Ah, c’était si simple, juste sous ses yeux. Ou plutôt à côté de ses yeux. Feliciano. Il était parfaitement en mesure d'atténuer quelque peu la lourdeur de cette assommante réunion. Ainsi, s’avachissant sur son coude droit, Ivan pencha la tête vers l’Italien et chuchota d’une voix suave de sorte que seul le concerné puisse entendre distinctement son propos :

- T’ais-je manqué ?

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Feliciano Vargas/Italie N

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Dim 18 Déc - 15:37

La réunion était à peine commencée que le russe déjà se plaisait à le faire rager. Pas une grimace de douleur, même pas un seul petit mouvement du visage qui aurait pu trahir son état physique, rien. Il gâchait son plaisir, sa petite vengeance bien légère en comparaison de ce qu’il s’était passé entre eux. Mais non, même ça il ne voulait pas le laisser passer et préférait lui faire ainsi croire qu’il avait des pieds en béton armé qui pourtant craquaient bien sous sa semelle. Fierté mal placée hein ? Il connaissait un peu ça aussi, parfois…

Déçu, voir carrément sur les nerfs, Feliciano essayait de reprendre son attention sur les discours plus qu’ennuyant de l’assemblée que son voisin venu du froid trouva le moment fort propice pour faire une remarque des plus piquantes. L’italien avala sa salive de travers et commença à tousser fortement, couvrant par la même occasion la voix qui dévoilait des dossiers qu’il ne souhaitait pas rendre public.


"Hela ! Évite ce genre de remarque ! Surtout ici, ve !"


Il regarda le russe dans les yeux, puis les redescendit sur son document, il les releva de nouveau, et les refit descendre. Ce petit manège dura deux bonnes minutes, le temps que la rougeur qui avait coloré ses joues disparaisse avec son embarras soudain. Dans le doute, il regarda son frère et le voisin du russe pour s’assurer que personne ne faisait les gros yeux après avoir entendu cette déclaration pour le moins inattendu dans un tel lieu. Mais non, apparemment ils étaient plus occupés à dormir ou discuter avec leur autre voisin, le plus jeune des Vargas avait eu de la chance sur ce coup là.

Pensant qu’il était bien plus sage de l’ignorer temps qu’il était possible de le faire, le vénitien somnolait de son côté tandis qu’Ivan ne faisait pas mieux du sien. Commençant sérieusement à s’endormir et manquant de peu de baver sur la table, Feliciano ouvrit une dernière fois légèrement ses yeux ambrés vers ses documents… pour y trouver non pas des mots en caractères imprimés mais la tête du russe qui s’était penché sur lui avec un sourire carnassier.
Ni une ni deux, le vénitien sursauta alors que son cœur lui avait semblé manquer un battement. Une main sur la poitrine, il se pressa de répondre d’une voix basse et énervée.


"De quoi ?! Ne me fais jamais plus c…"


Ludwig le coupa dans son élan. De sa voix si grave et effrayante pour ceux qui ne s’était jamais donné le courage d’entamer une conversation avec lui, l’allemand demanda son avis sur l’autonomie du Kosovo et sa relation avec la Bosnie. Pris de court, Feliciano dispersa ses documents en les faisant voler un peu partout avant de se saisir d’une feuille pour y lire les informations contenues. Imaginant le russe dévoiler ne serait-ce qu’une petite partie de leur aventure temps que toute l’attention était posée sur lui lui traversa rapidement l’esprit. Le stress était à son paroxysme, mais l’italien se força tant bien que mal de ne rien laisser paraître.


"Kosovo… Euh… Veee… Lors d'une visite à Rome en mars 1998 par le secrétaire d'État Madeleine Albright, Lamberto Dini, ministre des affaires étrangères a déclaré que la Serbie devrait prendre une initiative pour accorder l'autonomie au Kosovo. Je suis particulièrement préoccupé par la situation des Albanais au Kosovo en raison de ses liens étroits avec l'Albanie… Je suis le deuxième bailleur de fonds internationaux pour ce pays… Pour la Bosnie… helahela…"


Feliciano chercha rapidement le texte à ce sujet, il ne fallait surtout pas se laisser distraire par son voisin, aussi dangereux soit-il.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Dim 18 Déc - 22:56

Tel le noble aigle déployant ses majestueuses ailes pour s’élancer vers de vertigineuses hauteurs, à jamais maître du ciel et de la terre, dominant de son imposante carrure tous les êtres en ce monde, Ivan fut abattu en plein vol par Ludwig et son insoutenable grossièreté. Diantre ! Ne le laissera t-on jamais s’amuser ? Ainsi, sans avoir pu terminer sa phrase –qui d’ailleurs, ne répondait absolument pas à la question du Slave-, Feliciano se trouva dans l’obligation de se relever et semblait autant déconcerté par l’interrogation mal placée de l’Allemang que son voisin de droite en était consterné. Dans un soupir de mécontentement, Ivan se redressa, la tête légèrement penchée vers l’arrière pour pouvoir observer ne serait-ce que du coin de l’oeil le Vargas, complètement à côté de la plaque, comme aime à le dire le bon peuple. Car ce discours imprévu était pour le moins surprenant.

L’autonomie du Kosovo... Ah, qu’est-ce que cet esprit libéraliste américain l’exaspérait !

- L’autonomie du Kosovo ? En vertu de quelle principe, je te prie ?

Voilà, voilà, par ces quelques mots, il venait de caricaturer le prophète, d’uriner dans le bénitier, écraser une vache sacrée avec sa bagnole. Car toutes ces nations civilisées et tolérantes se retrouvaient dans l’obligation pour on ne sait quelle raison valable d'exhausser les souhaits de ce petit territoire qu’était le Kosovo. Ah si, bien sûr, Alfred ne raterait jamais aucune occasion de disposer une base militaire au plus près des terres russes. Quel vilain petit garçon...

- Le Kosovo a toujours été un territoire Serbe et ce n’est pas parce que la majorité de la population y est albanaise qu’on doit nécessairement se plier à ses désirs de s’éloigner autant qu’il lui est possible d’un gouvernement orthodoxe. Ce serait comme si un jour, plein de français migreraient soudainement vers le nord de l’Italie pour s’y installer et, après un certain temps, demanderaient l’autonomie du territoire où ils habitent pour la seule raison qu’il y sont en surpuissance quantitative face aux italiens. Pour le coup, plus personne ne trouverait ça normal, hein les gars ?

Kosovo, petit truc perdu entre chrétiens de Croatie, musulmans d’Albanie et de Bosnie et orthodoxes de Serbie. Du grand n’importe quoi.

- De plus, le Kosovo est un territoire pauvre, à l’économie instable voir inexistante, corrompu, sans politique constante, carrefour pour la drogue et les armes ; misérable en somme. Que va t-il se passer après une autonomie reconnue ? Un miracle ? Des rivières de miel et de lait vont-elles jaillir de rochers pour nourrir les kosovares alors qu’une main divine les guiderait vers la richesse et le bonheur ? Oui, tout à fait. D’ailleurs, ce ne sera plus le Kosovo, mais Disneyland dont la capitale s’appellerait Superman. Non, sérieusement, le Kosovo retomberait entre les mains de l’ONU et s’accrocherait pitoyablement au financement des pays de l’Europe de l’Ouest sans jamais rien changer au prodigieux bordel de sa politique intérieure et se transformerait petit à petit en rond-point à terroristes...

Après avoir fini ce monologue sur une note des plus sarcastiques, Ivan passa une main dans ses cheveux, dont quelques mèches étaient venues lui barrer le visage. Puis, jetant un regard au Vargas qu’il avait un peu ignoré, emporté qu’il fut par un sujet qui n’aurait jamais du être ouvert, le Russe eut un petit sourire en coin et rajouta :

- Mais toi, cela t’importe peu, puisque t’as pas d’argent, n’est-ce pas ?

Et donc, au lieu de donner des sous au Kosovo, tu iras cambrer ton dos et montrer ta croupe ? semblait dire son ton et son regard plein d’allusions les unes plus perverses que les autres. Ivan faillit rajouter quelques remarques salaces à propos de la Bosnie, mais se retint, sachant qu’il risquerait d’aller trop loin dans ses sous-entendus. C’était un personnage vicieux, mais honnête, Feliciano l’avait payé et en celà le Slave lui garantissait le silence. Néanmoins, ça lui plaisait bien de le faire flipper un peu...

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Feliciano Vargas/Italie N

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Lun 19 Déc - 21:36

Feliciano se retourna vers le sibérien, très surpris que celui-ci donne son avis sur la situation du Kosovo. Mais plus que ça, la situation dans laquelle c’était mis le russe le mis très mal à l’aise, comme si celui-ci se mettait à sa place. Non pas à cause des idées qu’il avait exprimés, mais plutôt sa position face à l’allemand et même toute l’assemblée. En tant que nouvel arrivant, sa parole devait rester restreinte par rapport aux fondateurs. Quel que soit la réflexion qui aurait donc sortie de sa bouche, celle-ci risquait d’être très mal perçue.

Les autres nations le regardaient consternés alors que Ludwig se contenta de froncer les sourcils et de croiser les bras, créant une barrière près à refuser le moindre mot même s’ils se trouvaient en accord.
Lovino se pressa d’ailleurs de répliquer plus vite que les autres, créature au sang chaud qu’il était, il ne mâcha pas ses mots en lui demandant littéralement de « fermer sa grande gueule ». Le vénitien jeta un rapide regard à son grand-frère plein de pitié, il savait bien que si le russe venait à répliquer avec les poings, l’italien du sud irait se cacher derrière Feliciano pour qu’il prenne les coups à sa place. Et franchement, il préférait éviter ça.


"Je... Euh, ve…"


« Vous donnerez votre avis lorsqu’on vous accordera la parole Braginsky. » ainsi avait parlé Ludwig, tel un professeur face à un élève turbulent qui ne parvenait pas à rester à sa place d’élève. Ne voulant pas se mêler du conflit, et aussi parce qu’un bordel monstre s’était étalé sur sa table et que son frère ne lèverait certainement pas le petit doigt pour l’aider ; le plus jeune des Vargas chercha désespérément son paragraphe sur la Bosnie. Pour la peine il n’avait même pas écouté les paroles d’Ivan jusqu’à sa dernière prise de parole.

- Mais toi, cela t’importe peu, puisque t’as pas d’argent, n’est-ce pas ?

Scrich ! En plus d’être en désordre, les feuilles dans ses mains étaient à présent bien froissées par les poings qui venaient de se resserrer sur elles. Oooh, il avait très bien compris le message évidemment, ceux à quoi l’italien essaya de lui donner son regard le plus meurtrier qui ne devait pas être très convainquant au passage. L’allemand impatient tapant du pied au sol et Feliciano au bord de la crise de nerfs, ce dernier retint son envie de tendre à l’ainé des Vargas les documents nécessaires pour la suite de la réunion et se barrer de la salle à la minute qui suivait. Mais bon, de quoi aurait l’air le gentil et naïf petit vénitien s’il se mettait à péter une durite devant toute l’assemblée ?
Reprenant son souffle, il reprit sa lecture. Il fallait reprendre rapidement avant que les nations invitées se mettent à discuter entre elles et commencent à provoquer un brouhaha abominable.


