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 Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah

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Lili / Liechtenstein



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MessageSujet: Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah   Dim 27 Juin - 18:12

10 heures||Vaduz

Lili était une demoiselle très occupée.

Ce jour là, elle s’était levé en catastrophe, sans prendre la peine de consulter son calendrier. Déjà, la maisonnée était ensevelie sous les coups de téléphone. Jonglant entre patron, journalistes, ministres et à l’occasion, son frère, la jeune fille ne savait plus où se donner de la tête. Pourquoi donc une telle effervescence ? Que se passait-il pour que cette fille de seize ans n’ait pas une minute à elle ? Aujourd’hui, une terrible nouvelle avait filtré, bouleversant le monde politique : Ehud Olmert, officiellement réfugié politique au Liechtenstein. L’article était signé M Garroté et faisait jaser partout sur le net. Si au moins, on avait pu la prévenir, elle aurait pu préparer une riposte, mais voilà, jusqu’au matin même, rien n’avait suggérer qu’une telle chose puisse arriver. Personne ne lui avait rien dit et Lili ne savait plus si elle devait en rire ou en pleurer.

Il arrivait bien sûr que son patron lui cache quelques informations : quel chef d’Etat n’a jamais rien caché à sa nation. Qui plus est, Lili restait une jeune fille à peine sortie de l’adolescence et même si elle était bien plus âgée que n’importe qui dans son gouvernement, son prince comme ses ministres ne pouvaient s’empêcher de la couver. Mais là, l’affaire était bien trop grave pour la laisser ainsi de coté. Qui devait alors recoller les pots cassés ? Lili bien sûr. Quand bien même il y avait un ministère des Affaires étrangères, la nation restait la première à s’occuper de la politique extérieur et à négocier avec les autres États. Qu’allait-elle dire à Netsah et son frère ? Qu’allait-elle pouvoir faire, elle qui cherchait à tout prix d’éviter les conflits ? Elle pourrait bien lui avouer la vérité : qu’elle-même n’avait rien à voir avec cette décision, mais qu’allait-il en penser ? Qu’elle était une pauvre fille incapable de gérer sa nation ? Qu’elle n’avait aucune autorité et n’assumait pas ses actes ? Qu’elle se cachait derrière de faux prétextes ? Soupirant, Lili se demandait comment elle pourrait arranger ce fiasco sans perdre la face.

Elle avait d’abord cherché à joindre son gouvernement. Occupé. Tout comme elle, il subissait l’assault de la presse et ne pouvait pas la joindre. Ou alors, ils avaient délibérément débranché leur téléphone . Paraitrait-il que c’était ce qu’ils faisaient quand elle-même rendait visite à ses voisins sans prévenir son grand-frère. La pauvre interne qui avait eu le malheur d’avoir répondu à l’appel de Vash Zwingli était toujours en thérapie, sans espoir de guérison. Toutefois, cela n’arrangeait rien à son affaire. Cette fois-ci, elle allait devoir se débrouiller seule et discuter elle-même avec Netsah qu’elle invita à la rejoindre le plus vite possible.

Pendant ce temps, Lili cherchait quel discours elle allait présenter à l’israëlien. Elle pouvait nier, mais cela lui semblait bien trop facile. Jamais personne n’allait la croire. Surtout quand la nation en question était réputée pour sa méfiance. Non, il valait mieux ne pas jouer au chat et à la souris. Peut-être devrait-elle…
Quelle situation compliquée ! Anxieuse, Lili tourna, vira toute la journée. Elle prépara une collation, arrangea la maison… Rien n’y faisait et son angoisse ne diminuait pas…

5 heures ||Vaduz

Enfin ! Enfin la sonnette avait retentit, achevant le calvaire de la liechtensteinoise qui se précipita à la porte pour accueillir son invité. Elle le pria à entrer, s’informa des conditions de son voyage avant de s’installer autour d’une table.
Lili ne savait comment aborder le sujet. Maintenant que Netsah était là , la situation lui semblait encore plus délicate… Le silence, seulement troublé par les tic-tacs régulier de l’horloge, pesait sur la pièce.

Finalement, la jeune fille se lança et demanda avec maladresse :
« J’ai cru comprendre ce matin que vous souhaitiez me voir… »
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Netsah / Israël

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MessageSujet: Re: Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah   Sam 3 Juil - 3:33

Tout commença avec un appel manqué et un texto palest…truc-pas chouette.

Netsah était tranquillement en train de rattraper ses heures de sommeil perdus entre des problèmes intérieurs de plus en plus gênants (est-ce que cela tuerait l’autre de reconnaître sa défaite, bon sang ?!) et ses mauvaises habitudes de geek bibliophile qui le poussaient à jongler entre ses livres et son ordinateur jusqu’à une heure tardive.

Bref, Netsah était un simple adolescent dormant tranquillement dans son lit, un filet de bave aux lèves, l’oreiller bien calé sous sa tête, tenu par l’un de ses bras. Lorsque retentit l’horrible musique qu’il avait élu comme sonnerie pour représenter Palestine (un horrible mélange d’aboiement de chien et d’hurlement de cochon). Musique qui le réveilla d’un coup en le faisant tomber du lit. C’était donc avec les cheveux encore plus en bataille que d’habitude (coiffeur ? Qu’est-ce que c’est, cela se mange ?), les yeux jetant des éclairs bleutés et des insultes aux lèvres qu’il tira le tiroir où se cachait le téléphone portable que lui avait offert Alfred (« un moyen de peut-être te rapprocher de lui comme Ivan et moi avons eu le téléphone rouge» tu parles !). Palestine avait donc le même et c’était bien la seule chose qui le consolait à peu près d’avoir un appareil ro… avec une horrible couleur vive.

