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 [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]

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Kiku Honda / Japon

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MessageSujet: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Mar 6 Avr - 19:06

    Indolentes comme le vent presque inexistant, les voilures d'un blanc luminescent flottaient doucement, accomplissant leur tâche avec langueur. Entourant le jardin paisible, tel un cocon protégeant un nid d'argent du monde extérieur, elles dansaient dans la flamme orangée du crépuscule, et l'eau claire du petit lac dans lequel elles trempaient au quart semblait leur offrir une volonté propre au fil des vaguelettes.

    A quelques pas de la rive, le soleil couchant collait l'ombre grise d'un torii sur le sol. Celle-là même tombait sur l'enfant aux mains salies de terre brune. Silencieux, il pleurait, et semblait ne pas pouvoir s'arrêter. Même les tours et les facéties que les petits Kamis exécutaient pour lui ne parvenait pas à tarir les larmes muettes. En fait, il n'arrivait même pas à sourire de ce petit spectacle improvisé, bien qu'habituellement il en riait aux éclats. Certains seraient tentés de penser qu'un aussi gros chagrin ne pouvait être que la seule conséquence d'une cause terrible, de quelques actes ignobles. Rien n'en était.

    Le Japon, encore petit, si petit à cet instant, pleurait pour une raison qui pouvait sembler dérisoire et ridicule à plus d'un, mais qui, à ses yeux d'enfant, revêtait l'importance d'une tragédie dont la fin ne posait qu'une seule question à laquelle il était incapable de répondre : « Pourquoi ? ».

    Il avait fait tout ce qu'il fallait pourtant. Il avait prit un soin infinie des graines qu'on lui avait confié. Il les avait mis en terre avec joie, choisissant avec soin l'endroit qui lui semblait le plus approprié : Juste à coté des marches de bois de ce temple dédié à celle qui était tout son univers. Jour après jour, il avait arrosé les petits monticules avec l'eau du lac sacré juste derrière lui. Mais il avait dût se rendre à l'évidence : rien ne sortirait jamais, et la lueur de bonheur qui aurait dût éclore en même temps que ces fleurs dont il ne connaissait même pas le nom s'était flétrie avant même de naitre. La question tournait et retournait dans son esprit, faisant des tours et des détours. Pourquoi donc ces fleurs ne fleurissaient-elles pas ?

    Une question stupide peut-être, en effet. Mais à la hauteur de sa réflexion d'enfant. Blâmez donc l'innocence au lieu de toujours raisonner avec logique.

    Kitsunes, Ko-damas, Tengus et autres Kappas arrêtèrent leurs danses, conscient que ce n'était pas cela qui redonnerait son sourire au petit Kiku. Et ils s'écartèrent avec légèreté quand Elle arriva. Parée de son fastueux kimono blanc aux motifs couleur liquide de vie, celle que l'on nommait tour à tour Omikami Amaterasu et Amaterasu la Douce était là, tenant en ce moment plus de la chaleur agréable d'un après-midi d'été que du feu ardent de la colère. Elle qui était la Déesse-Soleil de ce pays encore tout jeune souriait paisiblement, le regard chagriné de voir son enfant si triste.

    A la vue de celle qui serait pour lui à la fois une divinité, une mère, une femme, une sœur et une amante, il courut se réfugier contre elle. Il ne comprenait pas pourquoi les graines n'avaient pas germées alors qu'elles baignaient dans les rayons de son soleil à elle. Elle était tout n'est-ce pas ? Était-il possible qu'une chose ne lui soit justement pas possible ? Encore une chose que ses idées prématurées ne concevaient pas.

    - J'ai tout fais bien comme il faut hein ? Alors pourquoi les fleurs ne naissent-elles pas ?

    Ses yeux embués s'étaient levés vers son visage et vers cette chevelure du noir de l'obsidienne que l'astre couchant était capable de teindre du blanc bleuté de la pierre de lune. De ses lèvres carmin, elle déposa un bref baiser sur le front de l'enfant. De sa main laiteuse, elle essuya les larmes roulant sur ses joues. Et de sa voix claire, loin d'être aussi chantante et subtile que celle des autres dieux et déesses de par delà le monde, elle lui confia que bientôt quelqu'un viendrait. Quelqu'un venant de loin, très loin, encore plus loin que ce qu'il était capable d'imaginer, par-delà même les mers, afin de pouvoir répondre à cette question à laquelle elle-même n'avait pût répondre.

    D'un geste leste, elle prit cet embryon de nation contre elle et s'assit sur les dernières marches de bois du temple, les jambes et le bas de son kimono dans l'eau à peine fraiche. Pour l'enfant dans ses bras et pour leurs égales qu'elle attendait, elle maintiendrait le crépuscule et son soleil couchant durant des heures s'il le fallait.
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Iset / Kemet




MessageSujet: Re: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Mer 7 Avr - 12:37

C’est à l’ombre des arbres qu’une déesse vint la trouver. Les yeux mi clos, la tête embrumée sous les différentes fragrances de son jardin, Iset peina à se relever. La jeune terre s’était étendue sur le sol fertile aux odeurs de printemps et de jeunes pousses. Beauté et nourriture, voilà tout ce qu’on était capable de faire pousser dans son pays, qui donc pouvait se vanter d’aussi grandes choses sous un tel soleil ?

