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 [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]

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Sophia / Hellas

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MessageSujet: [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]   Ven 12 Aoû - 12:29

Rome. Rome l'éternelle, Rome la conquérante, Rome la merveille architecturale. Rome à qui Sophia devait désormais allégeance.. Comme la cité lui semblait étrangère, alors qu'elle en parcourait les rues. Elle ne s'était jamais sentie vraiment sentie à sa place dans la cité latine, bien qu'y ayant vécu quelques temps, plus d'un siècle auparavant. Peut-être parce qu'elle lui semblait trop neuve? Ou était-ce l'esprit – si on pouvait appeler ça comme ça-, l'atmosphère de la cité? Fort probable. Elle n'aimait rien de mieux que l' Agora d'Athènes, là où les citoyens se rassemblaient pour parler de divers sujets. C'était souvent un réel plaisir de les écouter ; à chacun de ses passages dans la Cité-Etat, elle n'avait pas manqué d'y aller, malgré son statut de femme, qui néanmoins était largement contrebalancé par celui de Nation, celui-ci lui valant davantage d'égards. C'était ainsi que, par exemple, elle avait eu l'honneur de croiser Socrate, Platon...pour ne citer qu'eux. Leur discussion s'était révélée absolument passionnante. Néanmoins, plus tard, elle avait tenu à ce que Platon ne la transcrive pas par écrit. Comme elle l'avait soutenu, ce qui importait, était les hommes, leurs actions, leurs pensées, pas celles d'une Nation, qui somme toute ne présentaient que peu d'intérêt. D'après elle du moins. Et elle avait failli exploser de colère quand le démos athénien avait condamné le philosophe à mort. Lorsqu'elle avait tenté d'en discuter avec Agatha, cette chère Athènes, elle avait vu la folie qui consumait son peuple dans les yeux de sa soeur. Le démos devenait fou, la démocratie se retournait contre elle-même. Elle avait tenté de la raisonner, en vain.

Mais tout cela était loin, maintenant...plus de trois cents ans. Evidemment, pour une nation aussi vieille qu'elle, cela ne représentait pas un grand laps de temps, mais tant de choses s'étaient produites pendant ces trois cents ans...Une nouvelle guerre entre Cités-Etats ( par les dieux, les cités ne pouvaient elle pas se tenir un peu tranquilles? Avec cela, on s'étonnait qu'elle ait été d'une humeur massacrante durant cette période...), l'arrivée de Philippe et de Macédoine le conquérant, puis de son fils Alexandre, de nouvelles guerres, le début de la lutte contre l'Empire Romain pour ses possessions en Grande Grèce puis sur son territoire même...Elle s'était sentie emportée par le courant des évènements, incapable de penser à long terme. Combien de fois avait-elle cru que son heure était arrivée? Trop de fois pour les compter. Hellas avait bien cru qu'elle devenait folle, elle aussi. Folle de douleur à cause des guerres fratricides qui la déchiraient. Sans compter cette terrible impression de s'enfoncer peu à peu dans la déchéance depuis le début de la guerre du Péloponnèse. Elle se rappelait bien de son visage de l'époque : un visage amaigri, au teint cireux , les yeux ternes, comme dénués de toute soif de vivre. C'était dans cet état que Macédoine l'avait trouvée. Bien sûr, il l'avait aidée à se relever, mais tout ça pour quoi? Pour finir aussi bêtement, lorsque les diadoques s'étaient battus pour le partage de l'empire d'Alexandre. Une période qu'elle préférerait bannir de sa mémoire, si elle en avait la possibilité...Mais seuls les humains oubliaient, pas les Nations. Oui, les Nations n'oubliaient jamais. Seule une menace extérieure – les Illyriens puis les Antigonides -, lui avait permis de retrouver ce sursaut d'orgueil qui lui avait tant fait défaut. Celui qui lui avait fait prendre les armes contre Empire Perse. Pour une fois que les luttes n'étaient pas internes mais contre un ennemi extérieur, cela lui avait fait diablement du bien, et comme à ce moment-ci, elle n'avait pas hésité à prendre les armes et jouer de la lame.

Et dire qu'à présent, elle faisait partie de cet Empire qu'elle avait combattu...Comme quoi, la vie était ironique. Enfin, Sophia ne s'étonnait plus de rien à présent. D'autant plus que l'Empire romain n'était pas le pire qu'elle avait vu , le représentant de la Nation n'était pas le pire qu'elle avait connu. Avait-il un jour tenté de la forcer à faire ce qu'il désirait? Non. Il avait respecté ses choix de Nation aussi bien que ceux de femme. Certes il avait tenté de la séduire pendant très longtemps, mais ce n'était pas dans le but de l'humilier. Bon, elle l'avait giflé plus d'une fois, elle l'admettait. Qu'importait. Ce qui importait, aujourd'hui, n'était plus le passé mais le présent...et de fait l'avenir. Se servir du passé pour éviter de commettre les mêmes erreurs, oui, s'y cramponner non. Il fallait avancer, la vie continuait. Il fallait assurer la survie de son peuple, c'était le plus important. Et cela, les dernières Cités-Etats qui résistaient à Rome l'avaient bien compris. Oui, les Grecs étaient certes terriblement attachés à leur territoire, mais quand ils savaient quand il fallait renoncer. Personnellement, Sophia l'avait senti depuis bien longtemps. Depuis la mise à sac de Corinthe, en fait.Un moment horrible, en réalité. Le pauvre Philippos avait survécu de justesse..Mais il s'était relevé. Comme Sparte. Comme Athènes avant lui. Et comme elle-même. En un sens, c'était rassurant. Hellas s'était énormément inquiétée pour lui, alors même qu'elle était à Rome pour être présentée au Sénat lorsque son territoire était devenu un protectorat.C'était en cette occasion qu'elle avait séjourné à Rome. Ce séjour lui avait laissé un souvenir doux-amer. Doux à cause d'Aelius, amer à cause de la ville elle-même...Le dépaysement avait été trop violent pour elle, voilà tout. Voilà bien pourquoi elle ne s'était pas attardée à Rome, préférant à la cité ses montages grecques.