Comble de malchance, il arriva trop tard pour décrocher et hurler sa rage à son rival. On ne réveille pas une personne, fusse t elle notre pire ennemi à une heure aussi indécente que… (Un regard à son réveil made in America)… que dix du matin. Oui, c’était trop tôt pour appeler quiconque ! Netsah allait jeter le téléphone lorsque celui-ci vibra. Quelques tapotements plus tard, un message (très mal écrit) apparu sur l’écran : mélange d’insultes et d’ironie mordante en anglais, le palestinien ayant un tel respect pour sa langue maternelle et sa calligraphie si particulière qu’il se refusait à la transformer en voyelles dépourvues de beauté. Alors, comme d’habitude, le palestinien s’adressait à lui dans un anglais des plus vulgaires qui ferait rougir Arthur, ancien tuteur du palestinien. Ce même palestinien qui l’appelait toujours pourriture, chien, porc, jew bastard.

(J’ai un nom, je te signale, crétin !)
(Tu l’as certainement volé à quelqu’un, te connaissant. Hein Isra-hell ? )

Une grimace se dessina sur le visage israélien, comme à chaque fois qu’il avait envie d’avoir le palestinien en face de lui, de le serrer entre ses griffes avant de le coller au mur et de…

Calme. Fixer téléphone. Lire message. Faire guerre préventive et/ou un blocus après si ce n’était déjà fait. Bref, lire message. Où un nom fut cité. Un nom que Netsah connaissait bien puisque c’était l’un des siens, un membre de son gouvernement accusé de corruption (ce que Palestine mentionna allégrement, le taquinant sur le fait que même les gens biens de chez lui qui voulaient la paix, n’étaient en fait que des pourris… des pourris qui allaient partir… )

« Mais c’est quoi ces conneries ? Il a ingurgité un plat d’Arthur par erreur ou quoi ? »

Oui, c’était certainement ça. Ehud Olmert était ici, il irait en prison pour corruption, extorsion de fonds et… et…

… Et il alluma rapidement son ordinateur, cherchant rapidement des articles et revues de presse. Il eut à peine le temps de finir de lire un article qu’on l’appela ou plutôt que comme un chiot ayant fait une bêtise, il fut attrapé au col de son vêtement et que l’un des membres de son gouvernement (dont Netsah veillerait à ce qu’il soit calomnié un peu à son retour, hein, parce qu’on ne secoue pas sa Nation comme on secoue un chiot ou un chaton, bon sang !) l’obligea à se laver et s’habiller promptement. L’adolescent retenu un soupir. A sa connaissance, le pays qui se foutait bien de sa gu... de sa tête n’était autre que le Liechtenstein, un coin perdu entre l’hystérique avare suisse amoureux des chèvres et l’acariâtre avare autrichien amoureux des Hongroises tapeuses de (d’ex) Prussiens.

Ce n’était pas que Netsah considérait le Liechtenstein comme l’une ces pays reculés et inutiles ou qu’il ait une quelconque animosité envers Lili qu’il cachait par du mépris : il partait du principe que chaque pays pouvait être utile (sauf Palestine, mais Palestine n’était pas un pays, juste un chieur, anglophone, arabe, musulman et palestinien de surcroit), car potentiellement allié (et pouvait donc se refuser à le boycotter, ce qui était plutôt bon pour le moral lorsqu’on voyait l’attitude de certains à son égard).

D’un mouvement, l’israélien changea de position, s’installant plus confortablement sur le siège de l’avion, dénouant un peu sa cravate bleue sombre, avant de regarder par le hublot l’accumulation de nuage. Près de lui, une malle remplie de documents qu’il avait rapidement feuilleté. Et c’était là tout ce qu’il avait, pas de livre, pas de cadeau. Il arriverait devant la sœur du suisse le plus effrayant de la terre avec rien dans les poches qui puisse rendre la confrontation plus amicale, moins formelle. Il détestait cette sensation d’arriver comme un cheveu dans la soupe (ou devrait-il dire la fondue ?) ou comme un français débarquant à l’improviste chez un anglais, alors que celui-ci est occupé à siroter son sacro saint thé. Netsah soupira, espérant ne pas faire une mauvaise impression auprès de la jeune Lili. De plus, cela sera la première fois qu’il la verrait seule, entant que Nation et non de petite sœur de la Suisse ou ancienne protégée du Saint Empire et de l’Autriche.

Bref, Netsah était un adolescent un peu anxieux, voire totalement perdu. Comme un adolescent ayant pour la première fois un rendez-vous avec une fille. Sauf que techniquement, il devait lui exprimer sa colère, voire lui hurler dessus. Il ne le fera pas. Tout d’abord, parce qu’entant que petit frère de Feliciano et de Romano, il ne pouvait être si désagréable avec une femme et encore moins demoiselle. Ensuite, parce qu’agresser d’une quelconque façon Lili, reviendrait à signer son arrêt de mort d’une manière aussi brutale que d’avaler tout rond un plat anglais pourri.

Heureusement, Netsah voulait encore vivre et il était hors de question de donner à Palestine une raison de s’exclamer « j’ai vaincu, j’ai vaincu ! Cette terre est à moi, à moi, rien qu’à moi ! ». Rien qu’imaginer cette scène lui donnait envie de vomir.

Sur son siège, Netsah eut un sourire amer, puis se refocalisa sur la personne qu’il devait voir.
Lili restait une Nation qu’il ne connaissait que trop peu, qu’il n’appréhendait que de loin. Trop effacée, trop timide, trop humble comparé à son frère son ancien père ou les autres. Alors, l’israélien ne pouvait reconnaitre d’une chose avant de descendre de l’avion : il ne savait pas à quoi s’attendre. Ce n’était pas qu’il avait peur, juste qu’il se sentait de plus en plus mal-à-l’aise.

Malaise qui perdura jusqu’à son arrivée chez le Liechtenstein, puisque ses patrons ayant oubliés de prévenir quelqu’un de son peuple pour le guider le long des rues de Vaduz. Oui, il savait que la population juive du Liechtenstein ne dépassait pas la vingtaine (dix-huit au total. En comptant les enfants.), mais bon sang ce n’était pas sorcier d’appeler tant même ! Un… un français était capable de penser à cela, un français.

