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 { Révolution Française ▬ Aux armes citoyens!

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Lucie / Île-de-France

Capitale du Beau ♫


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Citation : « Il y a, entre Londres et Paris, cette différence que Paris est fait pour l'étranger et Londres pour l'Anglais. L'Angleterre a bâti Londres pour son propre usage, la France a bâti Paris pour le monde entier. » de Ralph Waldo Emerson

MessageSujet: { Révolution Française ▬ Aux armes citoyens!   Sam 24 Nov - 13:24

Depuis quand ne s’était-elle pas sentie si puissante, si invulnérable ? Ca remontait a loin, sa dernière vrai crise de nerfs qui avait valu qu’on lui accorde un minimum d’attention, si bien qu’a un moment, elle crut même avoir rêver ce passage de sa vie. C’était irréel. Mais tellement bon. Elle en avait rassemblé, du monde. Ayant parcouru les quatre coins de la région qu’elle représentait, Lucie avait su s’entourer convenablement, et maintenant dans son dos, une belle armée de vaillants prolétaires étaient prêt à livrer bataille dans le seul but de mener à bien un objectif commun, nécessaire ;

La chute de Louis XVI.

Tous – et elle la première – en avait assez de son règne, qui réservait le faste à ses agissements que l’on taxaient ici de caprices et de ses décisions inconsidérées. La participation à la guerre contre l’Angleterre pour l’Indépendance de l’Amérique… En voilà une bien mauvaise idée qui fut prise sans doute trop à la légère, d’ailleurs. Il ne résultat de cette bataille qu’un trou béant supplémentaire dans les caisses de la France, et donc, forcément, c’était le petit peuple qui devait payer les pots cassés par ses Majestés.

Oh, bien sûr, d’un point de vue tout à fait personnel, Lucie n’avait jamais eu à se plaindre des traitements qu’on lui offrait lorsqu’elle se rendait à Versailles ou au Petit Trianon de Marie-Antoinette. Toujours dans ces moments-là, on la choyait, la gâtait et lui permettait de s’envoler un peu plus loin que la misère qu’elle côtoyait inlassablement hors des murs et des enceintes des Châteaux Royaux. Mais voilà. Sitôt qu’elle remettait un pied dehors pour s’enquérir de l’état de sa population, on la voyait comme une nuisance, une pestiférée et il arriva même une fois ou elle se fit chasser a grand coup de balais pour qu’on ne la voit plus.

Un scandale de plus qui ne faisait, à ses yeux, qu’alourdir la peine bien méritée du Roi. Déjà dans la foule environnante, elle entendait murmurer des désirs de tortures, d’humiliation et même, de décapitation. Et tout ceci lui plaisait.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Lucie n’avait jamais été une véritable guerrière assoiffée de vermeil. Bien au contraire, d’ailleurs. Combien de fois, dans ses très jeunes années, avait-elle pleurer a s’en faire saigner la gorge lorsque les vikings venaient dévaster ses terres et martyriser son peuple ? Elles ne se comptaient plus. Idem pour les romains. Une fois que Vercingétorix eut perdu, elle n’avait pas cherché à résister plus que ça et avait laissé son territoire devenir le leur.

Les exemples ne peuvent que foisonner a tort et à travers.

Se découvrir un tel visage vengeur n’effrayait pas la blondinette qui continuait d’avancer, furieuse, jusqu’à la demeure du Roi et de la Reine. La folie furieuse commençait, lentement, à prendre le pas sur sa conscience propre. Mais elle n’en avait cure, ce n’était que secondaire, tout ça. La puissance infusait tant et si bien dans ses veines qu’elle aurait juré que rien ne pouvait l’arrêter. Tout fraichement, la Bastille avait été prise. Et elle avait participée, salissant ainsi l’entièreté de sa silhouette de sang et de poudre à canon. Elle était au même régime que ses compatriotes, ses compagnons d’armes.

Ils n’aspiraient qu’à une vie meilleure, tout simplement. Et ce simple message prit tant d’ampleur que maintenant, partout dans la ville se rassemblait des bataillons entiers d’âmes prêts à se battre pour leurs droits et leurs libertés.