"Pour la Bosnie... ve... Je participe à la Division multinationale sud-est qui est sous le commandement français. Suite à la récente rencontre entre le ministre des Affaires étrangères Dini et le Premier ministre Dodik, J'ai souligné l'importance de renforcer le processus de paix à travers un programme d'aide internationale équilibrée à toutes les entités bosniaques… "


Peine perdue, le brouhaha avait déjà commencé. Arthur et Francis se disputaient, Lovino grognait, Ludwig hurlait pour rétablir l’ordre, Kiku essayait de calmer tout le monde de façon plus diplomatique, Matthew avait disparu (avait-il au moins été présent jusque là ?) et Alfred rigolait face à toute cette pagaille. Feliciano soupira, bon gré mal gré, ils étaient donc en pause pour au moins quelques minutes. Il en profita donc pour établir un semble de conversation avec le sibérien à ses côtés.


"C’est pas drôle ! T’étais obligé de sortir ça ?! Ve !"

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Mar 20 Déc - 17:29

La hiérarchie d’ancienneté qui structurait le G8 importait bien peu au Russe, puisque cette dernière n’était qu’un sombre artifice dont l’unique rôle était de donner l’illusion que ce genre de coalitions n’étaient pas essentiellement basées sur une subordination de puissance politique et économique, mais sur la gradation d’une pseudo sagesse des plus vieux, donnant la garantie au peuple que cette organisation n’était pas qu’une poignée de vampires se nourrissant impunément du sang et de la sueur de la classe moyenne, mais de nobles personnages sensés puisque s’appuyant sur l’avis des plus anciens et faisant de leur possible pour améliorer les conditions de ce monde. Ben voyons... Le G8 n’était pas une organisation intellectuelle, mais bien économique, en vertu de quoi, quels que pouvaient être les arguments, le pouvoir étaient malheureusement au plus fort et non au plus vertueux.

Quoi qu’il en soit, ni Ludwig, ni Lovino n’avaient à lui rétorquer de la sorte, mais Ivan ne dit rien. Non, il préféra, le visage sombre, se laisser aller contre le dossier de son fauteuil et, avec une négligence toute étudiée, se mit à jouer de sa légendaire canne en forme de robinet, ouvrant et refermant le volant. Le seul détail pouvant laisser deviner au demeurant qu’il ne faisait pas ce geste par simple caprice était son regard : noir et fixé vers Ludwig. Oh, la menace était claire. L’Allemagne était à 37% indépendante du gaz naturel russe. Il ne manqua pas de jeter un regard destructeur à Lovino, qui était son client pour tout de même 15%. En fait, il aurait pu regarder chaque membre présent dans cette salle, même Alfred et Matthew, puisque le premier était le client du second qui était lui-même à 100% dépendant du Russe pour le gaz naturel liquéfié.

Remettre les gens à leur place de la manière la moins agréable était une activité tout à fait voluptueuse qui l’emplissait de joie, lui donnant le concret sentiment d’être, si ce n’est le maître du monde, le maître du gaz. A moins que le monde décide soudainement de changer, à propos de quoi il avait un gros doute, Ivan bénéficierait d’un moyen de pression pour des siècles à venir. C’eut été un moment idéal pour éclater d’un rire diabolique et disparaître dans un nuage noir aux relents de souffre, mais, malheureusement, n’étant pas magicien, le slave se contenta de sourire d’un air satisfait, laissant la salle sombrer au chaos dont il était Lucifer.

Et à côté de lui, ce pauvre Feliciano continuait à balbutier quelques chose à propos de la Bosnie. Ivan lâcha un soupir navré avant de regarder, tel un moudjahid devant un AT4 flambant neuf, les yeux grands ouverts et emplis d’une joyeuse innocence le bordel monstre qu’il parvînt à provoquer rien qu’en quelques phrases. Ah, il pouvait être fier, ca, c’est sûr. Continuant à tourner le volant de sa canne –cette fois-ci, véritablement par inadvertance-, Ivan vit le jeune Vargas enfin perdre espoir de finir son discours et se retourner vers lui pour réprimander.

- Si, si, c’était très drôle. Du moins, j’ai trouvé ça très drôle et je suis d’un égocentrisme tel qu’il m’importe peu de faire rire les autres pour peu que je prenne du plaisir moi-même. Mais ça, tu le sais déjà très bien...

Une éclair malveillant illumina ses yeux alors qu’il fixait Feliciano, une moue morbide sur le visage.

- Prépares-toi, je sens que tu es le seul qui puisse aujourd’hui dissiper mon ennui. Je vais probablement placer encore quelques calembours mal placées, d’ailleurs...

Se retournant vers l’assemblée, le Russe déclara, de sa voix grave et veloutée :

- Messieurs, mon voisin vient de me faire part d’une histoire fort navrante dont il faudrait éclaircir certains points ! Il y a quelques mois de cela, un navire italien échoua près des côtes espagnoles, provoquant fléaux et catastrophes, vous en souvenez-vous ? J’ai cru comprendre que Greenpeace et nombre d’autres organisations écologiques s’étaient inquiétées de cet événement et étaient même passées à l’offensive dans certains pays. Comment comptez-vous calmer les foules ?

Il ne savait pas encore exactement comment il allait tranquillement mener ce sujet vers la nuit que Feliciano eut l’honneur de passer avec lui, mais il sentait que c’était faisable, même très faisable...

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Mer 21 Déc - 13:39

Le russe connaissait son pouvoir, les dépendances qu’il avait engendrées et prenait bien plaisir à le faire remarquer à tout le monde ici présent. Mais évidemment, personne ne souligna son impertinence lorsque celui-ci afficha son visage sombre à l’assemblée, Lovino se retourna et Ludwig passa à autre chose. Feliciano ne savait pas trop quoi en penser, il se défendait bien sûr, mais l’intimidation n’était pas une méthode qu’il acceptait.

Pour lui, le G8 était une excuse pour se réunir en petit comité, attendant impatiemment le moment où il passerait au restaurant pour finir la soirée dans une assiette débordante de pastas. Parce que franchement la réunion en elle-même, ça le faisait plus chier qu’autre chose. Rien que d’avoir préparé tous ces textes avant de venir lui avait monté les larmes aux yeux, sans compter que son frère faisait titre de figurant puisqu’il n’avait pas souhaité travailler là-dessus.
En tout cas, bien que son avis lui soit demandé, surement par courtoisie, il n’avait pas beaucoup d’impact sur la décision finale. Et pour cause, bien que son économie soit plus riche (officiellement parlant) que le Canada ou la Russie, son évolution était faible et sa politique laissait à désirer.


"Hela… Si tu es si égocentrique que ça, ne me mêle pas à tes plaisanteries douteuses."


Des nations puissantes courbaient donc le dos face à Ivan, avec une certaine discrétion cependant. Feliciano n’en faisait cependant pas parti, considérant avoir déjà assez payé pour son silence, il devait donc être libre de lui dire ce qu’il pensait sans craindre de représailles. Oui mais voilà, l’italien était de nature assez craintive et craignait donc toujours que sa langue ne fourche.
Bref, il préféra ne pas se mêler de cette petite tension qu’avait amené la prise de parole du sibérien et préférait bailler d’ennui de son côté. Temps que son tourisme et l’agriculture de son frère se portaient bien…

Enfin, c’était ce qu’il aurait voulu faire, si seulement un nouveau sourire sadique n’avait pas étiré les lèvres du russe et qu'il le fixait d’une manière bien inquiétante. Il s’ennuyait lui aussi, mais plutôt que de somnoler dans son coin comme avait prévu de faire l’italien, il avait décidé de faire chier son voisin latin jusqu’au bout.
Entendant les dires d’Ivan, Feliciano grinça des dents et se retint de ne pas frapper du poing sur la table. Sérieux, c’était quoi son problème ?!


"Ivan ! Tu vas la fermer oui !"


L’italien avait soufflé ça le plus discrètement possible alors que son regard inquiet parcourra l’assemblée. Ils avaient tous bien écouté la voix forte de son voisin et étaient maintenant en train de débattre deux par deux. « Pomper le carburant restant du bateau ? » avait proposé Francis. De son côté, Lovino tapa du coude contre le bras de son frère pour attirer son attention. « C’est quoi cette histoire ?! » lui avait-il demandé, frustré de ne pas savoir ce qu’il se passait dans son propre pays. Le vénitien commençait à avoir des sueurs froides et ne souhaitait plus qu’une chose, disparaître au plus vite. Oui mais voilà, étant le principal concerné, ce vœu restait tout bonnement impossible. « Que contenait ce bateau ? » avait demandé Arthur bien intrigué, qui parmi toute l’assemblée, devait être celui qui croyait le moins à la véritable innocence du plus jeune des Vargas.


"Helahela… D… Des fruits, des vêtements… Rien d’extraordinaire, ve."


Feliciano afficha un sourire crispé alors que ses doigts tapotaient brutalement la table comme Roderich s’acharnant sur du Chopin… Quoi que non, l’autrichien était cent fois plus impressionnant que ça quand il s’y mettait. Dans tous les cas, Ivan n’avait pas le droit de lui faire ça ! Il avait payé, cette affaire était donc classée !

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Jeu 22 Déc - 23:09

Alors que Feliciano était en train de siffler quelques propos venimeux et pleins d’indignation dans l’oreille d’Ivan, les questions existentielles se mirent à bourgeonner telles des bulles de savon dans une baignoire : où le bateau s’est-il échoué ? A quel moment ? Pourquoi s’est-il échoué ? Y a t-il eu des morts ? Pourquoi les gens commandent un double cheeseburger, des grosses frites et un Coca Light ? Pour dormir, les barbus doivent-ils placer leur barbe au-dessus de la couverture ou au-dessous ? Pourquoi, lorsque je vais au supermarché, la caisse d’à côté avance toujours plus vite ? Un poisson peut-il être déshydraté ? euh... Qu’y avait-il à l’intérieur du bateau !?

