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 [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]

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Lovino Vargas / Italie S

Chef suprême de la ligue anti-Wurst


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MessageSujet: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Mer 15 Fév - 20:30

Maintenant que le cauchemar est finit
Que devons nous faire au pied du lit?
Car n'oubliez pas que ce mauvais rêve
Ne vous offrira aucune trêve.


Avril 1945

Froid et gris.

Ce furent là les seuls termes pouvant définir l'extérieur de ce sombre hôpital, hélas remplis jusqu'à la dernière chambre. Les rares fleurs n'ayant pas succombé à l'absence de lumière n'arrivaient pas à apporter un peu de charme à ce jardin abandonné à son sort. Les mauvaises herbes dominaient les tulipes et marguerites, les buissons et les lierres rendaient les murs impossibles à distinguer, et même les arbres n'avaient plus aucune forme qui pourrait embellir un peu cet espace censé rassurer les patients. Mais honnêtement, qui en une telle période s'en serait soucié?

Entre champignons, épines et branches d'arbres pourries, le jeune homme avançait tel un zombie, ne regardant pas vraiment ou il posait les pieds.

Malgré l'état délabré du petit parc, il se sentait bien mieux à l'air pur plutôt qu'à l'intérieur de ce bâtiment respirant la mort et la souffrance.

Nous sommes à la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'Italie venait enfin d'être libérée au grand complet de ses occupants. Le représentant de cette nation une nouvelle fois réunie n'en ressentait aucun sentiment de victoire, ni même de satisfaction. Plus de six ans qu'il s'était engagé dans cette tuerie aux côtés de son frère et déjà deux ans qu'il avait décidé d'y mettre un terme. Il n'avait plus supporté d'être le complice du massacre de son propre peuple, de voir son frère sombrer peu à peu dans la folie à l'instar de l'allemand. Leur gouvernement les avait transformé tous les deux en machine de guerre, au point qu'ils avaient perdu leur propre identité de nation.

Oui, pendant un moment, ce n'était plus des pays que Romano avait eut en face de lui mais des monstres. Des monstres qui s'aimaient à mourir, incapables de se détacher l'un de l'autre. L'Italie du Sud avait pourtant essayé de les séparer; il avait capitulé avec les Alliés, il avait piégé et enfermé son frère pour son propre bien, espérant qu'il ira mieux une fois toute cette horreur finie. Mais Allemagne ne l'avait pas entendu de cette oreille, et c'est sous ses yeux impuissants qu'il avait kidnappé son petit frère.

A partir de cet instant, L'Italie du Sud et l'Italie du Nord étaient devenue ennemies.

De nouveau divisés, mais pour la première fois, opposés l'un à l'autre. Cela n'était jamais arrivé. Même pendant le Risorgimento. Le territoire conquit fût certes le Royaume des Deux-Siciles mais les ennemis n'étaient pas des Italiens. Des troupes françaises, l'armée pontificale constituée de volontaires venus d'autres pays, mais pas son peuple. Son peuple avait dit oui à la réunification. Son peuple avait accueillit l'armée du nord et ses dirigeants à bras ouverts. Et pourtant, ce peuple dira aussi non au fascisme. Ce peuple rejettera le gouvernement de Benito Mussolini avec dégoût.

Deux ans de tourments intérieurs et extérieurs à vivre traqué par les fascistes et les nazis, surveillés par les anglais et les américains. Il avait dû jongler entre son rôle de grand frère qui lui disait de protéger Feliciano et son rôle de nation qui lui ordonnait de reconquérir le nord coûte que coûte. Lovino n'était pas le plus innocent dans cette histoire: lui aussi il avait tué et massacré. Par colère. Par vengeance. Par plaisir. Des allemands et tous ceux qui n'avaient pas leur place en Italie, recevant par la suite un retour de bâton extrêmement douloureux qui ne fit qu'amplifier sa haine contre l'occupant.

Jamais contre son petit frère.

Et puis vint 1944. Cette année qui avait scellé définitivement le statut de l'Italie. Ces lourdes douleurs qu'il avait ressentit durant cette années furent les plus insupportables, le rongeant à l'intérieur comme des milliers de vers carnivores. Plus douloureuse, plus horrible, plus cruelle parce que ce n'était pas lui qui souffrait mais son frère. Cette année là, Ludwig s'était retourné contre Feliciano parce que la résistance avait finit par gagner le nord de l'Italie. Lovino ne savait pas ce qu'il lui avait fait, il avait juste sentit sa douleur, la preuve qu'ils redevenaient un envers et contre tous.

Jusqu'à ce que ce jour fatidique arrive. Celui où il avait trouvé son frère dans une maison abandonné à moitié mort.

Le temps s'était alors arrêté. Peu lui importait les nazis, les alliés ou les civils qui demeuraient dehors. Qu'ils se débrouillent entre eux, l'Italie n'avait que trop subit les conséquences de leur confrontation. Il avait posé la veste de son uniforme sur les épaules de son frère inconscient, il l'avait serré dans ses bras et il avait pleuré. Longtemps, très longtemps. Il ne pouvait même pas dire combien de temps il était resté assis sur ce plancher, à sangloter avec son cadet dans les bras. Sans doute y serait-il resté pour toujours si Angleterre ne les avait pas trouvés, lui ordonnant de l'emmener au plus vite dans un centre de soin au lieu de se morfondre.

Ainsi, nous voila à aujourd'hui. Alors que Romano s'en sortait avec des lésions plutôt légères sur le corps (si on pouvait dire ça d'un dos boursouflé de cicatrices encore fraîches), Veneciano n'avait pas eut cette chance. Dans le coma depuis qu'il l'avait trouvé, à peine reconnaissable physiquement tant il avait subit de préjudices, même le docteur semblait sceptique sur son rétablissement malgré son état de nation. L'Italie avait la spécialité d'être incarnée par deux hommes; tant qu'il y en avait un capable de représenter le pays, tout ira. Mais qu'en était-il du deuxième?

S'arrêtant soudainement face à un banc, l'italien s'y assis brusquement, plongeant son visages dans ses mains. Sa posture donnait l'impression qu'il portait tout le poids du monde sur son dos.

C'était une question qui ne cessait de tourner dans la tête de Lovino, comme une spirale infernale dont il ne voulait pas voir le bout par peur de la réponse. Non, il ne voulait pas savoir si son frère allait mourir suite à ses blessures maintenant que le pays était réunifié. Feliciano ne pouvait pas mourir. Il n'avait pas le droit de le laisser comme sa mère et son grand père! L'Italie avait encore besoin de lui... non, Romano avait encore besoin de lui! Il n'allait pas le laisser gérer un pays entier alors même qu'il était incapable de s'occuper de lui même! Il n'allait pas partir et lui laisser toutes les corvées ménagères sur les bras! Il n'allait pas partir et...

Et le laisser seul, encore une fois.

-"Je t'en supplie... abrutit de petit frère, ne meurt pas!"

Il avait émit cette plainte dans le vent, se pensant seul et donc libre d'exprimer tout son désespoir à travers ses sanglots étouffés. De toute façon, quand bien même une infirmière ou un patient l'aurait vu, il s'en foutait. Il se foutait de tout en ce moment, même de l'état de son peuple. Il ne sentit même pas la présence se rapprocher dans son dos malgré ses reflexes militaires durement aiguisés.

Tout ce qu'il voulait, c'était le retour de Feliciano.
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Aelius Romulus/ Rome

Séducteur de la Méditerranée



MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Jeu 23 Fév - 17:37



La paix.

Étrange concept pour lui qui avait vécu à une époque où la guerre était courante, où les combats avaient lieu si souvent. Il avançait dans les rues de la ville, sachant très bien où aller, car pour lui trouver ses descendants où qu'ils soient ne posait aucun problème.

N'avait-il déjà détecté Feliciano dans la chambre d'Allemagne et plus tard dans cette ville où il avait été emmené par Ludwig?

Heureusement que celui-ci ne fantasmait pas dans son sommeil (mais cauchemardait visiblement à propos de la résistance française) parce que le romain, tout éteint qu'il soit, avait une consistance solide et aurait pu prendre le couteau, qui trainait sur une petite table, pour émasculer le masochiste et protéger l'innocence de son descendant (ça lui rappelait que Sophia avait menacé il ne savait combien de fois Germania d'en venir à cette mesure s'il ne cessait pas ses avances. Aelius n'avait jamais su si elle avait mis ses menaces à exécutions après sa mort ou pas). Mais le germanique s'était réveillé et avait été si amusant à traumatiser qu'il avait renoncé à utiliser l'objet tranchant.