Une paire de main vint lui ceindre le front d’un bandeau décoré de fleurs de papyrus. Etourdie de sommeil, comme ivre de chaleur, rien ne semblait pouvoir la faire se relever. Elle était tellement bien ici, pourquoi partir ? Solitude printanière, solitude éternelle qui ne craignait rien sinon le regard des Dieux.

Lève toi

Un soupir, il n’y eut que ça. A présent Iset se tenait debout, frêle et noiraude devant la magnificence de sa déesse. Qui donc pouvait se targuer de pouvoir regarder droit dans les yeux Isis la grande ? Elle, dont les lamentations pouvaient être synonyme de mort, elle qui détenait un pouvoir absolu sur tout, la magicienne, la femme aux mille tours, plus rusée que tout le panthéon réuni.

Il te faut monter dans la barque solaire à présent, et voguer vers l’Orient…

La barque… Kemet leva les yeux au ciel, les rayons du soleil lui brûlèrent les yeux, elle les plissa. Comment monter tout là haut, comment atteindre la barque ? Isis éclata de rire devant sa mine déconfite. Une autre personne les avait rejoint, tant de douceur dans ses yeux … La jeune femme sourit comme seul les dieux pouvaient le faire et, d’un clignement de paupière, se transforma. La belle Hathor avait ainsi repris sa forme de vache céleste pour la mener jusque Râ…

Iset eut cependant un mouvement de recul. Les morts aussi avaient à voyager dans cette barque pour leur dernier voyage… Etait-elle…. ? Le pays tourna la tête vers la déesse. Les lèvres pincées dans un simulacre de sourire, Isis secoua la tête. Tant de peine dans ses yeux, dans son corps, tout d’un coup… Quelque chose d’au-delà des mots, d’au-delà de tout. Il y en avait tellement, des histoires tristes à en pleurer. Celle de la déesse ne faisait pas exception et ses larmes et sa fureur résonneront encore et toujours entre les temples millénaires de la terre de Kemet, elle dont la solitude ne pouvait se briser…

Non, non tu n’es pas morte… Le temps du Chaos n’est pas encore venu et pour bien des siècles encore il me sera impossible de mourir pour rejoindre mon époux. Triste destiné que celle des couples devant attendre l’oubli pour être réunis…Monte à présent, un enfant a besoin de toi

Plus besoin de mots, Iset se hissa sur le dos d’Hathor. Les sabots de l’animal gravissaient l’atmosphère toujours plus haut. Le soleil devint barque, Râ le vénérable était en son centre. Grave et muet, il se poussa légèrement pour que la jeune femme puisse s’asseoir. Alors l’embarcation reprit son cours, nul besoin de Seth à son bout, car c’est là nuit que se déchaînent toutes les puissances que le dieu a à combattre pour la résurrection du soleil. Seul dans l’ombre de sa colère, dans l’ombre de ses fautes et dans l’ombre de ses gloires, le Dieu roux restait muet, tout ceci ne le concernait pas. Un épervier vola jusqu’à eux et redevint femme. Isis n’accorda aucun regard à son frère, lui non plus n’avait pas d’attention à lui accorder. Tant de secrets entre eux, tant de douleur également…et puis de l’amour aussi, parce qu’ils étaient nés du même ventre, parce qu’ils étaient frères et sœurs…

Le temps des Dieux n’est pas celui des humains. Iset ferma les yeux alors que l’horizon les engloutissait. Heures minutes, secondes ? Peut-être juste le temps d’un rire d’enfant, peut-être celui des siècles qu’il faut à l’arbre pour croître.
Où étaient-ils ? Pas chez elle, pae en Egypte. La jeune femme crut sentir la violence d’un sanglot lui tordre la gorge, affreux sentiment de mélancolie. Sa terre lui manquait déjà tant…
La barque consentit à se poser à terre afin de la laisser descendre. Isis l’accompagna…

A présent, c’était le crépuscule. Râ allait devoir passer les douze portes des douze heures de la nuit pour renaître toujours aussi lumineux qu’avant. Seth se leva et se saisit de son harpon. Il allait devoir affronter Apophis encore une fois, comme tous les soirs, pour empêcher le soleil de mourir. Puissant était le serpent géant, mais fort était Seth, lui qui ne craignait rien de la violence. Sans un mot, Isis se retourna. Alors, le frère et la sœur se regardèrent enfin droit dans les yeux.
Comme si elle lui demandait de faire attention, de ne pas se blesser inutilement…

Mais qui donc se souciait réellement de Seth, l’impétueux Dieu du désert ? La barque reprit son chemin vers l’obscurité la plus profonde, ne resta plus qu’Isis et Iset sur une terre bien éloignée de la leur.

Ce furent les sanglots d’un enfant qui les menèrent jusqu’au temple. Un tout petit garçon se tenait blotti contre le giron d’une femme. Kemet s’avança, elle vit alors la terre retournée, imbibée d’eau par endroit comme pour un petit jardin maladroit.

