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 [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]

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Lovino Vargas / Italie S

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MessageSujet: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Sam 3 Aoû - 22:31

Spoiler:
 

Decembre 1942, Rome


Désorienté.

C'est comme si son cerveau ne savait plus d'où il venait, ou vers quel endroit il se dirigeait. Pris dans une espèce de brouillard blanc qui le faisait flotter au-dessus de la réalité qui s'offrait à lui, Lovino Vargas avançait les yeux dans le vagues, un air perdu peint sur ses traits mats. Regardant droit devant lui, suivant la mince silhouette en ne sachant plus pourquoi, il laissa son esprit s'épaissir dans cette fumée anesthésiante; un soulagement pour sa raison qu'il crut voir s'envoler plus d'une fois au cours de ces dernières années, en même temps que son sens de l'orientation.

Ce n'était pourtant pas comme si l'endroit lui était totalement inconnu, bien au contraire; un grand bâtiment sculpté dans le plus résistant des matériaux aux murs aussi blancs que ceux d'un hôpital. Combien de fois la personnification de l'Italie du Sud ne fut-elle pas amenée à se promener au sein de ces longs couloirs spacieux et interminables donnant sur des dizaines de portes qui semblaient toutes aussi piégées les unes que les autres. De grandes fenêtres le laissaient avoir une vue imprenable sur la grande ville qui fut jadis celle de son aïeul.

Quelle ironie du sort de la voir se préparer à la guerre; Nonno aurait été si fier.

Un brin de lucidité traversa l'esprit de Romano, le forçant à s'arrêter en plein course; est ce que Rome aurait été si fier qu'il le pense?

Pour l'italien du sud, cela ne faisait aucun doute. Cela faisait des siècles que lui et Veneciano trimaient aux pieds des autres nations. Espagne, France, Prusse, Autriche, HRE... tous ces pays qui les regardaient de haut, aujourd'hui les considéraient comme égaux, voir une menace. Tout cela ne s'était pas fait en un jour. Il fallut que Feliciano ait le courage de prendre son indépendance, que Lovino s'enfuit et s'enferme dans sa propre capitale en attendant l''arrivée de son frère pour que le pays soit enfin unifié.

Et depuis 1870, ils n'avaient fait que gagner en importance. Lentement mais sûrement, ils avaient levé une petite armée jusqu'à avoir la force nécessaire pour enfin se créer un Empire colonial. Certes, avec un siècle de retard mais mieux vaut tard que jamais. Sachant pertinemment qu'il n'y avait plus rien à rafler en Amérique du Sud (Lovino n'ayant pas envie de s'attirer les foudres de l'espagnol) et que le continent asiatique était beaucoup trop loin pour leur performance militaire, ils durent se rabattre sur l'Afrique.

Là où Romano s'était contenté de récupérer des terres qu'il estimait lui revenir de droit en Grèce et en Libye (et troller le Turc au passage), Veneciano avait préféré partir à la vraie conquête de territoires étrangers. L'aîné ne savait pas grand-chose de ce qui s'était passé là-bas. Simplement que son petit frère en était revenu vainqueur, et que ces nations africaines les haïssaient. Le Sudiste avait préféré ne pas creuser plus loin les raisons de cette haine.

On ne lui avait jamais fait de rapport sur les méthodes de son frère sur les pays conquis, et il avait toujours cru bon de fermer les yeux sur l'évidence même d'une population meurtrie et affamée. Pour lui, cela pouvait être aussi bien l'oeuvre de la nation précédente qui occupait le territoire. Il savait qu'il jouait à l'autruche, il savait qu'il niait l'évidence même. Mais si jamais il tentait de creuser plus loin, il ne pourra pas s'arrêter jusqu'à tomber sur l'horrible vérité qui le forcera à sortir de sa torpeur. C'était ainsi qu'il avait raisonné jusqu'à très récemment, se maintenant lui-même et sa population dans un doux mensonge qui assurerait leur protection...

Le souci, c'est qu'il n'a pas eut besoin de creuser; la peinture s'est effritée d'elle-même.

Flash Back: Novembre 1942, Corse

Du bruit.

Une voix...

Non deux!

Une qui parlait en italien.

L'autre parlait dans une langue que Romano comprenait à peine.

Du corse.

Un Corse!

Cela se passait tellement vite, qu'il arrivait à peine à saisir la situation.

Comment en étaient-ils arrivés là? Ce n'était pas censé être une réunion entre nations, banale comme il y en avait eu tant d'autres? Pourquoi ce jeune homme à l'air si fougueux se retrouvait-il au milieu de la place centrale de la ville? Pourquoi celui qui était censé être leur petit frère était-il animé d'autant de désespoir? Pourquoi tous ces gens étaient-ils réunis, une lueur de peur mais aussi de colère dans leurs yeux? Qu'était donc en train de faire son petit frère? Ne voyait-il pas le malheur qu'il était en train d'engendrer? Il allait faire une erreur!

Il devait faire quelque chose pour empêcher cela! S'opposer, se rebeller, faire entendre son opinion, faire peser son avis, élever la voix... Et alors il se rendit compte de quelque chose.

Il ne pouvait pas.

Veneciano ne l'avait pas écouté. Il ne l'écoutera pas. Alors même que Matteo le suppliait du regard, Romano ne put que lui rendre son air abattu. Il n'avait aucun pouvoir. Lui aussi il était tenu en laisse, comme un vulgaire chien. Au moindre aboiement, et il sera sévèrement réprimande. Et son peuple aussi en paiera les frais.

"Pardonnez-nous." Murmura-t-il en italien tout en faisant le signe de croix sur son torse.

L'instant d'après, un coup de feu se fit entendre.

Puis un long silence.

Suivit de pleurs étouffés, de rage dissimulée et... d'un rire?

Quelque chose se brisa alors à l'intérieur de Romano, et il sut qu'il venait d'atteindre un point de non-retour.

Fin du flash Back.


Ah, il se souvenait maintenant!

Voilà quatre ans que, rangeant fierté, honneur et amour propre au placard, il avait décidé de suivre Veneciano dans une folie sans retour qu'ils appelaient Guerre. Non, il était mauvaise langue. Ça ne faisait pas quatre ans mais bien longtemps avant qu'ils planifiaient de réduire le monde en un enfer sur terre afin d'assouvir vengeance, désir de domination et d'humiliation. Et qui donc était le gérant de cette jolie Masquarade? Qui donc a remis sur pied une armée malgré l'interdiction, nourrissant une sévère rancoeur à l'égard de ses voisins européens.

Allemagne bien sûr.

Accompagné de Japon et Veneciano, il a laissé des promesses de gloire pour son peuple le mener par le bout du nez. Et Romano, parce que c'était son frère qui lui avait si joliment présenté les choses (après la marche sur Rome, cela va de soi), il y avait cru. Il s'était engagé lui aussi dans ce sinistre conflit, pensant faire le bien de ses citoyens qui méritaient une vie meilleure que celle que leur ont offerte les alliés à la sortie de la Première Guerre Mondiale. Oui, tous ces massacres, tous ces bombardements, toutes ces horreurs, il les pensait justifiées.

Alors pourquoi est-ce que ça persistait?

Cette douleur dans sa poitrine, cette sensation de n'être plus rien qu'un pantin, ce sentiment de ne plus se sentir humain.

Jusqu'à présent, il n'avait pas compris pourquoi, en tant que nation qui croyait faire le bonheur de son peuple, il ressentait de telles choses. Maintenant tout était clair. Les cris de multiples gens, leur souffrance, leur déchirure. Il comprenait maintenant pourquoi elles étaient plus vives que jamais dans sa tête. Ce n'était pas des militaires au combat qui agonisaient sur le champ de bataille qui le faisaient souffrir comme ça. C'était ceux de son peuple qui hurlait à la trahison et à la douleur de se sentir plus que jamais abandonné.

Planté au milieu du couloir, il vit que Veneciano, qu'il suivait depuis tout à l'heure, avait enfin remarqué son arrêt.

Romano ne se souvenait même pas la raison pour laquelle ils étaient dans ce quartier général alors même qu'ils revenaient de leur campagne en Corse.

Tout ce qu'il voyait, c'est que son nuage de coton commençait doucement à se fissurer, et même lui ne pouvait dire ce qui allait en sortir, ni même quand.


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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Dim 4 Aoû - 13:20

Si son frère traînait les pieds derrière lui, Feliciano avançait à pas confiants dans le dédale du bâtiment militaire romain. Il n’avait plus le temps de se poser des questions, tout lui était ordonné par son chef et le faisait voyager sans parfois passer par la case Italie. Aujourd’hui, il avait fait du bon boulot lui avait-on dit. Depuis les débuts de Mussolini, il s’était appliqué à suivre les ordres de son maître pour lutter dans cette guerre incertaine, cet orateur puissant qui avait inspiré le propre patron d’Allemagne. Et que les autres nations se plaignent de près de quatre années de guerre, ce n’était pas en 1939 que la guerre avait commencé ici, mais en 1922. Le 28 octobre 1922 pour être précis.

Ce jour là, on lui avait demandé de mater son frère, aujourd’hui présent derrière lui. Si l’ainé se rebellait contre le nouveau pouvoir mis en place, c’était le cadet qui était désigné pour se faire punir… avec lui bien sûr. Aussi s’était-il appliqué pour lui faire comprendre par quelques coups de pieds bien placés dans l’estomac qu’il n’avait rien à dire, qu’il n’était rien, qu’il était à son service et qu’il ne pouvait de toute façon pas se défendre contre ça. Cette victoire politique des fascistes entraîna de fortes répercussions sur l'organisation de l'État italien avec l'instauration de la dictature fasciste dès 1922.


"Tsss…"


L’italien du nord regarda le canon de son Beretta tout en marchant, visiblement agacé. Il n’avait pas encore eu le temps de nettoyer les résidus de poudre depuis son retour de Corse, et il se faisait urgent de le faire s’il ne voulait pas voir son arme lui exploser au visage. Oui, l’état de son arme lui faisait plus de peine que les victimes engendrées par cet instrument de mort.

Sa dernière utilisation ? Un jeu rebelle corse dont ils venaient de faire le voyage retour. Les premières exécutions avaient été dures, il ne pouvait pas le nier. Mais l’allemand l’avait entrainé à ça, lui avait vidé l’esprit de tout remord, que sa force puisse être la peur des autres et éviter que la sienne ne soit leur victoire. Et pour sa victoire, pour Ludwig, pour sa survie, il n’avait plus le droit à l’hésitation.

Le canon de l’arme glacée avait visé le sommet du crâne de ce suicidaire alors que deux autres soldats le maintenaient les genoux au sol. Il était venu de lui-même se désigner comme sacrifice au service de la peur qui allait imprégner la population envers les fascistes italiens. Le doigt posé doucement sur la détente, les yeux de Feliciano s’étaient écarquillés par une joie malsaine et la folie qui occupaient peu à peu son esprit.

Le coup était parti bien plus vite que ce que ses proches auraient pu imaginer, ne laissant pas terminer les prières de certains. Le sang mélangé à un peu de cervelle avait taché par quelques gouttes l’uniforme du plus jeune des Vargas. Et ça aussi ça l’avait agacé. Il ne parvenait pas à faire disparaitre complètement ces taches comme si cet homme cherchait à le faire culpabiliser. Parce qu’il avait peut être laissé une veuve, peut être des enfants sans père ou de parents sans fils…

Mais s’il savait…
L’italien du nord avait été relativement gentil avec eux, parce que la Corse pour lui faisait partie de la grande famille des Italiens, c’était un frère qu’il avait perdu et retrouvé. Mais ses frères comme ce peuple rageant ne pouvaient pas imaginer ce qu’il se passait dans ses colonies. Ces africains qui dans l’idéologie fasciste n’étaient même pas considérés comme humains, des créatures stupides à la peau noir que personne ne pourrait et ne voulait défendre contre une force supérieure à eux.

Si les corses avaient dû nettoyer un peu de sang sur la place, ce sont des rivières de ce même liquide qui coulait sur ce continent plus au sud. Si Feliciano tuait un homme pour l’exemple chez ce jeune frère, c’était un village entier qui était massacré là-bas. Et il n’avait jamais voulu y emmener son grand-frère ; parce qu’il savait qu’un tel spectacle lui aurait fait vomir ses tripes jusqu’à l’impossibilité même de boire une goutte d’eau sans la rejeter.

Mais pour devenir fort, il fallait faire des sacrifices. Parfois insoutenable. Et ça, le cadet des Vargas savait que son frère, malgré les apparences, était bien plus sensible sur ce sujet. Il ne pouvait pas supporter toutes les visions que pouvaient offrir la guerre. De son côté, Feliciano ne pouvait plus faire marche arrière, il avait voulu devenir puissant, il devait donc continuer son ascension au risque de faire une chute libre, parce qu’au pied de cette montagne se trouvait ces quelques peuples qu’il avait soumis, armes aux poings et qui criaient vengeance.

Le cadet sortit enfin de ses pensées et de la contemplation de son arme lorsqu’il remarqua que les pas derrières lui ne résonnaient plus en cadence avec les siens. De son visage marqué par l’inquiétude et la curiosité ; il s’adressa à son frère.


"… Fratello ? Ça va ?"


Comprendre qu’il voulait savoir la raison de son arrêt bien sûr. Mais il ne fallait pas trainer, il restait encore à nettoyer leur matériel et à faire les comptes rendus de leur campagne et leur prochain départ à organiser, l’heure n’était pas à la déprime ou à la siesta. Mais Feliciano n’allait pas lui crier dessus pour ça. L’italien du nord reprit le chemin inverse et posa une main sur son épaule, se voulant rassurant. Finalement, malgré ce qu’il avait pu lui faire subir, Veneciano restait tout de même aux petits soins de son ainé. Non pas parce qu’il était son frère le plus proche, mais bien parce qu’il était son bras armé, sa force, son garde du corps, un allié forcé et surtout utile à sa nouvelle soif de pouvoir.

La guerre à ce niveau ne laissait pas de place aux sentiments fraternels.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Dim 4 Aoû - 16:16

De multiples questions défilaient dans la tête de l'Italie du Sud au fur et à mesure qu'il retournait dans un monde plus lucide. Bien qu'elles aient l'air aussi simples que bêtes, le Romain savait que leur réponse en revanche lui ferait l'effet d'un coup de poignard. Il ne pouvait cependant pas s'empêcher de les examiner l'une après l'autre, maintenant qu'il se réveillait petit à petit d'une longue torpeur. Peut-être était-ce de la curiosité, peut-être était-ce simplement une prise de conscience, ou bien simplement la dernière clef dont il avait besoin pour se libérer enfin de l'état végétatif dans lequel il était plongé...

Depuis toujours, Romano a toujours eu un tempérament colérique. Tout le monde, qui l'avait un minimum connu, pouvait en témoigner, et ce depuis sa plus tendre enfance. Têtu, il détestait se faire une raison, même lorsqu'il avait tort, rendant ainsi la tâche très difficile pour ceux qui essayaient de lui faire comprendre ses erreurs. Néanmoins, s'il était d'un caractère aussi fort, l'italien n'en restait pas moins intelligent. Il savait ce qui était bien ou mal, que ce soit pour lui ou pour les autres, et au final, il acceptait, bien que de mauvaise grâce, de se plier aux conseils d'autrui quand ceux-ci étaient justifiés.

Pourquoi depuis le début, depuis même la réunification, le peuple du sud de l'Italie s'est toujours opposé dans l'ombre à ce que celui du nord vienne les gouvernement?

Pourquoi Veneciano s'est-il sentit obligée d'user de la force pour le convaincre de laisser le fascisme instaurer sa politique chez lui?

Pourquoi les gens continuaient-ils de s'opposer si violemment si l'état ne voulait que leur bien?

Des images de leur séjour en Corse revinrent en lui avec la force d'un coup de massue. Toutes ces femmes qui pleuraient, tous ces hommes qui hurlaient à l'injustice, tous ces enfants qui en comprenaient pas. Mais ce qui lui fit plus de peine, bien plus que le reste, ce fut le regard de la jeune Nation lorsque le cadavre du rebelle tomba au sol. Il n'avait pas lâché une seule larme, mais le désespoir, la haine et l'incompréhension dans ses pupilles vertes parlaient pour lui. Jamais Lovino ne s'était senti aussi mal, et il ne put même pas s'expliquer puisque son frère lui ordonna de le suivre alors qu'il quittait les lieux. Il put lire dans les yeux de son cadet qu'il était satisfait de son acte, pensant sûrement que cela allait suffire pour mater le pays entier.

Il se trompait.

Corse n'était pas de ceux qui se laissent facilement dominer, surtout pas par un propre membre de sa famille. Et Veneciano avait fait tout l'inverse de ce qu'il fallait faire pour calmer la révolte intérieure qui grondait; il avait attisait le feu de la vengeance et de la haine. Peut-être qu'ils n'en entendraient plus parler pendant quelque mois, mais un jour ou l'autre, le bâton allait leur revenir au visage. Et cela allait faire très mal. Lovino appréhendait déjà le moment où ils allaient devoir retourner sur cette île française, maintenant Italienne, pour réprimer la nation et son peuple.

Le peuple... Aux yeux de Romano, ils étaient bien plus importants que le gouvernement, que n'importe quel monarque ou souverain. Ce n'était pas l'État qui faisait ce qu'ils étaient en tant que pays, mais bel et bien les citoyens. C'est une chose que l'italien du sud a appris bien avant tout le monde il y a de cela des siècles; il savait mieux que quiconque qui avait réellement le droit de vie et de mort sur leur nation, et instinctivement, il se mettait depuis le début de leur côté, s'attirant l'incompréhension des autres pays. À cause de cela, l'Italie du Sud n'était plus considéré comme rien d'autre qu'un bout de pays, à l'image des autres colonies.