Bref dans ces rues où la population semblait si heureuse, dans cette ville qui avait été la sienne pendant si longtemps, et qui était toujours debout malgré les ravages de la guerre. Ici le Colisée, là les restes du forum. Des souvenirs revinrent à sa mémoire lorsqu'il frôla de ses doigts la pierre froide du bâtiment où avaient lieux les combats de gladiateurs et d'autres sports du même genre.

Sa ville avait tant changé. Mais ses deux fils en avaient pris grand soin. Même en gardant en état, en restaurant les bâtiments antiques. Ceux-ci avaient certes un peu soufferts de la guerre mais les dégâts seraient sans doute un jour effacés.

Rome.
Ville Éternelle.
Dans les temps anciens comme aujourd'hui, coeur de l'Italie
.

Il eut un sourire. Romano avait vraiment toujours pensé être le négligé? Il lui suffisait pourtant de voir son nom de Nation: ''Romano'' pour comprendre que c'était, ça avait toujours été, à lui que Aelius avait décider de confier sa ville quand il disparaitrait.

Feliciano était peut-être l'Italie toute entière mais le Sud et Rome étaient reliées à son frère plus qu'à lui et il ne ressentait ces personnes qu'à travers Lovino. Même si l'italien du sud n'avait pas vécu à la capitale pendant des siècle, ça avait toujours été SA ville, et ce dès la disparition de son père.

Pourquoi à Romano alors que Veneziano était le préféré? Il ne savait pas. A l'époque il avait vu qu'il avait deux héritiers pour ce qui deviendrait l'Italie. Il avait prévu que l'avantagé soit le plus jeune, le plus doué. Mais pour ne pas que son aîné se sente rejeté, il lui avait confié sa ville, la ville éternelle: Rome.

Lovino en avait-il eu conscience?

Chassant ses pensées, il continua son chemin, repensant aux sombres évènements de ses dernières années, à toutes ces victimes, à toutes les horreurs...jamais il n'avait vu une telle chose avant, et il espérait ne jamais le revoir. Il arriva, devant l'hôpital et sentit un pincement de douleur en son coeur en entendant que les chambres étaient toutes prises, qu'il y avait tant de blessés, même des non-italiens étaient encore entre ces murs.

Tout ça pour un fou, un fou qui avait bien heureusement quitté ce monde, comme le dirigeant qui avait conduit Feliciano là où il en était. L'acharnement des italiens, leur soulèvement, semblait un écho à la résistance française. Ces deux-là étaient bien frères, il n'y avait pas à en douter. Le même acharnement à pourrir la vie de ses occupants.

Il repensa à cette folie: tant de familles déchirées, autant chez les hommes que les nations. Tant de morts, autant des sol...militaires que de civils. Des évènements atroces qui risquaient de traumatiser le monde pendant longtemps. Et ses fils, comme ceux de Germania, ou les autres n'étaient pas mieux lotis.

Francis, blessé dans sa chair comme dans son âme, déchiré par ce qui s'était déroulé pendant des années en ses terres.
Pologne, souffrant des mêmes blessures et qui en avait pour des années, voir des décennies, à se remettre.
Les scandinaves, presque tous blessés mais s'en tirant bien par rapport aux autres.


Et tant d'autres, tous entrainé dans cette folie et cette douleur, pensaient aujourd'hui leurs plaies, commençaient à arrêter les responsables. De combien de temps le monde aurait besoin pour se remettre complétement? Il ne savait pas.

Aelius avait rendus visite à Francis, à Grèce et à Égypte, pays fraichement libérés. Il avait été rassuré de voir qu'ils allaient bien, qu'il étaient en bonne voie de guérison. Cependant il avait gardé les deux Italies pour la fin.

Crainte de ce qu'il risquait de découvrir? Peur de revoir Lovino, qui pourrait le blâmer pour l'avoir poussé à blesser ainsi son frère? Ou culpabilité de ne pas avoir convaincu son ''préféré'' quand il lui avait rendu visite en 1943? Peur de voir dans quel état il était réellement?

Il sentait à peine l'aura caractéristique des nations (vivantes), comme si Feliciano était à peine encore rattaché à la vie. Ca lui faisait peur car cela voulait dire bien des choses: que le peuple italien se soit tourné majoritairement vers son frère (ce qui était probablement le cas actuellement au vu des derniers évènements), auquel cas cela pouvait encore s'arranger mais sans revenir à ce que c'était avant. Lovino avait prit trop d'importante, il ne serait plus le faire valoir de son frère mais désormais son égal. L'autre solution, la pire, était que le cas précédent soit poussé à l'extrême: que Feliciano soit devenu uniquement ''la république de Salo'' et qu'il meurt en même temps qu'elle, dans ce cas il ne guérirait pas de ses blessures et finirait pas disparaitre comme tant de nations avant lui.

Après tout, deux nations pour un seul pays....c'était rare, et jusqu'ici aucun des deux n'avaient été blessé à ce point. L'équilibre avait été durement éprouvé et ne pourrait pas redevenir tout à fait comme avant, pas après cette guerre.

Il avait peur d'entrer dans cette chambre.
Peur de voir cette nation, jadis enfant plein de vie aux yeux rieurs, aussi pâle et immobile qu'un mort. ''Coma''' ce mot n'existait pas pour les romains.


Il poussa la porte et entra dans la chambre: vide, Romano n'étant plus là. Pour le moment, Aelius se préoccupa juste de Feliciano, s'approchant du lit et passant une main paternelle dans les cheveux plus clairs que les siens. Ca lui faisait mal de voir un visage pâle, si pâle...ses yeux clos qui pourraient ne jamais se rouvrir.

Se mordant la lèvre, il sentit une nouvelle fois la culpabilité venir. La dernière fois, il aurait du insister, dire plus de choses. Il aurait du le convaincre. Mais il avait échoué! Même s'il ne pouvait plus soutenir son fils avec les horreurs dont celui-ci était complices, il n'avait pas voulu qu'il finisse comme ça, sur un lit, laissant planer un sérieux doute sur son réveil.

Il ferma les yeux et prit une grande inspiration. Il ne supportait pas cette odeur qui planait dans l'hôpital, même s'il avait déjà senti pire dans sa vie. Il lui fallait sortir un peu.

Que pouvait-il faire de plus ici?
Rien, il n'avait pas le pouvoir de réveiller Feliciano.
Et voulait parler à Lovino avant de devoir repartit là où finissaient les nations disparues.


Il fit quelques pas et chercha son descendant, se servant des vieux liens unissant les latins pour ça. Romano n'était pas loin. Dans les jardins de l'hopital. Après un instant d'hésitation et de rélféxion, il s'y rendit.

Il l'entendit avant de le voir.

«Je t'en supplie... abrutit de petit frère, ne meurt pas!»

Ses mots percèrent le cœur du romain, comme un écho lointain, un souvenir de ce jour funeste où Germania avait mit fin à son existence. ''Ne meurt pas Nonno...'' Ce jour là, il n'avait pu répondre à cette demande. Il savait que Lovino, plus que les autres, craignait de perdre ses proches, que sa haine des germaniques venaient bien de la scène à laquelle il avait assisté des siècles plus tôt. Ce jour-là, il n'avait pu le rassurer.

Aujourd'hui, et ce serait peut-être la seule fois, il pourrait.
Il pourrait le rassurer...
Lui dire qu'il était désolé pour avoit été injuste envers lui de son vivant...
Lui dire qu'il était et serait toujours fier de lui...


Il chercha ses mots, comment annoncer sa présence au jeune latin, puis se décida pour faire simple. S'approchant lentement de l'italien, il s'arrêta derrière lui et posa doucement une main sur son épaule.

«Lovino...»
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Lovino Vargas / Italie S

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MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Ven 24 Fév - 14:37

Pendant un instant, l'Italie du Sud avait espéré. Espéré que cette grande main chaude soit celle de son frère, que son nom humain soit prononcée de sa voix qui s'éloignait pourtant de celle qu'il venait d'entendre. Son cœur se gonfla en l'espace d'une seconde - le temps de se retourner pour voir l'arrivant - avant de se calmer immédiatement en reconnaissant sans mal le visage de celui ci. Il aurait pourtant dû deviner que même si Feliciano s'était réveillé, il n'aurait pas été en état de se lever, encore moins de se promener. Une infirmière venant le prévenir aurait été plus plausible, mais c'était ainsi; la stupide naïveté de Lovino venait une fois de plus de lui jouer des tours.