Elle était si belle dans sa tenue de rage, avec cette expression conquérante, comme si rien ne pouvait l’arrêter en si bon chemin. D’apparence, elle n’avait guère plus de dix-sept ans, et malgré tout, l’aura qui transpirait d’elle forçait le respect à quiconque posait ses agapes sur ses formes. Pas encore tout à fait femme, mais plus une enfant, c’était maintenant certains. Tous l’avaient sous-estimée jusque là – et elle aurait presque pu penser que c’était également le cas de Francis bien qu’elle se motive à ne pas penser ainsi pour l’heure. Tous l’avaient humiliée et rejetée lorsque cela les arrangeait.

Le père de Louis XVI l’avait abandonné en rompant sa promesse de revenir s’installer à Paris. Il lui avait menti. Et elle avait toujours ce serment brisé en travers de la gorge également. Car s’il y avait bien une chose que Lucie ne supportait pas, c’était les trahisons. Même si, concrètement, elle était en train d’en mener une, elle ne voyait guère les choses du même œil et cela lui suffit à se déculpabiliser totalement. Le Roi paierait pour les erreurs de tous ses prédécesseurs en plus des siennes, point final.

Le poing levé vers le ciel, elle entame un hymne de guerre tandis que ses pieds nus s’écorchent sur le sol menant au Palais Royal, là où se trouve le Monarque. Bientôt suivit par tous ses fidèles, son sentiment de puissance ne fait que s’accroitre, encore et encore, tel un ardent phénix dans ses entrailles. Un peu plus et elle aurait pu jurer être capable de cracher des flammes. Mais non, son venin de mots était pour l’heure, largement suffisant. Ses troupes de fortunes étaient on ne puis plus motivées et cela lui réchauffait le cœur.

Elle tomberait de haut, plus tard. Mais pour l’heure, elle ne se souciait que de l’instant présent. Sa chevelure lui fouettant les jambes, elle affiche un sourire de possédée, mettant un rictus sur sa satisfaction de bientôt toucher au but.

Que pouvait bien faire le Roi, en ce moment ? Pleurer ? Supplier le Seigneur de voir sa vie être épargné ? Fuir ? Dans tous les cas possibles et imaginables, l’Île-de-France ne le laissera pas se défiler. Il paierait. Et ainsi, après, elle irait beaucoup mieux. Tout irait beaucoup mieux, se disait-elle, bercée par des illusions opaques. Elle voulait y croire, et s’y adonner corps et âmes.

Cette révolution n’était que la conséquence d’un amalgame mêlant les négligences des Monarques et leurs décisions souvent inutiles. Depuis François I, jamais plus elle ne s’était sentie a sa place à la Cour de France. Lui, en plus d’être très bel homme et distingué, avait su la traiter également dans toute son entièreté. Jamais de favoritisme, jamais d’ignorance, jamais de blessures. Cet ancien Roi avait su donner toute sa valeur et sa modernité non seulement à sa Capitale mais aussi à ses terres.

Sans doute est-il celui qu’elle regrette le plus au jour d’aujourd’hui, d’ailleurs.

Secouant sa tête et revenant se concentrer sur les faits de l’instant, elle allait pour avancer vers la bâtisse et s’y engouffrer, menant ses révolutionnaires d’une main de maître. Mais, une poigne ferme se dépose alors sur son épaule. Tournant la tête, elle aperçoit Thomas, l’un des premiers à l’avoir suivi dans cette aventure qui changera l’histoire.
    « Laissez-nous y aller Mam’selle !
    -Mais…
    -C’est dangereux pour une jolie jeune fille comme vous, on va vous le ramener nous, le Roi !
    -… D’accord, je vous attends là, alors. »
Et sitôt ses paroles délivrées, elle voit sa horde d’hommes et de femmes prendre d’assaut l’établissement abritant le pouvoir de la Couronne. Elle demeure un peu déçue, de ne pouvoir y participer, mais elle voulait avant tout faire plaisir à ses suiveurs. Et ne pas les inquiéter pour rien. Aussi, droite, les bras croisés sous sa poitrine de plus en plus affirmée, elle fixe la porte enfoncée, comme si elle attendait quelque chose. Ou quelqu’un.

Elle ne bougera pas d’ici. Elle le leur a promis.
Spoiler:
 
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