Il ne savait pas à quel point il était bien loti comparé à ses autres confrères.

La voix lointaine de son frère acheva de le ramener à la réalité. Confus, il concentra son regard noisette, jusque-là perdu dans le vide, sur le visage du cadet Vargas. Les traits durs et sans émotion de son visage le frappèrent bien plus que l'odeur de fer qui émanait de lui. Alors qu'il lui demandait s'il allait bien, Romano ne savait pas comment interpréter cette marque d'inquiétude. Venecianp avait déjà, par le passé, exprimé les micro-doutes envers son ainé sans jamais toutefois donner suite, plus comme un avertissement qu'autre chose. Néanmoins ces derniers temps, les soupçons se multipliaient au point de se demander si ce n'était vraiment que pour farcer.

Lovino ne devait surtout pas laisser entrevoir la moindre faiblesse sur sa fidélité, car c'était la seule chose qui le protégeait. Le fait qu'il ait accepté de se soumettre, de protéger Feliciano, de l'aider, de le soutenir; tout cela lui était permis parce qu'on lui faisait confiance. Si jamais on commençait à le remettre en question, il ne savait pas ce qu'il adviendrait de lui et de son peuple.

Il prit une inspiration, tenta du mieux qu'il peut de donner à sa voix une assurance nécessaire, sans toutefois se forcer à sourire car il se savait très mauvais dans ce domaine.

"Je vais bien. Je suis juste un peu fatigué de voyager à droite à gauche."

Ce qui n'était pas faux en soi. Romano ne se souvenait plus la dernière fois qu'il eut l'occasion de voir le visage de la petite maison de campagne à la périphérie de la ville dans laquelle il avait l'habitude d'habiter. Eh bien, même avant que les préparatifs de la guerre ne commencent, l'ainé Vargas se vit obligé de déménager dans une demeure que son frère partageait avec lui. Ce fut soi-disant pour faciliter les réunions pour prendre des décisions concernant le pays qui se faisait de plus en plus souvent maintenant que le pays était réunifié. Mais au fond, Lovino savait bien que son frère s'occupait seul de l'entière gestion du pays et qu'il n'habitait avec lui que pour pouvoir le garder à l'oeil.

A quand remontait sa dernière occasion de sortir boire un coup avec ses camarades de guerre?

D'un geste qu'il voulait doux, il ôta la main qui était posée sur son épaule, sans doute dans une attention affectueuse, tout du moins concernée. Bien que ce ne soit pas une embrassade, comme Veneciano aimait lui en donner pour n'importe quelle raison, il s'en sentait tout aussi mal à l'aise. En fait, cela faisait quelque temps déjà qu'il avait de moins en moins de contacts physiques avec son petit frère, ceux-ci se réduisant au strict minimum. Bien sûr, il s'en serait réjoui si cela ne s'accompagnait pas d'une relation glaciale qui donnait l'impression à Romano de cohabiter de plus en plus avec un étranger.

Dans une tentative louable, il tenta d'esquisser un regard doux remplit de bienveillance pour rassurer son camarade.


Dernière édition par Lovino Vargas / Italie S le Lun 5 Aoû - 11:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Dim 4 Aoû - 19:51

De son geste pour retirer sa main de son épaule, Feliciano commençait à s’inquiéter plus gravement. Les doutes s’agrandissaient, la confiance s’amenuisait. Il sentait son frère s’éloigner du chemin qu’il était en train de prendre avec son cadet, et ça, il devait à tout prix l’en faire revenir. Car s’il faisait passer Lovino pour la cinquième roue du carrosse, il ne l’était pas réellement… Oui, ses efforts avaient un réel impact sur la victoire de son cadet et aussi de l’axe, combien même il n’en aurait pas conscience.


"Fratello… Tu m’inquiètes… vraiment."


La voie était sèche, dur. Une mise en garde indirecte pour lui dire que son comportement laissait place au doute chez son frère. Et les doutes se payaient cher en temps de guerre, jusqu’à se faire tuer pour de simples soupçons sans fondement. Le monde était contre l’axe, l’axe ne pouvait se permettre d’avoir des ennemis dans leur camp, la confiance devait se gagner, et même auprès de Ludwig, Feliciano avait du mal à l’obtenir.

Depuis la défaite de l’opération Barbarossa, nommée en référence à l'empereur Frédéric Barberousse qui désignait l'invasion par le IIIe Reich de l'Union des républiques socialistes soviétiques pendant cette guerre, l’allemand commençait à avoir des tendances paranoïaques. Malgré tout l’amour qu’il avait pu lui donner, tous les sacrifices qu’il avait faits pour lui, que son âme lui était dédiée et qu’il pouvait même prendre sa vie au moindre claquement de doigt… Ludwig était obnubilé par sa soif de vaincre.

Mais il ne valait même pas le coup d’être tué tellement il lui semblait inutile à ses yeux. Pourtant il y travaillait, prouvant sa valeur chaque jour sur le terrain, malgré quelques défaites, ses mains s’étaient teintées de sang ne serait-ce que pour voir la confiance et la fierté de l’avoir pour allié dans son regard bleu ciel.

Mais Ludwig devenait de plus en plus sombre et lui portait de moins en moins d'attention… Devenant toujours plus violent avec ses ennemis, ses amis, et même lui. Il se souvenait de la dernière fois qu’il avait partagé son lit avec lui, l’allemand ne parvenait pas à fermer l’œil sereinement et ses nuits étaient agitées de crises de folie et d’angoisse.

Oui la dernière fois… Il avait accordé à l’italien de s’occuper de son corps meurtri. Il l’avait embrassé, caressé, enlacé et fait ce que tout être aurait fait avec l’être qui l’aimait dans ces temps de calme et de repos pour oublier la dure réalité… Mais après avoir fermé l’œil, après avoir donné tout l’amour qu’il avait pour lui, dans une crise de folie entre cauchemar et réalité, Ludwig l’avait étranglé et avait bien failli lui faire perdre conscience.

Feliciano se mordit la lèvre à ce souvenir. Ses grandes mains musclées sur son cou, il avait vu sa vie défiler devant ses yeux. Tué ainsi par une autre nation, voilà qui aurait pu être original, mais bien heureusement la conscience de Ludwig eu vite reprit le dessus et la nation s’était excusé à plusieurs reprises, les larmes aux yeux. Le plus jeune des Vargas avait eu très peur ce jour-là, les marques sur son cou encore visible le lendemain ne lui faisant que ruminé cet incident.

Veneciano mit quelques jours avant de pouvoir s’approcher sans crainte de son allié. Il imaginait que ce geste était l’image corporelle de la restriction alimentaire que l’Allemagne avait décidé de faire subir à l’Italie, n’offrant l’équivalent que de 50% la ration alimentaire allemande. Ce sévisse l’avait d’autant bien plus marqué que la torture pourtant bien douloureuse que lui avait fait subir le russe au mois de juillet dernière où 200 000 italiens subirent de très lourdes pertes sur le territoire d’Ivan. Tout simplement parce que le mal lui avait été fait par un être qui lui était cher.


"Tu es blessé ? Tu veux qu’on aille voir des filles pour te remonter le moral ?"


Par filles, comprendre prostituées importées de pays conquis. Car oui, les armées italiennes, allemandes et même japonaises utilisaient ce genre de réconfort à moindre prix en enlevant des jeunes femmes de leur pays natal et faire le pire travail que l’être humain a pu créer. Mais bien chanceuses étaient celles qui arrivaient en Italie, les hommes de ce pays étaient relativement gentils et généreux avec elles.

En attendant sa réponse, Feliciano essayait de raquer son Beretta avec difficulté. Une balle était restée dans le chargeur et ne parvenait pas à la déloger par la poudre qui commençait à bloquer les rouages. Frappant son canon en rageant puis soupirant de dépit, Veneciano tendit l’arme à son ainé, main sur le canon.


"Tiens, tu ne voudrais pas essayer de la déloger s’il te plait ? Et n’appuie pas sur la détente, le coup pourrait partir."


Pendant ce temps, l’italien du nord se mit à écrit dans un petit carnet qui lui servait à faire les comptes rendus de ses missions, sans garder même un œil sur son frère.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Lun 5 Aoû - 12:56

Lovino n'avait même pas besoin de regarder Feliciano dans les yeux pour comprendre que ce dernier n'avait pas avalé ses paroles malgré la bonne volonté qu'il y mettait. Il comprit alors qu'il n'allait pas pouvoir dissiper les doutes de son petit frère d'un simple revers de main comme il le ferait avec n'importe qui. Malheureusement, il n'était pas doué pour feindre, encore moins pour mentir. S'il n'allait pas bien, ça se savait, de même que s'il était de bonne humeur ou contrarié. Jusqu'à présent, une telle transparence sur son état d'esprit n'avait fait que jouer en sa défaveur, et allait le mener à sa perte s'il n'apprenait pas à se contrôler.

Il avait bien senti dans le ton de sa voix que ce n'était pas pour lui que Veneciano s'inquiétait, mais pour la confiance qu'il plaçait en lui.

"Je t'assure, ce n'est vraiment... pas grand-chose."

Fixant les traits juvéniles marqués par la guerre, Romano se demanda vaguement depuis quand son frère avait changé à ce point. Oh bien sûr, déjà pendant le risorgimento, il fut surpris de voir que le caractère joyeux et espiègle de son cadet s'était mué, mais il avait encore en lui une petite étincelle d'innocence qui faisait son charme. À force de passer du temps avec lui, de prendre soin de lui, Lovino avait réussi à faire ressortir un peu de joie de vivre, même si cela lui avait impliqué d'énormes sacrifices. Aujourd'hui, il ne voyait plus aucune étincelle à l'intérieur des pupilles miel.

La raison n'était pas difficile à trouver puisque Veneciano devint comme ça à partir du moment où il fréquenta Allemagne. L'Italie du Sud avait détesté cet homme dès l'instant que ses yeux se posèrent sur lui, sans même avoir échangé une seule parole. À cause de préjugé, certes; lui et ses semblables avaient causé un grand malheur à sa famille, donnant à Romano une rancune tenace à travers les siècles. Mais aussi parce qu'il avait senti qu'il allait l'éloigner de son petit frère. Et ses soupçons se virent justifiés.

Feliciano venait de moins en moins lui rendre visite chez eux, préférant la maison de l'Allemand (jusqu'à ce que l'Axe entière fût obligé d'habituer sous le même toit pour des raisons pratiques). Les tomates avaient disparu du frigo pour être remplacée par des Wurst. Mais surtout, son petit frère lui parlait de moins en moins souvent, et surtout pas de lui. Parfois il revenait tout joyeux de la maison d'Allemagne, mais d'autres fois, il en revenait d'humeur beaucoup plus maussade qui posa beaucoup d'interrogation à l'ainé Vargas. Et puis il y avait ce jour...

Le jour ou Veneciano avait décidé qu'ils dormiraient ensemble, par simple envie, sans donner de raison particulière à son grand frère. Se déshabillant pour s'aliter, Romano avait remarqué quelque chose qui le frappa sur le corps de son petit frère. Le gain de muscle dû aux entrainements n'avait pas compensé sa perte de poids foudroyante, mais surtout, les marques bleues qui ornèrent son dos. Bien évidemment, il avait demandé des explications là-dessus, mais jamais il ne reçut de réponse. Il du finalement s'endormir la tête remplie d'interrogations et d'hypothèse sur la présence de ces blessures.

La proposition de Feliciano ne souleva rien en lui, à part une certaine perplexité.

Blessé? Eh bien, il l'était en quelque sorte. Mais pas physiquement. Contrairement à ce que subissait de manière évidente l'Italie du Nord, le Sud avait la chance de relativement resté en retraite de toute opération militaire, en particulier celles qui étaient en collaboration avec le troisième Reich (c'est-à-dire les plus dangereuses). Il se chargeait surtout de gérer l'intérieur du pays et de protéger les arrières de son petit frère lorsque Allemagne n'était pas là pour le faire. C'était aussi la raison pour laquelle Romano avait pensé, jusqu'à présent, que c'était pour ça qu'il était plus sensible à la douleur de son peuple que ne semblait l'être Veneciano.

Maintenant il comprenait que ce n'était pas seulement ça...

"Non merci, je n'ai pas vraiment la tête à ça en ce moment."

S'il y avait une chose à laquelle pensait le moins Romano, c'était bien le sexe. En particulier, l'idée de profiter du charme d'étrangères venues d'autres pays sûrement de force ne l'enchantait pas forcément. Il ne comprenait pas comment Veneciano et ses "amis" pouvaient faire ce genre de chose à des pays qu'ils avaient vaincus. Lovino, lui, se sentirait beaucoup trop mal à l'aise vis-à-vis de la nation conquise. Ne soyons pas hypocrite: il était le premier à apprécier le charme des prostituées, mais son côté vieux jeu et nationaliste préférait de loin les Italiennes. Mais même maintenant, si une belle latine venait lui proposer ses charmes, le Romain savait qu'il n'y serait guère enthousiaste, beaucoup trop préoccupé par ses propres soucis pour songer à ses désirs les plus primaires.

Sans comprendre pourquoi, son esprit vogua en direction de l'espagnol.

Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas revu, échangeant de temps à autre des coups de fil ou des lettres jamais vraiment longs. Celui qui l'avait élevé n'avait pu participer à la guerre, que ce soit dans un camp, ou dans l'autre, à cause de la guerre civile qui le faisait souffrir le martyre. Étrangement, presque tous les belligérants de la Seconde guerre avaient apporté leur soutient, que ce soit aux franquistes ou aux républicains. Même son frère. Aujourd'hui, Romano n'avait qu'une idée vague de la situation de son boss, mais apparemment, le gouvernement a décidé de laisser l'église Catholique reprendre une place plus importante que la phalange espagnole avait occupée pendant trop longtemps.

Espagne avait également décidé de redevenir neutre dans ce conflit.

Au moins, la situation s'améliorait de son côté, et Lovino était rassuré de voir qu'Antonio avait pris la meilleure décision qui soit, bien qu'au fond, il savait qu'il ne pourra pas être totalement immunisé. Dans les coulisses, les dirigeants subissaient quand même une pression de la part des deux camps, et le gouvernement franquiste, inspiré directement du fascisme, était quand même obligé de montrer sa bonne volonté devant l'Axe qui était bien plus dangereux que les Alliés. Il n'y avait que Suisse qui pouvait réussir l'exploit de ne devoir rendre de compte à personne

Alors qu'il venait de donner son refus, il attrapa l'arme que lui tendait Veneciano avec un certain dédain. Peu importe le temps qui passait, il y avait des choses auxquelles on ne pouvait s'y habituer. Mais Romano se demandait comment son petit frère pouvait se montrer aussi calme en temps de guerre alors qu'il n'aura jamais acquis totalement l'habitude de se servir d'une arme à feu. Pour l'Italie du Sud, c'est parce que ses mains n'étaient pas faites pour porter une arme. Feliciano n'était pas fait pour la guerre, encore moins pour se battre. Son incapacité à utiliser correctement un simple Beretta le prouvait; ses doigts étaient bien plus agiles au pinceau qu'à la gâchette.

Machinalement, il remit l'arme en état de fonctionner en un clin d'oeil. Avec un bruit signifiant que le pistolet était prêt à l'utilisation, Lovino la leva en direction de son frère avant de rapidement le retourner, le canon pointant dans sa direction et le manche vers Feliciano. Sans se soucier de l'ambiguïté de son geste, il déclara simplement.

"Tiens, comme neuf."

Bien que sa voix était sobre de toute émotion, Lovino n'arriva pas à cacher ce profond malaise des dernières paroles de Feliciano. Le prenait-il pour un abruti pour appuyer sur la détente d'une arme chargée, ou bien testait-il tout simplement sa patience. Si c'était le cas, il ne lui faudrait pas grand-chose pour en arriver à bout, car les nerfs du romain étaient déjà bien mis à mal.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Lun 5 Aoû - 18:19

C’est vrai, il venait de tester son frère. Et celui-ci avait réussi sa petite épreuve haut la main. En même temps, Feliciano n’avait pas douté de son ainé à ce moment là… Enfin… Disons plutôt que sa conscience refusait d’imaginer Lovino comme un potentiel ennemi. Si celui-ci avait la volonté de le détruire, il préférait qu’il le fasse tout de suite et maintenant d’un coup violent, lui tirant proprement cette dernière balle dans le crâne plutôt que de le trahir sournoisement avec le temps.


"… Merci."


L’italien du nord récupéra son arme et la remit à sa ceinture, sans pour autant esquisser le moindre sourire. Malgré ça, il l’inquiétait encore et il savait que Romano n’allait clairement pas bien. Ses traits durs fixaient ceux sombres et plus malheureux de l’ainé des Vargas, dont les yeux émeraudes semblaient couverts d’un voile brumeux. Il se devait de savoir ce qu’il ruminait avant que tout cela ne dégénère. Et tout de suite !


"Fratello, raconte moi ce qui ne va pas, arrêtes de me mentir, tu sais très bien que tu n’y arrives pas de toute façon. Et surtout pas à moi. Alors maintenant on peut bien aller se poser quelque part si tu veux, mais je veux que tu me dises. Et pas de mensonge !"