-"Nonno?"

Il essuya ses larmes avec un mélange de déception, de honte, de confusion et autres sentiments inavouables lorsqu'on se retrouvait dans un état aussi pathétique face à la dernière personne qui devrait nous voir comme ça. Il s'était toujours refusé de pleurer devant son grand père, ne voulant pas lui donner une raison de plus de penser qu'il n'était qu'un faiblard, trop fragile pour reprendre l'empire. Alors qu'en vérité, Romano n'était qu'un pleurnichard. Il avait pleuré devant sa maman, devant Espagne et même devant son frère, et il voulait se donner des allures de gros durs avec ça? Quelle bonne blague. Pour peu, il aurait rit de son orgueil mal placé, mais le temps n'était pas à débattre là dessus.

Il se poussa machinalement pour laisser une place à Rome, tentant tant bien que mal de cacher le fait qu'il venait de pleurer.

-"Qu'est ce qu'il y a? Pourquoi tu es venu?"

C'était la question la plus logique qui traversait son esprit tendis qu'il fixait son ainé d'un œil rouge et vide. Le guerre était finie, les Alliés venaient de gagner et l'Italie faisait partie des vainqueurs malgré sa place plus qu'ambigüe durant ce conflit international. Il ne voyait pas ce que son géniteur pouvait faire désormais; ce monde meurtrit appartenait à ses descendants, il était de leur devoir de le soigner afin qu'il se remette à tourner rond. Les Nations mortes n'avaient aucun devoir en temps de paix. Le descendant romain était d'ailleurs sûr que c'était la même chose en temps de guerre vu la manière dont son ancêtre lui avait (brièvement) expliqué la chose la dernière fois qu'il l'eut vu.

C'est-à-dire deux ans.

Il se souvenait très bien de cette nuit de cauchemar impliquant un mariage entre une pomme de terre et un plat de lasagne, des tomates carrées en guise de témoins et un poussin jaune jouant le rôle du prêtre (terrible, vous dis-je!). Il fût réveillé en plein mauvais rêve par celui qu'il s'attendait le moins à voir, lui qui pensait à une énième intrusion de Veneciano pour dormir avec lui (même si ce petit enfoiré préférait maintenant aller squatter chez l'allemand, ce qui n'était pas pour améliorer son humeur). Toujours est-il qu'ils avaient longuement discuté. De la guerre. De l'Italie. De l'Axe. Des Alliés. Et d'eux. Eux, ses descendants dont il disait ne plus comprendre les actes insensés de ces dernières années.

Pour être franc, Lovino aussi ne les comprenait plus. Il se contentait de suivre, puisque son frère lui avait dit qu'il gérait tout avec Allemagne. Mais cela n'avait pas plut a son grand père qui lui avait ordonné de se donner un coup de pied aux fesses et de se réveiller une bonne fois pour toute sur sa condition soumises, aussi bien au pilier de l'Axe qu'à l'Italie du Nord. Si ça n'avait pas été Rome, Lovino l'aurait sûrement envoyé valser dans les roses, affirmant que tout allait bien et que cela le concernait. Mais là, il s'agissait de l'Empire Romain, et dieu sait qu'il ne se serait pas déplacé pour rien si ce n'est pour mettre fin à la tuerie qui divisait ses enfants.

Alors pourquoi était-il là aujourd'hui, maintenant que tout était finit. Son devoir n'avait plus lieu d'être, à moins que...

-"Tu es là pour... Veneciano?"

Le grand avait murmuré ces paroles en tremblant, le regard angoissé tendis que les pire scénarios défilaient dans sa tête. Il ne voyait que ça; Aelus était venu accomplir une dernière mission, celle de prendre Feliciano avec lui et de l'emmener là ou vont tous ceux qui ont finit leur vie sur cette terre. Refusant d'entendre la réponse, Lovino serra ses doigts le plus fort possible pour tenter de calmer l'affolement de son rythme cardiaque. Il ne le supporterait pas si jamais son grand père venait à lui répondre "oui". Impossible que son petit frère lui soit retiré alors qu'il s'était saigné à blanc pour que cela n'arrive jamais, acceptant de donner sa dignité, sa liberté, allant jusqu'à prendre le risque qu'il le déteste jusqu'à la fin de ses jours.

Si Rome venait enlever Veneciano, soit il emmenait aussi Romano avec lui, soit il le prenait à sa place.
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Aelius Romulus/ Rome

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MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Mer 21 Mar - 20:17

Lovino n'avait guère changé en deux années. Seulement plus fatigué, usé mais ses yeux brillant d'un fierté reflétant celle de son peuple. Son pays n'était pas parmi les perdants, pas divisés entre les vainqueurs et même si l'état de Feliciano terrorisait l'aîné des frères, celui-ci semblait tout de même satisfait que tout soit fini, un soulagement clairement visible dans ses yeux, les traits de son visage ou la façon de se tenir. Le regard de l'italien était d'ailleurs passé par une palette d'émotions en le voyant: surprise, joie et un mélange de peur et de désespoir. Avant d'avoir peu demander ce qui n'allait pas, son fils le lui demanda:

«Tu es là pour... Veneciano?»

Il était terrifié par cette hypothèse, terrifié par l'idée de perdre ce frère qu'il avait eu tant de mal à sauver de sa folie, dont même son père n'avait pu le tirer. Et maintenant dans cette attente insupportable, Romano ne savait pas quoi faire, il n'était pas un enfant patient. Déjà quand il était jeune il venait sauter sur le lit de sa mère ou du sien en criant qu'il avait faim au lieu de se lever et d'attendre sagement que la famille se réveille, comme ses frères. Il chassa rapidement ce souvenir, ce n'était pas le moment de s'en remémorer.

«A vrai dire, je ne sais pas...Je crois que ça va dépendre des la suite des évenements!»

La vérité tomba, comme un couperet. Il vit Lovino vaciller du coin de l'œil mais préféra ne pas prendre de gants. Rien n'était pire qu'un cruel espoir. Cependant il fallait qu'il explique la vérité à Romano, que celui-ci comprenne le problème, l'énorme soucis qui venait de renouer différemment la dynamique italienne. Il chercha ses mots, voulant être le plus simple possible et finit par se lancer.

«Quand toi et ton frère vous vous êtes réunifiés, il avait l'avantage sur toi, n'est-ce pas? C'était ''votre'' existence. Je n'irais pas jusqu'à dire que tu étais sa colonie, mais cela s'en approchait. Le fait que tu sois aussi la capitale a d'ailleurs du te conférer assez de force pour ne pas te laisser entièrement faire. Ca c'était avant cette guerre!

Il se tût quelque instants, laissant à Romano le temps de faire tourner cela dans sa tête, espérant qu'il note le fait qu'il était aussi la ville de Rome en plus d'être l'Italie du Sud et la Sicile. Mais il ne s'arrêta pas et continua, arrivant au point le plus important de l'histoire, le pourquoi tout avait été bousculé. Il fallait remettre bien les choses au clair avant de rechercher une solution.

«Pendant la guerre, il a fait de mauvais , de très mauvais choix...» Et encore c'était un euphémisme. Il crut entendre un ricanement de la part de son fils mais peut-être avait-il rêvé. «Il t'a d'abord attaqué lors de sa...comment était-ce déjà....ha oui la marche sur Rome. A cet instant quelque chose s'est cassé entre vous avec cette...trahison. Tu as représenté l'opposition, la colère du peuple. Et lui l'Italie de ce....bref je pense que tu comprends ce que je veux dire...

Il n'allait pas s'attarder là-dessus, surtout qu'il n'avait pas retenu le nom humain de cet homme (aucun intérêt pour lui, vieille nation disparue).

Il reprit, plus doucement, preuve douloureusement. Expliquant que quoi qu'ils aient pu faire, jamais cette situation n'aurait pu durer longtemps, que tout deux savait que le plus jeune n'aurait pas changé d'avis, ne se souciait pas d'envahir ses frères, de faire souffrir son peuple. Et surtout, Aelius souligna que Lovino était devenu le soulèvement, le pays qui changeait de camps alors que son frère restait ce qu'il y avait encore sous le contrôle de son dictateur.

