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 [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}

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Ludwig / Allemagne

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MessageSujet: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Dim 14 Mar - 21:59

    On présente toujours le Japon comme une nation sereine où les habitants semblent venir d'un autre monde, apportant une philosophie qui demande calme et repos pour se développer pleinement. On s'imagine des cerisiers dont le vent emporte les fleurs rosées accompagnant les promeneurs silencieux, et formant un léger tapis sur lequel ils semblent flotter. Ou des temples enclavés dans quelque forêt, ou près d'une montagne où se tapissent des créatures ancestrales, où le seul bruit est celui du thé qui s'écoule lentement dans la tasse. L'odeur du breuvage emplit l'atmosphère se mêlant aux senteurs naturelles de la terre mouillée au-dehors.

    Sauf que présentement la seule odeur perceptible était celle des gaz d'échappement. Des files de voiture emplissaient les rues, sans compter les bicyclettes qui se frayaient un chemin dans la circulation, n'hésitant pas à couper la voie aux conducteurs. Car au Japon le cycliste est roi, et c'est à l'automobiliste de lui laisser le passage. Aux yeux d'un européen cette découverte est déjà assez curieuse, mais pour l'Allemagne qui est la rigueur même c'était plutôt déconcertant. Mais où étaient les anciens temples en bois, les kimonos colorés ? Ludwig ne voyait qu'une métropole emplie de bruits et odeurs des plus étouffants, et les seules taches de couleurs vives provenaient des tenues excentriques d'adolescentes. Pouvait-on qualifier d'adolescente une fille portant une robe rose emplie de dentelles, et tenant un sac à l'effigie de... - hum, il connaissait ce chat aux yeux inexpressifs, Yao en cachait une figurine dans ses poches – ah oui ! Hello Kitty.

    La culture japonaise était véritablement curieuse. Les tenues bariolées des adolescents tranchaient avec le stricte uniforme que portaient d'autres de leurs camarades, montrant là toute l'ambivalence de cette société si particulière. Et question extravagance, les Japonais semblaient n'avoir aucune limite. Mieux valait pourtant ne pas s'étendre sur ce point : à les observer ainsi comme des bêtes curieuses, l'Allemagne se retrouverait en retard chez son homologue japonais. Arriver ne serait ce qu'avec une minute de retard serait sévèrement puni par Kiku – il serait capable d'obliger Ludwig à manger une tranche de saumon cru. … Vision d'horreur qui poussa l'Allemand à traverser la moitié de la ville à une vitesse inhumaine pour se retrouver pile devant la demeure de Kiku. A croire qu'il était doté d'un GPS aussi performant que les robots japonais.

    Question : on frappe ou on sonne dans ce pays ? La corde qui se balançait devant lui répondit à la question. Un coup et la clochette annonça l'arrivée du visiteur. Tac, Tac, Tac grinçait le parquet de bois sous le poids de la nation qui venait ouvrir sa porte. La porte coulissa avec un bruit feutré, comme un ruban qu'on dénoue pour libérer le cadeau emballé. La silhouette du Japon sortit de l'obscurité de la demeure, si ancré dans ce décor que Ludwig sentit combien lui-même devait être décalé. Comme un ours dans un magasin de porcelaine.

    - Comme prévu me voici, Honda.

    L'emploi du nom n'était pas là pour marquer une distance froide entre les deux nations, mais une simple politesse. Même durant leurs années de cohabitation quand ils formaient l'Axe avec Feliciano, jamais Ludwig n'avait nommé Kiku autrement que par " Japon " ou " Honda ". Utiliser le prénom aurait été marquer une proche intimité entre eux, et il ne pouvait se le permettre.

    S'étant informé sur les traditions du pays afin de ne pas froisser son hôte – sa dernière sortie hors de l'Allemagne avait tourné contre lui parce qu'il avait osé faire remarquer à Francis que traverser hors d'un passage piéton était irresponsable – Ludwig passa à la seconde phase de toute bonne visite au Japon. Le cadeau à l'hôte. Ne pouvant décemment pas offrir à Kiku quelque chose qui pourrait avoir un sens vicié d'un point de vue non-européen, l'Allemand s'était rabattu sur quelque chose qui ne plaisait à tous. Des confiseries confectionnées par lui-même – il avait du se battre armée d'un fouet (de cuisine) pour empêcher Gilbert d'en dévorer la moitié. Ludwig tendit le paquet.

    - Je vous ai amené ceci. Des confiseries allemandes. Je ne pense pas que vous en ayez déjà goûté.

    Avec tout çà il ne connaissait toujours pas la raison pour laquelle Kiku lui avait mandé de venir le voir. Il avait seulement laissé entendre que cela serait lié à un projet culturel qui nécessitait sa participation. Sachant que Kiku n'était pas de ces personnes à s'étaler sur un sujet, Ludwig s'était plié à l'idée de venir au Japon. Ce qui avait le mérite de l'éloigner de l'ambiance tendue qui régnait en Europe. Maintenant il se trouvait à des kilomètres de la France, loin, très loin de ce voisin envahissant qui ne s'amuserait pas à se coller à son rein en prétextant qu'il était son voisin Outre-Rhin (l'humour français et ses jeux de mots était toujours difficile à suivre).

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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Jeu 18 Mar - 15:02

Spoiler:
 

    Les notions « d'ami » et « d'ennemi » n'étaient rien de plus que des idées flous et peu logiques. Pourtant, la majorité lambda ne peut supporter une vie sociale sans ces deux petits mots, ces deux petites suites de lettres qui n'avaient que pour signification la classification bien rangée et ordonnée de nos proches. Une liste où chacune de nos connaissance est impitoyablement triée et classée dans des groupes bien définis à l'avance. « Meilleur ami », « famille », « Némésis », « Amour inestimable »... Les déclinaisons étaient si nombreuses qu'il faudrait des jours et des nuits pour toutes les énumérer.

    Une pensée funeste traversa Kiku : Déterminer ainsi qui était ami et qui était ennemi, les ranger ensuite inconsciemment par catégorie était un réflexe social tout à fait naturel. Une des bases de toutes relations entre les Hommes. Mais n'était-ce pas aussi les réduire à un simple rang ? Dans sa tête défilèrent des images peu recommandables et aujourd'hui haïts. L'Allemagne. Ses camps. Sa Solution Finale. Et les numéros tatoués sur les bras des prisonniers. Voilà. Pour lui, distribuer chaque connaissance dans un groupe bien définit et inchangeable était comme attribuer un numéro. Comme lors de cette période qui fut l'une des plus noire jamais connut par des nations.

    Lugubre pensée en effet. Mais qu'y pouvait-il ? Ces derniers jours, il n'arrêtait pas de repenser à ces années qui, malgré l'horreur de la chose, avait été une période de gloire pour l'Allemagne. Suivit d'une déchéance inéluctable et terrible certes, mais une période de gloire tout de même. Une période qui, par extension, avait aussi offert au Japon ses belles années. Le nippon avait en ce moment la fâcheuse tendance à tout ramener à l'Allemagne.

    Pas sans raisons bien sur.
    La Japonais attendait la visite du blond depuis quelques jours.
    Pourquoi ? Pour une idée. Un embryon de projet. Projet dont il n'était pas l'instigateur mais qui l'avait intéressé. Et donc, fatalement, un projet qu'il n'avait pas put s'empêcher d'accepter. Et pour le mener à bien, il avait besoin de l'aide de l'Allemand. Il avait besoin de ses éclaircissement, de ses conseils, de son vécu. Il avait besoin de tout ce qui pouvait composer l'histoire et le patrimoine de ce pays européen. Alors, il lui avait proposé de venir chez lui, sur l'archipel du Soleil Levant, aujourd'hui royaume incontesté du modernisme mêlé aux traditions.

    Il était en train de se noyer quand il entendit Ludwig faire tinter la cloche de l'entrée.
    Noyé sous des vagues de livres, de feuilles volante et de documents en tout genre qu'il avait ressortit dans la but de commencer ses recherches. Il s'y était mis hier soir, et même si au début les papiers avaient été rangés dans un ordre impeccable digne de son sérieux habituel, la pièce se retrouvait à présent victime d'un capharnaüm peu croyable pour qui connaissait Japon.

    Il se débattit un instant avec un dictionnaire nippo-allemand, remporta une bataille acharnée contre un livre sur le vie d'Hitler, et il réussit enfin à atteindre le couloir, puis le genkan et sa porte d'entrée. Il ouvrit et accueillit son invité. C'était le première visite de Ludwig au Japon. Beaucoup auraient trouvé le fait bizarre. Et pourtant, ce n'était pas si surprenant que ça. Certes, les deux nations avaient longtemps collaboré mais c'était en une période qui ne laissait pas la place à l'insouciance latente qui planait sur cette époque contemporaine dans laquelle ils vivaient aujourd'hui.