Et encore maintenant, Hellas aurait tout donné pour être ailleurs. Mais elle avait une mission, et ne s'y déroberait pas. Relevant la tête, elle allongea le pas, indifférente aux murmures sur son passage et ceux de sa suite – en effet, une petite troupe d'hoplites de différentes Cités-Etats l'accompagnait. Une manière de signifier que toutes les Cités-Etats l'accompagnaient dans sa démarche. Le résultat était plutôt éclectique. Des spartiates, des athéniens, des corinthiens , des combattants d'Argos, des thébains, et bien d'autres encore... Il était évident qu'ils attiraient l'attention, et que de fait, la rumeur allait courir dans toute la cité latine. Aucune importance, c''était presque mieux si la rumeur de leur arrivée les précédait. Déjà la population s'amassait sur les côtés de la rue que la troupe grecque parcourait. A croire qu'ils n'avaient jamais vu de délégation.. Bon, il était vrai qu'elle avait préféré marcher alors que l'utilisation d'un char aurait peut-être plus respecté les convenances. Mais une fois de plus, aucune importance. C'était toujours à pied qu'elle se déplaçait, chez elle, et il n' était pas question qu'elle change ses habitudes, surtout pas pour plaire à une cité qui lui était étrangère ; dans le même esprit, elle avait catégoriquement refusé de porter autre chose que sa tunique grecque . Et puis, quitte à s'écarter des convenances, autant le faire jusqu'au bout, n'est-ce pas? Déjà que certains avaient mal vu le fait qu'elle prenne les armes ...A les en croire, il aurait fallu qu'elle reste sagement chez elle pendant que son territoire se faisait envahir. Et bien, non. Elle ne marchait pas comme ça, désolée, et tant pis si ca ne plaisait pas. De toute façon, qui aurait pu lui faire des reproches sur sa conduite ? Personne, vu que personne n'avait un statut supérieur au sien...En Grèce du moins. Ici, il était évident qu'elle devrait obéir – ou du moins faire semblant – à l'empereur. Auguste, lui semblait-il. Mais maintenant que la Grèce était réellement incorporée à l'Empire romain sous le nom d'Achaïe - une horreur, ce nom -, elle espérait qu'elle pourrait encore agir à sa guise...Sophia tenait à sa liberté, par tous les dieux !

Mais déjà elle arrivait devant la demeure d'Auguste. La Domus Augustana, terminée quelques années auparavant. Il fallait reconnaître que le bâtiment était remarquable. Pas autant que les siens, mais remarquable tout de même. Peut-être plus flamboyant, plus luxueux..Cela correspondait mieux à Rome, de toute façon. En toute logique, c'était là qu'elle y trouverait Aelius et Auguste. Bon..Par où entrait-on, ici ? En faisant le tour de la Domus, elle découvrit l'entrée réservée aux visiteurs. Quand même. Y avait-il besoin d'autant d'entrées, franchement... Sophia fit signe à sa petite troupe de la suivre. Une fois qu'ils furent tous entrés, un domestique les conduisit dans l'atrium, puis s'enquit de leur identité. Heureusement qu'elle avait appris le latin bien des années auparavant... Sinon, elle aurait été bien embêtée, à ne parler que le grec...Enfin bon. On les avertit que l'Empire et son Empereur étaient occupés. C'était bien sa veine. Hélas, il n'y avait pas grand chose à faire, à part attendre patiemment...Dommage que la patience n'ait jamais été son fort.

Le temps passa..

Elle ne sut pas combien de temps elle attendit dans cet atrium. Une heure? Deux? Peut-être plus. Elle s'ennuyait ferme. Inutile d'espérer faire la conversation avec ses soldats. Ils n'étaient pas là pour ça, mais uniquement pour la défendre. De toute façon, jamais un Argien et un Spartiate n'accepteraient de parler ensemble, les deux cités étaient trop rivales pour ça, même à présent, alors que les Cités-Etats avaient perdu leur autonomie. Elle soupira. Ce cercle de vengeance, de rivalité, ne cesserait donc jamais? Quand Sparte et Argos comprendraient-ils que malgré leurs différences, ils étaient des Hellènes, donc des frères? C'était à devenir fou. Enfin, à présent, ils ne risquaient plus de beaucoup se disputer, n'est-ce pas? C'était toujours cela de pris... Mais n'était-ce pas trop cher payé ? Son indépendance contre la paix inter-cités? Avait-elle fait le bon choix ?

Elle n'eut pas l'occasion de tergiverser plus longtemps, car Aelius arrivait dans l'atrium, sûrement prévenu de sa visite par le domestique de tout à l'heure. En le voyant, elle sentit un sourire doux se former sur son visage. Cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus, ou du moins,cela lui paraissait longtemps. Comme toujours, elle ne put s'empêcher de penser à sa première vision de lui, lorsque lui et ses soldats étaient venus aider les Cités-Etats de la mer Adriatique, qui avaient du mal à lutter contre les pirates illyriens. Quand elle l'avait vu, en armes, à la tête de ses soldats, elle avait cru à une apparition d'Arés, le dieu de la guerre. Il était si majestueux, si imposant, en armure! Et qu'il était beau ! Et charmant, avec ça, malgré ses fréquentes tentatives de séduction. Elle s'était sentie face à son idéal grec, le kalos kagathos, l'homme à la fois beau et bon...

Le véritable coup de foudre...

Mais tout ne se passe pas comme on le veut.Si d'emblée elle s'était sentie attirée par l'homme, elle avait été terriblement méfiante envers la nation qu'il incarnait. Cet Empire qui venait de l'ouest ne l'inspirait pas. Il lui semblait bien trop opportuniste, une impression s'était révélée exacte par la suite. Elle avait donc mis ses sentiments de côté, la femme qu'elle était laissant place à la Nation. Même si cela lui avait brisé le cœur, elle n'avait pas hésité à signifier qu'elle refusait la présence romaine, allant même jusqu'à participer aux révoltes de son peuple, les macédoniens d'abord, les péloponnèsiens ensuite. Jusqu'à la mise à sac de Corinthe, bien sûr.Mais l'heure n'était pas aux mauvais souvenirs.

« Ave, Aelius... »

La phrase latine lui était venue spontanément alors qu'elle s'avançait vers lui. A présent une province de l'Empire Romain, elle devait faire quelques efforts pour s'intégrer ; autant essayer de mettre son interlocuteur dans de bonnes dispositions avant de parler sérieusement. Ses soldats, eux, semblèrent vaguement nerveux pendant quelques secondes en l'entendant parler latin, avant que leur contenance habituelle ne refît surface. Mais déjà le latin s'avançait vers elle pour lui caresser la joue. Un geste de la main suffit à prémunir toute réaction de ses troupes, tandis que de l'autre, elle repoussait celle de l' Empire. Elle aurait tant aimé se laisser faire, pourtant. Juste fermer les yeux et savourer ce contact. Il lui avait tellement manqué...

«J'ai à te parler, c'est très important.. » Oh,qu'elle souffrait en le repoussant ainsi. « Mais avant cela, y aurait-il un endroit, dans cette demeure, où mes soldats pourraient se reposer? La route a été longue depuis Delphes.»

