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 1738: In nomine patris (PV France)

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Matteo Angelini / Corse

"N'a rien à voir ni à faire avec l'autre pinzuto!"


Bélier
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Citation : La Corse est un petit continent. L'Europe n'est qu'une grande île. Jacques Dutronc.

MessageSujet: 1738: In nomine patris (PV France)   Jeu 12 Juil - 17:47

Fin novembre 1738.
Dans une petite église de Borgo.
17h43.


Matteo fît tourner les perles du chapelet entre ses doigts d'un air rêveur. Le blanc nacré de la croix gravée d'un Christ agonisant ressortait de façon lumineuse sur sa peau bronzée. Il le souleva à bout de bras au dessus de lui, afin d'admirer sa transparence dans les rayons des vitraux.
Il était simplement assis sur un des bancs de bois, à moitié allongé mais peu importait la décence puisque de toutes manières il était seul.
Il était seul et il attendait.
Il reporta son regard sur l'autel, où, parmi une multitude de cierges, s'épanouissait une Vierge Marie particulièrement jolie, d'après lui, qui tenait dans ses bras le petit Jésus, comme d'habitude.
Elle n'était pas originale, ni particulièrement bien faite, mais il en était fier. Comme tout ce qu'il pouvait y avoir dans son pays.
Il sourit. Bizarrement, aussi paradoxal que cela puisse paraître, il était heureux.
Neuf ans plus tôt, il avait commencé une de ses premières guerres d'indépendance. Contre Gênes. Oh, il n'avait rien contre l'Italien, au contraire, il l'aimait bien. Mais il voulait sa liberté, plus que tout au monde. Il n'avait été qu'une région pendant beaucoup trop de temps.
Et puis, ce n'était pas la seule cause. Les pressions fiscales étaient beaucoup trop importantes, pour un peuple qui mourait de faim, les abus des précepteurs Génois, l'insécurité exacerbée par la disette, tout était propice à une guerre d'indépendance.
Il serra la main. Pressa le chapelet contre ses lèvres en regardant la voûte de pierre au dessus de lui.
Il ferma les yeux et son sourire s'épanouit.

En 1735.
Il avait été définitivement séparé de Gênes.
C'était fini.
Enfin, pas encore, il lui restait beaucoup à faire et à rembourser, mais...
Il était libre.
Presque.
C'était déjà beaucoup.
Il s'en voulait un peu, il avait renié Veneziano, en quelque sorte, il l'aimait encore beaucoup, mais il aimait encore plus la perspective d'avoir son propre roi et de ne devoir rien à personne.

L'an dernier, Francis, par sa fameuse "Convention de Versaille" avait promis qu'il garderait un oeil sur lui et qu'il interviendrait si Gênes en faisait la demande.
Il ricana.
Tu parles.
La première fois qu'il l'avait vu, il avait été bien amusé par son accent. Un accent pointu, qui lui rappelait les pies jaseuses dans les forêts de pins. Et puis son allure. Tout sauf méditerranéenne. Tss.
Un pinzuto, en somme.
Il était devenu chauvin, ces temps-ci.

Francis était allié à Gênes. C'était donc son ennemi.
Il n'allait pas redevenir une simple île, une banale région où le patron installe sa Villa d'été pour frimer avec sa famille sur les plages en ne foutant rien pour aider la population. Il l'avait déjà trop vécu, trop de fois.
Il se leva, se traîna d'un pas fatigué vers l'autel, où il s'agenouilla, le chapelet entre les doigts. Encore et toujours dans des vêtements trop grands pour lui, les yeux cernés et les cheveux ébouriffés. Faire la guerre, c'était éreintant, surtout avec une carrure d'enfant.
Il ferma les yeux.
Ouvrit la bouche et commença à prier.

Pater Nostru chì stai in i Celi
Notre père qui êtes aux cieux


Il attendait.

Ch'ellu sia santificatu u To nome
Que Ton nom soit sanctifié


Il attendait qu'il arrive.

Ch'ellu venghi u To regnu
Que Ton règne vienne


Il allait forcément venir.

Ch'ella sia fatta a To Vuluntà
Que Ta volonté soit faite


Il l'avait promis.

In Celu cum'è in terra[/b]
Sur la Terre comme au Ciel


Ils avaient de nombreuses choses à se dire.

[b]U pane chì ci abbisogna, dà ci lu oghje
Donne nous aujourd'hui notre pain de ce jour


Il avait l'oeil sur lui depuis un moment maintenant.

E togli ci i nostri debbiti
Pardonne nous nos offenses


Il avait besoin d'une nouvelle région, peut-être?

Cum'è no l'avemu tolti à quelli chì ci devianu
Comme nous pardonnons à nous offenseurs


Oh non, mon ami, pas cette fois...

È ùn ci purtà micca ver di a tentazione
Ne nous soumet pas à la tentation


Il voulait devenir plus fort, encore plus fort...

Ma franca ci da u male.
Mais délivre-nous du mal
.

Il ne voulait plus appartenir à quiconque.
Alors viens, France, viens.
Je t'attends.

Amen.
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