    Le Japonais fit entrer son homologue occidental et le salua d'un sourire aimable

    - Je vous ai amené ceci. Des confiseries allemandes. Je ne pense pas que vous en ayez déjà goûté.

    ...Il y eu un blanc, d'à peine une seconde ou deux, pendant lequel son sourire se figea en une expression d'horreur stressé.

    Si les Européens avaient en tête ce cliché des Japonais accros au poisson cru, l'inverse était également vrai dans un tout autre sens : Pour Kiku, l'Allemagne était le sacro-saint empire de la Wurst et autre plats à base de patates ou de charcuterie. Mais tout de même... Il ne pousserait pas le vice jusqu'à en mettre dans les confiseries... Hein ? Enfin, c'était l'attention qui comptait. Surtout dans ce pays, où le geste en lui-même était plus important que la nature ou la valeur du cadeau.

    « - Merci beaucoup. Il ne fallait pas. Surtout que c'est moi qui vous ai poussé à venir. »

    ...Il les ferait quand même gouter à Yong Soo avant de s'y risquer lui-même.

    Il débarrassa le blond de ses affaires pour les ranger, lui fit enlever ses chaussures et le guida à travers le couloir.

    « - Et merci d'avoir répondu si vite à mon appel. J'aurais besoin de votre aide pour un projet un peu spécial. »

    En prononçant ces mots, il ouvrit la porte du salon... Qui n'avait plus rien d'un salon. Il avait oublié que la pièce tenait présentement plus lieu de champ de bataille que de salle à vivre. Et pour ne rien arranger, son chien, Pochi-kun, gambadait joyeusement, sautant de pile de livres en pile de mangas... Il était beau l'accueil japonais.

    Une main sur l'embrasure de la porte, il était dépité.

    « - ...Ne... Faites pas attention au désordre... »

    Et il le fit entrer.
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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Jeu 25 Mar - 21:26

    Les échos du monde disparurent, s'effaçant dans les murs dès que Kiku referma la porte. Le monde agité des humains, de ces fourmis galopants contre l'avancée du temps n'existait plus. Retirés dans cette demeure qui prenait des allures d'ermitage, les deux êtres formaient leur propre univers où le temps vit indépendamment d'eux, ne se rappelant que pour montrer des pertes irrémédiables. Comme ces humains dont la vie n'est qu'un souffle, mais dont la mémoire se perdure et dont eux, nations, en sont les garants.

    Chair et sang devenu encre et papier, noms noirs sur la page blanche, images fantomatiques dans les esprits. Pour qui savait écouter, ces humains continuaient de parler à travers les ouvrages, fruits de leurs entrailles ou hommages posthumes qu'on leur délivrait. Des murmures emplissaient la salle de vie japonaise, mais pouvaient-ils les entendre, eux qui n'étaient pas humains, vivant chaque fait avec l'intensité d'un régiment de coeurs et de corps ? Peut-être perçurent-ils ce bruissement de feuilles, mais ils le mirent sur le compte du vent dans les branches des arbres environnants.

    Sans faire la moindre remarque sur le désordre des lieux – miracle s'il en était, car l'Allemagne était connu pour être presque un maniaque de l'ordre – Ludwig se faufila parmi les tours branlantes d'ouvrages. Son pied heurta un des édifices qui s'écroula instantanément. (Au même instant, à New York, un jeune homme blond hurlait en se cachant sous une table : " Protégez vos tours! Toutes ! Ne les laissez pas s'écrouler ! ") Sous le regard allemand s'étalaient des ouvrages historiques et de ses oeuvres particulières du Japon : des mangas. Impossible de décrypter l'écriture si particulière de ce pays n'utilisant pas l'alphabet qui était commun aux nations européennes (du moins la plupart, Ivan résistait avec le cyrillique, entre autres).

    Intrigué par l'irruption de cet individu inconnu dans son monde étriqué de canidé, Pochi-kun vint prendre contact avec l'invité de son maître. Non sans renverser l'encre où reposait un pinceau, noyant ses pattes blanches de noire dont il laissait d'augustes empreintes dans son sillage. Prestement le petit chien finit enfermé entre les larges mains allemandes. Devant cette créature ressemblant à une peluche, Ludwig eut l'envie de la faire sauter dans ses mains. Mais non. Ne contrôlant pas sa force, habitué à manipuler des chiens plus " imposants ", Pochi-kun finirait écrasé au plafond. Et nul doute que Kiku ne prendrait pas cette conduite pour une simple excentricité européenne.

    - Reprenez le. Il n'est jamais bon de laisser un chien auprès d'inconnus, je risque de l'effrayer.

    La grande carcasse malade se plia avec de minutieuses précautions pour s'asseoir parmi les échafaudages de livres. Laissant Kiku s'occuper de son animal et réparer les dégâts causés, l'Allemand se laissa aller à la curiosité de feuilleter un ouvrage. S'il avait appris le japonais, peut-être aurait-il compris qu'il venait de mettre le doigt dans un engrenage dont Kiku en était l'instigateur. Celui du retour dans le passé, de revivre ce qu'on avait occulté, au profit d'un avenir qu'on espérait meilleur. Un passé que l'on remontait à la surface seulement pour être certain de ne pas répéter le même schéma.

    Encre noire sur feuille blanche. Des personnages aux expressions presque caricaturales mais dont on sentait que l'exagération des expressions n'était pas fait pour susciter le rire, que les grimaces montraient des sentiments dans toute leur intensité. Vint alors l'image dont le trait épuré rendait le tout plus choquant encore. Des traits sans exagération montrant, simplement, la scène. L'Histoire dans sa crudité.

    L'intense émotion qui vous prend à la gorge, vous fait déglutir alors que vous avez l'impression que vous êtes vidé de toute vie. Ludwig écarta les doigts de l'image, comme si ce qui y était imprimé pouvait le ramener à cette époque qui, maintenant encore, était mentionnée à mi-voix. Comme la confession d'un péché lâchée du bout des lèvres, laissant un goût acide dans la gorge. Sous ses yeux, en une image, tous les symboles de cette époque honnie étaient exposés : la croix gammée, l'uniforme impeccable presque rutilant des SS et lui.

    Le livre fut refermé brutalement, et il fallut toute la maitrise de l'Allemagne pour le replacer délicatement sur la pile – sans quoi il l'aurait jeté contre un mur, comme si le choc pouvait briser l'image, comme l'on brise un miroir. Un miroir, l'image était bien trouvée. Dans cette image, c'était lui, l'Allemagne nazie qui n'était plus mais qu'il avait été. Une part de son Histoire qu'il ne pouvait pas renier. Mais toujours, toujours énoncée en demi-teinte.

    Les pas de Kiku se rapprochant de l'Allemand poussèrent ce dernier à reprendre le livre, qu'il tendit au Japonais.

    - Honda, que raconte ce livre exactement ? Et ne mentez pas.

    La dernière phrase avait le ton inflexible des ordres qu'on ne discute pas. Derrière Ludwig se redessinait la nation autoritaire qui avait accepté la présence du Japon dans ses rangs, ne négligeant pas un allié venu d'un autre continent. Utilisant même son ressentiment pour la Chine pour mener ses propres buts. N'y avait-il donc qu'entre ces deux nations qu'un fantôme de relation d'ordre et de servitude, de loyauté trahie et de destructions ?

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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Dim 4 Avr - 15:41

    L'après-midi était doux. L'été s'était presque installé sur l'archipel nippon et il faisais ici plus chaud qu'en Allemagne. Par bonheur, la douce brise du printemps mourant courait encore dans les couloirs de bois et de papier de riz. Et avec elle s'envolaient senteur de cerisiers flétris et crissements de criquets chanteurs. Mais ce n'était pas ce léger coup de vent salvateur qui avait saccagé la pièce jusqu'à en faire le repaire des feuilles volantes et des ouvrages perdus. Non, Mikazuchi, le dieu des Vents Divins, n'y était pour rien. Les seuls responsables était lui-même et sa capacité à oublier le monde alentour quand il se plongeait dans quelque chose. Le chien gambadant allégrement parmi les estampes, les encyclopédies et les mangas n'étaient pas en reste non plus et n'avaient rien à envier aux espiègles Zashiki-Warashi dans leur période de troubles. Ces esprits avaient beau être considérés comme une bénédiction pour une maisonnée, le fait restait qu'ils n'en étaient pas moins farceurs que les autres à leurs heures perdues.

    Et présentement, une personne extérieure aurait été en droit de se demander qui, du canidé ou des yokais facétieux, s'était amusé à répandre l'encre d'un noir lourd à travers meubles et sol.