Delphes où elle avait élu domicile, presque depuis le début. La raison de ce choix? Delphes était l'un des plus importants sanctuaires panhelléniques, et, en tant que représentante de la nation grecque tout entière, elle avait considéré que c'était plus logique de s'y installer. De plus, Delphes n'était pas une Cité-Etat, mais bien un sanctuaire. Ainsi, aucune Cité-Etat n'inspirait la jalousie des autres, ce qui aurait pu encore plus fausser les relations entre les si nombreux membres de la fratrie hellénique. Même à l'époque, ses frères et sœurs ne cessaient de s'opposer...Autre avantage considérable, Delphes était un endroit extrêmement paisible, malgré les visiteurs.
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Aelius Romulus/ Rome

Séducteur de la Méditerranée



MessageSujet: Re: [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]   Ven 19 Aoû - 9:29


Empire.
Il était un empire.


Même s'il en portait officiellement le nom désormais, il l'avait été déjà plus ou moins auparavant. Parce qu'après tout il la représentation de ce qu'était ce peuple qui l'avait créer il y des siècles.
Aelius n'avait connu que guerres, défense du territoire et conquêtes (ou presque) depuis qu'il existait. Plus d'une fois il avait cru que son existence allait vaciller sur ses bases mais son peuple n'avait jamais cédé un pouce de terrain, rendant coup pour coup à ses barbares qui l'attaquait.
Aujourd'hui pourtant, quelque chose d'important allait se produire. Il écoutait distraitement son empereur qui parlait avec lui des projets de conquête futures (Les derniers territoires libres en Hispanie, la Germanie...., peut-être Britannia un jour?), dont certains avaient été ceux du défunt César. Son petit-neveu en avait repris certaines, mis des priorités sur d'autres...

L'empereur était encore jeune certes, mais bien décidé à faire de profonds changements sans déclencher des protestations du peuple. Habile, il s'était fait projeté à ce poste grâce à d'habile manipulations politiques.

Aujourd'hui il attendait un invité précis. Ou plutôt une invitée, une personne qu'il connaissait très bien. Si une nation accostait aussi près de la ville éternelle, il ne le savait que trop bien. L'aura d'une nation, quand on est puissant, est repérable d'assez loin.

Sophias...Grèce.
Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas vu, déchiré par les guerres civiles, la conquête de la Gaule, les assassinats politiques....


Depuis combien de temps ne l'avait-pas vu déjà? Il avait l'impression que ça faisait des siècles alors que cela faisait bien moins longtemps. N'était-il pas allé lui-même chercher Octave en Grèce après l'assassinat de César? Certes ils avaient à peine eu le temps de parler mais....

Un esclave arriva dans la pièce, s'inclinant devant son maître, empereur d'un territoire gigantesque, et attendit que celui-ci lui donne la parole pour dire qu'une délégation grecque venait d'arriver à la demeure d'Auguste. Ici en d'autres termes, songea Aelius avec amusement tandis que son dirigeant congédiait le jeune serviteur d'un geste de main. Il termina ensuite d'exposer ses projets et ordonna à sa nation d'aller rejoindre celle qui l'attendait. Il les rejoindrait rapidement, après en avoir fini avec des détails concernant un autre sujet. Aelius leva les yeux au ciel en songeant que les ''petits détails'' avaient du prendre plus d'une heure, presque deux, à être exposé. Pauvre Hellas qui devait attendre dans l'Atrium pendant ce temps. Et quand il disait qu'il les rejoindrait vite, cela sous-entendait ''dans une heure ou deux'' de nouveau.

Parfait, ils auraient le temps de discuter un peu avant que l'empereur n'arrive dans ce cas.

Tandis qu'il se dirigeait vers le lieu où elle l'attendait, il ne put s'empêcher de repenser à leur rencontre quand il avait conquis le pays si longtemps rival du sien. Il lui avait pris tant de choses, de ses dieux (arrangés ensuite à ses goûts) à son architectures et beaucoup d'autres choses. Ce qui lui avait permis d'embellir sa ville, de donner plus d'éclat à son peuple. Il avait lu beaucoup de textes des auteurs grecs. Philosophes ou historien, autant pour le plaisir que pour augmenter sa culture personnelles. Ca lui faisait penser qu'Auguste se servait d'historien pour augmenter l'éclat de Rome. Ovide, Virgile...et bien d'autres. Mais peu importe. Grèce, quand il l'avait rencontré était fière, n'avait pas supplié ou quoique ce soit d'autre. C'était une puissante combattante, une de celle qu'il avait le plus respecté, la dernière personne qu'il voudrait mettre en colère.

Mais il avait été ébloui quand il l'avait vu pour le première fois. Elle ressemblait aux statues de la déesse qu'ils appelaient ''Athéna'', avec son grand bouclier et sa lance. Rien ne semblait lui faire peur. Et elle avait été assez raisonnable pour savoir où et quand il fallait s'arrêter. Tant mieux, la nation de Rome ne goûtait guère les massacres.

La Grèce.
Savait-elle à quel point les romains aimaient ce pays? Que c'était sans doute, au fond, un reflet de ses propres sentiments?
Pourquoi il y envoyaient leurs enfants, quand ceux-ci étaient de jeunes hommes, pour étudier dans les prestigieuses écoles d'Athènes?
Savait-elle que les derniers mots de César avaient été en grec?


La relation entre leur deux pays était très intéressante à tout niveau, quand on voyait à quel point leurs cultures étaient proches sur certains point. Certains l'auraient traité de copieur mais qu'aurait-il pu faire d'autre? Adorer les dieux que les gaulois adoraient? Il n'était pas un barbare, merci bien, même s'il n'avait absolument rien contre Gaule ou Hibernia bien entendu, les ayant connu depuis plus longtemps qu'il ne connaissait les autres nations du coin, la première étant même l'une de ses femmes. Que Grèce devra un jour rencontrer, réalisa-t-il alors avec un frisson d'angoisse. Il nota rapidement pour lui-même de penser à faire en sorte que les enfants soient là ce jour-là, juste au cas où...

Même si Sophias s'était révoltée à plusieurs reprises , prenant toujours les armes au côté du peuple qui se soulevait, il lui pardonnait encore et toujours, une fois l'affaire réglée. Il était peut-être faible avec elle. Mais cela lui importait peu. Il aimait parler avec elle pendant des heures sur de nombreux sujets. C'était si agréable d'avoir des discussion philosophiques, historiques....ça le distrayait fortement. Car les humains, même s'il s'était attaché à certains, finissaient tous par mourir. C'était un peu déprimant.

Alors qu'il allait entrer dans l'Atrium, il rassembla tout ses souvenirs de la langue grecque, car elle allait surement lui parler dans cette langue, comme toujours. Et lui lui répondrait en latin. Ils connaissaient tout deux les deux langues donc cela était simple de communiquer de toute façon. Il entra finalement dans la pièce où elle l'attendait et lui sourit. Elle se tourna vers lui et il lui fit un sourire aimable, prêt à la saluer mais elle le prit de vitesse sur ce point.

«Avé Aelius»

Dire qu'il fut surpris aurait été un euphémisme, il fut frappé. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui parle en latin, surtout si spontanément. Il se reprit rapidement et s'avança vers elle, son sourire devant plus doux que respectueux.