‘Un cauchemar’ Pensa au bout du compte le jeune brun, ‘ cela ne peut-être qu’un cauchemar. Ou une mauvaise, très mauvaise plaisanterie. Dans ce cas, les plaisantins le payeront très cher. Foi d’israélien qui devait faire des pieds et des mains pour se renseigner pour enfin trouver l’adresse de la liechtensteinoise…. Au bout d’une heure de marche intensive et de paroles répétées dans un allemand qui se voulait poli, mais qui frisait parfois l’énervement. Jamais plus… oui, jamais plus il ne rira de l’absence d’orientation de quiconque. En effet, se perdre dans une ville ou rechercher désespérément une adresse dans la capitale d’un petit pays alors que vous êtes habitué à circuler aisément dans de plus grandes métropoles des plus grandes puissances et/ou pays, ce n’est absolument pas marrant. Sans compter qu’il n’avait même pas eu l’occasion de profiter du paysage, la ville étant plus belle qu’il ne l’aurait jamais cru (et surtout avec plus d’herbe et d’arbre… c’était vraiment une ville ou quoi ?). Le pire étant que la maison se trouvait à deux pas de l’aéroport.

Ce fut en maudissant sa malchance qu’il sonna, se retenant à peine de jurer dans sa langue maternelle. Cependant, il ne put parler lorsqu’apparue dans une robe son hôte, ses grands yeux verts fixés sur lui. Sans savoir pourquoi, il recula, l’envie de rougir le prenant sans aucune raison apparente. Certes, il n’avait que trop peu l’occasion de croiser ou fréquenter des filles de sa tranche d’âge et encore moins de Nation féminine, mais ce n’était pas une raison pour presque rougir. Même si avec son air calme et timide, la fille devant lui était vraiment mi… pas mal. Voilà. Il murmura un salut poli, répéta les formules de politesse qu’il disait toujours lorsqu’une Nation lui posait des questions telles que « le voyage s’est bien passé ? »

« Oui très bien, le voyage fut agréable… » La nourriture à midi était infecte, le siège inconfortable et je ne parle même pas des gens qui piaillaient derrière moi. « Votre ville est si belle… » J’ai cru que jamais je trouverais votre adresse, alors je n’ai pas eu l’occasion de regarder grand-chose. Même si elle est pas mal pour la capitale d’une micro-nation.

Parfois, la vérité n’était décidément pas bonne à dire.

Quelques temps plus tard, les deux jeunes adolescents âgés de plusieurs siècles (voire millénaires pour l’un ?) s’asseyaient confortablement sur des sièges normaux. Autrement dit, Netsah n’eut pas la désagréable impression que son derrière s’était niché dans un terrier de fourmis d’humeur exécrable.

Le silence s’installa vite entre les deux Nations d’ailleurs, silence durant lequel Netsah observa son hôte, il avait peu l’occasion de le faire, son frère veillant toujours à être devant elle, comme une mère poule protégeant sur son unique poussin adoré.

« J’ai cru comprendre ce matin que vous souhaitiez me voir… »

« Oui, parfaitement mademoiselle Zwingli. »

Le ton se voulait professionnel, neutre. Cependant, avec la frustration emmagasinée, et son agaçement son intonation se faisait froide, presque dure. La liechtensteinoise semblait un peu effrayée, presque aussi mal-à-l’aise que lui. L’atmosphère retomba tant et si bien qu’il sentit bientôt un arrière-goût de Sibérie dans la pièce pourtant agréable. Netsah se rendit finalement compte de sa maladresse et tenta de se reprendre :

« Je veux dire… je n’ai absolument rien contre vous. C’est juste que la situation n’est pas facile, ni pour moi, ni pour… vous. »

Il avait décidé de vouvoyer le Liechtenstein par respect et aussi à cause de sa maladresse. Qui savait aussi si, à force d’être trop familier, il n’allait pas attirer le malheur sur lui en la personne d’un grand-frère suisse enragé, armé jusqu’aux dents (dans le sens… littéral du terme) et prêt à le tuer de la pire des manières possibles.

« Cependant, je voudrais entendre votre version de l’histoire avant de commencer notre entretien. »

Devant lui, Lili sembla de plus en plus intimidée. Elle était si timide que cela ou c’était lui avec son air revêche et sérieux qui lui faisait peur ? Netsah soupira lorsqu’il repensa à l’image que devait avoir de lui la majorité des pays occidentaux et ce malgré sa petite taille, sa bouille d’adolescent trop vite grandi. Alors, il quitta l’anglais qu’il utilisait toujours dans des réunions formelles et parla en allemand, langue maternelle du Liechtenstein :

« Ecoutez-moi, mademoiselle Lili, peut importe ce que peuvent dire certains, je n’ai jamais mangé quiconque, Humain comme Nation. Sinon plusieurs pays que je n’aime pas auraient disparus depuis belle lurette. De plus, j’ai des liens avec des pays qui m’interdissent de faire du mal à une femme, encore moins une jeune fille. Fût elle comme vous, âgée de plusieurs siècles. Vous pouvez donc parler sans me craindre, je ne suis pas là pour vous faire du mal. »

Il avait parlé doucement, lentement, sans buter contre les syllabes, regardant Lili avec sérieux. Une esquisse de sourire apparue sur son visage.


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Dernière édition par Netsah / Israël le Dim 20 Nov - 2:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah   Lun 19 Juil - 19:14

Tiens donc, ainsi, contrairement à la rumeur, le monde n’était pas infesté d’immondes pervers avides d’argent et de chair fraiche? Mince et elle qui croyait son grand-frère sur parole… Parce que jusqu’à présent, le jeune Netsah semblait tout à fait convenable, agréable… Il essayait de la rassurer, se montrait sympathique, parlait sa langue… Mieux encore il avait complimenté sa ville! Oh bien sûr, ce n’était pas si rare, diplomatie oblige, toutefois c’était la première fois qu’on lui avait dit qu’elle était ‘si belle’. D’habitude, on lui offrait quelque commentaire sur son coté rustique. ‘On se sent dépaysé, c’est charmant…’ Elle avait vraiment de quoi complexer. Une capitale charmante? Autant dire pittoresque, bien moins développée mais jolie. Quelque chose qui convenait bien à une micro-nation dépendante de son frère.