Il n’allait pas lui faire une fleur non, pas question qu’il garde ses états d’âme pour lui. Parce que ce genre d’état ruminé trop longtemps pouvait provoquer des réactions imprévisibles, et avec de grandes chances que cela soit contre lui et l’Axe en général. Une chance, Feliciano n’était pas un adepte de la « question » allemande qui consistait en une torture physique plus qu’insupportable pour faire parler les prisonniers et les soldats au comportement étrange.


"… Mais d’abord…"


Le cadet entra rapidement dans une des chambres du couloir où les deux italiens étaient présents. Là, un placard lui était dédié pour y déposer ses uniformes, une grande quantité de bleu, un costume avec manteau brun pour lutter contre le froid sibérien, un autre beige composé d’une chemisette courte et d’un short pour les campagnes d’Afrique et un costume noir avec casquette de la même couleur, décoré d’épaulettes, de quelques médailles et des symboles du régime fasciste de Mussolini…


"Alors…"


Feliciano sortit le costume noir et un deuxième caché au fond du placard. Ce dernier était moins décoré au niveau des épaulettes et des médailles ; mais les symboles du régime restaient présents, laissant encrer sur les militaires l’empreinte du pouvoir que le pays devait servir. Le cadet des Vargas tendit ce deuxième costume à son ainé.


"C’est le tien, changes toi. Tu peux me parler avant ou après l’avoir mis, ça m’est égal, mais il faut que l’on soit près dans deux heures… Le Duce… Notre chef… Mussolini devrait passer dans cette caserne."


Il le savait depuis quelques semaines mais n’avait prévenu Lovino qu’au dernier moment. Pourquoi ? Parce qu’il ne voulait pas que son frère ait pu avoir l’occasion de fuir ce moment, il voulait le voir lui-même confronté à l’orateur en partie responsable de cette seconde guerre mondiale. Savoir qui son frère et lui-même servait sans qu’il n’est qu’une photo en tête.


"Nous serons mis au pas dehors. Et je ne te laisse pas le choix."


Veneciano savait qu’il risquait gros en le confrontant au Duce. Soit son frère en aurait une illumination et saurait pourquoi enfin il était au côté de son frère pour la gloire du pays, ou bien… Se décidera t-il à trouver un moyen de l’éliminer. La vie d’une nation était de toute façon parsemer de risques pour leur vie et celle des autres ; restait à voir combien de siècles la chance pouvait leur sourire.

En attendant que Romano se décide à lui parler ou se changer, Feliciano commença à se déshabiller et à admirer son costume sous toutes les coutures. Pantalon noir, chemise noire, cravate noire, veste noire, à croire que le costume de défilé de ce régiment avait inspiré les costumes SS. Fixant bien le triangle rouge et noir à l’aigle d’or ainsi que l’aigle qui ornait fièrement sa casquette, il enfila le tout. Ce costume devait être le pire de tous, noir et brillant de symboles agressifs, le plus jeune avait déjà eu l’occasion de voir des civils trembler à cette vision.


"Alors ? De quoi ai-je l’air ?"


L’italien du nord esquissa un petit sourire fier alors qu'il passa ses gants en cuir sombre sur ses mains. Allez donc savoir pourquoi, mais il se sentait fort dans cet uniforme effrayant.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Lun 5 Aoû - 22:02

Quelle langue et quels mots Romano allait-il devoir employer afin que son frère lui fiche enfin la paix!

Il avait beau le repousser, affirmer que tout allait bien, Veneciano revenait à la charge, faisant la sourde oreille à l'envie de son ainé qu'on lui lâche la grappe. Le Vénitien pouvait se montrer têtu, il le savait, surtout lorsqu'il voulait obtenir quelque chose. Que ce soit matériel ou non. Si Feliciano avait décidé de savoir ce que Lovino ruminait à l'intérieur de sa tête, alors il userait de n'importe quel moyen pour parvenir à ses fins. Jusqu'à présent, l'Italie du Sud fut plutôt laxiste, cédant rapidement au Nord pour éviter tout conflit qui pourrait détériorer leur relation. Cependant, maintenant que leur "relation" justement n'est plus ce qu'elle était, cela valait-il le coup qu'il sorte le drapeau blanc une fois de plus?

Et puis, est ce que Romano pouvait vraiment se fier à son petit frère? Ce qu'il avait en lui n'était pas rien; une remise en question de la politique entière de l'Italie, aussi bien extérieur qu'intérieur ainsi que ses liens avec l'Allemagne Nazi et le Japon impérialiste. Il n'était pas vraiment sûr que Veneciano puisse digérer ça, lui qui avait placé tous ses espoirs là-dessus. À quoi cela l'avancerait-il de se confier de toute façon? Il ne ferait que confirmer les soupçons de son frère à son égard, et on lui restreindrait encore plus sa liberté et ses choix. Pire encore, on pourrait le considérer comme un futur traitre, et préférer le neutraliser avant qu'il ne passe à l'ennemi.
Non, définitivement non, il était hors de question qu'il partage ses opinions avec lui.

Mais il ne pouvait pas non continuer à se taire, au risque de toute façon renforcer les doutes de Feliciano. Il fallait qu'il trouve un moyen de lui répondre quelque chose de satisfaisant sans mentir, ou du moins pas explicitement, qui puisse le détourner de son obsession de le faire parler. Il gonfla sa voix afin de se donner contenance.

"Je ne t'ai pas menti, je suis fatigué de voyager. Je pense... que ce serait bien qu'on fasse une petite pause dans nos expéditions. Ou tout du moins, que vous vous passiez de moi. Après tout, je n'apporte pas grand-chose de plus à... l'Axe, et vous vous débrouillez très bien sans moi."

Ce n'était pas un mensonge. Si Lovino pouvait arrêter de participer à ces batailles, il n'en serait que plus heureux. Malheureusement, il savait bien que son Feliciano ne l'entendrait pas de cette oreille, tenant sans doute à garder son garde du corps le plus proche de lui possible. Pourtant, Romano sentait qu'il ne devait plus s'éloigner de son pays. Un instinct de nation lui disait que prochainement, les choses n'allaient pas se jouer en Afrique subsaharienne ou à l'Est de l'Europe, mais à côté de chez lui. Ou plus exactement, juste en dessous de chez lui, comme la Tunisie par exemple...

Dans un état second, il suivit son frère, se demandant vaguement s'il avait l'intention de s'enfermer avec lui dans une pièce noire afin de lui tirer les vers du nez. À sa grande surprise, c'était une penderie dans laquelle Feliciano s'empressa de fouiller, reconnaissant bien là son côté éffémininé qui avait un goût pour l'habillement. Lovino le regarda chercher, observant distraitement les différents uniformes qu'il reconnaissait pour la plupart jusqu'à ce qu'une ombre noire sortit du placard. Le romain mis deux secondes à reconnaître le costume qu'il n'avait jamais vu auparavant mais devinant largement de quoi il s'agissait, priant intérieurement qu'il se trompât.

Malheureusement, sa vue ne lui avait pas joué de tour. Voyant Veneciano en sortir un deuxième, identique à l'autre hormis une plus grande absence de décoration, Romano redouta la suite. Jusqu'à présent, il a toujours trouvé le moyen de garder son uniforme marron, bien que Feliciano lui interdit de remettre celui qu'Espagne lui eut offert au début de la Guerre pour une raison qui aujourd'hui encore lui restait obscure. Cette chose noire qui se dressait devant lui, il eut la chance de ne jamais en voir la couleur. Toujours absent, toujours occupé, toujours incommodé; les excuses se multipliaient pour ne pas avoir à se transformer physiquement en ce qu'il redoutait le plus.

Il écarquilla les yeux lorsqu'il lui ordonna de le mettre. L'effroi surpassa la surprise quand il en savait la raison.

"Tu... tu plaisantes j'espère!"

Question qui pourrait paraître normale quand on connaissait le caractère espiègle de Veneciano, mais qui dans ces circonstances était tout à fait stupide.

Cela ne changeait rien au fait que lui vivant, Romano ne porterait jamais cette chose! Depuis qu'il était né, il n'a jamais porté de vêtements autres que civils, et même l'uniforme qu'il portait faisait encore relativement "paysan" quand on le comparait à ceux des autres nations. Pour lui, ce genre de tenue représentait le pouvoir, la tyrannie, la bourgeoisie... autant de choses qu'il haïssait au plus profond de son âme, et qu'il rejetait par un goût vestimentaire simple, parfois misérable. On pouvait lui reconnaître que de cette manière, les militaires ne risquaient pas de se tromper entre le Nord, qui était toujours bien habillé, et le Sud, qui avait toujours l'air d'un pauvre.

Il ne put réprimer la grimace de dégoût qui se peignait sur son visage en regardant la chose.

Non seulement son frère voulait qu'il la porte, mais il voulait en plus que ce soit pour rencontrer Mussolini, le chef de la Duce.

Rien que ça?

S'il y avait un italien au monde que Lovino avait descendu au même statut que n'importe quel Allemand, c'était bien cet homme. La raison? Elle remonte à 1922 lorsque le leader du fascisme décida que l'Italie du Sud n'était bonne qu'à se faire piétiner docilement sous les troupes de l'armée. Autant dire que Lovino l'avait encore en travers de la gorge, même si ce jour-là, il avait fait profil bas en voyant que Feliciano ne plaisantait pas. Il avait senti passer les coups, tout en ravalant sa rage, se jurant intérieurement qu'un jour, il lui rendrait la pareille.

"Veneciano, je ne veux pas porter ça, et j'ai tout sauf envie de rencontrer cet homme!"

Son ton était tranchant, net et imperméable de tout pourparler.

Il allait rajouter quelque chose mais la vision qui s'offrit à lui lorsqu'il trouva la force de détacher son regard de l'immonde amas de tissu noir pour le tourner vers son frère bloqua toute parole dans sa gorge. Jamais, Oh Grand Jamais, il n'aurait cru ressentir un tel effroi en présence de son petit frère. Le vêtement sombre qu'il avait mis avait changé intégralement sa silhouette, la rendant plus imposante par la présence des épaulettes et celle des armes ainsi que des gants donnaient une impression forte d'autorité. Le tout s'accordait bien, puisqu'il n'y avait qu'une seule couleur qui dominait l'entière tenue: le noir.

Que Dieu l'en pardonne, mais avec cette couleur sur lui parsemée de rouge ici et là, son couvre-chef imposant qui lui paraissait familier et ce sourire, Lovino crut un moment être en présence du diable en personne.

Aussi livide qu'un fantôme, Romano n'arriva pas à réprimer le mouvement de recul que son corps lui ordonnait de faire face au Vénitien. Quand ce dernier lui demanda son avis sur sa tenue, son coeur s'affola à une vive allure. Tant de mots défilaient dans sa tête pour caractériser la sinistre élégance dont faisait preuve son petit frère. Aussi, il choisit de ne pas répondre, par des mots, hochant la tête en détournant la tête.

Il n'y avait pas moyen qu'il devienne comme ça lui aussi.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Mar 6 Aoû - 10:52

La relation qu’il avait eue avec son frère n’était plus ce qu’elle était. Ses sentiments fraternels et d’attirance étrange s’étaient transformés en une relation de maître à chien avec la peur constante de voir cet animal lui mordre le mollet par surprise. Et pour se rassurer, Feliciano lui donnait des petites missions à accomplir, pas forcément très physique, mais qui pouvait prouver sa bonne foi.

Aujourd’hui Lovino arrivait dans le rouge, à la limite de perdre la confiance de son frère. Son petit lavage de cerveau commençait à perdre son effet et l’ainé se posait de plus de plus de questions, il n’y avait qu’à le regarder pour comprendre. Et il voyait alors son regard chercher un échappatoire, un coup d’œil en bas à droite, un coup d’œil en haut, Feliciano était doué pour les voir. Aucun doute, son ainé cherchait une excuse, et ce n’était pas au plus jeune des Vargas qu’il pouvait jouer à ça.

Et s’il l’abandonnait, que ferait-il ? Veneciano perdrait une grande force sur le terrain et ce n’était déjà pas facile actuellement. Et son frère ? Deviendrait-il neutre comme ce pédophile espagnol ou le suisse ou se décidera t-il à rejoindre la résistance des alliés ? … Faire de son frère le plus proche, sa moitié, l’ennemi à abattre. L’image ne plaisait décidément pas au vénitien.

Il écoutait ses paroles sans en perdre une miette. Lovino voulait fuir… le fuir. Se rendait-il compte de la demande qu’il était en train de prononcer ? En pleine guerre mondiale qui retirait des millions de vies humaines, son frère lui demandait de faire une pause. Il ne voulait pas un hamac et un cocktail pendant qu’il y était ?! Enfin, Feliciano savait bien qu’il s’agissait d’une excuse pour ne plus suivre les principes du cadet. Mais hors de question de le laisser filer.


"… Je ne peux pas t’accorder ça. Tu es bien plus utile à l’Italie et à l’Axe que tu ne peux imaginer. Sans toi je risque d’être en grande difficulté."


… Et en danger. Mais bien que le cadet ait été sincère, il ne s’était pas permis de finir sa phrase ainsi. Car s’il savait tous les risques qu’il courait sans lui, soit il l’enfoncerait dans cette misère, soit il le prendrait en pitié. Et les deux solutions n’étaient pas au goût du vénitien, qui bien que faible, gardait un minimum de fierté.

Impossible de libérer son frère. Les mois prochains, il le savait, risquaient d’être pire que ceux déjà écoulés. Feliciano allait faire un massacre en Grèce, il allait perdre Tunis face aux alliés, Arthur et Alfred allaient débarquer en Sicile, Rome allait être bombardée et l’allemand allait occuper le territoire du cadet avec une bonne gifle pour le punir de son humiliation. Et ça, ce n’était que la première moitié de l’année.

Son costume sur les épaules, le cadet attendit que son ainé en face de même. Mais en vue de la réponse qui lui avait été offerte, l’italien du nord comprit bien vite qu’il allait encore lui causer du souci.


"Je t’ai déjà accordé de ne pas porter l’uniforme bleu et de te laisser les couleurs de l’espagnol qui pourtant ne devrait plus avoir d’influence ici depuis longtemps. Je pense que j’ai déjà été relativement gentil avec toi jusque là."


Et Feliciano s’était forcé à garder un ton de voix sage et affectueux, accompagné d’un visage souriant et amical. Il avait été d’une très grande patience avec Romano, sinon quoi l’entente n’aurait jamais pu se faire. Cependant, Lovino était en train de foncer dans le mur et essayait, peut-être sans le vouloir, de frapper les points sensibles de son petit frère.


"Veneciano, je ne veux pas porter ça, et j'ai tout sauf envie de rencontrer cet homme!"


… Clic !

Cette phrase venait de démarrer un rouage dans la tête du plus jeune, celui qu’il utilisait avec les colonies qu’il considérait le moins.
Feliciano gonfla le torse et releva la tête pour le regarder de haut avec dédain. Une nouvelle flamme s’était allumée dans ses iris dorés, mais pas cette étincelle de joie qui avait l’habitude de l’habiter. Non, c’était… un mélange de colère et de folie qui écarquillaient doucement ses yeux.

Et son mouvement de recul avait tôt fait de l’exciter, comprenant qu’il s’agissait d’un moment de grande vulnérabilité et sans lui laisser le temps de réagir, le vénitien plaqua ses doigts recouverts de cuir sur le visage de son ainé avant même qu’il ne puisse détourner le regard. Par ce geste, on aurait pu avoir l’impression que l’italien cherchait à absorber son âme d’un simple contact, comme un envoyé des enfers aurait pu certainement le faire.


"Tu n’as toujours pas compris j’ai l’impression… Ce n’est pas une demande, c’est un ordre. Ton avis, tu le gardes pour toi, tu vas mettre ce costume pour l’heure d’arrivée du Duce, tu n’as pas à discuter."


La main sur son visage glissa jusqu’à sa gorge, le tenant fermement. Le petit sourire fier s’était transformé en quelque chose de beaucoup plus sadique alors que son regard brulant le dévisageait sans gêne. Certains auraient même pu distinguer une aura noire qui l’entourait petit à petit, comme celle qui encerclait les nations les plus cruelles et à l’esprit dérangé.
Feliciano profita de ce moment pour lui souffler à l’oreille des paroles glacées.


"… Je ne tolèrerai pas la moindre désobéissance."

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Mar 6 Aoû - 20:27

Évidemment. Avec son comportement plus que suspect, Romano n'était pas surpris que Veneciano lui refusa sa requête de rester un peu au pays, seul et en totale liberté, ou presque. Quelque part, il ne comprenait ses raisons, outre que sa paranoïa justifiée. Bien qu'il n'arrivât pas à mesurer précisément l'étendue de sa contribution, Lovino avait conscience qu'il fournissait à Feliciano un grand soutient, aussi bien moral que physique qui, il le savait, l'Allemand ne lui apportait pas. Et il ne pouvait en vouloir à son petit frère, puisqu'il avait choisi de son plein gré d'assumer ce rôle, coûte que coûte. À l'époque, rien ne lui importait plus que d'être un pilier sur lequel son cadet pouvait se reposer, bien qu'il ne mesure pas à quel point il avait pris de l'importance.

Mais aujourd'hui, il prenait conscience que ce n'était bénéfique pour personne d'agir ainsi.

À force de trop se préoccuper du Vénitien, et de la partie nord qu'il représentait, le Romain en avait oublié son propre peuple qui aujourd'hui le suppliait de revenir auprès d'eux. Il ne pouvait décement pas rester éternellement sourd à leurs cris désespérés, quand bien même il se sentait retenu par une chaîne invisible que tenait son cadet d'une main de fer. Et il sentait bien que ce dernier ne semblait pas prêt à relâcher la bride, bien au contraire. Lovino savait depuis le début que son souhait ne rencontrera qu'un refus sec, déguisé sous une douce hypocrisie, mais au moins eut-elle le mérite de détourner l'attention de Feliciano des inquiétudes qu'il eut dès le départ sur son ainé.