«Avé Sophias...»

Il lui caressa doucement la joue mais elle ne repoussa, tout en faisant signe à ses soldats de ne rien faire. Braves hommes, prêt à l'attaquer lui pour défendre leur nation. Une telle fidélité et un tel courage l'amusait mais aussi ne faisait qu'augmenter son respect pou ce peuple si brave. Leur représentante attira à nouveau son attention par de nouvelles paroles.

«J'ai à te parler, c'est très important.. » Elle acheva de le repousser « Mais avant cela, y aurait-il un endroit, dans cette demeure, où mes soldats pourraient se reposer? La route a été longue depuis Delphes.»

Il hocha la tête et expliqua aux hommes, passant en langage grec, où ils pourraient aller se reposer pendant que leur nation et lui discuteraient. Il vit leur surprise de l'entendre leur parler en grec, puis un léger respect apparut dans leurs yeux avant qu'ils n'aillent où il leur avaient dit d'aller. Il appela un esclave qui passait par là et lui ordonna rapidement quelque chose, le faisant partir en courant dans une direction précise.

Il fit signe à l'autre nation de le suivr et l'emmena dans une pièce où personne ne se trouvait, l'invitant à s'assoir. Il laissa passer un temps de silence puis, prenant une voix douce pour engager la conversion.

«Alors Sophias? Pourquoi as-tu fait ce long chemin pour venir ici?» Il s'adossa au mur, près de la fenêtre et attendit quelques instants avant d'ajouter «Un problème chez toi?»
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MessageSujet: Re: [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]   Lun 22 Aoû - 16:31

L'expression de surprise qui s'afficha sur le visage d' Aelius fut absolument savoureuse. Elle avait prévu cette réaction, mais cela ne l'empêcha pas de s'en amuser ; elle laissa un sourire se former sur son visage. Un sourire doux, malgré l'importance du moment. Elle avait une mission à accomplir, certes, mais jamais on ne lui avait dit qu'elle ne pourrait pas profiter de son séjour. Il ne s'agissait ni plus ni moins que de joindre l'utile à l'agréable... Néanmoins, il ne fallait pas perdre de vue ce pourquoi elle était venue. Elle aurait tout loisir de se détendre après, ce n'était pas un problème, surtout qu'elle savait que son collègue nation ne la renverrait pas comme ça, sans qu'elle ait eu le temps de récupérer de la fatigue du voyage. Certainement pas. Aelius avait le sens de l'hospitalité.Et apparemment, il n'avait pas perdu l'habitude de parler le grec, comme il le prouva en s'adressant à ses hommes pour leur indiquer où ils pourraient se reposer. Cela lui fit plaisir de l'entendre parler sa langue, mais elle n'en fut pas étonnée. Elle savait qu'il l'avait apprise, de même que beaucoup d'autres romains. Les habitants de la ville éternelle semblaient avoir un goût pour la Grèce, pour sa culture , et elle en était flattée aussi bien en tant que Nation qu'en tant qu'hellène. Après tout, il était toujours agréable de savoir que les étrangers respectaient et admiraient sa culture. Cela satisfaisait amplement sa fierté. Il fallait bien se satisfaire de ce que l'on pouvait, puisqu'à présent, ce n'était plus militairement qu'elle pouvait rayonner. Il avait été un temps où l'on redoutait les cités grecques pour leurs armées, mais plus maintenant. D'un côté, c'était mieux, puisqu'elle n'aspirait qu'à la paix de son territoire, mais de l'autre... Il était triste de s'affaiblir au profit d'autres nations plus puissantes. Mais Hellas avait su céder sa place quand il l'avait fallu. C'était à présent culturellement qu'elle rayonnait, et cela était à son goût bien plus gratifiant. Être craint pour sa force n'était pas quelque chose de très réjouissant, même si, adolescente, elle avait eu une façon de penser totalement contraire. Elle avait aimé qu'on la redoute, que ce soit la Grèce ou elle-même, sur un champ de bataille... Sophia ne se rappelait que trop bien l'adolescente qui avait combattu pendant les guerres médiques, aussi redoutable qu'un homme. Une vraie sauvageonne. Une furie possédée par l'ivresse du combat, tellement différente de ce qu'elle était à présent, plus calme, plus diplomate, plus raisonnable surtout. Mais elle ne regrettait rien. Premièrement, il n'y avait eu rien qu'elle puisse regretter, deuxièmement, elle savait que les regrets ne menaient à rien, a fortiori sur des choses s'étant passées aussi longtemps auparavant.

Elle suivit Aelius à travers les couloirs de la Domus Augustana, admirant au passage l'architecture de la demeure. L'empereur avait bon goût, c'était impossible de le nier, mais elle n'eut pas l'occasion de découvrir l'habitation en détail. Elle n'était pas là pour faire du tourisme, non plus. Il fallait qu'elle reste concentrée sur sa mission. Les deux nations finirent dans une pièce assez sobre. Là au moins, ils pourraient discuter tranquillement. Néanmoins, le latin resta debout, alors qu'elle-même s'asseyait. Nouvelle preuve de sa délicatesse, si besoin était. A moins qu'il n'ait quelque chose à lui reprocher... mais c'était peu probable. Elle n'avait plus pris part aux révoltes des Cités-Etats encore hostiles à la nation latine depuis son séjour à Rome. Ce qui ne l'empêcha pas de se sentir vaguement mal à l'aise, comme une enfant prise en faute, alors que c'était elle la plus vieille nation des deux. S'inquiétait-il pour elle, au point de ne pas pouvoir se détendre en s'asseyant ? Il avait l'air si fatigué. Elle savait qu'il avait dû traverser une guerre civile, comme cela lui était arrivé bien souvent. De ces crises, on ne sortait jamais vraiment indemne. Au contraire. Ces crises étaient exténuantes. De plus, Hellas était parfaitement au courant qu'il avait entrepris la conquête de la Gaule. La question était à présent : jusqu'où son Empire s'étendrait-il ? Saurait-il maîtriser sa soif de conquêtes et de puissance ? N'était-il déjà pas trop gourmand ?

Faites qu'il ne finisse pas comme Icare, celui qui avait tenté de trop s'approcher du soleil, dont les ailes de cire et de plumes avaient fondu, entraînant sa chute dans la mer et sa disparition irréversible. C'était la seule pensée qui lui traversait l'esprit. Elle ne voulait pas voir sa fin. Et pourtant l'Empire semblait bien parti pour connaître le même destin que le héros mythique. Car plus on tombait de haut, plus dure était la chute. Elle l'avait appris à ses dépends. Elle s'était crue invincible après avoir triomphé des Perses...et avait d'autant plus souffert lorsque la réalité s'était durement rappelée à elle lors de la guerre du Péloponnèse. Pénible souvenir s'il en était.