- Les lotus poussent dans l’eau, pas dans la terre….


Isis lui versa quelques graines dans les mains. Comme dans un rêve, la jeune femme s’agenouilla et tendit les paumes vers l’enfant afin qu’il les prenne à son tour. Elle souriait, heureuse d’apporter quelque chose à un autre pays. N’est-ce pas ainsi que l’on grandit ?

- Le sais-tu ? Les Dieux naissent parfois dans les fleurs de lotus …
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Kiku Honda / Japon

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MessageSujet: Re: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Lun 19 Avr - 17:16

    Pour un enfant, la moindre petite peine peut devenir la plus grande des douleurs, peu en importait l'objet initial. Le pauvre petit semble inconsolable et rien de ce que l'on pourrait dire ou faire ne serait vraiment utile, comme si l'enfant en question ne voulait pas abandonner sa peur, comme si le simple fait d'arrêter de pleurer et de sangloter mettrait fin à l'attention qu'on lui porte. Et il n'est de pire chose que d'être ignoré.

    Mais chez les plus jeunes pourtant, malgré ce déni inconstant dans lequel ils se bornent à se draper – pas par autre chose que par candeur – il est facile d'arrêter des larmes qui, à première vue, semblaient impossible à tarir.
    Peu de choses sont nécessaires. Il suffit de trouver la chose qui détournera leur attention, qui titillera leur curiosité badine. Quelque chose d'assez imprévue et improbable pour percer la petite bulle dans laquelle ils se trouvent.

    - Les lotus poussent dans l’eau, pas dans la terre….

    Pour le tout jeune Kiku, cette voix fut l'aiguille.
    Prit au dépourvue, se croyant seul avec la divinité du soleil, il eut un hoquetement de surprise et s'arrêta de pleurer. Agrippé au cou d'Amaterasu, il risqua un coup d'œil méfiant par-dessus l'épaule de celle-ci. Qui donc osait se permettre d'entrer ici ? Dans ce sanctuaire dédié à une seule et unique personne, pour atterrir ainsi dans son monde ?

    Malgré tout, quand il aperçut les deux femmes, Kiku oublia son insignifiante défiance. Jamais avant il n'avait vu de telles personnes. Une peau si sombre ne pouvait même pas être envisageable pour lui. Ces étrangères venaient sans doute d'un endroit où le soleil ne se couchait jamais, car pour avoir un hâle si opposé au sien, il fallait vivre en permanence en étant enveloppé des rayons bienfaiteurs. Il quitta les genoux de la Louve Blanche, s'approchant tout de même timidement.

    Celle qui avait l'air d'une reine s'agenouilla à sa hauteur. On aurait dit Uzume no Mikoto qui, quelques centaines d'années auparavant, avait entamé une danse destinée à faire sortir Amaterasu de la caverne d'Iwayado où elle s'était enfermée après une querelle avec son frère Susano-o, privant ainsi la terre de sa lumière. Sauf qu'Uzume, la divinité de la gaieté et de la joie, joufflue, pâle et énergique, n'avait de ressemblant avec cette inconnue que la paix qui se dégageait de leurs expressions respectives. Amaterasu dut avoir la même pensée que Kiku, car dans son dos, elle souriait en se remémorant de tels souvenirs. Il était loin le temps où elle, régnant sur les Cieux, se disputait puérilement avec son cadet régnant sur les Mers. Susano-o avait dut subir en contre-partie des bouderies de sa sœur l'exil des Cieux et s'était réfugié en Izumo après s'être fait arracher la barbe et les ongles (voyons, il l'avait bien cherché n'est-ce pas ? Chez les Dieux, on ne se titille pas impunément.).

    Kiku regardait les graines dormants dans la paume de la femme. Les mêmes que celles qu'il avait planté sans succès. Ainsi donc, ces fleurs ne poussaient pas dans la terre mais dans l'eau ? N'allaient-elles pas se noyer ?

    - Le sais-tu ? Les Dieux naissent parfois dans les fleurs de lotus …

    Elle avait un sourire doux, comme celui d'une mère. Il ne voulait qu'elle ai ce sourire. Une mère, il en avait déjà une. La plus merveilleuse de toutes. Et il avait peur que ce sourire-là occulte le sien. Mais la voix claire, aux intonations étranges et inconnus, semblait dissiper toutes ces petites craintes d'un souffle.

    - Les Dieux naissent de partout. Des pierres, du vent, des cerisiers... De partout !

    Et c'est effectivement le mode de pensée de ses croyances. Il y avait la premières génération de Kamis, dont Amaterasu faisait partie avec ses parents, ses deux frères et quelques autres, puis venait la seconde génération engendrée par Amaterasu, Susano-o et Tsukuyomi et enfin arrivait une quantité quasi-infinie de Kamis et de Yomis mineurs. Au Japon, n'importe quelle chose, tangible ou intangible, ayant bénéficiée d'une présence divine pouvait créer une divinité ou un lieu de culte.
    Comme pour appuyer ces croyances, le petit garçon reprit.

    - Et même d'ici.