    Oh, était-il difficile de deviner la gêne que pouvait ressentir l'Asiatique devant tel spectacle ? Heureusement que son invité n'était pas le premier venu, car en maitre de la politesse et de l'ordre qu'il était, le Japonais était, malheureusement pour lui, bien embarrassé. Par bonheur, la sévérité communément Allemande sembla trouver inutile d'en faire part. L'absence de remarques à ce sujet forçat Kiku à formuler un bref soulagement silencieux.

    Ce fut en lui adressant un regard quelque peu courroucé qu'il accueillit dans ses bras l'animal coupable. Loin de se sentir fautif, ce dernier ne cessait d'envoyer des salves de bonheur canines à tout va – technique mise au point pour contre-carrer ses yeux inexpressifs d'animal –, bien trop heureux de découvrir une présence nouvelle en son domaine. Pour parer à une éventuelle nouvelle attaque de joie de la part de la bête, Kiku laissa son ancien coéquipier s'installer là où il le pourrait et sortit de la pièce en priant pour ne pas retrouver Ludwig mort étouffé sous des vagues meurtrières de livres (Ne pas croire qu'un manga est innocent. Combien de personnes sont-elles déjà mortes des griffes d'un tome 251 ou 252 de quelques séries perfides à la Naruto ? Les pertes sont lourdes et toujours regrettables).

    Son soupir regretté accompagna la brise quand il traversa l'en-gawa. Il abandonna Pochi-kun dans le jardin avant d'entrer dans la cuisine. Le chien fauteur de trouble s'était déjà trouvé une nouvelle occupation en la compagnie d'un papillon voletant tranquillement à travers la flore du jardin zen.

    Il avait déjà mis le thé à infuser quelques instants avant l'arrivée de Ludwig. Le regard perdu dans le vert transparent du breuvage tandis qu'il le versait dans les tasses de céramique, il se demandait comment aborder le sujet qui l'avait poussé à inviter l'Occidental chez lui. Il ne considérait son projet ni comme étant louable, ni comme étant inintéressant. Mais la culture et l'histoire de la nation patientant dans son salon l'attirait comme un insecte de nuit est attiré par la flamme de la bougie. Cette idée lui tenait à cœur plus qu'il ne voulait l'avouer. Il décrocha ses yeux de la vapeur dégagée par le liquide et s'en retourna vers Ludwig, plateau à la main.

    - Désolé, je n'ai que du thé à vous propo...

    Son élan fut coupé net par la mine sombre de l'Européen. Un regard à la fois troublé et mélancolique se leva vers lui et il lui suffit d'apercevoir ce que son vis-à-vis tenait entre les mains pour comprendre. Fermant brièvement les yeux, le second soupir de la journée traversa ses lèvres, plus résigné et profond que le précédent. Sans mots dire, Kiku se débarrassa de son fardeau en déposant une tasse nacrée devant chacun d'entre eux et il s'installa en face de l'Allemand, en seiza, l'air grave d'anticipation.

    - Honda, que raconte ce livre exactement ? Et ne mentez pas.

    La dernière réflexion aurait pu lui arracher un sourire cynique si cela avait été son genre. Mentir, lui ? Pourquoi le ferait-il ? Son interlocuteur venait justement de mettre le doigt sur la raison de sa présence ici, pas la peine de faire des messes basses. Ce qui, d'ailleurs, est habitude d'occidentaux.
    Le ton impératif, bien que compréhensible, chagrina le Japonais. Il attrapa le livre tendu et lu la page concernée à haute voix. Une fois. Ou pas. Il ne la termina pas et referma l'ouvrage pour le poser à coté de sa tasse fumante.

    - L'homme qui a écrit ceci était une personne formidable qui a beaucoup souffert des affres de la Seconde Guerre Mondiale. J'aurais aimé que vous puissiez le rencontrer.

    Car malgré tout l'effort du monde, malgré son tempérament calme et à l'écoute, Ludwig restait Allemand. Il n'était pas Japonais et rien que ce détail le faisait se braquer immédiatement dés qu'il avait eu la bande dessinée nippone entre les mains. Les images seules ne pouvait lui faire comprendre le ressentie et la vision de l'auteur. De plus, c'était là un sujet sensible pour lui : celui de la période la plus noire de son Histoire.

    - Je ne pense pas avoir besoin de vous raconter l'histoire de ce livre, vous l'avez surement compris par vous-même. Et c'est précisément le sujet qui m'as poussé à vous faire venir ici.

    D'un geste distrait, il tapotait du doigt les visages d'encres en couverture du livre. Celui du dirigeant allemand le plus craint de toute l'histoire du pays germanique semblait les narguer avec ironie.
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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Ven 16 Avr - 21:10

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    Le rire de Ryujin, dieu des eaux, doucha l'impétuosité de Kagutsuchi qui maugréa silencieusement contre le dragon dont le pouvoir contrariait le sien. Cette lutte quotidienne des kamis n'était pas sans lien avec celle qui se déroulait dans la demeure japonaise. La flamme née de la blessure et de la repentance se fit faible, presque mourante, sous la caresse du flot de paroles. Mots dictés d'une voix maitrisée, parcourue de quelques vagues pour rappeler que toute eau qui dort cache une force. Que les corps semblant fragiles cachent des esprits aiguisés. Que le fourreau de soie contient une lame vive.

    - Je ne pense pas avoir besoin de vous raconter l'histoire de ce livre, vous l'avez surement compris par vous-même. Et c'est précisément le sujet qui m'as poussé à vous faire venir ici.


    Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt. Quand Kiku montra l'ouvrage, Ludwig se refusa à voir les visages d'encre, sachant que l'un d'eux se ferait chair dans son esprit. Pourquoi chacun le réduisait à cette simple époque ? A les entendre, l'Allemagne ne s'était montré au monde que pour le détruire et le dominer. Pour le monde, l'Allemagne n'existait qu'à travers la guerre, qu'à travers cette guerre. S'ensuivaient alors deux réactions : le dégout ou la pitié. Deux portraits : le bourreau ou la victime.

    Ludwig pouvait-il ranger Kiku dans l'une de ces deux cases ? Que pensait le Japon de cette période qui leur avait semblé si glorieuse à l'époque ? Tant de silence depuis la chute. chacun s'était replié chez soi, se tournant le dos, fermant portes et fenêtres pour ne s'occuper plus que de soi. Ludwig ne pouvait poser la question directement au Japonais. La peur de se retrouver en face de ses responsabilités. Les tours et colonnes d'ouvrages lui répondirent mieux qu'un long discours. La pièce ne semblait occupée que de livres dont le sujet n'était autre que lui : l'Allemagne.

    Venait-elle de là cette impression d'être en lieu connu, alors que jamais il n'était entré ici ? (L'alliance Allemagne-Japon s'était déroulé dans un cadre formel, et non dans une telle intimité). Ces ouvrages étaient une part de lui, et Kiku les avait accueilli sans répulsion, sans rancoeur. Le Japonais avait accompli ce qu'il se refusait encore aujourd'hui : regarder son passé en face, se regarder dans la glace sans nier ses défauts, ni glorifier ses qualités.

    Les mains allemandes reprirent le manga. La voix grave se fit plus calme qu'auparavant, mais sa puissance grondait au loin, comme un orage qui s'éloigne.

    - Parlez-moi de votre projet. J'en ai déjà une vague idée grâce à ce que vous avez dit, mais... Ce que je crois comprendre est peut-être à des kilomètres de la vérité.

    Les feuilles tournèrent sous les doigts de Ludwig, tout comme les paroles de Kiku tournèrent dans son esprit. Le livre se referma quand le dernier mot tomba, replongeant la pièce dans un silence factice. Dans l'attente de l'accord tant espéré, de la clé qui permettra de rouvrir les portes condamnées. Le regard allemand se fit lointain, se tourna vers Kiku essyant de retrouver dans cette figure celle du Japon qui avait été membre de l'Axe. Existait-il encore cet homme qui lui avait offert sa confiance ?

    - Je vois...

    Les paupières s'abaissèrent, effaçant les images du passé pour se rouvrir sur le présent.

    - Si je comprends bien, vous désirez parler d'un pan de mon histoire. Comme l'a fait ce monsieur Tezuka.

    On hocha peut-être la tête pour le presser de poursuivre. Les mots coulèrent, libérés de l'appréhension des réactions de l'interlocuteur.

    - Pensez-vous que cela intéressera les gens ? Je parle surtout des générations qui n'ont pas connus cette époque. Pour beaucoup, cela ne les concerne pas puisque ces faits ont eu lieu avant leur naissance. Ils n'y verront que fiction et vieilleries.