La voix d' Aelius la tira de sa méditation :

« Alors Sophia ? Pourquoi as-tu fait ce long chemin pour venir ici? Un problème chez toi? » 

Sophia le remercia intérieurement d'entrer directement dans le vif du sujet. Elle détestait tourner autour du pot. Mais il n'était pas question de parler en latin. Elle avait beau pratiquer cette langue depuis longtemps, parfois, elle cherchait encore ses mots. Or, elle allait devoir exprimer ses idées de la façon la plus claire possible. Pas question d'user de périphrases pour décrire la notion qu'elle voudrait exprimer, cela ne ferait que les embrouiller. Quand elle reprit la parole, ce fut donc dans sa langue maternelle, si chantante à son goût.

«Non, tout va bien. Ne t'inquiètes pas.» Si tout allait bien c'était bien grâce à lui. La Grèce s'était apaisée progressivement. « Mais j'ai une excellente nouvelle à t'annoncer. » Sophia se redressa, le regard fier. A cet instant, ce n'était plus la femme qui parlait, mais la nation grecque toute entière. « Les dernières Cités-Etats qui refusaient la présence romaine acceptent enfin de rendre hommage à l'Empire. J'ai réussi à les convaincre que c'était la meilleure décision à prendre...»

Elle eut un sourire triste:

«Je ne veux pas d'un autre Corinthe. »

Même si cela n'avait pas empêché d'autres Cités-Etats de se rebeller par la suite. Athènes, par exemple. Elle n'avait pas compris la démarche de sa sœur, d'autant plus qu'elle n'avait servi à rien. En effet, sa révolte, ainsi que celle d'autres membres de la fratrie hellénique avait été réprimée par le général Sylla. Athènes était parfois fatigante...Sophia avait pensé, pourtant,qu'elle serait assez sage pour savoir où était son intérêt. Bien sûr, Agatha ne s'était plus rebellée par la suite, mais la leçon avait été amère à apprendre. Il aurait été plus simple de se faire une raison dés le début.


« J'espère bien que tu as conscience du sacrifice que cela représente. Nous abandonnons une autonomie vieille de plusieurs siècles. C'est comme abandonner une partie de notre culture que nous avons défendue face aux envahisseurs.. »

Les guerres médiques...Marathon, les Thermopyles...Le sang, la bataille, les morts. L'humiliation et le goût amer de la trahison. Salamine, les bateaux perses se fracassant sur la flotte athénienne alors qu'elle défiait Empire Perse de la voix. Platée, ou la revanche des Thermopyles. Le jour où elle s'était vengée des morts de Sparte. Et bien d'autres encore, jusqu'au jour où elle était tombée sur des adversaires trop puissants pour elle.

«Mais je te préviens. Une seule tentative de trahison envers mon pays...(Son regard se durcit.) Et je n'hésiterai pas à prendre les mesures nécessaires. Je ne supporte pas la trahison. »

Cependant, Sophia ne garda pas longtemps son expression sévère, et la remplaça par un petit sourire:

« Néanmoins, je sais que cela n'arrivera pas. Tu es un allié fiable, et tu as toute ma confiance. »

Un euphémisme, au vu de ce qu'elle ressentait pour lui...Mais elle avait bien parlé de trahison envers la nation grecque. Pas envers elle-même. Inutile de se voiler la face, elle savait qu'il avait eu d'autres femmes qu'elle. Egypte antique, Gaule , Iberia. Sans compter les autres qu'elle ne connaissait pas. Cela lui avait fait un choc, puis elle s'était fait une raison. Elle n'avait pas eu le temps de se plaindre sur son sort, de toute manière. Ni le choix. Elle ne devait pas se laisser abattre. Et elle savait que jamais elle ne pourrait le détester. L'amour pouvait rendre idiot, parfois. Et idiote était la fierté d'avoir été son premier amour. Enfin, c'était ce qu'il lui avait dit, et elle le croyait. Jamais il n'y avait eu de mensonges entre eux, même quand la vérité était parfois pénible à entendre.
Enfin, elle n'avait pas rencontré..les autres – sauf Egypte Antique - et ne savait pas comment elle pourrait réagir à ce moment-là. Parviendrait-elle à dominer sa jalousie? Peut-être pas. Elle retint de justesse un sourire sinistre. Si la brune aux yeux verts n'arrivait pas à se dominer, ce jour-là, il allait falloir plus qu'une troupe de soldats pour la retenir...

Elle se sentait comme Héra, l'épouse souvent délaissée de Zeus. Mais la situation n'était pas tout à fait comparable. Jamais Aelius n'avait parlé de mariage entre eux, et en y réfléchissant bien, ce n'était pas plus mal. Il aurait été fort probable qu'elle aurait encore plus mal pris le côté séducteur du représentant de l'Empire. Le sang aurait déjà coulé depuis longtemps.

Elle finit par se lever, s'approcha d'Aelius. Sa mission accomplie, elle pouvait à présent se détendre et abandonner son attitude officielle. D' autant plus qu'une nouvelle pensée venait de lui traverser l'esprit. Elle laissa passer un silence avant de reprendre :

« J'imagine qu'il faudrait que je m'installe à Rome avec Heracles, à présent que toutes mes cités ont rendu hommage à Rome. Tu lui manques, tu sais...»


Heracles. L'adorable enfant qu'ils avaient eu ensemble.

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Aelius Romulus/ Rome

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MessageSujet: Re: [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]   Sam 3 Sep - 7:59

Fatigué? Oui il l'était.

Entre le souvenir de la douloureuse guerre civile, puis les nouvelles conquêtes en cours l'empereur, visant à achever l'Hispanie par exemple (merveilleux elle allait encore lui faire la tête pendant un demi-siècle...) et les projets de conquérir la Germanie (Bonne idée, allons trucider du barbare, histoire de mettre l'autre nation en rage contre lui). Et puis la fatigue de devoir jonglé entre les longues heures à parler avec Auguste des autres prévisions diverses du jeune empereur (refaire Rome de marbre, ça lui plaisait bien ça) et celles avec sa famille (comprendre ses conquêtes et leurs enfants). Gaule lui menait la vie dure depuis la naissance de leur fils il y a quelques mois (oui Aelius n'était pas un barbare, il avait patienté près d'un demi-siècle avant que la gauloise ne lui cède, il aimait cette obstination).

Donc oui, il était effectivement parfois épuisé. Mais pas au point de ne pouvoir rester debout, prêt de la fenêtre, pour parler à son invité. Son regard un peu inquiet avait été significatif mais elle n'avait rien dit, aussi ne bougea-t-il pas.