Du moins jusqu'à maintenant.

Les dents serrées et les poings fermés, Romano écouta la voix mielleuse couvrant un ton bien plus sombre de son frère. Il ne savait pas ce qui l'agaçait le plus entre le fait qu'il lui rappelle lui avoir autorisé de garder les couleurs espagnoles ou le fait qu'il dise avoir été gentil avec lui. Eh bien, quelque part, oui, Veneciano fut gentil avec lui. Oh bien sûr, il a appauvri son peuple, mais au moins il ne l'a pas massacré ou oppressé comme c'était le cas ailleurs. Oui, il devenait de plus en plus tyrannique, mais contrairement à l'Allemand, il était beaucoup plus laxiste. Oui, son petit frère était d'une extrême gentillesse, surtout quand on le comparait à son soi-disant meilleur ami.

"Si j'ai décidé de m'inspirer des couleurs espagnoles pour faire mes uniformes, c'est encore mon droit! Et de toute façon, même si ça viens de chez lui, c'est avant tout ma culture!"

Il savait qu'il soulevait là un sujet très, très sensible. Mais c'était la vérité. Que ce soit lui-même ou son peuple, l'Italie du Sud était loin d'avoir oublié tout ce qu'Espagne lui eut apporté autrefois. C'est lui qui fit ce qu'il était aujourd'hui, marquant ainsi profondément la différence culturelle avec le Nord. Jusqu'à présent, Romano avait pensé que ça ne poserait pas de problème et que ça s'estomperait avec le temps. Cependant, il se rendit vite compte que pour être un pays unifié, il fallait être uniforme. Cela voulait dire abandonner ses particularités régionales pour adopter les habitudes dictées par l'unique gouvernement du pays.

Mais Lovino ne voulait pas de ça. Surtout lorsqu'il s'agissait d'adopter des symboles de haine et de mort comme l'était l'uniforme noir que son petit frère voulait qu'il porte. Normalement, un uniforme militaire se distinguait par le pays qu'il représentait, permettant ainsi aux soldats de témoigner la fierté qu'ils avaient de servir leur patrie. Mais cet habit, ce n'était même pas une représentation de l'Italie, qu'elle soit Nord ou Sud. Ce n'était que la marque d'une soumission à une poignée de fous mégalomanes qui prenaient les citoyens pour des serviteurs. Rien de plus. Et les seuls sentiments que pourrait ressentir Romano en le portant seraient une profonde honte et un immense déshonneur.

Il aurait voulu partager son point de vue avec Veneciano, mais celui-ci ne lui en laissa jamais le temps.

Normalement, ses réflexes aiguisés au combat au corps-à-corps auraient dû lui permettre de voir le coup venir, surtout qu'il nota le changement d'expression soudain sur le visage de Feliciano. Malheureusement, Lovino prit l'habitude de baisser sa garde en présence de son petit frère, chose évidemment normale pour une personne proche. Il paya cher cependant cet abus de confiance lorsque sa vue fut littéralement couverte par un gant en cuir couvrant une poigne particulièrement forte. Son coeur manqua un battement, déstabilisé par ce geste d'autant plus violent qu'il ne s'y attendait pas du tout. Sur le coup, il voulut se saisir de cette puissante main qui semblait prête à lui écraser le crâne mais ses bras brassèrent dans le vent, complètement déstabilisé.

"Ve... Veneciano... Qu'est-ce que tu fais?"

Un ordre? Il n'avait pas d'avis à donner? Mais pourquoi diable alors lui posait-il des questions depuis tout à l'heure s'il s'en contrefichait de ce qu'il pouvait bien penser? Bien que tétanisé par la peur, Romano sentit autre chose monter en lui. Un ressentiment qu'il n'avait pas eu depuis bien longtemps, et qu'il ne penserait pas avoir de nouveau après avoir rejoint Veneciano. Lentement, sa respiration qui était saccadée se calma, ses muscles se détendirent et même sa poitrine parvint à maîtriser les coups de tambours qui s'affolaient en elle. Il sentit la poigne se desserrer, mais pas le lâcher, alors qu'il s'entêtait à garder ses yeux qui s'étaient fermés sous le choc.

Ce fut lorsque son cou fut pris dans une étreinte similaire alors que des mots acerbes lui étaient murmurés qu'il ouvrit ses pupilles ambre vert pour soutenir les deux pierres or de son frère.

Les sourcils froncés, le regard fixe et sans hésitation, la respiration saccadée, Romano témoigna à Veneciano sa volonté de fer d'un simple regard. Un regard qu'il avait déjà offert à bon nombre de Nation qui crurent pouvoir le soumettre en un rien de temps et qui finalement s'en mordirent les doigts. Bien que la terreur subsistât en lui d'avoir sa vie tenue d'une main, bien que cette aura de cruauté l'écrasât sans pitié, bien qu'il sût qu'il était en position de faiblesse, il avait en lui un sentiment bien plus important qui l'emportait sur sa lâcheté naturelle. Une flamme qui avait fini de le sortir de sa léthargie, lui faisant découvrir le vrai visage de la folie qui rongeait son frère depuis si longtemps. Cela n'avait que trop duré, il était temps qu'il se réveille.

La révolte.

"Je ne porterais pas ton uniforme de pantin, même si c'était la dernière chose qui me restait pour me vêtir!"

Sur ces paroles, il se saisit du bras de Veneciano sans le quitter des yeux afin d'y exercer une pression en espérant que cela suffirait pour qu'il le lâche.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Mer 7 Aoû - 20:41

Voilà, Feliciano avait à présent dégoupillé la grenade. C’était une image bien sûr, mais tout cela pour dire que maintenant, sa relation avec son frère allait très rapidement évoluer. Lovino représentait cette grenade dont le cadet avait retiré la sécurité, mais seul l’ainé savait à présent quand il allait exploser au visage du cadet. Et même si elle devait mettre du temps à le faire, une grenade dégoupillée finissait toujours par exploser. Toujours.

Veneciano le savait, le temps était à présent compté jusqu’à ce que son frère prenne sa décision. Par sa folie, l’italien du nord venait de signer sa perte, le seul réel soutient qui lui restait à présent était Ludwig. Ce qui voulait dire… qu’au moindre faux pas… si sa politique venait à louper une marche… il serait annexé sans autre forme de procès.

Mais aussi fort pouvait être son amour pour l’allemand, il ne voulait pas ça. C’était se ridiculiser bien plus qu’il n’aurait pu le faire durant toute sa vie. Il fallait qu’il reste, il fallait que son frère reste. Mais gentil ou ignoble, Lovino n’avait pas décidé de l’entendre de cette oreille.

Son cœur s’accéléra.
Il n’avait pas d’échappatoire.
Sans lui… Il allait forcément perdre.
Il ne devait rien lâcher, rien.

La pression qu’exerçait sa main sur sa gorge s’accentua, hors de question qu’il le libère. Il pouvait bien essayer d’y faire quelque chose, mais si ce n’est lui couper le bras, plus rien ne semblait pouvoir être efficace.
Ces yeux écarquillés avaient laissé place à des pupilles tremblantes, signe incontesté de la peur qui commençait petit à petit à le ronger.


"Tu ne peux pas, tu dois le faire, tu dois le faire, tu dois…"


Feliciano était plongé en plein monde parallèle, un monde sombre qui lui donnait un avenir sinistre baigné dans le sang et le malheur. Ça allait le grignoter, lentement… cette folie dont il n’était pas sûr de pouvoir ressortir un jour. Son grand-frère pouvait-il lire son état de la même manière que son cadet pouvait sonder son esprit ? Et si c’était le cas, prendrait-il pitié de lui ? Resterait-il finalement à ses côtés ?


"…"


Les lèvres de Feliciano s’ouvrirent et se refermèrent sans donner le moindre son, comme si les cordes vocales lui avaient été sectionnées. Lui-même hésitait sur l’attitude à adopter. Si Lovino refusait d’obéir, les deux italiens allaient être punis à la hauteur du blasphème qu’ils étaient en train d’accomplir. Un trou dans ses rangs à l’arrivée du Duce se remarquerait tout de suite et ne serait pas toléré.


"On va avoir des problèmes… De graves problèmes…"


Il devait le mettre ce costume. Il devait le mettre ce putain de costume ! Qu’est ce qu’il allait pouvoir dire sinon ? Comment allait-il pouvoir expliquer cette absence alors que tous les Italiens ici le savait présent et au courant de la situation ?!
« Ahah, oui en fait, il ne peut pas vous voir en peinture. ».
« Il avait quelque chose de plus important à faire que voir le Duce. ».
« Le costume l’écœurait. ».
Non… Il n’avait aucune excuse.


"On ne te laissera pas sortir d’ici sans que tu le voies… Le Duce tient personnellement à te voir."


Il avait voulu faire bonne figure et montrer son frère sous son meilleur angle pour que ce sentiment de soupçon soit le plus dissipé possible, mais son frère n’écoutait rien. Si Mussolini avait le malheur de penser qu’il fallait mater le sud en le voyant, les deux Vargas partaient tout droit à la catastrophe et provoqueraient plus que certainement une guerre civile.


"Tu ferais mieux de mettre ce costume… N’essais pas de faire le fier ou de te jouer de lui, tu risques de le payer plus cher que tu ne le penses."


Le ton était sec, tranchant. Mais il n’avait plus la force ni les moyens de jouer les mielleux. Sa peau avait également blêmit avec toute l’agitation malsaine de son cerveau, donnant un regard bien plus effrayant encore qu’auparavant. Le genre de regard que les humains pouvaient offrir au seuil de la mort.

Et en attendant, Feliciano n’avait pas lâché son cou, ni même la pression qu’il y exerçait. La main de son frère, il ne la sentait pas, la peur et la folie du moment ne lui permettait pas de sentir ce genre de douleur. Et puis, il voulait que Romano écoute, il voulait lui faire comprendre la gravité de la situation et qu’il n’allait pas y échapper comme on peut poser un lapin à une conquête. Il devait montrer une Italie unifiée au chef, pas deux morceaux qui se disputaient toujours la part du gain. Sinon quoi, leurs ennuis n’allaient que commencer.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Jeu 8 Aoû - 23:16

La colère de Romano n'était pas encore à son paroxysme.

Elle était encore maîtrisée par la peur; une peur farouche, tenace, qui ne le quitta pas au ventre malgré toute la rancune qui s'était accumulée dans son coeur, entretenant un feu de plus en plus vif au fur et à mesure que le Vénitien l'attisait sans le savoir. Cela ne suffisait pas pour effacer la crainte que lui inspiraient les yeux légèrement fous et terriblement déviants de son petit frère. À l'image de sa tenue noire qui ne reflettait plus rien d'honorable dans l'humanité, Veneciano semblait avoir perdu tout sens commun, toute notion de morale ou d'éthique, ne laissant place qu'à une soif de pouvoir.

Pourtant, à travers les brumes de la démence, Lovino vit autre chose dans les yeux ambre de Feliciano, il vit se refléter la même peur que lui. Non, ce n'était pas la même. Alors que l'Italie du Sud tremblait au fur et à mesure que les mains se resserrèrent sur sa traschée, craignant pour une mort dont les nations n'étaient pas si à l'abri que cela, c'était autre chose qui effrayait son cadet. Pourquoi? Que pouvait donc bien craindre l'Italie du Nord au point d'en être obligé de menacer son propre frère? Ce n'est pas comme si c'était un acte si grave de refuser de porter l'uniforme fasciste et rencontrer leur chef commun.

Si?

Romano était encore naïf, il ne comprenait pas encore totalement la gravité de son geste et surtout, de son refus. Aussi, lorsque l'air commença cruellement à lui manquer, la panique prit le pas au-dessus de la colère. Est-ce que Veneciano serait vraiment capable de le tuer, ici et maintenant? Si on lui eut posé la question tantôt, il aurait répondu avec passion que non, son petit frère ne serait jamais capable d'un acte pareil. Mais maintenant que le cuir marquait sa peau et que le rouge commençait lentement à colorer son visage, sa réponse pourrait-elle être aussi sûre qu'avant?

Il entendit des mots, des phrases, aussi désordonnées que devaient être les idées de son agresseur.

"Ve...ne...cia... no..."

Aussi hésitant que lui dans ses paroles, Romano tenta de trouver une position afin de pouvoir mieux parler, mais c'était peiné perdue. Malgré sa situation claire de faiblesse, il ne put s'empêcher, lorsque Feliciano lui dit qu'ils auront des problèmes à cause de sa rébellion, d'avoir un rire jaune. Le genre de rire qu'un condamné à mort sortirait si on lui demandait de choisir entre la guillotine et la pendaison. Alors c'était ça qui effrayait son pauvre petit frère? Attirer la colère du boss parce que ce dernier voulait absolument le voir lui, Italie du Sud, dans l'uniforme noir qui prouverait enfin que oui, il n'était pas un cas irrécupérable comme ces sauvages d'Africain et qu'on allait peut-être en faire un bon pion finalement.

"Des problèmes?" Demanda assez difficilement Lovino d'une voix rauque. "Veneciano... la moitié de l'Europe... non, du monde veut notre peau et ils sont à la porte du pays! Je trouve que ces problèmes sont légèrement plus importants que ton Duce!"

L'Italie du Sud avait l'Angleterre et l'Amérique littéralement au cul, le Russe avait pratiquement fini de les bouffer, France continuait la résistance lentement mais sûrement et même en Asie ça commençait à s'agiter. Lovino avait autre chose à faire que jouer les hypocrites devant un homme qu'il détestait, qui plus est déguisé en antéchrist. Qu'ils se démerdent avec ce type qui n'a fait que profiter de la faiblesse des Italiens pour prendre le pouvoir, Romano devait s'occuper de choses bien plus importantes, comme sauver son territoire de l'invasion ennemie. Du moins en apparence. Si son frère avait peur de cet homme; un humain, alors il était descendu bien bas...

Alors que le sang ne lui montait plus tout à fait jusqu'au cerveau, Lovino ne se sentait jamais aussi lucide sur les événements que maintenant. De ses deux mains, il s'accrocha au bras de son petit frère qui s'entêtait à le garder prisonnier pour y mettre toute sa force.

"Je m'en fous complètement! Je ne vois pas ce que sa Seigneurie voudrait faire avec un pécore comme moi! Tu n'auras qu'à dire que je suis occupé à ramasser le foin qui engraissera son armée!"

Malgré toute la hargne qu'il mettait dans son opposition, Lovino sentit de plus en plus ses forces lui manquer. Il comprit alors qu'il ne lui servait à rien de parlementer, comme d'habitude. Depuis toujours, il tentait de faire des compromis avec l'Italie du Nord, de moins en moins pris en compte au fur et à mesure que le pouvoir de ce dernier grandissait. Au final, on lui proposait et il n'avait d'autres choix que d'accepter. L'Italie du Sud ne voulait plus de cette situation! La détermination de Feliciano était sans failles; mêlée à cette démence qui semblait le plonger dans un état second, il savait qu'il n'en avait pour plus très longtemps s'il continuait sur cette voix.

"Ça suffit! Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans ces mots : "Je ne le ferais pas!' "

Sur ces mots, il donna un coup de genou dans le ventre de Veneciano, assez fort, il le souhaitait, pour lui faire lâcher prise car il commençait à ne plus sentir ses poumons.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Ven 9 Aoû - 17:51

Que pouvait-il bien faire à présent ? Plus rien, il était coincé et le temps commençait à manquer. Lovino refusait encore et toujours catégoriquement de mettre le costume qui lui avait été offert, prouvant même aux plus idiots que le représentant du sud ne cautionnait pas le régime en place et qu’il était ainsi prêt à se rebeller contre son frère.

Feliciano lui, n’abandonnerait pas. Il était parti trop loin, son pouvoir était déjà fragile, surtout dans ses colonies. A présent, il savait qu’il allait perdre beaucoup de batailles sans l’ainé pour l’épauler. Et le départ de celui-ci signifiait la venue imminente de Ludwig. Et ce ne serait pas pour boire un café avec lui. Car vu le soutient qui lui manquait, l’allemand allait prendre purement et simplement les rênes du pays. Ne lui laissant qu’une pâle position de figurant, un objet décoratif qui donnait bonne figure dans la grande maison italienne.

Un coup de pied bien placé dans l’estomac, le vénitien prit un mouvement de recul tout en lâchant sa prise et en posant ses mains là où le coup avait été porté. Aucun bruit n’était sorti de sa bouche, seul une grimace sur son visage et son corps légèrement penché en avant trahissait la douleur du moment.

Mais combien même son comportement le mettait dans une situation plus qu’incertaine, l’italien du nord avait décidé qu’il ne répliquerait pas. Il n’avait pas envie de se battre contre lui, lorsqu’il se remémorait le sang versé devant ses yeux, taper des poings et des pieds avec son ainé lui semblait bien trop futile et inutile. Il espérait donc que ses mots, eux, auraient un impact plus puissant que le coup qui lui avait été donné.