Il fit une pose, regardant le ciel bleu, les nuages qui le parsemait ici et là, la chaleur qui était presque la même qu'à l'époque où il était vivant, peut-être un peu plus forte. Il soupira et acheva, voulant en finir. C'était douloureux à entendre pour Lovino et à dire pour lui. La vérité sur l'État de Feliciano. La raison pour laquelle il était dans cet état, plus que la défaite.

«Et c'est là que la cassure entre vous a eu lieu: tu te préoccupais de ton peuple, tu cachais les persécutés, tu rouais de coups les allemands qui voulaient s'emparer d'eux. Tu es devenu l'Italie. Tu as répondu quand ton peuple t'a appelé. Tu as accomplie de façon parfaite ton devoir de nation, et pour ça je suis vraiment fier de toi

Il eut un sourire à la fois doux et triste, posant lentement sa main sur la tête de son fils, qu'il avait (et il le regrettait tant aujourd'hui) un peu trop négligé de son vivant.
Puis il chercha comment annoncer le reste sans être brutal, sans être trop dur dans ses paroles mais il ne savait pas non plus comment ménager son fils, comment lui annoncer cette nouvelle de toute façon brutale.

«Le problème vient de ton frère

Il avait résumé le problème en 6 mots Et il vit Romano tressaillir à nouveau. C'était dur mais il fallait qu'il le dise. Qu'il lui raconte ce qui s'était passé cette nuit-là, quand il était allé voir le dernier de ses fils, pour tenter de le raisonner, de le faire changer d'avis avant qu'il ne soit trop tard «Tu sais, après que tu te sois révolté, que le peuple se soit libéré et que l'Italie ait déclaré la guerre à l'Allemagne, je suis allé le voir, pour essayer de le convaincre de te rejoindre.»

Ce souvenir fut un poids sur le coeur pour lui. L'amère déception, l'amère désillusionnée...de voir ce fils chéri, dont il était si fier, réduit à si peu, réduit à ça.

Et il raconta, raconta cette visite, le fait qu'il avait tout tenté, tout dit, pour convaincre Veneziano de cesser cette folie avant qu'il ne soit trop tard. Tout, absolument tout tenté, allant même jusqu'à lui révéler ce qui se passait en Pologne, à demi-mots. Mais Feliciano ne l'avait pas cru, avait balayé ses objections par de piètres arguments. Et ces mots terribles qu'il avait presque crié, les larmes aux yeux ''Je n'ai jamais voulu être une nation!''.... mots terribles qui résonnaient encore à ses oreilles. En plus de ce refus de rejoindre son peuple, de ce refus de quitter Ludwig. Il n'osa pas regarder Romano, pour ne pas voir comment il réagissait en apprenant ce que son frère avait dit, que son frère avait quasiment renié sa nature de pays.

«C'est cela son erreur Lovino. Il a abandonné son peuple...pour Allemagne. Ce lien que tu sens en toi, qui te relie à tes citoyens, il l'a ignoré et tous les italiens se sont....comment dire ça simplement...tourné vers toi, toi qui les protégeait, les écoutait et se battait avec eux, même s'ils ne savaient pas que tu existait en temps que représentation, ils croyaient en une Italie libre....»

Il soupira à nouveau et son regard se fit triste alors qu'il achevait son explication par quelques mots qui résumaient bien le tout, qui expliquait tout à eux-seuls. Des mots terriblement durs à dire pour lui, qui serait durs à entendre pour son fils mais qu'il fallait dire car c'était bien là la raison de ce qui arrivait aujourd'hui à Veneziano.

«C'est pour ça qu'il est dans cet état Lovino....il a (en quelque sorte) abandonné son peuple qui s'est tourné vers toi, et ce qu'il représentait après ça a disparu!»

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Lovino Vargas / Italie S

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MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Jeu 5 Avr - 14:33

La réponse réservée quant au funeste destin qui attendait son frère eut l'effet d'une douche froide pour Lovino. Même quelqu'un qui fût jadis le puissant Empire Romain, celui qui incarnait à ses yeux la sagesse et le savoir absolu, ne pouvait se prononcer. Le représentant de l'Italie du Sud ne s'en sentit que perdu d'avantage. On le laissait sans réponse et le pire était sans doute le fait qu'il en soit soulagé. Il allait pouvoir continuer à prier et espérer même s'il savait que chaque jour qui passait était un jour ou il ne se consacrerait pas à son pays. Sans Veneciano, il n'arrivera à rien de toute façon.

Puis vinrent les explications. Ce que Rome lui dit n'était pas vraiment une nouveauté car Romano se doutait bien depuis quelques temps qu'il avait put observer la relation malsaine qui les avait unis, lui et son frère. Il regrettait de s'être laissé faire pour une seule chose: s'ils avaient été traités également, l'ainé Vargas aurait put s'opposer plus efficacement à ce nouveau dirigeant, et peut être que cette horreur aurait été évitée en Italie. Mais malheureusement, comme l'avait si bien dit Aelius, Lovino n'avait été traité comme rien de plus qu'un bâtard par les grand dirigeants politiques.

A l'évocation de la capital, il ne pût empêcher un micro-sourire étirer le bout de ses lèvres alors même que ses yeux reflétaient de la nostalgie.

-"Oui... je crois que si Veneciano ne m'avais pas fait cette faveur, je n'aurais peut être pas eut la force de m'affirmer et de me joindre au peuple dans la rébellion."

Sans Rome, Romano n'avait pas de raison d'être. Lui reconnaître cette ville, c'était reconnaître son existence, lui donner l'impression qu'il était bel et bien un pays au côté des siens. Indirectement, Rome lui avait peut être sauvé la vie en lui cédant sa ville. D'ailleurs, l'italien du sud s'était toujours demandé pourquoi il avait hérité de la cité qui avait attiré tant de peuple auparavant. Rome représentait l'Empire, et tout son pouvoir; pourquoi la donner à celui qu'il n'avait visiblement pas choisit comme héritier direct? Peut être par pitié, ou pour se rattraper de toutes ces années de négligence.

Lovino s'en faisait quelques vagues idées dans son esprit tordu, mais aucune de ses hypothèses n'arrivèrent au fait que son père avait cela tout simplement parce qu'il se souciait de lui.

Enfin, vient la période ou les choses avaient commencé à véritablement mal tourner. De tous les mauvaise choix de Feliciano (et dieu sait qu'il en a fait depuis sa naissance! Il mériterait presque un oscar aux côtés d'Allemagne et France), ceux de ces dernières années furent bien les pires de tous mais Romano préféra passer sous silence la Marche sur Rome. C'était la première fois qu'il s'était opposé ouvertement contre son frère, et c'est la première fois qu'il put voir à quel point celui ci était devenu mauvais mais surtout, puissance. Il avait plié, parce qu'à l'époque, il était encore trop faible, avec l'espoir que ce ne soit qu'une simple phase de crise.

Il hocha machinalement la tête, laissant le temps à son ainé de reprendre un peu de souffle.

-"Ils se sentaient abandonnés et je suppose que quelque part, je me suis retrouvé en eux..."

Après tout, cette haine pour le gouvernement, ne fut-elle pas celle que Romano entretenait depuis des décennies au fond de lui. Des années d'humiliation, de soumission sans qu'il n'ait son mot à dire, tout comme ce peuple meurtrit condamné au mutisme par la dictature. Finalement, rejoindre la résistance au côté des humains lui avait donné aussi l'occasion de s'émanciper de son petit frère et reprendre en quelque sorte cette liberté qu'on lui avait prise sournoisement. Tôt ou tard, il aurait été obligé de s'opposer à lui de toute manière, ne pouvant vivre éternellement comme un pantin, alors autant que ce soit pour une noble cause.

La conclusion du discours de l'ex-Empire laissa son descendant sans mot pendant quelques secondes car pour le coup; il en avait vraiment perdu son latin. Il ne put s'empêcher de rougir lorsque Rome lui ébouriffa les cheveux, autant à cause du geste que de ce qu'il venait de dire. Il était fier de lui... cette simple phrase suffit à lui mettre du baume au cœur, le laissant avec moins de regret et d'amertume de s'être lancé dans cette bataille qui lui avait semblé perdue d'avance.

