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 [1665] Etude de la « Joconde du Nord » | pv Nether

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Kenneth O'Murphy/Irlande

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MessageSujet: [1665] Etude de la « Joconde du Nord » | pv Nether   Mer 11 Jan - 22:50

À quoi pense-t-elle ? Parfois, elle semble vouloir séduire, parfois elle paraît triste. Parfois on croit qu'elle a treize ans et d'autres trente ans. Je me demandais ce que Vermeer avait bien pu dire ou faire pour qu'elle ait un tel regard.

- Tracy Chevalier




Il y aurait eu beaucoup de raisons qui auraient poussé tout être normalement constitué à se rendre à Amsterdam. Outre la puissance évidente des Provinces Unies et de son impitoyable représentant au goût prononcé pour le chanvre - et qui en faisait un fort bon commerce il fallait l'avouer - Amsterdam était sans doute la ville la plus en vogue de l'époque. Florence s'était faite distancée, et tout le glamour et l'attrait que les contemporains avaient eut pour la ville s'était retrouvés dirigés vers Amsterdam.

Amsterdam la belle, la grande, la luxuriante. La capitale de l'Art contemporain. Les toiles des artistes hollandais s'arrachaient au meilleur prix, et tout ça grâce à la maîtrise unique de la lumière de Vermeer, au fonctionnement si particulier du clair-obscur de Rembrandt. Et à la capacité exceptionnelle de Pays-Bas à marchander tout pour le prix le plus élevé.

Le présence ici de l'Irlande avait de quoi en étonner plus d'un. Il entendait déjà les moqueries des autres, ceux qui ont tout ce qui leur faut pour médire ; il les voyait déjà se retourner sur lui avec un rictus narquois, déclarant quelque chose ressemblant à "Toi, le trou du cul du monde l'art, ici ? Quelle surprise !", enfin, avec des mots mieux choisis évidemment.

Kenneth n'avait pas un profond amour de l'art. A vrai dire, il était de ceux qui considère qu'il y a plus important que se pencher sur une toile blanche pour y faire un portrait, et se débrouiller pour éviter la guerre civile et les coups de fouets cromwelliens faisait, de son point de vue, partie de ces choses plus importantes.

Seulement, il avait suffisamment entendu parler d'art et de l'argent qu'on pouvait amasser tout autour pour ne pas y jeter un coup d'oeil intéressé. Avait-il jamais vu une véritable oeuvre d'art ? Certainement. De loin. Depuis les fenêtres des résidences de luxe, depuis le pallier des manoirs britanniques, depuis l'entrée payante des musées chics.

Car l'Art, le vrai, n'est pas donné à tout le monde. Et par tout le monde, j'entends la plèbe.

Et puis, ces dernières années à se faire maltraîter par Cromwell avaient fait comme un déclic. Il avait particulièrement besoin de se faire une économie, de se faire une armée qui en vaille la peine, de s'armer autrement que par des fourches et des bouts de bois - ce qui, il ne le savait pas, mais durerait jusqu'au début du XIXème. Et si l'Art rapportait autant, il n'avait qu'à vendre lui aussi.

Mais vendre quoi ? C'était plus facile de s'évertuer en de belles pensées lucratives que de prendre un pinceaux et faire un Da Vinci. Surtout lorsqu'on n'y a jamais touché, au pinceau. Et qu'on n'a personne pour le faire à sa place. Oh bien sûr, il ne l'aurait pas fait de lui-même, il n'était pas un artiste, il était une Nation - plus ou moins. Moins que plus. Bref.

Mais quand on est une nation qui n'a aucun artiste à promouvoir - et quand on parle d'artiste, on ne pense pas aux peintres du dimanche qui le passe, leur dimanche, le goulot d'un bon vieux whiskey entre les lèvres -, c'est plus compliqué. Et allez faire un tour dans la capitale de l'Art et y apprendre quelque chose, c'était certes un petit pas pour sa silhouette famélique, mais, et il l'espérait, un grand pas pour le monde de l'Art irlandais. Ainsi, son commerce pourrait démarrer, son âge d'or arriver, et un coup de pied au cul des anglais s'abattre férocement.