"… Tu commets un acte de haute trahison. Tu sais que cela veut dire ? Que tu vas toi aussi entrer en guerre seul. Si tu suis ce chemin, tu vas subir des bombardements, des massacres et des incendies de grande ampleur… Nous allons être ennemis et tu devras subir ça seul… et peut être même… de mes mains…"


Feliciano baissa les yeux avant de jeter à coup d’œil à la fenêtre d’un regard sombre. Il n’allait plus tarder et son frère ne pouvait pas rester ici en boudant comme un enfant à qui on aurait refusé une glace. Soit il allait voir le Duce comme il avait été prévu, soit il restait ici et se ferait prisonnier pour un nombre années encore impossible à comptabiliser, soit…


"Fuis."


C’était le dernier geste de bonté qu’il pouvait encore lui faire. Lui laisser un peu d’avance, comme le dernier cadeau qu’il pouvait lui offrir, un remerciement pour ces quelques années de bons et loyaux services. Il ne pouvait faire que ça et prendre sur lui, lui seul aura des ennuis aujourd’hui, mais ce qui allait poursuivre son frère ne semblait pas encore imaginable pour l’ainé.


"Dépêche-toi, tu n’as plus beaucoup de temps pour le faire. Après ça… On m’ordonnera sûrement de te traquer…. La prochaine fois qu’on se verra…"


… la guerre civile entre nous aura commencé. Lovino l’avait surement compris et l’italien du nord ne tenait pas à le dire, ces mots lui brûlaient bien trop la gorge. Cette fameuse guerre entre les deux italiens ne commencerait officiellement qu’en septembre 1943 en réalité, mais avec le recul, ce n’était pas si surprenant. L’hésitation, les derniers sentiments d’affection que les deux ressentaient encore l’un pour l’autre, allait faire tarder les coups fatidiques. En attendant, Feliciano était persuadé que Ludwig se chargerait de le poursuivre et de faire les massacres à sa place pendant que le cadet fermerait les yeux et se boucherait les oreilles.


"… Ne vas pas te battre contre Ludwig tête baissée, c’est un conseil que j’aimerais que tu prennes avec beaucoup de sérieux. Je te donne ça, fais en bon usage."


Le vénitien avança vers son frère et lui donna un morceau de papier. Une carte où étaient entourées les zones dangereuses, peuplées d’allemands et de soldats comme lui dans le coin. Durant sa fuite, il devait à tout prix les éviter au risque de revenir à la case départ avec des blessures et des chaînes lourdes.


"Maintenant, vas t-en !"


Il lui ouvrit la porte et baissa la tête à nouveau pour que son visage ne soit pas visible. Il ne préférait pas le regarder au risque de changer d’avis quant à la fleur qu’il était en train de lui faire. Maintenant, Feliciano espérait de tout cœur ne plus le voir, non pas parce qu’il détestait, mais parce qu’on lui demandera d’être bien plus cruel qu’il n’a pu l’être jusque là.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Ven 9 Aoû - 22:54

La liberté lui tendait les bras.

Il suffisait juste qu'il ne cède pas à cette diabolique envie de faire machine arrière en voyant l'état dans lequel Veneciano se mettait. Il ne fallait pas qu'il se montre lâche une fois de plus. Sa couardise l'avait mené, lui et son frère, dans cette situation extrême qu'il aurait pu empêcher s'il avait eu le courage de faire entendre son opinion. Mais en ce moment, puisant dans la force que la colère et la révolte de son peuple lui donnaient, il s'extrayait petit à petit des chaînes qui bridaient ses mouvements jusqu'à entrapercevoir la frontière qui le mènerait à cette vie indépendante qu'il eut abandonnée il y a de cela quelques décennies. Une vie qui lui manquait.

Il écouta Feliciano lui expliquer qu'il était en train de franchir un point de non-retour, que d'une certaine façon, tout était fini entre eux. Ce ne furent pas les promesses de souffrance et de mort pour ses citoyens qui donnèrent ce coup de poignard dans son coeur, car les Italiens subissaient déjà, en silence et dans les coulisses, ce que lui expliquait son cadet. Romano y était préparé depuis longtemps; à l'instant même où ils étaient entrés en guerre, il savait qu'il ne pourra pas épargner le territoire de se faire mitrailler. Jusqu'à présent, ils eurent la chance de ne pas avoir été touché car l'Axe avait dominé le conflit, mais maintenant que la situation se renversait, ils n'étaient plus intouchables.

Pourtant, ce qui lui fit mal, c'est de savoir qu'ils deviendraient ennemis.

"Veneciano... je ne suis pas contre toi."

Ces mots furent simples, mais résumèrent bien l'esprit de Lovino.

Feliciano semblait avoir oublié que ces noirs sentiments que cultivait son grand frère, ce n'était pas à son encontre. Le Romain a fait une promesse lors de leur réunification, et cette promesse tenait toujours; toujours, jusqu'à la fin, il sera du côté de son petit frère, même si cela devait l'entraîner jusqu'à la mort. S'il souhaitait vraiment la chute du vénitien, comme l'Anglais ou même l'Américain, il ne l'aurait pas suivi jusque dans ce bâtiment infesté de militaires. Il se serait débrouillé pour se retrouver seul avec lui afin de le kidnapper pour mettre fin au régime...

Et lorsque cette grâce, cette porte ouverte par Veneciano se présenta à lui, il sentit alors le poids de toutes ses responsabilités qui l'incubaient jusqu'à présent. La proposition était tellement alléchante. Lui, l'Italie du Sud, le roi de la course-poursuite dans le rôle du traqué, voyait l'opportunité de faire une sortie fracassante, sans se blesser ou risquer quoi que ce soit. Ah, c'était bien trop beau pour être vrai, surtout vu la manière dont son petit frère lui présentait les choses. Ses conseils, ses avertissements et même cette carte... Ah, ça lui donnait sans doute le beau rôle de donner ainsi un répit à son ainé!

Maintenant libre de ses mouvements. Lovino n'arriva pas à retenir le rire qui montait en lui. C'était si généreux de la part de Veneciano de lui dire de devenir la cible de tous, que ce soit du côté de ses "amis" ou de ses "ennemis". Actuellement, l'Italie était toujours considérée comme un membre de l'Axe, et donc comme une ennemie à abattre. Ceux qui ne pliaient pas à l'invasion étaient beaucoup trop affaiblis pour lui apporter leur aide car ce serait plutôt à eux de leur en apporter. Quant aux aux "neutres", ce n'était même pas la peine d'y penser; ils l'enverraient valser sans même l'écouter parler.

D'une main, il se couvrit les yeux pour empêcher les larmes de monter tandis que l'autre serrait fort le bout de papier qu'il venait de recevoir.

"Fuir dis-tu... mais où donc veux-tu que je fuis, Veneciano? Je suis seul! Je n'ai nul part ou aller, personne sur qui me reposer. C'est ici mon pays! "

Il lui disait d'abandonner l'Italie, de l'abandonner lui, sa moitié! Le nord... Son Nord! Combien même il haïssait ce gouvernement, combien même ces gens le répugnaient, combien même cette envie de rejeter tout ça le démangeait, une partie de lui-même ne pouvait s'y résigner. Il ne pouvait pas laisser son petit frère ici, il en était tout bonnement incapable. Il avait tout laissé tomber, jusqu'à sa liberté, pour protéger Feliciano, et voilà que ce dernier se proposait de le laisser s'enfuir, faisant face à son triste sort. Lovino compris alors ce qu'il pouvait ressentir, mais cela n'en renforça que davantage sa détermination.

Il était hors de question pour Romano que Veneciano soit meurtri par sa faute.

Il était le seul fautif ici. Il n'a pas su arrêter ce dément qui était maintenant en tête du pays; il a préféré courber l'échine face à la douleur et la peur, et il était maintenant le seul qui se rebellait, incarnant une poignée titanesque d'Italien. Tout cela n'avait rien à voir avec le Vénitien; il n'avait pas à en payer les conséquences. Mais le romain savait aussi qu'il ne pourra plus préserver son frère du malheur pendant très longtemps maintenant que la situation avait changé. Alors peut-être que cette proposition, ce geste de la part de Feliciano, c'était en quelque sorte un signe.

Si Romano s'enfuyait, et si le bruit courait qu'il avait trahi à la fois l'Axe mais aussi le gouvernement fasciste, alors peut-être qu'il pourra obtenir gain de cause auprès des alliés. L'idée lui a toujours trotté dans l'esprit de changer de changer, mais il ne put jamais le faire car il savait que Veneciano ne le laisserait pas. Mais là, il avait une opportunité. Il pourrait alors sauver la famille qui lui restait, et éviter la catastrophe qui leur pendait au nez. Mais pour ça, il ne devait pas laisser de soupçons planer sur son petit frère, il devait être le seul fautifs, le seul traitre à abattre.

Mettant le plan dans sa poche, il s'avança jusqu'à être en face de son frère pour poser ses mains sur ses épaules.Doucement, il se pencha devant son visage jusqu'à ce que leur front se touche puis murmura doucement:

"Je ne t'abandonnerais pas, Fratello. Je continuerais à te protéger, jusqu'au bout! J'espère juste... que tu me pardonneras."

Sans prévenir, il assena un monumental coup de tête à Feliciano qui dut lui faire voir trente-six chandelles. Lui-même à moitié assommé par ce coup à double tranchant, cela n'empêcha pas Lovino d'enchaîner avec un crochet du droit, arrachant sans doute une ou deux dents au Vénitien. Le choc envoya le cadet Vargas valser dans les couloirs ou quelques militaires, interloqués, virent la scène sans trop la comprendre. L'ainé s'avança, la gueule en sang et s'empara de son petit frère par le col pour le plaquer violemment contre le mur avant qu'il n'eut le temps de retrouver ses esprits.

Il hurla de manière à ce qu'on l'entende bien, même à l'autre bout du couloir.

"Je te faisais confiance et tu t'es joué de moi! C'est terminé maintenant! Je pars retrouver mes camarades, et ce n'est pas toi qui m'en empêcheras!"

Il se mordit la lèvre pour réfréner la pulsion qui montait en lui, et lâcha le vêtement noir qu'il détestait par-dessus tout, laissant ainsi tomber son frère sur le sol comme une loque. Il se retourna d'un côté puis de l'autre, ses yeux verts dorés remplis d'une fureur à peine feinte puis s'engagea ventre à terre à droite, là ou la sortie était le plus proche, pour foncer. Surtout il ne devait pas se retourner, sinon il n'allait plus jamais pouvoir repartir. Il devait courir, courir sans jamais faillir, bousculant les obstacles face à lui et surtout, ne pas hésiter.

Désormais il avait fait son choix.

Mais il se promettait, du fond du coeur, qu'il reviendrait récupérer son frère et le mettre à l'abri du danger qu'il était en train de fuir. Cela n'allait durer qu'un temps; juste ce qu'il faut pour assurer à lui et à Veneciano un statut protégé durant ce conflit. Juste le temps qu'il pactise avec les Alliés, qu'il obtienne la garantis de libérer le pays de la domination du dictateur et de l'Axe. Lorsque cela sera fait, il pourra revenir voir son frère sans crainte et ils pourront de nouveau avancer ensemble.

Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il venait d'engendrer les premiers rouages d'une nouvelle séparation entre le nord et le sud malgré lui.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Sam 10 Aoû - 17:54

Les secondes défilaient et Lovino ne semblait toujours pas décidé à accepter le cadeau de son frère ou non. Pourtant ce n’était pas un choix très difficile à son humble avis. Il lui offrait la liberté et la possibilité de s’organiser pour le contrer. Par ce geste, il trahissait son pouvoir, l’axe, Ludwig… Il trompait Ludwig pour essayer de sauver son frère de cette alliance qui, à dire vrai, lui semblait bien plus fragile que celle des alliés.

Restait maintenant à son ainé de ne pas utiliser son geste pour faire n’importe quoi. Hors de question de revenir dans le sud pour faire la sieste, draguer et cueillir les tomates. Même libre, il ne pouvait pas avoir du temps pour ça, car lui aussi était toujours en guerre… Et maintenant contre lui.

Feliciano de son côté restait sourd à l’appel du peuple, il avait déjà choisi sa voie. Il avait renversée la monarchie chez lui, crée une république forte et conquerra des colonies pour prouver sa force aux yeux du monde. Une république plus proche d’un empire qu’il voulait puissant à l’égale de son aïeul. Mais avec le départ de Romano, sa tâche allait bien différer. Maintenant, il allait devoir surtout essayer de conserver ce qu’il avait gagné depuis le début de sa réunification. Et ça n’allait pas être facile pour lui seul.

Son frère lui affirmant qu’il n’était pas contre lui, le vénitien resta muet à cette révélation pourtant pas si surprenante. Il ne pouvait pas dire ça tout de suite, il ne savait pas encore ce que le cadet allait bien pouvoir laisser faire dans le territoire de son ainé. Son discours avait encore le temps de changer, et c’est lorsqu’il verra ses hommes tomber à ses pieds que Romano se rendra enfin compte qu’il faudra viser son plus jeune frère du canon de son arme.


"Tu dis ça aujourd’hui. Mais ça changera demain."


Même si sa haine n’allait pas directement à lui, elle allait à l’encontre de son gouvernement et de ses amis. Et même si lui-même ne le détestait pas, il le combattra jusqu’à ce que sa victoire ou sa défaite vérifiée et assurée.
Et il entendit ce rire…

Feliciano ferma les yeux à cet instant tout en serrant les dents, il avait eu l’impression d’entendre sa propre folie qui avait décidé de s’échapper de son corps pour venir occuper celui de l’ainé des Vargas. Il ne pouvait apparemment pas comprendre que c’était la seule chose que pouvait faire le cadet. Son rôle était encré dans cette guerre, il ne pouvait pas laisser ce qu’il avait bâti comme il se serait débarrassé d’un tableau qu’il aurait raté lors de sa conception.


"Q… ?"


Il ne comprit pas les dernières paroles que lui offrit son frère ainé, et il n’eut même pas le temps de lui poser la question sur comment il était censé le protéger dans une situation pareille.
Un coup lui frappa violemment le crâne. Son regard se fit soudainement floue et son esprit s’échappa de son corps alors qu’il sentait son corps bouger malgré lui, comme s’il était emporté par les courants océaniques. En fait, il s’agissait d’autres coups que Lovino lui donnait sans le ménager, mais le fait d’avoir été assommé avant revenait à une anesthésie générale.

L’italien du nord entendit par la suite son frère crier après lui, sans qu’il ne parvienne à déchiffrer le moindre mot. Tant mieux finalement, cela lui avait permis d’éviter de se poser trop de questions pour savoir s’il avait été sérieux ou non en lui crachant de tels mots. Ses vêtements noirs avaient tenu à son assaut, mais il lui avait semblé entendre une ou deux médailles tomber de sa veste et résonner d’un bruit aigu sur le carrelage du couloir.

D’autres bruits étaient parvenus à ses oreilles d’ailleurs. Le bruit de pas s’éloignant de lui, les cris de surprise, d’autres qui ordonnaient d’informer les plus hautes autorités. Porté par un soldat qui semblait vouloir imiter la carrure allemande, il se trouva bien vite sur un lit de l’infirmerie avec un sac de glace sur le front.


"… Où est Lovino ?"


L’homme qui l’avait accompagné semblait chercher ses mots. Il savait qu’il était le frère du vénitien, bien que son acte était impardonnable. Après quelques secondes de réflexion, l’interlocuteur lui dit simplement que son ainé était parti et qu’il n’aurait plus la possibilité de revenir. Feliciano à ces mots, se retint de sourire. Ainsi donc, Romano avait accepté son offre, c’était le mieux à faire pour lui.

Quant au vénitien, au moins, il éviterait ainsi la confrontation avec le Duce vu son état physique comme psychologique. Bien que ses supérieurs se chargeront bien à sa place de lui dire l’ainé des Vargas avait déserté les troupes.


"Ainsi donc… A partir de maintenant… nous devrons nous affronter. C’est la première fois que ça nous arrive il me semble."


Dans tous les cas, même s’ils retenaient leurs coups entre eux, le reste de l’Axe et des Alliés se chargeraient bien de punir l’un et l’autre sans l’aide d’un des frères. Cela facilitait la tâche d'un certain point de vue. Et à présent, sans l’aide d’une quelconque divination, les deux Vargas pouvaient bien imaginer que leurs souffrances venaient tout juste de commencer.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Dim 11 Aoû - 20:25


24 Mars 1944, Rome


Une douleur.

Et puis rien.

De nouveau cette douleur.

Suivi par ce léger temps mort.

Jusqu'à ce que ça recommence.


Cela faisait plus d'un an que Lovino Vargas avait abandonné sa chère capitale pour aller se réfugier bien plus au sud de l'Italie. Cette ville que l'on disait éternelle qui fut jadis le berceau de l'Empire de son grand-père. Cette ville qui aujourd'hui encore, résistait malgré la folie que cela était de se dresser à la fois contre les nazis et contre les fascistes. Romano était fier de ses concitoyens. Même s'il n'était pas là pour les guider, ses hommes continuaient de se battre malgré leur position de faiblesse. Ce qui remplissait le plus l'Italie du Sud de fierté fut sans doute ces quatre journées de Naples ou il décrocha sa première victoire contre Ludwig, lui bottant le cul hors de la ville sans plus de manière.

Depuis, le Sudiste avait trouvé ce nouveau courage en lui, et c'est supporté de très loin par l'Anglais et l'Américain, qu'il conquiert petit à petit son territoire, avançant sûrement jusqu'à arriver aux portes de Rome.
Jamais il ne put retourner dans cette ville à cause de la peur qui l'empêchait de franchir le seuil. Combien de fois n'avait-il pourtant pas frôlé ce territoire sans jamais oser y pénétrer. C'était là qu'il avait abandonné Veneciano pour aller s'allier avec Angleterre et les autres, et depuis, il n'a vu son petit frère qu'une fois. Une seule fois. Lorsqu'il l'a kidnappé pour le forcer à rejoindre comme lui les forces Alliées. Le jour d'après, c'est une chambre vide qu'il retrouva, sans aucun mot, la vague silhouette de l'Allemand se dessinant sur les rideaux. Lovino avait réussi à faire passer ça pour une invasion forcée aux yeux des anglo-saxons, mais au fond, il savait que Feliciano avait juste fait son choix.