Il se demandait vraiment ce qu'elle était venue faire. Il avait tout envisagé, de la révolte contre lui à la demande d'aide pour cause de déclaration de guerre contre un voisin (ou inversement) en passant par le pire envisageable: une division. Mais que toute la Grèce lui rende hommage, non ça il n'y avait guère songé.
Pas que ça ne lui fasse pas plaisir, bien au contraire, mais il s'en étonnait: le pays avait toujours été fière.
Alliée de Rome elle voulait bien mais jamais il n'aurait envisagé que les Cités Etats dont certaines le détestaient lui cèdent ainsi. C'était à la fois surprenant mais aussi plaisant, quelque part ça le soulageait d'un certain poids.

«Je suis honoré et je te remercie de cette confiance. Pour être honnête avec toi j'avais crains que la guerre civile dont je viens de sortir, que le souvenir d'Antoine, n'ait marqué tes terres. Je suis soulagé de voir que non.»

Il ne voulait paraître ingrat. Et il ne l'était de toute façon point. Il était même parfois trop gentil, pardonnait trop vite. Mais il était ainsi et ne voulait pas changer. Elle semblait penser que c'était ma meilleur décision mais pouvait-t-on faire autrement? L'Empire devenait si grand et si fort qu'y résistait dans une partie déjà conquise paraitrait inconscient.

«Je ne veux pas d'un autre Corinthe.»

La voix de la grecque le fit tressaillit tandis qu'un douloureux souvenir lui revenait. Il se mordit la lèvre et détourna les yeux d'un air coupable. Oui il s'en souvenait, et trop bien. Il aurait préféré oublier parfois. Il ne voulait plus jamais lui faire de mal.

«Moi non plus.» Admit-il doucement en la regardant avec bien plus de sérieux que précédement.

Et pourtant les révoltes avaient quand même eu lieu. Et pour lui nouveaux affrontements contre les grecs. Faire du mal aux cités-états lui déplaisait fortement car blesser une cités c'était aussi blesser le pays où elle était. Et il n'aimait pas ça, même si la ville avait le droit de se soulever, elle aurait pu penser à celle qui représentait les terres où les murs de la cité avaient été bâtis.

Sophias le sortit de ses douloureux souvenirs en lui rappelant que ceci était pour elle un sacrifice. Oui il en était parfaitement conscient et trop bien même.

Lui avait si peu de civilisation avant d'envahir la jeune nation, et il ne se rappelait même plus des dieux qu'il honorait avant de prendre ceux d'Hellas. Il lui avait volé tant de choses au niveau de la culture, l'avait copié mais elle ne lui en avait jamais voulu, peut-être parce que les romains, à l'image de leur cité, aimait la Grèce.

Oui il était conscient du sacrifice.
Accepter d'introduire le latin (même si le grec n'allait pas disparaître, évidement)
Accepter des troupes romaines.
Accepter des gouverneur romains.


Une petite voix un peu sournoise dans sa tête lui signala qu'au moins leurs dieux et quelques autres choses étaient identiques. Ca serait déjà ça pour elle et ce serait moins dure. Cependant cette situation, pour une nation introduite dans l'Empire ce n'était pas facile à accepter. C'était toutefois pire quand elle était imposée. Au moins Sophias l'acceptait volontairement. Certaines de ses autres conquêtes lui en voulaient encore.

«Mais je te préviens. Une seule tentative de trahison envers mon pays... Et je n'hésiterai pas à prendre les mesures nécessaires. Je ne supporte pas la trahison.»

Il eut un frisson sous ce regard terrible et prit un air plus humble, prêt à dire quelque chose mais elle ajouta presque aussitôt qu'elle ne craignait rien de ce genre et qu'elle lui faisait confiance.

Il sourit d'un air plus chaleureux, rassuré lui aussi par ces paroles et décida de prononcer quelques phrases pour la rassurer.

«Ne t'en fais pas, Auguste ne trahit pas ceux qui est le rejoignent et moi non plus! Il n'y aura pas de soucis, tu n'as pas de crainte à avoir. Les romains aiment la Grèce, ils ne vont pas la trahir.»

Elle s'était rapproché de lui et un léger silence s'était installé avant qu'elle ne dise. «J'imagine qu'il faudrait que je m'installe à Rome avec Héraclès, à présent que toutes mes cités ont rendu hommage à Rome. Tu lui manques, tu sais...»

Leur fils, oui il lui manquait aussi. Cette petite bouille aux boucles brunes et à l'air rêveur qu'il devait tenir de lui. Cet enfant qui aimait les chats et le calme. Son petit Héraclès qui était si doué en art....Ca faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu. Trop longtemps. Il était désormais impatient de le retrouver.

«Moi aussi im me manque beaucoup, j'aimerais le revoir au plus vite!! Je n'ai pas pu m'absenter de ma ville depuis la fin de cette guerre civile, l'empereur a toujours besoin de moi.»

Il se doutait que ça ne serait pas facile pour les jours, avec toutes les nations et leurs enfants présents ici. Il aurait le droit à des crises de jalousie. Gaule avait un terrible caractère par exemple mais pouvait se montrer aimable, surtout depuis la naissance de leur fils. Mais il préférait ça à faire comme Germania et à ne venir voir sa progéniture d'une fois par siècle. Il aimait sa famille et voulait l'avoir continuellement à ses côtés. Il savait bien que Sophias connaissait ce côté de lui et ne lui en voudrait pas trop, enfin il espérait. il aimait trop ses enfants pour ne pas les avoir toujours auprès de lui.

Il hésita et finit par se jeter à l'eau «Ne t'en fais pas il sera heureux ici, il aura cinq demi-frères et une demi-sœur pour jouer avec lui. Par contre Égypte ne sera pas là, elle a exigé de rester sur ses terres, tu la connais...quand elle veut quelque chose.» Même si ça signifiait se séparer de son fils pour le laisser à son père. Aelius espérait que la situation actuelle tiendrait le choc et qu'une nouvelle guerre ne serait pas à l'ordre du jour avant longtemps. Il voulait profiter le plus longtemps possible de cette paix.

«Et je me réjouis de pouvoir vous voir tout les deux chaque fois que je le désirerais!»