Il était donc arrivé à bon port, encore affaiblit par les blessures, un peu plus par le voyage - bon dieu qu'il détestait les transports maritimes - et posait un pied malhabile dans le port si réputé d'Amsterdam. Il avait, quelques temps auparavant, envoyé une missive au représentant des terres qu'il foulait du pied, lui expliquant, très honnêtement, la situation, qu'il désirait simplement jeter un coup d'oeil à toutes les grandes peintures dont sa réputation était faite. Et ce fut avec grande surprise que le néerlandais lui répondit par l'affirmative et l'inviter à venir dès qu'il le souhaitait.

Le peu qu'il en voyait l'émerveillait déjà. Il n'était pas du genre à faire l'éloge d'une autre nation, mais il savait reconnaître la beauté, bien qu'on ne l'en pensait pas capable. Combien de fois s'était-il arrêté, chez Francis, devant un de ses magnifiques monuments à la renommée mondiale ? Bien sûr qu'il y était sensible. Mais ce n'était pas son truc. Ni même dans ses possibilités.

La réponse néerlandaise lui dictait de s'avancer vers les édifices et d'attendre son arrivée, qu'il tenterait de faire la plus ponctuelle possible.

En même temps, quand on est un pays aussi influent, on doit avoir un planning chargé. Du moins c'est ce que pensait Kenneth, tandis qu'il s'asseyait sur son baluchon, enveloppé dans une chemise trop grande, à l'apparence débrallée du pauvre, et appuyant sa tête sur une main, patientant tranquillement.

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MessageSujet: Re: [1665] Etude de la « Joconde du Nord » | pv Nether   Ven 13 Jan - 9:01

Ce siècle avait démarré bien trop vite. L’indépendance des Provinces-Unies et la trêve de douze ans ratifiée par l’Espagne, la France et l’Angleterre avait, pour Maarten, engendré la pire accélération économique, politique, sociale et culturelle d’Europe. Qui n’avait jamais entendu parler d’Amsterdam, la florissante Venise du Nord ; de son port d’attache d’où tous ces fabuleux navires de la Vereenigde Oostindische Compagnie allaient et venaient dans un flot d’allers et retours que l’on ne pouvait louper la magnificence.
Il avait été vrai, et Maarten ne pouvait le nier, que la naissance de la République et cette période de paix avait permis à son pays de prospérer dans le commerce des épices et des denrées exotiques. Le pays grandissait, florissait du commerce de la tulipe et ce malgré les tentatives anglaises de freiner son expansion coloniale dans l’Atlantique une dizaine d’années auparavant.

Maarten était en avance sur son temps. Car outre sa tolérance religieuse qui fit de lui la première terre d’accueil pour les peuples de toute culture et de toute religion, il était garant d’une certaine mixité sociale dont il était quelque peu fier. La petite bourgeoisie principalement composée d’ouvriers et d’artisans osait prétendre toucher du doigt la Haute d’Amsterdam ce qui n’était pas plus mal pour le moral du peuple qui pouvait prétendre à être le plus avant-gardiste que le peuple germanique ou français. Ce qu’il ne pouvait que constater lorsqu’il suivait quelques-uns de ses artistes peintres dans les plus grandes cours d’Europe, au Danemark ou en Angleterre.
Car outre l’économie, le commerce ou même les progrès sociaux, les futurs Pays-Bas jouissait d’une palette colorée d’artistes et de peintres en tout genre, témoin de ce que l’on qualifiera plus tard de l’ « Âge d’Or néerlandais ».

Des peintres comme Rembrandt, Vermeer ou encore Jan Davidsz de Heem étaient de ceux dont les tableaux s’arrachaient presque à un prix d’or. Car bien sûr, aux Pays-Bas, les artistes étaient essentiellement reconnus de leur vivant et vivaient admirablement bien de leur peinture. Peintures que Maarten pouvait voir quand il le voulait et qu’il admirait non sans une certaine fierté. Pour les couleurs, pour les mises en scène et surtout pour la sensualité des portraits.

C’était d’ailleurs avec un étonnement tout aussi grand qu’il avait lu cette missive en provenance d’Irlande lui expliquant, avec beaucoup de modestie sa situation et sa volonté de venir admirer les peintures qui faisaient sa renommée européenne. Non peu fier de faire admirer sa culture à une autre nation, Provinces-Unies s’était empressé, entre deux dossiers au Conseil, de répondre à l’affirmative à l’irlandais qu’il attendait d’un pied ferme.