    La tasse de thé se transforma en dé à coudre dans les mains de Ludwig, objet minuscule pourtant manipulé avec soin. Cherchant dans le liquide une lueur d'espoir, l'homme y discerna ce qu'il prit pour un éclat de soleil. Sans se rendre compte que cet astre avait les traits d'un visage maternel à la chevelure flamboyante.

    - Il y aura aussi ceux qui se sentiront concernés, même trop, voulant porter le poids de fautes qu'ils n'ont pas commises. Payant pour les autres. Quand je vois nombre d'Allemands penser ainsi, je souhaite qu'ils se libèrent de cette envie de pénitence.

    Lui-même agissait ainsi. Reflet d'une pensée de son peuple, ou est-ce lui qui influençait ses habitants ? Interrogations sans réponse que Ludwig noya dans le thé, amer comme les larmes.

    - Si vous êtes certain que ce projet peut être positif, vous aurez mon aide. Pleine et entière.

    La chaleur douce et caressante de la déesse Amateratsu, fit fondre la rigidité de la statue de cire. Le souvenir tendre d'une époque amena un sourire, fugace, sur les lèvres de Ludwig. Image d'une main tendue au Japon par l'Allemagne cherchant un allié. Souvenir des scènes de la vie du trio de l'Axe, où chacun oubliait parfois qu'il était nation. Envie cachée de renouer un lien.

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L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ?
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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Dim 2 Mai - 1:42

Spoiler:
 


    A chaque fois que je me sens seul, je pense qu’il y a forcement quelqu’un, quelque part, qui ressent exactement la même chose que moi.
    En ce moment même, il y a un nombre incalculable de personnes comme moi tout autour du monde.
    Quand j’y pense, c’est un peu comme garder un secret. Le genre de secret qui peut facilement faire de deux inconnus des amis.
    Si simple.
    Sans effort.
    « Je ne révélerais jamais ton secret à quiconque. Jamais.
    Je le jure sur cette lune bleue qui nous observe. »
    Briser ce secret ne serait-t-il pas la plus belles des trahisons ?


    Il avait longtemps été seul. Intentionnellement ou non, il s’était exilé. A plusieurs reprises. Ivan, Yao, Mei, Yong So, Ruben, Antonio… Tour à tour, il avait abandonné et avait été abandonné. Des décennies, des siècles. A aucun moment il n’avait voulu l’avouer – ou était-ce qu’il ne s’en était rendu compte que trop tardivement ? -, mais la solitude lui avait tellement pesée. L’autarcie qu’il s’était infligé lui avait tellement coutée. Puis il s’était rapproché d’Arthur. Arthur qui lui avait proposé de devenir son ami. Quelqu’un sur qui compter, toujours. Ce jour-là, il avait pleuré, lui qui n’avait pas versé de larmes depuis si longtemps. Et puis, et puis… Arthur était partit. Parce qu’il ne voulait pas se battre contre lui, mais il refusait de s’opposer à son petit frère. Cruel, cruel. Kiku l’aurait maudit si seulement il en avait été capable.
    Mais on était venu le chercher. Par une journée grise, morose et sans âme. Ludwig lui avait proposé une alliance. Certes, cela n’avait rien eu à voir avec le britannique mais inconsciemment, Kiku s’était efforcé de considérer cette proposition comme une page à tourner. Oublier, oublier… Faire des amis d’hier les ennemis de demain, et accepter de trouver des alliés en des personnes insoupçonnées.

    La flamme de la colère s’éteignit aussi vite qu’elle était venue. Comme soufflée par ce désir de ne jamais atteindre le sommet de la colline que l’on gravit dans la musique lourde de l’été. Le silence étreignit les lieux, comme un voile enveloppant les deux nations, étonnement paisible. Car la froideur brusque et effrayante de l’Allemand s’était figée net, tel un oiseau abattu en plein vol. Un tonnerre sourd transformé en brise, comme celle entrant par le paravent ouvert en emportant le son des clochettes avec elle.
    Que pouvait la fureur d’une tempête face à la montagne inébranlable de toute façon ?

    A la demande européenne, Kiku expliqua tout. Faire de Mein Kampf un manga, voila une idée à première vue incongrue, et il devait être ardue pour un occidental d’en comprendre l’intérêt. Et pourtant.
    Le Japonais n’en dit pas plus que de besoin. Ludwig était intelligent, inutile de se lancer dans de grands discours. Il laissa ce dernier le temps d’analyser l’information. Il pouvait même prendre tout le temps qui lui était nécessaire. Qu’était le temps pour eux ? Juste un amalgame de secondes auxquelles il était impossible d’échapper.

    Son regard se posa sur les piles de livres autours de la pièce. Des livres. Armes terribles. L’une des plus destructrices. Une arme qui sacralise l’homme et ses ambitions tordues. L’arme qui célèbre ce que les humains savent dire, savent faire, savent penser. C’est-à-dire rien. Juste un no man’s land d’épines et de ronces. Une couronne d’ortie.
    Ses iris sombres se tournèrent comme par réflexe vers Ludwig lorsqu’il laissa les mots couler de ses lèvres anémiées.

    - Pensez-vous que cela intéressera les gens ? Je parle surtout des générations qui n'ont pas connus cette époque. Pour beaucoup, cela ne les concerne pas puisque ces faits ont eu lieu avant leur naissance. Ils n'y verront que fiction et vieilleries.

    Brusque, terrible retour à la réalité. Le silence est brisé, la désuétude de l’instant s’effondre.
    Un papillon qui se brule les ailes est toujours un triste spectacle à voir.
    Si le blond avait été ce papillon, quoi de plus logique que ces craintes exprimées avec ce sérieux et ce sang-froid implacable ? Trop implacable d’ailleurs. A en pleurer. Ces larmes étranges car invisibles et inexistantes. Paradoxe ?

    - Il y aura aussi ceux qui se sentiront concernés, même trop, voulant porter le poids de fautes qu'ils n'ont pas commises. Payant pour les autres. Quand je vois nombre d'Allemands penser ainsi, je souhaite qu'ils se libèrent de cette envie de pénitence.

    Ah, la pénitence… Quel joli mot. Un mot qui emprisonne. Autant se passer soi-même la corde au cou.

    - Ridicule.

    Oui, ridicule en effet. Du moins pour lui.

    - Comment pouvez-vous penser que ce sujet pourrait rester inaperçu des autres ? Il s’agit d’un des événements les plus forts de ce siècle.

    Oui, c’était bien évidemment un sujet qui ne pouvait que fasciner. Quant aux peurs de Ludwig concernant le… Public, avaient-elles vraiment lieu d’être ? Au Japon, le respect des Anciens était un des piliers de la société. Leurs paroles y sont attentivement écoutées, voire vénérées. Tous boivent leurs récits, avides de leur sagesse. Et ces anciens n’avaient aucune honte à parler de la Seconde Guerre. Ni leur soutien pour les nazis, ni leur rôle dans le conflit ne les faisaient rougir. Quand le sujet des bombardements ou de grandes catastrophes était abordé, ils en parlaient avec le sourire, amusés. Ou plutôt heureux. Heureux de chaque jour passant paisiblement. Parce qu’ils étaient en vie.

    - …Nous ne devons pas reproduire les mêmes erreurs. Il est indispensable de laisser le plus de traces écrites possibles. Des traces sur divers supports, avec des points de vues différents. Je trouve votre vision de la jeunesse bien caricaturale. Nombreux sont les jeunes qui s’intéressent de très près à l’histoire de leur pays et de leur monde. Et même si ce n’était pas le cas…

    Un silence. Il ne finit pas sa phrase. Il porta la tasse à ses lèvres. Le liquide fumant commençait à refroidir.

    - …Libérez votre peuple Ludwig. Et profitez-en pour vous libérer aussi. Arrêtez d’être enchainé à votre passé, arrêtez de chercher l’absolution, la pénitence ou le pardon. Pensez-vous que c’est en faisant de ce sujet de discussion un tabou que les Allemands arrêteront de culpabiliser ? Cela risque bien de provoquer le contraire.

    Il faillait avancer, ne plus regarder en arrière. Même lui aujourd’hui arrivait à rire naturellement avec Alfred malgré l’horreur qu’il lui avait fait subir. Kiku était connu pour son dédain des réponses claires et concises. Pas pour son manque de franchise. Il fut pourtant heureux que l’Allemand décide de le soutenir dans ce fameux projet. Tout serait tombé l’eau s’il avait refusé – Il le pouvait d’ailleurs à tout moment, au grand dam du Japonais.
    Un sourire s’inscrit sur son visage. Paisible, simple, chaleureux. Il se souvenait d’avant. Oui, l’amitié qu’il avait partagée avec Ludwig et Feliciano n’avait rien à voir avec celle d’Arthur ou d’Héraclès. Mais elle ne pouvait être moins importante.