Oui, il avait résisté pour des milliers de raisons qui auraient dû lui faire prendre les armes contre l'Axe depuis le début.

-"Ce... ce n'était rien. Je n'allais pas laisser ces enfoirés de germaniques empiéter plus longtemps sur notre territoire, ça aurait été une honte pour notre famille!"

Déjà qu'il ne restait pas grand chose à sauver...

Le reste arriva très vite comme un coup de massue. Mais rien de ce que pût lui dire l'Empire Romain n'arriva à le surprendre, le plongeant plus dans une espèce de torpeur qu'autre chose. Aussi, il écouta le récit d'une oreille attentive, quoiqu'un peu blasé, ne reconnaissant que trop bien son petit frère à travers les mots durs et secs de l'ancien. Il lui semblait que la voix de son grand père devenait plus brisée au fur et à mesure qu'il lui rapportait le bilan cette triste nuit. Même son regard le fuyait, montrant que ces lourdes paroles de son petit fils l'avait certainement blessé.

Romano ne pouvait pourtant pas blâmer Veneciano pour ce qu'il avait dit parce qu'il savait déjà tout ça.

Il savait à quel point Feliciano avait souffert à cause de son rôle de nation, de l'immortalité et l'immoralité qu'elle lui donnait. C'était lui qui avait vu le plus de personnes qu'il aimait le quitter, et c'est d'ailleurs cette peur de reproduire cela sur Romano qui l'a poussé à devenir ainsi. Sans doute l'Empire ne pouvait comprendre car il est mort le premier avant tout le monde mais l'ainé Vargas ne connaissait que trop bien cette répugnance qu'il avait sur ce destin qui n'était que de se battre pour espérer finalement qu'un jour, cela cesse enfin et qu'on trouve le repos eternel.

Au fil du temps, les nations n'espéraient que mourir en se battant l'une contre l'autre.

-"Veneciano en a juste eut assez de suivre les autres comme un faiblard mais... mais l'Italie, c'est lui, pas moi. Moi je ne suis qu'une partie de l'Italie, le représentant du bas peuple et c'est pour ça qu'ils se sont tournés vers moi; la plupart des citoyens sont aussi misérables que moi."

Romano savait bien qu'il jouait les hypocrites en se dévalorisant de la sorte, mais la vérité ne pouvait être autre. Les résistants se sont reconnus en lui parce qu'il a passé toute sa période "libre" auprès d'eux, comme un sauvage, au lieu de rester à sa place en haut de l'échelle. L'italien du sud est tout, sauf le plus apte à être le représentant de ce peuple. Il n'est rien de plus qu'un camarade de guerre, doué pour les armes et les poings mais incapable de prendre une seule bonne décision politique.

-"Ils courent droit à la catastrophe s'ils comptent sur moi. Je suis désolé de te dire ça mais je ne suis pas fait pour être un pays. Même si je l'ai souhaité de tout mon être, un temps. Je suis trop impulsif et violent, j'ai une mauvaise langue et... Nonno, j'ai été auprès d'eux parce que Veneciano n'était plus avec nous! Je ne veux pas être l'Italie!"

Quelle ironie du sort: être Italie l'avait tant torturé dans son enfance par peur de disparaître, et voila qu'on le reconnaissait comme nation alors que son frère mourrait! La même chose était arrivée avec son grand père, ses craintes ne disparaissant qu'en même temps que celui ci...

Et puis, il y avait une autre raison pour laquelle il ne fallait surtout pas que ce soit l'Italie du Sud qui prenne le pouvoir. Une raison bien moins honorable que celle de libérer le pays de l'emprise des ennemis. Romano baissa les yeux, ne sachant pas à son tour comment il allait pouvoir avouer cela à son grand père. Il en avait honte mais il fallait qu'il le sache:

-"Nonno, chez moi, il y a une organisation secrète qui risque de nuire aux habitants si jamais on les laisse faire. Je suis trop ancré dans leur système pour pouvoir faire quelque chose et c'est aussi pour eux que je suis rentré dans la résistance; la politique de Veneciano ne leur convenait pas du tout."

Si jamais les gens ne faisaient plus confiance à leur gouvernement, il n'y avait aucun doute qu'une bande de mafieux se disant porte parole du peuple car originaire de celui ci en profiterait pour faire du pays un endroit corrompu et isolé du reste du monde. Romano ne voulait pas cela. La mafia avait déjà beaucoup de pouvoir sur les décisions politiques au sein de l'Italie, ils n'avaient pas besoin de ça en plus! Mais si lui, la deuxième Italie qui représentait tout les aspects sombres du pays, devenait leur représentant, comment allait-il s'y opposer? Le Parain était comme un deuxième Roi pour lui...

-"Ils ne doivent pas y arriver sinon tous mes efforts ne serviront à rien! Je veux que Veneciano se réveille et qu'on reconstruise le pays ensemble! Qu'on montre qu'on est nous aussi capable de nous débrouiller tout seuls! Je veux qu'il revienne dans la famille! Je suis même prêt à m'allier avec ces enfoirés d'à côté pour cela!"

Ses voisins; France, Espagne, Autriche, Allemagne, Angleterre. Tous ces pays qu'il avait jadis méprisé et haïs, aujourd'hui il les accepterait comme ils étaient si c'était ce qu'il fallait pour sauver son frère. Romano ne se serait sans doute pas reconnu avant la guerre mais bien des choses étaient capables de changer après une horreur pareil.
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MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Lun 28 Mai - 14:57

Lovino avait toujours été très différent de son frère.

Quand ils étaient enfants, alors que Feliciano était timide et silencieux, Lovino était déjà une boule d'énergie sur pattes. Quand des batailles de nourritures éclataient dans la fratrie, Veneziano mangeait sans se mêler de la dispute (du jeu?) ou éclatait en sanglots dans une poignée de bouillie de blé l'atteignait. Romano lui en jetait des deux mains, riant ou s'énervant quand il était touché. Quand les aînés faisaient une bêtise, Lovino les suivait, Feliciano continuait à dessiner dans son coin dans se mêler de rien. Alors que son frère montrait des signes d'autonomie, montrait un début de fierté enfantine, détallant sur ses petites jambes à la moindre occasion, l'autre se montrait doux et presque fragile, un artiste plus qu'une graine de combattant.

Rome avait favorisé le plus jeune, peut-être parce que justement c'était le plus jeune, le plus fragile, le plus doux. A l'époque il l'était en tout cas.

Pourquoi lui? Parce qu'il avait peur qu'il disparaisse s'il le laissait pousser à sa guise?
Parce que Romano semblait déjà fort à l'époque, bien ancré dans la monde par la possession de la ville que son père partageait avec lui?


L'aîné avait grandit en étant essentiellement dominé, par beaucoup de pays différents. Mais jamais il n'avait baissé les yeux, se moquant ouvertement de ses conquérants, n'hésitant même pas à se moquer d'eux devant leurs souverains, comme il avait fait avec Espagne, le frappant et le mordant même, lui désobéissant.

Pourtant Romano avait déjà vu à quel point sa famille se préoccupait de lui?
Espagne.
Qui sait ce que serait devenu son fils sans son frère aîné?


Romano était presque comparable à un loup. Fier, ne cherchant pas la bagarre si on ne l'attaquait pas, mais s'il était acculé ou si on s'en prenait à une personne chère, il devenait un fauve sans pitié.
Feliciano avait connu des périodes d'indépendance, surtout à l'époque de Venise où il avait été fort et riche. Puis il était passé sous domination où il avait obéit à Roderich sans trop poser de problèmes, au niveau de son caractère et de son attitude chez l'autrichien. Si France n'avait pas accepté de le soutenir, aurait-il osé jeter son Indépendance à la figure de l'autrichien?

Lovino voyait les choses à long terme, pouvait sans problème se montrer calculateur. Malgré un caractère ombrageux, il était le plus raisonnable et le plus prudent, même s'il se montrait aussi parfois violent et impulsif. Feliciano était trop enthousiaste, ambitieux voyait les choses à court terme, se laissait emporter par ses émotions et ses désirs mais était un artiste, il s'y connaissait bien en politique, en culture. Chacun corrigeait les défaults de l'autre. Ils se complétaient parfaitement, auraient pu faire une équipe parfaite....si ils avaient été au même niveau depuis le début, depuis l'Indépendance et la Réunification, si le second avait écouté l'aîné, si si....