    Il pointa du doigt la poitrine de la femme, désignant son cœur. Même d'un cœur. Même d'une âme. Pour lui, un Kami pouvait naitre de n'importe où. Alors une fleur, cela devait être facile.

    Avec soin, il récolta les graines de lotus qu'elle lui transvasait dans les mains. Il les regarda un moment, curieux, comme s'il n'en avait jamais vu, et se rappela des cette parole qui avait crevée sa bulle. Il se tourna vers l'eau et laissa tomber une partie des graines. Un « ploc » sonore résonnait à chaque fois qu'une des gamètes frappait l'onde avant de lentement se noyer. On lui avait dit que les lotus poussaient dans l'eau, alors il les laissa tomber dans l'eau, simplement. Il n'était même pas venu à son esprit l'idée que cela puisse encore être une mauvaise façon de faire. Peu importe.

    - Quand ces fleurs vont éclore, est-ce qu'un Dieu y naitra ?

    Il posa les yeux sur la deuxième femme, celle qui n'avait pas l'air de faire parti de ce monde, avant de les reporter sur celle à coté de lui.

    Juste derrière, Omikami la douce se remémorait sa propre naissance, quand son père Izanagi s'était purifié le visage après une visite à Izanami enfermée au plus profond des Enfers. Elle était celle qui avait vu le jour en naissant par l'œil gauche du Premier Dieu.

    Et au loin, une grue chanta. A moins que ce bruit si spécial ne soit celui d'un tengu caché derrière les arbres du temple.
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Iset / Kemet




MessageSujet: Re: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Sam 15 Mai - 11:46

Songeuse, Iset regarda l’eau calme. Plus rien ne venait la rider à présent. La jeune femme s’avança et se pencha pour faire face à son reflet. L’enfant vint à ses côtés. L’onde n’avait rien d’intéressant à leur renvoyer, juste l’image d’une femme et d’un petit garçon, rien de plus. Et qui, en cette époque lointaine, peut se soucier de telles personnes ?

- Cela dépend, tu as envie qu’il y ai un dieu, toi ?

L’Egyptienne se redressa. Derrière, Isis s’était approchée d’Amaterasu, le visage grave et triste. Comme toujours. Ainsi sont les chagrins : impossibles à effacer, et la reine des ruses n’avait pas le cœur à offrir des sourires. Pas pour le moment.

- Ca serait une divinité bien étrange, tu ne crois pas ? Elle serait à la fois comme tes propres dieux, mais aussi comme les miens. Et ils ne se ressemblent pas du tout…


Les deux femmes côte à côte l’une rayonnait comme le soleil, beauté et jeunesse, l’autre avait le port altier de l’épervier en plein vol et tous les secrets du monde d’enfermés entre ses lèvres. Telles étaient leur déesse, et pourtant quelque chose les unissait malgré tout. Un combat que nul ne devrait jamais avoir à mener, un ennemi qui n’aurait rien du mériter d’autre qu’un baiser tendre sur son front si le monde était ce qu’il devrait être…

Mais le monde est laid, affreusement laid. Alors les sœurs se dressent contre les frères et les frères s’entretuent. Que peut-on y faire ? Iset a pris la main de Kiku dans la sienne, ce pays est encore trop petit pour comprendre toutes les douleurs de son panthéon, elle l’envie.

Il y a quelque chose dans l’air, une saveur sauvage et étrangère, qui pourtant semble liée à cette terre sous ses pieds. Qui semble lié à elle aussi, également. Kemet tourne la tête vers les hautes herbes. Plus loin, Isis a perdu de ses couleurs, elle ferme les yeux comme à chaque fois qu’elle doit Lui faire face. Amaterasu souffre-t-elle autant devant son impétueux frère, elle ? Et le pays parle, le pays des sables chauds et du désert, le pays des serpents et des scorpions…

- Sors donc de ta cachette, Seth !

Et des herbes folles bondit ce qui semble être un grand chien noir. Son œil flamboie, ce n’est pas de la rage, c’est cette sauvagerie qui est sa nature même. Le chien redevint homme. Une balafre fraîche déchire sa joue, il saigne.

- Que fais-tu ici ? Tu étais avec la barque solaire…

- Le serpent a été vaincu, à présent je vous rejoint car ici est également chez moi. Je ne suis pas dieu de l’Egypte, je suis dieu du désert et des contrées sauvages qui ne sont pas de ton pays, je suis le chaos de l’inconnu et tout ce que vous, vous ne pourrez jamais contrôler, je suis…

- Tu es blessé, idiot…


Isis s’était avancée et sa main pâle se tâchât du sang de son frère tandis qu’elle lui effleurait la blessure du bout des doigts. Seth ferma les yeux, il y eu de la douleur sur son visage, puis une paix profonde. Une paix triste. Triste comme les yeux de la déesse. Que ses doigts restent donc sur sa peau masculine, que ce soit pour une caresse ou bien une gifle. Juste… que le contact ne cesse pas….
Qu’elle ai pitié, qu’elle l’aime un peu juste un peu. Iset détourna le regard, que faire lorsque tout est au-delà des mots ? A nouveau, son attention alla sur l’enfant

- Les lotus vont mettre du temps avant de pousser… peut-être que nos dieux vont accélérer les choses ? En attendant, veux tu une datte ?