    - Nous sommes l’Histoire. Si les gens ne s’intéressaient pas à nous… Non, ce jour n’est pas prêt d’arriver, j’en suis certain.

    Un rire. Léger. Réprimé à moitié. Était-ce le soleil ou la présence de l’Allemand qui le rendait si paisible ?
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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Jeu 3 Juin - 9:31

    Ludwig cligna des yeux sous l'effet de la gifle. Un enfant qui vient de recevoir un sermon de ses parents, qui voit ses paroles balayées d'un revers de la main. La scène en était comique : un colosse, de près de deux mètres, désarçonné par un homme qui n'atteignait pas les épaules allemandes, même en levant les bras. Il ne manquerait plus que le nippon tapote la tête de son interlocuteur pour parfaire le tableau. Le tableau d'un père qui sermonne son enfant, d'une épouse qui essaye de faire grandir son mari.

    - …Libérez votre peuple Ludwig. Et profitez-en pour vous libérer aussi.

    Combien avait tenu un discours presque semblable à celui-ci ? Plusieurs lui avaient déjà dit de cesser de vivre dans le souvenir de cette époque révolue. Il avait écouté, hoché la tête, suivi le conseil durant quelques jours, jusqu'à ce que la mauvaise habitude reprenne le dessus. Il suffisait de peu pour replonger. Les manifestations de l'amitié franco-allemande n'aidaient pas : tel un leitmotiv, chaque rencontre était placée sous le signe de cette époque. Toujours cette image d'une nation qui a pardonné une autre, tendu la main alors que les autres lui tournaient le dos. Comme si rien d'autre n'avait eu lieu depuis, que le temps s'était arrêté là-bas, quelque part.

    Ce n'est pas moi qui construis mes chaînes, ce sont les autres.

    Il était si facile de reporter la faute sur les autres, plutôt que d'avouer sa propre implication dans l'affaire. Peu sont ceux qui avouent avoir tort, de façon sincère et sans qu'on ne les pousse à la confession. Assumer ses actes passés sans rougir, sans fléchir ? Ce serait rude de ne plus se cacher dès que certains termes seraient prononcés, de garder la gorge sèche et le regard clair dans certaines circonstances. Mais que cela serait bon de ne plus voir un peuple figé dans un temps donné, l'oeil hagard, cherchant à retrouver une dignité arrachée de force.

    - Nous sommes l’Histoire. Si les gens ne s’intéressaient pas à nous… Non, ce jour n’est pas prêt d’arriver, j’en suis certain.

    Une nation n'est pas que frontières : elle est peuple, un rassemblement de vies unies par une culture, une langue. Que le peuple soit détruit, que leur mémoire flanche – oubliant les faits passés, ce qui les reliait à leur voisin de palier – et la nation n'avait plus lieu d'être.

    Si les gens ne s'intéressaient pas à nous, nous ne serions pas là à nous parler.

    Un jour peut-être devrait-il demander à Chine comment il avait réussi à tenir jusqu'ici. Lui, la nation la plus ancienne qui soit, celui qui pouvait parler de l'époque de l'Empire romain avec le ton de celui qui a vécu, qui a vu la vérité. Par quels moyens ce pays ancestral avait réussi à vivre jusqu'ici ? Sûrement pas en niant certains pans de son histoire. Il n'y avait qu'à voir le respect que portaient encore la plupart de ses habitants à Mao. Alors qu'en Allemagne, une croix nazie était le pire signe qu'il soit donné à voir.

    Mais les deux cas n'étaient pas comparables.

    Le rire de Kiku sonna comme une cloche de verre agitée par le vent. Il arrivait à rire, sans artifices, lui qui avait bien connu ce que l'on nommait l'Apocalypse. A l'image du gingko, le Japon s'était raccroché à la vie, refusant de disparaître. La pitié, les larmes, le repli ne menaient qu'à une seule chose : la plongée dans le puits.

    Ce projet du Japon, ce n'était pas seulement une curiosité culturelle, une expérience. C'était l'envie de secouer l'Allemagne, tel un arbre fruitier, pour lui faire entendre la voix de la raison. Pousser l'Allemagne à dire " Oui j'ai aidé à des massacres, oui j'ai regardé mes enfants disparaître ou plonger dans la folie. Mais c'est fini maintenant ". Faire cesser ce sentiment de honte. Juste accepter les erreurs d'un peuple, s'accepter soi-même.

    - Merci pour la leçon d'humilité. Je reste tout de même craintif en ce qui concerne l'accueil que va avoir ce projet. Beaucoup de gens vont avoir du mal à y faire face, mais... je crois qu'ils en ont besoin. D'être mis au pied du mur, forcés à se confronter à cela, parler de cette époque sans se cacher. Bousculer les choses pourrait peut-être les améliorer.

    Inutile de tourner autour du pot davantage. Le projet était accepté, il était maintenant primordial de s'occuper des contraintes matérielles et techniques. Quels humains allaient servir d'outils pour confectionner ce manga qui allait, sans contexte, provoquer une émulsion dans le monde occidental. Ce qui choque dérange toujours les personnes bien-pensantes. Comment présenter l'oeuvre, comment traduire un livre dont les idées ne pouvaient manquer d'arracher du dégoût sans pour autant faire croire que l'on y prend parti ? Ces questions, et d'autres, allaient alimenter le reste de la conversation.

    - Vous en avez déjà souffler mot à des personnes de votre peuple, susceptibles de nous y aider ? Parce que, côté graphique, je n'ai jamais dépassé le stade du petit bonhomme fil de fer. Je peux encore aider à traduire l'oeuvre originale, si vous en avez une édition.

    S'ils devaient travailler sur ce livre, autant éviter les traductions aléatoires, aux passages modifiés pour ne pas choquer. Il était déjà difficile de se procurer Mein Kampf dans le monde occidental. Nombre de pays refusent sa vente, et en Allemagne même, toute réédition est interdite. Parce qu'en ouvrant la boite de Pandore, on a peur de ramener les tares sur le monde.


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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Dim 1 Aoû - 1:42

    Combien de temps s'était écoulé depuis la dissolution de l'Axe ? Plus d'un demi-siecle ? Autant dire un grain de poussière pour des nations.

    Pourtant, Kiku avait oublié bien des choses de cette époque. Des choses sans importance. Forcement. Ce qui ne pouvait rester gravé dans sa mémoire s'envolait lentement et sans bruit. A l'inverse, il y avait d'autres choses que l'on ne pouvait oublier même pour tout l'or du monde, même après des décennies et des siècles passés loin de l'autre. Par exemple, le japonais se souvenait parfaitement d'une chose : La capacité qu'avait Feliciano à être épuisant et casse-pied. Aptitude rare et fatiguante s'il en est. Mais durant toute sa cohabitation avec l'Italie et l'Allemagne, il avait su faire abstraction et s'en était accommodé. Après tout, l'italien était comme ça, on ne pouvait pas le changer.

    En revanche, il avait jeté dans un coin de sa mémoire la tendance de Ludwig à être tout aussi irritant. Dans une autre mesure.

    Ludwig parlait trop, réfléchissait trop. Il se torturait pour rien et se complaisait dans sa façon de penser semblable à celle d'une jeune vierge effarouchée qui regrette sa fugue amoureuse.

    Avoir une telle peur du changement et du renouveau, voilà bien une chose que Kiku n'arrivait pas à comprendre. Lui qui devait sans cesse évoluer, grandir, toujours plus, même aujourd'hui, même après avoir tué ses envies belliqueuses et ses instincts guerriers. Il ne voulait pas comprendre pourquoi son homologue allemand avait choisit de marcher à reculons vers leur futur. Pourquoi s'entêter et geindre ainsi ? Pourquoi se borner à vouloir garder cette image de bourreau de l'humanité ?
    Kiku avait un respect sans bornes pour le germanique, et il lui accordait une amitié discrète mais solide. Pourtant, cela le rendait malade de continuer à entendre des mots tels que « crainte » de sa bouche.

    En fait, à cet instant, il avait juste envie de le frapper un bon coup.

    - Ceci n'avait rien d'une « leçon », et si vous avez eu cette impression, j'en suis désolé. Je ne suis pas ici pour vous faire la morale ou vous servir de mère. Monsieur Edelstein remplit surement ces fonctions à la perfection. Je ne vous demande pas de changer votre mentalité ou celle de vos gens du jour au lendemain, je souhaite seulement vous faire comprendre que cela ne sert à rien de s'apitoyer sur son propre sort ainsi. Ou au moins, faite-le en privé.

