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 La voiture, l'enfant chéri des allemands // De nos jours

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Ludovica/Wurtemberg

Keine Rose ohne Dornen


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MessageSujet: La voiture, l'enfant chéri des allemands // De nos jours   Dim 16 Sep - 11:37

"Tenez, les voilà, vos clefs ! Mais je vous préviens ! Nous n'avons plus de budget pour ce genre de folies avant 2050 !
- Ja, merci de votre complaisance."


Wurtemberg traversa les couloirs administratifs d'un pas rapide, évitant avec l'aisance de l'habitude les plantes en plastique vert tapies dans les endroits les plus inattendus, puis sortit de la mairie en faisant tourner le porte clef blasonné dans sa main avant de le tendre au voiturier qui attendait à l'entrée du parking voisin. L'homme disparu pour aller chercher sa voiture, Wurtemberg ajusta les manches de sa veste. Pour l'une de ses rares sorties en public, elle avait revêtu un simple tailleur pantalon noir dont la veste s'ouvrait sur un chemisier de soie cobalt. Ses cheveux relevés en chignon enveloppé d'une résille de dentelle noire, elle ne semblait pas incommodée par la chaleur pourtant étouffante de ce milieu de mois d'août. Une broche figurant un bouton de rose en éclats de cobalt était fixée à sa boutonnière. Au-dessus de la jeune femme, les drapeaux qui ornaient la façade du bâtiment ondulaient légèrement par la faute du vent tiède, emplissant l'air de claquements et de grincements.

"Fraülein, Fraülein !"

Un homme s'était arrété, sur le point d'entrer dans un bâtiment voisin, et lui adressait de grands gestes enthousiastes. Comme elle se demandait qui était cet individu tout en répondant à son salut d'une petit inclinaison de la tête, l'inconnu fit le geste de la victoire.

"Le championnat d'Allemagne est pour nous, cette année !"

La lumière se fit dans l'esprit de Wurtemberg. C'était l'un des joueurs (titulaire ou remplaçant ? Impossible de s'en souvenir) du VfB Stuttgart, l'une de ses meilleures équipes. Elle avait du le rencontrer lors d'un raout mondain quelconque. Un rugissement surgit des profondeurs du parking, la dispensant de répondre, comme une Porsche Boxster 987 d'un blanc de lait émergeait puis venait glisser en douceur à sa hauteur, rasant le trottoir. Le regard empreint d'un respect tout neuf, le voiturier en descendit, salua respectueusement puis tendit les clefs à Wurtemberg. Celle-ci regarda avec une certaine tendresse l'écusson fixé sur le capot, qui reprenait le blason de Stuttgart, celui de l'Etat de Wurtemberg et celui de la Maison de Wurtemberg. Comment aurait-elle pu choisir un véhicule d'une autre marque ?

"Pas de nouvelle voiture avant 2050 ? Pourtant, la nouvelle 911 sort en 2011. Et je ne parle même pas des nouvelles Maybach de 2009."

Depuis la réunification d'Allemagne et Prusse, Wurtemberg, comme d'autres, soufflait un peu et prenait ses distances d'avec la géopolitique.

Tester les derniers modèles de ses constructeurs automobiles, aider Leonberg ou Rottweil dans l'éducation de leurs chiens, aller supporter un match de telle ou telle équipe de foot, faire une cure thermale à Baden-Baden... occupait maintenant l'essentiel de son temps. Le gouvernement ne l'attirait plus guère, il était loin le temps où, ange gardien d'une noble famille, elle les suivait de la naissance au tombeau, participait à leurs jeux, veillait sur leurs maladies, vérifiait leurs leçons et se construisait avec eux. Finie, l'époque où, l'épé brandie, elle était leur vivant étendard et menait les troupes au combat, négociait pied à pied des frontières et des traités, allait triomphante et révérée dans les vastes salles des châteaux... Maintenant elle était supposée motiver les électeurs, lire des projets de loi de 600 pages, être capable de manger des petits fours en robe de cocktail et surtout, surtout, s'en remettre à Ludwig, au chancelier et au ministre président.

Considérant cette période de l'Histoire comme ses premières vacances, bien méritées après plus d'un millénaire d'existence, Wurtemberg fit rugir son nouveau joujou, qui bondit en avant et s'élança le long de l'une des plus vieilles artères de la ville. Prise de l'envie de s'exhiber un peu, elle déclencha le repli de la capote en tissu noir et grainé. Les véhicules de prix étaient le seul luxe qui la distrayait encore et elle ne manquait jamais d'aller faire admirer ses dernières acquisitions aux autres, surtout à ceux capables d'apprécier la belle mécanique à sa juste valeur.
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La voiture, l'enfant chéri des allemands // De nos jours

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