L’air faussement curieux, le Slave se retourna vers son voisin de droite avec, aux lèvres, un sourire beaucoup trop poli pour être véritablement sincère, soulignant ainsi à merveille le profond sarcasme de son geste. Bien sûr, seul Feliciano devait comprendre à quel point Ivan se moquait de lui en agissant ainsi, alors que pour une tierce personne, le Russe devait avoir l’air sincèrement étonné et intéressé du contenu de ce fameux navire. Et, oh miracle ! il ne fut pas déçu. La confusion avait prit possession de l’Italien au point d'annihiler avec succès toutes ses capacités de réflexion logique, créant tout de suite moult failles autant dans la crédibilité de la réponse fournie que dans la confiance des nations présente en la sincérité de la réponse fournie. Et le fait qu’il se soit mît à suer abondamment n’arrangeât en rien la situation. Voilà que certains fronçaient leurs sourcils alors que d’autres, au contraire, les fessaient monter jusqu’à la lisière de leurs cheveux. Etant le moins surpris puisque au courant du fin mot de l’histoire, Ivan fut le plus prompt à réagir au plus grand déplaisir du Vargas : se penchant légèrement vers ce dernier, le Russe dit, la voix teintée d’une courtoise incertitude :

- Alors que le cargo venait du Nord ? Quels genre de fruits achètes-tu donc dans les pays du froid, Vargas ? Personnellement, je trouve cela vraiment extraordinaire, tout comme la présence de vêtements à bord du bateau alors que nous te connaissons tous en tant que capitale de la mode ; tu es sensé exporter des vêtements plutôt que les importer.

Meuheuheuheu hohohohoho HIN HIN HIN HIN HIN... hem.

- A moins que ce ne soit qu’une ruse malhabile pour nous cacher le véritable contenu du cargo ? Tu as honte ? Alors quoi, trois mille tonnes de préservatifs suédois de la marque Carex ? Il y aurait de quoi avoir honte, en effet, ce sont les pires du marché. Cela dit, si on n’a pas d’argent... mais tu peux tout nous dire, tu sais ?

Ivan s’éclatait comme un pneu sur des clous. A tel point, d’ailleurs, qu’il en oublia presque la présence des autres nations tant sont attention était concentrée sur le Vargas. Il était littéralement suspendu à ses lèvres, dans l’attente d’une réponse dont l’incohérence était incontestable. C’était toujours ainsi, avec ces pauvres créatures : plus on enfonçait le clou, moins elles trouvaient de moyens pour se défendre. Se penchant davantage de sorte à cacher son visage aux yeux de l’assemblée, Ivan regarda Feliciano droit dans les yeux, une flamme mesquine dansant au creux de son regard violet, et chuchota :

- Relasque, tu vas finir par te liquéfier en une flaque d’eau à force de flipper comme ça... c’est très peu crédible, tu sais ?

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Dim 25 Déc - 18:26

Feliciano n’aimait vraiment, mais alors vraiment pas ça. Pourtant l’italien était bon joueur, supportait certaines moqueries et avait plutôt le rire facile. Mais comment pouvait-il donc rire face à ça ? Il l’aurait déshabillé en public que ça lui aurait fait le même effet (quoique non, ça aurait été beaucoup moins grave puisque le latin n’était pas du genre pudique).
Quoi qu’il en soit, le vénitien assista bouche bée à la scène, le stress le faisant suer beaucoup trop pour un innocent. Maudit russe de mes deux… Il n’avait pas échappé une seule de ses boulettes et il devait à présent trouver quelque chose pour se défendre genre… maintenant ! Maintenant ! MAINTENANT !


"Hela… oups."


Le plus jeune des Vargas fit tomber, par une mégarde aussi maladroite que fausse, son stylo et quelques feuilles sous le bureau. Partant donc à quatre pattes pour chercher tout ça, et évidemment pas pour faire un quelconque "cadeau" à l'un de ses voisins, cette petite mascarade lui permis de gagner un peu de temps et de réfléchir au comment il allait pouvoir se sortir de ce pétrin. Une seule solution lui vint à l’esprit durant ce temps habilement gagner, jouer le jeu. Car s’il entrait en contradiction avec son putain de voisin de droite, il y avait des chances que celui-ci parle de quelque chose qui ressemblait bien plus à la vérité.

Revenant donc à la surface, Feliciano afficha un sourire aussi faux que la politesse du sibérien. Il devait avoir l’air plus détendu, que cette histoire semble avoir l’air plus comique que grave. Craquant ses épaules avec un rire nerveux, l’italien passa un coup d’œil sur l’ensemble des nations présentes, cherchant ainsi à leur prouver qu’il ne craignait pas de les affronter en répondant à cette accusation.


"Ve… Oui, bon il est vrai qu’en ce moment je ne roule pas sur l’or et que ça ne va pas aller en s’arrangeant avec ce cercle vicieux qu’est la dette nationale hein... ve. Alors on essaye de faire des économies partout, même les préservatifs, c’est gênant tout de même…"


Aller, il ne lui restait plus qu’une petite pirouette pour se sortir de là en toute discrétion. Et il savait exactement quoi faire : porter le sujet sur quelqu’un d’autre, et d’ailleurs, là-dessus, la victime était toute désignée. Son regard faussement gêné traversa la pièce avant de s’arrêter sur… Alfred. Il était vraiment désolé, mais il allait pouvoir l’alléger d’un poids. D’un air un peu idiot, il reprit.


"Helahela… D’ailleurs je ne sais pas si tout le monde connaît cette histoire mais il me semble qu’Alfred a eu quelques mésaventures de ce gout-là, n’est-ce pas ? Un jour voyez-vous, il a demandé à ce qu’Ivan lui envoie des préservatifs d’une taille américaine tout à fait standard chez lui. Le russe lui demanda s’il était bien sûr de ça et confirma sa commande. Celle-ci arriva donc chez lui, mais avec la correspondance de la taille russe... Soit du XS, veveve…"


Alfred, rouge de honte, commença à crier son innocence alors que ceux qui n’avaient pas été au courant de cette petite histoire se mirent à rire. Parfait, en ayant dérivée la conversation, les nations ne s’intéressaient plus à lui, et puis quoi de mieux que de se moquer ouvertement des États-Unis ? Ses yeux ambrés fixèrent ceux violacés de son voisin venu de l’Est avec une expression beaucoup plus assurée. S’était-il préparé à ce genre de dénouement ? Dans le doute, il ne lui laissa pas le temps de reprendre, il fallait quitter l’échiquier au plus vite avant de perdre complètement la partie. Aussi décida t-il de quitter la pièce tant que la réunion était repartie dans un chantier aussi bruyant qu’inutile, direction les toilettes les plus proches pour faire disparaître la sueur qui aurait facilement pu le trahir… Et au pas de course au cas où l’un d’entre eux ait pu comprendre son manège et chercherait à le suivre.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Lun 26 Déc - 23:39

Roulant des yeux alors que le Vargas disparaissait sous la table, Ivan lâcha un soupir las, tant tout cela lui semblait décevant. Il était de ceux qui aimaient à provoquer le monde pour le voir rétorquer de plus belle, s’engageant inconsciemment dans une joute verbale des plus délicieuses d’où le Slave ressortait presque toujours vainqueur, et non pour qu’il s’aplatisse tel un tapis persan sous le poids de sa propre incompétence. Encore que, Ivan connaissait Feliciano, à quoi s’attendait-il donc, cet optimiste naïf ? L’Italien était une rare et fragile orchidée qui fanait au moindre coup de vent trop tumultueux ; une charmante donzelle à la peau douce ; une dame toujours courtisée et jamais définitivement apprivoisée... D’ailleurs, à voir cette frêle carrure, il y avait de quoi se demander comment ? Par quelle force maléfique cette nation restait-elle increvable, telle une affreuse spore ou un microbe, malgré son évidente faiblesse physique et mentale ? Ah, mystère, mystère... mystère qui attisait involontairement la curiosité du Russe.

Mais même intrigué par tant de robuste faiblesse, Ivan n’en était pas moins désenchanté par cette fuite sous la table. L’Italien était-il donc sans imagination ? Diantre, son peuple avait créé le sonnet ! Qu’il en invente donc un autre ! Soupirant une seconde fois, Ivan tapotait du bout des doigts sur sa canne d’un air quelque peu impatient. Non pas qu’il n’aimait pas attendre –au contraire, il était quelqu’un de patient-, mais cette expectative que leur imposait l’Italien ne faisait que dénoter son cruel manque d’imagination.

Et le voilà qui surgît de sous la table pareil à une herbe ayant enfin réussi à se dégager d’une épaisse couche de neige : un peu en sueur, le teint rosé, la cravate desserrée, la chemise bouffie et le col trop relevé. Néanmoins, il prit le temps de regarder les nations une à une et Ivan comprit tout de suite que l’Italien avait trouvé de quoi lui répondre. O joie. Y avait-il un monde merveilleux sous la table ? Quoi qu’il en soit, un monologue commença. La tête légèrement penchée sur le côté, le Slave l’écouta sans toutefois laisser paraître sur les traits de son visage le reflet des sentiments qui l’animaient au fur et à mesure que le discours cheminait vers sa logique conclusion. Il se permit un rire discret quant aux tailles de préservatifs et à la réaction d’Alfred face à cette blague dont il était la seule victime, mais ne fit aucun commentaire. Puis, Feliciano se releva et jeta un regard plein de défi à son voisin –regard que ledit voisin prit soin d’ignorer complètement en regardant le Ludwig cramoisi qu’il avait pour voisin d’en face- avant de quitter la salle avec promptitude.

Ivan resta là, à contempler cette réunion qui partait en sucette jusqu’à ce que l’un des membres ne déclare la nécessité d’une pause ; proposition que tout le monde approuva avant de se disperser un peu partout dans l’immeuble. Passant une main sur son visage, il balaya du regard la table à présent presque vide avant de se lever à son tour et, s’appuyant lourdement sur sa canne, se diriger vers l’aile ouest. Là-bas, au fond d’un couloir, il y avait une grande fenêtre qui donnait sur un magnifique paysage enchanteur qu’Ivan, l’épaule appuyée contre un mur, scruta paisiblement. Tout de même, malgré la situation, Feliciano s’en était tiré avec honneur et bonté ; malgré tout ce que le Russe avait bien pu lui faire ou dire, le brun n’avait jamais eu la bassesse d’essayer de l’humilier en public. La bassesse ou le courage ? Mhhh, mhhh. Sa réflexion fut néanmoins interrompue par un bruit qui était, en y repensant, là depuis le début, mais qu’Ivan ne remarqua que maintenant : de l’eau. De l’eau qui coulait ? Un robinet. Posant sa canne contre le mur, le Slave fit demi-tour sur la pointe des pieds et esquissa quelques pas aléatoires, tentant de comprendre d’où venait le son. Cette stupide quête le mena jusqu’à la première porte à gauche, suffisamment entrouverte pour qu’il puisse voir ce qu’il y avait derrière. Un large miroir recouvrait le mur d’en face, dominant trois ou quatre lavabos et reflétant de grossières portes peintes en vert. Des chiottes. Logique. Et à l’intérieur, une orchidée.