    Tout ça avec politesse et neutralité s'il vous plait. Toujours.
    Il savait que Ludwig n'était pas du genre à prendre des gants en règle générale. Il ne se gênait donc pas non plus. Et puis, ils étaient grands, l'européen était tout à fait apte à comprendre ce genre de remarque sans se braquer ou pleurer – du moins l'espérait-il. Sans s'en rendre vraiment compte, il ne put s'empêcher de souffler ses prochains mots à demi-voix.

    - Je ne vous connaissais pas ce coté... Disons...

    Aussi changeant que le cœur d'une femme ou le rythme des saisons aurait-il voulu dire. Mais les mots moururent dans sa gorge, comme si la phrase n'avait pas assez d'importance pour être terminée.
    L'asiatique fixa un instant le fond de sa tasse vide. Il devait se reconcentrer sur l'objet de la venue de Ludwig. Prêt à affronter la marée d'ouvrages régnant dans la pièce, il se leva, un air amusé sur son visage de poupée de Hina Matsuri.

    - ...Par contre, je saisis parfaitement ce à quoi vous faite allusion concernant votre niveau de dessin, j'ai eu l'occasion de lire ces soit-disant « mangas allemands » que font certains de vos jeunes auteurs... Mais l'effort est là.

    Oui, ça l'amusait de voir qu'autour du monde, on les copiaient lui et sa culture. Alors que jusque là il avait toujours été celui qui copie. En vérité c'était un sentiment bien étrange que de voir ces Américains, ces Français, ces Allemands et tant d'autres tenter de se « japoniser » ainsi. Un mélange entre la fierté, l'amusement d'un parent devant les créations maladroites de ses enfants, et la méfiance, la possessivité envers ce qui fait votre propre identité culturelle. Mais passons donc ceci pour le moment.

    - Ne vous inquiétez pas pour ce genre de détails techniques. J'ai déjà réunis quasiment toutes les personnes nécessaires. Si j'ai besoin de vous, c'est surtout pour éviter les fautes historiques grossières et pour faire en sorte que le récit soit le plus proche de la réalité possible. Et ça, vous êtes le seul à pouvoir m'aider dans cette tâche.

    Il fouilla un moment, à la recherche du livre voulu. Représentant silencieux d'un passé un peu trop lourd à porter pour certains, mais malheureusement illisible pour Kiku, faute de comprendre un traitre mot à cette langue barbare que lui semblait être l'Allemand. Mein Kampf. L'œuvre taboue, pas si taboue que ça. Enfin, chez lui. L'exemplaire était poussiéreux, de mauvaise qualité. Et l'on voyait facilement qu'il n'avait pas été ouvert très souvent. Il le posa sur la table en face de Ludwig, reprenant sa propre place.
    Sur la table basse, les tasses tremblaient légèrement sans aide extérieure.

    - Ludwig ? Et si vous vous détendiez en buvant du thé ? Tel que vous êtes, vous faites peur à ma zashiki-warashi.

    Pas un reproche, ni même une petite moquerie typiquement nippone. Juste de quoi lui faire comprendre qu'il n'y avait rien de mal à abandonner un temps l'uniforme de la repentance ou de quelque autre sombre visage. Si le soleil brillait tant dehors, c'était pour le monde, c'était pour eux. A quoi bon s'enfermer l'esprit et le cœur dans la noirceur et la tristesse ?


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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Jeu 19 Aoû - 21:39

    Demander l’âge de quelqu’un était toujours délicat, presque grossier tant cela peut être pris comme un geste déplacé, une intrusion dans la vie intime. Mais pouvait-on donner un âge à une nation ? On pouvait offrir un âge à son enveloppe charnelle selon les critères d’évolution corporelle des humains, mais aucun âge – même séculaire – ne pourrait résumer en quelques chiffres la mentalité d’un concept aussi complexe qu’être nation. C’est bien plus que une addition d’âmes, bien plus que quelques chiffres commentés et interprétés par des bureaucrates aux allures de croque-morts.

    Une nation ne se définissait pas.
    Elle est une condition qui se vit, jour après jour, avec les sacrifices qu’elle implique et les rares joies qu’elle peut apporter.

    Parmi elles, il existait des nations plus âgées par bien des points. Ludwig savait bien que Kiku n’avait pas atteint un seuil d’existence aussi vénérable que la Chine – véritable grand-père qui avait résisté à la décadence des premiers empires et montait à nouveau les échelons du pouvoir. Pourtant les paroles du Japonais semblaient prouver le contraire. Kiku s’était toujours exprimé avec calme, presque avec lenteur, donnant leur juste poids aux mots. Aujourd’hui ses paroles différaient des souvenirs qu’en avait l’Allemagne. Kiku avait évolué (Félicitations ! Kikuss a évolué en Kiksian ♪), devenant un être qui avait atteint la plénitude, un état d’esprit qui le plaçait au-dessus des autres.

    Ludwig était tel un mortel aux côtés d’un elfe. Exactement. Kiku lui faisait penser à ces créatures d’apparence humaine, mais dont la sagesse dépassait n’importe quelle existence mortelle. Il en avait aussi la grâce presque irréelle, qui n’altérait pas la force que contenaient son cœur et son corps sous des dehors de fragilité.

    Et il avait l’expression fine et amusée d’un vieillard qui s’amuse des bêtises commises par les jeunes générations. Ludwig prit la critique sur les mangas de ce pays sans sourciller, en riant lui-même intérieurement. Kiku était tout à fait à droit d’émettre son jugement : après tout il était le mieux placé pour dire ce qu’il en pensait et en soulever les points faibles.

    - Que voulez-vous, quand on admire l’œuvre d’un pays, d’une personne, notre premier geste pour montrer notre amour est de copier. De façon souvent bancale. Vous devriez peut-être donner des cours d’apprentissage à mes auteurs. Et à bon nombre d’autres européens qui ont suivi le mouvement.

    Francis semblait être le pays qui s’en sortait le mieux pour le moment. Sa nouvelle obsession pour le pays du Soleil Levant se transformait même en fanatisme. Ses centres culturels avaient vu l’apparition subite de rayons réservés aux seuls mangas, bientôt suivis de tous les produits dérivés possibles. S’étaient implantés à ce nouveau microcosme tout ce qui pouvait faire la joie d’un otaku, terme qui s’impliquait maintenant à la France elle-même. Francis venait dorénavant aux réunions avec une pile de lecture made in Japan. Et si par malheur celle-ci avait lieu en même temps qu’un certain festival nommé Japan Expo, Francis débarquait en retard ET en cosplay.

    Et après c’était Ludwig le détraqué.

    Enfin cette rencontre n’était pas un prélude à une soirée d’otakus avec visionnage d’animes à la carte en dévorant des pockys. Ils étaient là pour l’Histoire avec un grand H taille 238. Après avoir subi les sermons de Kiku, Ludwig était enfin prêt à s’atteler à sa tâche de traducteur et historien du dimanche. Sauf que poser CE livre devant lui ne l’aida pas à reprendre courage. Si la table n’était pas si basse, il se serait caché dessous. Inspirant et déglutissant, Ludwig fouilla dans la poche intérieure de sa veste. Tenant entre deux doigts un étui fin et noir, l’Allemand en sortit une paire de lunettes qu’il posa sur son nez.

    Avec ou sans lunettes, c’était toujours le même titre qui s’étalait sous ses yeux.

    Sa vue ne baissait pas, et il regretta presque cette constatation.

    Plus par réflexe que par respect par le livre, Ludwig passa sa main sur la couverture, ôtant la poussière qui s’y était déposée en fines particules. Depuis combien de temps n’avait-il pas touché un exemplaire de cette œuvre ? Pas assez longtemps pour chasser la répulsion et la crainte qui le faisait trembler, doucement, comme un arbre bercé par le vent.

    - Ludwig ? Et si vous vous détendiez en buvant du thé ? Tel que vous êtes, vous faites peur à ma zashiki-warashi.

    Il vit alors les tasses qui bougeaient lentement sur la table – prémices d’un tremblement de terre ? Le Japon était un pays connu pour ce genre d’imprévus. Zashikiwarashi ne sonnait pas comme le nom d’un séisme, peut-être une marque de confiseries au mélange douteux proche de la cuisine anglaise ? (Un jour, la petite confrérie des buveurs de thé changera la face du monde)

    - Sans vouloir paraître idiot, qu’est-ce qu’une zashiki…

    Le rire enfantin le fit sursauter, cognant son genou contre la table basse. Choc qui renversa sa tasse de saké sur lui. Ou comment l’Allemagne détruit tout charisme en l’espace d’une seconde à cause d’un esprit de petite fille. Légèrement déboussolé, l’Allemand se mit à regarder autour de lui comme si une chose horrible allait sortir d’un mur pour l’attraper. On racontait tant d’histoires sur l’existence de créatures folkloriques au Japon. Depuis que Francis lui avait relaté l’histoire d’une petite fille qui sort d’un puits, Ludwig débranchait tous les soirs sa télé. Par souci d’économie d’énergie, bien entendu.