Enfin, ce n’était pas le moment de comparer sa capitale avec celle de sa voisine la plus proche. Encore, une fois, elle allait déprimer. Elle devrait plutôt être heureuse de recevoir un invité aussi charmant… Quoique puisse en dire son frère.

Cependant, cette réunion n’avait rien d’un speed-dating. Elle n’était pas là pour charmer le jeune homme mais pour éclaircir une affaire en évitant de se faire plumer. Paraître sûre de soi. En parfaite maîtrise de ses moyens.

Mouai… plus facile à dire qu’à faire. Heureusement, Lili était déterminée à ne pas laisser son peuple plier. Aussi, elle lui adressa son plus beau sourire, naturel et plein d’innocence. Vous savez celui dont on ose rien refuser, par peur de voir ces magnifiques yeux pétillants se noyer de larme? Oui, c’était bien ce genre de sourire là. S’éclaircissant légèrement la gorge, elle commença nerveusement :

« Et bien, comme vous avez sans doute pu le lire… mon gouvernement, après avoir terminé toutes les procédures, a octroyé à Ehud Olmert l’asile politique. Nous avons bien sûr suivi le protocole d’intégration. Quand j’ai appris votre visite, j’ai essayé de joindre mon gouvernement. Toutefois, il semblerait qu’il soit indisponible. »

Tout pout garder la face? Si peu.. Lili ne faisait qu’omettre une partie de son témoignage : elle ne savait pas exactement quand ni pourquoi l’homme avait été admis au Liechtenstein. Avouer un tel manquement était toujours hors de question, aussi, elle essayait de deviner ce qui avait pu se passer. Si l’homme avait été accepté, c’était qu’à priori, les procédures avaient été respectées… Enfin elle espérait, sinon, elle se demandait vraiment comment elle allait s’en sortir. Ensuite, elle devait absolument convaincre Netsah qu’elle ignorait tout des fraudes de l’individu et même si l’israélien était de bonne compagnie, elle ne pensait pas pour autant que la tâche serait aisée. Après tout, n’était-elle pas un paradis fiscal? Chez elle, les affaires de corruption n’attendaient qu’à être découvertes. Jamais aucun pays ne se souvenait d’elle… A moins qu’une histoire de fraude et d’argent ne rappelle au monde son existence…

Et ses jolies montagnes alors? Non, ce qui intéresse maintenant c’est l’argent! Elle-même d’ailleurs affectionnait particulièrement les billets. Quelle nation, riche de surcroit, s’habillait aujourd’hui dans des rideaux? Elle ne pouvait décidément pas en vouloir à Netsah de ne se déplacer que pour cette affaire…

Heureusement, une odeur de choucroute traversa la pièce pour narguer la jeune fille, la distrayant de ses sombres pensées :

« Je suppose que vous resterez dîner? Mon frère sera absent et je ne suis pas contre un peu de compagnie. Par contre, j’espère que vous n’avez rien contre le chou? C’est un plat assez typique de ces montagnes. Une recette de famille en quelque sorte. Nous serons plus à l’aise pour discuter. »


Toujours avec le sourire, la jeune fille se prit à tortiller son ruban. Elle avait beau essayer de jouer à la femme forte, elle était bien plus jeune et inexpérimentée que le garçon devant elle. Elle essayait comme elle pouvait de dissimuler son problème, mais face au regard clair de Netsah, son assurance s’écroulait comme un château de cartes.
Elle regarda droit dans les yeux son hôte. Oh combien voulait-elle comme lui paraître aussi sereine?
Elle balaya la salle de regard, cherchant dans les motifs de ses rideaux la solution à son problème…

Avant d’en rire.

N’était-ce pas stupide? Elle était là, terrorisée par un jeune homme qui pourtant jurait de ne lui vouloir aucun mal. Au contraire, il cherchait bien à la rassurer. On disait qu’il n’y avait aucune limite à la paranoïa suisse, mais tout de même! A moins que Netsah n’ait décidé d’endormir sa confiance pour mieux l’attaquer, elle ne risquait pas grand-chose. Elle était chez elle, dans son territoire. N’avait-elle pas toute les clés en main?

D’un seul coup, elle sentit ses muscles se détendre.
Allez Lili, toi aussi tu n’es pas nouvelle à ce jeu, non?

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MessageSujet: Re: Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah   Lun 30 Aoû - 17:20

« Ah, les femmes » Lui disait autrefois Francis dans un costume de l’époque Napoléonienne, lorsque le français voulu l’instruire davantage sur quelques sujets qui lui tenaient à cœur, lui faisant lire sans répit les œuvres françaises (sauf Voltaire que Netsah boudait à cause de ses terribles paroles concernant son peuple), lui apprenant sans détour des mots d’amour qui faisait frémir et rougir l’enfant encore innocent et sans expérience. Sans détour, Francis lui parla de leur sensualité, de leur charme, leur corps qui dansait si gracieusement contre le sien dans les bals et surtout le soir, dans le noir de sa chambre, sous-entendu grivois que Netsah ne comprit que plus tard, mais qu’il l’avait laissé perplexe autrefois.

Cependant, ce n’était pas à une femme qu’il parlait maintenant, mais belle et bien à une jeune fille même si, dans un moment de rêverie qu’il ne comprenait pas vraiment, le jeune garçon apercevait l’esquisse de la femme que pourrait revenir Lili, ce qui lui faisait de temps à autre tourner la tête, on ne savait jamais jusqu’où pouvait aller l’instinct d’un suisse protecteur et paranoïaque. Netsah se retenu de soupirer, délaissant les souvenirs de Francis, ses conseils pour séduire d’une façon tout à fait déplacée. Même s’il mourrait d’envie de faire la moitié que le français avait sous-entendu (preuve que celui-ci avait une mauvaise influence), cependant, mieux valait mourir que se l’avouer.