Il avait déjà entendu parler de cette île et des traitements archaïques qu’elle avait subis sous le joug anglais qui d’ailleurs était toujours présent. Maarten n’arrivait jamais à comprendre comment une nation, aussi raffinée soit-elle, était capable d’une telle cruauté et d’un tel manque de pitié envers une autre. Qui plus est était lié à elle par le sang. Aussi avait-il accepté. Comme il acceptait de sauver la veuve et l’orphelin des persécutions religieuses. Non. C’était par simple fierté de montrer à une nation intéressée comment il avait fait pour s’en sortir (sans lui donner des idées d’empiètement de territoire bien sûr, ses eaux et ses terres resteraient ses eaux et ses terres).

Connaissant la date d’arrivée de Kenneth, il réussit à se libérer d’une journée de travail pour lui servir de guide dans la ville. Le manque de procrastination du néerlandais pouvait en étonner plus d’un et il était connu pour travailler d’arrache-pied jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais le travail était le travail et cela faisait des mois qu’il n’avait pas profité d’une journée complète à se balader en ville et éviter les carrosses passant çà et là dans les étroites ruelles pavées. C’était Belgique qui devait encore se la couler douce avec l’Espagne à s’occuper de ce sale gosse de Lovino. Mais pourquoi se plaindre de ce que l’on a renié ? Il y avait tout de même du bon dans l’indépendance, même si certains soirs étaient durs.

Vêtu d’un simple vêtement d’artisan, c’est-à-dire un pantalon, de vieilles bottes usées, une chemise et un plastron peu onéreux, pour ne pas attirer les regards, le néerlandais marchait en direction du port d’un pas vif et rapide. Il y avait comme une sorte d’impatience dans ce pas. Une excitation grandissante de voir à nouveau une nation qu’il n’avait vu que sporadiquement et de très loin lorsqu’il rendait visite à la cour royale de chez Arthur. Et puis repérer un roux dans une population composée essentiellement de bruns et de blonds, ce n’était pas difficile.

Arrivé au port, il chercha du regard son invité pour quelques jours, quelques semaines, il n’avait pas encore décidé. Ses yeux scrutèrent les environs. Le port était la plateforme sur laquelle un flot continu de marchandises et d’homme transitait. Il était quelques peu difficile de remarquer une nation parmi cette fourmilière multiraciale. Il se rappela alors qu’il lui avait donné l’instruction de l’attendre près des docks, aussi se dirigea-t-il un peu plus en retrait de cette masse grouillante.

Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver l’homme qu’il cherchait, assit sur son sac et patientant tranquillement. Il alla directement à sa rencontre et se posta devant lui :

Kenneth O’Murphy ?

Il se doutait bien que l’intéressé relèverait la tête en sa direction. Il croisa son regard un instant, le dévisagea en silence avant de reprendre :

Maarten Van Dorst. – Il inclina la tête pour le saluer – Le voyage n’a pas été trop fatigant ?

Il attendit sa réponse, s’écartant un peu de lui pour le laisser se relever et le regarda un peu plus en détail. Arthur avait été plus cruel qu’il ne l’avait pensé. Car Maarten ne pensait absolument pas que l’irlandais pouvait être fin à ce point. Métabolisme ou famine régulière, cela ne pouvait que confirmer ce qu’il avait déduit pour l’irlandais comme pour lui : ils avaient vraiment besoin d’un bon repas et d’une bonne bière.

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Kenneth O'Murphy/Irlande

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MessageSujet: Re: [1665] Etude de la « Joconde du Nord » | pv Nether   Lun 13 Fév - 22:39

Les voyages lui avaient toujours donné le mal de mer. Depuis tout petit, à chaque fois que ses dirigeants lui avaient intimé l'ordre d'aller en conquête d'autres pays et qu'il s'était résolu à le faire, il avait passé la moitié de son temps contre la balustrade du bateau à rendre le contenu de son estomac. C'était d'ailleurs ce qui l'avait empêché d'aller voir plus loin que l'Islande, et qui allait par la suite rendre ses voyages vers l'Amérique des plus désagréables.

Car en grandissant, ce petit problème n'avait pas changé, et il avait passé la majorité de son voyage jusqu'aux Provinces Unies avec un arrière goût bilieux au fond de la gorge.

Autant dire qu'en posant le pied dans le port d'Amsterdam, c'était la faim qui était venue creuser son estomac déjà bien malmené par les privations. Et si ses grognements étaient assez forts pour que quelques hollandais ne se retournent vers lui de surprise, il fut saisit par une sorte de gène lorsque l'un d'eux surgit alors qu'il se levait devant les Provinces Unies en personne.