Reculant légèrement, Ivan se considéra. Dans ces vêtements, il était ficelé tel un rôti de porc ! Cela n’allait pas l’aider pour accomplir l’entreprise qui avait pris possession de son esprit avec la fulgurance d’un éclair, aussi entreprit-il de déboutonner les manches de sa veste et de sa chemise, déserer sa cravate et sortir sa chemise de son pantalon. Ah, il respirait et bougeait beaucoup mieux ainsi. D’un pas léger, il entra donc dans la pièce et, surprenant Feliciano en train de s’humidifier le visage, consciencieusement penché au-dessus du lavabo, le saisit par les cheveux et écrasa son délicat faciès contre le miroir d’en face. Puis, de son baryton, il commenta :

-Je n’apprécie guère les gens qui fuient...

Après s’être assuré que l’Italien avait complètement embué son reflet de sa respiration, Ivan le tira vers l’arrière avec la violence qui lui devenait propre lorsque quelque chose ne lui plaisait pas de sorte à ce que la tête du Vargas vienne se lover sur son épaule. Deux doigts vinrent saisir avec force le menton du brun alors que la même voix basse et veloutée raisonna à nouveau au-dessus de son oreille :

- Caches-toi autant que tu le souhaites, la peur est le genre défaut que je suis capable de reconnaîtra à l’odeur pour l’avoir tant ressenti autrefois.

Poursuivre les poltrons était pour lui un petit plaisir malsain ; chacun ses loisirs.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Mar 27 Déc - 15:26

Se retrouvant devant le miroir de ces toilettes récurées avec bien deux bouteilles de javel la veille de cette grande réunion, Feliciano se rinça le visage avec l’eau la plus froide possible pour bien retrouver ses esprits. Doucement mais surement, voyant que personne ne l’avait suivi, il reprit son calme alors qu’il scruta le miroir, penchant le visage à droite et à gauche, à la recherche du moindre défaut sur sa personne. La seule chose qu’il parvint à se reprocher fut que même avec son costume des plus classes et des plus masculins ; il gardait la carrure d’un androgyne, plus proche d’une femme fragile et gracile que d’un homme viril. Ses mains fines, ses épaules étroites et son visage angélique faisait que certains hommes parfois avouaient quelques sentiments pour l’italien, mais les femmes ne restaient pas en reste lorsque le jeune homme affichait son sourire des plus charmeurs.

Peut-être devait-il finalement sa survie à ce physique et à sa bonne humeur qui attirait la sympathie, voir une passion pour certaines nations. Après cela, pour garder la protection de ses voisins, il fallait jouer l’innocence et la manipulation. Oui, le vénitien savait utiliser ses relations pour en avoir tous les intérêts.
Mais lui, il ne pouvait rien en tirer. Ivan était son parfait opposé, grand, robuste, jamais il n’aurait pu se faire passer pour une femme. Il n’avait également besoin de personne et n’avait certainement pas besoin de tromper ses voisins. Et Feliciano le savait que trop bien, le russe n’était pas sensible au charme de l’italien, pas plus qu’il ne voulait de sa sympathie. Avec lui, il fallait jouer autrement… Mais comment ?

Complètement plongé dans ses pensées, le visage penché sur ses mains encore humides à se demander comment la suite de la réunion allait pouvoir se dérouler, une main l’attrapa violemment par les cheveux et plaqua son faciès avec violence contre le miroir. Pris par surprise, complètement bloqué, l’italien se trouva dans l’impossibilité de savoir qui avait bien pu l’agresser ainsi. Ce fut en entendant enfin sa voix qu’il comprit à qui il avait affaire : l’envoyé des Enfers, l’ours sibérien.

Le faisant revenir sur son épaule avec une délicatesse à faire peur, son regard ambré regarda dans la direction de son bourreau alors que son souffle court par le stress provoqué par cette arrivée soudaine ne parvenait pas encore à reprendre un rythme normal. Oui il avait peur, mais le vénitien se forçait à le cacher au mieux.


"Ve… Tu devrais pourtant savoir que la fuite est une spécialité italienne. Mais que toi tu es pu ressentir la peur un jour dans ta triste vie, voilà une révélation bien surprenante."


Sans prévenir, le plus jeune des Vargas balança un coup de coude dans l’estomac du russe. Surement pas assez fort pour le mettre au sol, mais juste assez pour que la surprise de ce si rare acte de violence de la part de Feliciano l’oblige à le lâcher. Ainsi, profitant lui aussi de ce moment d’inattention, il se dégagea et établit une distance d’au moins deux mètres entre eux deux.


"Hela… J’aimerai que tu arrêtes de t’amuser à mes dépends, je ne suis pas un jouet Ivan ! Je pense avoir suffisamment payé pour que tu me laisses un peu tranquille, ve !"


Oui oui, la peur était toujours là, ces petits poings tremblaient plus que de raison pour avoir l’air parfaitement serein. Mais qu’importe, il ne fallait pas se démonter et se faire plus courageux qu’il ne lui était possible de le faire. Croisant les bras, Feliciano afficha un petit sourire moqueur.


"Mais tu as peut-être peur de quelque chose en ce moment ? Que je puisse dire à toute l’assemblée que tu étais un mauvais coup peut-être ?"

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Mar 27 Déc - 23:40

C’était prévisible, et pourtant ne parvint-il pas à esquiver le coup tant il ne s’y attendit pas. Le coude du Vargas était maigre, osseux et pointu, aussi s’enfonça t-il tel un couteau dans le ventre d’Ivan qui se plia en deux, le souffle coupé. Forcément, sa main lâcha prise, permettant au brun de fuir, encore. Ah la la la. Quelques instant plus tard, lorsque le Russe se redressa, son interlocuteur était déjà à l’autre bout de la pièce en train de lui crier son indignation. Il aurait pu profiter de la confusion pour s’échapper en glissant par la faille que représentait la porte entrouverte, mais non, visiblement le Vargas trouvait plus intelligent d’aller s’empiler dans un coin. Peut-être s’imaginait-il être un tetromino auquel il suffisait de s’aligner à l’horizontale avec ses semblables pour disparaître ? Quoi qu’il en soit, ils n’étaient pas au fond d’un puits à jouer à Tetris, donc Feliciano ne s’évapora pas par la magie de quelques algorithmes et resta là, à balancer des répliques qui n’auraient plus à personnes tant le ton était insolent. Cette manoeuvre de plus originales débarrassa Ivan du besoin d’acculer sa proie contre un mur pour l’empêcher de fuir et il n’eut qu’à fermer la porte. Ce qu’il fit d’ailleurs, sans quitter Feliciano des yeux, dans un claquement sonore et des plus sinistres.

- Ma vie n’a jamais été triste, toujours surprenante.

Tout en prononçant cette phrase d’un ton enjoué, montrant bien par là que les sarcasmes du brun ne l’atteignaient pas, Ivan entama une lente et menaçante approche vers l’Italien, un terrifiant sourire bienveillant aux lèvres. Sa vie... Ah ! sa vie, elle était intéressante et il n’osait en demander plus.

- Il y a une nuance qui semble t’échapper, Felichounet : tu as payé pour l’armement que tu as acheté et non pour me voir t’assurer une quelconque tranquillité.

Un pas.

- Je fais donc ce que je veux.

Un autre.

- Comme toujours d’ailleurs.

Finissant cette réplique par un bien niais gloussement de mièvre jeune fille, Ivan fit un dernier pas qui ne laissa plus que trente pauvres centimètres entre les corps des deux nations. Et, pour étouffer quelconque idée de fuite dans l’esprit de l’Italien, le Russe barra la route de ses deux bras qu’il appuya d’un côté contre la portière des toilettes et de l’autre, contre le mur. Voilà que Felichounet se retrouvait pris au piège, quel dommage... Penchant la tête vers l’avant, il continua du baryton le plus musqué de son répertoire :

- J’ai vraiment été un mauvais coup ?

Son regard violacé plongea alors dans celui du brun en quête de quelques délicieuses réminiscences. Oh, il était sûr que cette seule question suffirait à faire remonter des souvenirs à la surface de l’esprit italien aussi sûrement que des poissons morts. Sa tête se pencha un peu sur le côté alors que l’on pouvait aisément lire sur son visage un scepticisme moqueur. Il pouvait bien être un mauvais coup, queue lui importait ! Son but premier était d’enfoncer encore un peu l’Italien dans l’infernale spiralle de la gêne et la soumission. Et ‘manière, lui, un mauvais coup ? Et la bombe atomique en Irak ?

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Mer 28 Déc - 15:03

A quoi bon s’échapper si c’était pour se trouver une nouvelle fois à ses côtés dans la salle de réunion ? Il fallait mettre les choses au clair au plus tôt avant que tout cela ne puisse dégénérer. Et puis avec un peu de chance… Il l’écoutera et se pliera à sa demande ? Ahah, ouai… Même lui avait de sérieux doute à vrai dire. Le voyant fermer la porte plutôt que de l’écouter calmement dans un coin commença à le faire amèrement regretter à ne pas être partie temps qu’il en avait encore la possibilité. Avec Ivan, il fallait s’attendre à tout, se faire péter une dent, dire adieu à ses régions vitales… ou bien rien du tout.
Une vie surprenante donc, oui c’était donc une existence palpitante et plutôt heureuse alors, et bien il n’y croyait pas. Feliciano, quant à lui, avait toujours comparé sa vie à une série mélodramatique, alors autant ne pas en parler.


"Mon argent contre ton armement. Ce que j’ai fait en plus… C’était pour ton silence, ve !"


On se défendait comme on pouvait lorsqu’on faisait une tête de moins et des bras presque deux fois moins épais que son adversaire. Et pour l’instant, il n’avait que ses paroles pour arme. Ah, il aurait bien eu besoin de l’armement acheté maintenant tiens, histoire d’être enfin un opposant un peu plus effrayant.
Et le russe s’approchait dangereusement. Un pas en avant pour lui, un en arrière pour l’italien qui, oh misère, se retrouvait déjà contre le mur. Et l’autre s’approchait en même temps que son adrénaline montait de plus en plus dans son cerveau. On ne pouvait pas vraiment se plaindre que l’italien ait peur du sibérien puisque celui-ci avait plutôt tendance à avoir même peur de son ombre, mais on ne pouvait pas non plus lui reprocher de lui faire face… Oui bon d’accord, la porte était fermée et il était coincé contre un mur ; le choix ne s’était pas vraiment posé à lui.


"Hela… Tu pourrais pas un peu écouter ce qu’on te dit pour une fois ?"


Oui, obéir pour changer, le changement, ça a du bon, non ? Ahah, heureusement qu’il n’avait pas dit ça à haute voix, à tous les coups il se serait foutu de sa gueule. Et lorsque ses pas n’avancèrent plus, ce fut son visage qui s’approcha sans lui demander son avis. Le jeune Vargas se plaqua au mur du mieux qu’il pouvait, augmentant la distance maximale entre eux. Passablement gêné, son regard quitta rapidement celui d’Ivan pour ne plus se décrocher du sol, trouvant soudainement le carrelage très intéressant.


"Ce n’est pas… la question. Seulement si tu parles trop, c’est ce que je dirai, ve."