Car admettons-le, le trajet Rome-Grèce était quand même un peu long. Et il ne pouvait pas s'absenter trop longtemps en ce moment.
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Sophia / Hellas

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Avec Allemagne- [1870-1890] Faire revivre les mythes

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MessageSujet: Re: [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]   Sam 24 Sep - 15:45

Spoiler:
 



Sa fierté, Sophia l' aurait maudite à cet instant. Ce maudit orgueil, parfois, souvent même, mal placé, qui lui faisait ressentir comme un goût amer dans sa bouche.Qu'il était humiliant d'avoir perdu une bataille, qu'il était humiliant d'avoir à abdiquer définitivement sa souveraineté sur son territoire. Elle avait beau savoir que c'était pour son peuple, pour qu'il survive, qu'elle avait agi ainsi, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu humiliée par la situation. Rien que de penser à la tête d' Empire Perse s'il la voyait en cet instant et le plaisir malsain qu'il prendrait à l'humilier, elle manquait d'en bouillir de colère. Mais il ne fallait pas, elle devait pas, surtout pas,se laisser aller à de telles considérations. Empire Perse, parlons-en. Qu'aurait-il à dire, lui qu'elle avait vaincu plus d'une fois en combat? Lui qu'elle avait refusé d'achever alors qu'elle en aurait eu l'occasion ? Rien. De toute façon, c'était un idiot, et il n'avait rien à faire dans ses préoccupations actuelles. Ces imbécillités auraient été le terreau idéal où ensemencer le doute, avec tous les risques que cela comportait. Se révolter à nouveau? Non. Plus jamais. L'heure, pour elles aussi bien que ses « enfants », ainsi que ses cités, n'était plus aux soulèvements. Ils avaient tous reconnu, accepté, l'autorité romaine, et un nouveau soulèvement était exclu. Elle était devenue romaine puisqu'il le fallait, et entendait tenir ses engagements et être loyale jusqu'au bout. Une fois sa parole donnée, elle ne revenait jamais dessus, quelles qu'en soient les conséquences. Quant au reste de ses cités, elle ne doutait pas qu'elles se tiendraient tranquilles, à présent. Qu'ils montrent le moindre signe de rébellion, et elle allait leur apprendre à tenir leurs engagements. D'autant plus qu'il fallait ajouter un élément essentiel : si ses Cités-Etats se comportaient comme elle l'entendait, il n'y aurait pas à craindre une intervention armée de Rome -enfin, en théorie.

Ah oui, Antoine.Marcus Antonius. Elle s'en souvenait fort bien. Ce jeune romain qui avait été jusqu'à Athènes apprendre la rhétorique. Ce n'était pas le premier romain à venir étudier chez elle, et ça ne serait pas le dernier, vu l'hellénisme en vogue à Rome.Même si, il fallait bien le reconnaître, une partie de l'aristocratie conservatrice avait eu peur de cette tendance et de fait s'était opposé à l'expansion de l'empire. Comme si on pouvait encore avoir peur d'elle, elle qui avait troqué la lance et le bouclier pour les traités de paix. Elle n'était plus une puissance militaire, et ne pouvait plus se reposer que sur sa culture. Et bizarrement, c'était cela qui en avait gêné certains. Avaient-ils peur que les Romains s' amollissent au contact de sa culture? Possible. Et elle pensait à Aelius, qui, révolte après révolte, lui avait pardonné. Elle devinait que bien des fois, il avait du être critiqué à ce sujet. Que l'on avait du critiquer la mauvaise influence de l'hellène sur lui. Mais avait-elle eu vraiment une mauvaise influence sur Aelius ? Elle ne pensait pas. En quoi s'était-il amolli? En rien. Au contraire, il semblait plus actif que jamais, avec la conquête progressive de la Méditerranée.

Mais qu'avait-elle entendu sur son passage, lors de son séjour à Rome? Dépravée. Oui,elle, qui avait toujours tenté de se comporter avec droiture, s'était vue affublée de ce qualificatif dégradant. Sur quoi reposait cette accusation, elle aurait aimé le savoir. Elle commençait à comprendre ce que Socrate avait ressenti.Les Athéniens ne l'avaient pas compris et considéré au mieux comme un vieux fou, au pire comme un gêneur. Misère. Qu'il était difficile de supporter ces idées fausses à son sujet... Enfin, le parallèle avec le vieux philosophe s'arrêtait là. Elle n'allait pas finir condamnée à mort, quand même.

« Tout cela est du passé, maintenant...Et l'important, à présent, est de nous consacrer à l'avenir.»



Et d'oublier donc les événements qui avaient pu se produire dans le passé. Ou au moins les plus désagréables, ceux qui traumatisent. Quand ils s'étaient blessés mutuellement.
De bien belles paroles, mais qui lui semblaient un peu creuses. Son passé, c'était la seule chose à laquelle elle pouvait encore se raccrocher. Sa culture. Son identité ...et oui, il fallait bien l'admettre, ce qui faisait d'elle une nation. Et elle ne put retenir ces paroles:

« Je le sais bien, Aelius, que les Romains aiment la Grèce. Mais celle d'avant ou celle de maintenant, cela, je me le demande... »

Puérile et peut-être injuste envers elle-même? Oui, elle l'était, et elle en avait conscience. Elle restait une puissance, certes, mais elle n'était plus au premier plan, et cela depuis longtemps.C'était dur de se sentir faiblir à ce point ; mais il avait bien fallu l'accepter. Le temps de la grandeur de la Grèce était passée, et sans doute définitivement. Mais cette douleur, elle avait toujours su la cacher, et agir comme si de rien n'était, comme si rien n'avait changé. Sa stratégie était simple : toujours garder la tête haute, paraître toujours forte, pour que éviter que d'autres nations essayent de l'envahir en profitant de sa faiblesse. Cela avait marché, du moins en partie. Aucune nation n'avait eu l'affront d'envoyer un petit contingent sûr de sa victoire, mais au contraire une bonne troupe. L'honneur de la Grèce avait été ainsi préservé.

Sauf qu'aujourd'hui, son masque de nation fière et sûre d'elle commençait à se fissurer. Elle se laissait à exprimer ses craintes et ses doutes, après avoir passé des siècles à les réprimer. En temps normal, jamais elle ne se serait pas comportée de cette manière. Mais les temps n'étaient plus ordinaires.Une nouvelle ère avait commencé pour son peuple. L'ère où ils étaient réellement des sujets de l'Empire romain. Néanmoins, il y avait une sorte de compensation : les esclaves grecs instruits étaient demandés à Rome, et on leur réservait des places de choix, telles que des rôles de précepteurs dans les grandes familles romaines. Certes, ils restaient esclaves, mais au moins ils étaient bien traités. C'était l'essentiel. De plus, comme dans d'autres territoires conquis par l'empire, on pouvait espérer que certains de ses citoyens auraient la possibilité de faire une carrière politique à Rome.


«Moi aussi il me manque beaucoup, j'aimerais le revoir au plus vite!! Je n'ai pas pu m'absenter de ma ville depuis la fin de cette guerre civile, l'empereur a toujours besoin de moi

Elle constata avec soulagement que sa proposition avait été bien accueillie. Non pas qu'elle ait tellement craint un refus, mais des fois que..Enfin, à présent, sa cité était sortie de la guerre civile. Le régime qu'Auguste avait instauré lui semblait stable. Son fils adoré n'aurait pas à craindre de se retrouver pris dans un bagarre de rue.

Une minute. Elle n'avait pas bien entendu. Cinq fils et une fille en plus d'Héraclès ?

Rome, tu vas souffrir.