Avoir l'air naturel. Ne pas avoir l'air d'un affamé, ce que tu es, vieux, mais tout va bien.

Et il lui rendit une inclinaison de tête un peu maladroite, car il n'avait vraiment pas l'habitude de faire ça. Ni même qu'on le lui fasse.

- Euh, enchanté. Et ça a été. Je crois. Enfin, j'ai pas souvent pris le bateau, je me souviens pas des masses ahah.

Roh, ressaisis-toi, sois plus naturel.

Il ne se reconnaissait pas vraiment dans ce type un peu calme. D'habitude il aurait fait une blague à la con, aurait rit tout seul le temps que la personne en face évalue le degré de connerie du type et ne se mette à rire aussi, parce qu'il était très bon pour faire rire les gens, il le savait. Mais en fait, même s'il ne l'aurait jamais avoué, le fait d'avoir l'une des nations les plus influentes du monde face à lui le mettait un peu mal à l'aise, il devait au moins se l'avouer à lui-même.

Et ce, même si la nation en question ne ressemblait pas vraiment à ce qu'il pensait. Oh, non pas qu'il ne l'avait jamais vu, il avait dû l'apercevoir pendant les rencontres entre l'Angleterre et les Provinces Unies, de loin, mais en ces moments là il avait quand même l'air beaucoup plus majestueux. Actuellement, dans cet accoutrement, il lui ressemblait un peu niveau charisme. En moins sale peut-être. Sans doute même.

- Donc comme j'en parlais dans la missive, je suis venu pour admirer un peu les peintures bien de chez toi. Bon je vais pas non plus te demander l'entrée gratuites chez les collectionneurs, mais si t'as accepté tu dois bien avoir une idée, hm ? Oh, et puis c'est sympa par ici, assez joli, ça donne envie de visiter et d'y rester un peu plus longt...

Grognement de l'estomac.

Mais ta gueule toi, pensa-t-il en poussant un soupir. Même si au fond il aurait vendu ses reins pour un bon repas et une bonne pinte à savourer pendant des heures.

Bullshit, il aurait dévoré un mouton en moins d'une minute s'il le pouvait.

Il fut alors décidé de flâner un peu dans la capitale, et même si Kenneth avait très envie d'en apprendre un peu plus sur les belles bâtisses hollandaises, l'appel du ventre fut plus fort que tout ; et quand bien même son hôte continuait sa marche, le rouquin traversa la rue et s'arrêta devant une taverne.

Un peu plus et il léchait la vitrine.

Oh, pour sûr, il n'avait pas oublié son but premier. Il voulait aller les voir ces foutus peintres, examiner leurs techniques, leur "salaire", et tout ce qui va avec. Mais là, son esprit était uniquement concentré sur la capacité de son estomac à être rempli.

Il fouilla dans sa poche, et les trois pièces qu'il en sortit l'émerveillèrent au plus haut point. Jamais il ne s'était sentit aussi riche en cet instant.

Et, confiant de pouvoir se payer un repas décent et une bonne pinte avec trois malheureux shillings, il s'engouffra à l'intérieur, commanda une spécialité locale et une énorme pinte, avant de s'asseoir dans un coin. Il était conscient de prendre un risque en commandant un plat du coin, mais il en était au point d'être capable de manger la table et les chaises, aussi il s'en moquait éperduement.

Peut-être que Maarten avait prévu un autre endroit pour manger, peut-être qu'il avait prévu quelque chose de complètement différent. Mais il devrait se contenter de ça s'il voulait garder son hôte peut-être un peu trop impoli - car on ne se précipite pas dans la cuisine de quelqu'un lorsqu'il vous invite, c'est bien connu.

De toute manière, Kenneth et la politesse avaient toujours été bien séparés.

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MessageSujet: Re: [1665] Etude de la « Joconde du Nord » | pv Nether   Mer 14 Mar - 8:57

Les rues d’Amsterdam paraissaient une immense fourmilière dans laquelle le néerlandais et l’irlandais s’étaient engouffrés avec l’assurance de trouver le garde-manger salvateur d’un ventre pour le moins vide. Et quel ventre creux semblait être celui de l’Irlande. Il ne fallut pas longtemps à Maarten pour deviner à quel point Kenneth a pu avoir le mal de mer. Pâle, voire blanc, et le ventre vide. Fin marin qu’il était, Provinces-Unies en avait vu des marins malade en bateau. Et le roux présentait tous les symptômes d’une nation qui n’avait jamais trop quitté ses terres par bateau (sauf pour faire apparition à la cour anglaise comme un trophée de peuple vaincu et soumis à l’autorité royale.