Bien sûr, tous les souvenirs de cette fameuse aventure lui remonta à la tête au point de lui provoquer des picotements au bout des doigts et de faire virer son teint de pêche au rouge tomate semblable à celles du jardin de son frère. Sans vraiment de conviction, l’italien remonta finalement son regard ambré, bien qu’en gardant le visage relativement bas, pour affronter celui violacé de son adversaire.


"Alors quoi ? Tu vas me frapper maintenant ? Si j’ai la moindre marque, je devrai m’expliquer à mon retour dans l’assemblée et je ne mentirai certainement pas pour toi, ve."

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Mer 28 Déc - 23:40

Que le Vargas était délicieusement hilarant à essayer de s’enfoncer dans le mur pour, semblait-il, ne faire qu’un avec lui. Voyant le genre de sentiments qu’il avait le pouvoir d’inspirer à cette petite Nation, Ivan sentit une douce exaltation envahir son âme tel un léger parfum de fleur en plein milieu de l’hiver. Il savait dominer, et c’était là une joie comparable à aucun autre plaisir sur cette terre.

Les gens pouvaient lui raconter ce qu’ils voulaient, Ivan emprunterait toujours la seule voie de ses désirs, aussi écouta t-il ce que Feliciano avait à lui dire d’un air des plus poli et pourtant, des moins convaincus et ça, parce qu’il avait la conviction de ne jamais avoir à obéir à l’Italien –et surtout pas aujourd’hui. Il eut tellement pitié du pauvre garçon, qui s’époumonait dans le vide en de vaines menaces, que ses lèvres ne tardèrent pas à se tordre en un sourire navré et compatissant.

- J’écoute, j’écoute... mais je n’obéis qu’à moi-même.

Obéir aux autres, c’était d’un ennui ! Obéir voulait dire reconnaître la suprématie de quelqu’un, qu’elle soit morale ou physique, et, ma foi, ce genre de préceptes allaient en complète contradiction avec les convictions d’Ivan qui voyait dans le fait de reconnaitre quelqu’un de supérieur à soi une forme d’abdication. Abdiquer ne faisait décidément pas parti de son caractère. Bref, je commande ou je meurs ! Et pour l’instant, commander était une activité qu’il pratiquait avec un certain succès.

Lorsque Feliciano lui demanda s’il avait l’intention de le frapper, Ivan éclata d’un rire frac tout à fait charmant avant mordre sa lèvre inférieure avec une moue des plus amusées. Puis, reprenant son faux sérieux, il décida, pour une mise en scène théâtrale plus convaincante, de se faire encore plus tactile et concret. Ainsi, laissant sa main gauche revenir vers sa cuisse, Ivan remonta la droite vers le visage du Vargas et, du bout de l’indexe, il traça délicatement la courbe de sa mâchoire, glissant du lobe de l’oreille jusqu’au menton.

- Ne t’inquiète pas, je sais faire mal sans laisser de traces visibles...Il suffit d’avoir un peu d’imagination.

Dit-il avant d’appuyer son propos par un clin d’oeil de circonstance : malsain et odieux. Et alors qu’il parla à nouveau, son doigt glissa du menton vers la gorge italienne.

- Par exemple, je peux te suspendre avec ta cravate sur une poutre de plafond de sorte que tu ne puisses respirer qu’en te tenant sur la pointe des pieds. J'attendrai jusqu’à ce que tes pieds te fassent tant souffrir que tu ne les sentes plus et te laisse pendre sur ta cravate, complètement épuisé. Ce n’est que quand tu commencera à virer au bleu que je te permettrai de prendre appui correctement, mais pas trop longtemps, je ne voudrai pas que tu puisses à nouveau bouger tes jambes, n’est-ce pas ? Je raccourcirai ta cravate, encore et encore... Ce genre de choses ne laisse pas de trace quand on sait bien s’y prendre.

Murmura t-il en desserrant la cravate de Feliciano d’un doigt crochu alors qu’un sourire sinistre flottait sur ses lèvres, laissant découvrir ses dents blanches.

- Je resterai assis en face à boire du vin et à te regarder trembloter et sangloter, complètement impuissant... Mais ce n’est qu’un exemple !

Son humour était douteux, je vous l’accorde. Mais... était-ce vraiment de l’humour ? Le timbre de sa voix, velouté et dangereux, laissait à supposer qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une blague, mais plutôt d’une menace parfaitement exécutable ici et maintenant. Toutefois, ses yeux aux reflets rieurs et innocents disaient que ce n’était qu’une mauvaise plaisanterie. Ah, que croire ? La voix, ou les yeux, fenêtres de l’âme ? Quelle question compliquée ! Tout le monde savait bien que l’âme d’Ivan, si elle existait belle et bien, comme le supposait cette vieille légende née sous le joug mongole, ne se trouvait certainement pas au fond de son regard, ni derrière son coeur ou sa voix, d’ailleurs. Laissant ces deux expressions contradictoires dominer son visage, Ivan passa sa langue sur ses lèvres desséchées et continua tandis que sa main droite vint se lover contre la joue de Feliciano :

- Ose seulement sous-entendre en public que j’ai été un mauvais coup et je te promets que je viendrai pour venir te prouver le contraire.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Jeu 29 Déc - 13:58

Quoi qu’il ait pu faire jusqu’à maintenant, cela semblait plaire à Ivan. Quel personnage étrange tout de même, lui ne cherchait pas une amitié sincère ou l’amour d’autrui comme toute personne dite normale, mais cherchait plutôt à se faire craindre, voir même détesté. Ça lui servait à quoi au juste ? Etre seul dans son coin au final, en sachant très bien que les messes basses derrière son dos le visaient sans qu’il n’ait un argument de défense?
La peur qu’il provoquait, il le voyait bien, semblait aussi agréable qu’un bon verre devant le crépitement d’une cheminée en plein hiver. Un plaisir bien sûr incompréhensible pour l’italien.

Il était aussi évident que sa demande n’aboutirait pas à l’acquiescement du russe. Il n’était même pas utile de le lui dire. Le regard fermé, Feliciano afficha une mine dépitée. Peut-être avait-il espéré un miracle… Moui, et bientôt il rêvera d’Ivan avec un collier de chien dont il tiendra fermement la laisse sans aucune pitié. Dominer Ivan, le vénitien ne pouvait pas deviner si cela était déjà arrivé, mais ça devait être forcement l’extase.
Mais bon, Feliciano ne dominait pas tout le monde, car oui si bien il pouvait en dominer quelques uns, il doutait fortement d’être capable de faire ça avec celui-là. Et surtout pas aujourd’hui.

En quoi avoir posé cette question avait-il pu le faire rire ? Voyant sa main arrivée vers son visage, l’italien ferma instinctivement les yeux, prêt à recevoir n’importe quel coup qui aurait pu le marquer. Mais rien ne se fit. En même temps, il aurait été bien stupide de sa part de faire une chose pareille après lui avoir donné les risques qu’il encourait. Son doigt glacé parcourant son visage brulant comme le soleil tapant sur ses terres en été l’obligea à crisper tout son corps plus que les mots qui suivirent.

Surprit, Feliciano écarquilla soudainement les yeux. C’était quoi cette idée de torture sordide ?! Ivan pouvait bien faire ce qu’il voulait dans les possibles salons de sadomasochistes russes, que l’allemand aurait bien apprécié à ne pas en douter, mais il ne souhaitait pas avoir ce genre d’expérience dans sa vie. Le jeune Vargas était ouvert à beaucoup de choses, mais certainement pas à ça !


"… A moins que t’en fabrique une, il n’y a pas de poutre ici, ve."


Et puis il n’avait pas mérité ça non plus ! De la violence gratuite, quelle horreur. Bon d’accord, il n’était pas blanc comme neige et s’était déjà amusé à torturer quelques nations, surtout lors de sa période fasciste, mais il avait un peu perdu la tête. Et puis, il appréciait certaines choses depuis qu’il avait vécu avec Ludwig... mais bref ! Tout le monde pouvait faire des erreurs et il s’était bien rattrapé depuis, devenant une nation pacifiste en plus d’être relativement faible.
Voyant le sibérien desserrer sa cravate, Feliciano envoya une tape sur sa main pour la dégager. Non non non, il ne croyait pas en ses sornettes, pas plus qu’il ne croyait à ce qu’il puisse aller prouver qu’il n’était pas un mauvais coup. Feliciano garderait sa langue de vipère puisque c’était la seule défense qu’il possédait.


"Oui oui, bien-sûr, je vais gober tout ce que tu me dis… Tu me laisses partir maintenant ? Ve ?"

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Ven 30 Déc - 12:41

"… A moins que t’en fabrique une, il n’y a pas de poutre ici, ve."

Queeee d’optimisme ! Esquissant un sourire narquois, Ivan regarda l’Italien droit dans les yeux avant de roucouler :

Ne t’inquiète pas, avec un peu d’imagination il nous est possible de combler les failles de la réalité. Je trouverai bien quelque chose pour combler cette absence de poutre...

Mais Feliciano persistait à ne pas le croire, ne pas le prendre au sérieux et pire, le sous-estimer ! Ivan avait-il perdu de la marge entre temps ? Ces mots...que dis-je, sa présence ! ne suffisait-elle pas à faire trembloter les plus courageux de terreur et les plus lâches à se décomposer en une flaque de morve visqueuse ? Et les volcans se mettre à cracher leur magma brûlant et les geysers exploser en millions de litres d’eau bouillante pour mutiler des populations entières en larmes et en sang, ne transformant le paysage environnant qu’en un énorme désert de cadavres ! Et le ciel se fendre sous de grondants tonnerres pour brûler tous ces corps humains et s'élèverait alors dans l'air une puanteur digne des enfers ! Meuheuheuheuheuh ! hmmm.

- Tu es en train de me dire que tu ne me crois pas ? Tu me déçois beaucoup, je sens le desarroi s’emparer de mon âme...

Et en effet, son visage se tordit en une moue dont le désespoir n’avait d’égale que la capacité d’Ivan à se moquer de ses pairs, alors que ses yeux s’emplissaient d’une mélancolique poétique. Et dire qu’on pouvait presque avoir pitié de lui tant il avait l’air sincère dans son chagrin. Et justement, il laissa le temps au Vargas de presque croire à son joyeux manège avant de sourire à pleine dents ; sourire dont il retint l’épanouissement trop excessif en se mordant la lèvre inférieur.

- Mon âme... je conviens que sa présence en mon corps est discutable, mais quoi qu’il en soit, cette manque de confiance en ma capacité à accomplir mes desseins m’emplit d’un énorme chagrin... Je me sens presque obligé de te prouver le contraire.