Pourquoi?

Pourquoi, alors qu'il avait trouvé le moyen de les sauver, lui et son frère, de l'horreur dans laquelle les avait plongés Allemagne, Veneciano décidait de retourner de son plein grès. Cela ne pouvait pas être de la peur; Romano aurait tout fait pour le protéger, même si l'armée Nazi avait envahi le nord de l'Italie, il n'aurait pas hésité une seule seconde à mobiliser toutes ses troupes pour les renvoyer d'où ils viennent. Mais non. Le Vénitien avait préféré rester du côté de l'Axe, s'accrocher à ce dictateur qui n'était plus maintenant que le pantin des nazis et s'accrocher à cette idéologie aussi absurde que vaine. Autant de temps qu'il n'eut plus désormais eus des nouvelles de son frère autant qu'il ne vit plus le visage de sa capitale.

Mais aujourd'hui c'était différent: elle l'appelait. Ses concitoyens l'appelaient. Chaque balle tirée, chaque vie enlevée, chaque cri poussé, il les ressentait au plus profond de son âme, le poussant à s'enfoncer plus profondément à travers les bâtiments et les rues. Quelle folie qu'il commettait; alors qu'il représentait toute la résistance italienne, la bête noire de l'Allemand, il se promenait à visage découvert dans la ville qu'ils avaient assiégée sans se préoccuper le moins du monde de sa discrétion.

L'heure n'était plus à la raison, mais à l'instinct.

Et son instinct lui disait que cette ordure de Ludwig était en train de lui faire mal à travers son peuple. Chaque minute qui passait et c'était un homme, une femme ou peut-être même un enfant qui mourrait sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Il devait le retrouver. Il devait arrêter ce massacre avant qu'il ne soit trop tard. Titubant, il regardait d'un oeil vitreux chaque allée, chaque passage, se demandant bien d'où venait ce carnage. Le souffle saccadé, il dut se forcer à continuer d'avancer sur les routes pavées alors que des larmes de douleur lui montaient aux yeux.

Sans prêter attention aux regards surpris des passants, il s'arrêta à bout de forces pour s'asseoir contre un mur, le visage en sueur. Sa main serra son uniforme sur le côté gauche de son ventre, comme un soldat qui aurait été touché par un projectile sur un champ de bataille. Néanmoins, il n'y avait ni plaie, ni sang qui venait tâcher le tissu. La douleur était intérieure et bien plus intense au niveau de son esprit qu'au niveau de son corps. Il se mordit la lèvre pour tenter de retrouver son calme, lorsque ses oreilles captèrent distraitement les paroles échangées d'une conversation entre deux militaires, sans aucun doute italiens.

"... Oui, il paraît qu'il n'y en avait pas assez, alors ils ont été rafler, jusque dans les ghettos!"

"Ils ne rigolent pas dit donc! J'ai entendu dire qu'il n'y avait pas eu autant de morts que ça parmi les Allemands lors de cet attentat."

"Mais les chefs étaient furieux. Ils ont voulu donner l'exemple."

"Au final, combien seront exécutés?"

"335" ...


Si Lovino avait saigné, son sang se serait de toute façon figé dans l'hémorragie, tant l'entente de ce nombre venait de lui glacer le sang. Faute de lui donner assez de précision sur l'endroit de cette infamie, ces hommes auront eu le mérite de lui insuffler assez de courage pour se relever maintenant que le Sudiste connaissait la véritable nature de son mal. Son but était clair dorénavant; il allait retrouver Allemagne et lui faire payer très lentement ce qu'il faisait subir à ses enfants. Et cela, même s'il allait devoir l'amener avec lui dans l'au-delà.

Ainsi, il divaguait, inconscient de la folie de ses actes, son esprit plongé dans un brouillard rouge mêlant haine, souffrance et désespoir.


Dernière édition par Lovino Vargas / Italie S le Lun 12 Aoû - 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Lun 12 Aoû - 16:30

Il se souvenait de ce jour comme un des plus déterminants qui avaient marqué sa vie. Non pas celui où son frère et les alliés s’étaient mis en tête de l’enlever et de l’obliger à les rejoindre, mais celui où il vit une grande silhouette noire par sa fenêtre et l’enlever de leurs griffes dans ses grands bras musclés.

A vrai dire, ces mois sans son frère n’avait fait qu’accentuer le syndrome de Stockholm que Feliciano développait vis-à-vis de Ludwig. Il n’y avait plus aucun doute là-dessus, il l’aimait plus que lui-même, il lui donnait tout, il ne vivait que pour lui. Ses yeux à l’égal des saphirs brillants dans la nuit, il avait agi d’instinct. Collé à son corps, ses mains s’étaient refusées à le lâcher, son cœur s’affolait et sa raison disparaissait.

Il pouvait mourir pour lui… Disparaitre pour une autre nation.

Une nation… ? Qu’est ce que c’était déjà ? Vivre en veillant sur une politique stable, une économie toujours en concurrence avec les autres, être reconnu comme nation auprès des autres pays ou bien auprès du peuple ? Le vénitien ne parvenait plus à mettre une définition sur ce qu’il était vraiment. Son pays annexé par l’allemand, il ne vivait plus que dans son ombre, jusqu’à en oublier son nom.

Qui était-il déjà ? … Italie ? Ce pays existait-il encore aujourd’hui ? Peut être était-il en train de vieillir ou de mourir à petit feu en ce moment, sans même s’en rendre compte…

Le 23 mars 1944, Ludwig était à nouveau entré dans une colère noire. Seulement cette fois-ci, ce n’était pas contre une autre nation que lui-même. Enfin… L’allemand ne considérait pas le cadet des Vargas comme responsable, même sa complicité était impossible à imaginer pour le leader de l’Axe, qui voyait petit à petit Feliciano s’accrocher à sa jambe comme si sa vie en dépendait.

Le coupable était celui qui lui avait assené une déroute humiliante à Naples peu de temps auparavant. Un attentat, contre ses soldats, contre lui. Et la paranoïa grandissante de l’allemand n’avait d’égale que sa vengeance et la peur qu’il voulait inspirer dans le monde entier.

Une attaque à la bombe dans la via Rasella venait alors de tuer 32 soldats allemands, plus un le lendemain. Les représailles allaient être lourdes… très lourdes. 335 otages italiens allaient être désignés, sans même chercher s’ils venaient du nord ou sud, comme si toucher Lovino ou Feliciano lui importait peu.

Voir Ludwig frapper du poing son bureau et le mur de rage n’avait pas fait même vaciller le plus jeune des Vargas. Impassible, il s’était alors tenu dans un coin du bureau, droit comme un i avec un air absent. Et il lui avait donné soudainement un ordre… Un ordre qu’il ne serait jamais plié à faire s’il avait été pleinement dans son rôle de nation.

Mais il ne parvenait même plus à savoir qui il était… Et si ça pouvait rendre le sourire à Ludwig… Avec l’aide du chef de la police romaine, le vénitien put établir une liste de victimes désignées… toutes italiennes.

Quatre prisonniers de la prison de Regina Coeli de Rome parmi les condamnés à mort.
Deux cents autres détenus pour des délits parfois dérisoires.
Et enfin, cent trente et une autre personnes lors d’une rafle dans le ghetto où des dizaines de Juifs furent arrêtés.

Lors de cette rafle, on indiqua à l’italien du nord qu’il n’y avait pas assez d’hommes adultes pour assouvir la vengeance allemande. Et ce fut sans réflexion, sans une once de remord que Feliciano désigna de jeunes garçons qui n’avaient pas encore eu la chance de passer le cap de la majorité et de vivre les joies de la vie adulte.

Après quoi, l’allemand désigna les fosses ardéatines dans le quartier d'Ardeatino, en périphérie de Rome pour donner un lieu au massacre. Tous ces hommes étaient entourés de soldats nazis et fascistes qui pointaient le canon de leur arme sur la foule victimisée.

Dans un coin, appuyé contre un des murs des fosses, le plus jeune des Vargas semblait comme déconnecté de la réalité. A vrai dire, il était dans cet état depuis que Ludwig l’avait kidnappé aux mains de son frère. Comme si en plus de lui avoir confisqué son pays, il lui avait également confisqué son âme.

Le mode opératoire, il le savait déjà désigné. Des soldats du Reich allaient assassiner méthodiquement chacun d'entre eux d'une balle dans la tête. Ni plus, ni moins, un par un, pour que chaque futur victime puisse cogiter à la mort qui allait bientôt les prendre de la même manière en voyant ce spectacle atroce.

Et alors qu’il se pensait perdu dans les limbes d’un être immortel lobotomisé, il vit quelqu’un apparaitre au loin. Feliciano releva le regard, prit soudainement d’une très légère conscience d’esprit. Cet être dont la rage pouvait se sentir à des centaines de mètres, il le connaissait bien plus que quiconque.


"… F… Fra… Fratello… ?"

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Dernière édition par Feliciano Vargas/Italie N le Mar 29 Oct - 14:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Mar 20 Aoû - 19:19

Ce fut un miracle que Lovino soit encore capable de tenir debout.

À moins que ce ne soit tout simplement que la force du désespoir.

Peu importe la source de cette énergie, cela lui suffisait pour réussir à se mouvoir jusqu'à la source de la souffrance des malheureux qui eurent la malchance de subir la colère allemande. Ses yeux verts voilés par la douleur réussirent avec difficulté à lui retransmettre son environnement, les individus devenant de plus en plus des ombres mouvantes que des humains. Même les bâtiments lui donnaient maintenant l'impression d'être d'énormes monstres difforme prêts à l'attaquer pour lui arracher la tête à tout moment. C'est dans ce brouillard le faisant vaciller entre folie et réalité qu'une voix lui parvint à ses oreilles, une voix qu'il ne s'attendait pas à entendre dans un pareil endroit malgré tout.

Il scruta avec peine toutes les directions pour tomber sur une silhouette qui lui était loin d'être étrangère. Il n'avait absolument pas changé de l'extérieur, à part peut-être ses traits plus creusés dus à une perte de poids et la pâleur évidente de son teint, tel un fantôme errant pour trouver sa place entre terre et ciel. Cependant, Lovino était bien trop enfermé dans sa bulle de colère et de vengeance pour saisir ce manque d'expression flagrante chez son petit frère. La seule chose qu'il retenait pour le moment, c'est qu'il n'était pas loin du lieu du crime et qu'il devait forcément être au courant de quelque chose.

Le visage en sueur, Romano puisa dans ses dernières forces pour séparer en moins de quelques secondes les mètres qui les séparaient. L'heure n'étant de toute façon, ni à la discrétion, ni à la courtoisie, il choppa l'uniforme de son frère pour l'entraîner dans un coin plus isolé puis le plaqua contre le mur. Tout son corps tremblait sous cette soudaine demande d'énergie en plus du mal qui le tiraillait, lui faisant un instant tourner la tête. Il retranscrit dans sa voix toute la haine, mais aussi tout le désespoir qu'il ressentait en cet instant précis

-"Veneciano. Ou sont-ils?"

Il n'y avait aucun besoin de préciser. Son frère avait au moins pris connaissance de ce massacre donc il devait forcément savoir quelque chose. Et si par hasard, l'allemand décidait de le tenir à l'écart de sa propre politique (ce qui n'étonnerait absolument pas l'Italien du Sud), il devrait au moins le ressentir. Quand bien même ce sont des Romains, ils n'en restent pas moins et avant tout des Italiens. Qu'ils soient le Nord ou le Sud, ils devaient le sentir un minimum lorsque leur peuple souffrait, à moins que...

C'est maintenant qu'il l'avait en face de lui, son visage tout proche que Romano se rendit compte de quelque chose qui le figea d'effrois.

Feliciano ne semblait pas souffrir, pas plus qu'il ne semblait vivre en fait. On disait souvent que la douleur était la preuve que l'on était vivant. Si tel était le cas, cela voulait dire que son petit frère était mort. Non, il n'était pas mort physiquement; Lovino entendait encore sa respiration étrangement calme, les bâtements de son coeur tout aussi tranquille et il lui semblait que ses yeux se fermaient de temps à autre, signe que son enveloppe corporelle continuait d'agir. Néanmoins, son esprit, reflété à travers ses deux yeux ambre qui ressemblaient d'avantages à ceux d'une poupée de porcelaine, semblait bel et bien agonisant lui.

Si cela s'avérerait vrai, alors cela voulait dire qu'il avait aussi perdu son identité de nation...

-"Tu n'as quand même pas..."

Toute trace de colère avait disparu de sa voix pour laisser place à une immense incertitude accompagnée d'une certaine peur.

Veneciano ne s'en rendait peut-être pas compte, mais il était en train de faire quelque chose de dangereux pour sa propre vie. Depuis qu'il est parti, Romano n'avait aucune nouvelle de la situation actuelle en Italie du Nord, à part quelques échos d'espions à travers ce que voulait bien lui dirent les Alliés. Ce qu'il savait était donc très vague, à comprendre que Ludwig avait repris les rênes du pays en replaçant Mussolini, mais cette fois comme une réelle marionnette des nazis, et que son frère semblait dire Amen à toutes ses décisions.

Maintenant que la vérité se dressait en face de lui, il se rendait compte que la censure n'était pas seulement appliquée dans les pays dictatoriaux....
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Mar 27 Aoû - 21:08

Il n’avait rien souligné, ni son propre état, ni celui de son frère. Combien même son ainé semblait épuisé, malade et pris d’un sentiment de rage ou de tristesse ou il ne savait quoi ; Feliciano ne calculait plus rien. Ses propres blessures, il ne les sentait plus. Surement l’italien du nord s’en aurait réjouit dans d’autres circonstances. Mais à l’heure actuelle, plus rien n’avait d’importance à ses yeux.

Le vénitien sentit son frère le saisir par la veste de son uniforme pour le coller contre un mur plus loin, à l’abri des regards ennemis. Même la violence du geste ne l’avait pas fait tressaillir, mais son regard bien que vide restait fixé sur le romain. Ses lèvres s’ouvrirent et se fermèrent sans sortir le moindre son, cherchant désespérément à lutter contre son propre état de mort vivant.

Sa dernière lueur de vivacité, de nation, essayait tant bien que mal à refaire surface. Reprendre le dessus si ce n’était pas se protéger lui-même, protéger celui qui semblait encore pouvoir sauver le pays malgré sa faible force certes, mais avec une assez grande force de caractère pour faire le genre de miracle qui pouvait surprendre l’ennemi le plus puissant.


"… Ne reste pas là… C’est dangereux pour toi… Tu ne pourras rien faire."


Ses mots étaient sortis d’une voix faible et monotone ; et pourtant le vénitien avait utilisé une force surhumaine pour dire ces quelques mots. Aussi le cadet des Vargas espérait secrètement que son ainé lui avait porté une oreille attentive.
Et puis il n’avait pas quoi ? Les derniers mots dans son frère tournèrent dans sa tête sans trouver de réponse. Qu’avait-il décelé chez lui ? Lovino avait-il réussi à diagnostiquer le pourquoi de son état faible et qui ressentait de moins en moins la douleur ?

PAN

Le plus jeune des Vargas sortit de sa réflexion avec une lenteur incroyable malgré la surprise de ce bruit puissant.
Un coup de feu venait de partir et de résonner dans les fosses et l’italien du nord commençait à reconnaitre les armes allemandes par le son qu’elles donnaient. Celle-ci était une arme légère, un semi automatique, et en vue de ce qu’utilisait Ludwig en ce moment, il aurait parié sur un Walther P38.

Mais ce n’était pas vraiment ce qui aurait dû le marquer. L’utilité que ce soldat germanique venait d’en faire aurait certainement dû être plus logique à imaginer.
Il avait percuté quelque chose.
Et ils avaient par la suite entendu des cris de peur.
Feliciano en était maintenant persuadé. Son allié n’était pas du genre à faire peur aux civils en tirant en l’air… La première victime des fosses venait de se faire descendre purement et simplement.

Et le romain ne pouvait rien y faire. Strictement rien.
A ce stade, le miracle n’existait plus. Il aurait fallu la force de plusieurs armées pour frapper aux portes de Rome et arrêter ce massacre. Et les deux le savaient, tout le monde le savait, ces soldats ne seraient certainement pas présent aujourd’hui.


"… 334…"


Le coup d’envoi été lancé. Et maintenant, les tirs allaient se répéter dans un rythme soutenu et sinistre. Deux coups, trois coups, quatre coups…


"… 333… 332… 331…"


Feliciano comptait sans vraiment sans rendre compte qu’il le faisait à haute voix, à la manière d’un vieil homme qui pouvait compter sans motivation les gens qui passaient sous sa fenêtre. Pas de sueur froide à imaginer ces italiens, ce peuple qui devait pourtant être en partie le sien, se faire tuer sans une once de pitié.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Jeu 29 Aoû - 17:51

Depuis combien de temps Veneciano vivait-il comme ça, sans esprit, comme un mort-vivant. Les alliés le savaient-ils, et si tel était le cas, combien de foi mentirent-ils u Sud de l'Italie lorsque ce dernier leur demandait des nouvelles de son frère et qu'ils leur répondaient vaguement "On n'en sait rien". Et les membres de l'Axe? Étaient-ils conscient que l'âme de nation de l'Italie du nord était en train de mourir? L'Allemand n'avait-il donc aucune pitié? Le Japonais était-il aussi aveugle? L'Autrichien ne voulait-il donc rien savoir? Tant de question qui faisait se demander à Romano s'il était finalement le seul avec France à avoir un tant soi peu de bon sens.