Peut-être...mais on ne change rien avec des si.

Lovino se dévalorisait à présent, soulignant la pauvreté de sa partie de l'Italie, se décrivant comme indigne d'être le pays tout seul, indigne d'être à la place de son frère. Rome le comprenait, et laissa passer cette dévalorisation, voulant d'abord savoir pourquoi, les justifications, les raisons.

Quelque part, il attendait ces mots. Non. Romano n'avait pas profité de la situation. Il n'avait pas prévu de prendre la place de son frère. Il voulait juste le sauver. Et accessoirement tabasser Allemagne...oui aussi. Lovino était le sud, la Sicile, Rome. Ca lui suffisait. Le pays tout entier, c'était Feliciano. Et maintenant que la situation était inversée, qu'allait-il se passer? Même si Romano s'effaçait, la force acquise ne disparaitrait pas. Il ne serait plus jamais inférieure à son frère maintenant. Il serait sur le même plan, même si ce serait à nouveau son cadet qui représenterait le pays.

«Peut-être va-t-il falloir vite restaurer le pouvoir, car s'il représentait le régime en place durant la guerre, celui-ci a disparu donc il faut vite raccrocher ton frère à ce qu'il y a la place, peut-être faudrait-il quelque chose de nouveau. Un régime...non une situation où le peuple décidera. Oui je te le dis, une République ne serait peut-être pas mal. Un nouveau mode de gouvernance pourrait être bénéfique à ton frère, qu'en penses-tu?»

En ce qui le concernait il avait tout expérimenté: la royauté, la république puis l'empire. A vrai dire il avait relativement aimé la République mais aussi la plupart de ses empereurs. Après tout peut-être la république était le régime correspondant le plus à l'Italie, comme il correspondait déjà à beaucoup de pays.

Mais cela n'arriverait que si Feliciano réveillait.
Pouvait-il se réveiller?
Oui surement, encore fallait-il cerner toutes les raisons à son état


Lovino semblait inquiet maintenant et parfait d'une organisation présente chez lui et représentant un danger pour la nation. Une organisation secrète? Il n'en vit pas vu grand chose depuis le lieu des nations disparues.

Quelle était cette chose pour que un pays (enfin une moitié de pays) puisse ne pas leur résister? Avait-elle vraiment plus d'importance que celui qui dirigeait le dit-pays? Une organisation qui était dangereuse pour le peuple en plus?

Si telle était le cas, c'était en effet inquiétant.
Les paroles de Lovino le ramèrent à la réalité. Son fils lui exposa ses craintes de les voir à la tête du pays, et répéta une nouvelle fois qu'il voulait que Feliciano se réveille, qu'ils dirigent le pays ensemble.

Diriger ensemble le pays.
Comme les deux frères qu'ils avaient toujours été.
Ensemble, en duo, en partenariat, chacun s'occupant d'objectifs particuliers.
C'était ce qu'ils leur iraient de mieux.


Il ne put réprimer un sourire en entendant son descendant qui parlaient des autres pays comme une ''bande d'enfoirés''.

«En effet, ensemble et au même niveau, vous ferez de ce pays quelque chose de magnifique, un pays fort qui aura sa place dans le continent, dans le monde. Tu saura tempérer ton frère et exposer tes idées, vous prendrez vos décisions ensemble. C'est en effet ce qu'il vous convient le mieux! Le travail en équipe.» Il réfléchit quelque instant et continua, espérant que les causes qu'il énumérait était les vraies raisons du "coma" de son dernier fils: «Il faut que le pays se relève pour que son représentant se réveille. Y a-t-il eu beaucoup de dégâts au Nord? Et de même si votre économie est trop faible, il ne va pas se réveiller. Sans compter....tous les membres de son peuple qu'il a envoyé à la morts, je parle ici des non-soldats, il subit le contre-coup de sa trahison envers ceux qu'il aurait du protéger. C'est lui qui souffre de la perte.»

Évidement, Lovino lui les avait protégé, et même s'il avait du souvent avoir mal au cœur en sentant des italiens mourir loin de chez eux, ce ne devait pas être aussi fort que pour son frère.

«Pour demander de l'aide aux autres pays, tourne toi plutôt vers le jeune...comment s'appelle-t-il déjà ha oui Alfred, parce que ton frère Francis a déjà du mal à se redresser tout seul et aura sans doute lui-même besoin d'aide économique. Tout l'Europe est ruinée (et en ruines aussi) d'ailleurs. Donc si tu dois demander de l'aide, tu peux te tourner vers cet Alfred, ou éventuellement vers tes frères hispaniques, malgré leur neutralité douteuse (si tu me laisse passer l'expression), ne s'étant pas trop mêlé du conflit, ils ne doivent pas être aussi ruinés que les autres. De toute façon, tu fais parti des vainqueurs non? Si tu demandes de l'aide économique, tu en auras surement.»
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MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Mar 19 Juin - 14:24

Depuis la mort de l'Empire, l'Italie a toujours paru comme une nation fragile et faible aux yeux de l'Europe car il fallut des siècles avant que les deux frères ne trouvent la force nécessaire pour se libérer de leurs chaînes. Pourtant, tout le monde s'était donné le mot pour dire que l'Italie du Nord était encore moins fort que l'Italie du Sud. Et ils avaient raison, car Veneciano s'était toujours montré le plus docile de tous. Sûrement aurait-il continué à n'être qu'un jeune homme au charme naïf si cet événement tragique n'avait chamboulé toute sa personnalité.

Romano était intimement persuadé que si son petit frère n'avait pas été amoureux, et si ce garçon ne lui avait pas brisé le coeur, il n'aurait pas développé ce besoin de domination et de contrôle.

Qui aurait imaginé que c'est cet enfant qui s'écrase au moindre reproche qui prendrait le dessus sur son grand frère, le même qui avait une fierté aussi mal placée que sa misandrie. La réponse résidait sans doute dans cette différence: ils étaient deux opposés, un Ying et un Yang qui n'avaient su trouver l'harmonie nécessaire pour former un cercle parfait. Trop de blanc ou trop de noir, ça ne pouvait pas marcher. Mais cette fois, Romano ne refera pas la même erreur. Si jamais on accordait une deuxième chance à Feliciano, sa première tache serait de lui faire comprendre qu'ils étaient l'Italie, et non l'Italie du Nord et l'Italie du Sud.

Juste l'Italie...

-"Une république..."

Ce mot n'avait rien de nouveau aux oreilles du jeune romain car cette situation a déjà décrit l'Italie, en particulier celle du nord, pendant bien longtemps. Son petit frère a déjà expérimenté ce type de régime, qui marcha d'ailleurs plutôt bien pour l'époque, hérité directement de son géniteur.Malheureusement, on a beau être le plus libéral, quand on ne vous écoute pas le moins du monde sur des questions politiques ou militaires, ça ne sert à rien. France et Espagne le traitant comme un bébé doublé de cet enfoiré de turc venu les lui briser, il n'en fallait pas plus pour qu'Autriche mettait un terme rapide à la République de Venise sous reserve d'apporter son "aide" et la transformer en simple province.

Mais aujourd'hui, c'était différent. Aujourd'hui, il n'était plus question d'étendre son territoire ou d'asservir d'autres nations mais de reconstruire l'Europe et préserver la paix. Honnêtement, Lovino ne voyait pas quel autre régime que celui-ci pourrait les sauver d'une emprise rigide sur leur politique, bien que son esprit un peu étroit ait un peu du mal avec ces idées dites "modernes". Laisser le peuple dire ce qu'il veut dire sans en venir à bruler des maisons ou couper des têtes ne lui semblait pas vraiment une mauvaise idée.

Encore fallait-il que le peuple sache ce qu'il faisait et voulait sans se laisser influencer par les belles paroles de nombreux démagogues présents en politique.

-"Je ne pourrais te dire... Mamma m'en parlait très souvent et je pense que ça pourrait fonctionner... mais en même temps, je suis encore attaché à mon monarque même si je sais que ça ne pourra pas durer bien longtemps. Pourtant, si c'est la seule solution, j'espère que moi comme Veneciano serait prêts à l'abandonner."