Du petit sac à sa ceinture, la jeune femme sortit un fruit qu’elle donna à l’enfant. Voilà tout ce qu’elle pourrait lui offrir.
Tout ici lui semblait incongru, à commencer par cette rencontre. Pour elle qui ne craignait qu’une seule chose : le chaos, le malaise était grand. Mais Isis était là, Isis s’opposait à Seth et son calme mélancolique rassurait l’Egyptienne.
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Kiku Honda / Japon

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MessageSujet: Re: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Dim 11 Juil - 8:58

    C'était comme si deux mondes hors de portée l'un de l'autre se côtoyaient en un seul lieu.

    Celui du divin, où Amaterasu, fière et indifférente, semblait vouloir dévorer sa consœur d'Occident avec son regard de braise. La dévorer pour la garder en son sein, pour oublier qu'elle était la Louve Solaire, pour oublier qu'elle était une déesse. Pour se prendre pour une femme, tout simplement.

    Et celui, plus grotesque, où Kiku tenait la main de cette femme à la peau si foncée qu'elle lui semblait avoir été brulée par les flammes de l'Enfer d'Izanami elles-même.
    Oui, il voulait qu'un dieu naisse de ces quelques graines qu'il avait lâché dans l'eau. Il voulait voir à quoi pouvait bien ressembler l'entité qui serait à la fois Orient et Occident, homme et femme, jour et nuit. Une telle divinité ne pouvait être que superbe et envoutante. On ne pouvait que l'aimer.
    Si seulement elle naissait.

    La voix de l'Égyptienne le fit sursauter. Ou peut-être était-ce plutôt cette ombre noire qui se faufila jusqu'à eux, rendant l'atmosphère plus moite et tendue par sa simple présence. Une ombre canine qui devint homme. Qui l'effrayait.
    Qu'il lui semblait repoussant, cet homme plein de ténèbres. Il était trop beau, trop envoutant. Jusqu'à la nausée. Le petit garçon qu'il été avait peur. Peur alors que ce nouveau dieu n'avait même pas daigné lui accorder un regard. Lui, petite nation trop jeune pour être reconnue, ne devait pas valoir plus qu'un grain de sable pour un tel être.

    Trop d'empathie. Il pouvait sentir ce lien étrange entre cet homme et Isis. Il sentait l'angoisse d'Iset et la tristesse d'Amaterasu. Qu'ils étaient cruels tous, à imposer tout cela à la vue d'un enfant.
    Silencieux, il prit une datte que le pays du sable chaud lui tendait. Fruit inconnu aux relents sucrés qui le rassurait un peu.

    Et à coté, le lotus ne poussait pas. Non, aucunes des divinités présentes n'y songeait.
    Pourtant il voulait tant voir.
    Si seulement quelqu'un pouvait venir.
    Si seulement quelque chose pouvait briser net cette ambiance triste à vous en exploser le cœur.
    Si seulement il naissait.

    Si seulement quelqu'un pouvait venir. Il se répétait cela sans cesse.

    S'arrachant à la contemplation du couple devant elle, Omikami grogna, à la manière de ces loups sentant une menace approcher à grand pas. Le vent soufflait.

    - Il arrive. Il m'a entendu. J-je n'ai pas fais exprès, je ne voulais pas l'appeler, pardon, pardon...

    La voix de Kiku s'affaiblissait pendant qu'il cachait son visage dans le giron d'Iset. Il ne voulait pas croiser le regard de sa déesse. Surtout pas. Car Il arrivait, et cela devait être sa faute, lui qui voulait seulement que le lotus naisse.
    Belliqueux, les traits déformes par la rage, Susano-o était là. Déjà. Lui qui était le vent, lui qui n'avait pas besoin d'être vu pour arriver quelque part. Lui qui était frère d'Amaterasu, et qui n'était plus que fumée vengeresse. Ses yeux de glace balaya l'endroit. Sa stature droite et altière, ses muscles tendus et son expression d'intense colère lui donnait vaguement le même air canin que sa sœur. Sœur qu'il foudroyait du regard.

    - Comment as-tu osé Amaterasu ? Comment as-tu pu laisser ces intrus fouler du pied notre terre ?

    Sa voix sourde grondait. Il avait peine à se maitriser, lui, le violent Susano-o. L'impétueux qui était pourtant censé faire preuve de sagesse et de sang-froid. La main serrant son arc tremblait de frustration. Oui, comment avait-elle osé ? Ces Autres venus de si loin n'avaient pas leurs places au Nippon.

    - Tu me déçois chère sœur. Qui aurait cru qu'il serait si facile de mener notre royaume à sa perte ? La souillure que ces étrangers ont amenée avec eux est le début de la fin. Te rends-tu compte, Ô grande Omikami, que pour satisfaire le souhait d'un enfant tu as violé la pureté de ces lieux ? Te rends-tu compte qu'il n'y avait pas pire erreur que d'autoriser ces déchets d'Occident à venir ici ?