D’ailleurs, il était là pour régler une affaire des plus importante, il devait donc se reprendre, pour se faire, il se pencha un peu, se rapprochant plus encore que la jeune liechtensteinoise pour mieux entendre ce qu’elle avait à dire, les joues rougies encore par le souvenir lointain des mots français à double sens.

« Et bien, comme vous avez sans doute pu le lire… mon gouvernement, après avoir terminé toutes les procédures, a octroyé à Ehud Olmert l’asile politique. Nous avons bien sûr suivi le protocole d’intégration. Quand j’ai appris votre visite, j’ai essayé de joindre mon gouvernement. Toutefois, il semblerait qu’il soit indisponible. »

La réponse de Lili, à défaut d’être pleinement satisfaisante, avait le mérite d’être claire et concise. Netsah fronça les sourcils tout en essayant de ne pas avoir l’air agressif. Juste qu’il ne voulait pas ruiner ses efforts pour paraitre aimable à cause d’une mimique enfantine. Même s’il trouvait étrange que Lili ne développait pas davantage sa réponse : pourquoi donc Ehud Olmert avait-il été accepté au Liechtenstein ? Lili était-elle au courant de ses manigances ? Que comptait-elle faire maintenant : le garder ou le rendre à Netsah pour que celui-ci puisse le juger ? Sa situation était assez compliquée pour qu’il ne prenne pas la peine de juger les gens corrompus et autres délinquants comme il se doit, après tout. S’il devait en venir aux mains, il le ferait, tout en regardant derrière si un suisse ne le viserait pas. Cependant, cela ne sera pas de gaité de cœur, loin de là.

Un autre problème restait : comment s’adresser à Lili pour qu’elle lui parle de ce qu’elle semblait cacher ? Non pas qu’il eut peur d’elle (quoique la menace d’un couteau suisse ou d’une arme à feu helvète ne le laissait pas de glace), mais ses réactions lui étaient inconnues et imprévisibles. Le jeune adolescent manqua de soupirer, avant de se mettre à renifler. Son visage prenant des apparences de tête de turc affamé en train de sentir l’appétissante odeur d’un grec, ou encore, celle d’un chien sentant quelque chose de familier et de bon.

Il bougea sa tête de droite à gauche, cherchant des yeux la source de l’odeur (même si une partie de son cerveau le traitait d’idiot de ne pas simplement penser qu’elle venait de la cuisine). Enfin, l’adolescent se tourna finalement vers Lili qui n’attendit pas sa question pour parler. Devant la demande, il ne put qu’ouvrir les yeux, même sa bouche forma un « o » fort peu disgracieux. Et on parlait de la paranoïa et de la xénophobie des suisses. Non pas que Lili le fut, cependant, il avait cru comprendre que la jeune fille se plaisait à suivre les faits et gestes de Vash. Peut-être que la surprise expliqua son temps de pause, comme si les paroles étaient adressées à un autre que lui.

« Ce serait un immense plaisir de diner avec vous, mademoiselle Zwingli. Ce n’est pas tous les jours que je peux manger en si agréable compagnie. »

Que voulez, avoir presque reçu une éducation italiano-française laisse des traces indélébiles sur n’importe quel esprit, même le plus pur et innocent. Ce n’était donc pas de sa faute, non pas du tout.

« Sinon, laissez-moi vous faire une de nos recettes traditionnelles, ce serait impoli de ma part de ne pas vous aider à préparer le repas. De plus, nous sommes très bons en pâtisserie et en dessert comme tout le monde le… »

Le doigt levé, il souriait cet adolescent, comme un idiot, tout en buttant sur les dernières syllabes de sa phrase.

Comme tout le monde…

Mécaniquement, il baissait son bras comme un automate en manque d’huile. Une grimace défigurant son visage, tordant sa bouche, laissant s’échapper des mots identiques, comme résonnant dans sa tête.

Comme tout le monde…

Comme tout le monde…

… ne le sait pas…

...

Quelques secondes plus tard, un nuage noir avait élu domicile chez Lili, ne semblant pas décidé à vouloir quitter la demeure de la petite sœur de Vash. Il s’était formé au-dessus du jeune israélien accroupis sur lui-même dans un coin de la pièce, les bras entourant ses jambes, le visage sombre. Attitude caricaturale de celui qui voit une fois de plus la cruelle vérité en face : hormis son problème avec Palestine et ses ruines, il n’était guère connu.

« Mais pourquoi personne, pourquoi personne… pourquoi personne… » Psalmodiait lugubrement le garçon, à la grande (et naturelle) perplexité de son hôte. Bien entendu, elle ne pouvait pas savoir qu’il nourrissait un grand complexe vis-à-vis des autres pays qui, plus vieux et plus riches que lui, disposaient de solides réputations aussi bonnes que mauvaises. Ce qui n’était pas son cas.

« Et ma Tel-Aviv ? Jaffa ? Mes oranges dans le désert ? Mes belles plages, mes parcs, mes toboggans en forme de Golem ? Ma musique, mes petits dattes et mes peintres ? C’est rien tout ça ? Et ma bière, mes bières, mes joueurs de foot qui ont le mérite de ne pas être aussi mal élevés que les français ? Mes belles synagogues ? »

Murmura l’adolescent avant de se reprendre. L’orage ayant décidé de faire grève. il ne restait plus du souvenir du blues israélien que quelques traces dans les yeux bleus, une légère gêne lorsqu’il braqua son regard sur la jeune Liechtensteinoise qui semblait sur le point de s’inquiéter pour lui. Peu de monde connaissait la jeune fille et peut-être que cette situation ne changerait jamais. Lui, sa situation pouvait changer, encore fallait-il qu’il trouve le déclic qui l’amènerait à une nouvelle situation, un nouvel équilibre.