Et lui aussi avait faim.

Il s’était levé tôt, bien avant les poules, pour finir le travail qu’il avait à faire et laisser sa journée de libre. Le travail était long, arasant et consistait généralement en l’étude du bien portant de son économie, de ses exportations, de la bonne tenue de ses colonies asiatiques et en la politique en générale. Autant dire que Provinces-Unies était plus porté sur son argent et son commerce de cannabis que … que rien en fait. Maarten accordait la même importance à tout ce qui faisait de lui le modèle de la réussite sociale, politique et économique. Et commençant par vendre les bulbes de tulipes au prix d’or.

Il porta son regard sur le rouquin, trop absorbé par la contemplation de boulangeries et autres marchands ambulants. Il le vit entrer dans un bar qui servait quelques plats ça-et-là le midi. Il était vrai que la matinée était bien entamée et une pause repas s’imposait.

Il se doutait bien que ce qui avait de la valeur pour lui, n’était pas forcément de même pour l’Irlande. A le voir ce qu’il pouvait bien commander, le tout avec une bière, le néerlandais avait bien compris que ce qui avait le plus de valeur pour lui, n’était certainement pas l’empire colonial ou son influence européenne. Mais bien le fait d’avoir quelque chose dans le ventre ou non.

Et Maarten commençait à bien aimer l’Irlande.

Il commanda la même chose, la bière en moins, le lait en plus. Il n’avait pas vraiment prévu de manger ici mais cela lui convenait aussi. Autant montrer à Kenneth le côté populaire de son pays. Puis, il s’assit en face de lui et attendit. Il se doutait bien que l’irlandais allait être totalement incapable de payer les maatjes et la boisson qu’il avait préalablement demandés à ce qu’on lui serve. Pour ce qui est de ce genre de problèmes, le néerlandais pouvait payer… une fois. Au-delà, il allait devoir changer ses shillings ou se débrouiller. Les plats arrivèrent. Il regarda l’irlandais découvrir le hareng cru, les maatjes donc. Il ne savait pas s’il avait déjà mangé un truc pareil et cela allait être un bon moyen d’en faire la découverte. Au pire, il se rabattrait sur les pommes de terre.

Il porta son verre à ses lèvres. Le néerlandais avait demandé du lait, comble pour lui qui est portant un grand consommateur de bière. Mais la bière, c’était réservé au soir, pas au midi. Et il s’était bien manqué de le dire à l’Irlande. Il le laissait un peu faire comme il voulait. Imposer sa culture et son mode de vie aux autres, ce n’était pas son passe-temps.

Il finit rapidement son plat, sortit quelques feuilles, de l’encre et une plume et recommença à travailler. Il n’avait pas pu tout faire le matin, aussi finissait-il de rendre les comptes à la France un petit instant, dans ce coin reclus du bar en attendant que l’irish finisse son repas et commande peut-être des poffertjes pour le dessert. Les crêpes et le chocolat étaient une des grandes spécialités des Provinces-Unies. Et pour sûr, Amsterdam était le plus grand entrepôt de transit du cacao en provenance des indes néerlandaises. Sans quitter ses papiers des yeux, il lança :

Prends ce que tu souhaites en dessert, je payerai.

Il supposait dans cette phrase que l’irlandais ne possédait pas les florins nécessaires pour payer. Avait-il seulement de l’argent sur lui d’ailleurs. Il continua son travail qu’il ponctua d’une pause pendant laquelle il fourra sa pipe de tabac et l’alluma. Provinces-Unies était connu pour sa consommation excessive de tabac et d’alcool, et le coup du lait devait sans doute paraitre un peu contre nature pour ceux qui le connaissaient un tant soit peu.