    Qu'ils étaient cruels et acides, les mots du guerrier. Kiku aurait voulu se boucher les oreilles. Mais il savait que la voix réussirait à se faire entendre, peu importe comment.
    La divinité japonaise du soleil réussit à intervenir avant que le fougueux Seth ne réponde aux provocations. Condescendante comme elle ne l'était qu'envers son frère.

    - « Notre » terre ? Tu n'es plus qu'un paria bannis des Cieux. Cette terre que tu foules n'est pas plus la tienne que je ne t'appartiens. Je suis en droit que laisser qui bon me semble y rester. Ravale donc tes parole si tu ne veux pas en être chassé à nouveau !

    Elle se radoucit et marcha vers Iset et Kiku. Elle ne devait pas en vouloir au garçon, ce n'était pas sa faute s'Il était là. Elle ne devait pas en vouloir à la femme n'ont plus, c'était elle qui avait demandé à Isis de l'amener.
    Elle s'accroupit au bord de l'eau et y trempa sa main blanche.
    Le lotus poussa.

    - En quoi vouloir aider un enfant à grandir est-il une souillure Susano ?

    L'interpellé ne répondit pas. Trop occupé à dévisager celui qui était comme son reflet. Trop occupé à souhaiter la mort de ce Seth.

    Kiku ne voulait pas comprendre, ni même se rendre compte. Il ne voulait pas voir ce qui pourrait se passer. Comme un escargot se rétractant dans sa coquille, il voulait devenir extérieur à cette atmosphère sombre qui lui donnait envie de pleurer. Il ne voulait plus voir, il ne voulait plus entendre. Il focalisa son esprit d'enfant sur la fleur aquatique en train d'éclore doucement. Comme pour essayer de détourner Iset de la sombre comédie qui se jouait devant eux deux, il tentait de capter son attention pour lui montrer la plante, sans un mot.
    Le dieu était en train de naitre.
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Iset / Kemet




MessageSujet: Re: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Dim 18 Juil - 17:37

La colère et les mots… Iset prit Kiku dans ses bras et se recula. Là était affaire de dieux, car elle n’avait ni haine ni passion. Les deux petits bras secs se nouèrent à son cou avec la force du désespoir. L’enfant se retenait de pleurer, avec toutes les larmes qu’il avait déjà versées, d’autres se trouvaient déjà prêtes à couler ?
Seth s’avança, ses yeux se posèrent sur le petit japonais l’espace d’un instant mais rien dans les prunelles flamboyantes ne montrait une quelconque émotion. Tous pouvaient le sentir, ce feu de colère qui courait dans les veines du Dieu. Des mots de haine les encerclaient, tous. Il suffit d’un ricanement au Dieu roux pour briser cette barrière. Tout vola en éclat alors qu’Isis détournait le regard, le cœur au bord des lèvres.

- Me battre contre toi est chose facile, Susanoo. Nous connaissons tous deux le froid des tempêtes et la folie de la violence…
- Et les larmes d’une sœur…


Calme la voix d’Iset, calme comme le ciel bleu tout aussi d’eux, calme comme l’onde que le lotus à la surface venait à peine d’effleurer. Telle était donc la fleur qu’ils avaient espéré ? Quelque chose palpitait en elle, comme un cœur naissant. L’Egyptienne reposa Kiku. Seth n’avait plus parlé, ombrageux alors que tant de soleil les éclairait. Et des souvenirs aussi sombres que son âme s’agitaient en lui : un corps secoué par des sursauts d’agonie alors que le fer entrait en lui. Et puis un cri, un seul « Sœur ! » Alors la main tenant la lance lâcha l’arme. Alors deux bras blancs vinrent l’embrasser et il pleura, oui il pleura blotti contre le corps féminin. Sa sœur lui avait fait mal, sa sœur l’avait blessé, mais il l’avait mérité. Cela ne l’empêchait pas de pleurer, tout comme Isis qui lui demandait pardon. Assez de haine et de mépris, ils étaient frères et sœurs !

Vieux était ce souvenir, la déesse ne devait plus s’en rappeler. Lui, si… Et c’est en se souvenant des bras d’Isis qu’il avait reculé. Parce que si Susanoo gagnait, peut être que la déesse pleurerait… Seth ne voulait plus de ses larmes.

- Ce qui est fait ne peut être défait, tu peux hurler tant que tu le veux, Dieu tapageur de ce pays, mais ni bourrasques ni éclairs ne déracineront ce lotus.

Isis n’était que silence, alors Iset parlait. Le lotus allait éclore aux yeux du monde, un secret en sortirait, un secret qu’il faudrait nommer avant qu’il ne puisse devenir dieu. Il appartiendrait à Kiku de le faire, puisque l’enfant avait voulu la naissance d’une telle créature. Sans un mot, Seth redevint animal, la haine hérissait chacun de ses poils, chien-démon il était prêt à mordre le premier approchant sa main même si malheureusement, ses oreilles ne pouvaient ignorer les sarcasmes sur sa sauvagerie et sa bêtise.