Encore une fois, alors que Feliciano tentait une énième fois d’essayer de se redonner contenance en lui tapant gentiment sur les doigts, Ivan se pencha sur lui et cette fois sans qu’aucun sourire quelconque vienne compromettre l’authenticité de sa mise en scène. Son regard ce fit sombre alors que son visage ressemblait à un masque de marbre dont la dureté de chaque trait semblait immuable, impossible à adoucir tant la violence était profondément enracinée en cet être venu de la grande et majestueuse Russie. Le blond resta un instant ainsi, à fixer Feliciano d’un oeil aussi pénétrant qu’une lame de rasoir, comme s’il jaugeait sa victime pour voir comment au mieux utiliser l’espace qu’ils avaient à leur disposition. Mais soudain, d’une manière tout à fait inattendue pour l’atmosphère qu’il s’était efforcé de cultiver jusqu’à présent, Ivan se redressa et, faisant un pas en arrière, écarta un bras en direction de la porte :

- Mais, ma foi, si tu veux partir, je t’en prie, fais donc, ne me demande pas ma permission puisque je ne t’ai jamais retenu ici de force.

Et, sans attendre si Feliciano se déciderait à le dépasser pour lui faire fesses, Ivan préféra lui tourner symboliquement le dos lui-même avant de se diriger vers la porte close. Là, il l’ouvrit et, sans derniers regards vers le Vargas, disparût simplement derrière. Ivan alla récupérer sa canne et se dirigea enfin vers le centre du bâtiment où la réunion n’allait sans doutes pas tarder à reprendre. Ce n'est qu’en atteignant le bout du couloir et en tournant à droite qu’il s’autorisa un petit sourire en coin, juste pour le plaisir. Cette soudaine manoeuvre de retrait pouvait sembler étrange à plus d’un et c’est ce qu’il voulait. Tu pars, je te suis, je fuis, tu me suis ? Fu, fu, fu, les personnages orgueilleux comme Feliciano ne pouvaient décemment pas laisser passer un comportement aussi dédaigneux à leur égard. C’était là donc une tactique finement montée rien que pour susciter la curiosité du brun. Ou, à défaut de curiosité, un peu plus de suspicion, synonyme d'intérêt mal dissimulé.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Ven 30 Déc - 18:37

Oui bien sûr, les folies de son imagination lui permettront de faire apparaître une poutre rose Barbie avant que son intérêt ne se porte sur un lapin en costard qui prétend être en retard. Un nouveau dans leur petite réunion sans doute. Bref, cessons donc ce délire inutile, tout cela pour dire qu’il n’était nécessaire de sourire ainsi pour… oh ! Est-ce que cette histoire de poutre était une image pour dire… sérieux ?! Même lui n’avait pas eu cette idée et Dieu sait qu’il avait les idées mal tournées. Franchement!

Laissant de côté cet esprit malsain, il ne pouvait tout de même pas nier que le russe n’était pas effrayant. La peur aurait pu le faire trembler comme une feuille s’il ne pouvait pas se contrôler un minimum. Disons que, vu que cette personne l’avait relativement énervée, se prenant pour l’égale de Dieu si ce n’est au-dessus, il avait laissé sa frayeur contre sa colère. Ou dû moins, équilibrait les choses pour que Feliciano ne verse pas toutes les larmes de son corps.


"Hela… Le désarroi ? Je suis bonne poire Ivan, mais franchement ta comédie laisse à désirer, ve."


Il avait juste envie de l’insulter, le frapper, l’étriper, lui dérouler les intestins et tout ce qui pouvait s’en suivre. Du foutage de gueule à l’état pur, celui qui vous crispait la mâchoire jusqu’à en avoir des crampes. Au fur et à mesure que l’homme venu de l’Est parlait, le méditerranéen fronçait les sourcils. Il aurait encore bien reculé si le mur n’était pas déjà collé contre son dos. Il avait tout intérêt à ne rien essayer, surtout ici.

C’est à ce moment qu’il se mit à douter de son jeu. En ayant frappé sa main pour bien prouver qu’il n’allait pas se soumettre pour deux balles, le regard sombre que lui offrit Ivan l’obligea à glisser de quelques centimètres le long du mur alors qu’il se mit à déglutir. Il n’aimait évidemment pas ça et il devait bien le savoir ; rester ainsi en le regardant dans les yeux était une véritable torture. Mais le but du jeu était de ne pas quitter ce regard aussi effroyable soit-il, il devait prouver qu’il ne pouvait pas le soumettre comme bon lui semblait… Il devait tenir… Il devait tenir… Jusqu’à ce que son bourreau lui propose de partir.

Feliciano écarquilla les yeux, passant successivement de la porte à Ivan. Quoi ? Il n’était pas retenu de force ici ? Quelle bonne blague ! Qui c’est qui l’avait collé jusqu’au mur ? Foutaise ! Et pas le temps de lui dire autre chose que le russe lui avait déjà emboîté le pas et qu’il traversait le couloir. Plus que passablement énervé, l’italien cria soudainement.


"Non mais tu te fous vraiment de ma gueule ?! Ve !"


Evidemment, personne pour lui répondre puisqu’il n’avait pas eu le courage de sortir pour le lui dire en face. Le vénitien avait l’impression d’être un gosse devant un plus vieux qui le rackettait durant la récréation. Sérieusement, n’avaient-ils pas passé l’âge pour ce genre de petites manigances ?
Comprenant bien qu’il était inutile de grogner tout seul dans une pièce qui n’était pas prévue à cet effet, l’italien en sorti et suivi le même chemin que le russe. Comprenez évidemment bien que ce ne fut pas dans le but de le suivre, mais pour revenir à la réunion qu’il avait quittée un peu précipitamment.

Feliciano traversa le premier couloir d’un pas rapide avant de carrément se mettre à courir au second virage. Non non, il ne le suivait pas on vous dit ! Il ne voulait pas arriver en retard, c’est tout… Et puis, par un concours de circontances étonnantes, le jeune Vargas finit par le rattraper, se cachant derrière un coin de mur pour le voir continuer sa route. Devait-il le rejoindre ou attendre qu’il disparaisse dans la salle de réunion ? Il y allait, n’y allait pas, y allait…


"Sérieusement à quoi tu joues ? C’est quoi ce plan ? Ce que tu peux être agaçant !"


Toujours penché derrière son mur, Feliciano secoua son poing en l’air pour avoir l’air plus impressionnant alors qu’il semblait plus faire une imitation d’hélicoptère. Là, c’était lui qui ressemblait vraiment à un gosse qui faisait le pitre devant la cage d’un tigre.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Sam 31 Déc - 13:16

A peine l'entendit-il courir, qu'Ivan ralentit le pas, volontairement, bien évidemment. Il laissa le loisir à son poursuivant de le rattraper plus vite, sans doute, qu'il n'aurait pu l'imaginer. Le Russe avait de quoi être satisfait de soi car à peine avait-il parcouru la moitié du chemin qui menait vers la salle de réunion que Feliciano était déjà et encore en train de lui crier quelques injures dans le dos. Son visage s'éclaircit, comme il en était souvent de coutume pour ceux qui voyaient leurs projets se réaliser, et fit gracieusement demi-tour sur la pointe des pieds avant de se diriger vers le coin de mur derrière lequel se cachait le Vargas en une démarche lente et paresseuse, comme si toute cette histoire commençait sérieusement à l'ennuyer. Mais à l'intérieur, il jubilait... C'est donc sans difficultés, pour avoir tant de fois ressenti ce genre d'émotions, qu'Ivan laissa une moue blasée glisser sur son visage, l'air de dire, quoi encore ? S'arrêtent devant l'Italien, il planta sa canne entre ses jambes et, les deux mains appuyées sur cette dernière, fixa Feliciano. Oh. Il aurait pu dire quelque chose, rompre le lourd silence qui se faisait à chaque fois qu'un lâche venait insulter un fort, mais il préféra faire durer le suspens, alourdir la tension jusqu'à ce que l'air devienne aussi épais que de la crème pâtissière.

- Mon... plan ?

Demanda t-il d'un ton sceptique mais bel et bien sincère. Il ne faisait jamais de "plan". Les plans ne laissaient place à aucune spontanéité et c'était là sa plus grande crainte : un monde réglé au millimètre près, sans chaos. Certes, il aimait à prévoir les choses pour mieux arriver à ses fins, mais jamais n'oserait-il planifier quoi que ce soit. Quant au jeu... Un sourire mauvais s'allongeant sur ses lèvres avec la délicatesse d'une donzelle de légère vertu :

- A quoi toi, tu joues ?

Car il y avait un jeu, dont Ivan faisait semblant de ne pas être le maître. Il préférait laisser croire à Feliciano que ses actions étaient parfaitement volontaires, et non manipulées. Ainsi, tout en ayant l'impression d'être le seul à décider de ses gestes, à chaque pas, il s'emmêlait un peu plus entre les filets de la perversion russe. Et là, encore...

- Je te laisse tranquille, et tu reviens sauter dans mes bras malgré toute l'aversion que je suscite en toi ?

Dit-il d'un air navré pour souligner l'absence de logique dans son comportement. Puis, dans l'attente d'une réponse, son visage s'illumina soudainement, comme si une explication venait de naître en son esprit. Mais bien sûr, ce n'était que mise en scène. Néanmoins, Ivan exécuta son rôle à merveille et sa bouche prit un instant la forme d'un "o" alors que ses yeux regardaient d'un air totalement absent un mur quelque part au-dessus de la tête du Vargas.

- A moins que... véritablement... tu ne m'apprécies au point de venir chercher ma compagnie ?

Oh, il y avait de quoi glousser. Ivan ? Apprécié ? Ciel, mettons de côté ce genre de scepticisme ; Feliciano ne semblait pas comprendre lui non plus la raison de sa présence ici en vertu de quoi le Russe pouvait lui proposer n'importe quelle explication logique que son cerveau s'en accommoderait parfaitement. Enfin, tout cela dépendait de la réelle aversion que l'Italien nourrissait à l'égard du grand blond. Mais Ivan abandonna cette supposition quelque part au bord de la route dans l'espoir de voir le teint du Vargas virer au rouge brique dans la possible acceptation de cette hypothèse farfelue. Farfelue ? Peut-être qu'au contraire, sans le vouloir, Ivan visait-il juste ? Fu, fu, fu...
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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Dim 1 Jan - 10:45

Bien entendu, en faisant le pitre à cinq mètres du lui, il était sûr et certain que le russe allait l’approcher pour jouer encore du regard. Ne pouvait-il donc pas donner des explications claires ou bien même se lasser et lui dire qu’il ne le fera plus chier de la journée ? Non, bien sûr que non, Ivan était juste un enfoiré, fallait pas trop en demander.
Et en plus il donnait un air blasé, franchement, qui était à plaindre dans cette histoire ?! Et tant qu’à donner des détails énervants, pourquoi il se trimballait toujours avec un robinet ? Il avait l’intention de se lancer dans la plomberie ? Pas la sienne en tout cas, il savait que trop bien dans quel genre de film on trouvait un mystérieux plombier qui venait vous déboucher le lavabo pour finalement passer un autre genre de tuyau dans un autre endroit !