Lui qui depuis des années ne voyait pas le trou le long du tunnel au moins pouvait-il se dire indépendant, pas comme la jeune fille accrochée aux bras de la Suisse.

« Je vous prie de m’excuser mademoiselle, un moment d’égarement inopportun. Je vais de ce pas vous préparer quelque chose. »

D’un pas mal assuré, il ouvrit une des portes de la salle (priant pour que cela ne soit pas le placard, même s’il était rare d’y percevoir l’odeur du chou). Il se tourna vers son hôte en demandant :

« Est-ce que vous avez du miel s’il vous plait ?»

Un bref regard en attendant la réponse de son hôte lui indiqua qu’il ne s’était pas trompé : c’était bien la cuisine. Au moins ne se serait-il pas retrouver au prise avec des manteaux et des parapluies.

Il était toujours plus difficile de faire des Lekach parmi les manteaux que dans la lumière d’une cuisine.

...

Tout en préparant sa pâte, il expliqua à Lili l’origine des lekach.

« C’est une recette de nous préparons lors de Rosh Hashana, notre nouvel an. Durant cette fête, les vœux sont représentés par de la nourriture sucrées ou trempés dans du miel, ainsi, plus on mange de sucre, plus on a de chance de passer une bonne année. Bien entendu, il ne faut pas abuser des bonnes choses. » Pas comme un certain enfant qui a trop mangé de gâteaux une fois et qui s’était retrouvé au lit pour une bonne semaine. N’empêche, qu’est qu’il avait bien mangé ce jour-là. « De plus, ce gâteau à l’avantage de se bonifier avec le temps, il prend toute sa saveur après les deux ou trois jours suivants sa préparation. »

Netsah versa ensuite la pâte dans le moule prévu d’avance, faisant attention à ne rien laisser tomber ou salir. La cuisine était si propre qu’il avait eu mal aux yeux en y pénétrant avec la jeune propriétaire des lieux, ce serait impoli d’y mettre le bazar, surtout que ces aptitudes culinaires n’étaient pas si grandes que cela. Doucement, il mit au four ce qu’il avait fait tout en mettant la minuterie à vingt-cinq minutes.

« Voilà, maintenant, il ne reste plus qu’à… mettre la table.»

Commenta l’israélien en lorgnant sur la table vide de la salle à manger. Certes, sans doute aurait-il pu y penser avant de s’acharner sur la cuisine de Lili, dévalisant presque ses armoires et son frigo. Espérons qu’un certain suisse ne remarquera rien. Quoique non, mieux valait ne pas penser au suisse. Netsah avait d’autres problèmes plus urgents et c’était justement l’un deux qu’il l’avait amené ici, chose à ne pas oublier.

« Souhaitez vous parler de notre affaire pendant le diner ou préférez vous que nous en parlions tout en préparant le reste ? Au fait, mademoiselle, c’est assez inconvenant de ma part, mais… »

Petite hésitation, avant de finalement se lancer, laissant son regard dériver un peu. Non pas qu’il en eu honte, mais il se disait qu’il était peut-être un peu tard pour prévenir son hôte. Oui, un peu tard.

« Y aura-il du porc pendant le repas ? Je sais que la plupart des gens de votre famille en raffole, mais je… ne pourrais pas en manger. Un peu comme vous ne pouvez pas manger de viande certains jours. C’est comme ça. »

Expliqua-il rapidement, conscient que pour certains, cette abstinence de viande porcine était étrange. Pourtant, pour lui ce n’était pas plus bête d’autre chose. Enfin bon, il l’avait dit à Lili, c’était tout ce qu’il avait de plus à dire. Quoique…

« Sinon, je vous remercie encore une fois de votre invitation, c’est très gentil de votre part. »


Dernière édition par Netsah / Israël le Dim 20 Nov - 2:53, édité 1 fois
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Lili / Liechtenstein



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MessageSujet: Re: Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah   Dim 28 Nov - 9:12

Lili, douce Lili. Était-elle mauvaise cuisinière pour que son invité lui propose ainsi de préparer le dessert? Pour qu’il se mette ainsi à pleurer devant-elle? N’avait-elle aucun talent d’hôtesse? Mais qu’allait donc dire Vash s’il apprenait que non seulement Lili avait invité Netsah à dîner avec elle, mais en plus, qu’elle n’avait pas su l’accueillir convenablement? Elle ne voulait pas faire honte à son frère… Surtout pas!

Pour sa défense, elle n’avait pas l’habitude de recevoir du monde, les trois-quarts du globe ignoraient son existence, quant au reste, ils avaient bien trop peur de son cher frère pour oser quoique ce soit. Ce genre de diner d’affaire ou diplomatique était l’une des seules raisons qui pouvaient pousser une nation à lui faire l’honneur de sa présence… Oui, il y avait bien aussi quelques visites de son deuxième voisin et de sa chère hongroise, mais ce n’était pas pareil. C’était sa famille.

En tout cas, elle était certaine d’une chose : laisser son invité cuisiner à sa place était une honte, un scandale pour une hôtesse de ce nom… Mais Lili ne voulait pas non plus froisser le jeune israélien. Elle lui devait bien ça, après cette affaire. Et peut-être si elle le laissait maintenant faire ce que bon lui semblait, peut-être se montrerait-il plus clément avec elle.
Aussi, la jeune fille se laissa entrainé par la tornade folle d’Israël, surnom qui restera gravé dans la mémoire de Lili, dans la cuisine.