Isis aurait pu tendre les doigts, caresser le poil ténébreux et sourire mais ne le fit pas. L’animal recula pour se soustraire aux regards, la colère s’accrochait à son ombre, alors Kemet ferma les yeux. Seth n’était rien d’autre que le reflet de ses colères à elle, des bourrasques de haine envers le monde qui la secouait parfois et la laissait dans la solitude la plus totale. Des colères qui, une fois calmée, la faisaient pleurer de solitude. Seth retenait toujours ses larmes, homme-monstre, il se voulait sans cœur et n’en souffrait qu’encore plus. Parfois, lors de nuits sans étoiles, il hurlait à la lune sous sa fenêtre. Alors Iset pleurait pour lui, puisque le Dieu lui offrait son chagrin. C’était là la seule chose en son pouvoir.

Enfin la fleur offrit son trésor. La main du Japon dans la sienne, Kemet contempla ce qu’ils avaient créé à deux, eux qui jamais n’auraient du se rencontrer.

- Est-ce une bonne chose ?
Aucun de ses dieux ne répondit. Iset resta à son silence et à ses doutes. Etrangère en ces lieux, elle dérangeait l’ordre des choses, Susanoo avait raison, elle ferait mieux de partir. La jeune femme se retourna, le soleil lui brûlait les yeux et les hautes herbes lui griffaient la peau. Elle avait envie de sentir le sable du désert rouler sous ses pieds, c’est tout…
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MessageSujet: Re: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Mer 29 Sep - 21:15

Qu'ils étaient doux, ces bras qui l'avaient enlacé un si court instant. Doux, à la fois ferme et tremblants. Les bras d'Iset étaient les mêmes que ceux d'Amatérasu. Le petit Kiku avait dût les quitter si vite. Par ce geste, elle venait de le laisser retomber dans la réalité répugnante qui se jouait devant eux. Par ce geste, elle avait été cruelle, si cruelle... Comme tout ces autres, qui se querellaient en face de lui. Humains, Dieux, Nations, mais qu'importe, qu'importe. S'ils savaient à quel point ils pouvaient être sans cœur pour laisser un enfant témoin d'un tel spectacle. Arrêtez, tous autant que vous êtes. Arrêtez de cracher votre venin les uns sur les autres, de vous déchirer mutuellement, de vous entredévorer devant le regard d'un innocent. Est-ce là le rôle de votre grandeur que de souiller la pureté des petits ? Des faibles ? Des fragiles ? Que vos paroles amères, que vos œillades complices soient maudites ! Le dieu du Lotus est en train de naitre, et jamais il ne pourra laisser passer cela. Dans son petit cœur, Kiku espérait, espérait. Il fixait la fleur de ses yeux grands ouverts, se coupant délibérément du monde de ces adultes fous, priant de toutes ses forces pour la naissance à venir. Pendant quelques secondes, il devait arrêter d'essayer de comprendre la souffrance et la tristesse de ces êtres vengeurs et courroucés qui se tenaient dans son dos.

Oubliée, Omikami la Douce et ses baisers réconfortants de mère. Oubliée, Iset la femme de sable, la femme à la peau de feu. Oubliés, Susanoo, Seth et Isis. Que leur amertume à tout les cinq les poussent loin d'ici, vers un ailleurs où ils pourraient laisser libre cours à leurs rancœurs sans corrompre l'esprit d'un enfant. Car pour le moment, l'aura de haine émanant de Susanoo et de Seth pourrissait tout. Le dieu des Tempêtes observait son homologue redevenu bête avec froideur. Le moindre de ses muscles était tendus, prés à donner l'attaque, à abattre d'une simple flèche ce jumeau lointain tant haït pour... Pour quoi d'ailleurs ? Mais pour rien voyons. C'était écrit. Susanoo se devait de souhaiter la mort de Seth à jamais. Parce qu'il lui était trop semblable. C'en était insupportable.
Les paroles de cette... Femme, cette Kemeth, il les ignorait royalement. Chante, petit oiseau du désert, tes remarques acides ne peuvent nous atteindre.

- Je me fiche bien de votre lotus. Peu m'importe la raison de votre présence ici, je ne puis la tolérer. L'impétueux Susanoo crachait ses paroles sans même daigner regarder Iset ; ...Et je ne puis tolérer l'inconscience de ma sœur. Si elle refuse de protéger ce petit des vermines de l'extérieur, c'est moi qui le ferait.

Ah ! Qu'il est beau de se cacher derrière une raison si noble. Ceci n'était pas de l'hypocrisie. Susanoo se devait de véritablement protéger Kiku. Car sans ce petit être silencieux et si fragile, il ne serait pas là. Tout comme sa sœur, comme ce lieu, comme ce petit lotus poussant paisiblement.
Lotus qui éclot sans un bruit, doucement. Et le dieu naissat enfin.

Il était plus petit que Seth et Susanoo. Plus petit même qu'Amaterasu et Isis. Il avait la peau sombre des habitants du désert et les cheveux noirs de jais des gens du Yamato. Son visage fin possédait les traits de l'enfance, mais ses yeux voilés prouvaient déjà une sagesse plus grande que celle des quatre autres divinités présentes. Il était Hasugami. Le dieu du Lotus et de la végétation. Le Dieu qui ne Dit Pas le Mal. Celui qui ne sait pas s'exprimer par des mots, car ils étaient pour lui tel un poison, car l'humanité était incapable de vraiment se comprendre par autre chose que les sentiments.
Il était le dieu de l'Orient et de l'Occident, né de l'Égypte et du Japon, deux nations tellement différentes que cette rencontre elle-même était un défi aux Cieux.