Faire une croix une bonne fois pour toute sure toutes ces idées obsolètes qui l'avaient régi pendant un temps était comme s'arracher une partie du coeur, mais sans doute serait-ce moins douloureux s'il le faisait en compagnie de son frère. Veneciano avait toujours très bien supporté la modernisation et le changement, une des raisons pour laquelle il s'était beaucoup mieux développé économiquement que lui. Préférer l'industrie plutôt que l'agriculture, le dialogue hypocrite plutôt que l'engueulade directe et travailler l'apparence extérieure plutôt que laisser aux autres voir le meilleur et le pire.

Tout ce qui faisait la différence entre le nord et le sud.

-"C'est ce que je voulais depuis le début, Nonno. Qu'on soit une équipe. Si former une république peut me permettre de mieux protéger Veneciano, alors je n'hésiterais pas une seconde."

Il s'arrêta, laissant à Rome lui poser ses questions et ses hypothèses sur l'état de son frère, avec l'étrange sentiment qu'il oubliait un détail. Apparemment, son paternel n'avait pas assisté à toute la guerre du début jusqu'à la fin parce qu'il n'y avait pas uniquement que la "trahison" de Feliciano qui rentrait en compte dans son état entre la vie et la mort, quand bien même le peuple l'avait abandonné. C'est aussi parce qu'il avait reçu un violent coup de poignard dans le dos de la part de celui pour qui il avait tout sacrifié. Et pourquoi? Juste parce que Romano avait finit par rallier à sa cause le peuple, ou qu'il se trouve et que ce salopard n'avait pas sût faire la différence.

-"Il l'a trahit! Allemagne!" Le nom de la nation sonna comme la pire des insanités dans sa bouche. "Il n'a pas hésité à l'attaquer alors même qu'il était son allié, son ami le plus proche! Il a retourné sa veste contre son propre coéquipier et il a massacré des villages entiers sous prétexte que la résistance gagnait aussi le nord!"

Lovino serra ses poings sous le coup de la de rage alors qu'il se rappelait les expressions que prenait Feliciano à chaque fois que le Germanique était mentionné. De la joie la plus totale d'avoir comblé un vide à une volonté de fer de pas laisser celui-là s'échapper, Romano avait su à l'instant même dans quoi son cadet s'engageait. Et faute de pouvoir s'y opposer, avait prié pour que cela ne tourne pas à la tragédie comme sa précédente histoire. Cela avait été cent fois pire.

-"Alfred? Tu veux parler de ce sale gosse arrogant?"

Ce n'est pas comme si Romano portait les États-Unis et l'Angleterre dans son coeur. Le premier s'était pris pour miss univers quand il était venue l'envahir et le deuxième l'avait traité comme s'il allait lui sauter à la gorge au moindre mouvement de travers. Et puis, la manière dont ils avaient vite infiltré son territoire pour vite déguerpir en voyant qu'Allemagne reprenait le contrôle de la situation lui était un peu passé en travers de la gorge. Il avait quand même dû attendre pratiquement la fin de la guerre pour que son frère lui soit rendu!

Enfin, du moment qu'il ne devait pas se marier avec (par contre, il plaignait ses hommes déjà réfugiés en Amérique).

-"Je ne m'inquiète pas vraiment de l'aide financière Nonno... mais de l'ardoise qu'ils vont me laisser après, parce que je ne suis pas sûr qu'ils me prêtent de l'argent gratuitement. France n'a qu'à se démerder, je trouve qu'ils l'ont plutôt bien aidé par rapport à nous! Et puis pour ce qui est d'Espagne ou de Portugal, ils n'entendront plus parler de moi pendant un bon moment!"

Tout comme Rome, son petit-fils digérait assez mal le fait que, malgré son soi-disant non-alignement, Antonio ait quand même apporté son aide plus ou moins directement aux nazis en leur envoyant soldats et/ou armes et en raffilant déjà des Juifs "au cas où l'Axe gagnerait, ça nous facilitera la tâche en cas de coopération". Franchement, Romano a souvent été en colère contre son ex-tuteur, mais c'est bien la première fois qu'il n'était pas près de lui pardonner de sitôt! C'est sûr qu'un franquiste s'entendait mieux avec un fasciste plutôt qu'avec un résistant: ça le dégoûtait!

Lovino donnait toujours l'impression d'être fâché avec le monde entier, mais cette fois, c'était justifié.

-"Mais tu sais... je crois que si on continue à tous faire nos politiques de notre côté, une nouvelle guerre finira toujours par éclater.. Je veux dire, c'est très bien de reconstruire et tout, mais ça sert à quoi si dans dix ans, on recommence à se taper dessus. Après tout, la conclusion de la Première Guerre n'a pas empêché la seconde d'arriver."

Romano ne voulait même pas imaginer ce qui arriverait si jamais une "Troisième Guerre Mondiale" éclaterait. On disait toujours qu'il y avait pire, mais imaginer pire de ce dont ils sortaient, il ne pouvait pas. Ce serait la fin du monde, pure et simple!
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Aelius Romulus/ Rome

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MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Dim 2 Sep - 9:53

«Je sais....» Il laissa passer un temps, comme pour réfléchir «La crainte d'une nouvelle guerre sera toujours présente si les pays ne font rien contre

Déjà après la précédente guerre, les ''plus jamais ça'' avaient éclaté partout en Europe et dans le monde, personne ne voulait plus jamais entendre parler d'un conflit de cette envergure, jamais plus. Bien entendu, il y avait eu des avertissements mais rien n'aurait pu prévoir quelque chose d'aussi fou.

Personne n'aurait imaginé une telle horreur, une telle folie meurtrière.
Comment empêcher une nouvelle tragédie, une nouvelle guerre?


«Il faudrait peut-être déjà réconcilié deux des belligérants mais même pour ça, il faudra quand même attendre un peu. Je pense que tu sais de qui je parle. Même si je comprend ton frère, il va devoir pardonner un jour, on voit bien où son refus de le faire l'a mené après la précédente guerre.»

Oui parce que Francis n'allait pas pardonner d'aussi tôt à Ludwig, comme beaucoup d'autres.

Il faudrait attendre un peu, quelques années, que la colère et la douleur retombent un peu, que la rancune recule un peu.
Que son peuple soit prêt à tendre la main et celui de Ludwig à la prendre. Et il n'y avait pas que France qui devait tendre la main...Lovino aussi devrait le faire, car lui aussi devrait pardonner un jour ou l'autre.

«Parles en avec d'autres pays d'Europe. Avec Francis, et ses demi-frères et sa demie-soeur du nord par exemple et avec Feliciano quand il se réveillera. C'est une décision, une idée pour laquelle il faut réfléchir posèment en équipe. Pas chacun dans son coin. Ce sera peut-être plus efficace que juste quelque chose imposé par les vainqueurs non?»

Comment construire cela ensemble, comment faire la paix quand on s'était si sauvagement déchiré quelques années plus tôt?
Cela semblait fou, aberrant mais également raisonnable si on ne pensait qu'à l'avenir.


«Mais il y a une chose par laquelle il faudra que tous les pays d'Europe passent, un jour ou l'autre, certains plus tôt que d'autres si on veut réellement empêcher une nouvelle catastrophe. Même si Ludwig ne sera pas de si tôt capable de se rebeller ou de créer le chaos à nouveau...il faudra passer par là, même si c'est dur, même si cela paraît impossibe, par...» Il prit une inspiration, car même pour lui c'était dur de le dire «...le pardon

Du coin de l'œil, il vit son fils se crisper et serrer les dents et les poings à cette suggestion. C'était compréhensible. Toutefois Lovino ne le stoppa pas, le laissant finir sa suggestion. Même s'il n'était pas d'accord, il écouterait quand même son avis et en tiendrait compte.

Oui, c'était vraiment dommage que Feliciano n'ait jamais écouté son frère. Celui-ci était bien plus raisonnable qu'il ne le laissait voir aux gens.

«...Ce sera dur bien entendu. Je ne dis évidement pas qu'il faut oublier. Non il ne faudra jamais oublier ça. Jamais. Mais pour avancer, pour empêcher cette tragédie de recommencer, il faudra réfléchir à une solution ensemble. Si Allemagne est exclus, il pourrait en concevoir un jour ou l'autre de la rancune, même s'il n'est pas près d'être libéré des troupes d'occupations, un jour ou l'autre il le sera. N'est-ce pas à cause du traité de la fin de la précédente guerre que les rancunes se sont encore plus accumulées, parce que certains pays n'avaient pas tenté le dialogue et ont conservé leur rancoeur?»