Pourtant, il voyait quelque part, peut-être dans sa tentative d'émettre quelque son, ou l'éclat dans ses yeux qui n'était pas totalement éteint, qu'il n'avait pas encore perdu son petit frère. Cela relevait du miracle quand on connaissait la situation du Nord de l'Italie, mais Lovino était persuadé au fond de lui qu'il y avait encore un espoir. Minime, infime espoir de tirer Feliciano des abysses et de le sauver de cette folie noire dans laquelle il était plongé. C'est pour cela qu'il ne pouvait se permettre de tomber dans les pommes maintenant. Surtout maintenant, qu'il avait réussi par un miracle du sort à retrouver celui qu'il cherchait depuis deux ans.

Il savait pourtant que ce n'est pas aujourd'hui qu'il allait pouvoir ramener son petit frère à la raison.

"Ne pas rester là... M'enfuir... et abandonner mes hommes... mes enfants? Jamais!"

C'était bien noble de la part de Feliciano de vouloir préserver sa vie, mais il ne se rendait pas compte qu'abandonner son peuple revenait à la même chose pour Lovino. Ce n'était même plus une question d'honneur ou autre chose, c'était simplement de l'instinct. Un instinct de survit. Même si la situation était désespérée, même s'il n'avait aucune chance de les sauver, était-ce une raison pour abandonner sans même avoir tenté quoi que ce soit. Pour lui, la réponse était clairement non. Peu importe s'il risquait de se faire capturer, enfermé ou même tué, il n'allait pas se sauver alors qu'on avait plus que jamais besoin de lui.

Voyant que Veneciano n'allait rien lui dire de plus, Romano le lâcha au comble du désespoir. De toute façon, il n'était pas venu ici pour se battre avec son propre frère, surtout pas en voyant l'état dans lequel ce dernier se trouvait. Comme une poupée de chair sans son maître, le frapper reviendrait à s'en prendre à un handicapé, voir un nouveau né; Lovino en avait bien conscience et cela lui faisait d'autant plus mal. Quelque part, il aurait préféré retrouver un jeune homme bien vivant, certes dangereux, mais au moins plus proche de l'Italie du Nord que cet espèce de corps sans vie.

"Ça suffit, je vais aller les..."

Il ne continua jamais sa phrase.

Une douleur lancinante dans la poitrine l'en empêcha.

Il n'avait même pas besoin qu'on lui dise d'où elle venait, tellement c'était évident.

Incapable de lutter contre cette mort qui le faisait plier en deux, il se recroquevilla en face de Feliciano alors que ce dernier ne bougeait toujours pas. Dans un effort surhumain, il retint ses cris de détresse en gémissement agonisant, étouffant l'expression de sa souffrance. Jusqu'à maintenant, il avait toujours plus ou moins souffert des guerres et des conflits, mais quelque chose n'allait pas cette fois. C'était beaucoup trop intense, beaucoup trop douloureux que les autres fois. C'est regardant le visage sans expression de son petit frère qu'il comprit: il était en train de souffrir pour deux. Veneciano ayant renoncé à ressentir ses hommes, c'était désormais Romano qui prenait tout, le meilleur... et surtout le pire.

Comme s'il voulait appuyer cette horrible vérité, l'Italien du nord commença un décompte sinistre, comme le requiem du Sudiste, ou peut-être la fin de ce dernier, qui sait

"Arrête..."

Si sentir la mort au plus profond de ses entrailles lui était déjà bien insupportable, entendre quelqu'un le compte d'une manière aussi indifférente, aussi... cruelle! Non, il n'allait plus pouvoir se contrôler bien longtemps.

"Arrête... arrête... ARRÊTE!!"

Il se prit la tête entre les mains, hurlant avec tous ses poumons cette supplique. Que son calvaire s'arrête. Que ces morts cessent.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Sam 31 Aoû - 10:29

Feliciano comptait sans vraiment s’en rendre compte. A vrai dire, ses faibles pensées étaient tournées ailleurs, sur un événement qui l’avait secrètement marqué. En 1942, il avait rendu visite à l’institut psychiatrique de Limbiate à proximité de Milan à un homme connut sous le nom de Benito Albino Dalser.

Cet homme avait été abandonné par son père, l’image du pouvoir du pays, le représentant humain de l’Italie. Le Duce Benito Mussolini.
Si cette histoire était restée secrète à la population italienne, le cadet des Vargas ne pouvait qu’être au courant de ce qu’il se passait à l’intérieur de ses frontières, surtout quand cela concernait une si grande personnalité italienne.

Il l’avait observé avec effroi. Son teint pâle, son sourire marqué par la torture mentale qu’on lui avait affligé, son regard porté sur un autre monde où la folie est reine. Errant dans les couloirs de l’hôpital tel un fantôme couvert d’une grande chemise blanche pour seul vêtement, l’homme encore jeune imitait son père lors de ses discours si prenants et fascinants. Son esprit n’était plus et son corps n’allait plus tarder à le suivre dans la mort. Pourtant, par ce mimétisme incessant, l’italien du nord le comprenait, Benito Albino cherchait encore la reconnaissance de son père.

Alors… Si cela était l’état finalement d’un homme qui n’était pas reconnu par ce père si puissant, qu’adviendra t-il de Feliciano si son peuple se venait à décider à ne plus le reconnaitre lui non plus ? Sombrerait-il dans cette folie effrayante et pourrait-elle causer sa mort ?

Pour l’instant, l’italien du nord avait juste conscience d’une grande faiblesse physique et mentale ; bien qu’il en ignorait la source. Mais il en avait même perdu les sensations que pouvaient offrir ses sentiments, bons comme mauvais. Voir son grand-frère ainsi se tordre de douleur à ses pieds ne lui faisait ni chaud ni froid. Il le regardait, absent, continuant à compter en ignorant ses cris.


"330… 329…"


Continuant son décompte, Feliciano s’avança à l’extérieur de la ruelle pour admirer le massacre un peu plus loin. Les corps commençaient à s’entasser les uns sur les autres dans un rythme sinistre. Au loin, il vit qu’un des prisonniers qui attendait son heure l’avait remarqué au loin, conscient encore de ce qu’il était.

C’était le plus jeune de ces victimes, un adolescent de 15ans. Il le fixait avec de grands yeux effarés, attendant une réaction du représentant du peuple du nord. Le vénitien pouvait le lire dans son regard, « Qu’attends-tu pour te rebeller et nous sauver ?! Ne nous représentes-tu pas ?! ».


"…"


Le cadet des Vargas baissa la tête. Oui, il en était incapable, il avait déjà vendu son âme au Diable depuis longtemps et était près à se sacrifier par amour pour Ludwig.
… Par amour ?
Comment pouvait-il imaginer ça, il ne se souvenait même plus à quoi pouvait ressembler ce sentiment qui était censé apporter légèreté et joie de vivre.


"Lovino… Tu vas avoir besoin d’aide. Retourne… Retourne avec les alliés."


Il ne savait pas comment se sortir de tout ça. Mais son reste de conscience lui dictait ce qui pouvait encore aider son frère. Le soutient des alliés, ceux qui par la même occasion tentaient de détruire Ludwig, Kiku et lui-même. Cependant il n’avait pas d’autre solution, il ne pouvait se résoudre à tuer son ainé par ses propres mains, aussi préférait-il se battre pour l’axe, contre les alliés et non pas contre une nation particulière.

Parce que Feliciano n’avait plus le désir de conquérir des terres, mais seulement de sauver celles qui méritent d’être sauvées.
Il ne tricherait pas aujourd’hui pour sauver sa peau, or de question de retourner sa veste pour rejoindre les alliés en imaginant qu’il aurait plus de chance de gagner ainsi. Pour une fois, il remettait sa vie à la chance, à Dieu ou à Satan.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Mer 11 Sep - 17:05

Veneciano n'était pas le seul à être rongé par la folie. Quelque part, dans une partie de lui profondément cachée, Romano entendait une petite voix lui murmurer de laisser tomber tous ses principes moraux, toutes ses valeurs et enfin, laisser surgir en lui toute la haine qu'il avait cumulée jusqu'à présent. D'ordinaire, il ne l'écoutait jamais, beaucoup trop insignifiant pour réussir à atteindre ses oreilles. Mais maintenant qu'il était accablé par la douleur, que sa raison était en train de faiblir en même temps que son état physique et moral, le murmure se transformait peu à peu en hurlement de terreur jusqu'à lui faire perdre tout discernement.

Il s'était pourtant juré de ne jamais tomber dans le piège.

Peu importe l'étendue de ses souffrances, du nombre de morts ou des horreurs qu'il pourra voir, il avait faites le sermon de ne pas devenir une bête assoiffée de sang comme il put en côtoyer tout le long de son interminable vie. Oh bien sûr, ce serait tellement facile de céder en se laissant sombrer peu à peu dans le gouffre de la démence, comme une douce utopie ou il ne pourrait plus rien ressentir. Il les tuerait tous, alliés et ennemis, pourvu que son monde se peigne de rouge et qu'enfin tous goûtent à cette douleur qui le rongeait. Et puis, aveuglé par ce brouillard carmin, il finirait par perdre son objectif initial pour finalement devenir comme eux.

Il voyait bien dans quel état avait mis son frère ce choix. Et il devinait sans mal à quoi devaient ressembler l'Allemand, le Japonais et ces autres nations qui ne répondaient plus qu'au massacre. Si certains s'en sortaient car ils avaient l'intelligence d'aller dans la direction de l'intérêt général, d'autres au contraire étaient en train de se perdre eux-mêmes. C'était le cas de son petit frère. Pourtant, quelque part, il savait que si devenir moins humaine que le diable était la seule solution pour sauver Veneciano, alors sans hésiter, il sortirait son revolver et tuerait un à un, de la même manière que Ludwig s'y prenait, tous les responsables..

Machinalement, sa main droite se posa sur la poche qui contenait l'arme tandis que l'autre serrait sa croix comme imploration au seigneur.

Sentant le regard de son cadet dévier, Lovino le suivit pour tomber sur le jeune homme qui, comme tous les autres, était condamné à creuser le trou dans sa poitrine. Pourtant, rien ne fut plus douloureux que son regard implorant, comme un enfant... non, c'était un enfant! À quinze ans, on n'était encore qu'un gosse qui attendait tout de la vie; amour, amitié, travail, voyage. Et pourtant la seule chose que ce gosse pouvait espérer, c'est la mort. Pourquoi? Pourquoi devaient-ils faire payer ces gens? Pourquoi un bambin? Pourquoi ses bambins! Tous les Italiens, peu importe leur origine, leur religion, leur sexe, leur âge; tous ses exceptions étaient ses enfants... non, leurs enfants!

Sans écouter le précieux conseil que lui donnait son petit frère, Romano réussit avec peine à se relever en se hissant à son pantalon, puis à sa veste d'uniforme. Comme s'il s'accrochait au dernier pilier qui lui permettrait d'atteindre le ciel, il serra sa prise avec une force qu'il ne se croyait pas capable.

"Pourquoi... Pourquoi est-ce que tu les laisses mourir, Veneciano! Ce sont nos hommes! Nos enfants! Ils nous appellent! Veneciano! Ne renie pas ton nom pour l'amour de Dieu! Tu es une nation, tu es l'Italie! Je ne te laisserai jamais nous abandonner!"

Ses derniers mots s'étaient finis dans des larmes. Un sanglot l'empêcha d'aller plus loin, car le gamin venait d'être pris comme prochaine cible. Ce pauvre gosse... qui sait si ses parents étaient au courant de ce qui l'attendait. À moins qu'ils ne fassent partie eux aussi des fusillés. Dans tous les cas, cela ne changeait rien à ce que ressentit Romano à ce moment, plus vive que jamais. Il réussit néanmoins à tenir sur ses deux jambes en s'agrippant à son frère comme une bouée de sauvetage. Sa voix ressemblait presque à celle d'un mourant lorsqu'il émit cette supplique, donnant l'impression qu'il était le prochain sur la liste .

"Sauve les... Veneciano... pitié... ils ont besoin de toi!"

Il s'effondra à ses pieds, incapable de supporter plus longtemps.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Ven 13 Sep - 13:24

Le cadet des Vargas était incapable de réagir à la détresse de son frère, combien même il pouvait insister pour retrouver un soupçon d’humanité en lui. Le sang qui coulait de cette nouvelle montagne de cadavre se déversait dans la bouche d’égout  à proximité, laissant un bruit de liquide couler avec le même bruit que la pluie.


"Vous l’emmenez où mon papa ?"


Est-ce que les rats qui habitaient ces dessous fétides pouvaient se repaître de sang humain ? Plus important encore, pourquoi l’italien du nord préférait-il se poser cette question plutôt que de se demander pourquoi il ne partait pas sauver son peuple ?


"… Je n’ai pas le choix, je dois suivre Ludwig. Pour lui je ferais tout. Tant qu’il peut ressortir indemne de cette guerre, je me fiche de ce qui peut arriver à mon pays."


Cette phrase prit fin sur une quinte de toux qui lui fit cracher une bonne quantité de sang. A la manière d’Arthur qui pouvait avoir cette réaction en parlant de l’indépendance américaine comme un bienfait, Feliciano parlait d’un profit pour une autre nation qui cependant faisait du tort à lui-même. Et bien que le vénitien avait tenté de le cacher avec une main posée sur ses lèvres, quelques gouttes de sang tomba maladroitement sur l’épaule de son ainé accroché à sa veste.


"… Désolé."


Blanc comme un linge, les yeux cernés, les creux sur ses joues et le mince filet de sang au coin des lèvres le faisaient plus ressembler à un zombie qu’à un humain. D’ailleurs, depuis peu les jeunes filles, comme le reste de la population d’ailleurs, lui présentaient un visage effrayé à chaque fois qu’il devait croiser leur regard. Plus encore, la plupart voulant éviter la confrontation changeait carrément de trottoir.


"Si Ludwig doit tomber, je tomberais avec lui."


Feliciano afficha un mince sourire.


"Vous êtes pâle monsieur, vous ressemblez à un fantôme."

"… Enfin… Si je ne sombre pas avant lui."


Après tout, l’allemand semblait encore en meilleure santé que lui, bien qu’il soit pas franchement plein de vie non plus.
Le vénitien passa un coup d’œil, l’OVRA (Organizzazione di Vigilanza e Repressione dell'Antifascismo) faisait quelques tours de garde dans le coin du temps que les soldats allemands s’occupaient du massacre, et il devait éviter que son frère se fasse prendre. Après tout, s’il ne gagnait pas, Lovino allait devenir l’avenir de la nation.

Combien même Lovino pouvait avoir peu de talents et se trouvait bourré de défauts, son âme était d’une grande pureté et aimait bien plus son peuple que n’importe quelle nation. Alors même il n’était pas une grande puissance, lui au moins ne risquait pas de mourir.

Parce que son peuple l’aimait.
Parce que son peuple le reconnaissait.
Il le reconnaissait, lui…


"… Mais qui êtes-vous… ?"


La voix fluette d’une petite fille rencontrée dans le ghetto de Rome pendant la rafle résonnait dans sa tête comme une alarme. Son instinct lui demandait de l’écouter, de fuir, de rejoindre son peuple, de retrouver son âme en combattant ses anciens alliés.
Mais son choix était toujours le même, pour cette guerre au moins, il ne fuira pas ses responsabilités. Combien même le prix à payer pouvait être exorbitant.


"Tu ne pourras pas empêcher ça. Tu ne peux rien y faire. Subis aujourd’hui… Et tu reviendras te battre contre nous lorsque tes jambes parviendront à nouveau à te porter correctement."

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Sam 12 Oct - 16:05

L'odeur du sang lui était insupportable. Chacun goutte de ce liquide carmin semblait se solidifier pour venir se planter dans sa chair, leurs odeurs venant lui assaillir les narines afin de s'incruster profondément dans son esprit. Jamais il ne pourra oublier cette sensation qu'il subissait aujourd'hui, comme celle d'une part de lui-même qui se faisait trahir, assassinée puis jetée, prof année comme de vulgaires déchets. Il ne voyait rien directement, il se contentait de ressentir, mais cela était sans doute bien pire que s'il avait assisté en direct à cet horrible spectacle plutôt que se l'imaginer à l'aide des signaux de détresse que lui envoyait chaque condamné.

Ce n'est pas la première fois qu'il se retrouvait dans un environnement aussi morbide, mais c'est la première fois qu'il devait y faire face seul.

Oui, cette fois il le sentait. Il était seul. Le lien qui l'unissait avec son frère, celui qu'ils avaient forgé il y a longtemps, s'affinait pour devenir aussi fragile qu'un fil de soie. Il ne suffisait que d'un rien pour qu'il se brise à jamais, et cette fois, il serait impossible de le rétablir. Car ce même fil retenait également Veneciano d'une chute définitive dans l'oubli et le néant. Si Romano ne pensait, ne serait-ce qu'une seconde, qu'il était le seul représentant de l'Italie, que l'existence de son cadet n'avait désormais plus aucun sens pour le pays ou le peuple, ce serait comme s'il condamnait lui-même son propre frère.

Jamais il ne pourrait se le pardonner.

Il ne réagit pas lorsqu'un sang qu'il partageait vint troubler un peu plus son état.