Pieds nus, Hasugami s'approcha de Kiku et Iset. Toute la sagesse de son regard ne pouvait masquer cette curiosité enfantine qu'il éprouvait à l'égard du nouveau monde dans lequel il était arrivé. Dans sa main, il fit apparaître deux fleurs de lotus pour les offrir aux deux nations présentes. Les deux personnes grâce à qui il était né. Et sans plus attendre, il se retourna pour faire face à ses nouveaux frères et sœurs. Défi ou amour, impossible de lire sur son visage ce qu'il ressentait à cet instant précis.

- Il y a de la nuit dans leurs yeux.

Et malgré tout, Kiku était heureux. Car la fleur avait éclot. Maintenant, c'était à Hasugami de faire revenir la lumière dans ces pupilles ternes
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MessageSujet: Re: [En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]   Mar 9 Nov - 11:28

La nuit…oh comme Iset la craignait, cette chose de ténèbres ! Dans les pupilles d’Hasugami se dessinaient les secrets de la peur du noir, car il n’était qu’enfant mais savait déjà tant de choses. Trop de choses, oui trop de choses du cœur des hommes et des dieux. Trop de choses de leurs larmes, pas assez de leurs joies.
Alors Isis la grande sentit un oiseau mourir dans son âme. Heureux, oh tellement heureux sont ceux n’ayant rien à apprendre de la douleur, heureux ceux qui la connaissent déjà sans la subir !
Le chien-démon regarde l’horizon, ses pensées il les garde pour lui seul. Le petit dieu ne l’a pas ému, lui qui aurait été capable de tuer son propre neveu. Les contes de fées ne sont point pour les gens du désert, laissez-leur le soleil meurtrier, laissez-leur les gorges sèches et l’eau rare, laissez leur le vent des sables pour leur écorcher le visage … Car telle est leur berceuse.

Iset sait tout cela, elle sait que l’herbe fraîche n’est pas pour ses pieds nus, de même que la légère brise de printemps. Seth connaît ça lui aussi, car il est l’éternel Etranger, mais il ne le possède pas. Il ne possède rien…

Que doit-on dire pour le feu, que doit-on dire pour le ciel, pour la pluie et pour les hommes ? Des hommes il n’y en a pas ici. Juste des dieux, des dieux de larmes et de sang. Que doit-on die pour les fleurs mortes à peine écloses ?
Kemet souffre, elle se sent vieille et seule devant la jeunesse de l’enfant. Lentement, avec la tendresse d’une mère, elle laisse ses doigts s’égarer dans les cheveux sombre de Kiku. Il y a sur ses lèvres un sourire qu’elle n’offrira plus.

Puisque nous n’avons plus rien à faire ici, partons !

Seth est redevenu humain, la sauvagerie brûle dans ses yeux, la sauvagerie et les flammes du soleil noir de la mélancolie. Il regarde Iset et l’enfant mais n’avance pas. I regarde Susanoo mais ne lève pas le bras. Le dieu impatient attend…

A quoi bon… A quoi bon, Seth ? Toi qui n’as aucun endroit où te poser…

- J’ai le désert, ma sœur… Là bas aussi vous pouvez me cracher le mot « Etranger », alors retournons chez nous, loin d’eux…


Ils étaient les dieux de solitude, eux dont la sagesse dépassaient les étoiles. Et personne pour les comprendre, personne pour faire sourire leurs statues de pierre, non. Ils étaient les dieux meurtriers, violant, tuant, blessant et pleurant. Ils étaient les égyptiens et ne pouvaient s’occuper d’un enfant.
La fleur avait éclos, plus rien ne les retenait…

Alors Iset s’agenouilla, tachant sa robe de la boue du sol. Elle caressa le visage de l’enfant et l’embrassa sur le front. La jeune femme ne voulait pas partir malgré les yeux tristes de ses dieux. Elle voulait apprendre, apprendre à Kiku bien des choses qu’elle savait sur le bout des doigts : le vol des oiseaux, le chant du fleuve, le cri de l’épervier…

Le galop des chevaux dans les plaines sauvages, elle ne le connaissait pas. La beauté des femmes au font pâle, elle n’en savait rien, le chant de la soie et des éventails n’évoquait rien à ses yeux. .

Moi je reste….

Enfant, vient donc en son sein, toi qui ne connais rien d’elle. Deux pays, deux pays tellement éloignés l’un de l’autre qu’une guerre est impensable, de même qu’une amitié. Non, pas en ces temps où le voyage n’est rien.
Alors, puisqu’elle n’a rien à craindre de ce petit bout d’homme, puisque leur rencontre avait fait naître un dieu, Iset soulèverait pour lui le voile de la connaissance. Le voile d’Isis. Mais le temps leur était compté, car ils n’avaient jusqu’à ce que l’oiseau s’envole….
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[En un temps fort fort lointain] || Le Lotus et le Soleil [Iset]

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