Il finit par relever les yeux vers son homologue nation qui semblait avoir fini complètement et sa bière, et son repas, et reposa sa plume. Il tira quelques bouffées de sa pipe et s’adossa à sa chaise, bras croisés sur son torse. Il n’avait rien prévu pour la suite. Si Kenneth voulait directement aller voir un peintre chez lui ou non. S’il préférait voir une galerie avant. Il n’en savait rien aussi lui demanda-t-il :

Où veux-tu aller ensuite ? Je n’ai aucune idée de ce que tu veux vraiment faire en premier ou si tu avais prévu que je t’emmène quelque part en particulier.
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MessageSujet: Re: [1665] Etude de la « Joconde du Nord » | pv Nether   Sam 21 Avr - 15:31

Ca aurait pu le choquer, le fait d'être le seul clampin à siroter sa bière comme le nectar des dieux, se faisant une magnifique moustache de mousse, mais Kenneth n'était pas du genre perturbé par les divergences d'habitude. Pour lui, si les gens estimaient qu'un verre de lait était plus intéressant à boire qu'une bonne pinte, tant mieux pour eux, ça en faisait plus pour lui. Et il n'irait certainement pas se moquer, pas en de telles circonstances.

Et comme il n'était pas du genre à avoir des coutumes à respecter à la lettre, ni à en vouloir à autrui s'il faisait comme bon lui semblait, il estimait que les autres étaient tous aussi peu attachés au pseudo respect des us et des moeurs. Il partait du principe qu'il ne s'offensait pas facilement, et ainsi les autres ne pouvaient décemment pas s'offusquer lorsqu'il rentrait sans retirer ses chaussures, qu'il quittait la table sans la débarrasser ou qu'il se ramenait en kilt dans les soirées mondaines - et ce quand bien même il n'y assistait que par procuration.

Grossière erreur. Et il ne valait mieux pas s'imposer en bon irlandais peu respectueux aux quatre coins du monde. Francis lui avait peut-être déjà fait la remarque d'ailleurs. Mais le caractère borné de l'irlandais ne lui permettait pas de changer ses habitudes.

Et puis pour l'instant, il s'en foutait, il profitait de sa bonne bière. Quand bien même elle était blonde.

- Prends ce que tu souhaites en dessert, je payerai.

Le roux releva les yeux vers son hôte. Peut-être fallait-il décrire, en cet instant précis, le sentiment d'adoration totale, de vénération, d'adulation qui traversa l'esprit irlandais. Jamais l'Irlande ne ployait devant quelqu'un, jamais il ne s'abaissait à poser genoux à terre pour quelque raison que ce soit - et je sais à quoi vous pensez, gros dégoûtants - mais il suffisait de lui proposer de payer son repas, ou mieux, de lui faire son repas avec amour pour voir l'indocile animal se transformer en adorateur soumis.

Et Provinces-Unies venait de conquérir son coeur.

- C'est mignon dis, et je vais accepter avec plaisir. Mais j'ai des principes, hein, j'ai trois shillings sur moi - et il les posa sur la table - je vais au moins payer avec ça.


Et il y croyait en plus. Sans savoir qu'un florin était à peu près l'équivalent de 75 shillings(*). Qu'il était naïf, le pauvre ère qui avait rarement de quoi s'offrir le repas. Et on savait bien pourquoi.

Il engloutit son dessert avec entrain. Il se sentait presque revivre. Aussi lorsque Maarten lui demanda ce qu'il voulait faire, il commença par lui répondre la bouche pleine. Mauvais plan. Il avala sa dernière bouchée et reprit plus correctement :

- Hmmm j'avais pensé à aller voir quelques galeries. Ou alors voir des peintres à l'oeuvre, il parait que c'est intéressant.

Très intéressant niveau information, en fait. Poser des questions un peintre, lui demander comment il se débrouille, quelle est sa technique, combien il gagne... Ca pouvait s'apparenter à du harcèlement - et c'en était sans doute - mais il y avait cette pointe de curiosité un peu malsaine qui pousse toujours à poser des questions embarassantes quand on ne connait pas la chose.

Et lorsqu'il se leva, ce fut avec un certain enthousiasme.

- Enfin si t'as des coins à me montrer d'abord, je suis preneur.

Il aurait pu ajouter un "if you know what i mean", mais il n'était pas que question de ça. Non pas qu'il avait envie de tuer le temps en s'envoyant en l'air avec les catins d'Amsterdam - même si c'était toujours plaisant de voir les dessous des grandes villes en soi, hein, au moins il avait ça en poche - avant d'en arriver au but premier de son voyage. Mais. En fait, aussi amoureux de son chez-soi pouvait-il être, il n'avait juste aucune envie de rentrer en cet instant.

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