Si le jeune garçon commençait à piller les réserves que Lili entretenait soigneusement, si le jeune garçon transformait sa cuisine en champ de bataille, l’adolescente n’en disait rien. Elle se contentait d’observer les yeux ronds son interlocuteur. Pour ça, il aimait sa culture et restait très attaché à ses traditions… Et ce n’était pas quelque chose qu’elle-même détestait chez lui. Souriant légèrement, elle prit doucement la parole :
«Est-ce que je peux vous aider? »

S’approchant doucement du garçon, Lili s’empara d’un couteau et suivi les instructions de son interlocuteur. Elle le fournit en miel et autres ingrédients plus si secret de sa fameuse recette.
Bientôt, la recette terminée, il fut temps de dresser la table et de reprendre leur conversation.
« Ne voulez vous pas plutôt attendre la fin du repas? Notre estomac plein, nous serions plus apte à discuter de tout cela… »

Oui, Lili évitait toujours cette conversation glissante. Pourquoi repoussant autant ce moment fatidique? Peut-être espérait-elle qu’une fois rassasié l’israélien oublierait cette affaire? Peut-être recevrait-elle enfin l’appel de son gouvernement, qu’elle-même soit plus au courant de la situation?
Et de toute façon, elle ne faisait qu’appliquer le deuxième enseignement suisse : ne sort pas ton chéquier trop vite, le premier étant bien évidemment : fuis les étrangers et les petits animaux tout mignons, ils ont des dents et n’hésiteront pas à s’en servir. Elle avait une totale confiance en Vash même pour l‘heure, aucun oiseau ne l’avait encore mordu. Aucun autrichien non plus d’ailleurs.

Jusqu’alors le dîner se déroulait aussi paisiblement que possible si l’on oubliait le massacre de sa pauvre cuisine. Finalement un peu plus rassurée, Lili espérait avoir évité avec succès tous les pièges qui s’étaient présentés devant elle… Elle ignorait encore sa plus grave erreur : proposer à un juif de la choucroute!
Rappelée à l’ordre, son sourire se figea et son joli minois perdit toute couleur. Comment avait-elle pu faire une chose pareille? Elle n’était vraiment qu’une moins que rien, à peine capable de faire attention aux autres. Comment avait-elle pu se montrer aussi égoïste?
Et surtout : que pouvait-elle faire pour sauver son repas sans pour autant gâcher ne serait-ce qu’une cuillère de choucroute?

Respire Lili, reste calme. Tu peux éviter l’incident diplomatique, tu peux le faire. Il ne faut pas paniquer, il ne faut surtout pas paniquer… On panique?
Herm!
Rouge de honte, elle essaya de rattraper la situation mais elle ne parvenait pas à rendre sa voix haute et claire :

« Hé bien.. Je veux dire.. Enfin… Il est vrai que la choucroute comporte du lard et de la saucisse… mais… mais c’est un plat qui se conserve bien… enfin… je voudrais dire… … Est-ce que vous pouvez manger du fromage? »

Courant jusqu’à la cuisine affolée, elle commença à chercher désespérément un morceau de fromage qui pourrait convenir à son invité, prenant soin d’ailleurs de conserver au frais le plat d’origine et de préparer cette fois-ci une fondue qui comblerait son convive.

« Je suis désolée, ce sera peut-être un petit peu plus long que prévu. En attendant voudriez-vous me parler de votre pays? Ce serait un plaisir d’en apprendre un petit peu plus, je n’ai guère l’occasion de voyager vous savez? »

Spoiler:
 
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Netsah / Israël

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MessageSujet: Re: Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah   Dim 20 Nov - 3:02

Netsah était venu pour une chose importante, primordiale même : se casser la tête à éviter les problèmes diplomatiques à cause d’une histoire de nourriture. Oui, il avait des problèmes, des ennuis, des peuplades à défendre, des gens à inscrire sur liste rouge voire noire et des provocations à taire, mais non, il était en train de perdre pratiquement toutes ses neurones à cause d’une fille de plus de cent ans qui ne savait pas que les juifs ne mangeaient pas de porcs.

Il n’avait jamais été partisan des clichés circulant sur son peuple, loin de là, cependant il y a bien une chose qui devait être connue sur lui, c’était bien ça, non ? Bon, autant se calmer, la dernière fois qu’il avait eu ce genre de pensée, ce fut impossible de se contenir et de ne pas hurler. Il souffla donc, n’allant que mollement à la suite de Lili qui chercha activement dans toute sa cuisine en s’égosillant. Sa voix était lasse, d’une lassitude sans nom assorti avec un visage sans expression.

« Ne vous en faites pas, vous n’aurez qu’à retirer la viande… » Oh, silence radio, pas de réponse. Avait-elle seulement entendu ? Apparemment non, puisque sa réponse arriva comme un cheveu sur la soupe, lui coupant presque la parole.

« Oui. Le fromage est kacher. Mais je vous le dis, il suffira juste de laisser la viande. De toute façon, c’est interdit de manger de la viande avec des produits laitiers. « Tu ne mangeras pas le veau baignant dans le lait de sa mère. » »

C’était ça, il suffisait de répondre poliment, de ne pas faire de boulette et tout ira pour le mieux. Voilà. Bon, où étaient les cachets d’aspirine déjà ? Ah oui, dans sa chambre. Okay, on fera sans.

«…me parler de votre pays? Ce serait un plaisir d’en apprendre un petit peu plus, je n’ai guère l’occasion de voyager vous savez? »

Oups, voilà ce que c’était de divaguer à tort, mais surtout à travers. Réfléchis, réfléchis… elle ne voyageais donc pas ? Pas même pour des visites diplomatiques ? Les vacances ? Les… soldes ? (ben quoi, c’était une fille, non ?). Pour Netsah, c’était une aberration. Lili pourrait lui dire que c’était son frère qui se chargerais des visites de diplomaties, cela ne changerait pas d’un iota sa réflexion. Il savait qu’au sein de la communauté des Nations, il était un cas un part, la seule Nation juive, un jeune pays, un peuple ancien longtemps sans terre, un enfant se baladant à travers les pays, étant chasser de plusieurs, se réfugiant, cherchant sa place. Son expérience n’était pas la même, sa vision serait toujours différente, peut-être même stigmatisée ou moquée mais…

A quoi servait de vivre plus de mille ans si on ne voyait pas le monde ? Si on ne s’échappait pas un instant de cette cage qu’étaient leurs obligations ?