Oui France et Belgique n'avaient pas pardonné, ayant beaucoup souffert de la première guerre de ce siècle, ravagés par les combats. Ils avaient refusé de supprimer la dette que leur devait Allemagne. Et on voyait le résultat. Ce n'était pas juste de leur faute mais tout le monde avait une part de responsabilié quand même.

« Je sais que tu aura du mal à pardonner, Francis encore plus, tous les pays qui ont été envahis auront du mal à pardonner. Surtout ce pauvre Feliks, il est évidement que lui ne le pourra jamais. Mais une autre chose est sûre. La rancune ne conduit à rien de bon. Vous ne pourrez rien empêcher, rien faire pour l'avenir si la colère couve sous les sourires hypocrites. Ca vaut pour tous les pays.Donc il faudra attendre quelques années...que le traumatisme passe ne serait-ce qu'un peu.

Il faudrait bien le faire, son fils en était surement conscient, même s'il détestait cette idée. Il faudrait le faire, pour le futur. Pour les générations à venir.

Pour protéger son peuple, une nation pouvait se résoudre à surmonter ses propres sentiments, à les ignorer.

Un silence passa et Rome termina «Au fait....tu sais ce qu'ils ont décidé? J'ai écouté la réunion depuis le lieu des nations disparues et j'ai entendu que Gilbert devra aller vivre avec Russie. Les vainqueurs ont choisis de le séparer de son frère dès que tout sera fini. Entre ça et ce qu'ils ont décidé pour le pays, je pense pas que Allemagne ne va recommencer, pas avec ce qu'il va subir cette fois...Ce n'est pas comme s'il en aura la possibilité en plus, pas avant très longtemps

Être séparé de son aîné, sans possibilité de le revoir, ou d'avoir de nouvelles, c'était bien la pire punition possible pour Ludwig, et ça Rome se doutait que Lovino le savait très bien.
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MessageSujet: Re: [PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]   Lun 21 Jan - 18:28

Romano n'arrivait pas à s'imaginer comment il réagirait si jamais une nouvelle guerre éclatait. Sans doute comme tout le monde: pris de folie et de désespoir, il protégera ce qu'il a de plus cher à ses yeux. Son petit frère. Peu lui importaient les autres, peu lui importait si son attitude sera le pire qui soit, mais il fera tout pour protéger Veneciano. Quitte à recevoir une balle dans la tête de la part de l'Allemand, un coup de baïonnette de l'Américain ou même l'épée du français. De son corps entier, il sera prêt à endurer mille et une souffrances pour que son petit frère n'ait plus jamais mal, que ce soit physiquement ou mentalement.

La douleur n'était rien pour lui, pas plus que les humiliations des ennemis ou des trahisons de ses alliés.

Lovino n'avait pas peur de la guerre, il l'avait côtoyée, il la connaissait par coeur.

Malheureusement, tout le monde en Europe, à part quelques exceptions, avait cette même mentalité. La guerre était un moindre mal à l'orgueil blessé des nations; elle fut un remède à ceux de l'Allemand et du français dans les deux premières guerres mondiales. Pourtant, l'italien avait l'étrange pressentiment que si par le plus grand des malheurs, une Troisième guerre éclaterait, ce ne serait pas entre les deux blonds européens, ni même en Europe. Quelque chose de bien plus terrible qu'une simple histoire de territoire. Quelque chose dont l'enjeu ne sera pas seulement un petit bout de terre mais la Terre elle-même.
Mais pour le moment, en effet, l'urgent était de souder les Européens si jamais quelque chose d'encore plus grand se préparait.

-"Mon fr... Ah, France! Oui je... je ne pensais pas vraiment lui parler en ce moment, tu sais. Je veux bien participer à une nouvelle paix mais ce conflit, ce n'était pas de notre faute à la base! Veneciano et moi voulions rester neutre à la première guerre! Je suis désolé Nono mais... je ne me sens pas d'aller les voir, pas tout de suite en tout cas. Même Belgique... la pauvre..."

Cette jeune fille si pétillante, si joyeuse, quand il avait su qu'elle avait pris dix fois plus que le français, que celui-ci s'en était servi comme bouclier contre l'Allemand et que ce dernier n'avait pas hésité à la... à la... Il du se prendre la gorge pour s'empêcher de hurler et pleurer une nouvelle fois. Belgique fut son premier coup de coeur et encore aujourd'hui, il avait une affection démesurée pour elle. Alors savoir la manière dont cet homme, qu'il avait appris à détester au fur et à mesure du temps, l'avait traitée le rendait malade. D'ailleurs, maintenant que Romano y repensait, Allemagne avait pourri toutes les personnes de son entourage qu'il aimait.

Il avait corrompu Veneciano et entraîné dans une guerre sanglante, il avait meurtri Belgique, il avait fait chanter Espagne et obligé à se soumettre et enfin, il l'avait même obligé à attaquer ses propres frères.

Et malgré ça, qu'est-ce que lui suggérait son grand-père?

-"Le... pardonner?"

Est-ce que Romulus était en train de se moquer de lui? Allemagne avait bourré le crâne de son frère d'idées horribles, il l'avait engagé dans cette tuerie et il l'avait retourné pour mieux lui enfoncer son poignard dans le dos! À cause de cet homme, son frère était prisonnier entre vie et mort! Il avait brûlé plus de la moitié de l'Europe, il en avait tué des milliers, il avait fait se détruire des frères et soeurs, il s'en était même pris à sa propre famille et désormais, son peuple aura honte de lui pendant très longtemps! Et l'Empire Romain voulait qu'il lui pardonne?

-"Nonno... pardonner... je ne pourrais jamais... je lui en voulais déjà bien avant tout ça... pendant des siècles... et là, il a juste franchi la ligne de non-retour! Il a fait souffrir Veneciano, pas seulement pendant cette guerre, mais durant des siècles avant cela! Tu crois peut-être que je ne suis pas au courant de qui il est vraiment? Il mériterait de mourir! C'est lui qui devrait être à place de Veneciano en ce moment!"

Ainsi, Romano cracha toute sa haine, tout ce qu'il ressentait à l'égard de cet homme qui avait continué le travail de son père en blessant la seule famille qui lui restait. Jamais de la vie il ne pourra accepter Allemagne. Il avait fait beaucoup trop de mal pour revenir en arrière. Désormais, il lui faudra vivre avec le poids de cette rancune. Un jour, peut-être, ce poids se fera aussi léger qu'une plume mais cela ne changera rien à son existence. Elle sera juste... effacée, mais pas oubliée. En attendant, l'Italie du Sud était toujours consumé par le feu de la vengeance.

Un feu que son aïeul avait attisait sans s'en rendre compte en le tenant au courant du châtiment de Ludwig.

Et Dieu, Rome ne savait pas à quel point il venait de faire plaisir à son fils en lui apprenant que le Germanique allait subir ce que lui venait de subir pendant cette guerre. Oui, un plaisir malsain l'envahissait tandis qu'l imaginait très bien la douleur que devait ressentir la nation allemande tandis qu'ne partie de lui-même lui était arrachée en la personne de son grand frère. Chez Russie qui plus est. Romano ne savait que trop bien la souffrance, la torture de se sentir dépossédé de l'être qui nous faisait sentir complet. De savoir cette personne entre les mains cruelles d'un individu qui ne lui voulait que du mal, et d'être impuissant face à cette punition.

Sa joie était telle qu'il en oublierait presque la situation dramatique dans laquelle il était et que sa réaction était sans doute la plus ignoble que de se réjouir du malheur d'autrui.

-"Je... vois." Dit-il sans réussir à dissimuler un sourire satisfait. "Eh bien je suppose que c'est comme ça et qu'ils ont pris leur décision..."

Une voix au fond de lui disait à Lovino qu'il se comportait mal et que, entre autres, Gilbert qui n'avait rien fait, en payait lui aussi les pots cassés. Eh bien, l'italien n'avait jamais apprécié cette nation beaucoup trop orgueilleuse qui aurait sans doute mis main basse sur son frère si lui et (Dieu que ça faisait mal) France n'avaient pas été là. Et puis un germanique restait un germanique après tout.

Non, même après avoir été témoin des horreurs que pouvait engendrer ce genre de mentalité, Romano restait prisonnier de ses idées dépassées.
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[PV Rome] Reconstruire après l’enfer [Période après-guerre]

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