"Helahela… Ça sert à rien de répéter ce que je viens de dire, mais tu as mal entendu peut-être?"


Bien entendu, il était plus que mal à l’aise. Et pour tout dire, il ne savait même pas pourquoi il le cherchait comme ça. C’était pourtant un être détestable, qui l’effrayait de surcroit. Il aurait bien mieux à faire en draguant les petites journalistes qui traînaient devant l’entrée du bâtiment. Son sourire plus que malsain lui donna d’ailleurs l’envie de faire ce choix illico-presto plutôt que de l’avoir encore une fois comme voisin.


"Je… Ve… Je joue pas, je veux juste que tu ne m’emmerdes pas ! Surtout devant tout le monde!"


Jeu ou pas, ce petit manège devait cesser. L’assemblée s’était enfin décidée à reprendre et ils étaient déjà en retard. Il ne voulait plus l’écouter, tout n’était que manipulation. Pour en avoir été maître sur d’autres personnes, d’une autre manière certes beaucoup moins effrayante, l’italien pouvait au moins remarquer ça. Il ne lui sautait évidemment pas dans les bras, il essayait juste de comprendre Ivan et ce qu’il voulait tirer de tout ça. Décidément, ce personnage était trop compliqué pour lui.


"Ivan… Habituellement, j’apprécie beaucoup les nations qui m’entourent, quelle qu’elles soient. Mais toi, tu es juste… juste…"


Feliciano ne parvenait pas à trouver ses mots, et plutôt que de jouer au disque rayé devant le russe pendant trois heures, il décida rapidement de le dépasser pour rentrée dans la salle de l’assemblée qui s’était à nouveau réunie. Son frère ainé lui offrit un regard mi-inquiet, mi-intrigué en levant un sourcil plus haut que l’autre, en effet, le visage du vénitien venait soudainement de passer au rouge vif. Ce fut pour ça qu’il s’était dépêché de dépasser Ivan, pour ne pas voir sa gêne encore une fois trop présente et pour qu’il puisse se calmer rapidement avec que celui-ci ne le remarque. Finalement, sans prendre attention à qui que ce soit, l’italien se noya dans ses papiers, ils en étaient où déjà ? La situation économique des pays présents dans cette réunion ? L’Irlande du Nord ? L’Indonésie ? Ou bien… Désespéré, le vénitien enfouit son visage entre ses mains.


"Oh non, pitié, pas les drogues et la criminalité internationale, ve…"

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Dim 1 Jan - 14:12

Ivan soupira. Il n'aimait pas les gens qui ne finissaient pas leurs phrases, fut ce par colère ou confusion. Ne pas savoir comment correctement métamorphoser sa pensée en logos n'était qu'absence de bonnes manières et une regrettable mauvaise habitude. En particulier, cela détonnait un caractère indécis dont Ivan ne souffrait pas et, avec orgueil, aimait à ce jouer de ceux qui en bénéficiaient de surcroit. Et en plus il fuyait... Ah, diantre ! Pourquoi donc c'en étonner ? Pourquoi essayer de voir en Feliciano des vertus dont il ne disposait pas alors que le Russe s'était toujours habitué, sans doute par lâcheté, à espérer le pire, plutôt que le meilleur, pour ne jamais être déçu. Et les personnages qui ne répondaient pas à ses attentes le décevaient toujours, bêtement, puisqu'il ne pouvait s'en vouloir qu'à soi-même d'avoir sur-estimé la situation.

Enfin, ce n'était qu'une histoire de coucherie et il ne devait pas s'en pourrir l'âme au point d'avoir quelques mauvaises pensées. La vie n'était que plaisir. Néanmoins, en revenant dans la salle, il ne put empêcher un peu d'amertume de monter à sa bouche et cela ressemblait beaucoup à de la véritable tristesse. Aussi, de tout le reste de la réunion, Ivan ne daigna jeter aucun regard à son voisin de droite, l'ignorant complètement, plus pour exécuter la demande du Vargas qui lui avait si gentiment demandé de ne pas le faire chier, que par caprice.

La vie n'était que jeu pour notre illustre personnage et lorsqu'on prenait ses pitreries trop au sérieux comme le faisait l'Italien, cela le chagrinait un peu. Feliciano avait eu un air et un ton tellement désespéré lorsqu'il lui somma de le laisser tranquille qu'Ivan ne put que brutalement revenir à la réalité. Pourtant, le Vargas aurait pu jouer le jeu, mais non, il préférait prendre la chose au sérieux et flipper. Et le sérieux... Rhaaah, rien de plus ennuyeux que le sérieux en plein milieu d'un charmant calembours. Bref, Feliciano n'avait pas d'humour, ou même simplement un peu de malice, et c'était regrettable au point qu'Ivan ne lâcher le morceau. S'amuser au dépend de gens trop sérieux était fatiguant. Toutefois, en se remémorant leur aventure, Ivan avait vraiment cru que... Ah, peu importe ce qu'il avait cru. Au stade ou il en était, il pouvait croire n'importe quoi que Feliciano resterait en son esprit la copie de Ludwig : chiant, sans humour, coincé, sage...

A peine avait-on déclaré la fin de la réunion qu'Ivan se leva pour quitter la salle d'un pas paresseux. Voilà, ça avait été décevant et chiant. Dans le hall, il susurra quelques mots à Alfred à propos de la Turquie, mais rien de bien concluant, de toute manière ils allaient se revoir dans la semaine. Le G8, quelle perte prodigieuse de temps. Mais, pour le plaisir de la confusion, Ivan ne put s'empêcher d'aller voir Feliciano et mettre une énième couche de trouble. Cette fois-ci, lorsqu'il s'approcha du brun, son sourire était courtois et poli, allant de paire avec sa voix :

- Italie, je suis navré de vous en parler aussi tard, mais mon gouvernement vous demande de leur envoyer votre avis à propos de notre projet commun : le South Stream.


Quoi de plus froid que le vouvoiement ?

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Dim 1 Jan - 15:31

Apparemment, la discussion n’allait pas partir tout de suite sur ce sujet tant redouté. Grace à Dieu, il éviterait les sous-entendus d’Ivan. Mais d’ailleurs, où était donc le russe ? Pourquoi il ne l’entendait pas ? Il tourna instinctivement le regard vers son voisin de gauche, oui oui, il était pourtant bien présent, mais… il l’ignorait complètement. Il le laissait tranquille, que de joie ! Il allait pouvoir coller l’allemand en lui réclamant des pastas, proposer de boire un coup ce soir à tout le monde, discuter avec qui que ce soit sans qu’il soit d’ailleurs pour dire des choses graveleuses, travailler correctement...


Alors pourquoi ? Pourquoi ça le travaillait autant maintenant ?

Si Ivan avait le dont de l’énerver sérieusement, le voir maintenant vaquer à ses occupations sans prendre attention à lui lui donnait carrément la nausée. Et voilà maintenant que c’était l’italien qui ne quittait pas le moscovite du regard, il regrettait, il avait été trop… méchant ?
Remarquant son malaise, son frère ainé lui tapota l’épaule en lui demandant ce qui le tracassait à ce point. Mais il ne pouvait rien lui dire, quelle que soit la situation actuelle, il voulait garder les liens qu’il avait pu avoir avec le russe secrets.

Ludwig vint alors à sa rencontre pour son avis sur une autre affaire débattue aujourd’hui. Complètement absent, ne regardant ni sa feuille, ni l’allemand, Feliciano se contenta de dire qu’il n’en savait fichtre rien. Lui qui pourtant avait travaillé pendant des heures pour que son ancien allié soit un peu fier de lui, il se fichait maintenant éperdument de la raison qui l’avait amené jusqu’ici. Ludwig tapa du poing sur la table, annonçant qu’il était inadmissible de ne pas se préparer davantage à ce genre de réunion. En guide de réponse, l’italien se leva de son siège pour prendre la sortie… Si un mur sibérien ne s’était pas mis en travers de sa route.

Feliciano remonta le regard vers le sien pour voir son visage courtois. C’était encore pire que son sourire malsain, là vraiment, ça lui donnait juste envie de pleurer comme une gamine qui venait de se faire jeter par son prétendant. Le South Stream ? Franchement, là, c’était la dernière de ses préoccupations.


"Ivan, je suis… vraiment… désolé. J’ai vraiment été odieux, je me suis un peu emporté parce que je craignais que tu dévoiles trop de choses. Alors… Pour tout te dire, là, le South Stream, j’en ai un peu rien à battre, ve. Je préfère encore que tu sois emmerdant que ce que tu me subir là."


Non sans attendre une réponse, le vénitien commença à porter sa voix pour attirer l’attention de tout le monde. Il était temps qu’il se reprenne, faire plaisir à Ludwig était une chose, mais en faire autant ne lui ressemblait que trop peu. Il fallait revenir à son tempérament trop festif et, lui aussi, énervant. Ivan avait bien eu raison de se comporter comme lui, ça lui avait finalement ouvert les yeux.


"Au Diable tout ça ! Je propose un classement des meilleurs coups du monde, ça au moins ça va intéresser toute l'assemblée, ve ! Je sais que certains rêveraient d’être dans cette liste, mais il ne faut pas trop y croire. Alfred, tu es disqualifié d’office, veveve !"


L’allemand commençait déjà à se taper la tête contre le mur alors que l’américain, excédé, commençait à courir après le plus jeune des Vargas. Mais à ce petit jeu, personne n’avait réussi à l’attraper. Tournant autour de la table pour toujours se retrouver à son opposé, le vénitien continua son histoire foireuse.


"C’est ce qu’on dit hein ! Après, peut-être que quelqu’un ici présent peut témoigner en ta faveur ? Tu m’as compris ? Et du peu que j’en sais, ton artillerie n’est pas très imposante, ve."


Le français trouvant le sujet fortement intéressant s’était déjà foutu à poil, prêt à établir quelques comparaisons, alors qu’Arthur, visiblement excédé lui aussi, visa le visage de l’italien du nord avec sa théière, soit pour calmer le jeu, soit parce qu’il était (peut être) visé par cette histoire de témoin. Touché, coulé, pas le temps de l’éviter que le thé brulant dégoulinait sur son visage.


"Aaaaaah ! Ve !!! Ça brule ! Veeeee !"


Freiné, le tacle façon football américain d’Alfred n’allait certainement pas tarder à lui briser quelques os.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Dim 1 Jan - 18:17

Oh, mais quel fiéffé galopin ! Alors comme ça, si c’était lui qui amusait la galerie, tout était parfaitement normal, mais suffisait-il seulement de l’ennuyer un peu en retour qu’il partait bouder tel un gamin capricieux et trop gâté ? Mais quelle prodigieuse mauvaise foi ! Ivan crut halluciner, tant tout cela sembla un instant dépasser son entendement. Et curieusement, tout cela était si absurde et inouï qu’il n’eut aucun mal à l’accepter. Lorsque la raison n’est plus satisfaite, c’est l’imagination qui vient prendre le relais et ainsi fut-il.