Cela lui prit quelques secondes avant de réaliser qu'il n'était pas le seul à l'agonie. D'une main tremblante, il essuya le liquide pourpre qui tachait ses pauvres habits de paysans pour l'admirer. Il avait une odeur particulière, comme toutes sang ne provenant pas du corps des hommes. Il paraît que le sang d'une nation ne contenait aucun attribu biologique, mais que c'était simplement de l'eau colorée. Une eau aux même propriétés que les fleuves, les rivières et les lacs qui constituaient le territoire du pays. En temps normal. C'est lorsque ce liquide prenait précisément la forme du vrai sang qu'on disait que sa fin était proche.

"Veneciano... il... il ne te veut pas du bien... il va te tuer... je ne laisserais pas..."

Pourquoi Ludwig?

Pourquoi lui?

La haine que ressentait Lovino n'arrivait même plus à être décrite. Cet homme, mais combien d'horreurs, combien de malheurs, combien de morts avait-il apporté à sa famille! Le père lui avait pris son propre père, le fils s'occupait maintenant de son frère. Pourquoi? Qu'avait-il donc fait à ces gens pour qu'ils le fassent souffrir à ce point? Pourtant, aussi forte, aussi tenace que la colère de l'Italien du Sud puisse être, il n'arrivait pas à rejeter l'entière responsabilité sur lui. Parce qu'il n'avait tout simplement pas été assez fort pour le tuer avant qu'il ne lui vole Feliciano.

S'il avait eu le courage de prendre son arme, de lui tirer une balle dans la tête, Veneciano ne serait pas entre la vie et la mort en ce moment.

Oui, son frère était entre la vie et la mort. Il n'existait que parce qu'une poignée de personne avait encore besoin qu'il existe, sans pour autant croire qu'il était réellement nécessaire à la nation.

Le dernier coup de feu résonnant tragiquement lui fit prendre conscience que ce qu'il faisait était désormais inutile. Tout le monde était mort. Il n'y avait plus personne à sauver... Non, c'était faux. Il devait sauver son petit frère. Il n'avait pas réussi à sauver ces pauvres malheureux, mais cela ne signifiait pas qu'il devait tout abandonner, au contraire. Il devait empêcher que cette même tragédie se reproduise. Les mots de son frère l'accablèrent encore plus de cette lourde vérité, faisant naître une unique question en lui: "Qu'est-ce qu'il fabriquait encore ici?"

Ce n'était plus qu'une question de temps avant que les alliés ne réussissent à reprendre la capitale, autant de temps qui marquait la disparition progressive de l'Italie du Nord. S'il voulait avoir une chance de le sauver de ce trépas, Romano savait qu'il ne pouvait plus se permettre de gaspiller une seule minute en futilité. Autant il avait mal à en crever, autant il lui était interdit d'abandonner, pas si proche du but. Ce n'était pas le moment de pleurnicher sur des fantômes!

Avec la force du désespoir, il prit son frère dans ses bras.

"Je te sauverais! Je t'empêcherais de tomber! Je te jure, sinon je mourais avec toi!"

Il le relâcha pour reculer, encore tremblant mais déterminé à rester fier devant son frère.

"Attends-moi juste un peu. Juste un tout petit peu, et je reviendrais..."

Comme un enfant qui venait d'apprendre à marcher, il repartit dans une autre direction, incertain du chemin à prendre.
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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Lun 28 Oct - 11:15

Ça y est, tous ces habitants de Rome qu’il venait de mener à l’abattoir formaient à présent une montagne de cadavres éparpillés les uns sur les autres. Peut-être les brûlerons t-ils, peut-être les jetteront-ils dans tout simplement dans une fausse, de toute façon la décision ne revenait pas à Feliciano.

La fatigue le prenait depuis des jours, même ses clignements d’yeux semblaient faire du bruit. Épuisé, il ne voulait que dormir… S’endormir… Et ne plus se réveiller. L’italien n’avait voulu que défendre et surtout suivre l’allemand jusqu’au bout, mais sa folie avait passé des limites qu’il n’aurait jamais pu imaginer.

Combien même une petite voix en lui essayait de positiver encore, qu’il avait réussi à convaincre l’allemand de ne pas toucher aux femmes et aux enfants plus jeunes pour le massacre d’aujourd’hui. Mais il était lasse et déjà quelqu’un de lâche à la base. Il avait juste envie de tout donner à son frère, le bien comme le mal qu’il avait pu faire et qu’il le laisse dans un repos éternel, sans douleur.

Mais pour l’instant, pas d’inquiétude, de colère ou de peur. Il n’y avait que cette fatigue et ce gout métallique dans la bouche. Et pour une fois il ne pouvait pas s’en plaindre, c’était la première fois depuis des mois que quelque chose semblait avoir du gout. De son côté, son frère semblait tout aussi épuisé par cette guerre… bien que son esprit semblait bien moins touché que le sien.

Quoi qu’il ait pu faire, le vénitien ne parvint jamais à faire comprendre à son ainé l’amour et la dévotion qu’il pouvait avoir pour Ludwig. Avait-il eu un instinct quelconque en le voyant pour la première fois ou bien l’avait-il déjà rencontré ? Dans tous les cas, le temps n’était plus à ce genre de question, Lovino était en plein territoire ennemi, un faible petit rongeur dans un nid de rapaces. La priorité était de le faire sortir d’ici sans être vu.


"… Pars vers le sud-est, il y aura moins de soldats sur ton chemin. Et surtout… Restes discret… Je ne veux pas devenir ton bourreau et encore moins te tuer par une décision des supérieurs."


Parce que même le tuer, Feliciano en était à présent capable. Il n’était plus qu’une marionnette qui exécutait les ordres et seule sa parole était encore libre. Pas sûr que son frère l’ait écouté, mais il avait fait tout son possible vu son état. Voyant Lovino s’éloigner avec quelques difficultés, le plus jeune partie dans la direction opposée, en espérant que les Allemands restent trop occupés avec leurs victimes nouvellement décimées.


***

28 avril 1945, Milan.


Par une force qu’il ne se connait plus depuis longtemps, Feliciano avait pris ses jambes à son cou dans les rues de Milan, s’éloignant de cette foule qui criait victoire. Il avait vu son frère en vainqueur, arriver avec le cadavre de Mussolini et de sa maitresse, les pendre par les pieds à une balustrade de station essence place Loreto et leur faire subir des outrages humiliants.

Ludwig et Gilbert protégeaient tant bien que mal Berlin de l’invasion russe, Kiku semblait bien se défendre, mais tout le monde savait que l’américain était un ennemi imbattable et surprenant à l’égal de son concurrent sibérien.

Et de part cette situation critique pour l’Axe, le cadet des Vargas se retrouvait aujourd’hui seul et entouré d’ennemis. Mais ses ennemis n’étaient plus les Alliés. Non, ses opposants… étaient son propre peuple et le roi menés par son grand-frère.
Dans sa course, il croisa des cadavres de soldats mutilés par leurs exécuteurs partisans du retour monarchique, le visage tuméfié, méconnaissable… des soldats qui portaient un uniforme pareil au sien.
L’uniforme de la république sociale italienne. Cette république qui voyait à présent ses heures comptées.

Élancé uniquement par son instinct de survie, le vénitien grimpa au dernier étage du QG dévasté de la République de Salò et s’assit dans un coin de la pièce centrale. Feliciano avait pourtant lutté jusqu’au bout pour éviter ça. Il avait envoyé quatre divisions italiennes se faire sérieusement entrainer en Allemagne dès 1944, le procès de Vérone avait même tenté d’éradiquer tous les traitres qui espionnaient le régime.

Mais rien n’y fit.
Tout simplement parce que le peuple avait refusé tout ça.
Parce que le peuple préférait encore croire en la monarchie plutôt qu’à une république adepte de la solution finale et qui ne pouvait pas supporter les divergences d’opinions sinon en la faisant taire d’une balle dans la tête.

Prit d’une folie soudaine, le cadet des Vargas arracha les insignes sur sa veste et les jeta au loin. Ses vêtements à présent déchirés, une nouvelle quinte de toux lui fit cracher plus de sang qu’auparavant. Son teint était cadavérique, ses lèvres commençaient à bleuir et ses yeux cernés fixaient un vide inexistant. Dans cet état réduit, son ouïe seule pouvait encore lui permettre de se rendre compte de ce qu’il se passait autour de lui.

Et il entendit cette chanson. Cette seule chanson qu’il se mettra à détester pour des décennies.
Une version modifiée d’un chant de mondines reprisent par ces révolutionnaires, Bella ciao.
Le vénitien ne put se retenir de grincer les dents, alors c’était ça mourir pour une nation ? Les gens se réjouissaient de sa mort en chantant ?

Feliciano se saisit de la croix de fer qu’il portait au cou. Décidément, côtoyer des germaniques l’avait toujours approché de la mort, à croire que leur famille était maudite à ceux qui pouvaient les aimer.
Il esquissa un léger sourire, ainsi donc, le rôle de Remus lui revenait. Surprenant, à se demander si cet oncle qu’il n’avait jamais connu n’avait finalement pas plus de ressemblances avec lui que son propre père.

Tournant la tête, il aperçut par la fenêtre son drapeau, le drapeau de la RSI, se faire bruler par une foule en plein délire qui foulait du pied de façon haineuse, les restes de tissu qui n’avaient pas été calcinés.

Et ce fut la dernière image qu’il put apercevoir, laissant tomber la main qui s’accrochait à la décoration allemande, la dernière faible étincelle qui lui restait dans les yeux avait finalement disparue pour ne laisser place qu’à un corps sans vie.
Et étrangement, sa dernière pensée ne vint pas à Ludwig. Mais à Lovino en représentant fort et entier de l’Italie.

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MessageSujet: Re: [PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]   Lun 4 Nov - 0:01

Stamattina mi sono alzato
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Stamattina mi sono alzato
E ho trovato l'invasor


Il s'en était fallu d'un cheveu.

Sa victoire ne tenait pas à grand-chose, il le savait. Pourtant, jamais il n'eut la sensation de s'être battu seul, envers et contre tous, que ces dernières années. Considéré comme traitre pour les deux camps, à cheval entre deux lignes, frontière de l'Axe et des Alliés, sa position manqua de le faire basculer plus d'une fois dans un camp ou dans l'autre. Incapable de se battre dans le but de tuer son petit frère, mais déterminé à ne pas laisser l'ennemi grignoter une parcelle de plus de son territoire, son rôle consista essentiellement à faire reculer l'Allemand jusqu'aux limites les plus extrêmes, sans jamais que ce dernier ne veuille lâcher son petit frère, préférant le détruire de ses propres mains.

Tous ces massacres qui touchèrent Veneciano l'atteignirent aussi, de manière beaucoup moins directe et beaucoup plus perverse. Grignotant sa santé mentale, petit à petit, la douleur s'incrustait à l'intérieur de lui, donnant de plus en plus d'écho à cette petite voix qu'il s'était toujours refusé d'entendre. Sa fierté, et ce côté humain qu'il avait toujours chéri lui avaient donné la force jusqu'à peu de temps de resister. Mais désormais, ce n'était plus suffisant. La souffrance était trop forte, l'horreur trop vive et les mort trop nombreuses pour que sa force diminuée suffise à l'empêcher de prendre possession de son âme de Nation.

Aujourd'hui, cette voix était devenue sienne.

Assoiffé de vengeance, Romano n'écoutait plus désormais que sa seule compagne de ses dernières années. Elle qui l'avait soutenue allait désormais goûter au plaisir de l'humiliation de ceux qui l'avaient bien trop longtemps dénigré. Les lâches voulurent s'enfuir, et c'est avec un sadisme presque jouissif que l'Italien des sud les avait attendu non loin de la frontière. Il se souvenait encore de leur visage mortifié lorsqu'ils comprirent que le peuple n'allait pas les laisser s'en tirer si facilement. Les Alliés lui avaient répété maintes fois que lorsqu'ils gagneront et emprisonneront les leaders de l'Axe, surtout de les garder en vie pour leur faire un procès en due et bonne forme.

Mais Lovino n'avait que faire des convenances.

Des personnes qui avaient amené à la mort des centaines, des milliers de ses concitoyens à l'abattoir comme du gibier ne méritaient de traitement guère mieux que celui d'un chien. Et ceci n'était pas seulement une expression; porté par les ressentiments des Italiens, Romano savait que la meilleure justice était celle que l'on se faisait à soi-même. Il pendit les coupables de la même manière qu'on le ferait avec une chèvre ou un chat dans une fête espagnole folklorique, et laissa ses gens exprimer toute la haine qu'ils avaient retenue depuis des années sur les responsables de leurs malheurs: orphelins, jeunes veufs, père sans fil, mère sans fille, tous avaient un compte à régler avec ces êtres descendus désormais plus bas que la condition d'un excrément.

Assistant à la scène de loin avec un sourire mesquin, Lovino se sentait étrangement bien alors qu'au fond, il savait qu'il ne le devrait pas. Il avait l'impression que noyé dans sa folie de colère, il avait perdu quelque chose d'important, quelque chose qu'il n'allait peut-être jamais retrouver s'il ne remontait pas rapidement la tête hors de l'eau. Une espèce de torpeur rouge le prenait, empêchant ses sens de se réveiller alors que le temps lui était compté. Le romain tourna la tête, voyant que Mussolini n'était pas le seul à subir les pires outrages de la part de son peuple; tout ce qui se rapprochait de peu ou de loin à l'ancien régime politique était détruit avec une rare violence.

Laissant là ses gens se défouler, il se mit en marche, comme un zombie sans quête. Des drapeaux de l'ancienne république fasciste brûlaient, certains de ses plus fervents adhérents étaient massacrés dans la grande rue, les indignés ne se donnant même pas la peine de faire cela proprement et discrètement dans un coin sombre. Il entendait aussi les cris aigües de femmes punies pour avoir collaboré, à leur manière, avec l'ennemi. Plus loin, Romano croisa un enfant isolé, qui se cachait probablement de l'agitation meurtrière qui secouait les adultes. C'est en levant la tête que l'italien se rendit compte qu'il était au pied d'une petite église.

Une église...

D'un geste qu'il croyait avoir perdu le réflexe, il sortit sa croix cachée sous ses vêtements, lui qui d'habitude l'exhibait sans pudeur.

C'est en la fixant qu'il se rendit compte de l'erreur qu'il était en train de commettre.

Il était en train de s'abaisser au même niveau que ces êtres qu'il méprisait tant.

Devenant une bête assoiffée de sang, il n'était descendu plus bas que le pire des pêcheurs en oubliant les valeurs qui l'avaient conduit à survivre jusqu'à ce jour, et surtout la raison pour laquelle il n'avait jamais abandonné malgré la torture quotidienne qu'il subissait.

Ce n'était pas pour tuer, massacrer, humilier ses adversaires qu'il avait voulu gagner.

C'était pour sauver son petit frère.

....

Veneciano.

Le chant qu'il entendit au loin, comme ce qui sera pour lui un hymne de fierté, acheva de craquer le cocon qui l'enfermait, et enfin son esprit recouvra sa liberté. Son rythme cardiaque s'acceléra alors qu'il se mit à courir, de plus en plus vite, à la recherche de la personne dont il aurait dû s'occuper depuis le départ. Sans prendre le temps de retrouver son souffle, il chercha partout, des ruelles aux maisons en passant par les commerces, tous presque vides, habité par des cadavres déjà à moitié dévorés par les charognards. Ces visions macabres, qui tantôt remplissaient la joie malsaine du Sudiste, désormais alimentaient sa terreur de tomber sur une scène similaire avec le visage de Feliciano.

Alors qu'il crut devenir définitivement irrécupérable mentalement, il sentit enfin cette présence familière, mais tellement faible, qui lui donna enfin une piste.

Il rentra dans l'énième bâtiment en courant.

Grimpa les marches en trottinant.

Traversa le couloir en marchant.

Resta figé sur place une fois arrivé dans la pièce.

Il avait espéré ne pas arriver trop tard.

Il avait espéré être assez fort pour pouvoir sauver son petit frère.

Il avait espéré jusqu'au bout...

Mais il avait failli à son devoir, emporté par ses émotions et sa colère.

"Veneciano... non... pas toi..."

Tremblant, il s'approcha du corps inerte, posa timidement sa main sur les traits juvéniles, son coeur, si affolé il y a une seconde, s'arrêta de battre en constatant que la peau était glacée. Il déglutit difficilement en laissant sa main descendre jusqu'au coeur, sentant le rythme cardiaque présent, mais aussi fragile que le fil de soie d'une chenille. Son esprit était vidé de toute rationalité. Il n'eut l'idée, ni d'appeler à l'aide, ni de porte Veneciano sur ses épaules pour l'amener à l'hôpital le plus proche. Ils n'étaient pas humains, ils ne fonctionnaient pas comme tel. Instinctivement, le sud de l'Italie savait que tout ceci serait inutile désormais.

Il enleva sa veste d'uniforme, enroula le corps de sa moitié avec puis l'attira contre son torse pour le serrer dans ses bras et enfin, laisser ses larmes couler librement sur ce frère qu'il n'avait su protéger.

Au loin, le chant continuait, tout aussi joyeux, mais empreint bizarrement d'une certaine tristesse.

Arrivant à s'éclaircir la voix à travers ses sanglots, Romano réussit à prononcer les dernières paroles de la chanson.


E quest' è il fiore del partigiano
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Quest'è il fiore del partigiano
Morto per la libertà.
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[PV Feliciano] Rédemption [ Période WWII ]

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