    Un bruissement de soie le frôla, mais rien n’apparut à ses yeux. Pas même un pan de kimono qui pourrait apparaître par une porte entrouverte, ou une silhouette en ombre chinoise à travers la cloison. Japon devait lui jouer une blague, voilà tout. Il n’y avait assurément personne d’autre qu’eux – et Pochi – dans cette maison. Pourtant il entendait des bruits de pas dans la pièce.

    - Rassurez-moi, vous n’avez pas regardé un film avec une fille qui sort d’un puits il y a sept jours ?

    Ludwig se dit qu’à cet instant plus rien ne retenait Kiku d’appeler l’asile le plus proche et de l’y envoyer pour y subir les meilleurs traitements qui existent.


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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Dim 10 Oct - 14:41

    Allons bon. Voila que Ludwig se mettait aux compliments à présent. Compliment qui, s’il n’avait pas décidé de l’ignorer, aurait surement rendu le japonais aussi rouge que les tomates d’un certain espagnol. C’est qu’il n’en fallait pas beaucoup à un nippon pour que sa modestie naturelle ne face place à la gêne. Mais peu importe, pour le moment, Kiku préférait garder le rôle de l’hôte maitre de lui, calme et imperturbable. Il savait l’allemand mal à l’aise, et surement était-il plus envahit par le remord que par l’envie de voir un ancien allié perdre ses moyens pour une simple phrase. Il semblait d’ailleurs plus absorbé par la couverture du terrible écrit que par la présence de l’asiatique en face de lui, perdu dans des pensées négatives et des souvenirs trop douloureux pour une personne seule. Kiku n’osait l’interrompre, préférant boire le contenu à présent à peine tiède de sa tasse de thé.

    Et pourtant, il ne fallut pas grand-chose pour changer radicalement le cours de la discussion, et modifier l’ambiance pesante de la pièce. Seulement une petite parole sortie d’un ton doux et apaisant, suivit des facéties d’une certaine petite fille qui, s’ennuyant un peu trop dans cette grande maison où personne ne pouvait s’amuser avec elle, décida de jouer un innocent petit tour à cet étranger si grand, si étonnant et si inhabituel. Mais qui était-il donc ? Pourquoi n’était-ce pas l’amusant monsieur aux gros sourcils qui était là ? Jamais elle ne l’avait vu ici, était-ce un nouvel ami de Japon ? Pouvait-il la voir, pouvait-il la sentir ? Et jouer ave elle ? Oh, ce serait tellement merveilleux si c’était le cas ! Elle aurait une nouvelle personne pour jouer à chat. Parce que le monsieur aux gros sourcils était drôlement nul à ça ! Vite vite, allons vérifier. Kiku ne grondera pas, Kiku l’aime trop pour cela.
    Poussée par la curiosité de l’enfance dans laquelle elle était figée, l’esprit bienveillant s’était mit en tête de passer prés du blond, tout prés tout prés. Lui frôler la joue d’une manche de kimono devrait suffire. Et dans un rire que seuls les résidents de la demeure pouvaient entendre, elle passa en courant, mettant son gentil plan à exécution.

    Et ce qui devait arriver arriva, fatalement. Surprit par le geste de quelque chose – de quelqu’un – qu’il ne pouvait voir, Ludwig sursauta comme un damné, renversant du même coup sa tasse sur ses vêtements jusqu’alors impeccables, sans même pouvoir finir sa phrase. Par reflexe, Kiku se leva d’un bond et se dépêcha de redresser le récipient, épongeant le liquide sur la table avec le premier morceau de tissu lui tombant sous la main – en l’occurrence, le tablier qu’il avait machinalement rapporté de son passage dans la cuisine. Le germanique semblait trop concentré sur la douleur que le coin de la table avait réussit à infliger à son genou, et trop préoccupé par l’origine de cette présence inconnue pour s’inquiéter de l’état actuel de ses vêtements et du sol.

    - Rassurez-moi, vous n’avez pas regardé un film avec une fille qui sort d’un puits il y a sept jours ?

    Pard… Hein ? Kiku stoppa un instant sa vaine tentative de sauver le reste du tatami. Il lui fallut une seconde de battement avant d’assimiler et comprendre les paroles de son homologue. Une fille sortant d’un puits ? Le japonais se retint à grand peine de rire. Il ignorait Ludwig si sensible sur le sujet des légendes urbaines et horrifiques. Ainsi, c’était Sadako qui avait traversée la première l’esprit occidental. La confondre avec une zashiki-warashi, voila qui était assez frustrant pour Kiku. Mais Ludwig était loin d’être le premier à se méprendre sur ce genre de sujet.

    - Sachez que tout les esprits de cette maison sont tout à fait sains d’esprit et civilisés. A ce propos, je pensais que vous lui faisiez peur mais on dirait qu’elle vous aime bien… La Zashiki-warashi. Se dépêcha-t-il de préciser ; Vous avez de la chance, elle n’aime pas trop les inconnus d’habitude. Jusqu’ici elle ne s’est montrée qu’à une ou deux personnes.

    Pas difficile de deviner de qui il s’agissait. Mais peu importe. Le japonais jeta un regard désolé à la pauvre tasse de céramique et se releva avec un léger soupir de dépit. D’un nouveau coup d’œil, plus critique, sur la personne de Ludwig, il se rappela que laisser un invité dans un tel état était parfaitement inconvenant.

    - En revanche, elle est joueuse… Un peu trop peut-être. Je suis désolé pour vos habits. Peut-être voulez-vous utiliser la salle de bain et changer de vêtements ? Je peux vous en prêter. Vous êtes grand mais je devrais pouvoir vous trouver quelque chose.

    Dés que Ludwig fut debout, prêt à lui emboiter le pas, l’asiatique se dirigea vers la salle de bain pour la lui montrer. Il lui expliqua sommairement comment cela fonctionnait ici : D’abord remplir la large baignoire carrée d’eau chaude, et pendant ce temps, se laver à l’extérieur grâce à la petite douche murale et la bassine. Et surtout, ne rentrer dans la baignoire qu’une fois parfaitement rincé, pour profiter de la chaleur et se détendre. Cela pouvait surprendre plus d’un occidental. Après lui avoir assuré qu’il poserait une tenue de rechange devant la porte, Kiku laissa l’allemand se débrouiller.

    - Et faite attention : Sadako ne sort pas uniquement des puits ou des écrans de télé.

    Ceci avait évidemment eu pour seul but de détendre l’atmosphère. Surtout pas pour faire peur au germanique, non, certainement pas. Ah, après avoir fermé la cloison coulissante, le brun se dit qu’il aurait peut-être dût avertir Ludwig de l’existence du Amakane, un yokai à la peau rouge et aux cheveux hirsutes dont la langue bleue démesurée lui permettait de lécher la crasse restant dans les baignoires avant que le baigneur ne nettoie. Crasse dont il se nourrissait. Oui, certains yokais japonais avaient des goûts très étranges.
    Après quelques minutes de recherches, Kiku réussit à trouver un kimono standard qui avait l’air assez grand pour Ludwig. Il n’avait rien de plus occidental à lui passer, tout serait bien trop petit. Le vêtement sur les genoux, il glissa distraitement ses doigts dans le pelage clair de Pochi qui l’avait suivit tout du long. Une idée germait dans sa tête. Histoire de permettre à Ludwig d’oublier les sombres pensées que l’arrivée dans la maison nippone avait provoqué. Et histoire de s’amuser un peu aussi.

    - Et si nous lui jouions un petit tour ?

    S’adresser directement à son chien n’était peut-être pas le meilleur moyen d’obtenir une réponse positive. L’animal le regarda de ses petits yeux inexpressifs et sautilla dans la pièce. Kiku décida d’exécuter son plan, pas aussi innocent que celui de la zashiki-warashi. Première étape, trouver le principal objet du crime. Dans un placard, bien rangé, le japonais sortit une perruque aux longs cheveux noirs. Après tout, il était le professionnel du cosplay, rien d’étonnant à trouver ce genre de chose chez lui n’est-ce pas ? Petit passage devant un miroir pour parfaitement ajuster la perruque sur sa tête, bien installer les cheveux devant son visage, et il pouvait passer à l’étape numéro deux, la plus difficile : s’infiltrer dans la salle de bain sans se faire remarquer de son invité. S’approchant à petits pas de la porte, il entendait le clapotement de l’eau et des bruits d’éclaboussures. Ôtant son kimono principal pour garder uniquement le fin hakama blanc de base, Kiku se baissa et entrouvrit légèrement la cloison. La vapeur envahissait la pièce, lui facilitant le travail. En quelques secondes, le visage crispé par la concentration, il réussit à pénétrer dans la salle d’eau sans alerter Ludwig. Bien, dernière étape. L’humidité de l’endroit collait le vetement à sa peau et quelques mèches de cheveux à son visage. Parfait. L’asiatique se redressa lentement, prenant bien gare à mimer à la perfection les postures et gestes de la tristement célèbre Sadako. Il ne pouvait savoir de quoi il avait l’air mais s’il n’arrivait pas surprendre le blond, il serait déshonoré…

    Dans un râle calculé, il s’avança dans le dos de Ludwig et glissa une main froide sur son épaule.