La vie de Netsah fut une succession de galère, mais aussi une succession de départ, de voyage et aujourd’hui…il avait enfin une terre pour lui, une terre qu’il ne devait pas laisser s’échapper, qu’il avait envie d’offrir à son peuple à défaut d’une paix que certains espéraient encore.

Et… ces idées n’avaient peut-être pas de sens pour les autres mais… peut-être que le but de ses voyages, de ses errances, de ses malheurs, c’était justement d’avoir la paix et le bonheur au bout du chemin ? Peut-être.

En tout cas, il se sentait un peu triste pour Lili. Un peu comme dans la fable, le chien bien nourri, mais dont le collier le blesse et le loup affamé, mais libre. Un peu, car bien entendu, Vash ne ferait pas de mal à Lili. Et lui, était plus mal vu qu’affamé.

Bon, allez Net, cesse de divaguer quoi.

« Mon pays… alors, pour commencer, mon pays se trouve dans la région du Moyen-Orient. Hum, c’est le petit haricot près de l’Egypte, si vous préférez. »

L’autodérision était un des fondements de son humour.
De plus, l’expression était certes moins flatteuse que « petite perle de diamant près de la marée de sable qu’est l’Egypte », mais plus réaliste concernant la taille.

« Comme vous avez dû en entendre parler, j’ai beaucoup de problème avec mes voisins et… disons mon colocataire, si on peut dire. Cependant, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’entendre sur certains points, mais ce n’est pas la première chose à laquelle on pense dès qu’on se voit. On serait plus dans l’optique « tapons-nous dessus, c’est super marrant ! ». Et c’est majoritairement leur faute. Enfin, presque. »

Il se racla la gorge. Il détestait aborder ce genre de chose de façon gratuite, mais il ne voulait pas non plus mentir et quitte à évoquer ça, autant le faire en premier, pour mieux en être débarrassé.

Et puis mince, c’était si rare qu’on lui pose cette question. Il n’était tout simplement pas habitué. D’ordinaire, on lui parlait pas ainsi, soit on était amical avec lui en évitant les problèmes épineux, soit on lui jetait des pierres à cause des dits problèmes (dans… les deux sens du terme). Jamais on ne lui avait demandé de raconter son pays, la vision qu’il en avait, ce qu’il ressentait.

« Ce n’est pas un endroit calme. Je ne vous mentirais pas. Il n’y a rien que je ne déteste plus que le mensonge, à part peut être les nazis et ceux qui m’attaquent. »

La voix s’était faite douce, calme. Il revit en premier le soleil, son drapeau flottant dans le ciel, l’or du sable et le contact de la terre.

Chez moi…

Les villes, Jaffa la belle et l’étouffante, Tel-Aviv la grande, la blanche, la bulle d’espoir et de désespoir mêlés construite par les siens de l’Est de l’Europe. Les bruits de la mer qui arrivaient jusqu’à ses pieds, ses jeux sur le sable. Jérusalem ville sacrée, ville sublime et disputée (elle était à lui, rien qu’à lui. Il acceptait les chrétiens, il accepterait même les arabes, mais elle était à lui). Les autres villes, les villages. Les visages, les différentes parties de son âme. Il revit tout cela et se sentit bizarre, comme en proie à différentes émotions fortes et contradictoires.

Chez moi…

La rage, la colère, la peine, la joie, désespoir, malheur, espoir, rêve, réalité, paysage et fantasme, alcool et orange, odeur de nourriture, souffle de l’arme qui reposait dans la main d’un soldat, le jouet d’un enfant, les bras d’une femme. Ceux qui hurlent, ceux qui rient, la technologie et les bijoux côtoyant les vieux bâtiments et le souvenir, le mur d’occident et le parlement. Tout cela en lui, comme une vague qui lorsqu’elle se levait menaçait de l’engloutir. Pourtant, il savait que sans elle, il ne pourrait vivre.

« De la Galilée au désert de Néguev en passant par Jérusalem, mon pays est gorgé d’histoire, parfois tristes, parfois gaies. Il y a des outrages, il y a le mal, mais il y a aussi la beauté. Le soleil luit haut là-bas, loin de la froideur slave. Jérusalem est la plus belle des villes et si vous le voulez, il ne tient qu’à vous de la visiter. Dedans, il y a des musées, des trésors, c’est aussi là que votre Christ a été reçu en roi. »

Il s’emporta en décrivant. Ce n’était pas un paradis, il voulait que cela soit clair, limpide dans les grands yeux de Lili. C’était chez lui. Jamais il n’avait parlé de ça à personne, jamais il n’aurait cru parler de ce sujet là, ici. Pour la première fois depuis qu’il avait posé le pied sur cette terre, il se sentait calme, serein presque. Ne sachant pas vraiment pourquoi et s’en fichant comme de sa première kippa.

« Si Vash le permet, peut-être pourriez vous voir Jérusalem un jour ? Il y a toujours des pèlerinages et il me semble que Vatican est un proche ami de votre frère. Si jamais il accepte, je me ferais un plaisir de vous servir de guide. »

Petite référence, seulement pour rire, pas de moquerie, uniquement un clin d’œil un peu complice. Pour un peu, il aurait envie de jouer du violon. Oui, son bon vieux violon.

« Et vous ? Décrivez-moi votre pays, il a l’air d’être bien beau d’après ce que j’en ai vu. Quand j’étais petit, j’avais l’habitude de voyage beaucoup, j’adorais ça, même si les raisons des départs étaient dramatiques, mais ça, on s’en fiche. Ce qui compte, c’est de rire… »

Un sourire dans la bouche, un bout de musique soudainement dans la tête. Pourquoi n’avait il donc pas son violon, là-maintenant ? Ses doigts le démangeaient.

« J’aimerais en savoir plus sur vous, votre pays, votre peuple. S’il vous plait, racontez moi, n’ayez aucune gêne, je veux tout entendre, tout apprendre de vous. »
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Liechtenstein | 1er Avril 2010 : Asile de corruption | Netsah

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