Clignant d’abord des yeux, tant il fut prit à son propre jeu de la confusion, Ivan sentit sa bouche s’entrouvrir d’abord d’étonnement, si peu attendu était le retournement de situation, avant de partir dans un fou rire. Et quel rire ! Celui que personne ne peut arrêter et surtout pas vous-même ; celui qui vous plie en deux en manque de vous faire tomber à genoux par terre tant vos muscles ne sont plus des muscles mais de véritables cordes de guitare. Surréaliste ! comme le dirait Apollinaire, mais d’une manière tout à fait inappropriée en cet instant. Le G8 se transformait petit à petit en une maternelle.

Mais, ciel ! il ne pouvait pas se contenter de rester en simple spéctateur, il fallait aider son dès à présent charmant acolyte de fourberie, qui était sur le point de recevoir quelques coups de corne de la part d’un bélier américain. Ah, que ces messieurs étaient sans humour ! En quelques enjambées, Ivan se retrouva à côté de Feliciano, juste à temps pour empêcher Alfred de lui foncer dessus avec sa délicatesse légendaire. Se remémorant quelques cours d’aïkido, le blond, au lieu d’essayer d’arrêter son adversaire, l’empoigna par les cheveux et d’un puissant coup de bras, profitant de l’élan d’Alfred, l’envoya valser vers un coin de la pièce. Puis, éclatant d’un rire cristallin digne d’une prima-donna, le Russe envoya un vase dans la direction d’Arthur avant de s’esclaffer :

- Un témoin ! Comment veux-tu qu’il y ait un témoin à quelque chose qui n’existe pas ?

Alfred, Alfred... son pauvre et éternel souffre-douleur.

- Quant à Francis hein, nous sommes toujours tous témoins de son artillerie, mais jamais de ses exploits !

Et, partant dans un rire diabolique comme il savait si bien en faire, Ivan crut presque voir les cheveux et poils du Français flétrir et se ternir d’indignation. Remettre en question ses capacités viriles, quel courage, quel suicide ! Se retournant vers Feliciano, il eut soudain un sourire des plus malicieux :

- Mais dis donc, tu ne serai pas en train de prétendre au titre, ma nouille ? Oh, s’il faut je témoignerai... pour dire à quel point tu es nul !

Voilà qui était plus à son goût. Faisant un étrange mouvement, qui était non sans rappeler un pas de danse, vers la droite pour éviter un projectile lancé anonymement, Ivan renversa du bout de sa canne un pot plein de poudre de jasmin –oui, moi non plus je ne sais pas ce qu’il fait là, je ne fais que profiter de la magique du RP pour parvenir à mes fins sans logique aucune- et, saisissant l’Italien par le col, disparut dans ce nuage floral. Ils réapparurent dans un couloir de l’aile sud, là où la fumée parfumée se terminait, et le Slave daigna enfin relâcher sa poigne sur le vêtement de Feliciano. Alors qu’un second fou rire le secouait, Ivan essuya une larmichette qui s’était approchée trop près du bord, voulant faire le grand saut. Encore une suicidaire. Elle finit sur l’index du Russe ; éclatée, elle sécha, et mourut : la triste fin de l’Enfant Larme.

- Ce fut charmant... mais ils étaient nombreux et ça partait trop en sucette...

Réussit-il enfin à articuler en s’adossant à un mur et se laissant aller à l’émotion, à moitié replié, les mains sur le ventre.

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Lun 2 Jan - 0:03

Pris par la soudaine brûlure provoqué par l’anglais, il ne put voir si son petit spectacle avait pu avoir un effet quelconque sur le moscovite. En fait, la seule chose qu’il put noté fut que derrière ce brouhaha innommable, il entendit un rire qu’il ne mit que quelques secondes à reconnaître. Ce ton de voix, il pouvait le reconnaître entre mille. Espérant bien qu’il maitrisait assez son rire pour ne pas se pisser dessus, et sans trop savoir au passage s’il se moquait de lui ou du désordre général, il ne vit pas venir le danger imminent.

Si le G8 dans son ensemble était facilement manipulable, prit individuellement, sûr que l'italien aurait eu plus de difficultés pour offrir ce genre de scène. Tiens d’ailleurs, ce petit bordel qui lui a valu une atroce douleur, si tu n'en doutais pas, c’était pour toi Ivan. Sachant parfaitement que son charme innocent et enfantin, qui pourtant lui avait toujours semblé infaillible, ne fonctionnait pas sur le sibérien, il avait donc décidé de jouer autrement pour le dérider. Mais bon, la seule chose qui semblait vraiment exciter le russe était le pouvoir de posséder, chose qu’il n’était pas sûr de totalement comprendre, ni de pouvoir lui offrir.

Et là, la douleur passant enfin, il vit une tête blonde à lunettes qui fonça sur lui. Sachant pertinemment qu’il ne pourrait pas l’éviter, il se contenta de prier pour qu’au moins Dieu l’accueille avec une assiette débordante de pastas si tant soit peu qu’il ne ferait pas descendre un ange du ciel pour l’aider… Mais apparemment, c’est le Diable qui avait répondu à son appel en lui envoyant le russe en guise de défense. Avait-il au moins de quoi payer ? C’était son âme qu’il devrait offrit pour ce service n’est-ce pas ?

Réfléchissant à cette question à laquelle il ne trouverait forcément pas de réponse sans en interroger le destinataire, Ivan se fit une joie de compléter son travail en se moquant sans aucune gêne de l’américain, du français et de l’italien… Attendez voir, l’italien ?! Effaré, le principal visé commença à secouer les poings dans le vide pour se défendre.


"Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles ! Toutes mes conquêtes féminines sont ravies de mon savoir en la matière ! Ve !"


Bien sûr, il évita soigneusement de dire qu’il ne pouvait pas être bon avec lui puisque le russe prenait toujours le dessus sans qu’il ne puisse lever le petit doigt. La scène actuelle du G8 était dingue, certes, mais pas lui.
Voyant alors un nuage se former devant lui sans en connaître la cause exacte, et qui sentait étrangement la même odeur que le désodorisant des toilettes de chez Francis, une forte poigne le saisi par le col. Étranglé, il fut incapable de se plaindre jusqu’à ce que son « agresseur » le lâche enfin dans le couloir. Sans surprise, Ivan était celui qui l’avait trimballé jusqu’ici.

Pendant que l’ours continuait à rire de sa voix portante, Feliciano se colla debout, dos contre un mur, la main sur sa gorge, essayant de reprendre au mieux sa respiration.


"Hela… J’hésite entre te remercier de m’avoir défendu contre les deux idiots anglophones ou t’insulter pour avoir failli me tuer par strangulation… Tu ferais quoi à ma place ?"


Malgré tout, un sourire léger fit enfin son apparition. Quoi qu’il puisse en dire, c’était comme ça qu’il aimait faire ces réunions. Ne rien préparer, dormir, provoquer le bordel et finalement se faire sermonner par Ludwig. Quant à Ivan… Il restait indécis. Oui, il était très énervant, manipulateur, lui avait fait passer une soirée dingue avant de réclamer son fric, s’était amusé à ses dépends aujourd’hui pour le mettre mal à l’aise… Et pourtant, l’avoir ignoré et traité comme un collègue de travail avait été la chose la détestable. Tournant son visage vers celui du russe, son sourire s’agrandit.


"… Je savais que ça te plairais."

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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   Lun 2 Jan - 12:24

Les larmes aux yeux et le visage endolori, Ivan finit par reprendre contenance, bien que parfois, de temps en temps, un discret gloussement franchissait ses lèvres entrouvertes et immobilisées en un discret sourire. Mais lorsque l'Italien lui parla, le Russe eut un temps un air étrangement sérieux alors que ses yeux semblaient jauger son interlocuteurs et peser le sens de chacun de ses mots. Mais bien vite, un sourcil sceptique grimpa lentement vers son front et un rictus narquois déforma sa bouche. Puis, posant la main gauche sur son coeur, il déclara, d'un ton moqueur :

- Insinues-tu par là, mon tendre Felichounet, que tu as fait ça pour moi ? Que ton petit coeur meurtri par ma brutalité n'avait malgré tout d'yeux que pour moi et mon plaisir ? Je suis touché. Vraiment.

Bien sûr, tout cela était caricaturé au possible dans le but de faire revenir le Vargas sur ses pas, protester avec gêne avant de reconnaitre sa méprise. Car Ivan n'en croyait pas un mot et le faisait ainsi comprendre. Et pour cause, il était réaliste et méfiant. D'une part, aussi loin que remontaient ses souvenirs, personne en dehors de sa famille n'avait jamais rien fait pour lui de manière tout à fait désintéressée et encore moins personne ne s'était évertué à l'apprécier ou, que dis-je, ne serait-ce que penser à lui en de suffisamment bon termes pour vouloir lui faire plaisir. Parfois, il en comprenait les raisons, surtout quand la seule raison était son caractère parfois détestable, parfois pas, mais s'en doutait un peu. Alors, quand quelqu'un témoignait à son égard quelque chose d'autre qu'une polie ou ouverte répulsion, Ivan considérait cela comme du sarcasme dont le seul but était de souligner le sentiment de répulsion, ce qui le faisait devenir sarcastique lui-même.

Ainsi, cynique, il mima une triste larme sur sa joue du bout de l'index avant d'éclater d'un rire mauvais. Et bien sûr, l'idée qu'il pouvait ainsi blesser les sentiments du Vargas ne traversa même pas son esprit tant il était certain d'être la victime d'une moquerie. Puis il se souvint de la première suggestion du brun et pencha légèrement la tête en regardant ailleurs et dit d'une voix éloignée :

- Il est rare que l'on me remercie, alors je dirais que tu devrais m'insulter...

Ne donnant pas plus d'explications à cette phrase qu'une étrange lueur dans le regard, le Russe finit néanmoins par revenir à son habituel sourire :

- Mais véritablement, je n'avais nullement l'intention de t'étrangler.

Il ouvrit la bouche, comme s'il voulut encore rajouter quelques propos, mais soudain se tut et ne dit rien. Puis, Ivan fit quelques pas en direction de Feliciano et s'arrêta juste à côté, s'appuyant contre le même mur de l'épaule, les mains dans les poches. Son regard s'éclaircit et son visage devint chaleureux et sincère.

- Mais quelles qu'eussent été tes motivations, c'est à moi de te remercier. C'était fun et j'ai passé un bon moment. Bref, merci et n'oublie pas le South Stream.

Ce disant, il se redressa et, un instant, recula au milieu du couloir, les yeux fixés sur Feliciano avant de faire un demi-tour et d'avancer d'un pas léger dans la directions opposée de la fumée avec le sentiment d'un devoir parfaitement accompli.
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MessageSujet: Re: G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]   

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G8 : [1998 - Birmingham] In Cauda Venenum [Feliciano]

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