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MessageSujet: Re: [Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}   Mer 20 Oct - 20:12

    La situation prenait un tour incongru qui déplaisait à l'Allemand, individu ne supportant pas que quelque chose lui échappe. Ne pas avoir le contrôle était une de ses plus grandes hantises, avec l'idée de se retrouver enfermé dans une salle poussiéreuse. Ludwig ne pouvait donc que se sentir gauche, se contentant de suivre docilement le maître des lieux. On aurait cru voir un enfant tout contrit de sa bêtise, collé aux pas de sa mère et n'osant pas lever la tête de peur de recevoir une punition.

    Les bruits légers démontrant que la maison était pleine de vie ne faisaient qu'installer le malaise chez l'occidental. Il n'avait nullement l'habitude des demeures de ce genre, où l'invisible côtoie le quotidien sans que personne ne s'en inquiète. Kiku avait pourtant émis une courte description des habitants pour le mettre à l'aise, mais non. Ludwig demeurait sur ses aguets, craignant de voir une quelconque créature au détour d'un couloir, ou sentir une main s'abattre sur lui. Ses rares incursions avec un monde non humain n'avaient jamais été de douces expériences : Bertha aimait insuffler le froid dans son lit, et la peur de l'avenir dans son esprit.

    - Et faite attention : Sadako ne sort pas uniquement des puits ou des écrans de télé.

    Ah, euh, pardon ? Ludwig ravala la question superflue qu'était le « Vous allez me laisser tout seul ? ». Il avait déjà commis assez de dégâts, inutile de rajouter un côté gamin pleurnichard par-dessus. Il avait une réputation à tenir, et ce n'était pas une conduite à avoir quand on était invité. Il avait toujours su, jusqu'à présent, vivre dans le voisinage d'une Hongroise – connue entre autre pour se glisser dans les lieux intimes pour ses plaisirs personnels. Il n'avait donc rien à craindre de la part d'une quelconque créature nippone au comportement proche.

    Même si la dite-Sadako était connue pour ses multiples meurtres et de pouvoir continuer à se balader dans la nature. Mais que fait la police ? Elle n'a tout simplement pas de secteur dédié aux phénomènes paranormaux, faute de budget et de personnes ayant ainsi de charisme pour faire avaler çà au reste du monde. Puis, personne n'ayant encore le pouvoir de passer à travers un écran de télévision, l'idée ne pouvait pas encore être mise en place.

    Ce petit aparté pour démontrer que Ludwig avait toute raison de s'inquiéter sur la possibilité qu'une fille sorte du robinet. Vision rapide de la tuyauterie. Si çà se trouvait ce n'était qu'une blague du Nippon pour le voir trembler de peur. Tiens, d'ailleurs. L'Allemand se mit à inspecter la pièce tel un espion américain envoyé en mission au Kremlin. Pas de traces de caméras. Non mais, allez savoir avec un Japonais lié intimement sur le plan professionnel avec la Hongrie : çà peut vous réserver de méchantes surprises. Comme retrouver sur Facebook une photo de vous dans une situation/position peu avantageuse. Nombre de réputations avaient ainsi rejoint le no man's land en l'espace de quelques secondes.

    Défait maintenant de tout soupçon, Ludwig suivit consciencieusement les règles ancestrales des ablations japonaises. N'empêche qu'ils avaient des baignoires bien exiguës ces Asiatiques, il fallait qu'il plie les jambes à fond pour pouvoir y entrer. Ou alors c'était lui qui était trop grand ? On lui faisait souvent la réflexion. Ce n'était pas sa faute mais celle des gènes paternels, voilà tout. Bon, où était le savon ? Avec la vapeur qui rendait la pièce aussi limpide qu'un sauna finlandais, et les cheveux retombant sur les yeux, Ludwig ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Enfin la sensation agréable de l'eau chaude permettait d'oublier temporairement tous ces petits tracas.

    Temporairement, c'était le mot. Ludwig aurait pu s'endormir paisiblement, groggy par la chaleur si une main ne s'était pas posée sur son épaule. Ce fut la sensation glacée qui le fit sursauter, projetant une bonne quantité d'eau sur le sol. Une baleine n'aurait pas fait moins de dégâts. Mû par le réflexe humain de voir quel était la cause de cette horrible sensation, l'Allemand tourna la tête.

    Et perdit en une seconde tout une réputation d'être viril, martial et incontestablement bourré de testostérone. Tout cela en poussant un cri que l'unanimité aurait jugé de purement féminin tant il montait dans les aigus.

    - KIIIIIIIIiiiiiKUUUUUUuuuu ! SADAKO EST – IIIIIH ME TOUCHEZ PAS !

    Ludwig se protégea de son bras, celui-même que « Sadako » avait voulu toucher. Il ne pouvait pas fuir, il était là, prisonnier dans une baignoire. Cette constatation lui faisait naitre des sueurs froides alors que d'autres auraient jugé que la situation était des plus comiques. Évidemment, dans la panique de se retrouver nez à cheveux avec un esprit vengeur, Ludwig n'eut pas la décence d'esprit de se rappeler que la porte n'était pas fermée et qu'il pouvait sortir sans problème. Et même s'il avait fait ce constat Ludwig aurait bloqué sur le fait qu'il était en tenue indécente et que, même si Sadako était un fantôme, il ne pouvait pas se montrer ainsi devant elle. Elle demeurait tout de même une femme !

    L'Allemand demeura donc assis dans sa baignoire, regardant « Sadako » se pencher vers lui, sa longue chevelure frôlant l'eau. Réflexe idiot : Ludwig envoya une giclée d'eau. Avant de se rappeler que l'eau ne fait pas fuir les créatures comme Sadako, même si elle est bénite.

    Il fallut attendre que l'esprit amorce un geste de plus vers sa victime pour que Ludwig réagisse enfin comme il se doit. Attrapant la serviette de bain, l'Allemand la jeta sur Sadako, et profita que celle-ci soit aveuglée pour, non pas prendre la fuite, mais sortir de la baignoire. Ah zut il n'y avait pas d'autre serviette... Reprenant aussi sec son bien, l'Allemand envoya voler l'esprit dans la baignoire. Ceignant ses hanches de la serviette, il eut toutefois le tact de s'excuser auprès de la demoiselle.

    - Je n'ai rien contre vous, mais comprenez bien que vous voir m'a surpr-euh, vos cheveux partent tout seul...

    Ludwig cligna des yeux. Etait-ce la vapeur qui lui montait à la tête, ou Sadako perdait ses cheveux ? L'Allemand plissa les yeux, et remarqua que les cheveux n'étaient autre qu'une perruque, découvrant un visage qui lui semblait bien familier. Toujours craintif à l'idée d'être dans l'erreur, Ludwig tira d'un coup sec la perruque. Et vit le visage mi-figue, mi-raisin du Japon qui devait se demander comment il allait sortir de son guêpier.

    Loin de vouloir une explication sur le pourquoi du comment, Ludwig laissa parler son côté germanico-militaire. Replongeant, sans le savoir, dans son ancien rôle de maitre de l'Axe quand le Japon était sous ses ordres, et devait obéir à toutes ses demandes. Ludwig empoigna Kiku par le col, égouttant au passage le Nippon tout trempé, et reprit sa voix de stentor qui rendait sourd n'importe qui.

    - Tu veux ma mort ? J'ai bien failli mourir d'une attaque avec tes jeux stupides ! C'est comme çà que tu accueilles les invités ?

    Kiku semblait vouloir dire quelque chose : il était difficile de comprendre quelque chose à ces balbutiements, d'autant plus que Ludwig le secouait en même temps. L'Allemand lâcha une dernière bordée d'imprécations, dont l'ultime « Maintenant dehors ! » fut suivie de l'ouverture fracassante de la porte. Ludwig allait renvoyer fermement Kiku dans le couloir quand un souffle se fit sentir derrière lui.

    Et en plus le Japonais avait inclus d'autres personnes dans sa blague ! C'était qui, cette fois ? La Corée ?

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[Epoque contemporaine] L'Ouest et l'Est : opposition culturelle ? {Kiku}

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