Elle se sentit grimacer, et ses poings se crispèrent bien malgré elle. Elle sentait la jalousie couler dans ses veines comme un poison, et avouons-le, une colère commençait à gronder tout au fond d'elle. Savoir qu'il avait eu d'autres femmes était une chose, apprendre de sa bouche qu'il avait eu six autres enfants en était une autre. Au moins avait-il la décence de paraître un peu gêné. Mais s'il l'était, gêné, pourquoi s'amusait-il à conquérir autant de nations féminines et à leur faire des enfants, par dessus le marché?

Cependant on ne pouvait pas nier qu'il avait raison : au moins Héraclès ne serait-il pas tout seul, comme Aelius l'avait été pendant leurs jeunes années. Et comme elle-même, en un certain sens, avant que ses Cités-Etats ne prennent véritablement vie. Elle hocha donc la tête mais n'ajouta rien, toujours de mauvaise humeur.

Il avait intérêt à savoir se faire pardonner.

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MessageSujet: Re: [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]   Ven 18 Nov - 13:10

Il avait senti qu'il faisait surement une erreur en lui parlant si vite des frères et de la sœur d'Héraclès. Mais il ne voulait pas lui mentir, il désirait être honnête envers elle. Non leur fils n'était pas le premier de ses enfants mais le second, même si ça elle le savait déjà. Mais après tout l'ordre n'avait que peu d'importance pour lui, seul le mérite et l'affection comptait. Il tentait d'être un père présent, juste et équitable, raison pour laquelle il les rassemblait tous au même endroit. Afin de pouvoir s'occuper d'eux de façon semblable sans devoir aller à l'autre bout de son empire à chaque fois (ce qui faisait souvent une petite trotte quand même).

Faisant un sourire contrit à la belle grecque, il chercha rapidement les meilleurs mots qui pouvaient la calmer. Il avait vu la crispation de ses poings et était bien placé pour savoir que ses claques faisaient horriblement mal. Et pas que ses claques d'ailleurs .

Sentant le rouge qui colorait ses joues, il hésita quelques instants plus reprit, tentant un sourire quelque peu forcé, toussotant avant de lâcher, d'un ton un peu précipité. «Je...Je pensais que tu le savais, Antonius était déjà né quand nous nous sommes rencontré, je t'avais parlé de lui à l'époque non?»

Ca n'allait pas suffire.
Comment expliquer à Sophia que toute nation homme, que ça soit Hermann, Ruanaidh ou lui-même, tous pratiquaient la polygamie, un de leurs rares points communs.
Mais ce n'était pas une raison, il en était conscient.

Durant ses premières années (siècle) d'existence, celles où il était plus influence, il n'avait eu comme compagnie, question nation, que le celtique, essentiellement.. Le roux avait du lui donner une certaine influence, sur certains points, parce que sur d'autre, le romain l'avait vite vu comme un barbare. Tout ça, il l'avait déjà raconté à la grecque, une fois où ils avaient vraiment parlé, décidant de se raconter leur passé respectif. Et...il aimait les enfants, il pouvait se venter être un bon père, vers qui ses enfants se précipitaient en souriant ou en criant de joie quand ils le voyaient. Il pensait être un chef de famille juste. Il pensait vivre au sein d'une famille où tout le monde était heureux, enfin il faisait en sorte que ça soit le cas.

Tout ça, comment l'expliquer à Sophia? Il avait tenté, avec des mots mais ce n'était pas aisé d'expliquer ce qu'il ressentait vraiment. Il avait beau parler beaucoup et même trop, selon Hermann, et rire trop fort, jusqu'à éprouver souvent les nerfs dudit blond. Mais quand il s'agissait de parler de lui, de ses sentiments, de ses choix, de ce que ses actions avaient provoqué...là il n'avait plus les mots pour expliquer. Et peu de nations connaissaient ce côté de lui.

Hellas était une des rares à connaître cette facette de lui. Il savait qu'il était le plus jeune parmi eux tous, plus jeune que le germain, que le celte ou que la grecque, plus jeune que Iberia ou Gaule. C'était juste qu'il avait juste grandi bien trop vite, Germania le lui avait dit. Il risquait de se faire du mal à ce rythme, beaucoup de ses épouses (Égypte et Ibéria en première, le lui avait dit).

Mais ses rois, ses consuls, ses sénats et maintenant son empereur étaient si avides, si belliqueux. Après avoir été agressés plusieurs fois, les romains avaient adopté, préféré l'attaque et la conquête. Mais cela ne suffirait pas, à ses yeux, à expliquer la présence de ces enfants.

Il se massa les temps, sa fatigue n'allait pas aider à se justifier. Pourquoi Auguste ne pouvait-il pas calmer un peu? Déjà qu'il avait relancé une attaque en Hispanie. Ibéria lui avait crié dessus pendant un bon moment et puis Antonius l'avait regardé avec incompréhension, lui demandant pourquoi ses armées attaquaient l'ouest des terres de sa mère.

Bien entendu cela lui faisait plaisir que Hellas vienne, ça lui faisait également plaisir qu'il puisse Héraclès mais, ce qu'il avait craint, allait se produire.
Il pensait vraiment qu'elle savait que leur fils avait au moins des frères.
Marc-Antoine ne lui avait donc pas parlé des enfants de l'Empire?
Lui qui les avaient rencontré, un des rares romains à avoir pu approcher de près ces enfants que seuls les consuls ou le désormais empereur pouvaient approcher, outre les légionnaires spécialement envoyés pour les protéger en l'absence de leur père.

Il détourna le regard, au comble du malaise. Comment expliquer ce qu'il ressentait. Il voulait..que voulait-il déjà... Ne plus être seul?
Avoir une grande famille?
Être un modèle, lui qui n'en avait eu aucun?
Qu'on ne l'oublie pas?
Transmettre sa culture à ses enfants, laisser à travers eux, le souvenir de l'Empire romain, le jour où il ne serait plus?

Tout ça lui paraissait subitement tellement absurde mais en même temps, toutes les nations pensaient secrètement ça. Aucune ne voulait partir sans laisser quelque chose.

Il soupira presque de soulagement quand un esclave écarta le rideau pour poser doucement de quoi se désaltérer sur une desserte à côté de la grecque, leur servant à chacun un verre, avant de leur donner, timidement. Il le remercia d'un signe de tête et le jeune garçon partit aussitôt, sans un mot.

Sentant comme un poids sur ses épaules, Aelius s'assit finalement en face de Sophia. Et chercha comment relancer la conversation. Il n'aimait pas quand un silence s'installait entre deux personnes, surtout que ce n'était pas son genre de ne plus trouver les mots, de ne pas savoir quoi dire après avoir parlé trop vite de certaines choses.

Il espérait juste qu'elle ne connaissait assez pour comprendre que cela ne changeait rien à ce qu'il ressentait pour elle.


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MessageSujet: Re: [Rome, autour de -25 av. J-C ] Oublier pour avancer [PV Aelius ]   

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